08/06/20

Brexit romance, de Clémentine Beauvais

Brexit romanceUne jolie comédie, qui pétille et qui vous donne le sourire !
Ça fait du bien, oui.

Suite au vote des Britanniques contre l'Europe, une jeune étudiante francophile lance une nouvelle application permettant de conclure des mariages blancs et clamer ainsi son goût de la liberté (ni amour ni sexe, juste un peu de convivialité et un passeport à la clef !).
Pour la soutenir dans son projet farfelu, Justine compte sur une brochette d'amis mais peine à convaincre les plus réfractaires comme Pierre Kamenev - professeur de chant - en déplacement avec son élève Marguerite, prodige insouciante et orpheline, qui vient de tomber folle amoureuse d'un Lord anglais.

Toute l'aventure de Brexit Romance s'inscrit dans ce tourbillon de rencontres inopinées, de dialogues enflammés, de quiproquos savoureux et d'expéditions déjantées sur les terres Albionnes.
J'ai un peu flippé au début - tout me semblait surjoué - mais cette sensation s'est vite envolée car j'étais vraiment heureuse de retrouver les personnages et de suivre leurs péripéties.

*** Pierre Kamenev, please marry me 🤣***
L'ambiance est joyeuse et frappadingue. Pour qui recherche de la dérision derrière les sujets politiques, prenez place à bord !

En bref, j'avais beaucoup aimé Les Petites Reines.
Pas du tout Songe à la douceur.
Pour celui-ci, j'ai d'abord hésité puis succombé au format audio.
Les romans de Clémentine Beauvais possèdent un sens du feuilleton très virevoltant et qui passe encore mieux à l'écoute ! Je conseille.

©2020 Editions Gallimard Jeunesse (P)2020 Editions Gallimard Jeunesse
éditions Sarbacane, 2018

 


08/05/20

La tempête des échos (La Passe-Miroir #4), de Christelle Dabos

La tempête des échosParfois long et complexe, un peu prétentieux mais fabuleusement excitant : c'était donc le quatrième et dernier tome de la série de La Passe-Miroir. 😅

Un bon gros pavé de 560 pages avec des réponses qui vous laissent souvent perplexe et dans une confusion sans fond ! Sinon, en ce qui me concerne, le dénouement me sied complètement. Ophélie est une héroïne qui ne m'a pas toujours inspiré une extrême empathie et qui a connu dans cet épisode des explorations renversantes (entre nous, on s'y perd aussi... non ?). Mais au final, vraiment, j'étais heureuse. Très satisfaite du tout ça pour ça !

Je pense d'ailleurs que je relirai les quatre tomes pour rattraper les points perdus. Et pas forcément en format audio (le choix des voix peut fausser la projection... les rapports entre Ophélie et Thorn sonnent un peu niaiseux). Sinon la comédienne est excellente - une vraie conteuse !

©2019 Editions Gallimard Jeunesse (P)2020 Editions Gallimard Jeunesse

 

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11/03/20

La Mémoire de Babel (La Passe-Miroir 3), de Christelle Dabos

La mémoire de BabelUn premier temps perplexe devant le changement d'univers et l'absence de personnages familiers, puis conquise par l'exotisme qui déferle pour enflammer notre imaginaire... j'ai donc dévoré ce troisième tome sans autre façon.
Non, il n'est pas parfait mais lui aussi fascine et nous entraîne dans son sillage avec une histoire épatante. Ophélie se fait désormais appeler Eulalie. Elle vient d'arriver à Babel pour retrouver Thorn. S'acclimatant tout doucement aux us et coutumes sur place, elle comprend qu'elle doit intégrer le Conservatoire pour devenir une Virtuose et accomplir sa quête. Or, son apprentissage ne se déroule pas sans heurt. Ses camarades lui en font baver, son aura intrigue et sa supérieure ne cache pas son ambition en voulant ternir sa crédibilité. La jeune fille est maintenant endurcie aux coups bas et les affronte avec stoïcisme car elle n'a plus de temps à perdre.
Quid de l'ancien intendant ? de l'ambassadeur ? de la filleule ? des ombres, de l'autre et de dieu ?
On avance, on avance.
Le talent de Christelle Dabos est remarquable : elle trace ses contours et ses lignes avec une méticulosité chirurgicale. C'est fin, très élégant, drôle aussi. On pourrait se lasser de l'air éberlué et des maladresses de l'héroïne, de ses sacrés coups de chance aussi, sans oublier l'emprise théologique sur l'histoire ou l'ébauche amoureuse balbutiante.
Mais j'aime tout, sans demi-mesure. Et je m'achemine sereinement vers le quatrième et dernier tome... gonflée de bonheur !

