05/01/17

Harry Potter et la Coupe de Feu, de J. K. Rowling & Lu par Bernard Giraudeau

Harry Potter CD Coupe de feu

Ce quatrième tome est, d'après l'auteur, le pivot de la série. “Celui où la mort apparaît.” Et effectivement sa lecture nous réserve son lot d'émotions fortes. Les rires font place aux larmes, la tendresse s'incline pour la colère. On en voit de toutes les couleurs et on vit des sensations bigarrées qui nous paraissent si réelles que le retour à la réalité est très troublant. La magie de Poudlard est en place, direction la voie 9¾ pour embarquer à bord de nouvelles aventures !

Celles-ci rivalisent toutes de fascination, de danger, de mystère et d'humour : la Coupe du Monde de Quidditch, le Tournoi des Trois Sorciers, Viktor Krum, Fleur Delacour, Cedric Diggory, le bal de Noël, lSociété d'Aide à la Libération des Elfes, les friandises et les farces des frères Weasley... Harry, Ron et Hermione vont également partager une quatrième année d'études de la sorcellerie en faisant l'apprentissage de l'adolescence. Eh oui. Les enfants grandissent, leurs hormones se réveillent, les garçons et les filles se chamaillent pour des broutilles sans comprendre qu'au fond il est question de jalousie et de premier amour. Cette parenthèse enfantine permet d'adoucir les événements solennels qui s'installent - la compétition féroce du Tournoi, les intrigues à décoder et les pièges à relever au cours d'épreuves exceptionnelles. L'imaginaire enfin s'enflamme et nous transporte dans ce monde magique élaboré avec minutie. Pour la première fois, le film de Mike Newell ne suffit pas à reproduire toute la richesse de l'œuvre, ce n'est guère étonnant au vu des 700 pages du livre, d'où les coupures et les rafistolages pour aller droit au but. Seulement toutes ces petites digressions constituent à leur manière des indices supplémentaires qui rendent les personnages et leurs parcours encore plus bouleversants. La lecture est donc non négligeable puisqu'elle est complémentaire au film. On y ressent, le cœur battant, toute la tension dramatique de l'intrigue, les joies et les pertes, les duperies et les fourberies, les révélations et les actes manqués. On peste contre cette maudite Rita Skeeter qui se répand dans la presse à scandale pour ridiculiser Harry, Hagrid ou même Dumbledore. Mais on sourit aussi, lorsque Ron et Harry se désespèrent de trouver une partenaire pour aller au bal de l'école. Ce quatrième tome est décidément un caméléon - féerique, envoûtant, cocasse et déchirant. Quelle belle aventure ! 

C'est également la dernière participation de Bernard Giraudeau dans le registre de Harry Potter. Décédé en 2010, l'acteur a été remplacé par Dominique Collignon-Maurin mais il aura fallu attendre presque dix ans pour relancer la production audio de la série. Damned.

Traduit par Jean-François Ménard pour Gallimard Jeunesse - Collection: Écoutez lire 
Texte intégral lu par Bernard Giraudeau pour une durée d'écoute d'environ 16 heures
Octobre 2016 pour la présente édition

 

Harry Potter et la Coupe de Feu

Cover Illustrations by Olly Moss © Copyright Pottermore Limited 2015


30/12/16

Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban, de J. K. Rowling & Lu par Bernard Giraudeau

Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban CD

Harry Potter a hâte de retourner à Poudlard pour sa troisième année. Seulement, il règne à l'école de magie un climat étrange depuis l'annonce de l'évasion de Sirius Black. Ce dangereux criminel s'est échappé d'Azkaban et est suspecté d'avoir trahi les Potter en les condamnant à une mort certaine. Il n'y a aucun doute possible qu'il cherche désormais à terminer sa mission en éliminant Harry ! Le garçon prend de plus en plus conscience de son héritage familial et du gouffre béant laissé par la disparition de ses parents. Malgré tout, ses meilleurs amis, Ron et Hermione, comblent sa solitude et n'hésitent pas à courir tous les risques pour le protéger. C'est donc sous bonne garde que l'apprenti sorcier fait sa troisième rentrée. Au programme : les cours de divination de l'exubérante Mrs Trelawney, le dressage des hippogriffes façon Hagrid ou les leçons de défense contre les Détraqueurs par leur nouveau professeur, Remus Lupin. Sans oublier la compétition de Quidditch et les commentaires de match qui valent le détour !

