06/01/16

Le Trône de fer & Le Donjon rouge, de George R.R. Martin

En ces temps-là nimbés de brume, où la belle saison pouvait durer des années, et la mauvaise toute une vie, se multiplièrent un jour des présages alarmants. Au nord du Mur colossal qui protégeait le royaume, se massèrent soudain des forces obscures. Au sud, l'ordre établi chancela. Le meurtre et la corruption, la lâcheté et le mensonge enserrèrent inexorablement le trône convoité...

Trone de Fer

Comme probablement beaucoup de personnes, c'est après avoir vu la première saison de la série télé créée par HBO que ma curiosité a été piquée de lire le Trône de Fer de G.R.R. Martin. Et c'est au bénéfice du livre audio, à l'écoute du formidable Bernard Métraux, que j'ai choisi de me lancer dans l'aventureEt quelle aventure ! Certes, l'adaptation tv est très fidèle au roman et j'aurais pu zapper une lecture-fleuve et aller à l'essentiel, mais cela aurait été dommage de se priver de cette mise en bouche, pour la simple et bonne raison qu'on y découvre une introduction nécessaire à l'univers des Sept Couronnes, des familles aux liens inextricables, des ambitions politiques, des conflits en souffrance et des intrigues tarabiscotées qui annoncent le chaos, le sang, la guerre, la vengeance et la soif du pouvoir.  
Miam, miam.

Cela m'a également permis de me rafraîchir la mémoire, car j'ai vu la saison 1 il y a maintenant deux, trois ans (j'ai oublié, le temps passe si vite). Ce livre audio a donc été une aubaine et je n'ai pas boudé mon plaisir. 😏

L'histoire, en quelques mots. Au Nord du royaume de Westeros, vit la famille Stark de Winterfell, où Lord Eddard y mène une existence rangée, auprès de son épouse Catelyn et leur nombreuse marmaille. Tout bascule le jour où le roi Robert débarque en personne pour le nommer nouvelle Main du Roi et le convoque auprès de lui à la cour. La reine Cersei fait grise mine. Elle n'en peut plus de se débarrasser de son époux grassouillet pour placer sur le trône son fils Joffrey. Ned Stark n'est pas dupe et cherche à la confondre, confiant ses doutes auprès d'une audience au sens de l'honneur fort discutable. Sa femme Catelyn mène aussi ses propres combats, chevauchant le royaume pour réclamer la tête du tortionnaire de son fils handicapé. À force de désespoir, elle kidnappe Tyrion Lannister et fait frémir de rage sa sœur Cersei. Les esprits chauffent et cogitent des plans retors pour rendre la pareille, sauf que les dés sont pipés et chamboulent les destinées. Armez-vous de vos sels, âmes fragiles, ça va valser ! Sur ce grand échiquier, vient également s'ajouter le sort de la jeune Daenerys Targaryen, dont le père a été dépossédé par Robert Baratheon, au terme d'une guerre sans pitié qui a conduit la jeune fille et son frère à vivre en exil. Ses épousailles avec un seigneur dothraki sonnent leur retour imminent ... et fracassant. 

Cette lecture, menée à fond de train, aura quelque peu ruiné ma vie sociale occupé de nombreuses heures de mes vacances, mais cela aura valu le coup car la découverte est franchement excitante. Et je le rappelle, il faut absolument lire les romans et regarder en parallèle la série tv, les deux programmes vous réservent un festival d'émotions fortes, avec haute probabilité d'addiction, au point de contaminer toute une maisonnée ! Damned. 

Gallimard, coll. Ecoutez Lire / 2014 ♦ Texte intégral lu par Bernard Métraux (Durée d'écoute : environ 17h & 20h) ♦ Trad. de l'anglais par Jean Sola

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Volume 2 : Le Donjon rouge de l'intégrale I (J'ai Lu, 2010)

Le Donjon rouge


12/11/15

Le liseur du 6 h 27, de Jean-Paul Didierlaurent

Le liseur du 6 h 27 CD

Ce petit roman a su tracer sa route l'an dernier et a connu un joli succès, en se révélant attachant, simple, mais pas insignifiant, riche d'une histoire qui possède les mêmes accents poétiques et farfelus qu'un film comme Amélie Poulain ou Les émotifs anonymes.