©2019 Editions Gallimard Jeunesse (P)2019 Editions Gallimard Jeunesse

J'ai complètement oublié mes réserves concernant Clotilde Seille, la lectrice pour la version audio de la saga !

En véritable conteuse, elle parvient à nous envelopper dans sa bulle et nous raconte les traditions, les interdits, les enjeux et les pièges que renferment les arches. Les personnages aussi s'en remettent à sa faculté de surprendre, de charmer et de dépasser les clichés.

J'aime le temps passé à écouter la série par ce biais : c'est une plongée étourdissante pour une expérience vraiment enrichissante.

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08/03/20

L'aube sera grandiose, d'Anne-Laure Bondoux

L'aube sera grandiose Audio

Titania entraîne sans prévenir sa fille Nine dans une petite cabane isolée au bord d'un lac. L'adolescente boude puis cède à la curiosité en écoutant sa mère lui confier son histoire familiale. Une grande première ! Car celle-ci remonte le temps, en plein cœur de l'été 1970, au cours duquel elle aussi a débarqué à bord d'une vieille bagnole avec ses frères et sa mère pour un nouveau départ. Rose-Aimée était coutumière des déménagements subits, des amants de passage et des secrets. Les enfants ont d'ailleurs grandi en ignorant tout de leur père mais ont développé entre eux un lien solide au fil du temps. Seule directive non négociable de Rose-Aimée : cacher l'existence de la cabane dans les bois. Ce soir, bien des années plus tard, l'heure des retrouvailles a sonné pour Titania... Quant à Nine, la nuit aussi s'annonce riche en révélations !

Mais quel beau roman ! J'ai coulé sec et adoré chaque seconde passée en compagnie de cette incroyable famille. J'ai aimé cette sensation de bulle qui s'installe, ambiance nocturne, la mère et la fille sont coupées du monde et discutent de longues heures. Moi aussi j'ai pris place dans leur cocon pour les écouter. Parfois l'adolescente s'impatiente et vitupère contre la Fée du Suspense qui confond sa vie et son métier d'écrivain. Chut, écoute la suite ! Et on replonge avec plaisir. On passe donc par un large panel d'émotions, toutes fortes et éclatantes, on fait le plein et on plane sur un petit nuage de bonheur. Moi qui craque pour les histoires de famille et de transmission, j'ai été comblée par cette lecture que j'ai quittée avec une pointe de tristesse. Oui, parce que j'en veux encore naturellement.

©2017 Editions Gallimard Jeunesse (P)2020 Editions Gallimard

La version audio est également une totale réussite : le personnage de Titania est interprété par deux comédiennes, pour distinguer le passé du présent. Une douce sensation de chaleur se dégage. Un vrai confort de lecture ! Bravo.

 

08/02/20

Pour un instant d'éternité, de Gilles Legardinier

Pour un instant d'éternitéRien ne va plus... entre Gilles Legardinier et moi.
Découvert en 2013 avec Demain j'arrête, j'ai enchaîné les romans avec jubilation. Un enthousiasme jamais altéré. Vraiment top. Coïncidence ou pas, depuis son changement d'éditeur, ça ne colle plus. J'aime de moins en moins ce qu'il propose (Le premier miracle, Une fois dans ma vie, J'ai encore menti). Bof bof. Ça me semble lourd, long et redondant.
Ce nouveau titre n'a pas fait exception : l'histoire est confuse et lassante... malgré un programme alléchant. En plein Paris du début du Siècle, qui consacre l'Expo Universelle, on fait connaissance avec une équipe de cerveaux habiles à concevoir des cachettes à trésors et à démêler les énigmes. Dépassés par leur réputation, ils seront hélas confrontés à des personnages peu recommandables et deviendront incidemment des cibles à éliminer.
Un peu d'aventures, un peu d'intrigue criminelle, un soupçon de pouvoirs occultes... un peu fourre-tout au final. La lecture est fastidieuse car elle n'accroche pas et retombe facilement sur de vieux acquis. Les discours, les relations, les tours et détours, les rebondissements, les personnages aussi... c'est du déjà vu.
En fait le roman est très inégal : parfois je me surprenais à écouter l'histoire avec intérêt, parfois je me demandais combien de temps encore avant la fin ! ? Bref. Un peu trop sinueux, si vous voulez mon avis. D'où l'ennui et la déception.
Tant pis.

