19/01/18

#Wanted : Les étranges sœurs Wilcox, de Fabrice Colin

Londres, 1888. Qui sont ces deux orphelines qui s'aventurent la nuit dans les rues mal famées ? Ignorent-elles que Jack l'Éventreur et d'autres créatures plus terrifiantes encore y livrent une lutte sans merci ? Mais Amber et Luna Wilcox ne sont pas des jeunes filles comme les autres. Sous leur frêle apparence se cache un terrible secret...

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Dans cette histoire énigmatique et néanmoins passionnante, on croise les figures tutélaires de Sherlock Holmes, du Docteur Watson, de Bram Stoker, pour ne citer qu'eux, mais surtout on plonge littéralement dans un univers fascinant, bien campé, sombre et enivrant. Une société secrète lutte contre des forces obscures, tous les coups sont permis - meurtres, kidnappings, incendies criminels, poursuites endiablées... Et au milieu, les sœurs Wilcox tentent de comprendre l'inextricable écheveau dans lequel leur famille s'est engouffrée. Leur père a disparu, leur belle-mère joue à cache-cache et retient des informations précieuses... Amber et Luna vont être aspirées dans un tourbillon infernal. Toutefois, c'est du plaisir sur toute la ligne. Les clichés sont rebattus, revisités, bref dépoussiérés. Le lecteur n'en perd pas une miette et avale en une goulée les pages du roman.  Le rythme est enlevé, l'épopée ébouriffante. À ceci s'ajoutent des émotions à tous les étages. Des personnages attachants. Une intrigue habilement tissée. Et des personnalités légendaires. C'est envoûtant, raffiné, démoniaque. 

Je lance maintenant un appel international (#cristina_inside) pour espérer l'éventuelle parution du tout dernier tome (Le Dernier Sacrifice) promis depuis 2014.

Collection: Folio Junior - N°1629 

Illustrateur de couverture : Erwann Surcouf

 

Premier #Wanted d'une longue série.

 

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13/11/17

Magnetic Island, de Fabrice Colin

MAGNETIC ISLANDSe sentant broyé par une histoire familiale trop lourde pour lui, Cyan noie son désespoir dans l'alcool et est sujet à des crises d'angoisse qui l'ont déjà conduit à l'hôpital. Il faut dire que ça ne manque pas de secrets ni de mystères autour de lui - quatre ans plus tôt, sa sœur jumelle a disparu lors d'une sortie scolaire sur Magnetic Island, pas loin du lieu de tournage du film de leur père. Artus Fisher, célèbre réalisateur, est englué dans cette super production et n'a guère de temps à consacrer à son fils. Son épouse, France, a quitté le foyer pour son avocat et harcèle son ex pour signer les papiers du divorce. L'ambiance à la maison tourne donc en eau de boudin. Rien ne va plus, chacun est replié sur soi, ça gronde à chaque coin de page, et voilà qu'arrive une autre disparition - Divine, l'aînée de la fratrie, n'a plus donné signe de vie depuis cinq jours. La folie obsessionnelle de Cyan reprend de plus belle, son père le pousse à se rendre chez une addictologue, sa mère menace d'alerter la police et le fantôme de Holly refait surface. Ouhlàlà, quelle sombre histoire ! Mais le roman n'en demeure pas moins captivant. J'ai plongé tout de go dans les arcanes de cette intrigue aux nombreux revers familiaux, où les silences pèsent dans la balance et viennent noyer le poisson. On a, de plus, une perception biaisée des enjeux puisque tout est rapporté d'après Cyan, définitivement paumé et carrément désaxé. Le môme est en pleine déroute, il se cherche et cherche aussi la part de vérité parmi les mensonges qui gravitent autour de lui. Certaines révélations auront tout lieu de le désarçonner, par leur violence et leurs conséquences, même si la guérison exige de passer par là. L'atmosphère générale baigne dans le flou, ce qui est parfois déroutant et, malgré tout, enivrant. Car la petite musique du roman est ensorcelante et fait tourner les pages avec avidité pour connaître le dénouement. C'est cependant moins léger que dans Le pays qui te ressemble où l'auteur s'éclatait à dresser le portrait d'une autre famille dysfonctionnelle. Ici, c'est un roman qui vous happe dans sa bulle, où l'on pressent que tout n'est pas rose ni innocent.
Ce titre figurait parmi les 10 sélectionnés pour le Prix Vendredi, premier prix national de littérature ado, qui a finalement récompensé L'Aube sera grandiose d'Anne-Laure Bondoux.