C'est incontestablement une lecture drôle, palpitante et poignante. Ce troisième tome de la série marque le début d'un nouveau tournant et annonce des émotions encore plus fortes et incompressibles. Des révélations voient le jour et l'ombre de Voldemort se fait menaçante. Au cœur de l'action, Harry et ses amis évoluent comme des adolescents brouillons, patauds et néanmoins fougueux. Ils commettent des erreurs, ont des jugements à l'emporte-pièce, se laissent déborder par leurs pulsions. Bref, ils se comportent comme des adolescents de leur âge alors qu'ils sont confrontés à des événements d'une ampleur qui les dépasse. Pour l'heure, l'Histoire est en cours. Des détails fâcheux passent entre les mailles du filet, trop tard pour les gommer - après tout, l'impact romanesque n'aurait plus le même sens sans eux ! En attendant, rangeons nos frustrations dans notre poche et  poursuivons la Magie... 

Format audio : Avec talent et humour, Bernard Giraudeau prête à chaque personnage une voix propre. Seules les interprétations de Malfoy ou de Hagrid me laissent perplexe... Sans quoi, l'acteur réserve un magnifique jeu de trublion au reste de l'histoire et nous sert une lecture enlevée, vivante et chaleureuse qui fait bougrement plaisir à écouter ! 

Traduit par Jean-François Ménard pour Gallimard Jeunesse / Collection: Écoutez lire  (Durée d'écoute: 8 h)
Octobre 2016 pour la présente édition
 

Octobre 2016. La saga de J.K. Rowling s'offre de nouvelles couvertures, en grand format, signées Olly Moss

Harry Potter Azkaban

Cover Illustrations by Olly Moss © Copyright Pottermore Limited 2015

 

Ces sept nouvelles couvertures dissimulent un élément secret pour un voyage magique vers la huitième histoire de Harry Potter.

 

  

16/12/16

Le Trône de fer Tome 5: L'Invincible forteresse, de George R.R. Martin lu par B. Métraux

Nous voici déjà dans le dernier épisode de la saison 2 du Trône de fer, après La bataille des rois & L'ombre maléfique ! L'intensité ne faiblit pas, les batailles font rage et les émotions sont multiples. Chaud devant ! 

L'invincible forteresse

Les têtes n'en finissent plus de tomber parmi les prétendants au trône des Sept Couronnes, les coups de force prolifèrent au gré de nombreuses tractations perfides ou malchanceuses. Malgré cette confusion, le jeune Joffrey, l'abominable fils de Cersei Lannister, capricieux et colérique, est toujours en position sur l'échiquier, protégé par les savants jeux de dupe de son oncle Tyrion. Le lutin a plus d'un tour dans son sac et n'œuvre certainement pas par dévouement familial, mais plutôt pour des ambitions toutes personnelles. Pendant que Joffrey prend plaisir à tyranniser son entourage, Tyrion place donc ses pions et se prépare à une opération d'envergure, alors que la flotte de Stannis Baratheon est aux portes de Port-Réal. 

Le frère de Robert poursuit activement ses objectifs, toujours sous l'emprise de Mélisandre la Rouge, la prêtresse aux pouvoirs étranges, dont l'influence est grande et inquiétante selon les proches de Stannis, à commencer par son précieux allié, le chevalier Davos, désormais à la tête de son armada. C'est d'ailleurs lui qui affrontera la terrible bataille de la Néra, autre tournant décisif dans la série ! Pendant ce temps, à Winterfell, la trahison aussi a fait son nid. Theon Greyjoy a frappé fort, les deux jeunes Stark sont perdus, lady Catelyn est effondrée mais s'offre le tête-à-tête de sa vie en extorquant les confidences de Jaime Lannister, qui croupit dans une cellule à Vivesaigues.

Robb ne réapparaît toujours pas, accaparé par ses conquêtes de pouvoir. Sansa se console dans ses rêves de chevalerie, alors que la vie à la cour lui a déjà démontré la niaiserie de telles fables, sans parler de ses fiançailles avec Joffrey, qui ne sont qu'une pure fumisterie. Cette fille n'est qu'inconsistance... Arya trace aussi son bout de chemin, enchaînant les fuites, les cachettes et les impostures, pour préserver son identité secrète, et retrouve ainsi un vieil ennemi, Tywin Lannister, qui figure sur sa liste des traîtres à éliminer pour venger son père. 

L'histoire avance lentement, mais elle reste passionnante à lire et à écouter. L'interprétation de Bernard Métraux est toujours convaincante et fascinante, elle nous entraîne dans le monde dense et compliqué du Trône de fer sans jamais perdre le fil ou égarer son auditeur. C'est une formidable prouesse. Je m'inquiète néanmoins de la suite des aventures, quant à savoir si Gallimard continue l'édition audio de la série dans sa collection Écoutez lire, étant donné que la parution du tome 5 date de juin 2016, et que rien n'a été annoncé depuis. J'éprouve une certaine amertume... et une immense frustration ! [Edit : confirmation de la parution du tome 6, Les brigands, en mai 2017, et du tome 7 en novembre 2017 !]