©2019 Editions Flammarion (P)2019 Editions Gallimard

Fort de l’inventivité et de l’humanité qui ont fait sa marque, Gilles Legardinier sait nous emporter au coeur de destins qui basculent. Combinant tous les talents qui font son exceptionnel succès, il nous offre ici une aventure captivante dans un univers énigmatique, une histoire qui enflamme notre imagination et nos émotions.

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18/01/20

Et le désert disparaîtra, de Marie Pavlenko

Et le désert disparaîtraSamaa a toujours connu le désert mais désire ardemment suivre les chasseurs de sa tribu (une mission exclusivement réservée aux hommes). Elle décide donc de s'éclipser en douce pour suivre la partie de chasse. Malheureusement son escapade tourne court : Samaa se perd, tombe dans une crevasse et se blesse.
Terrorisée, elle n'en est pas moins surprise de découvrir un filet d'eau et surtout un arbre immense. Le Graal des chasseurs qui cherchent justement du bois pour le vendre.
Les jours passent dans une morosité ambiante. Samaa rumine ses idées noires, revient sur son éducation, sur la place des femmes dans leur société, sur la nature en souffrance, sur les solutions à trouver pour guérir un monde exsangue.
Avec ses barres chocolatées pour seules provisions, elle calcule très scrupuleusement ses rations pour survivre le plus longtemps possible. Forcément, elle s'affaiblit et commence à confondre la réalité et les rêves...
Alors, c'est tout sauf une lecture renversante, une lecture menée à un train d'enfer ou une lecture enflammée dressant son héroïne contre l'ordre établi... disons plutôt que c'est simplement un appel à se poser un instant pour prendre le temps de réfléchir sur la vie, la nature, la planète, tout ça. Huis clos oblige, le roman s'enferme dans une atmosphère accablante et pleine d'amertume. Vision contemplative ou conte écologique... ce roman peut déjà rejoindre Céleste, ma planète sur vos étagères !

©2019 Éditions Flammarion (P)2019 Éditions Gallimard

Très, très jolie lecture faite par Delphine Cogniard : sa voix claire et limpide nous enveloppe et fait oublier la réalisation sonore inexistante (aucun fond musical). Pour d'autres, c'est apaisant car moins racoleur. Cette perspective se discute, mais dans le cas présent, cette absence de fioritures apporte sagesse, solennité, écoute et sérénité. J'ai bien aimé ! 

♪♫ Elle pleure, elle pleure, elle pleure ma planète !
Elle sent que sa fin est proche
Et ça la rend folle !
Dites-leur, dites-leur, dites-leur qu'ils sont fous !
La Terre en a ras le bol un point c'est tout ! ♫♪

 

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17/12/19

Les Disparus du Clairdelune (La Passe-Miroir 2), de Christelle Dabos

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« Il n’y a que deux catégories de femmes dans l’entourage de notre seigneur Farouk. Celles qui cèdent leurs charmes et celles qui cèdent leurs services. Si vous ne participez pas à son plaisir, vous ne survivrez pas longtemps ici. »

Après Les Fiancés de l'Hiver, on retrouve Ophélie dans sa nouvelle fonction de Vice-Conteuse officielle. Un caprice de Farouk ? En fait, notre héroïne n'a plus trop le choix mais s'emmêle vite les pinceaux. Elle accepte donc de se pencher sur un autre sujet d'actualité et se met à enquêter sur les disparus de Clairdelune. Encore un piège ? Hmm, hmm. 

