21/12/08

L'âge d'ange - Anne Percin

41_bDDWyHPL__SS500_On ne sait pas qui nous raconte cette histoire, fille ou garçon, enfant ou vieillard... quelle importance. « Longtemps, je n'ai pas su. J'étais un ange, peut-être. Un ange qui attend la chute. » C'est plus tard, en avançant dans le roman, qu'on apprend plus exactement qui tient la plume. Afin d'être totalement neutre, j'opte bien volontiers pour le masculin, sans y voir là quelconque indice.

Cette histoire est en fait racontée des années plus tard, par rapport aux événements rapportés. Le narrateur était au lycée, timide, influençable, quasi transparent. C'était un élève appliqué, qui aimait le grec, et s'enfermait à la bibliothèque pour feuilleter un album sur les amours des dieux et des héros. Un jour, ce manuel est emprunté par un autre. Aussitôt c'est le brouillard, un mélange de frustration, de colère, d'incompréhension, de curiosité. Notre ange doit savoir qui - à part lui - nourrit cette même passion pour les mythes grecs. Est-ce possible ? Le sentiment naissant d'être moins exclusif commence à fleurir.

Et notre camarade rencontre alors Tadeusz, un étudiant d'origine polonaise, au physique d'apollon. On ne parle plus de coup de foudre, mais de choc... violent, qui fait trembler. Une forte connivence va se créer, tous deux deviennent inséparables. Mais en même temps leur relation cultive avec finesse l'androgynie. De quoi déroûter le lecteur.

Ce roman veut faire état de l'esprit de confusion qui traverse l'adolescence, l'identité flottante dans laquelle parfois on se berce, par pêché d'attention, d'ennui, de solitude, « cette période indéterminée où je ne savais pas qui j'étais ». Les deux héros du livre vivent une belle histoire d'amour et d'amitié, et seront malgré eux les pantins d'un drame orchestré par la bêtise humaine. Car les oppositions sont constantes, par les origines sociales notamment. L'ange a des parents très riches, habite un quartier calme et en sécurité, tandis que Tadeusz fréquente la banlieue, la pauvreté, l'immigration. La violence urbaine gronde, explose,  « il n'y a pas de justice possible, dès lors qu'on accepte la misère. Et que les forts ne sont forts que parce qu'ils laissent les faibles s'entre-tuer. »

Ce roman n'est pas léger, contrairement à ce que j'ai pu lire dernièrement sur le thème de l'adolescence, mais ce n'est pas une lecture moribonde non plus. Le ton grave qu'adopte le narrateur reflète aussi cette sensation de perte, d'errance et d'impuissance. De la tristesse, non il n'en est pas question. On ne saute pas au plafond, après avoir tourné la dernière page, mais on sent une richesse nous gagner. On se fait la réflexion que la société est hypocrite, mesquine et bien mal-pensante. Et l'injustice règne de part en part...

Je ne sais pas comment dire, mais j'ai été touchée par ce roman. Ce n'est pas simple, mais c'est fort.

Ecole des Loisirs, coll. Medium - 2008 - 127 pages / 8€

l'avis de Thomas Savary, sur le site de Citrouille

http://annepercin.blogspot.com/

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18/12/08

Petites bulles de bonheur

J'aime quand tout se remet en place dans ma vie, en douceur et avec efficacité. Peut-être l'année 2008 va enfin m'accorder un peu de répit pour les quelques jours qui restent ? Qui sait. Je l'espère de tout coeur. Mes soucis matériels se règlent, mes bleus à l'âme ont trouvé leur pansement et mes pannes de lecture sont maintenant écartées. Ou bien je vais franchement mieux, ou bien je ne tombe que sur des livres qui sont divins et me rendent un grand service !

I feel light, c'est sûr !!!

 

 

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31kJVPvI2qL__SS500_Milana, 14 ans, s'est longtemps considérée heureuse et fière d'être indépendante et de pouvoir se débrouiller seule comme une grande. Toutefois, une semaine de vacances va tout bousculer car elle s'aperçoit soudain du bonheur procuré d'être cajolée, dorlottée, couvée... comme un poussin. Alors elle se questionne, non sa mère n'est pas une mère poule, elle a pour discours qu'il faut être prêt pour la guerre de la vie, drôle d'idée quand on a 14 ans et pas le sentiment d'avoir connu de galère, juste faire son lit, vider le lave-vaisselle, prendre ses rendez-vous chez le médecin. Être blindée pour le reste à venir n'est finalement pas si confortable, et Milana choisit d'entrer en grève et de retourner en enfance. Mais sa meilleure amie lui rappelle qu'elle fait fausse route : être poussin ne signifie pas régresser et virer paresseuse. C'est compliqué de grandir !