Mettez de la fureur et de la folie dans vos casques audio ! Succombez aux intrigues fascinantes de G.R.R. Martin par la magie d'une théâtralité époustouflante et pour la vitalité qui se dégage de la lecture du comédien. Winter is coming. ***

 

Collection Écoutez lire, Gallimard
Lu par Bernard Métraux /  Durée d'écoute : environ 14 h
[A Game of Thrones]  Trad. de l'anglais (États-Unis) par Jean Sola
Parution : 09-06-2016

 ♠♠♠♠

Actuellement sur Audible

18 titres à moitié prix parmi la collection Écoutez Lire de Gallimard, jusqu'au 15 février.

Profitez-en, & bonne écoute !

09/12/16

Le Trône de Fer Tome 4 : L'Ombre maléfique, de George R.R. Martin lu par Bernard Métraux

Ce tome fait suite à La Bataille des Rois et se révèle globalement n'être qu'un épisode de transition, assez creux, et néanmoins essentiel à la bonne compréhension de la série. ☺

L'ombre maléfique

Le royaume des Sept Couronnes est désormais plongé dans le chaos, la mort de Robert Baratheon a logiquement installé son héritier Joffrey sur le trône, mais sa légitimité est contestée. Décrié comme étant le pantin à la solde des Lannister, sa mère Cersei et son oncle Tyrion, désormais la Main du Roi, Joffrey ne rallie aucun seigneur à sa cause. Les frères de Robert, Stannis et Renly, partent en guerre. Robb de Winterfell s'autoproclame roi du Nord et envoie ses troupes à la conquête de territoires ennemis. Disons que, dans l'ensemble, ça s'affronte dans tous les coins, le royaume est à feu et à sang. Même Theon Greyjoy se lance dans la mêlée pour affirmer crânement son autorité, frustré par une sœur à qui l'on confie des missions plus valorisantes. Il faut dire aussi que Asha Greyjoy a salué leurs retrouvailles, au bout de dix ans, par une humiliation publique, en se faisant passer pour une autre tandis qu'il la courtisait hardiment. Jalousie, ambition, pugnacité, trahison et mésalliance... Les ingrédients du bouillon croquent sous la dent, mais laissent un goût amer en bouche.

L'intrigue générale est donc assez stratégique. On survole les positions des personnages, on suit leurs motivations, on tente parfois de cerner leurs plans, sans quoi il y a peu d'action susceptible de surprendre le lecteur. Certes, un prétendant aux sept couronnes va décéder, dans des circonstances très nébuleuses et qui seront sans doute exploitées par la suite (je l'espère). Le personnage de Robb Stark est totalement zappé : l'héritier de Winterfell est parti en campagne, mais ses exploits sont relatés par ouï-dire. Sa mère Lady Catelyn erre comme une désespérée alors que sa famille se délite, Sansa est retenue prisonnière des Lannister pour épouser Joffrey (quelle cruche, celle-ci), Arya se cache sous les oripeaux d'une servante de cuisine à Harrenhal où se trouve Tywin Lannister (quelle ironie), Bran est seul à Winterfell et fait de plus en plus de rêves tristement prémonitoires... Jon Snow, toujours flanqué chez la Garde de la Nuit, vient de franchir le Mur pour parcourir des contrées étranges et dangereuses. 

Ainsi, toutes les araignées tissent leur toile avec fourberie et audace, des personnages secondaires surgissent, comme Osha la sauvageonne, Asha l'insolente et intrépide sœur de Theon Greyjoy, et aussi Ygritte la fille du Nord. De son côté, l'exotique Daenerys prépare son retour fracassant, suivie de trois jeunes dragons déchaînés. L'ambiance est assez sombre et pesante, elle n'égale sans doute pas la tension dramatique du premier volume mais se propose de nous divertir autrement. Pour le coup, je dois admettre que la lecture audio est grandement efficace pour s'absorber dans ce récit teinté de fureur et de folie. On y avance à petits pas chassés, hypnotisés par l'interprétation de Bernard Métraux. Ce dernier n'a de cesse de nous plonger au cœur des méandres, avec sa gouaille, sa force et son sens très pointu de la théâtralité. C'est assez impressionnant... (même si le choix des voix nasillardes pour les personnages, principalement féminins, me fait hérisser les poils sur les bras). Le format audio offre ainsi une sacrée immersion dans l'univers foisonnant du Trône de Fer ! Je poursuis l'aventure... 

