08/05/11

Mon royaume est un cheval

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Quatre auteurs se partagent l'affiche autour d'un même thème : le cheval. L'animal sert principalement à symboliser une envie, un rêve, l'enfance, l'espoir, l'acte de grandir, l'amitié, l'amour aussi... Yann Coridian évoque le premier amour, à travers un spectacle scolaire, où le jeune narrateur joue le rôle d'un cheval et n'a d'yeux que pour une petite copine qui interprète un arbre. Ils sont en CM2, la fin d'année approche, ils vont se séparer, ce sont les vacances et le garçon reçoit une carte postale avec un cheval, illustrant la réciprocité des sentiments. Et j'ai été attendrie par cette belle histoire, même si elle est bien trop courte aussi. C'est le souci du recueil de nouvelles, de toute façon. Les mondes s'enchaînent, les rencontres avec les personnages passent à toute vitesse, et le lecteur jongle avec l'immension frustration de dire adieu et bonjour à la fois.
Susie Morgenstern a le goût de la chute - un garçon est attaché à son cheval, c'est son trésor, le dernier cadeau de son grand-père, il n'en parle même pas à ses meilleurs potes, il se coupe du monde extérieur pour passer son temps avec, un peu aussi pour se réfugier des disputes incessantes de ses parents, lesquels divorcent puis se remarient avec un bébé à la clef. La nouvelle ne l'enchante guère, mais c'est sans se douter que cela l'aidera à grandir et à se détacher de son cheval. Pour un bien. Pour grandir, quoi.
Le texte de Christian Oster est celui qui m'a le moins emballée : un cheval (qui parle), vieux et traînant la patte, désormais sans maître ni cavalier, erre comme une âme en peine et rencontre un escargot. Ils font route ensemble, la bestiole sur la tête afin d'observer le paysage. Un lutin leur offrira un coup de bûche pour faire grossir l'escargot, qui bave de plus en plus, mais la proposition de la fée sera poliment déclinée, et même la promesse faite à la limace n'entravera pas cette jolie connivence qui s'est crée entre le cheval et l'escargot. Non, honnêtement je n'ai pas beaucoup apprécié.
Par contre, j'ai été fort sensible au joli récit de Brigitte Smadja où une jeune adolescente, rêveuse, passe deux semaines de vacances chez sa tante en soupirant d'ennui. Elle rencontrera sur la plage un cheval fou et sa cavalière et sera pleine d'admiration devant ce couple. Elle prendra conscience qu'elle a besoin de changement dans sa vie, elle aime le latin mais n'osait pas l'assumer devant sa bande de copains. A la place, elle suivait le mouvement en mettant le bazar et en se moquant de la prof. Elle en a soupé d'être un mouton, elle veut de nouveau ressentir ce que la rencontre du cheval et sa cavalière a éveillé en elle, et elle y arrivera à force de ténacité et d'indifférence. C'est un texte d'une telle force, laquelle se dégage tranquillement, j'ai beaucoup aimé ce doux paradoxe !
En bref, voilà un recueil à la qualité appréciable mais au plaisir parfois inégal. A la base, je voulais relire un texte de Yann Coridian, et je n'ai pas été déçue.

Neuf de l'Ecole des Loisirs (2011) - 100 pages - 8,00€
illustration de couverture : Sereg

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06/05/11

Pêle-mêle Clarabel #33

Quel bonheur de retrouver les petits héros de Perdus ? Retrouvés ! d'Oliver Jeffers.