On  y  découvre le portrait d'un homme qui déteste son patronyme, Guylain Vignolles, et qui n'aime pas non plus la vie qu'il mène. Célibataire, il partage son appartement avec un poisson rouge, Rouget de l'Isle, cinquième du nom. Il travaille pour une société de recyclage qui broie les livres invendus par tonnes de camion déversées dans la gorge de la monstrueuse machine, une Zestor 500, rebaptisée la Chose ou la Bête. Tous les matins, sur le chemin qui le mène à son boulot, Guylain a un rituel : il s'installe sur le même strapontin orange du RER de 6 h 27 et fait la lecture à voix haute. Sa routine bascule le jour où il trouve une clé USB sur son trajet, contenant une flopée de textes rédigés par la mystérieuse Julie, qui raconte sa pittoresque vie de dame pipi dans un centre commercial. Notre Guylain tombe sous le charme de l'inconnue et se laisse convaincre par son vieux pote Giuseppe de la retrouver. 

On goûte avec bonheur toute la tendresse et la cocasserie de cette histoire plaisante et pleine de sensibilité, à laquelle Dominique Pinon apporte sa gouaille légendaire. Il nous plonge en toute bonhomie dans une ambiance décalée et chaleureuse (les étonnantes séances de lecture à voix haute à la maison de retraite, par exemple), d'où l'on ressort avec un sentiment bienheureux. Une chouette lecture, qui a réussi à me charmer sans crier gare. Belle surprise.

Gallimard ♦ Coll. Écoutez lire / Août 2015 ♦ Lu par Dominique Pinon (Durée d'écoute : environ 3 h 50)


Disponible en poche chez Folio, août 2015

Le liseur du 6 h 27

« Pour tous les voyageurs présents dans la rame, il était le liseur, ce type étrange qui, tous les jours de la semaine, parcourait à haute et intelligible voix les quelques pages tirées de sa serviette. Il s'agissait de fragments de livres sans aucun rapport les uns avec les autres. Un extrait de recette de cuisine pouvait côtoyer la page 48 du dernier Goncourt, un paragraphe de roman policier succéder à une page de livre d'histoire. Peu importait le fond pour Guylain. Seul l'acte de lire revêtait de l'importance à ses yeux. Il débitait les textes avec une même application acharnée. Et à chaque fois, la magie opérait. Les mots en quittant ses lèvres emportaient avec eux un peu de cet écœurement qui l'étouffait à l'approche de l'usine. »

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05/11/15

Les Inconnus dans la maison, de Georges Simenon

Les inconnus dans la maison

Hector Loursat est un homme fini. Abandonné par sa femme, ressentant plus d'aigreur que de chagrin, il se console dans le vin qu'il boit pour brouiller toute conscience. Il a cessé de plaider. Il se moque complètement des qu'en-dira-t-on et des murmures en ville. Il occupe une grande maison qu'il ne quitte pratiquement plus et vit avec sa fille Nicole, qu'il n'aime pas. Leurs repas sont pris dans un silence de plomb, l'un et l'autre semblant avoir scellé un pacte tacite de non-intrusion dans l'intimité de l'autre. Un soir, alors qu'il monte se coucher, Loursat surprend du bruit dans les étages mais ne s'en formalise pas. C'est seulement le lendemain matin qu'il apprend la mort d'un invididu, assassiné sous son propre toit. Un incident fort regrettable, qui va cependant tirer notre avocat de sa léthargie.

Malgré une intrigue policière assez mince et sans grand suspense, la lecture a su me captiver durant les 4 heures d'écoute du livre audio. La mise en scène y est pour beaucoup, se révélant ingénieuse et réaliste. C'était comme être aux premières loges d'une pièce de théâtre qui s'interprète en y mettant les formes - la bouteille qu'on claque sur le zinc, le glouglou du vin, la sonnerie du téléphone qui rugit et nous fait sursauter... C'est toute une ambiance, sombre et pesante, qui s'installe, même dans la musique ou le jeu des comédiens, j'ai été pleinement conquise par cette réalisation soignée et élaborée. L'atmosphère poussiéreuse et ronronnante de Simenon en est complètement ragaillardie ! 

Et puis Loursat, dont le simple nom fait déjà penser à un ours mal léché, est un monstre fascinant. Le type est teigneux, grossier et méprisant. Il vit à l'écart de la bonne société de Moulins, sur laquelle il n'hésite pas à tirer à boulets rouges, et prend pour prétexte ce meurtre insolite pour épingler ses comparses, dont les rejetons sont impliqués jusqu'au cou dans l'affaire... On a là un portrait d'homme torturé, franchement bien troussé, qui se faufile sur le chemin de la rédemption... ou pas. En plus d'une ambiance vintage à souhait, voilà de quoi emballer les amateurs du genre policier à l'atmosphère oppressante ! 

