16/03/12

And they ALL got stuck !

Un petit garçon veut récupérer son cerf-volant coincé dans un arbre. Le cerf-volant est récalcitrant mais le petit garçon est très persévérant, et surtout, il est doué d’une imagination phénoménale, exubérante…et joyeusement délirante.

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problème : le cerf-volant est coincé dans l'arbre
solution : lancer la chaussure pour qu'il tombe
problème #2 : la chaussure est coincée dans l'arbre 
réaction : huh ?! 

Les solutions ne vont pas manquer face aux tentatives de faire tomber le cerf-volant de l'arbre, hélas les problèmes vont s'accumuler et la problématique number one va perdurer ! Quel dilemme. Le jeune héros d'Oliver Jeffers est un garçon têtu, qui ne manque pas de ressources, j'en ai encore les yeux ronds comme des billes rien qu'à me souvenir de certains recours pour le tirer de son mauvais pas. C'est tendrement saugrenu (le coup de la scie, par exemple), complètement fou, un peu absurde, et plus l'histoire avance, plus elle s'enfonce dans l'exagération (les pompiers, le phare, et même la baleine !). La façon dont Oliver Jeffers a voulu interpréter la ténacité des enfants alors qu'ils s'attaquent à leurs problèmes est désopilante, c'est une interprétation qui part dans tous les sens, et parce qu'elle est extravagante, elle plaît énormément.

Une lecture qui procure beaucoup de plaisir, et qui est toujours aussi magnifiquement illustrée. 

Coincé, par Oliver Jeffers (Kaléidoscope, 2012)

-) l'album est lu par l'auteur himself en vidéo  


Salon du livre de Paris 2012 : le Japon à l'honneur

Ma première nuit ailleurs, par Chiaki Okada et Ko Okada (Seuil jeunesse, 2012)

C'est la première fois que Lapin ne dort pas dans sa maison. Il doit passer la nuit chez Haruchan. Il emmène avec lui son crocodile en peluche, mais loin de chez lui et sans sa maman, Lapin est effrayé et ne veut pas jouer. Et puis, au matin c'est la catastrophe : Lapin fait une chute et la patte de sa peluche se déchire un peu. Heureusement, Haruchan lui fait un pansement...

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L'histoire est toute simple, mais adorable. Les illustrations sont empreintes de douceur, dans la plus pure tradition japonaise. Un thème classique, indémodable, qui séduira les petits lecteurs. 

Dix petits amis déménagent, par Mitsumasa Anno (Ecole des Loisirs, 2012)

Dans ce livre, il y a deux maisons. La maison de gauche et la maison de droite. La maison de gauche est habitée par dix enfants, mais ils vont partir l'un après l'autre dans la maison de droite. On ne peut voir qu'un intérieur de maison à la fois. Dans quel ordre les enfants déménagent-ils? Et combien se cachent? Pour savoir si le compte est bon, il suffit de tourner la page.

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L'originalité de l'album veut que le lecteur ne va pas se contenter de lire (album sans texte, au passage), ni de feuilleter les pages, ni d'admirer les illustrations, non, il va devoir compter. Il y a mêmes des ouvertures dans les pages pour apercevoir les petits amis, comme s'ils passaient leurs têtes à travers la fenêtre. C'est fort d'un sens de l'observation à toutes épreuves que le lecteur s'armera donc avant d'ouvrir ce livre pas comme les autres. 

Un goûter en forêt, par Akiko Miyakoshi (Syros, 2011)

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Je vous invite également à découvrir l'album d'Akiko Miyakoshi parce qu'il saura à tous les coups vous surprendre ! D'abord c'est beau, gourmand, généreux, alléchant et simple. L'histoire est classique (une petite fille rejoint son père chez la grand-mère avec le gâteau qu'il a oublié). Il y a juste quelques petites touches de couleur, comme le rouge, pour rappeler le conte du Chaperon rouge... Cette fois, la petite fille va rencontrer des animaux qui vont la convier à partager un goûter. Et là j'ai fondu, le partage autour de la table est (comme je le soulignais) généreux et gourmand, c'est superbe, les dessins sont magnifiques, le réalisme est frappant... impossible de ne pas tomber sous le charme ! Un album à découvrir en toute confiance.

mais aussi, 

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Bien sûr, le papa de Kenji est très fort et capable de beaucoup de choses : remettre un gyrophare tombé d’une voiture de police ou redresser l’antenne tordue d’un robot. Mais dans certains cas, le papa de Kenji n’est pas le mieux équipé. Heureusement, tous les samedis, à la bibliothèque municipale, officient les champions de la clinique des jouets. Ils savent tout réparer. Devant leur comptoir, il y a une longue file d’enfants avec des jouets endommagés. Un peu de patience, quelques bons outils, et les jouets retrouvent une deuxième vie !