Milana invente alors un terme tout nouveau tout beau, et qui correspond à sa démarche : elle plonge directement dans l'adultance. En numéro 1 de sa liste, elle inscrit de partir visiter les soixante-seize châteaux au Luxembourg.  C'est plus qu'une initiation qui l'attend, c'est la rencontre avec elle-même, et d'autres surprises au tournant ! Toutefois, Milana pourra l'affirmer tout de go : « je comprends alors que je serai toujours là pour moi », c'est une certitude. Ce roman sur la quête d'identité peut être lu comme la remise en question d'une adolescente en pleine crise, mais c'est terriblement plus drôle, facétieux et intelligent. On oublie d'être agacée, on s'amuse davantage et on goûte avec bonheur au style virevoltant d'Audren. C'est farci de petites phrases qui font mouche, on s'en gave sans hésiter. Un régal. 

« Ma mère ne me protège pas. Elle m'élève. Elle m'aide à bien grandir. C'est le propre des mères, n'est-ce pas ? »

Puisque nous sommes toi, Audren
Ecole des loisirs, coll. Medium - 164 pages - 9€

l'avis de Gaëlle

 

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« Allongé dans le pré encore tout vibrant au soleil du jeune printemps, Paul regarde la cime du peuplier et les nuages, édredons frangés d'or, qui traversent un ciel d'un bleu à croire en ses rêves. »

51JTIuBP7SL__SS500_Apprendre à grandir, apprendre à accepter de laisser partir ce qu'on aime, apprendre tout court, toujours... L'amour en cage est ce petit roman qui vous dit tout, avec justesse, poésie, délicatesse et tendresse. Paul a onze ans, c'est un garçon de la terre, il vit à la ferme et il est fier de la tradition familiale. Au collège, pourtant, il comprend qu'être paysan passe pour une insulte. Il se renferme, puis se lie d'amitié avec Aïssatou qui arrive de Guinée. Elle est différente des autres, sa voix, son sourire, sa peau et ses baisers au goût de gingembre... C'est doux et velouté, comme un duvet d'oiseau.

Un jour, dans les champs, il trouve une petite pie qu'il décide d'apprivoiser. Mais plus le temps passe et plus Faranah manifeste le désir de voler toujours plus loin. Est-ce une preuve d'amour de retenir ce à quoi on tient, parce qu'on a peur, parce qu'on ne veut pas souffrir, parce qu'on prétend aimer, donc protéger ? Mais empêcher, ça n'est pas de l'amour. « Tu la perdras encore plus si tu l'empêches d'être libre... » C'est un avertissement, un signal qu'il ne faut pas mélanger l'amour et la liberté. Aimer, c'est aider. C'est pousser. C'est faire quitter le nid. C'est donner des ailes. L'amour ne se met pas en cage.

Voici l'exemple concret qu'un roman peut simplement, en 90 pages, raconter une histoire capable de déclencher un grand impact émotionnel. Absolument magnifique.   

« Dès ta naissance, je savais que tu partirais, toutes les mères le savent. Elles l'acceptent, elles s'y préparent, c'est dans l'ordre des choses que les enfants ouvrent leurs ailes... »

L'amour en cage, Maryvonne Rippert
Seuil jeunesse, coll. Chapitre - 90 pages - 7,50€
A partir de 10 ans.

Illustration couverture : Olivier Tallec

 

 

l'avis de gaëlle !

 

Lend me yours wings and teach me how to fly.
Show me when it rains, the place you go to hide.
And the curtains draw again and bow - another day ends.
The leaves applaud the wind.

03/12/08

Audren, petite mouche... ?

Et je continue sur ma lancée, à vous parler d'un auteur remarquable : Audren. C'est une plume extraordinaire, pleine de fantaisie et d'originalité. Et il y en a pour tous les goûts, tous les âges... comme le prouve cette mini sélection du jour, qui vise les jeunes lecteurs dès 6-7 ans (la collection mouche, pour les enfants qui aiment déjà lire tout seuls) :

418ZL3MhPcL__SS500_Le maître de Félix est un anglais jugé excentrique et loufoque par son papa, qui ne comprend pas l'utilité des leçons enseignées. Dernier exemple : Taylor a demandé aux élèves de rapporter une bizarrerie. Félix est bien embêté, car tout est normal chez lui. Il se pose des tas de questions, auxquelles sa maman répond en rétorquant qu'il est un garçon bizarre. Cela fait tilt dans sa caboche, et Félix a maintenant sa petite idée pour le projet scolaire.

Est-ce que bizarre veut dire anormal, ou pas dans la norme ? Ce qui sort de l'ordinaire pour l'un signifie-t-il que c'est perçu de même par un autre ? Est-ce qu'une différence est aussi une bizarrerie ? Et d'autres questions sans fin découlent de ce petit texte, où Félix conduit gentiment le lecteur à comprendre le sens de l'identité et la richesse de l'exception. Pas si ordinaire, tout ça !