[A Game of Thrones]

Trad. de l'anglais (États-Unis) par Jean Sola

Lu par Bernard Métraux - Durée d'écoute : environ 14 h

Collection Écoutez lire, Gallimard  /  Mars 2016

 

22/11/16

Qui es-tu, Alaska ? de John Green, lu par Julien Allouf

Qui es-tu AlaskaRedécouverte du roman de John Green avec la version audio.
Lu par Julien Allouf, le texte nous transporte efficacement dans cet univers confiné d'un pensionnat privé et élitiste, où des jeunes gens désabusés se rencontrent, lient des amitiés fusionnelles et multiplient les expériences, parfois jusqu'au-boutistes, d'où une issue qui laisse aussi un goût amer. 
Miles Halter est en quête d'un “Grand Peut-être” (dernières paroles prononcées par Rabelais sur son lit de mort). Après avoir quitté une vie morne et sans panache, il débarque à Culver Creek en nourrissant de grandes ambitions. Avec ses nouveaux camarades, il se laisse vite entraîné dans le tourbillon des premières fois : premières cuites, premières amours, premiers baisers volés et premiers désirs sexuels... Ô sombre insouciance d'une jeunesse exubérante mais fracassée. Car on comprend qu'au-delà des excès, l'histoire est aussi à fleur de peau. Ces jeunes gens ivres de plaisir et de malheur se donnent une posture, ils jouent un rôle, adoptent des noms de code, se moquent des interdits, veulent tout et tout de suiteParmi eux, il y a Alaska Young. Fascinante et mystérieuse, Alaska cristallise toutes les passions. Elle est belle, brillante, mais aussi lunatique, boudeuse, cachotière, menteuse et manipulatrice. Une jeune fille caractérielle, mais blessée et insaisissable. Ce sont aussi toutes ses failles qui guident l'intrigue du livre, pour venir éclabousser la vie de Miles, dont on suit le parcours sans grande empathie, en déplorant son caractère passif et obsessionnel.  
La lecture n'est pas tendre, elle ne nous cajole pas dans le sens du poil. Elle irrite exprès, agace profondément et nous enchaîne dans son “labyrinthe des malheurs” avec une pointe de sidération. Entre révélations bouleversantes et sentiments d'oppression, voilà un roman singulier qui raconte la difficulté de grandir, d'aimer et de s'accepter avec son lot de regrets et de déceptions. Chose inattendue, ma relecture me semble plus critique car je porte sur le livre un autre regard, un regard plus amer, même si je me souviens avoir ressenti un étrange malaise la première fois. Et puis il y a eu le “phénomène” Nos étoile contraires, qui a consacré l'auteur et renvoyé ce titre comme étant le roman générationnel par excellence. Je ne lui conteste pas ce fait, mais je préfère garder une certaine distance et émettre quelques réserves sur le contenu du livre (détails crus, personnages désœuvrés, attitudes navrantes & ambiance déconnectée de toute réalité). À manipuler avec précaution. 

Texte lu par Julien Allouf pour les éditions Gallimard / coll. Écoutez Lire

Novembre 2016 - durée : 7h 30

Traduit par Catherine Gibert

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24/10/16

Mémoire de fille, d'Annie Ernaux lu par Dominique Reymond

Mémoire de fille

Annie Ernaux replonge dans l'été 1958, alors qu'elle était une toute jeune fille d'à peine dix-huit ans, sortant de son école religieuse, innocente de la vie et du monde. Elle débarque à la colonie de S. dans l'Orne en tant que mono et tombe sous le charme de son supérieur, H. Ce type abuse d'elle honteusement, mais la jeune Annie, tellement naïve, s'accroche à lui et ne s'apesantit pas sur sa première nuit (loupée) avec cet homme, qui cherche un plaisir brutal et égoïste. Le compte-rendu est extrêmement violent, donnant des détails crûment, sans trace d'émotion ni le moindre état d'âme. Comme une volonté franche et résolue de s'affranchir de la petite Annie Duchesne. La fille de 58 cherche en effet à s'émanciper de son éducation de jeune campagnarde et envisage la sexualité comme une étape pour appartenir à un groupe, aussi elle se donne sans réfléchir et se soumet au désir de l'autre. Mais son attitude est raillée, la jeune fille tombe en dépression, son corps exprime son traumatisme (boulimie, aménorrhée). Bref. L'écoute du livre audio devient rapidement une expérience douloureuse, d'abord parce que le récit est lu très froidement par Dominique Reymond, d'une voix grave et sensible, quasi atone, ce qui ne favorise pas un sentiment d'empathie. Puis, l'étalage de l'agressivité sexuelle est déplaisant, en plus de mettre mal à l'aise. Je me sentais dans la peau d'une voyeuse, dépositaire d'une histoire confiée sans retenue, supportant un troublant jeu de rôles entre le “elle” et le “je” pour bien marquer la distance intectuelle et la condamnation de la petite Annie D. (“son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et son sang tari”). Je n'ai pas adhéré au principe, trouvant cette attitude désagréable et prétentieuse. Ce livre, non vraiment, n'a pas su me toucher, ni m'émouvoir. Je l'ai trouvé insupportable à écouter, à comprendre, à cerner. Je vais à contre-courant de la tendance générale qui crie au génie dès qu'un livre d'A. Ernaux sort en librairie, mais personnellement je trouve ses récits de plus en plus lassants. 

