13/11/17

Magnetic Island, de Fabrice Colin

MAGNETIC ISLANDSe sentant broyé par une histoire familiale trop lourde pour lui, Cyan noie son désespoir dans l'alcool et est sujet à des crises d'angoisse qui l'ont déjà conduit à l'hôpital. Il faut dire que ça ne manque pas de secrets ni de mystères autour de lui - quatre ans plus tôt, sa sœur jumelle a disparu lors d'une sortie scolaire sur Magnetic Island, pas loin du lieu de tournage du film de leur père. Artus Fisher, célèbre réalisateur, est englué dans cette super production et n'a guère de temps à consacrer à son fils. Son épouse, France, a quitté le foyer pour son avocat et harcèle son ex pour signer les papiers du divorce. L'ambiance à la maison tourne donc en eau de boudin. Rien ne va plus, chacun est replié sur soi, ça gronde à chaque coin de page, et voilà qu'arrive une autre disparition - Divine, l'aînée de la fratrie, n'a plus donné signe de vie depuis cinq jours. La folie obsessionnelle de Cyan reprend de plus belle, son père le pousse à se rendre chez une addictologue, sa mère menace d'alerter la police et le fantôme de Holly refait surface. Ouhlàlà, quelle sombre histoire ! Mais le roman n'en demeure pas moins captivant. J'ai plongé tout de go dans les arcanes de cette intrigue aux nombreux revers familiaux, où les silences pèsent dans la balance et viennent noyer le poisson. On a, de plus, une perception biaisée des enjeux puisque tout est rapporté d'après Cyan, définitivement paumé et carrément désaxé. Le môme est en pleine déroute, il se cherche et cherche aussi la part de vérité parmi les mensonges qui gravitent autour de lui. Certaines révélations auront tout lieu de le désarçonner, par leur violence et leurs conséquences, même si la guérison exige de passer par là. L'atmosphère générale baigne dans le flou, ce qui est parfois déroutant et, malgré tout, enivrant. Car la petite musique du roman est ensorcelante et fait tourner les pages avec avidité pour connaître le dénouement. C'est cependant moins léger que dans Le pays qui te ressemble où l'auteur s'éclatait à dresser le portrait d'une autre famille dysfonctionnelle. Ici, c'est un roman qui vous happe dans sa bulle, où l'on pressent que tout n'est pas rose ni innocent.
Ce titre figurait parmi les 10 sélectionnés pour le Prix Vendredi, premier prix national de littérature ado, qui a finalement récompensé L'Aube sera grandiose d'Anne-Laure Bondoux.

Albin Michel coll. Litt' - 2017

 

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29/06/16

Le Pays qui te ressemble, de Fabrice Colin

Le Pays Qui Te Ressemble

Engluée dans le chagrin et le deuil depuis un an, la famille Farrow est au bord du gouffre. On recense ainsi « un frère génial mais triste comme l'hiver, incapable d'exprimer ses sentiments. Un père aimant et 100% paumé. La définition même de la grand-mère indigne. Et maintenant, cette boule de poils blanc acajou qui s'était reconnue en notre désespérance. Nous avions de quoi être fiers. »

Il est plus que temps de larguer les amarres ! Marilyne, la grand-mère fantasque et rock-n-roll, prend les devants en embarquant tout ce petit monde à bord d'un camping-car pour une mission très spéciale, une mission secrète visant à guérir leur cœur brisé. Cette mission consiste à tracer les anciennes petites copines du père pour leur faire passer un test en douce. L'une d'elles est probablement la mère biologique des jumeaux de quinze ans, Lucy et Jude. Peu avant de mourir, leur maman d'adoption leur a fait jurer de retrouver leurs racines, sans éveiller les soupçons de leur père. Ce dernier broie du noir. Depuis un an, il vit dans sa bulle, écoute des heures durant tous les albums des Beatles, souffre en silence, pleure, maugrée et s'apitoie sur son sort. Il accepte néanmoins de se joindre à la troupe pour parcourir les routes de France et de Navarre... Direction Rome, puis Montreux (en Suisse), avant de faire escale à Bruxelles, puis Oxford, et ce n'est pas tout !