Illustrations d'Isabelle Bonameau
Mouche de l'école des loisirs - 6,50€

 

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41b5yI0urLL__SS500_C'est l'histoire de Mateo qui décide de bannir tous les mots commençant par "ma" car cela lui rappelle des choses douloureuses (sa maman est tombée malade un mardi matin du mois de mars). Il change de prénom, bannit de son alimentation les macaronis et les marshmallows et rencontre une petite fée, nouvelle élève dans sa classe, qui se prénomme Marie-Maëlle ! Cette dernière va l'aider à trouver les mots magiques pour chasser les mots maléfiques.

Ce texte parle de la maladie et du chagrin, surtout vécu d'après l'enfant déboussolé. Ce n'est jamais pathétique ou triste à pleurer, au contraire ! Et cela permet aussi de jouer avec les mots et leurs sonorités... Très bon. Et le sujet passe comme une lettre à la poste.

Illustrations de Laurie Karp
Mouche de l'école des loisirs, 6,50€

 

 

25/11/08

^ J'ai un coeur de midinette ! ^

312EBE0X6TL__SS500_La question des Mughdis raconte l'éveil amoureux entre Coline, quinze ans, et son meilleur ami Amogh. Ce dernier est le rejeton d'un père anglais et d'une mère indienne ; la famille Tweedy est hyper guindée et vit dans un manoir au coeur de la forêt de Sherwood, où Coline et les siens sont conviés pour les vacances de Pâques. Premier choc des cultures : les Tweedy veulent afficher une image de façade irréprochable et un rien prout-prout (toutefois, sous la couche, se cachent des secrets de famille assez surprenants !). Coline, ses parents et ses deux soeurs sont plutôt expansifs et exubérants, ils disent tout haut ce qu'ils pensent tout bas, ce qui n'est pas du goût du sacro-saint flegme britannique !

A l'écart de ces joyeuses ripailles, on suit aussi Coline et Amogh qui se rendent tous les soirs, avant le coucher du soleil, chez le jardinier Atmajyoti. Magicien ou mystificateur, ce dernier se livre à d'étranges cérémonies secrètes pour apercevoir les fameux ... Mughdis. L'adolescente rêverait de percer ce mystère, mais elle découvre à la place les premiers symptômes du sentiment amoureux : palpitations folles, troubles et rougissements, bouffées de chaleur, crises de jalousie, doutes perpétuels... C'est tout nouveau pour elle et ça l'embrouille. D'ailleurs, elle décrypte ce qui lui arrive par l'expression "J'ai l'amitié qui déraille".
Pas facile de franchir ce cap fragile qui sépare l'amitié et l'amour...

Ce roman sait joliment décrire cette confusion des sentiments et c'est rondement bien tourné sous la plume d'Audren, qui est pleine de fraîcheur, d'humour et de désinvolture. J'ai beaucoup aimé.

Jamais, jusqu'à ce voyage à Touchstone, Amogh n'a déclenché en moi autre chose qu'une belle amitié. J'avais l'impression d'évoluer sur un terrain paisible, loin des frontières de l'amour. Mais plus les heures passent en Angleterre et plus ces frontières me paraissent floues et proches de nous. Le terrain paisible est un terrain miné, et, au risque de constater de navrantes banalités, l'amour et l'amitié d'une fille pour un garçon sont étroitement intriqués. Il faut une importante dose de raison et d'interdits pour se convaincre du contraire. Malheureusement, Amogh, probablement freiné par ses principes, ou ses peurs, n'a pas l'intention d'évoluer ailleurs que sur l'aire tranquille d'amitié qu'il s'est créée. Si je le pouvais, je lui ouvrirais les yeux de ces frontières imprécises qui traversent régulièrement notre paysage et nos coeurs. Mais il partirait alors en courant, retrouver ses vrais copains, ceux qui se rasent et qui n'ont pas de seins.

La question des Mughdis - Audren

Ecole des Loisirs, mars 2006 - 180 pages - 9,50€

D'autres romans sont à venir, de cet auteur que j'apprécie beaucoup...