Lu par Dominique Reymond pour Gallimard, coll. Ecoutez Lire / Octobre 2016

Durée : env. 3h 30

Bibliobs > VIDÉO. Faut-il lire “Mémoire de fille”, d'Annie Ernaux ?

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20/09/16

En attendant Bojangles, d'Olivier Bourdeaut

En attendant Bojangles

Quelle lecture épatante !

Largement plébiscité par les libraires et les lecteurs, récompensé par de nombreux prix, ce roman n'usurpe pas l'excellente appréciation qui le précède et se révèle cet incroyable petit bijou de littérature qui donne du baume au cœur et des larmes aux yeux. Oui c'est tellement beau, à lire ou à écouter. Car n'hésitez pas à vous plonger dans la version audio (Gallimard, coll. Ecoutez Lire) qui s'accompagne d'une réalisation sonore impeccable, en incluant des extraits de la chanson de Nina Simone, Mr. Bojangles, auquel le titre fait référence. L'ensemble fait bon ménage. L'histoire est lue par le comédien Louis Arene de la Comédie Française, qui sert avec délice cette histoire d'amour fou en alternant l'innocence de l'enfant et la dévotion du mari au service d'une femme complètement toquée, mais qui n'en conserve pas moins toute sa superbe ! 

C'est donc l'histoire d'une rencontre entre un homme à l'imagination débordante et une femme fantasque qui vont allier leur grain de folie, se marier, fonder une famille et vivre de soirées pétillantes, à boire, à danser, à discuter avec la crème intellectuelle. L'homme et la femme forment un couple magique, intouchable. Leur fils souvent les observe avec émerveillement et tendresse. Lui aussi revendique sa part d'élucubrations loufoques que sa maîtresse réprimande, mais l'enfant est couvert par les excentricités de sa mère, qui préfère l'enlever du carcan de la société pour l'emmener dans ses délires, ses rêves et ses voyages. La réalité, hélas, rattrapera notre trio audacieux et s'invitera à la fête de manière brusque, intolérable et poignante. Clap de fin sur la valse étourdissante, retour au concret avec toujours la petite musique en toile de fond. Qui a dit que l'aventure était terminée ? Car Bojangles est éternel, et cette histoire nous le prouve. C'est triste et drôle, tragique et étincelant, dans un style inventif et poétique, qui saura vous éblouir, vous toucher et vous emporter au-delà de toute raison. Une lecture fantaisiste, mais si vraie, si sensible et sensuelle... ♥

Texte lu par Louis Arene pour les éditions Gallimard, coll. Ecoutez Lire (durée 4h 30) - Septembre 2016

Titre disponible aux éditions Finitude, qui ont eu du flair en dénichant cette pépite ☺

« Depuis notre pétaradante rencontre, elle faisait toujours mine d'ignorer la réalité d'une façon charmante. Du moins, je faisais mine de croire qu'elle le faisait exprès, car c'était chez elle si naturel. [...]
Son comportement extravagant avait rempli toute ma vie, il était venu se nicher dans chaque recoin, il occupait tout le cadran de l'horloge, y dévorant chaque instant. Cette folie, je l'avais accueillie les bras ouverts, puis je les avais refermés pour la serrer fort et m'en imprégner, mais je craignais qu'une telle folie douce ne soit pas éternelle. Pour elle, le réel n'existait pas. J'avais rencontré une Don Quichotte en jupe et en bottes, qui, chaque matin, les yeux à peine ouverts et encore gonflés, sautait sur son canasson, frénétiquement lui tapait les flancs, pour partir au galop à l'assaut de ses lointains moulins quotidiens. Elle avait réussi à donner un sens à ma vie en la transformant en un bordel perpétuel. »

 // 

  • GRAND PRIX RTL-LIRE 2016
  • PRIX DE L'ACADÉMIE DE BRETAGNE 2016
  • PRIX EMMANUEL-ROBLÈS 2016
  • PRIX ROMAN FRANCE TÉLÉVISIONS 2016
  • ROMAN DES ÉTUDIANTS FRANCE CULTURE - TÉLÉRAMA 2016

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Le Cœur cousu, de Carole Martinez & Lu par Suliane Brahim