Quelle folle épopée ! A priori le voyage ne ressemble à rien. Lucy, son frère Jude, leur père Noel et la grand-mère Marilyne avalent des kilomètres, se posent à peine, s'éparpillent, courent après des objectifs aussi vagues qu'illusoires. De plus, leur parcours est jalonné de rencontres improbables et de situations burlesques, auxquelles on pourrait facilement n'accorder aucun crédit, mais c'est justement parce que cela ressemble à une cavalcade turbulente et invraisemblable qu'on adhère sans moufter. La famille est complètement décalée, drôle, vive, pétillante, derrière les couches de détresse et de larmes, et puis l'aventure gagne aussi en profondeur et en émotion. Le mélange est bien dosé, très réussi, pour une lecture dynamique, sensible et enjouée comme j'aime. Un super road-trip à se réserver pour les vacances !

Albin Michel, coll. Litt' / Septembre 2015

Magnifique couverture de Léa Chassagne qui annonce la couleur du roman !

 

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09/03/11

Les Etranges Soeurs Wilcox #3 : Les Masques de Sang

IMG_2961Encore un 3ème tome entraînant, dans lequel on plonge de suite dans l'action, et même si le résumé du début est à chaque fois le bienvenu, on n'a pas non plus le sentiment d'être à la ramasse. La sensation de familiarité me surprendra toujours !
Par contre, j'ai cru à tort qu'il s'agissait du dernier tome de la série. Il n'en est rien, donc. Heureusement l'intrigue est tellement riche et surprenante qu'elle justifie cette suite.
Ce troisième tome est effectivement intrépide, les Drakul exercent une pression permanente et ne reculent devant rien. Ainsi, aurons-nous davantage de nouveaux meurtres, des kidnappings, des palais incendiés, des poursuites endiablées. En prime, ce tome nous offre un nouveau changement de décor ! Les soeurs Wilcox et leurs compagnons doivent quitter l'Angleterre pour se rendre à Venise. Ils séjourneront chez Robert Browning, le poète - un détail qui m'enchante comme à chaque fois que je croise une figure littéraire dans cette série.
J'en profite pour souligner la complicité espiègle qui se tisse entre Holmes et Doyle. Et de façon générale, je trouve que les personnages secondaires s'étoffent et prennent une importance non négligeable. Aussi, lorsque l'un d'eux manque à l'appel, ce n'est pas sans regret qu'il faut se ressaisir.
Bref, nos amis recherchent activement la guilde des Mystérieux. A la clef, ils espèrent trouver le dernier morceau du Venefactor. Autant dire que la mission s'annonce houleuse et plus que périlleuse. Et l'ennemi gagne du terrain !
Ce troisième tome m'a presque autant emballée que le premier (j'avais apprécié le deuxième, mais je me rends compte qu'il n'était pas mon préféré non plus). Force est de constater qu'il se lit à un train d'enfer, que le rythme ne s'essouffle jamais et que l'intrigue gagne en épaisseur et en ingéniosité. Me voici de nouveau pleinement conquise - vivement le prochain tome !

Les Etranges Soeurs Wilcox 3. Les Masques de Sang - Fabrice Colin
Gallimard jeunesse (2011) - 325 pages - 13,50€
illustrations : Erwann Surcouf

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22/02/11

Teaser Tuesday #8

TuesdayteaserC'était un soir de neige comme on n'en avait pas vu depuis longtemps. Londres frissonnait, étourdie par la tempête, et les traces des passants, à peine dessinées sur les trottoirs, s'effaçaient tels les mots d'un poème d'enfant. Jamais l'hiver n'avait paru aussi cruel, et jamais aussi délectable, pour le jeune garçon, la perspective de demeurer cette nuit dans sa chambre sous les toits avec une histoire pour seule compagnie.
Les étranges soeurs Wilcox : Les masques de sang - Fabrice Colin