Albin Michel coll. Litt' - 2017

 

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29/06/16

Le Pays qui te ressemble, de Fabrice Colin

Le Pays Qui Te Ressemble

Engluée dans le chagrin et le deuil depuis un an, la famille Farrow est au bord du gouffre. On recense ainsi « un frère génial mais triste comme l'hiver, incapable d'exprimer ses sentiments. Un père aimant et 100% paumé. La définition même de la grand-mère indigne. Et maintenant, cette boule de poils blanc acajou qui s'était reconnue en notre désespérance. Nous avions de quoi être fiers. »

Il est plus que temps de larguer les amarres ! Marilyne, la grand-mère fantasque et rock-n-roll, prend les devants en embarquant tout ce petit monde à bord d'un camping-car pour une mission très spéciale, une mission secrète visant à guérir leur cœur brisé. Cette mission consiste à tracer les anciennes petites copines du père pour leur faire passer un test en douce. L'une d'elles est probablement la mère biologique des jumeaux de quinze ans, Lucy et Jude. Peu avant de mourir, leur maman d'adoption leur a fait jurer de retrouver leurs racines, sans éveiller les soupçons de leur père. Ce dernier broie du noir. Depuis un an, il vit dans sa bulle, écoute des heures durant tous les albums des Beatles, souffre en silence, pleure, maugrée et s'apitoie sur son sort. Il accepte néanmoins de se joindre à la troupe pour parcourir les routes de France et de Navarre... Direction Rome, puis Montreux (en Suisse), avant de faire escale à Bruxelles, puis Oxford, et ce n'est pas tout !

Quelle folle épopée ! A priori le voyage ne ressemble à rien. Lucy, son frère Jude, leur père Noel et la grand-mère Marilyne avalent des kilomètres, se posent à peine, s'éparpillent, courent après des objectifs aussi vagues qu'illusoires. De plus, leur parcours est jalonné de rencontres improbables et de situations burlesques, auxquelles on pourrait facilement n'accorder aucun crédit, mais c'est justement parce que cela ressemble à une cavalcade turbulente et invraisemblable qu'on adhère sans moufter. La famille est complètement décalée, drôle, vive, pétillante, derrière les couches de détresse et de larmes, et puis l'aventure gagne aussi en profondeur et en émotion. Le mélange est bien dosé, très réussi, pour une lecture dynamique, sensible et enjouée comme j'aime. Un super road-trip à se réserver pour les vacances !

Albin Michel, coll. Litt' / Septembre 2015

Magnifique couverture de Léa Chassagne qui annonce la couleur du roman !

 

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09/03/11

Les Etranges Soeurs Wilcox #3 : Les Masques de Sang x Fabrice Colin

IMG_2961Chic ! Ce 3ème tome est ébouriffant, enlevé et palpitant. À peine survolé le résumé, on plonge de suite dans l'action et on n'a pas  le sentiment d'être à la ramasse car on se sent en territoire familier ! 
Par contre, j'ai cru à tort qu'il s'agissait du dernier tome de la série. IL N'EN EST RIEN. Avec une intrigue aussi riche et surprenante, l'auteur a cru bon de proposer du rab. 
Car c'est chaud devant ! Les Drakul mettent la pression et ne reculent devant rien. D'où l'avalanche de meurtres, de kidnappings, d'incendies criminels et de poursuites endiablées. Oubliez Londres et New York, cette fois les sœurs Wilcox partent à Venise. Sur place, elles vont séjourner chez le poète Robert Browning. Eh oui, encore un pipole ! ;-) 
De leur côté, Holmes et Doyle tissent une complicité espiègle. Ce ne sont d'ailleurs pas les seuls personnages secondaires à s'étoffer et prendre une importance dans la série. Tous ont désormais  un rôle attitré et font peser lourdement leur absence dans la balance en cas de coup dur. Bref.
Nos amis poursuivent leur recherche sur la guilde des Mystérieux - et espèrent trouver le dernier morceau du Venefactor. La mission est mise à mal, car l'ennemi gagne du terrain !
J'ai retrouvé dans ce troisième tome la même excitation éprouvée lors de ma toute première découverte de la série. Cela se lit à un train d'enfer, le rythme ne s'essouffle jamais et l'intrigue gagne en épaisseur et en ingéniosité.
Je suis définitivement conquise et me languis de lire la suite ! 