Le coeur cousu

Santavela, village du Sud de l'Espagne, terre de processions religieuses, de cancans, de lubies douces et magiques !  
Mariée à seize ans, Frasquita voit son mari perdre la boule après la naissance de leur premier enfant. Lui, le forgeron, se prend pour un coq et s'enferme dans le poulailler. À chaque fois que son épouse accouche de filles, c'est la même rengaine. Frasquita implore “les sagesses”, Blanca et Maria, de lui procurer des décoctions miraculeuses pour aider à la naissance d'un fils. Et un soir de lune rousse, Frasquita avale sa potion, fait ses prières et neuf mois plus tard, vient au monde Pedro el Rojo, son bébé poil de carotte. 
Mais la roue tourne pour Frasquita, devenue une pièce d'échange lors d'un combat de coqs que son mari va perdre. Elle quitte tout pour suivre un inconnu, part à travers l'Andalousie avec ses marmots et découvre un pays de légendes. Et l'histoire continue de rouler sa bosse sur un sol de poussière et de rocaille, farouche et indomptable. Il y a un côté flamboyant dans cette fresque romanesque et familiale, où le beau croise le tragique, les joies succèdent aux larmes, la poésie escamote le grotesque. 
Cette histoire insolite est rapportée par Soledad, la petite dernière de la famille. Elle aussi est belle et gracieuse, elle fait tourner la tête des garçons et pourtant elle refuse d'avoir un prétendant. C'est ancré dans ses gènes, dès sa naissance, sa mère a lu en elle un avenir fait de solitude, d'où son prénom Soledad. Dans son grand cahier noir, elle s'épanche rageusement : « Il me faut t'écrire pour que tu disparaisses, pour que tout puisse se fondre au désert, pour que nous dormions enfin, immobiles et sereins, sans craindre de perdre de vue ta silhouette déchirée par le vent, le soleil et les pierres du chemin. (...) Il me faut te tuer pour parvenir à mourir... enfin. »
Récit passionnel et fougueux, fable onirique et humaine, Le Cœur Cousu est un roman qui évoque à sa façon la transmission, la relation mère / fille, la sensualité, la folie, l'amour, les désirs et les rêves. C'est un univers pittoresque, hanté par
 un ogre, un homme qui sent l'olive, un bébé solaire, une prostituée au grand cœur, un chien jaune et un coq rouge, à l'instar d'un conte lumineux, où les scènes cruelles et cocasses témoignent du bonheur d'imaginer. Le merveilleux ici n'est jamais forcé : il s'inscrit naturellement dans le cycle de la vie. 

Lu par Suliane Brahim, pour Gallimard, Collection Écoutez lire - Durée d'écoute : env. 11h 30 
Avec grâce et sensibilité, Suliane Brahim nous transporte dans cette étonnante fable lyrique à travers l'Andalousie de la fin du XIXesiècle. 
Parution : 09-06-2016

 

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17/09/16

Écoutez lire : Matilda, de Roald Dahl

Matilda

À cinq ans, Matilda Verdebois est une petite fille très éveillée, véritable dévoreuse de livres, douée en mathématiques et en orthographe. Elle se fait pourtant toute discrète à la maison, car ses parents ne conçoivent pas la vie sans une série télévisée et la rabrouent souvent de ne pas être à leur image. 
Mlle Candy, son institutrice, détecte tout de suite son potentiel hors du commun et décide de la prendre sous son aile. Mais il faut d'abord composer avec le caractère coriace de Mlle Legourdin, la directrice de l'école, qui déteste les enfants, les nattes, les jupes plissées et les grandes oreilles. Elle prend aussi un plaisir sadique à persécuter les élèves en les humiliant publiquement.
Personne ne pipe mot. Cette femme est tellement immonde qu'elle est redoutée de tous, même les parents n'ont pas conscience de l'énormité de sa cruauté. Matilda est sidérée, tant et si bien qu'elle développe un don de télékinésie qui pourrait bien servir ses petites affaires... ^-^

L'histoire étale joyeusement l'esprit perfide et méchant des adultes, avec moult détails sur les tortures infligées aux enfants (tirer les oreilles, punir au coin sur un pied, réciter sa table de multiplication à l'envers, jouer du javelot avec les tresses, avaler un gâteau au chocolat en entier...). C'est féroce, mais cocasse. Les jeunes lecteurs l'ont d'ailleurs compris, en plébiscitant l'héroïne de ce roman délectable. 
Car Matilda est une fillette extraordinaire, qui compense sa malchance d'avoir deux parents crétins par un tempérament doux et avenant (même si la demoiselle sait faire preuve de rouerie pour les tourner en bourrique). Ça et la lecture de Dickens qu'elle affectionne par-dessus tout. Témoin de tant de malice, elle va s'improviser justicière de l'ombre et déployer ses super-pouvoirs ! 