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Le pingouin rêve de voler, le petit garçon cherche toutes les astuces possibles, mais il faut se rendre à l'évidence : les pingouins ne volent pas. C'est alors qu'une affiche attire son attention (Vous rêvez de voler ? Le spectacle forain recherche un nouveau boulet de canon vivant.) et le pingouin disparaît. Quel drame. Nos deux meilleurs amis sont séparés et sont tristes l'un sans l'autre. Bien entendu le petit garçon n'abandonne pas l'idée de retrouver son pingouin et d'être présent au moment où celui-ci en aura le plus besoin ! Tout est là : l'amitié, la séparation, la tristesse, l'obsession du rêve qu'on n'atteindra jamais, l'espoir, la trouille, le sentiment d'abandon et d'impuissance, les retrouvailles qui vous nouent l'estomac... Ce sont des émotions fortes, tantôt joyeuses ou désabusées, que parvient à nous transmettre Oliver Jeffers avec un style faussement minimaliste et encore moins naïf. Et puis ses petits héros sont vraiment attachants ! (kaléidoscope, 2011)

Cette histoire de boulet de canon vivant m'a fait penser à JIM POP de Tom Henni,

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Ou l'incroyable numéro du célèbre homme-canon : Jim Pop est projeté en l'air mais, coup de théâtre, il s'envole au-dessus du filet et est propulsé si loin qu'il fait le tour du monde ! L'album est composé de doubles pages où l'on suit dans la partie supérieure ce qu'il se passe sous le chapiteau du cirque et dans la partie inférieure nous suivons la trajectoire fantasmée de Jim Pop autour de la planète. Les couleurs sont pétantes, comme l'histoire !

IMG_3780 IMG_3781 IMG_3782 IMG_3783 IMG_3784 (Rouergue, 2011) 

Un autre spectacle qui ne manquera pas de vous faire sourire, Le loup ne nous mangera pas ! d'Emily Gravett.

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Emily Gravett revisite le conte des 3 petits cochons et du loup. Cette fois, notre trio n'a peur de rien et le prouve à travers une formidable représentation : ils viennent de capturer le grand méchant loup, admirez ! La bête est docile, apprivoisée, courbe l'échine et connaît son maître. (Effectivement, le Loup se plie à leurs caprices avec une déconcertante facilité !) Le stress monte. Quel suspense. Quand arrive le show où nos cochons dodus et roses se glissent entre les crocs acérés, le coeur du lecteur loupe un battement... Prudence est mère de sûreté. Voyons, les cochons ! Les histoires de bravoure sont souvent des cochonneries. Héhé. Nous avons là du Emily Gravett tout craché - c'est facétieux, joliment croqué, judicieusement détourné, avec un final qui survient après le roulement de tambours. (Ce n'est pas mon préféré non plus. Je trouve qu'il lui manque cette petite touche magique et espiègle qui caractérise le style de cet auteur, dont j'admire beaucoup le travail.)  (Kaléidoscope, 2011)

02/05/11

Un auteur : Yann Coridian

Yann Coridian est apparu sur la scène littéraire en 2010 et a déjà publié 3 romans chez l'école des loisirs (à paraître bientôt, un texte dans le recueil s'intitulant : Mon royaume est un cheval aux côtés de Susie Morgenstern, Christian Oster et Brigitte Smadja). La rencontre a eu lieu au détour d'une lecture, et aussitôt mon coeur a fait des bonds idiots pour me signaler que j'étais grillée, car totalement sous le charme !

Cela a débuté avec Le grand petit déjeuner (un père et son fils partagent un tête-tête attendrissant autour de la table du petit déj' où s'entassent du fromage, des yaourts, des oeufs brouillés, du chorizo, du café et du lait chocolaté), l'ambiance est délicieuse, chaleureuse, intimiste et les illustrations de Gabriel Gay ont accentué cette impression de bulle. J'en suis sortie heureuse, mais vraiment heureuse. Pour bien faire, j'ai donc mis la main sur les deux précédents titres de l'auteur, à commencer par Le jour où mon papa a perdu son papa. J'avais repoussé sa lecture, je ne me sentais pas le courage, j'ai eu raison, c'est beau et triste et sensible, bref ça met la tête à l'envers et le coeur au bord des lèvres, mais c'est raconté avec humour et tendresse aussi donc ça fait du bien. Puis, est venu Mon idiot de beau-père, un texte beaucoup plus drôle et foufou. La mère d'Adam a un nouvel amoureux dans sa vie, un breton répondant au prénom de Loïc (ça rime avec colique). Ce type est un peu dingue, à vrai dire. Lorsque sa mère doit s'absenter pour son travail, elle confie son fils à ce beau-père mystérieux. La cohabitation n'est pas du goût du garçon de neuf ans, qui veut montrer que c'est lui le chef de la maison, mais c'est exactement l'inverse qu'il va se passer. Adam devient témoin et complice de la facétie de cet homme, nous offrant une lecture plus que sympathique ! Une vraie bouffée d'air frais.