NDLR : Et là c'est le drame... Pourtant annoncé - en 2014 aux dernières nouvelles - le quatrième volet intitulé Le Dernier Sacrifice n'a JAMAIS VU LE JOUR. Pourquoi ? Mais pourquoi ? ... Cris de détresse d'une lectrice frustrée. Aux abois. Désœuvrée. En quête de réponse. HELP.

Les Etranges Soeurs Wilcox 3. Les Masques de Sang - Fabrice Colin
Gallimard jeunesse (2011) - 325 pages - 13,50€
illustrations : Erwann Surcouf

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22/02/11

Teaser Tuesday #8

TuesdayteaserC'était un soir de neige comme on n'en avait pas vu depuis longtemps. Londres frissonnait, étourdie par la tempête, et les traces des passants, à peine dessinées sur les trottoirs, s'effaçaient tels les mots d'un poème d'enfant. Jamais l'hiver n'avait paru aussi cruel, et jamais aussi délectable, pour le jeune garçon, la perspective de demeurer cette nuit dans sa chambre sous les toits avec une histoire pour seule compagnie.
Les étranges soeurs Wilcox : Les masques de sang - Fabrice Colin

Papa a dit une seule valise par personne. Je respecte les consignes. De toute façon, la mienne est à moitié vide. Qu'est-ce que j'aurais pu mettre de plus ? Pas besoin d'emporter une tonne d'habits, il paraît qu'il y a un lave-linge sur place. Il y a tout ce qu'il faut, il paraît. Il y a même un grand jardin. Papa a dit que ça devrait me plaire.
Hier, il est rentré avec un gros paquet-cadeau. Quand je l'ai vu, j'ai cru que c'était mon télescope que j'avais commandé pour Noël. Le cadeau, c'est pour Juju. C'est une poupée qui parle. On peut lui faire prendre le bain et on peut la coiffer aussi. Justine va adorer. Papa a dit que ce serait moi qui lui offrirais si ça me faisait plaisir. Je ne suis pas jaloux. Je sais que j'ai beaucoup de chance de ne pas être malade. Je sais que la santé, c'est le plus beau de tous les cadeaux. Pas besoin de me le répéter. Noël, c'est dans moins de deux mois, je peux bien attendre.
Mon vaisseau te mènera jeudi sur un nuage - Marcus Malte

C'est toujours impressionnant de pénétrer pour la première fois dans une taverne de sinistre réputation. Mais il y a cela de bien chez Papa Guillotin qu'on n'a pas besoin de pousser la porte pour entrer : il n'y en a pas. Pour pisser, il y a les quatre coins. Et quand on veut manger, on nettoie la table d'un revers de manche.
Ce soir-là, l'ambiance était à la rigolade. Les clients, qui savaient que le pâté de lapin était en fait du pâté de chat, faisaient miaou quand la serveuse posait l'assiette devant eux.
Malo de Lange, fils de Personne - Marie Aude Murail

Je suis une astronaute surfant sur une vague, dans l'océan de la Tranquillité. J'ai roulé trop vite sur la route de la Tristesse, dérivé trop longtemps sur l'épave du navire Stress, et failli perdre la tête sur le TGV de l'Oubli. Mais voilà que je glisse avec grâce dans une direction positive. Ce ne sera pas un trajet éclair. Il va me falloir être patiente, suivre le flux cosmique. Je me rapproche des côtes, où m'attend la plage de la Décontraction.
C'est le genre de délires dans lesquels Blake est capable de partir. Blake vient de Nouvelle-Zélande, et porte des tongs même par temps pluvieux. Il lui arrive de sortir des trucs tellement ringards que j'éclate de rire même lorsque je me sens triste. C'est plus fort que moi.
Lottie Biggs n'est presque pas désespérée - Hayley Long

Immobile sur la grève, mes longs cheveux noirs flottant au vent du large, je regarde la marée monter lentement au rythme des vagues et des courants, et je songe à ce que je suis devenue. Je ne sais trop à quel moment la chance m'a abandonnée, mais il y a, c'est évident, un certain temps déjà que cela s'est produit...
Filles de Lune : Naïla de Brume - Elisabeth Tremblay

 


04/01/11

Reprends-toi, ma fille. Reprends-toi.