La lecture faite par Christian Gonon, accompagné de 7 autres comédiens (Isabelle de Botton, Anne Canovas, Laetitia Godes, Amélie Gonin, Sarah Haxaire, Sandrine Le Berre, Thierry Pietra) est pleine de vie, guillerette et entraînante (superbe orchestration musicale). On retrouve dans ce livre l'humour mordant de Roald Dahl, sa fantaisie, sa moralité, ses fanfaronnades et une vision affligeante du monde des adultes. Hop, hop, hop... Le comique se substitue au terrible. On chasse les grimaces, on range les grincements de dents et on se réjouit du tournant des événements.
Public conquis. Applaudissements dans la salle.

Gallimard Jeunesse, coll. Ecoutez Lire - Juin 2016 pour la présente édition

Titre disponible en Folio junior n° 744

 

 

 

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14/09/16

Écoutez lire : Le Petit Nicolas & autres histoire inédites, de Sempé & Goscinny

Pour chasser le blues de la rentrée, retrouvons le Petit Nicolas dans ses savoureuses histoires qui font passer l'école, les copains, les parents et la routine pour des valeurs sûres et réconfortantes ! ... Allez zou, dans la playlist !  

Six histoires inédites du Petit Nicolas

Au programme ! Nicolas et ses copains ont très envie d'aller au cinéma pour voir le dernier film sur D'Artagnan, mais décrocher l'accord du père n'est pas une sinécure. Nicolas a eu une mauvaise note en orthographe, au grand mécontentement paternel, seulement le garçon va fortement l'impressionner en étalant sa culture au moment de répondre aux questions d'un jeu à la radio en toute spontanéité. Le lecteur, lui, comprendra. Lors de la visite des parents dans la classe des garçons, les adultes ne tarissent pas d'éloges sur le comportement irréprochable des enfants, tous sages et appliqués, comme la maîtresse leur avait demandé, et puis un problème de mathématiques va soudain chiffonner les papas qui se chamaillent quant à sa solution. Le père de Nicolas reçoit la visite d'un vieux camarade de classe, mais celui-ci va briser l'image modèle en racontant des anecdotes coquines sur les bêtises de leur enfance. 

Ce sont grosso modo 43 minutes de bonheur à écouter des histoires pleines d'humour et de fraîcheur sur la vie de Nicolas et ses copains. Un petit vent de nostalgie souffle aussi sur la lecture, qui n'est pas pour me déplaire. 

Les trois comédiens, Alain Chabat, Patrick Timsit et Elie Semoun, prêtent à tour de rôle leur voix au Petit Nicolas (chacun jugera de la prestation réciproque, en notant des petites préférences) mais globalement ils ont tous su restituer la candeur et l'espièglerie des jeunes héros. 

Musique originale: Christian Piget

La bonne surprise et autres histoires inédites du Petit Nicolas

Changement de disque, mais le contenu lui reste le même : des farces, des batailles, des punitions, des bonnes blagues et de la rigolade. Sept histoires inédites pour faire rire et sourire les petits et les grands.

En classe, Nicolas a réalisé le plus beau lapin en pâte à modeler et montre fièrement sa création à la maison, et là c'est le drame. Crise familiale avec grosse dispute hystérique. Franchement, le talent de Nicolas est incompris ! Pour avoir ramené une mauvaise note en arithmétique, Nicolas essuie la colère de papa et doit prendre des cours particuliers avec un jeune étudiant qui prend des billes et des rails de train pour faire sa leçon, seulement il se fait prendre la main dans le sac et claque la porte de la maison, sous le coup de l'humiliation. 
Le Bouillon est remplacé par Monsieur Mouchabière pour surveiller les garnements pendant la récréation, il est nouveau et beaucoup plus jeune. Les enfants choisissent de jouer aux avions et se donnent des noms de pilotes, mais Geoffroy veut être Buffalo Bill ! Dispute, punition, etc. Le surveillant ne rigole pas, puis s'emballe à force de regarder les garçons jouer aux aviateurs, et bam ! ... face-à-face avec le directeur et le Bouillon. Gloups. 
Nicolas et ses copains veulent bâtir un château-fort à la hauteur de leurs moyens (bouts de carton, feutres, babioles), quand papa décide d'intervenir en se lançant dans un projet toujours plus fou et ambitieux ! C'est sans se douter que les garçons ont également prévu de jouer à la guerre...
En rentrant à la maison, papa annonce une bonne surprise : 
une nouvelle voiture, toute verte. Au même moment, un gendarme lui colle une contravention car il a garé sa voiture devant sa propre porte de garage. Maman également est fâchée de n'avoir pas été concertée pour ce nouvel achat, son voisin se mêle des affaires de papa, Nicolas est rabroué, bref c'est la dispute générale et la surprise qui prend un goût de vinaigre.
Et pour finir, 
Marie-Edwige, la fille des voisins, une jolie petite blonde, invite Nicolas à jouer dans son jardin, le garçon découvre alors un nouveau jeu : l'infirmière. Puis tente de battre la fillette aux courses, mais aussi à la pétanque. Rien n'y fait, Marie-Edwige arrange les règles à sa sauce. Nicolas se lasse de perdre et décide de prendre sa revanche aux dames. Quel mauvais joueur ! ^-^

Benoît Poelvoorde est un narrateur excellent dans le genre: dynamisme, humour, fraîcheur, drôlerie. On ne se lasse pas d'écouter les histoires de Nicolas !

