17/05/19

Les Disparus du phare, de Peter May

les disparus du phareUn homme reprend connaissance sur une plage mais ne sait plus qui il est, d'où il vient et ce qu'il fait sur l'île de Harris où il séjourne dans un cottage isolé. Il apprend finalement par ses voisins qu'il se nomme Neal Maclean et qu'il écrit un livre sur la disparition des gardiens de phare.
Mais la police s'en mêle car le corps d'un individu a été retrouvé. Assassiné. Neal doit alors s'expliquer sur ses étranges va-et-vient. Pour se disculper, il devient urgent de retrouver la mémoire et entreprend de se rendre à Édimbourg pour affiner ses recherches.
Ce roman, on l'adore, pour son ambiance et son décor. « Dans ce paysage tourmenté, façonné par les grands glaciers d'une ère lointaine, des endroits comme Valley of Drizzle ou Raven Rock évoquaient l'univers de Tolkien. Au milieu d'immenses lochs paisibles, des îles couvertes d'arbres projetaient leurs reflets sombres sur des eaux plus sombres encore et d'immenses montagnes au profil déchiqueté s'élevaient au-dessus de la canopée pour se perdre dans les nuages bas et menaçants. »
Soupirs extatiques.
Cette atmosphère m'a conquise. L'histoire est un peu longue mais prenante. On suit le périple d'un homme en quête de son identité - c'est erratique et curieux avec néanmoins d'autres intrigues qui viennent se greffer à cette locomotive. Cette lecture invite au voyage ou à l'évasion. C'est splendide. J'ai ainsi pris mon temps pour parcourir chaque recoin. C'était vraiment bien.

Traduit par Jean-René Dastugue pour les éditions du Rouergue

Repris en poche chez Babel Noir (2019)

 

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13/05/19

On a dévalisé la queen ! de Jean-Francois Quesnel

On a devalise la queenRécemment divorcée, Darcy décide de poser ses valises en Ecosse pour y refaire sa vie. Elle habite avec Churchill son chien, près des ruines du manoir de Merryton. Le lieu l’envoûte et évoque des souvenirs lointains, lorsque son excentrique grand-mère lui racontait la légende d’un trésor enfoui dans les murs de la vieille bicoque.
Un siècle plus tôt, le manoir a en effet hébergé la reine Victoria, le temps d’une nuit, mais au cours de laquelle un bijou en diamant a été dérobé. Ledit bijou n’a jamais été retrouvé et Darcy a bien l’intention de résoudre l’énigme. 

Oui, c'est vrai, cette lecture est parfaitement grotesque et néanmoins distrayante !
Roman lu en à peine deux heures - parfois avec des yeux ronds comme des billes - j'ai vite pris mon parti d'en rire car c'est tantôt débile tantôt loufoque.
En ce qui concerne la partie de l'histoire se déroulant au XIXe siècle, franchement, on oublie. C'est creux, absurde et vulgaire. 
Par contre l'intrigue basée en 2015 est rigolote. Elle nous fait voyager en Écosse, dans des vieilles demeures hantées, cernées de fantômes, en pleine campagne paumée, battue par la pluie et le vent. J'ai adoré cette ambiance.
Mieux vaut donc sourire en imaginant une mascarade ou une blague de potache. L'héroïne est une Agatha Raisin qui ne fait que baver devant les hommes qu'elle croise, en rêvant à des passions torrides.
Oui, oui. C'est du grand n'importe quoi. Ou disons qu'on se marre tout du long tant la dérision est de rigueur (du moins, j'espère que c'était l'intention de l'auteur). Gloups.

City éditions, 2016

 

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08/02/19

L’aventure de Castle Rock, de Natasha Farrant

l'aventure de castle rock

Complètement sous le charme de cette couverture, aux faux airs des romans de Enid Blyton, j'étais impatiente de découvrir cette petite merveille. Même les premières pages sont magiques ! C'est l'histoire d'une fille qui avait perdu sa mère et sa maison, qui avait peur de perdre son père, et qui avait besoin de se trouver elle-même. L'auteure a une façon particulière de présenter son histoire, un mélange de poésie et d'humour, une grande maîtrise du teasing et un goût fabuleux pour l'aventure. En tout cas, on embarque aussitôt à bord et avec impatience. 