Papa a dit une seule valise par personne. Je respecte les consignes. De toute façon, la mienne est à moitié vide. Qu'est-ce que j'aurais pu mettre de plus ? Pas besoin d'emporter une tonne d'habits, il paraît qu'il y a un lave-linge sur place. Il y a tout ce qu'il faut, il paraît. Il y a même un grand jardin. Papa a dit que ça devrait me plaire.
Hier, il est rentré avec un gros paquet-cadeau. Quand je l'ai vu, j'ai cru que c'était mon télescope que j'avais commandé pour Noël. Le cadeau, c'est pour Juju. C'est une poupée qui parle. On peut lui faire prendre le bain et on peut la coiffer aussi. Justine va adorer. Papa a dit que ce serait moi qui lui offrirais si ça me faisait plaisir. Je ne suis pas jaloux. Je sais que j'ai beaucoup de chance de ne pas être malade. Je sais que la santé, c'est le plus beau de tous les cadeaux. Pas besoin de me le répéter. Noël, c'est dans moins de deux mois, je peux bien attendre.
Mon vaisseau te mènera jeudi sur un nuage - Marcus Malte

C'est toujours impressionnant de pénétrer pour la première fois dans une taverne de sinistre réputation. Mais il y a cela de bien chez Papa Guillotin qu'on n'a pas besoin de pousser la porte pour entrer : il n'y en a pas. Pour pisser, il y a les quatre coins. Et quand on veut manger, on nettoie la table d'un revers de manche.
Ce soir-là, l'ambiance était à la rigolade. Les clients, qui savaient que le pâté de lapin était en fait du pâté de chat, faisaient miaou quand la serveuse posait l'assiette devant eux.
Malo de Lange, fils de Personne - Marie Aude Murail

Je suis une astronaute surfant sur une vague, dans l'océan de la Tranquillité. J'ai roulé trop vite sur la route de la Tristesse, dérivé trop longtemps sur l'épave du navire Stress, et failli perdre la tête sur le TGV de l'Oubli. Mais voilà que je glisse avec grâce dans une direction positive. Ce ne sera pas un trajet éclair. Il va me falloir être patiente, suivre le flux cosmique. Je me rapproche des côtes, où m'attend la plage de la Décontraction.
C'est le genre de délires dans lesquels Blake est capable de partir. Blake vient de Nouvelle-Zélande, et porte des tongs même par temps pluvieux. Il lui arrive de sortir des trucs tellement ringards que j'éclate de rire même lorsque je me sens triste. C'est plus fort que moi.
Lottie Biggs n'est presque pas désespérée - Hayley Long

Immobile sur la grève, mes longs cheveux noirs flottant au vent du large, je regarde la marée monter lentement au rythme des vagues et des courants, et je songe à ce que je suis devenue. Je ne sais trop à quel moment la chance m'a abandonnée, mais il y a, c'est évident, un certain temps déjà que cela s'est produit...
Filles de Lune : Naïla de Brume - Elisabeth Tremblay

 

04/01/11

Reprends-toi, ma fille. Reprends-toi.

IMG_1910New York sous une bulle de verre. New York sous la neige. New York rêvé ou fantasmé. New York comme jamais on ne pourrait l'imaginer. Mais c'est le pari. Planter un décor mirifique où l'héroïne se réveille complètement sonnée. Elle a été renversée par la voiture d'un type très riche, qui propose de l'aider mais elle fuit et rentre chez elle. Là où elle se réfugie, la demeure est grande et belle, hantée par la présence d'un majordome. Encore une fois, le décor semble sortir tout droit d'un rêve. C'est beau, c'est sacré, c'est précieux. Un silence religieux y règne. On entend les pages du livre qui se tournent, la cuillère dans l'assiette à soupe, les ailes de l'inséparable qui se débat dans sa cage, les rideaux qu'on ouvre et qu'on ferme, le bruissement de la couette... C'est un roman très, TRES étrange. Les premières pages sont irréelles, mais fascinantes. Vraiment cette ambiance, c'est tout un poème.
Puis, l'histoire finit par prendre le dessus, et c'est un peu regrettable. Anna est une jeune fille délicieuse, qui ne se souvient plus de rien. Elle rencontre Wynter qui lui sort le grand jeu de la séduction, elle est touchée, troublée. Elle n'en oublie pas les étranges messages qu'elle reçoit, ils sont signés par le Masque. C'est un individu à la réputation sulfureuse. Toutes les polices sont à ses trousses, il est accusé d'avoir kidnappé et tué d'autres jeunes filles. Anna sera-t-elle sa prochaine victime ? Wynter a juré de la protéger.
Comment vous dire ? C'est un peu trop bizarre finalement. Le charme éthéré de l'intrigue a fini par s'étioler, ou par peser. A force de faire planer le doute, de dessiner ce décor enchanteur mais un poil oppressant, l'histoire en est devenue étouffante. De plus, j'ai rapidement cru comprendre où on voulait en venir (ce n'est pas marrant d'anticiper les fins à chute, moi je vous le dis). J'avais quelques soupçons, aussi le dénouement n'a pas suscité de vif émoi. J'étais lasse, à vrai dire. La magie du début a fini par se briser. Je suis déçue !