La clinique des jouets, de Yuichi Kasano (Ecole des Loisirs, 2011)

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La culotte de Kayo s’envole pendant qu’elle sèche au vent. Tous les animaux s’interrogent sur cet objet mystérieux : est-ce un bonnet ? Un drapeau ? Une couverture pour les petits ? Jusqu’à ce que Kayo arrive en courant et leur montre qu’il faut la porter « comme ceci ! »

Quelle culotte ! par Yumiko Imai (Pastel, 2011)

 

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14/03/12

Held you in my arms one time, Lost you just the same

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Je suis tombée amoureuse de ce livre ! 
Aurélien est un cowboy solitaire, il aime les conquêtes mais pas les attaches, jusqu'au jour où il rencontre Jolene. Franche, vigoureuse, exaltée, passionnée et passionnante. Aurélien tombe sous le charme. Sauf que c'est trop pour lui, et il prend peur en prenant le large. C'est à lui qu'il inflige la plus grande claque. A son tour de connaître les souffrances de l'amour.
Jolene n'a pas seulement le charme et l'insolence, c'est aussi une jeune femme blessée et fragile, avec un passé chargé de mauvais souvenirs. Elle aussi va apprendre ce que signifie de se donner à l'autre sans peur d'en payer le prix. Et cette relation, improbable au départ, devient belle, forte, entière, fusionnelle et tumultueuse.
C'est doux, souvent volcanique. Les coups de gueule valent autant les déclarations lyriques. C'est ce qui rend l'histoire plus émouvante, plus touchante, plus troublante.
Comment ne pas succomber face à ce roman qui parle d'amour, de musique, de blues et de rencontres uniques qui bouleversent le cours d'une vie ?! Aurélien est un rebelle qui se découvre un coeur de guimauve, d'abord il y a eu Rosemarie, si pure et bouleversante, puis Jolene, l'insoumise, et Perdita Cruz, notre cauchemar à tous. Trois rencontres, trois petits cailloux dans la santiag.
Des papillons dans le ventre, et la gorge nouée.
Il y a un passage où Jolene apprend à Aurélien à jouer To Love Somebody, elle râle en disant ceci : "Cette chanson ne supporte pas la médiocrité, sinon elle devient mièvre et débile."
Pour moi, cette réflexion s'applique aussi au roman de Shaïne Cassim.
Il faut le lire, le savourer par petites lampées, faire une pause, écouter Ray LaMontagne, se replonger avec la sensation d'y trouver autant de tendresse que d'amertume, en apprécier la texture, soupirer, et refermer la dernière page avec un léger goût de tabac et de fraîcheur sur la langue.

Jolene, par Shaïne Cassim
Ecole des Loisirs, coll. Medium, 2012 - illustration de couverture : Carine Brancowitz / www.pellmell.fr 

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13/03/12

Pêle-mêle Clarabel #52

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Le panier, par Jean Leroy - illustrations de Matthieu Maudet

C'est l'histoire d'une sorcière très attachante et faussement grincheuse qui découvre dans la forêt un panier avec un bébé. Celui-ci se met à hurler, ce qui incite la sorcière à fuir le plus loin possible car elle ne supporte pas les cris de l'enfant. Mais quelques instants plus tard, la pluie se met à tomber et la sorcière est prise de remords. Elle retourne dans la forêt et rentre chez elle avec le panier ET le bébé. Elle soupire, elle peste, elle râle, elle répète qu'elle ne supporte rien ni personne, mais c'est plus fort qu'elle. Le bébé ne cesse de pleurer et ses hurlements sont stridents, la patience de la sorcière a ses limites... et c'est alors que son voisin l'ogre se présente à sa porte, alléché par l'odeur et alerté par les braillements de l'enfant. Il se propose de la débarrasser de son fardeau, que croyez-vous que la sorcière va faire ?
L'intrigue est joliment subtile puisqu'elle joue avec les trouilles (du lecteur, et de la sorcière). C'est du plus bel effet, surtout à la fin. Ajoutez l
es illustrations de Matthieu Maudet, qui sont superbes, toutes en ombres chinoises. Vous obtenez une chouette petite lecture pour jouer avec la notion de peur et de suspense.