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Le jour où papa a perdu son papa, Neuf de l'école des loisirs, 2010 (illustration de couverture : Adrien Albert) ; Mon idiot de beau-père, Neuf de l'école des loisirs, 2010 (illustration de couv: Adrien Albert) ; Le grand petit déjeuner, Mouche de l'école des loisirs, 2011 (illustrations de Gabriel Gay).

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02/04/11

Pêle-mêle Clarabel #27

Un peu d'évasion parce qu'il fait beau et que c'est le weekend !

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extraits - Un dragon dans la tête de Pittau & Gervais (Gallimard jeunesse, 2011)

Le deuxième poème, On peut, me fait penser au Cancre de Prévert.

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Et j'ai aimé aussi me promener dans l'herbe et découvrir ce qu'elle cache à travers le regard d'une petite fille.

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Dans l'herbe, de Yukiko Kato & Komako Sakaï (L'école des loisirs, 2011)

Et la palme de la jolie couverture revient à Lela Mari et Les animaux dans le pré.

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Dans ce livre, il n'y a pas de mots. Ce sont les images qui racontent, non pas une, mais beaucoup d'histoires. Des histoires de couleurs, d'odeurs, et des histoires d'animaux. Autant d'histoires qu'il y a d'animaux dans ce pré. Des animaux qui jouent, qui se tournent le dos, se guettent, se tendent des embuscades.

(Avec pages cartonnées, pour petits lecteurs !)

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CHALLENGE Je lis aussi des albums (édition 2011) - 15

30/03/11

Tabernoucle ! s'exclama Eugénia

IMG_3144Ce livre est complètement dingue ! Il vous embarque là où vous ne vous y attendiez pas : un imaginaire fantastique ! C'est d'abord l'histoire d'une gamine de 11 ans, de sa meilleure copine Melissandre et de son amoureux à la mèche rebelle, Didier. Cela commence par des jeux d'eau à la cascade, une opération de secours, puis un retour à la maison où maman n'est pas du tout contente, quand entre finalement en scène un étrange individu en costume vert et chaussures oranges qui va voler l'âme de sa maman ! Plouf, l'histoire plonge dans l'inconnu, fait vrombir son moteur, la suite est imprévisible, époustouflante, menée à un train d'enfer...

Eugenia fait connaissance avec son daemon caché dans la chatte Elianne, un certain Philémon qui rend compte de l'envers du décor - nous n'en sommes qu'au début de nos surprises ! Elle part aussitôt à la rencontre d'Oliver Fitzpatrick, la fée la plus puissante, se trouve face à un clône de Brigitte Bardot et se prend une biture dans un repaire de minotaures. Avant cela, elle a englouti une boulette magique qui lui donne l'apparence d'une jeune femme de 19 ans, avec des nénés et un popotin rebondi qu'elle est fière d'exhiber, mais le temps lui est compté, et dans sa tête elle est toujours la gamine gourde et nigaude. C'est frais, c'est drôle, on se marre autant des pitreries que des étourderies d'Eugenia !