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16/12/07

Sous la pluie ~ Olivier Adam

"Sous la pluie" est un condensé d'émotions, comme les gouttes de pluie qui dégoulinent sur les vitres ou sur Antoine et sa maman, partis se promener en pleine nuit ... "Sous la pluie" c'est le petit-dernier d'Olivier Adam, publié pour la jeunesse. On ne présente plus l'auteur, c'est mon chouchou. Dans ce livre maigrichon, il met en scène un garçon pas comme les autres. C'est Antoine. Il vit avec ses parents dans un lotissement où les murs sont tout blancs. Antoine a une maman atypique, étrange, qu'on peut trouver folle, paumée ou déconnectée. Mais Antoine, comme son père, pense que sa maman c'est la plus belle personne sur la planète, la plus extraordinaire. Antoine va s'en rendre compte quand il va se perdre dans la forêt avec une maman hagarde, prête à tomber de fatigue sur le côté de la route. Pourtant, dans la vie d'Antoine, il y a aussi son copain Cédric, son prof monsieur Desbois, son émission radio avec les chansons dédicacées, les parties en vélo et cette fille hors du commun, la plus jolie, la plus bête des fois : Chloé. Et l'action de "Sous la pluie" se passe en une semaine et quand elle se termine "ça tient du miracle !" selon lui.
Bref, un texte sympathique qui s'adresse aux plus jeunes, ce coup-ci. Non plus aux ados comme "La messe anniversaire". Pour moi, "Sous la pluie" apporte beaucoup de fraîcheur, de gentillesse, d'humour et d'innocence.

décembre 2004

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21/11/07

Avalanche de douceurs !

Les livres, aujourd'hui, sont accessibles dès 2 - 3 ans (et jusqu'à 107 ans ! après tout, pourquoi se priver ? !) :

J'avais déjà évoqué les gros soucis de sommeil de notre Miss C., surtout quand elle était plus jeune, et je pensais le problème réglé. Vous vous doutez que c'était une conclusion hâtive, car la demoiselle se prête désormais à un nouveau jeu qui avait tendance à m'agacer, quand soudain la lecture de ce premier livre a eu un effet éclairant et sujet à de grandes exclamations de rire !

le_lit_des_parentsTous les soirs, l'ourson Léo finit sa nuit dans la chambre de ses parents, sous des prétextes variés. Or la grande hibernation des ours arrive, les parents ours doivent donc impérativement trouver une solution pour que Léo apprenne à dormir seul. Ce qui est drôle, c'est que les grandes excuses de l'enfant sont aussi celles déjà entendues, vues et revues. Aux parents également concernés par ce souci, je vous préviens que les solutions ne seront guère appliquées dans la vraie vie, c'est tellement mieux dans la fiction ! Dommage...

Christine Naumann-Villemin et Marianne Barcilon sont autrement connues pour la série des Mademoiselle Princesse et celle de Salomé (avec déjà des thèmes sur la difficulté de manger, l'histoire du soir, l'heure du coucher, etc., des thèmes fondamentaux pour nous !). En toute logique, ce livre est une valeur sûre et pleine de tendresse !

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Passons maintenant à un monsieur qui a du talent à revendre : Mo Willems (à visiter : http://www.mowillems.com/) avec deux albums aux  couvertures bien pétantes. D'abord, qui ne connaît pas Leonardo ? C'est un monstre épouvantable, sauf que personne n'a peur de lui, il fait pourtant tout ce qu'il peut pour être effroyable.  Et puis un jour il rencontre Sam, un garçon encore plus malheureux et malchanceux que lui, qui fera comprendre qu'à défaut d'être un monstre pathétique, autant être un copain formidable !

leonardo      guili_lapin

Guili Lapin est un livre qui concernera les bambins capricieux. Enfin c'est ce qu'on déduit trop facilement quand un enfant pique sa crise de larmes pour un détail tout bête, mais tellement crucial pour le petiot ! Trixie est une petite fille qui ne vit que pour son doudou, et un jour en se rendant à la laverie avec son papa, une chose terrible arrive et qui échappe au paternel. Comment lui faire comprendre quand on ne peut que gazouiller, taper du pied contre le sol et fondre en larmes de rage et désespoir ? Moi j'aime beaucoup le fait que ce soit la maman qui viendra à la rescousse du père effondré ! ...

Voilà deux livres adorables, à l'extérieur comme à l'intérieur ! Beaucoup de facétie, d'originalité et une histoire plutôt sympathique.

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Pourquoi les chauve-souris préfèrent sortir la nuit ?

pourquoi_les_chauves_sourisMichaël Escoffier et Kris Di Giacomo se sont associés pour répondre à ces questions existentielles que tout le monde a pu se poser au moins une fois dans sa vie. Pour en citer quelques-unes : pourquoi les chauves-souris préférent sortir la nuit ? Pourquoi les vachent remuent la queue en mangeant ? Et pourquoi les crocodiles dorment la gueule ouverte ? Ou encore pourquoi les zébres n'enlèvent jamais leur pyjama ? Une chose est certaine : vous ne vous doutiez pas des réponses !

Un livre qui pose des questions pas si bêtes, qui apporte des réponses délirantes et qui voit sa boucle bouclée chez les chauves-souris, grandes amatrices de fête jusqu'au petit matin... On en revient toujours là !

