10/10/17

Ragdoll, de Daniel Cole

Ragdoll

Éprouvé par son enquête contre le Tueur Crématiste, l'inspecteur William Fawkes, alias Wolf, tombe fou à l'énoncé du jugement. Et pour cause... Quatre ans plus tard, le type a une solide réputation de teigne au sein de sa brigade, mais il s'en moque. Car une nouvelle mission l'attend lorsqu'il découvre au pied de son immeuble un magma de corps rapiécés et six victimes à recenser. Un autre tortionnaire dérangé vient jouer avec les nerfs de la police, en diffusant une liste des prochaines têtes à tomber, précisant la date de leur assassinat. En dernière place, se trouve le nom de Wolf. 
Annoncé comme le phénomène du moment en matière de thriller, RAGDOLL aurait ainsi pompé Seven et cloné Jack Bauer pour émoustiller le lecteur, c'est dire l'ambition affichée du roman ! Ma foi, j'ai trouvé le rythme efficace, car soutenu et addictif. Par contre, le contenu se révèle plutôt bancal à force d'avoir été calibré exprès pour répondre aux attentes. Les effets de style, le suspense, les rebondissements, le boum final... tout est déjà lu, déjà vu, et on ne bondit plus de notre siège. C'est bien, c'est tordu, on suit l'intrigue avec attention, et on obtient ce qu'on espère. Il n'y a pas de déception là-dedans, juste une absence de surprise.
Techniquement, la lecture de Damien Ferrette pêche en variation. L'écoute est monotone, l'interprétation souvent caricaturale. C'est supportable, mais cela aurait pu être mieux. Conséquence ou pas, je n'ai pas su m'attacher aux personnages - Wolf incarne l'archétype du flic bourru, sa partenaire Emily Baxter serait son amoureuse éconduite, Edmunds un stagiaire très perspicace, et Andrea, l'ex versatile, journaliste aux dents longues, forcément... On a donc un ensemble ordinaire et convenu, avec le dosage évalué au plus juste de séquences fortes entrecoupées de périodes sinueuses. L'enquête s'organise autour de fulgurances assez grossières, mais le tout fait illusion.
And last but not least, William Fawkes will be back.

 

©2017 Audiolib / Daniel Cole. Éd. originale : Orion Books, an imprint of The Orion. Publishing Group Ltd, an Hachette UK company, Londres. Traduction française : Natalie Beunat pour les Éditions Robert Laffont

Texte lu par Damien Ferrette - Durée : 12 h 24  (P)2017 Audiolib


12/09/16

Le Coma des Mortels, de Maxime Chattam

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Pierre, trente ans, est atteint d'une terrible malédiction : quiconque l'approche finit par mourir tragiquement. Devant le corps d'une jeune femme, retrouvée morte dans son appartement, et face à des enquêteurs circonspects, le type se lance dans une longue justification en racontant son histoire... à rebours.
Qui est-il ? Que cherche-t-il ? Que fait-il dans la vie (à part ramasser les crottes des animaux du zoo de Vincennes) ? Comment et pourquoi son existence est en train de basculer dans une spirale infernale où la folie douce semble y faire son nid en toute quiétude ?
Maxime Chattam sort de son registre habituel pour livrer une histoire pour le moins sinistre et déprimante. Le narrateur - Pierre - est un type aussi cynique que désabusé, du coup sa confession oscille facilement entre l'amertume et le désespoir, tout en épinglant ci et là les travers de notre société, à grand renfort de pointes sarcastiques.
Je n'ai pas été totalement conquise par cet essai - d'abord, le type verse facilement dans l'atermoiement mais ne suscite guère d'empathie. Son parcours relève ensuite d'une longue série de rencontres excentriques et farfelues - une amoureuse qui collectionne les suicides, une collègue qui confond littérature et sexualité, un psy psychopathe qui ne cesse de le harceler, un vieux bonhomme qui possède le don de retrouver des objets perdus... Lui-même joue à la pêche téléphonique, en composant des numéros au hasard dans le but de discuter avec des anonymes.
Bref. On sait que Pierre a renoncé à ses amis, à sa famille. Il se dit mortifié par sa malédiction, dépossédé de son destin, mais cherche un sauf-conduit pour échapper à cette terrible fatalité. Sa vie est clairement insipide, solitaire et affligeante. Et lire ou écouter son histoire s'avère une expérience tétanisante, même si elle n'est pas aussi traumatisante qu'avec Que ta volonté soit faite.
On y trouve du sexe, du sang, du sordide, de l'humour noir, de la mélancolie, du suspense, de l'émotion, de l'ironie... Un beau patchwork bariolé, qui vous file aussi une étrange sensation de malaise. Paradoxalement ce grand déballage a su m'accrocher jusqu'au bout. Envie de connaître le fin mot de l'histoire, curiosité malsaine, agacement grandissant pour le personnage central etc. Mea culpa.
On nous vend du David Lynch (oui... pour les tableaux à base de mouches mortes) et un soupçon d'Amélie Poulain sous LSD. L'échappée est certes singulière et conduite avec maestria, mais je n'ai pas trouvé ce roman à la hauteur de mes attentes. Vivement la fin d'année pour plonger enfin dans le dénouement de la série Autre-Monde ! Hâte. ☺