Ceci ne nous écarte pas du droit chemin - il faut sauver la maman d'Eugenia, plongée dans le coma. Or, cet autre monde dans lequel la fillette pénètre est incroyable, avec deux clans ennemis, les Mangeurs et les Passeurs, des guerres, des enlèvements, des trésors volés, des ensorcellements et des tentatives d'assassinat. Au milieu, Eugenia se sent empruntée, comme débarquant de la planète Mars, et ne se doutant pas du rôle qu'elle doit jouer. Celui-ci sera effectivement plus qu'important, et c'est alors que le couperet tombe : il faut attendre une suite ! Argh, c'est terrible. Je n'avais rien vu venir. J'étais totalement installée dans cet univers loufoque et délirant, où l'imaginaire dans l'histoire et le langage est impressionnant. Cette lecture m'a prise à contre-pied, j'ai fait défiler les pages avec un sourire jusqu'aux oreilles, tant j'étais conquise, enthousiaste et passionnée ! En-co-reeee !!! Cloche à frites de cloche à frites de radis creux de fouine à bois ! dit-on là-bas.

Eugénia et la bouche de la vérité - Emmanuelle Caron
Medium de l'Ecole des Loisirs (2011) - 180 pages - 9,50€
illustration de couverture : Loren Capelli

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Pêle-mêle Clarabel #26

Cet album est magnifique ! C'est l'histoire de Georges, gardien du phare des Roches Grises depuis quarante ans. Chaque fois qu'il reçoit un courrier officiel, il n'hésite pas à le déchirer et fait voler les morceaux du haut de son balcon. Non, jamais il ne prendra sa retraite ! Et pourtant, les nouvelles se gâtent. Il devient impératif que Georges quitte son rocher pour se mettre à l'abri de la tempête qui va engloutir son phare. Le vieil homme ne se résigne toujours pas, jamais un marin n'a quitté son navire, lui aussi restera à bord jusqu'au bout. Et le soir de la catastrophe, Georges affronte la montée des eaux et les éléments déchaînés. Et moi, j'ai été totalement happée par l'histoire, fascinée par les illustrations. J'ai admiré la beauté de l'océan devenu fou, la résistance de l'homme, le face-à-face inéluctable. C'était un spectacle haletant, poignant. Et les couleurs sont superbes. Un Océan dans les Yeux - Dedieu (Seuil jeunesse, 2011) 

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Cet album m'a rappellé celui de Stéphane Sénégas - Qu'est-ce que tu vois ?

 

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C'est l'histoire d'un petit bonhomme qui va passer ses vacances chez un oncle Horace qui vit seul dans un phare, loin de toute civilisation. Cela sent l'ennui ! Le gamin fait d'abord preuve de mauvaise volonté, puis commence à s'intéresser aux projets doux-dingues de son oncle, dont la fameuse pêche aux crabes.

En fait, l'album repose sur la citation de Flaubert, qui dit :
Pour qu'une chose soit intéressante, il suffit de la regarder longtemps.

Parce qu'il était de mauvais poil, le garçonnet ne voyait pas plus loin que le bout de son nez, même au sommet du phare, alors que l'océan s'étend à perte de vue et promet des spectacles insensés et ahurissants à qui veut bien les voir. A force de patience et d'adaptation, l'enfant comprendra et en restera bouche bée.

J'aime tout dans cet album : son histoire, le message caché, les couleurs, les personnages, les idées, le dépaysement, l'envie d'évasion, les rêves, l'imaginaire, bref je suis complètement séduite ! A moi de découvrir les autres albums de cet auteur maintenant. (Kaléidoscope, 2011) 

+  J'en profite pour rappeler l'album de Rascal, Le Phare des Sirènes, illustré par Régis Lejonc (Didier jeunesse, 2007). Egalement un coup de coeur.

 

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CHALLENGE Je lis aussi des albums (édition 2011) - 12

 

16/03/11

Pêle-mêle Clarabel #25

Un petit tour d'horizon au joli pays des albums - des albums piochés au gré des envies et des surprises.
Place aux images et au blabla.