Pourquoi vos enfants vont craquer ? ... Parce que :  « Pourquoi les mouettes font caca en volant ? Pour aider les dromadaires à retrouver leur chemin en plein désert. Et pourquoi les requins nagent sous l'eau ? Pour éviter de recevoir du caca de mouette sur la tête ! »

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Mon petit chouchou pour finir (mais ça ne veut pas dire que les précédents comptent pour du beurre ! loin de là ...) :

ours_et_les_sourisLa vie d'un vieil ours solitaire est totalement chamboulée par l'arrivée intempestive de petites souris. L'ours aime dessiner ses souvenirs, puis bosser toute la sainte journée. Les souris, quant à elles, ne pensent qu'à faire la nouba. Les bêtises n'étant jamais bien loin, elles vont commettre une maladresse qui va ruiner le moral de notre gros papa ours. Sur ce, les souris vont décider de plier bagage. Mais notre ours va très vite comprendre que leur compagnie est bien plus précieuse que des dessins gribouillés dans la solitude.

Dans ce livre, moi j'aime : la touche d'Aude Picault, des dessins drôles, une histoire aussi fofolle ...

Le site d'Aude : http://www.audepicault.com/

Comme pour l'ensemble des livres présentés aujourd'hui, la tendresse donne la main à la générosité et l'humour est toujours de mise !

Tous ces livres sont publiés aux éditions Kaléidoscope et coûtent 12,50 € (sauf Leonardo : 15 € ).

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( Cliquez sur les images pour voir en grand )

19/10/07

Du malheur d'être née dans une famille de sorcières

verteA onze ans, Verte découvre qu'elle est la fille d'une sorcière, et la petite-fille d'une sorcière. Impossible de passer entre les mailles du filet, elle aussi est une sorcière ! La sorcellerie est une transmission héréditaire, de mère en fille, et Verte doit absolument accepter son sort. Or, elle refuse. Catégoriquement. Peut-être, pour l'excuser, il faut reconnaître que Verte cumule les mauvais points. D'abord elle abhore son prénom qui est un peu trop décalé, marque de fabrique d'une mère trop originale et qui refuse de faire comme tout le monde, ensuite Verte craint de ressembler à cette mère qui dérange et ne cherche qu'à enquiquiner ses voisins, et enfin la jeune fille veut connaître son père, un certain Gérard porté disparu depuis la nuit des temps ! ... 

Bref, le petit monde de Verte n'est pas celui du pays des Merveilles. Toutefois, Verte est bien entourée, mis à part sa mère Ursule qui bloque et dont les systèmes court-circuitent en matière d'éducation et de pédagogie. C'est auprès de sa grand-mère Anastabotte qu'elle va s'initier à son métier de sorcière (car oui, c'est du travail !). « Pour devenir sorcière, il ne suffit pas d'avoir un don. Il faut se donner du mal. Là comme ailleurs, le vrai secret, c'est le travail. Les jeunes sorcières doivent apprendre, lire et relire sans fin les manuels et s'exercer sous la direction d'une ancienne. »

Et en marge de ses soucis familiaux, Verte va aussi avoir « un amoureux ». Soufi est beau, gentil, il joue au football et va devenir le meilleur ami et le confident de la jeune fille. (Entre-temps, il va servir de cobaye aux premières expériences de sorcellerie, mais chut ! )

Ramdam chez les sorcières ! « Verte » est un ouvrage délicieux, drôle, le portrait d'une famille pas comme les autres, même si les apparences sont trompeuses, où les relations générationnelles sont aussi importantes que touiller ses potions dans la cocotte-minute ou jeter un sort d'Ombre Bleue du fin fond de l'atelier de la grand-mère ! Cette idée de sorcières échappe aux clichés, et c'est de plus très bien écrit par Marie Desplechin qui dope là le moral le plus cotonneux !

Une seule contrainte, désormais : lire la suite, « Pome » ! !

Ecole des Loisirs, collection Neuf. 180 pages.  Illustration de couverture : Soledad Bravi.   7.50 €

Heureusement, le livre vient de paraître !

pomeCe roman est donc la suite de « Verte ». Il respire à nouveau la fraîcheur, l'humour et l'espièglerie. Il perd le bénéfice de la surprise et la nouveauté. C'est un peu du réchauffé qu'on nous sert, toutefois cela reste délicieux !
Verte vient de rencontrer une nouvelle amie, Pome, qui est également une sorcière. Sa mère Clorinda est revêche et bêcheuse, mais fanfaronne rien qu'à l'idée de savoir sa fille suivre l'enseignement de la grand-mère Anastabotte.
Dans ce livre, il y a plus d'éléments masculins, entre le père retrouvé et le grand-père gâteau. C'est une nouvelle communauté qui se forme, parmi laquelle on n'aime pas les mensonges, les omissions, la trahison. Jouer franc-jeu est le credo de Verte. Une nouvelle fois, elle va prouver qu'elle fait fi de la loi du silence des sorcières !
Verte va révolutionner le petit monde exclusivement féminin de la sorcellerie, et ces nouveaux tours de passe-passe promettent (qui sait ?) d'autres palpitantes aventures !
En finissant ce tome, on pressent qu'on abandonne Soufi un peu trop vite, qu'on espère des petites étincelles entre les deux grand-parents et puis ... où est donc passée Ursule, injustement en retrait dans ce livre ? !
Beaucoup de charme, de douceur, d'humour dans ce roman. J'aime infiniment la partie consacrée à Verte (chaque chapitre donne la voix à chaque personnage). J'ai apprécié les retrouvailles, mais je reste attachée au premier, « Verte », qui fut pour moi la vraie découverte !!!