Le brigand à quatre mains, par Jean-François Chabas - illustrations de Cassandre Montoriol

Voilà un conte exotique, fort charmant et admirablement écrit par J-F Chabas, même si je trouve le vocabulaire un peu compliqué pour la tranche d'âge indiquée (collection Mouche), il n'en demeure pas moins poétique à l'oreille.
Des évènements troublants surviennent dans la forêt du Kuatcha, alors que les marchands sont dépouillés de leurs biens sans jamais apercevoir les coupables. Même le sultan est embêté et décide d'envoyer ses troupes pour faire cesser ce désordre commercial. La forêt serait-elle habitée par des esprits malins ? En effet, les soldats finissent par perdre un peu la tête et se résignent à rentrer bredouilles. Tandis qu'ils s'interrogent sur les mystérieux agissements qui semblent naître dans ces lieux ensorcelants, ils jurent de ne pas souffler mot ni d'avouer leur déconfiture. On découvre ainsi LE coupable - le brigand à quatre mains. Et pourquoi il agit aussi sournoisement, du moins... c'est avant de comprendre ses réelles motivations, car lui aussi en bave pour épater celle qui lui fait battre le coeur ! 
Le retournement de situation est très drôle, inattendu et attendrissant. Les illustrations de Cassandre Montoriol sont frappantes, très originales, elles se marient à merveille avec la luxuriance des détails et des descriptions du texte, c'est incontestablement une lecture enrichissante !  

Ecole des Loisirs, coll. Mouche, 2012 

05/03/12

Imaginez qu'un jour vous vous retrouviez brusquement le héros d'une histoire.

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C'est l'incroyable histoire du canard Carlo, qui croise sur son chemin Gnouf le cochon. Celui-ci lui chuchote: hep, c'est toi le héros du jour ! Félicitations, à partir de maintenant, tout ce qui tu feras sera l'objet d'un roman ! Oui, oui, c'est ton histoire, toi qu'on va suivre et ne plus quitter. A partir de ce moment, tout ce que tu feras, penseras, diras sera consigné noir sur blanc.
A toi de jouer !
Gloups, se dit Carlo. Que de responsabilité ! Lui, un héros... tss, quelle idée ! Carlo est un gentil canard à l'existence sans chichi, il a juste une collection de coquillages mais, d'après Gnouf, ce n'est pas très excitant et le lecteur risque de s'ennuyer.
Alors Carlo rencontre Lottie la grenouille, puis Jacquette la chèvre qui peint des tableaux qui ne se vendent pas, et enfin le crapaud au look de cowboy. Finalement son histoire se construit, alimentée par une série de bonnes trouvailles, avec des personnages attachants et des séquences d'action et d'émotion qui conviennent parfaitement aux attentes du lecteur.
Parce que ça se passe comme ça, dans un roman : il faut un personnage central, un héros, et son histoire autour, pas facile à broder, il faut des idées et de la bonne volonté, un zest de facétie, de l'humour et des illustrations aussi rigolotes. C'est subtil, parce que les jeunes lecteurs se sentiront impliqués dans l'histoire, ils seront les complices de Carlo et de Gnouf, ça leur plaira forcément parce qu'ils auront l'intuition d'avoir participé à la création de l'histoire, ou à comprendre comment ça se bidouille, comment un chouette petit roman voit le jour.
Merci Catharina Valckx !

Carlo, par Catharina Valckx smileyc002
Ecole des Loisirs, coll. Mouche, 2012 - illustrations de l'auteur. 

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20/02/12

“Suddenly question number four popped into my mind. Have you thought about how this relationship will end?”