Heureusement, Thorn veille au grain. Toujours taciturne et ombrageux, notre Intendant est loin d'être totalement indifférent aux agissements de sa promise. Mais l'engagement du couple n'a vraiment pas la cote auprès des Courtisans.

Et ça conspue, ça murmure, ça trahit, ça menace à coups de lettres énigmatiques... Oh oui, il y a du suspense dans ce roman ! C'est très excitant. Ce tome est encore plus formidable et captivant. J'avais été envoûtée par le tout premier, mais celui-ci m'a tenue en haleine. J'ai adoré.

Christelle Dabos est vraiment douée : plume élégante, charme fou et imaginaire foisonnant... vraiment, vraiment du talent !!!

©2015 Editions Gallimard Jeunesse
(P)2019 Editions Gallimard Jeunesse

La lecture de Clotilde Seille, « inventive et subtile », est désormais inscrite dans notre ADN. C'est une formidable voix de conteuse, qui nous transporte en plein cœur du monde merveilleux de la Citacielle. Finalement, on oublie vite nos réserves du début ! La lecture audio est une réussite.

 Les Disparus du Clairdelune

Lauréate du Concours du premier roman organisé par Gallimard Jeunesse, RTL et Télérama en 2012,
Christelle Dabos confirme dans ce deuxième tome un talent hors du commun.


Grand prix de l'Imaginaire 2016

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25/11/19

Les choses humaines, de Karine Tuil

Les choses humainesL'histoire du roman met en avant beaucoup de choses qui vont de travers dans notre société et contre lesquelles on a parfois fini par s'y habituer, lâchement. C'est un constat affligeant. D'où ma lecture en apnée, dans un état d'hébétude, à la fois pressée d'en finir mais curieuse du dénouement.

Lors d'une soirée trop alcoolisée, un garçon propose à une fille de sortir prendre l'air puis lui roule un patin derrière une benne à ordures. Ce qu'il advient ensuite est flou, disons qu'il est vécu différemment par les deux protagonistes. Car dès le lendemain, Alexandre est accusé de viol et placé en garde à vue. Son attitude est nonchalante : le garçon nie les faits et réclame son passeport pour retourner à Stanford. Comble de tout, Alexandre Faller est un fils de - son père est un animateur emblématique de la télévision, sa mère est une journaliste féministe très engagée. Le poids de cet héritage va également peser dans la balance. Il ne faudrait pas ébruiter l'affaire et encore moins épiloguer pour un coup d'un soir d'à peine vingt minutes... damned.

Au fil de la procédure judiciaire, on s'intéresse à ce petit monde imbu de leur pouvoir et on déteste sans exception ce spectacle désolant. On évoque pêle-mêle la sentence médiatique, les hashtags qui pullulent en masse, la violence des réseaux sociaux, la sexualité bafouée, les propos explicites, les gestes anodins qui ne doivent plus l'être, l'absence d'empathie, quid du bourreau et de la victime, bref un constat sec et sans concession d'une société qui va mal. Au cœur de ce maelström, on se sent complice et coupable. On n'aime pas du tout ça ! Les personnages sont moches. Le miroir qu'on nous tend renvoie l'image d'un monde qui s'autodétruit. On a le moral à zéro après cette lecture... qui m'inspire vraiment peu d'espoir ! Quelle tristesse.

©2019 Editions Gallimard (P)2019 Editions Gallimard

Prix Interallié, 2019
Prix Goncourt des Lycéens, 2019

Le sexe et la tentation du saccage, le sexe et son impulsion sauvage sont au cœur de ce roman puissant dans lequel Karine Tuil interroge le monde contemporain, démonte la mécanique impitoyable de la machine judiciaire et nous confronte à nos propres peurs. Car qui est à l’abri de se retrouver un jour pris dans cet engrenage ?

Constance Dollé met en voix avec justesse un récit efficace qui révèle toutes les complexités soulevées par la question du consentement.

 

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22/11/19

Rose désert, de Violaine Huisman

G03362En comparaison avec Fugitive parce que reine, le deuxième roman de Violaine Huisman paraît d'abord beaucoup plus superficiel. C'est l'histoire d'une jeune femme qui vient de se séparer de son compagnon et qui décide de traverser le désert du Sahara pour tout oublier. Elle débarque avec un modeste bagage et ignorant les zones à risques qu'elle va fouler... qu'importe, elle va au-devant de rencontres et d'interdits un peu flous. C'est une jeune femme bohème, libre et entière, après tout.