Alice Mistlethwaite doit quitter la maison de son enfance, trop chargée en souvenirs, pour rejoindre le pensionnat de Stormy Loch, un vieux château écossais tenu par une équipe de tendres excentriques. Sa tante a estimé qu'il serait temps pour elle de vivre de vraies histoires passionnantes au lieu de simplement les imaginer. Son père, un acteur obscur, doit retourner à Londres mais promet de lui écrire le plus souvent. Seulement, Barney ne va pas tenir parole et faire douter sa fille (d'où l'épopée à venir). D'un tempérament calme et solitaire, Alice va néanmoins s'attacher l'amitié de deux garçons aux caractères très opposés, en l'occurrence Fergus et Jesse, l'un ne manque pas de courage tandis que l'autre craint jusqu'à son ombre. Du moins, ils forment un trio inattendu et fort original. Contre toute attente, ils vont aussi multiplier les frasques et enfreindre les règles de leur école. Comme se rendre sur une île voisine, le paradis des macareux, en réponse à une invitation énigmatique reçue sur carte postale timbrée en Italie. Que de mystère... et vous n'avez pas tout vu !

Cette lecture est extraordinaire, elle a le goût de l'enfance, des rêves et des escapades palpitantes, perdues au milieu de nulle part. Les personnages sont adorables, un peu farouches et maladroits, souvent prompts à édulcorer la vérité et à trahir pour parvenir à leurs fins. Mais ils ont beaucoup à nous raconter et c'est formidable de les écouter ! J'ai bigrement aimé ce rendez-vous, riche en émotions et véritable promesse d'évasion. On tombe fou amoureux de ce coin de paradis écossais, battu par les vents et les tempêtes, mais tellement romantique et magique. On sent le souffle de la liberté nous transporter très loin, et pour notre plus grand bonheur. Il y a certes un certain charme vintage derrière tout ça... irrésistible et réjouissant. J'ai adoré. ♥

Gallimard jeunesse (2019) - traduit par Marie Leymarie

Couverture illustrée par David Bean

 

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10/01/19

Qu'est-ce qui fait pleurer les crocodiles ? de Lucie Castel

Qu'est-ce qui fait pleurer les crocodilesSuite à un récent traumatisme, Sofia a été expédiée en vacances forcées dans un manoir écossais. Mais à peine débarquée, les ennuis commencent. Pour la jeune femme, qui se sent peu disposée à se montrer aimable ou conciliante, c'est la goutte de trop. 
Or, son séjour à Redstone va la déconcerter à plus d'un titre, d'abord par sa rencontre explosive avec le très taciturne Lachlane, puis avec la découverte d'un trafic d'œuvres d'art entre les murs de l'hôtel.
Contre toute attente, Sofia va faire équipe avec son rustre préféré et mener une enquête rocambolesque. Le résultat aussi va s'avérer étonnant et plutôt réjouissant.
Pour avoir lu ce roman en deux petits trajets de voiture, j'ai été agréablement surprise de me prendre au jeu en tournant les pages aussi facilement, sans voir le temps passer.
L'histoire est simple mais entraînante, avec une intrigue criminelle rondement menée et diablement efficace. Certes, le cadre environnant, avec sa campagne écossaise et son manoir d'un autre temps, reste son atout majeur. 
Bon point aussi pour les personnages secondaires, caricaturaux et néanmoins attachants, à défaut des premiers rôles dont le caractère trop fougueux donne des échanges impétueux et inspire une certaine lassitude. Leur relation est d'ailleurs pénible à suivre, avec ses non-dits et ses mystères. Par contre, leur tandem fonctionne à merveille pour débusquer les embrouilles et les traîtres.
Côté détente et évasion, cette lecture remplit donc largement son contrat. On passe un vrai bon moment, sans prise de tête et dans une atmosphère particulièrement ensorcelante. Plutôt pas mal. 