Texte lu par Damien Ferrette pour Audiolib (durée : 9h 11) / Août 2016

 

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28/03/16

Austerlitz 10.5, par Anne-Laure Beatrix & François-Xavier Dillard

Austerlitz 10

Après trois jours d'une pluie insoutenable, Paris est en alerte. La Seine vient de déborder et est en train d'envahir les rues de la capitale avec une fureur implacable, le métro est inondé, piégeant au passage ses milliers d'usagers, les immeubles s'effondrent comme des châteaux de cartes et une vague de boue achève le désastre. C'est très clairement une scène d'apocalypse qui ouvre le roman et c'est carrément scotchant ! Il règne une ambiance de fin du monde, pleine de désolation et de désespoir, mais l'effet est sidérant et effroyable. J'ai beaucoup aimé. On suit ensuite l'histoire qui se déroule un an après, avec des parisiens hagards et encore choqués par la violence de la catastrophe, meurtris par les deuils et tentant de surnager en plein chantier. Et au milieu de ce chaos, des meurtres en série. Des meurtres qui visent des célébrités de passage à Paris. Ces massacres ameutent le gouvernement et la maire de Paris qui tentent de relancer le tourisme. Mais au commissariat de police, l'inspecteur François Mallarmé est un homme défait. Brisé par la perte de sa femme et son fils, il sombre chaque jour dans une dépression sans fond. D'autres faits d'armes polluent la vie parisienne, entre trafic d'œuvres d'art, soirées privées licencieuses, passe-droit pour croiser le mythe disparu de la Joconde... Le Louvre tire vite son épingle du jeu en occupant une place entière dans l'intrigue, même si le choix d'une économie parallèle pour sauver ses trésors semble quelque peu discutable. Chloé Tiriac, une jeune journaliste ambitieuse, sent le scoop et n'hésite pas à se perdre entre les arcanes du  musée et les couloirs désertés du métro pour glaner des infos.

L'action ne manque pas dans ce roman aux ficelles nombreuses, lesquelles vont se démêler de façon experte au terme d'une lecture frénétique. Je me suis sentie littéralement happée. Et cela m'a beaucoup plu. C'est un livre au scénario bien rodé, qui nous transporte dans une vision post-apocalyptique de Paris, frappante de crédibilité et follement sensationnelle. On se croirait même au cinéma ! On vit l'hystérie collective au premier rang et on s'en prend plein la figure, tandis que l'histoire déroule son intrigue et ses mystères sans temps mort. Ce semblant de réalité est bluffant - pour moi qui vis en bord de Seine, ce bouquin m'a fichu une frousse bleue ! Aussi distrayante soit-elle, la lecture cogne juste et bien, tout en nous faisant passer un très bon moment.

Belfond/ Mars 2016

>> Ce livre audio en version intégrale est également disponible en exclusivité sur Audible, 
uniquement en téléchargement.

Austerlitz 10.5 | Livre audio

Lu par : Damien Ferrette - Durée : 8 h 08 

 

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