Ecole des Loisirs, collection Neuf - 152 pages.  Illustrations de couverture : Soledad Bravi.  8.50 €

Passons maintenant à une histoire de sorcières  plus « traditionnelles » ...

J'en profite pour glisser une autre suggestion de lecture, toujours dans le domaine « sorcière / sorcellerie », avec ce titre qui appartient à la collection Mouche, c'est-à-dire « Un livre pour les enfants qui aiment déjà lire tout seuls ». Mais pour avoir testé et approuvé, je conseille aussi la lecture orale. C'est un livre qui s'y adapte parfaitement !

cinq_sorcieresLe livre en question est donc  « Cinq sorcières » de Nathalie Kuperman.

Ce sont en fait cinq petites histoires mettant en scène des sorcières : Crapeluche se penche sur les berceaux pour souffler ses mauvais sorts, Crimini adore le ragoût d'enfants, Joukipic s'échappe d'un cauchemar, Rapapouille souhaite remporter le grand prix de laideur et Clochemine veut soigner sa fille avec des chansonnettes stupides.

L'ensemble est sympathique, amusant et plein d'entrain. Des petites touches d'humour, de la caricature facile et légère, des clins d'oeil et des clichés à la pelle ... l'enfant aura plaisir à retrouver ses repères dans ces histoires pas mauvaises, qui ne font jamais peur (et qui me révèlent un auteur à encourager !).

Ecole des Loisirs, collection Mouche. 77 pages. Illustrations de Jean Luc Englebert.  7.50 €

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02/10/07

Fais que ta peur soit toute petite, car si tu la laisses grandir c'est toi qui seras tout petit. (*)

Introduction : Tout le monde a peur de quelque chose. La peur peut terrasser l'être le plus courageux.

Petite_souris_le_grand_livre_des_peursLE GRAND LIVRE DES PEURS d'Emily Gravett est le livre indispensable pour vous aider à triompher de vos peurs. Rédigé par une spécialiste du tracas en tout genre, il est le fruit d'une vie entière passée à combattre toutes sortes de peurs à l'aide d'un crayon. Vous aussi, vous pouvez triompher de vos peurs grâce à une expression artistique !

Chaque page de ce livre (ou presque) vous réserve un espace vide (ou presque), afin que vous y notiez vos peurs , et les affrontiez par le biais du dessin, de l'écriture, du collage.

SOUVENEZ-VOUS ! UNE PEUR AFFRONTÈE EST UNE PEUR SURMONTÈE.

Ceci est l'avertissement de l'éditeur, mais je m'empresse de me joindre à celui-ci car ce serait mentir que d'affirmer le contraire !

Autant l'écrire de suite, cet album est un petit bijou !

Par son grand format, son ingénuosité, son originalité et sa facétie, il permet d'exorciser ce sentiment de phobie envers le noir, le vide, les autres et les idées folles - ce qui se cache sous le lit, ça ne vous évoque rien ??? !

Bref, ce livre suit en fait l'histoire d'une petite souris qui confie tous ses petits tracas : arachnophobie, entomophobie, tératophobie, clinophobie etc etc ... (n'ayez crainte, chaque mot est accompagné de sa signification !) Il faut de la science pour déterminer ses peurs, mais aussi une bonne dose d'humour.

L'anglaise Emily Gravett est spécialiste des albums à plusieurs dimensions. Le lecteur peut feuilleter le livre, dans tous les sens, et découvrir un nouveau détail à chaque fois ! Entre les pages grignotées par cette petite souris, la feuille du fermier qui relate un terrible fait divers ou la carte touristique de l'Île de la Peur, votre enfant et vous allez manipuler ce livre à l'endroit, à l'envers et ainsi de suite ! Vous allez également savourer les anecdotes, reconnaître certains cauchemars, frissonner (gentiment) et sourire (malgré tout).

Car ce livre est un délice !

Humour, espiéglerie, intelligence et finesse sont les ingrédients de cette recette efficace, offrant ainsi un album indispensable qui ravira petits et grands !!!!