Harlequin (2018)


À noter : le premier roman de l'auteur vient de paraître au prix mini de 4.99€

Pas si simple

 

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14/10/06

Jours de Juin - Julia Glass

                                                                                                     Pour oublier l'Ecosse ejoursdejuint le récent décès de son épouse Maureen, Paul McLeod part en voyage organisé en Grèce. Il y rencontre une jeune artiste peintre, Fern qui est américaine. Cela lui fait penser à son fils Fenno, libraire à New York. Ce dernier est venu rendre visite à la famille pour les fêtes de fin d'année en compagnie d'un garçon, Malachy Burns. Paul a supposé qu'il s'agissait de son petit ami et que son fils était homosexuel. Un peu sonné, il ressasse également ses années de mariage et la passion dévorante de Maureen pour son métier : éleveuse de collies.

Six ans plus tard, c'est Fenno qui prend la parole en regagnant le territoire familial de Tealing pour les obsèques de son père. Ce dernier avait trouvé refuge sur l'île de Naxos, en Grèce. Fenno est étonné des autres détails qu'il découvre sur son père, se rendant compte qu'ils s'étaient perdus de vue et n'avaient pas su se comprendre en temps et en heure. Fenno est persuadé que son père n'a jamais deviné qu'il était homosexuel. C'est un point qu'il n'a jamais abordé avec les siens, tout juste Maureen avait eu son instinct de mère indiscutable. Bref, Fenno se rappelle à son tour son départ d'Ecosse et son installation en Amérique, ses rencontres et ses débuts de libraire. La rencontre avec Malachy Burns est également un point important dans sa vie, même si jamais le garçon n'a été son amant. Une amitié précieuse les unissait, et plus encore. En Ecosse, Fenno est confontré à un choix difficile émanant de sa belle-soeur, Liliane.

La troisième partie plonge le lecteur quatre ans plus tard à New York avec Fern. La vie de la jeune femme a aussi connu des hauts et des bas depuis son escapade en Europe : un mariage, un veuvage, une rencontre et une grossesse en cours. Tous les personnages du roman semblent se croiser, confontrés à cette jonction entre la responsabilité de leur passé ou de leur enfance pour un avenir plus sûr. Paul McLeod a été le premier à remettre en question les fondations de son couple, revivant les points forts et les zones d'ombre : Maureen s'est-elle trop impliquée dans son travail ? A-t-elle été infidèle à son mari ? Les enfants ont grandi avec leurs blessures secrètes : pour assumer leur identité sexuelle, surmonter une rancune muette, rendre responsable d'une maladie cette mère trop absente et secrète. Ils ont tous un long parcours à faire pour atteindre un but assez flou : « regarder la vie qui les attend, apprendre à vivre tout simplement ». C'est un pari difficile à accomplir. Dans la vie, il y a les imprévus : la mort, l'amour, la naissance et l'espoir malgré tout.

C'est un peu ce message subliminal que tente de nous inculquer Julia Glass avec son roman ambitieux, dense et passionnant : 655 pages d'une histoire familiale, avec ses rencontres, ses départs et ses choix à définir pour construire sa vie, petit à petit. L'histoire est captivante et construite avec intelligence sous la forme d'un triptyque où se succèdent trois étés dans la vie des McLeod. « Jours de Juin » est une saga familiale avec ses rebondissements mais surtout avec une analyse pointue des états d'âme des personnages. Ils ont en commun d'avoir perdu leurs repères, de se sentir seuls mais de chercher à tromper la solitude. Ils voyagent ou font des enfants, ils viennent en aide aux plus défavorisés, ils paient leurs dettes... cela prend du temps, mais au final ils pourront se dire : « voilà, nous sommes arrivés - malgré les retards, les difficultés et les inquiétudes du trajet - enfin, ou pour le moment, nous sommes là où nous avons toujours voulu être ». C'est un roman subtil et épais dans lequel on plonge sans lever le nez. L'auteur est américaine, bizarre car le cachet du livre prêtait à penser qu'il était so british !

Editions des 2 Terres

  • 655 pages à résumer... difficile d'être concise et passionnée !.. j'ai aimé, comprenez-le ! C'est tout ! :-)

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