Bal de Givre à New York - Fabrice Colin
Albin Michel jeunesse (2010) - 294 pages - 13,50€

On retrouve ce livre un peu partout sur la toile. Prenez garde à ne pas trop chercher la petite bête sous peine d'être spoilés ! (Ce serait dommage.)

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21/06/10

Les étranges soeurs Wilcox, 2. L'ombre de Dracula

Les aventures des soeurs Wilcox reprennent sans temps mort. Après les derniers événements introduits dans le premier livre, Amber et Luna savent que leur vie est complètement chamboulée. Et les surprises ne manquent pas, avec de nouveaux coups de théâtre qui surviennent dès le début de ce deuxième tome. Amber est kidnappée tandis que Luna doit conduire une mission particulière sous la houlette d'une figure mythique - la comtesse Elizabeth Bathory. A New York, Amber recherche sa belle-mère pour récupérer un fragment du Venefactor avant qu'il ne tombe entre de mauvaises mains. Les alliés de Dracula sont sur les dents, la société des Invisibles continuent de mener une guerre sans merci mais les trahisons sont légion. La tâche de Luna est périlleuse, l'épopée d'Amber connaît des revers troublants, bref les deux soeurs, même séparées, ne baissent pas les bras et tentent de trouver des solutions à leurs propres questions : qu'est devenu leur père, pourquoi ont-elles été mordues, et quel rôle joue Rebecca, leur belle-mère ?

Les_soeurs_Wilcox_Tome_2

La série s'installe grâce à ce deuxième tome, l'histoire est toujours aussi captivante, l'action ne manque pas (surtout du côté d'Amber dans les rues de New York). Le fait d'avoir séparé les deux soeurs a permis d'enrichir l'intrigue et d'élargir les horizons. Oui, j'ai beaucoup aimé. De plus, j'ai instinctivement retrouvé mes marques en commençant ce roman, enfin le résumé était également bien accueilli pour rafraîchir les mémoires. Je pense en fait au sentiment de familiarité qui est assez frappant, c'est surprenant de voir les pages s'envoler tant l'avidité de lecture et la sensation de confort nous prennent par les deux mains. Ce roman ne possède pas le même charme que le précédent, mais il n'en demeure pas moins grisant. L'univers de Fabrice Colin autour des vampires de Londres ou de New York n'est pas proprement original, mais le cadre est chic, terriblement attirant et admirablement bien dépeint. Je suis déjà fan du décor, les personnages aussi continuent de me toucher (hélas, l'absence de certains m'a quelque peu pesé) et l'histoire est un savant mélange d'action, de prétention, d'invention, l'ensemble est ingénieux et nous convie vers de nouvelles perspectives étonnantes. En un mot, succombez ! 

Les étranges soeurs Wilcox, 2. L'ombre de Dracula - Fabrice Colin
Gallimard jeunesse (2010) - 316 pages - 13,50€
illustrations : Erwann Surcouf

rappel du tome 1 : Les vampires de Londres

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13/09/09

Les étranges soeurs Wilcox 1. Les Vampires de Londres ~ Fabrice Colin

Gallimard jeunesse, 2009 - 285 pages - 13,50€
illustrations : Erwann Surcouf

Je dis bravo pour ce premier tome d'une nouvelle série écrite par Fabrice Colin, je dis bravo car ce premier livre vous transporte immédiatement et ne vous donne plus envie de faire autre chose que lire, lire et ce jusqu'à la dernière page.