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Il n'y a pas de chats dans ce livre - album facétieux et original. Où les pages s'ouvrent sur des personnages qui ne pensent qu'à s'échapper pour visiter le monde. Complices, ils interpellent directement le lecteur et entretiennent un mini suspense qui rend le lecteur impatient et curieux de tourner la page, car une surprise attend à chaque fois. Aussitôt lu, aussitôt conquise. J'ai immédiatement pensé à mes amoureuses des chats ! Voilà un album fantastique et fantasque, qui réussit le tour de force de séduire une lectrice pas forcément sensible au charme félin, comme quoi c'est un album qui vaut le coup d'oeil.  Par Viviane Schwarz (Pastel, 2011)

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Le mariage de Simon, ou comment j'ai souri du début à la fin en me demandant combien de temps le jeune Simon allait résister face aux insistances de sa mère qui veut le marier à tout prix ! Elle a même fait appel à une marieuse, imaginez... Or, Simon ne veut pas se marier. C'est catégorique. Et il n'en peut plus de cette pression que lui met sa mère. Agnès Desarthe est brillante, son histoire est drôle et simple, quant aux illustrations d'Anaïs Vaugelade, c'est également un régal de sobriété sans niaiserie, j'ai aimé les expressions des cochons en plus de leurs répliques rigolotes. Une belle rencontre !  (l'école des loisirs, 2011)

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Décidément, le cochon a la cote ! Ici, Ptit Cochon est mécontent car sa mère n'a pas le temps de jouer avec lui. Il s'isole dans le jardin, en tapant du pied et en râlant. Il est tout seul, ce n'est pas marrant. Et là, il rencontre un escargot. Un escargot qui suit son bonhomme de chemin. Tranquillement. Ptit Cochon est intrigué. Il court récupérer sa loupe, observe la bestiole ... ce n'est sans doute pas l'activité la plus palpitante car Ptit Cochon finit par s'endormir. Mais dès qu'il se réveille, il reprend aussitôt son enquête. Il faut voir cette scène de la sieste - j'ai adoré ! C'est un petit album chic et craquant, où l'on réalise que tous les enfants sont les mêmes, boudeurs mais pas rancuniers, instables et puis soudainement hors-service, passionnés, impatients, virevoltants et enthousiastes, et toujours avec le chiffon à la main (lui, on ne l'oublie pas !). Un Escargot à la porte, par Lo Gruhier (L'école des loisirs, 2011)

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Magnifique album que voilà ! Adrien Albert, à chaque fois, me surprend, m'étonne, me ravit. Beaucoup de pureté, un total dépaysement, ici, avec Cousa, une petite fille en vacances chez sa grand-mère. Comme les garçons ne veulent pas jouer avec elle, elle se réfugie dans le jardin, se rend jusqu'à la rivière et là ... quelle rencontre ! Un ours sort des buissons et vient coller son museau sur la fillette au bord de l'apoplexie. Cousa n'aime pas trop raconter, ce qui me fait doucement sourire, parce que Waouh ! comme elle dit. (L'école des loisirs, 2011)

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Le dîner, par Michel Van Zeveren, c'est tout de même quelque chose ! Le lapin désobéissant tombe dans la gueule du loup, Petit Loup trépigne d'impatience car son estomac crie famine et n'écoute pas plus les consignes de l'adulte, et ainsi de suite... La preuve qu'il faut toujours écouter les plus grands et leurs sages conseils (ahem) et toujours tirer des leçons de ses erreurs. Yalla. Tout ça pour dire que c'était une lecture croustillante et au ton farceur, avec un petit Lapin qui friserait presque l'insolence et qui pourrait avoir le don de m'exaspérer ! Mais je lui pardonne. (Pastel, 2011) 

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Et un petit dernier pour la route : Coulico dont l'univers m'a étrangement fait penser aux Pozzis de Brigitte Smadja. Coulico est un drôle de petit oiseau. Il est né avec un chapeau sur la tête. Mais son chapeau ne s’ouvre pas comme celui de ses frères. Alors Coulico préfère dormir. Pendant ce temps les autres oiseaux sont partis. Il se retrouve tout seul, cherchant sa route, et c’est là que son chapeau se remplit de rencontres, d’émotions et de rêves. Il m'est difficile de décrire ce que cet album m'a fait ressentir, mais j'ai beaucoup aimé. On y découvre un univers imaginaire et poétique, à travers un magnifique voyage empreint de couleurs et qui invite aux découvertes enchanteresses. C'est un vrai jeu de séduction, sensible et délicat. Par Marie Assénat (Pastel, 2011) 