Faites un tour chez notre frenchy Mélanie au pays des British pour sa journée rencontre avec Emily Gravett ...

Kaléidoscope - Août 2007 -  15 €

Traduit par Elisabeth Duval . Dès 5 ans.

 

(*) Adage Amazonien.

Miss_C_n_en_loupe_pas_une_mietteEdit du soir :

Le verdict de Miss C., 7 ans, est tombé !

« Il est super - hyper - archi - bien ! ! ! »

Elle n'en loupe pas une miette !!!

A lire, relire et découvrir sans fin des petits trucs qu'on n'aperçoit pas au premier coup d'oeil ! 

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26/07/07

Quatre soeurs - Malika Ferdjoukh

quatre_soeurs_1Pour faire chorus aux louanges entourant la série Quatre soeurs de Malika Ferdjoukh !
Il est vrai que s'engager dans cette lecture donne droit à de belles heures de plaisir, de douceur, de délices et d'humour... Le lecteur est accroché aux fabuleuses histoires des soeurs Verdelaine, qui sont effectivement cinq, mais dont quatre livres font l'étalage avec grâce et facétie.
Il y a évidemment beaucoup de style dans l'écriture de l'auteur, une liberté, une audace et de la fraîcheur qui ne peuvent laisser imperméable. Il y a ensuite des personnages adorables, attachants, sensibles, bref irrésistibles.
Le tome 1 est une invitation dans la Vill'Hervé, la grande propriété familiale qui renferme des coins, des recoins, des escaliers qui tourbillonnnent (à noter : le Macaroni !), déjà un cadre fort séduisant, situé entre vents et tempêtes, non loin d'une falaise et de la mer.
Les soeurs Verdelaine ne sont pas les seules occupantes de ces lieux enchanteurs, on compte aussi des animaux, des esprits fantômes... Les parents ont hélas disparu dans un accident, mais ils continuent de hanter les lieux où Charlie, l'aînée de la fatrie, tente de sauver de la ruine.
Agée de 23 ans, celle-ci a mis en berne ses études de médecine pour subvenir aux besoins de ses petites soeurs. Enid, la plus jeune âgée de 9 ans, est aussi la plus susceptible aux démons, aux mystères, au Gnome de la chasse d'eau et aux autres esprits. Elle les entend, les écoute et leur parle.
Dans ce premier tome de la tétrade, on flirte un tantinet avec le fantastique. Pour ceux et celles que ce genre rebute, il faut savoir que c'est aussi partie intégrante de la magie qui se dégage de cette lecture ! Il n'existe pas assez de mots pour exprimer tout le charme que renferme ce livre. Ou pour reprendre les termes de l'éditeur : "L'ensemble forme un cocktail rare et succulent, un peu comme si le livreur de pizzas débarquait chez les Quatre Filles du Docteur March pendant qu'elles regardent South Park en dialoguant avec un fantôme. Dans Quatre Soeurs, ce sont bien plus de 600 recettes pour rire, pleurer, s'aventuer, tomber en amour, vivre en famille, aimer un lieu, et se tricoter de longs manteaux réchauffants et beaux de petites phrases, de grands sentiments et de curiosité tous azimuts" ...
A lire à pas d'âge !!!   - 139 pages -

quatre_soeurs_2Hortense est l'avant-dernière des filles Verdelaine. Agée de 11 ans, elle passe sa vie dans les livres. Passionnée de théâtre, la jeune fille confie à son journal intime qu'elle rêverait d'être comédienne. Mais c'est un projet bien ambitieux pour une timide maladive comme elle...
Et pourtant, aidée par sa rencontre avec Muguette, une curieuse demoiselle au tempérament de feu, et sur les conseils de son professeur de français, Hortense va pousser la porte des cours de Zoltan Lermontov et se risquer à faire ses premiers pas sur les planches.
Ce tome 2 n'est pas qu'un projecteur sur l'une des cinq filles Verdelaine, bien au contraire ! On suit toujours les folles aventures de ses soeurs toutes plus charmantes les unes que les autres.
Notamment, on savoure le béguin de Bettina, la 3ème soeur, pour un livreur de surgelés au physique peu avenant. Pour cette bêcheuse invétérée, c'est le comble du mauvais goût. Et cependant, les sentiments sont des esprits follets qui bouleversent nos jeunes héroïnes, propriétaires d'une villa cossue mais tout aussi excentrique. Après tout, pourquoi pas elle ? !
L'univers de Malika Ferdjoukh est un monde d'étincelles qui scintillent dans les prunelles des lecteurs... Un monde facétieux, bourré d'humour, paré de dialogues clinquants. Et où toujours les clichés et la lourdeur sont écartés.
Une série à déguster !  - 192 pages -