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Depuis le temps que je voulais découvrir Judy Blume, je suis hélas un peu déçue !
Pour la petite histoire. Ce roman, qui date de 1975, a fait l'objet d'un scandale pour avoir osé parler de sexe et de sexualité. C'était une révolution. Un livre en avance sur son temps.
Aujourd'hui, je le trouve malheureusement un peu vieillot et plat dans son écriture. Pas mauvais, mais pas follement excitant non plus.
Sans quoi, l'émerveillement du premier amour est décrit avec justesse, mais aussi “l'assouvissement du désir et l'éveil à la lucidité sous l'intime conviction que ce sera pour toujours”... En plein dans le mille.
C'est donc l'histoire de Katherine qui tombe amoureuse de Michaël. Pour lui prouver qu'elle l'aime très fort, elle accepte de briser sa coquille et veut coucher avec lui. Le garçon est pressant, même s'il s'en défend. Leur relation devient alors fusionnelle, et les parents de Katherine considèrent qu'un peu de distance ne fera pas de mal au couple. Oui, ils ont raison, car la jeune fille va enfin retrouver sa jugeote et son sens critique. Il faut dire que je n'ai jamais été sensible aux charmes de Michaël (il donne un petit nom à son sexe !?! Mouarf.).
Il y a une totale transparence dans l'histoire, on y partage tout, sans gêne, sans tabou. C'est ce qui peut plaire aux ados confrontés à leurs premiers émois amoureux & sexuels. Ils se reconnaîtront probablement dans l'histoire de Katherine, d'autant qu'elle paraît vraie, sincère et livrée sans tricherie.
Sur le même thème, j'ai préféré le roman de William Nicholson : L'amour, mode d'emploi .

Pour toujours, par Judy Blume
Ecoles des Loisirs, coll. Médium, 1986. Traduit par Isabelle Reinharez 

19/01/12

Au cochon d'Émile

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Émile le boucher avait tout pour être heureux, un métier qu’il aimait, une jolie clientèle, mais il lui manquait l’essentiel…Attention, Émile ! L’amitié peut surgir sans prévenir...

DES ILLUSTRATIONS AU CHARME VINTAGE COMME J'AIME ET UN HUMOUR TRES SECOND DEGRÉ A SAVOURER PARCE QUE MIJOTÉ AUX PETITS OIGNONS. 

Au Cochon d'Émile, par Stéphane Henrich (Kaléidoscope, 2012)

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28/12/11

You are my winter

Nos lectures du soir, 

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Ogres, brigands et compagnie par Tomi Ungerer (Ecole des Loisirs, 2011). Cette édition comprend Les trois brigands (à voir la couverture, on s'en doutait !), Jean de la Lune, Le Géant de Zeralda et Zloty. Une édition spéciale pour fêter les 80 ans de l'auteur.
Contes choisis des frères Grimm, illustrés par Adolf Born (Seuil jeunesse, 2011). Vingt contes sélectionnés, parmi lesquels : Le loup et les sept chevreaux, Les trois fileuses, Hansel et Grethel, Les musiciens de la ville de Brême, Le roi grenouille ou Henri de fer...
A déguster !  

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19/12/11

Les Bolkodaz, un couple désopilant !

Le grand livre des Bolkodaz est en fait un recueil de petites histoires qui racontent les folles aventures d'un couple entre deux âges. Ce sont souvent des péripéties placées sous le signe de l'humour burlesque, on adhère très vite à cet humour car c'est franchement drôle. Pour moi, les illustrations ont aussi leur part de succès, à leur façon elles racontent une partie de l'histoire, avec charme et simplicité, sûr que ça fait sourire, et c'est ce qui rend cette lecture délicieuse ! Parmi mes passages préférés, il y a la chasse aux perdrix. Mme Bolkodaz les adorent tellement qu'elle finit par les dévorer en cachette, seule, dans sa cuisine, avant de s'en vouloir et d'accuser un copain de passage. Et l'histoire où le couple se perd dans la forêt, par grand froid. Ils trouvent refuge dans une cabane, y font un feu de cheminée, puis, toc toc toc, à tour de rôle, se présentent un lapin, un renard, un loup et un élan. Monsieur Bolkodaz se fâche, il n'a pas envie d'être dévoré par les carnivores, mais finalement chacun arrive à se trouver une petite place sans bouger d'un millimètre. On trouve aussi une chanson sur la mer et une recette de gâteau de pommes au miel. Servez chaud, la serviette autour du cou, vous en redemanderez !