challengealbumbig1 Challenge Je lis aussi des albums (édition 2011) - 8

14/03/11

Un auteur : Bjarne Reuter

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Derrière ce titre bien curieux - Le Capitaine Bimse et le Gogguelet - et cette couverture hallucinante (toute noire avec ses paires d'yeux), se trouve une histoire pour le moins surprenante. Le soir dans son lit, Anna, une petite fille planquée sous sa couette, avec son M. Johnson, un ours en peluche à l'oeil qui pendouille, bien calé sous son bras, songe avec tristesse à sa poupée Sophie qu'elle a oubliée dans la maison des vacances. C'est beaucoup trop loin pour aller la rechercher, ont dit ses parents. C'est alors qu'elle surprend l'arrivée d'un incroyable équipage à bord du Zanzibar, un avion qui carbure aux raisins secs. Le Capitaine Bimse et le Gogguelet - son copilote - oeuvrent pour le bien des doudous perdus et acceptent - après un plaidoyer simple et convaincant - d'embarquer la fillette et son ours pour retrouver Sophie. Leur épopée va les mener vers d'étranges contrées et les conduire à rencontrer d'autres espèces hors du commun (le Comte Double, le criquet Valdo, le Micro-microbe, le Monstre-Lune...). 
Si le début peut surprendre, l'histoire au ton facétieux, poétique et drôle parvient facilement à nous conquérir. La traduction de Nils Ahl apporte une vraie dynamique au récit qui nous balade dans un imaginaire auquel seront très sensibles les enfants. C'est un petit roman très original, qui ravira les fans de Toy Story !

Le Capitaine Bimse et le Gogguelet - Bjarne Reuter
traduit du danois par Nils Ahl
Neuf de l'Ecole des Loisirs (2011) - 165 pages - 9,50€
illustration de couverture : Gwen Le Gac 

Changement de programme avec Le Monde selon Buster, où je me suis sentie moins à l'aise et d'humeur chagrine, peut-être parce que l'histoire est ancrée dans la vie ordinaire et, même si elle se veut drôle, elle est loin d'être légère.
On suit les aventures de Buster Oregon Mortensen, futur grand magicien, qui passe donc son temps à faire des tours de passe-passe, insouciant et indifférent au reste. Les adultes pensent qu'il est perdu et finira chômeur comme son père, ses camarades le considèrent comme un clown, seule sa soeur le porte aux nues. Elle lui est reconnaissante de venir à la rescousse lorsque Lars, le gaillard à la mobylette, se moque d'elle à cause de son handicap. (Buster va inonder son réservoir avec du sucre, se moquant des conséquences car Lars n'est pas un tendre.)
Il est comme ça, Buster. Et j'avoue que, contre toute attente, ça m'a fichu un coup au moral... C'est un bon gamin, attachant et compatissant, il aime passer du temps avec sa vieille voisine malade, habituée à ses pitreries, et fait craquer la femme de l'épicier (il lui rappelle son enfance et les exploits de son grand-père). Il inspire autant la tendresse que l'agacement, parce que sa vie, dans le fond, n'est pas rose. On devine sa mère au bout du rouleau, les fins de mois sont difficiles, son père est alcoolique, et Buster n'a personne à qui se confier. Sa façon d'être, c'est aussi pour oublier ce qui rend son existence bancale et incertaine.
Alors, on valse entre la gravité et l'humour. On sait bien que cela ne sert à rien de s'appesantir, Buster le dit lui-même, il s'en sortira toujours ! Hélas, je me sens tristement résignée en ce qui le concerne, comme s'il s'agissait d'une cause perdue ou pathétique. On voudrait tellement que tout roule pour lui, alors qu'on se doute que ce sera difficile. Je sais bien que ce n'était pas l'intention de l'auteur, l'histoire veut tirer par le haut, et moi je suis restée en bas, trop terre à terre...  

Ktl en parle mieux.