quatre_soeurs_3Branle-bas de combat chez les Verdelaine ! Les caisses sont vides, il faut trouver au plus vite une solution pour maintenir le paquebot Vill'Hervé à flot. Charlie suggère de louer une partie de la maison, incluant la chambre des parents défunts, à un inconnu.
Ainsi arrive de Paris Tancrède, 28 ans, avec ses cartons, son paquetage et ses mystères. Sans compter son charme ravageur... Charlie met de côté son rôle de tutrice de quatre soeurs impossibles, oublie un tantinet son fiancé Basile et succombe à ce Docteur Jeckyll doublé de savant fou.
De leurs côtés, les soeurs Verdelaine perdent également leurs repères. Les amours s'effacent, les trahisons pointent, les déceptions aussi. Les chagrins pointent leurs museaux.
Et dans ce capharnaüm (pas toujours joyeux), les esprits vont et viennent, les animaux tombent amoureux, les petits cousins passent leurs vacances du printemps à la Vill'Hervé et un malfrat blagueur sème des poireaux dans les endroits les plus saugrenus de la maison.
Les soeurs Verdelaine ne chôment pas pour offrir à leurs lecteurs des belles surprises, tout en humour mais aussi en finesse et sensibilité. Dans ce tome 3, l'auteur n'a pas hésité à aborder des thèmes plus délicats comme la maladie, la greffe et la mort.
Toujours savoureux, à la fois intelligent et bougrement captivant, ce tome s'inscrit dans une tétrade définitivement irrésistible !   - 200 pages -

quatre_soeurs_4L'été s'annonce, et dans ses bagages : les vacances ! Les filles Verdelaine prennent le large. Bettina suit ses meilleures amies camper en pleine campagne sous le chaperon d'une tante artiste un peu extravagante, Hortense et Enid se rendent chez leurs cousins Harry et Désirée à Paris. Geneviève a pris un petit job d'été et Charlie se dépense physiquement dans le retapage de la Vill'Hervé pour mieux oublier ses soucis...

Cette fois-ci, l'auteur nous laisse supposer que l'univers des soeurs Verdelaine n'est pas totalement celui des Bisounours. Se pointent quelques ennuis de disparition, de blessures, de responsabilité et d'émancipation.
Dans ce tome, Geneviève, la 2ème de la fatrie, âgée de 16 ans, rencontre un farouche individu, prénommé Vigo, beau comme un dieu mais un peu bizarre sur plusieurs aspects. Mais les émotions que ce garçon lui fait ressentir sont inqualifiables, pour Geneviève qui songe à sa première expérience sexuelle...

La lecture de ce tome laisse un goût amer, car on sent la fin, on devine qu'elle n'est pas loin, qu'il faut envisager de se détacher et d'abandonner les soeurs Verdelaine dans leurs nouveaux projets. Il y a toujours autant d'amour, de rêves, de larmes et de bel esprit dans ce livre, à l'image de la tétrade.
Ce fut une rencontre fabuleuse, n'hésitez pas non plus à vous laisser transporter au large de cette grande bicoque qui abrite des orphelines ne manquant jamais de ressources, des esprits taquins et des animaux en véritables compagnons.   
- 212 pages -

L'école des Loisirs - coll. Medium - 2003.

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15/06/07

A la brocante du coeur - Robert Cormier

A_la_brocante_du_coeurC'est l'histoire d'un homicide sur une petite fille de 7 ans et d'un garçon de 12 ans, son camarade de jeux, qui devient le principal suspect des enquêteurs. Pour le coincer, les détectives font appel au célèbre Trent, redoutable dans ses interrogatoires et dont la réputation annonce le succès de l'affaire, bien vite bouclée.
Du moins, le pensent-ils tous.
Au coeur de cette machine infernale, il y a un adolescent de 12 ans, dépassé par les événements, qui clame son innocence et se débat avec détresse contre toute implication criminelle.

Le noyau du roman se base donc sur le tête-à-tête entre Trent et le gamin. L'ambiance est lourde, la tactique de l'enquêteur est perfide, si bien détaillée que le lecteur en découvre tous les rouages avec effroi.
Le suspense est intenable, car l'auteur a su fonder son histoire sur ce climat. Il est même diablement vicieux car on devient incapable de cerner la vérité du faux, puisque les doutes commencent de plus en plus à nous envahir !
Oui, ce roman est redoutable. Froid, impitoyable et écoeurant. Il place la justice américaine sous un halo peu valorisant. Les jeunes lecteurs français pourront se sentir étrangers à l'appareil outre-atlantique, mais nullement indifférents à la monstruosité de la manipulation et du carnage engendré par la prétention et l'ambition dévorante.
A lire, absolument.

L'Ecole des Loisirs - 153 pages. Janvier 2003 - 9.20 euros - Traduit de l'américain par Hélène Misserly.

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