Musique originale : Michel Korb.

Le ballon et autres histoires du Petit Nicolas

On enchaîne avec les disques, on ne compte plus, c'est tellement rigolo à lire et à écouter ! Voici de nouveau sept histoires qui évoquent à merveille l'enfance, l'insouciance, les bêtises et les copains... 

Nicolas n'a pas de chance, sa mère vient de lui acheter un ridicule pull-over bleu avec un petit canard et se doute que ses copains vont se moquer de lui à l'école. Il est hargneux, cherche la bagarre mais la maîtresse calme le jeu à force de cajoleries qui font rougir toute la classe. Résultat, tous les copains réclament à leur maman le même pull ! 
Une nouvelle épicerie vient de s'ouvrir, selon un tout nouveau concept : pas de vendeur dans les rayons, on prend ce qu'on veut, on remplit son chariot métallique, puis on passe en caisse. Et là, c'est la fin du mythe. Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de vendeur que tout est gratuit ! Le supermarché vient de voir le jour, bonjour le choc des cultures ! ^-^
Nicolas prend connaissance d'un concours pour gagner une voiture. Le jeu est simple : il suffit de reconnaître des monuments célèbres. Le garçon se voit déjà au volant de son bolide et crâne devant ses copains. Et déjà les mômes se chamaillent car tous veulent monter dans la belle voiture mais Nicolas est très pointilleux. Finalement, ça fait trop d'histoires avec les copains, et aussi à la maison, du coup Nicolas renonce au concours.  
Pour s'occuper sur leur terrain vague, la bande a l'idée de créer un cirque. Les garçons se distribuent leur rôle (dompteur, acrobate, clown, etc.), ils prévoient la musique et la publicité avec de grandes affiches. Et les indispensables cacahuètes à vendre à l'entrée... Ah oui, le jeu devient un vrai cirque ! 
Nicolas se rend avec sa maman Au Grand Magasin et reçoit en cadeau un ballon de baudruche. Au retour, au moment de monter dans le bus, la mère surprend un bambin avec le même ballon qui éclate sous leur nez. Perplexe, maman décide de rentrer à pied sans demander son reste. Le chemin est long, pénible. Même papa est déjà rentré avant eux ! En voyant le ballon de Nicolas, papa a aussitôt envie de faire une blague à leur voisin M. Blédurt. Il glisse le ballon le long de la haie, juste au moment où M. Blédurt passe son sécateur, et bim ! Le père et le fils sont hilares, alors que maman est en pétard.
Geoffroy explique à ses copains qu'il prend des cours de judo et tente de faire une prise sur Alceste... Alceste, ce bon costaud qui ne décolle pas du sol. Les garçons pouffent de rire, et ça dérape : leurs
 jeux de brutes sont réprimandés par Le Bouillon qui n'entend rien à l'école de la loyauté. 
Et enfin, c'est l'Évènement. 
Tonton Eugène, le frère de papa, invite toute la famille au théâtre pour voir une opérette. Nicolas est fou de joie et s'embrouille avec les copains, certainement jaloux, mais rien n'entâche l'excitation du môme. Il n'a pas faim, a peur d'arriver en retard, est complètement survolté. Sa mère s'inquiète et pense qu'il est un peu fatigué. Non, non, Nicolas s'accroche à son rêve comme un forcené. Au moment d'arriver au théâtre, l'ambiance ouatée et chaleureuse enveloppe le garçon.. qui va s'écrouler de fatigue sur l'épaule de sa maman !  

Une lecture un brin nostalgique, avec ses chaussettes hautes, son vouvoiement, son mode de vie un brin désuet, ses vieux clichés sexistes, qui donnent néanmoins des repères réconfortants en recréant cette ambiance qu'ont connu vos parents ou grands-parents. Les activités sont dans l'ensemble enfantines, jamais mesquines. Certes, on se chamaille beaucoup entre copains, mais on se réconcilie aussi très vite ! C'est tout le bonheur de l'enfance, tout le charme et toute la tendresse... Benoît Poelvoorde y est excellent. 

Musique originale de Michel Korb.


Gallimard Jeunesse, coll. Écoutez Lire - en téléchargement sur Audible

 

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