Gallimard / coll. Écoutez Lire ♦ Réédition 2015 ♦ Lu par Thibault de Montalembert et 13 autres comédiens ♦ Adaptation de Patrick Liegibel, réalisation de Christine Bernard-Sugy

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05/10/15

Écoutez lire : Les Minuscules, de Roald Dahl

#Challenge Halloween - Étape 1 : Le 5 octobre 2015
Il est minuit : en route ! Un chemin sinistre et perdu dans la lande vous attend. A moins que vous ne décidiez de vous aventurer dans la Forêt des Damnés. A vous de choisir !

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Les Minuscules

Malgré les nombreuses tentatives de sa mère, qui cherche à l'éloigner de la forêt en lui racontant les pires légendes, Petit Louis rêve d'échapper à sa surveillance pour explorer les lieux interdits. Imaginez donc une contrée hantée par des Griffomings, des Ecornouflons, des Tarloubards ou des Kpoux vermicieux... C'est trop tentant. Notre petit garçon intrépide cède à la tentation et franchit la limite. Et l'aventure l'attend au tournant - une créature, l’Engoulesang, le poursuit en formant « deux énormes nuages de fumée rouge orangée » suivis du « SHWAOUSH ! VRAOUSH ! » terrifiant. L'enfant se rue dans le premier arbre venu et fait alors la rencontre du peuple des Minuscules.

Ce conte est magique et fascinant. Il distille juste ce qu'il faut de suspense et de peur pour  impressionner un enfant en créant un véritable imaginaire autour de la forêt et ses occupants. La lecture s'écoute en seulement 40 minutes, dans une ambiance neutre (pas de réalisation sonore - quel dommage !). Mais Roald Dahl impressionne par sa maîtrise de tenir en haleine et de nous enchanter par sa fantaisie et son univers merveilleux. Une belle découverte pour une lecture à découvrir à tous les âges.

« C’est sûrement l’ Engoulesang ! cria l’enfant. Maman m’a dit qu’il crache de la fumée quand il poursuit quelqu’un. C’est l’horrible Engoulesang Casse-Moloch Ecrase-Roc Il va m’attraper, me sucer le sang, me casser le Moloch, m’écraser le Roc et me tailler en petits morceaux ; et puis il me recrachera comme de la fumée et ce sera fini de moi ! »

Gallimard jeunesse / coll. Écoutez Lire ♦ Septembre 2015 ♦ Lu par Christian Gonon de la comédie-française ♦ Traduction de Marie Saint-Dizier

04/07/15

Écoutez lire : Le Camembert volant, de Jean-Philippe Arrou-Vignod

Se languir des vacances & patienter en retrouvant la fabuleuse famille des Jean Quelque-Chose... ♥

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Je ne me lasserai jamais des aventures de cette famille comptant six garçons, tous baptisés Jean, classés par ordre alphabétique, et dont l'entente ressemble à celle des grandes fratries : chamaillerie incessante, mais complicité à toutes épreuves.

Cette fois, la famille doit déménager de Cherbourg pour Toulon. En attendant, les enfants sont envoyés à la campagne, chez Papy Jean, où les attendent de belles parties de pêche ou de Monopoly. Cela transpire l'insouciance, l'inventivité et la rigolade, avec au programme : les jeux de plein air, les batailles de polochon, les douches froides dans le cabanon, les lampes de poche sous la couverture pour lire le soir, le front commun contre les cousins vantards... Et rire de plaisir, parce que Jean-A « s'écrase comme un yaourt nature sur la descente de lit » ou parce que Jean-C est pelotonné dans l'armoire embarquée par les déménageurs et ne s'arrête plus de compter.

Quelle péripétie ! Toutes ces anecdotes sont galvanisantes, sources de bonne humeur et rallument instinctivement de bons vieux souvenirs. C'est autant pour l'humour, la tendresse et la nostalgie qu'elle inspire que j'apprécie cette série. Et l'énergie prodiguée par Laurent Stocker, notre lecteur, sert avec bonheur et émotion cette chronique familiale, également le keepsake de l'auteur, où forcément on retrouve un peu de notre propre vécu ! ;-)

Gallimard jeunesse, coll. Écoutez Lire / mai 2015  ♦ Illustrations de Dominique Corbasson  ♦ Texte lu par Laurent Stocker de la Comédie Française (env. 2h 30)


02/07/15

Écoutez Lire : Cucu la praline, de Fanny Joly

Crever de chaud & se désaltérer en écoutant les aventures d'Angèle Chambar, 8 ans.