les_etranges_soeurs_wilcoxL'histoire se passe à Londres, en 1888. Deux soeurs se réveillent d'un lourd sommeil, terrorisées d'être enfermées dans un cercueil, enterrées donc. Amber et sa cadette Luna sont perdues dans les rues de Londres, elles se rendent chez elles et trouvent une maison en ruines, brûlée depuis les fondations jusqu'à la pointe du toit, il ne reste plus rien. Son père a disparu, leur belle-mère idem. Le jour pointe et les demoiselles s'évanouissent.
C'est un gentil docteur qui viendra les secourir, un homme du nom de Watson avec son acolyte Sherlock Holmes ! Amber et Luna Wilcox découvrent également qu'elles sont vampires, possèdent des capacités extraordinaires et sont recrutées par une société secrète pour mettre un terme à la guerre des clans et éradiquer la menace vampirique.
Je fais bref, mais en fait il se passe énormément d'événéments avant d'en arriver là. Les soeurs Wilcox sont placées sous le patronage de Watson, Holmes et la société des Invisibles. On croise aussi Bram Stoker, un raconteur d'histoires qui aime frayer avec les forces obscures pour échapper au chagrin qui l'assomme. Et Jack l'Eventreur, telle une ombre maléfique, s'avère la puissance absolue à combattre, en plus de Dracula et ses comparses.
Je ne voudrais pas trop en dévoiler, laissez-vous surprendre, c'est le premier conseil que je puisse vous donner. La suite, c'est du plaisir sur toute la ligne, qui dure près de 300 pages, avec moults rebondissements, des faits nouveaux et surprenants, des clichés revisités, abattus, dépoussiérés, donc que du bon ! Fabrice Colin signe une nouvelle série (en combien de tomes ?) très, très enthousiasmante. Ce livre nous offre par exemple un prologue et un épilogue à faire frémir d'excitation... et c'est épuisant, oui, épuisant de se lancer dans une nouvelle série, d'en rester là, comme deux ronds de flan, et de n'avoir plus que ses ongles à ronger en attendant la suite.
Aaaaah, je déteste les séries ! Elles me rendent malade d'envie, d'impatience et de nervosité. Mais tout n'est qu'allégresse et euphorie, aussi. Le principal, c'est d'avoir tout simplement adoré me promener à Londres en 1888 et d'avoir croisé tous types de figures - sympathiques, effrayantes, royales et fantastiques, pour ne pas dire fantasmagoriques.
Au boulot, monsieur Colin !   

 

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15/04/09

La saga Mendelson ~ Fabrice Colin

 

saga_mendelson

Fabrice, un ami de la famille Mendelson, choisit d'écrire toute leur histoire depuis sa récente découverte d'une malle aux trésors, qui avec ses journaux intimes et ses photographies racontent leurs aventures étonnantes. La saga Mendelson peut commencer, à Odessa en 1895. Elle s'ouvre sur le couple Isaac et Batsheva, dans une ville qui sera bientôt balayée par les pogroms, les insurrections et la tristement célèbre affaire du Potemkine. Forcés à l'exil, le couple et ses deux enfants vont se rendre à Vienne.

C'est un roman plein de charme qui ouvre cette trilogie historique d'une famille juive plongée dans la tourmente du 20ème siècle. Le rythme est échevelé, l'histoire riche, bien écrite, mélangeant les anecdotes authentiques au souffle romanesque, et le produit en lui-même est très original. C'est en effet une somme de témoignages, d'extraits de journaux intimes, de clichés et de dessins qui composent ce récit, entrecoupé par la voix du narrateur.

Cela pourrait commencer ainsi : il était une fois un horloger modeste qui rencontra la femme de sa vie, elle était d'une grande beauté et l'aimait également d'un amour fou et exclusif. Leur monde s'écroule lorsqu'un vent de haine souffle sur l'Europe et, parce qu'ils sont de confession juive, les oblige à s'expatrier toujours plus à l'ouest. D'un seul coup on se retrouve avec une saga palpitante, qui raconte le destin hors du commun d'une famille marquée par les coups du sort, et qui, de plus, se télescopent aux grandes pages de l'Histoire.
D'Odessa à Hollywood, en passant par Vienne et New York, cette famille exceptionnelle va connaître une destinée tout aussi époustouflante, nous n'en sommes qu'au début (ce premier tome couvre la période de 1895 à 1929) mais l'histoire ne manque déjà pas de rebondissements (séparations, exils, liaisons amoureuses, pauvreté et richesse). Les personnages ne sont pas encore trop nombreux, ce sont les premiers, donc les plus attachants, ils ont le privilège des rencontres étonnantes, avec un certain Adolf Hitler, alors étudiant recalé de l'Académie des Beaux-Arts, le peintre Egon Schiele, ou le producteur de cinéma, Louis B. Mayer.
Sans le vouloir, les Mendelson ont le chic d'être au coeur des événements les plus brûlants et ne semblent pas se contenter d'une existence sage et rangée.
Tant mieux !
La suite promet de palpitantes révélations !