Au fil des pages, on réalise aussi que l'histoire se répète, mais sonne plus profonde et consistante. L'ombre de la mère est toujours présente et plane sur son existence, ses choix de vie, ses aventures amoureuses. On y revient sans cesse. On parle aussi de son père, de leur famille, de son adolescence chaotique, des premières idylles et des hommes toxiques. Par contre c'est toujours aussi cru et impudique, tellement personnel aussi (comme raconter sa première fois), érotique et sensuel, pense-t-on, moi ça ne me branche pas beaucoup.

Le roman est donc un fourre-tout de souvenirs, de rencontres, d'expériences, d'états d'âme et d'espoirs. Dommage pour le déballage grivois (tendance porno-chic). Reste la sincérité derrière les confidences. Et puis ce roman est merveilleusement lu par Rachel Arditi, comédienne prodigieuse et interprète formidable, qui mérite à elle seule qu'on n'abandonne pas trop vite ni trop tôt ! 

©2019 Editions Gallimard (P)2019 Editions Gallimard

En revisitant ses rapports aux hommes depuis l'adolescence, la narratrice aborde avec une sincérité rarement égalée les tabous de l'éveil à l'amour et à la sexualité. L'écriture si particulière de Violaine Huisman, à la fois poétique et abrupte, s'impose sur ce sujet intime dans toute sa vitalité.

 

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Fugitive parce que reine, de Violaine Huisman

G02701Quel beau roman... qui m'a d'ailleurs fait penser aux films de Diane Kurys et au roman de Gwendoline Hamon, Les dieux sont vaches. Des univers profonds, qui puisent dans l'intimité et l'authenticité, tout en titillant notre corde sensible. Ça peut effrayer, lasser, exaspérer - moi, ça m'a bien plu.

Dans ce roman, Violaine Huisman évoque sa maman, Catherine, une femme très belle et farouche, qui se voulait libre d'aimer sans la moindre attache. Par contre, c'était aussi une femme fragile, exigeante envers les hommes et tyrannique avec ses filles. Elle buvait trop, fumait comme un pompier, était malade, n'avait aucune convenance sociale. Honteuse de ses origines modestes et de son manque d'éducation, elle avait mis l'accent sur son charme, sa sensualité, son aura. Toute sa vie, Catherine a ainsi tracé son chemin sans tergiverser, se donnant sans retenue mais griffant comme une tigresse à la moins incartade.

Ce portrait de femme est raconté à travers les yeux de sa fille qui déballe son enfance tumultueuse, ses chagrins, ses frustrations, ses lacunes, ses désirs... avec toujours son besoin désespéré d'attirer l'attention de celle-ci, de crier son amour et d'en recevoir autant. C'est assez violent et sans concession (d'où l'étalage de sexe et d'obscénités... pas top !). Mis à part ce détail, le roman est envoûtant et touche au cœur de la cible (quand tu es en plein chaos affectif ou quand tu lis tout ce qui touche à la famille ou avec des mères sur la corde raide). C'est tout bon !

©2018 Éditions Gallimard (P)2019 Éditions Gallimard

Ce premier roman raconte l'amour inconditionnel liant une mère à ses filles, malgré ses fêlures et sa défaillance. Mais l'écriture poétique et sulfureuse de Violaine Huisman porte aussi la voix déchirante d'une femme, une femme avant tout, qui n'a jamais cessé d'affirmer son droit à une vie rêvée, à la liberté.

Violaine Huisman met en voix ses propres mots et livre une déclaration d'amour bouleversante. Une lecture d'une rare intensité. Note de moi-même : excellente perfomance ! Car il est rare qu'un auteur soit aussi bon lecteur... hé oui.

Disponible en collection Folio (n° 6631)

  G02630

PRIX LITTÉRAIRE DE L'ENS CACHAN 2019

PRIX FRANÇOISE-SAGAN 2018

PRIX MARIE CLAIRE DU ROMAN FÉMININ 2018

 

 

 

 

 

 

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