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Notre mistinguette a pour son malheur deux grands frères, Victor et JM, qui prennent plaisir à la taquiner du sobriquet de Cucu la praline. Elle déteste ça. Aussi, redouble-t-elle de malice pour se venger de leur bêtise légendaire !

Angèle est une héroïne astucieuse et espiègle, qu'on adore soutenir dans sa guérilla contre ses aînés (cf. le piège des bonbons, ah ah !). Cela vous transporte aussi dans le quotidien ordinaire d'une famille (qui cherche à mettre les petits plats dans les grands pour séduire le responsable d'un comité floral, au cours d'une soirée mémorable !).

Et ce sont ainsi 3 histoires courtes à lire ou écouter, au son de la voix de Fanny Joly, l'auteur de cette série délicieuse. La saison est propice aux livres audio (plage, transport, farniente, soleil). Je ne répèterai jamais assez la praticité d'un tel format à adopter sans rechigner ! ;-)

Gallimard jeunesse, coll. Écoutez Lire / mars 2015  ♦ Illustrations de Ronan Badel

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18/06/15

Les Années, par Annie Ernaux

Les années

Le récit s'ouvre sur un album-photos que consulte l'auteur, comme pour se souvenir ou se raconter une histoire. Celle d'une fillette qui grandit au lendemain de la guerre, dans la petite ville d'Yvetot, adolescente engoncée, élève brillante, jeune femme impatiente, entre la Normandie et Paris...

Mais le tableau ne s'attache à aucun point, le regard survole et s'échappe de toute ébauche autobiographique pour se focaliser sur l'époque et livrer une rétrospective globale.

C'est alors un drôle de récit qu'on écoute, au son de la belle voix de Marina Moncade, un récit sur les années écoulées, au rythme du chamboulement politique, économique et social des quatre dernières décennies, un récit qui nous rappelle notre enfance, celle de nos parents ou grands-parents, et qui mêle aussi le parcours de l'auteur. Touchant, sans être attachant. Sensible, mais pas nostalgique.

On retient de ce diaporama des bribes d'anecdotes plus ou moins intéressantes, débitées sur un ton volontairement neutre et impersonnel. Et hélas trop distant. On attend simplement du lecteur d'être attentif mais peu impliqué, inutile d'envisager de se fondre ou d'écouter d'une traite ce récit au déroulement assez glaçant.

Je ne sais pas si cette absence d'émotion est liée à l'écoute, ou si la lecture impose tout simplement des barrières. Toujours est-il qu'une découverte par petites bouchées serait mieux indiquée.

Gallimard / Écoutez Lire ♦ avril 2015 ♦ texte lu par Marina Moncade (durée : env. 7 h)  

L'écoute en classe du CD est autorisée par l'éditeur.

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« Sauver quelque chose du temps où l'on ne sera plus jamais. »

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Réparer les vivants, de Maylis de Kerangal

Réparer les vivants

« Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d'autres provinces, ils filaient vers d'autres corps. Que subsistera-t-il, dans cet éclatement, de l'unité de son fils ? Comment raccorder sa mémoire singulière à ce corps diffracté ? Qu'en sera-t-il de sa présence, de son reflet sur Terre, de son fantôme ? Ces questions tournoient autour d'elle comme des cerceaux bouillants puis le visage de Simon se forme devant ses yeux, intact et unique. Il est irréductible, c'est lui. Elle ressent un calme profond. »

J'étais curieuse de lire ce livre, plus pour la notoriété de l'auteur, dont j'apprécie beaucoup la couleur littéraire, mais le sujet ne m’attirait pas plus que cela. Certes, M. de Kerangal aborde un sujet essentiel (le don d'organes) mais ne fait preuve d'aucun sentimentalisme en martelant son texte d'un ton réaliste, dur et implacable, assez perturbant.

On suit Simon avant son accident, puis on se retrouve à l'hôpital, au service Réa, avec l'équipe médicale, et enfin la famille abasourdie et sonnée par la nouvelle. Pour le coup, on se croit littéralement dans un film, la caméra est en mouvement perpétuel, elle zoome sur un plan, puis alterne les séquences, jongle avec les flashbacks ou s'évade vers d'autres horizons. Cette mise en scène stylée participe beaucoup au “spectaculaire” du livre, dont l'intensité dramatique est prégnante du début à la fin. Qu'on ne s'y trompe pas non plus, ce n'est jamais racoleur, jamais larmoyant, même si le contexte est éprouvant et vous retourne les tripes.