A découvrir en novembre 2009 : les insoumis (1930 - 1965) et au printemps 2010 : les fidèles (1965 - 2000).   

Les premières pages des Exilés, tome 1 de La Saga Mendelson à paraître le 16 avril, sont en ligne ici.

Seuil jeunesse, 2009 - 269 pages - 16,50€

illustration couverture : François Roca
concept graphique : Frédérique Deviller

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12/10/07

Camelot - Fabrice Colin

Tout d'abord, je tiens à adresser un très GRAND merci à Lily pour la découverte de ce livre (découvrez son billet ici !!!) et pour avoir eu la gentillesse de me l'envoyer !

camelotUn roman tour à tour mystérieux et prenant, qui s'inspire de la légende du roi Arthur, de Camelot et des chevaliers de la Table Ronde... j'ai dit banco.
Mais il est aussi question du Grand Meaulnes, des disparus de Saint Agil ou même du Cercle des poètes disparus comme autres sources d'inspiration.
L'histoire concerne quatre amis qui vont partir à la quête du Graal pour aider un certain Arthur de Beaufort, qui réunit à lui seul les qualités de charme, de séduction et de mystère.
De réunions secrètes en courses folles dans la forêt, dans un manoir où sont cachés des trésors historiques, entre trahison et loyauté, les quatre camarades vont découvrir le vrai sens du « Graal ».
Une quête absolue ? Pas tout à fait ! Il y a une précipitation de faits importants, graves, inquiétants et qui entraînent le lecteur dans cette succession de chapitres courts (idéal pour bâtir un rythme effréné !) et à la suite desquels on se trouve tout aussi échevelé !
J'ai beaucoup aimé l'atmosphère austère de ce pensionnat, les personnages aux visages doubles, les cachotteries, l'angoisse qui fait battre le coeur plus fort. L'empreinte des légendes arthuriennes est également forte et apporte du crédit à l'histoire, créant cette sensation d'être entre songe et réalité.
Un roman haletant et une lecture tout à fait réjouissante. Sauf la fin, un peu décevante... pour ma part.

Mot de l'éditeur

Institut Saint James de B… Nathan a 17 ans. Il doit passer l’été à préparer son diplôme de fin d’étude, dans cet établissement prestigieux réservé à quelques privilégiés. Avec Éric, David et Mathis, ils forment un groupe d’amis fidèles, solidaires. Un soir, arrive un nouvel élève : Arthur. Sortant d’une longue limousine blanche, accueilli comme un prince par le directeur de l’établissement, il exerce immédiatement une fascination troublante sur les autres. L’un après l’autre, les trois amis de Nathan succombent à l’étrange pouvoir de séduction d’Arthur, ils disparaissent des nuits entières, sans que Nathan ne puisse rien savoir de leurs escapades nocturnes. Ils changent, lui échappent. Nathan décide de parler à Arthur, qui lui propose, s’il le souhaite, de devenir à son tour un chevalier de la Table ronde…

extrait : 

« Camelot !
Le nom résonne encore tel un sésame. Camelot, la forteresse, les murailles blanches vertigineuses, Camelot la cité éternelle et le fracas des armes, les cavalcades lourdes, la plainte d'un cor doré au-dessus de l'océan vert !
Camelot était cela, et plus encore. Camelot était notre royaume. Camelot était cette cave secrète, sous la remise au coeur des bois (...). Camelot était cette cave, mais Camelot pouvait être n'importe quelle cave, n'importe quelle mansarde, une clairière même, une simple pièce oubliée, car ce qui faisait Camelot n'était pas un lieu : c'était l'esprit, c'était la foi, les chevaliers, c'était nous cinq, ad vitam aeternam. »

Seuil (jeunesse) - 200 pages - 9.50 € -  A partir de 13 ans.

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