IMG_1910New York sous une bulle de verre. New York sous la neige. New York rêvé ou fantasmé. New York comme jamais on ne pourrait l'imaginer. Mais c'est le pari. Planter un décor mirifique où l'héroïne se réveille complètement sonnée. Elle a été renversée par la voiture d'un type très riche, qui propose de l'aider mais elle fuit et rentre chez elle. Là où elle se réfugie, la demeure est grande et belle, hantée par la présence d'un majordome. Encore une fois, le décor semble sortir tout droit d'un rêve. C'est beau, c'est sacré, c'est précieux. Un silence religieux y règne. On entend les pages du livre qui se tournent, la cuillère dans l'assiette à soupe, les ailes de l'inséparable qui se débat dans sa cage, les rideaux qu'on ouvre et qu'on ferme, le bruissement de la couette... C'est un roman très, TRES étrange. Les premières pages sont irréelles, mais fascinantes. Vraiment cette ambiance, c'est tout un poème.
Puis, l'histoire finit par prendre le dessus, et c'est un peu regrettable. Anna est une jeune fille délicieuse, qui ne se souvient plus de rien. Elle rencontre Wynter qui lui sort le grand jeu de la séduction, elle est touchée, troublée. Elle n'en oublie pas les étranges messages qu'elle reçoit, ils sont signés par le Masque. C'est un individu à la réputation sulfureuse. Toutes les polices sont à ses trousses, il est accusé d'avoir kidnappé et tué d'autres jeunes filles. Anna sera-t-elle sa prochaine victime ? Wynter a juré de la protéger.
Comment vous dire ? C'est un peu trop bizarre finalement. Le charme éthéré de l'intrigue a fini par s'étioler, ou par peser. A force de faire planer le doute, de dessiner ce décor enchanteur mais un poil oppressant, l'histoire en est devenue étouffante. De plus, j'ai rapidement cru comprendre où on voulait en venir (ce n'est pas marrant d'anticiper les fins à chute, moi je vous le dis). J'avais quelques soupçons, aussi le dénouement n'a pas suscité de vif émoi. J'étais lasse, à vrai dire. La magie du début a fini par se briser. Je suis déçue !

Bal de Givre à New York - Fabrice Colin
Albin Michel jeunesse (2010) - 294 pages - 13,50€

On retrouve ce livre un peu partout sur la toile. Prenez garde à ne pas trop chercher la petite bête sous peine d'être spoilés ! (Ce serait dommage.)

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21/06/10

Les étranges sœurs Wilcox, 2. L'ombre de Dracula de Fabrice Colin

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Après un premier tome ô combien réjouissant, et une fois les souvenirs des événements précédents évoqués, les aventures des sœurs Wilcox reprennent sans temps mort. Amber et Luna sont ainsi propulsées sur le devant de la scène et font face à d'autres coups durs, qui surviennent dès le début de ce deuxième tome - Amber est kidnappée et Luna doit mener une mission spéciale pour la comtesse Elizabeth Bathory !

À New York, Amber est à la recherche de sa belle-mère Rebecca afin de récupérer un fragment du Venefactor pour éviter qu'il ne tombe entre de mauvaises mains. Les alliés de Dracula sont sur les dents, la société des Invisibles continue de mener une guerre sans merci mais les trahisons sont légion. La tâche de Luna est périlleuse, mais l'épopée d'Amber connaît des revers troublants. Les deux sœurs, même séparées, ne baissent pas les bras et tentent de trouver des solutions et des réponses à leurs nombreuses questions : qu'est devenu leur père, pourquoi ont-elles été mordues et quel rôle joue Rebecca dans cette fable ?

La série s'installe définitivement avec ce deuxième tome bouillonnant d'action et d'émotion. L'histoire est toujours aussi captivante, la tension monte d'un cran (surtout du côté d'Amber dans les rues de New York). Le fait d'avoir séparé les deux sœurs a permis d'enrichir l'intrigue et d'élargir les horizons. Et OUI, j'ai beaucoup aimé. J'ai, de plus, instinctivement retrouvé mes marques et ma zone de confort en commençant ce roman. L'univers de Fabrice Colin autour des vampires de Londres ou de New York est chic, terriblement attirant et admirablement bien dépeint. Bien entendu, l'épopée que vivent les personnages ne manque pas d'attrait non plus ! En bref, c'est grisant et fascinant. Vivement la suite, tiens.
À votre tour, succombez ! 