Le Monde selon Buster - Bjarne Reuter
traduit du danois par Jean Renaud
Neuf de l'Ecole des Loisirs (1989, rééd. 2011) - 164 pages - 9,50€
illustration de couverture : Gwen le Gac

Bjarne Reuter est également l'auteur de Je suis Hodder et L'Anneau du Prince. Il est dit sur le site de l'Ecole des loisirs : Ses romans ouvrent toutes les portes de l’imaginaire sans réserve, des amitiés délirantes, de la drôlerie surgissant comme un diable aigu et tendre. Dans ses romans, on peut décider de sauver le monde à cause d’une fée, de cacher un lion boulimique et amateur de contes saugrenus dans sa chambre à coucher ou même de fabriquer un élixir d’immortalité à partir d’une rognure d’ongle du Malin…

J'aime !

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04/03/11

On peut voler sans être voleur, mentir sans être menteur, et finir chez les fous sans en être un.

IMG_2927Ce fut bien agréable de prendre des nouvelles de Malo, même si son existence a connu du changement et qu'elle n'est toujours pas de tout repos. Le voici désormais agent secret, chargé de missions gentilles mais qui commencent à l'ennuyer, jusqu'au jour où il va s'infiltrer chez un duc qui sera retrouvé pendu. Malo est aussitôt arrêté et jugé coupable du vol d'un diamant. Expédié au bagne, Malo nous fait vivre un plan incroyable même si - personnellement - j'ai trouvé le tout un peu long et lassant.
J'ai beaucoup aimé les nouveaux personnages de ce deuxième livre - Moïra de Feuillère, en tête. Et Nini Guibole, rien que pour le nom ! C'est un petit roman fort sympathique, truffé d'arguche encore une fois, on y prend goût ou on tique. J'étais partagée, je ne saurai l'expliquer (peut-être parce qu'il n'y avait plus l'effet de nouveauté). Par contre, les révélations finales ont su m'alpaguer, l'intrigue se solde avec habileté et beaucoup de tact. Je n'étais pas au bout de mes surprises et c'est sur cette impression avenante que j'ai fermé le livre.

Malo de Lange, fils de Personne - Marie Aude Murail
Neuf de l'Ecole des Loisirs (2011) - 250 pages - 10,00€
illustration de couverture : Yvan Pommaux

Découvrir :

 

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23/02/11

La tête à la dispute

La petite oie s’est disputée avec son amie Olga. Triste ou en colère, elle n’arrive même pas à pleurer ! Leur bonne amie Lili fait tout ce qu’elle peut pour les réconcilier mais rien ni fait. Pourtant les bons souvenirs sont toujours là. Et c’est un peu bête de se priver d’une amie…C’est pas juste !

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En collaboration avec Catherine Pineur, Emile Jadoul nous propose des lectures très différentes de son univers fantasque et rigolo (cf. ci-dessous Câlin express). C'est comme si on y trouvait une touche poétique, une finesse et une tendresse, notamment dans les couleurs, qui fait un peu défaut dans son travail en solitaire. Pas que ce soit un reproche non plus ! Mais c'est une touche plus nuancée à laquelle je suis très sensible. L'histoire parlera aux enfants, souvent confrontés aux petites fâcheries entre copains, l'histoire montre donc qu'il ne faut pas dramatiser mais s'attacher aux souvenirs pour viser la réconciliation. Le titre en lui-même est déjà tout un poème, je trouve.

La tête à la dispute, par Emile Jadoul et Catherine Pineur (Pastel, 2011)

Mon papa, c’est un PGV : un Papa à Grande Vitesse. Le matin, il faut faire attention à son départ : câlinexpresssssàcesoir… et il s’en va. Le soir, câlinsuperexpressscarjedoisdécrocher… et je reste seul dans mon lit. Moi, j’aime pas les câlins express !

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UN ALBUM RIGOLO et qui rappelle le besoin de prendre le temps (surtout pour les câlins), mais un album un peu trop speed pour moi.

Câlin express, par Emile Jadoul (Pastel, 2011)

 

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