Malgré quelques longueurs et digressions plutôt décevantes, j'ai finalement tourné la dernière page en restant sans voix. Prise dans un tourbillon d'émotions, entre la tristesse, la conviction d'avoir fait le bon choix et la peur de n'avoir jamais à subir ça. La lecture est saisissante, tout en puissance et en subtilité.

Folio / avril 2015

Lu par l'auteur @ Écoutez Lire (durée :  7h 20)

Réparer les vivants CD

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07/05/15

La Dernière fugitive, de Tracy Chevalier

La dernière fugitive CD 

Honor Bright et sa sœur Grace quittent l'Angleterre pour rejoindre la nouvelle communauté de Quakers à Faithwell en Ohio. Las, après un long voyage éprouvant, Honor perd tragiquement sa sœur, emportée par la fièvre jaune. Elle poursuit donc seule son chemin, est recueillie chez Belle Mills, une modiste qui va mettre à profit les talents de brodeuse et de couturière de la jeune fille, et rencontre son frère Donovan, un redoutable chasseur d'esclaves.

Et de plonger ainsi dans une aventure basée au cœur de l'Amérique profonde de 1850, où l'on se croirait dans un western, avec ses bourgades à peine sorties de terre, ses cowboys chevauchant la poussière, ses fermiers trimant comme des dingues, ses préceptes moraux et dogmatiques, qui n'empêcheront pourtant pas notre héroïne d'affirmer une volonté farouche dès qu'il sera question de défendre ses idées. (Le “Chemin de fer clandestin”, emprunté par les esclaves en fuite, et la passivité de ses Amis la pousseront ainsi à braver les interdits.)

Cette lecture romanesque et passionnante est racontée en toute simplicité par Benjamin Jungers & Sarah Stern (qui lit les parties épistolaires), sans chichi, ni sentimentalisme exacerbé, en mêlant avec intelligence et dans un style élégant la fiction à un chapitre de l'histoire des États-Unis. Je me suis sentie naturellement transportée et suis tombée sous le charme, encore une fois, de la plume de T. Chevalier. Le texte audio a été abrégé en collaboration avec l'auteur (durée d'écoute : 8 h 30) pour un récit plus captivant et pleinement enthousiasmant.

Gallimard, coll. Écoutez Lire ♦ Février 2015 ♦ Traduit par Anouk Neuhoff [The Last Runaway]

Texte abrégé en collaboration avec l'auteur ♦ Lu par Benjamin Jungers & Sarah Stern ♦ Durée d'écoute :  8 h 30

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13/04/15

Les Souvenirs, de David Foenkinos

« Comment puis-je laisser cette femme qui m'a tant aimé, qui m'a consolé, qui m'a fait des soupes et des moussakas, comment puis-je la laisser là ? »

Les souvenirs

J'ai beaucoup aimé le début du récit, qui évoque avec tendresse et mélancolie, la famille, les souvenirs d'enfance, la vie conjugale, la vieillesse, le deuil etc. Après la mort de son grand-père, le narrateur tente d'adoucir le quotidien de sa grand-mère en lui rendant visite dans sa maison de retraite. Un jour, elle se fait la belle et lui adresse une carte postale énigmatique, l'invitant à partir à sa recherche.

Toute la première partie est un vrai régal à lire et raconte une histoire universelle qui touche et fait réfléchir. J'étais enchantée et émue d'y trouver des bribes de souvenirs plus personnels. Malheureusement mon enthousiasme a été douché avec l'apparition de Louise. Le grand amour du narrateur. Et l'auteur de basculer dans ce qu'il affectionne tant, la vie de couple, sa banalité et son échec. À partir de là, je me suis beaucoup ennuyée.

Au micro, Loïc Corbery tente une approche compatissante, d'une voix posée, sans emphase. Cela peut sembler fastidieux pendant 8 heures d'écoute, sauf si l'on considère que ce récit s'écoute par petites touches pour en apprécier pleinement l'impact émotionnel. La deuxième moitié du récit n'échappe malheureusement pas au sentiment de vide et de niaiserie que m'a inspiré la relation amoureuse. Dommage d'avoir bouclé ce tour de piste sur une note aussi amère et désabusée...

Gallimard, coll. Écoutez Lire, janvier 2015 ♦ texte lu par Loïc Corbery, de la Comédie-Française (env. 8 h)

À noter aussi que Jean-Paul Rouve vient d'adapter le roman en une comédie vraisemblablement enjouée et pleine de sensibilité, d'après la bande-annonce.

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