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Forts de leur premier succès, les auteurs Fabienne Mounier et Daniel Hénon ont donc récidivé en entraînant le couple Bolkodaz à travers le miroir. Oui, c'est une découverte : chez eux, se trouve un miroir mou derrière lequel les attendent d'autres palpitantes péripéties (la chasse au 'mais', les framboises de la survie ou le perroquet roi du tiercé, pour ne citer que celles-ci). Le ton général est toujours aussi farfelu, avec une reprise des Habits neufs de l'empereur dans une version très Bolkodazienne ! Encore une fois, le plaisir est au rendez-vous. C'est le festival de l'imagination, ça part dans tous les sens, il ne faut pas s'attacher aux petits détails ni aux situations crédibles, ici c'est l'absurde qui domine. Et j"aime ça ! En prime, on trouve une poésie en guingois sur le chat, le fidèle compagnon du couple, autre personnage hautement sympathique, tout en discrétion, ce qui ne veut pas dire forcément sagesse. Je suis conquise par cette collection, un troisième titre est annoncé pour 2012 et j'en trépigne d'avance !  était annoncé pour 2012, qu'en sera-t-il depuis l'annonce du décès de Fabienne Mounier ?

Le grand livre des Bolkodaz &  Le miroir mou des Bolkodaz par Fabienne Mounier et Daniel Hénon.
Mouche de l'Ecole des Loisirs, 2010 & 2011.
illustrations de Daniel Hénon 

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17/12/11

Une vague idée qui peut donner quelque chose

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Un beau titre pour un roman qui promet son lot de petites perles. Eugénie Grandet est mise l'honneur lors d'une exposition de Louise Bourgeois, à laquelle se rendent les soeurs Pratt, Alice et Anne-Louise. Et c'est au cours de cette visite que la plus jeune, Alice, va réaliser ô combien elle étouffe de rester dans l'ombre de son aînée. Elle en tombe dans les pommes et c'est un charmant livreur de fleurs, Alphonse, qui vient à son secours. 
Dans la deuxième partie du roman, les soeurs Pratt se rendent chez leur grand-mère dans la Creuse. C'est une femme revêche, qui ne sourit jamais et ne manifeste aucun geste de tendresse. Elle est fermée et sèche. Mais cette fois, les relations vont être mises à plat, car Alice découvre la maladie de sa mamie et va la bousculer pour qu'elle rompe sa coquille. 
Et c'est ainsi qu'on se dirige vers la sortie, après un coup d'oeil sur la représentation de La Cerisaie de Tchekhov par l'inénarrable Max, l'amoureux d'Anne-Louise. Une dernière partie où le plaisir s'émousse, même si on conserve un jugement hautement satisfaisant de notre lecture globale. 
A vrai dire, j'ai aimé plus que tout le ton d'Alice, l'écriture de Shaïne Cassim. C'est juste, virevoltant, beau et poétique. Derrière chacune des considérations de l'adolescente (Alice est effectivement la narratrice), il y a toujours une part de vérité, de beauté, de grâce. Cela donne au roman un atout essentiel, parce que la séduction est évidente. Dès les premières pages, vous êtes conquis. Convaincus. Chaleureusement encouragés. Et vous tournez les pages de votre livre avec des regards amoureux. Alice Pratt est une héroïne authentique, elle est sentimentale et sensible, elle a aussi besoin qu'on la guide sans pour autant avaler toutes les belles paroles de sa soeur, tellement différente d'elle, car plus excentrique et volubile. 
Ce roman, c'est une relation entre soeurs. Une envie de s'affirmer. De rêver aussi. C'est vouloir se détacher des liens trop étroits, affronter le vide ou le manque (leur maman est partie à l'autre bout du monde). C'est dire qu'on aime les autres, qu'on les admire. Qu'on pardonne aussi. 
En bref, ce sont 180 pages intenses et troublantes.

Je ne suis pas Eugénie Grandet, par Shaïne Cassim
Ecole des Loisirs, coll. Médium, 2011. Illustration de couverture : Hélène Millot. 

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