Les étranges soeurs Wilcox, 2. L'ombre de Dracula - Fabrice Colin
Gallimard jeunesse (2010) - 316 pages - 13,50€
illustrations : Erwann Surcouf

rappel du tome 1 : Les vampires de Londres

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13/09/09

Les étranges sœurs Wilcox 1. Les Vampires de Londres ~ Fabrice Colin

Gallimard jeunesse, 2009 - 285 pages - 13,50€
illustrations : Erwann Surcouf

Gros coup de cœur pour ce premier tome d'une nouvelle série écrite par Fabrice Colin, qui vous happe du début à la fin et vous lâche avec la sensation d'une lecture exaltante ! C'était génial. 

les_etranges_soeurs_wilcoxL'histoire se passe à Londres, en 1888. Deux sœurs se réveillent d'un lourd sommeil, terrorisées d'être enfermées dans un cercueil, enterrées donc. Amber et sa cadette Luna sont perdues dans les rues de Londres, elles se rendent chez elles et trouvent une maison en ruines, brûlée depuis les fondations jusqu'à la pointe du toit, il ne reste plus rien. Leur père a disparu, tout comme leur belle-mère. Le jour se lève et les demoiselles s'évanouissent.
Secourues par un gentil docteur du nom de Watson et son acolyte Sherlock Holmes, Amber et Luna Wilcox vont très vite rejoindre les rangs d'une société secrète afin de les aider à lutter contre des forces obscures. Tout un programme.
En fait, il se passe beaucoup de choses avant d'en arriver là. Certes, les sœurs Wilcox sont placées sous le patronage de Watson, Holmes et la société des Invisibles. On croise aussi Bram Stoker, un raconteur d'histoires qui aime frayer avec les forces obscures pour échapper au chagrin qui l'assomme. Un certain Jack l'Éventreur, ou son ombre maléfique, s'avère la puissance absolue à combattre, en plus de Dracula et ses comparses. Que de monde, que de monde.
Laissez-vous surprendre, c'est le premier conseil que je puisse vous donner. La suite, c'est du plaisir sur toute la ligne, qui dure près de 300 pages, avec moult rebondissements, mais aussi des clichés rebattus et revisités, enfin surtout dépoussiérés, bref que du bon !
Fabrice Colin signe une nouvelle série (en combien de tomes ?) très, très enthousiasmante. Ce livre nous offre par exemple un prologue et un épilogue à faire frémir d'excitation... et c'est épuisant, oui, épuisant de se lancer dans une nouvelle série, d'en rester là, comme deux ronds de flan, et de n'avoir plus que ses ongles à ronger en attendant la suite.
Aaaaah, je déteste les séries ! Enfin, j'aime les détester... même si je ne suis qu'une flaque d'envie et d'impatience, une boule d'allégresse et d'euphorie. Pour le coup, j'ai adoré me promener dans le Londres de 1888 et d'y rencontrer des figures mythiques du paysage littéraire. C'était bon. J'en veux encore.
Au boulot, monsieur Colin !   

 

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15/04/09

La saga Mendelson ~ Fabrice Colin

 

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Fabrice, un ami de la famille Mendelson, choisit d'écrire toute leur histoire depuis sa récente découverte d'une malle aux trésors, qui avec ses journaux intimes et ses photographies racontent leurs aventures étonnantes. La saga Mendelson peut commencer, à Odessa en 1895. Elle s'ouvre sur le couple Isaac et Batsheva, dans une ville qui sera bientôt balayée par les pogroms, les insurrections et la tristement célèbre affaire du Potemkine. Forcés à l'exil, le couple et ses deux enfants vont se rendre à Vienne.

C'est un roman plein de charme qui ouvre cette trilogie historique d'une famille juive plongée dans la tourmente du 20ème siècle. Le rythme est échevelé, l'histoire riche, bien écrite, mélangeant les anecdotes authentiques au souffle romanesque, et le produit en lui-même est très original. C'est en effet une somme de témoignages, d'extraits de journaux intimes, de clichés et de dessins qui composent ce récit, entrecoupé par la voix du narrateur.

Cela pourrait commencer ainsi : il était une fois un horloger modeste qui rencontra la femme de sa vie, elle était d'une grande beauté et l'aimait également d'un amour fou et exclusif. Leur monde s'écroule lorsqu'un vent de haine souffle sur l'Europe et, parce qu'ils sont de confession juive, les oblige à s'expatrier toujours plus à l'ouest. D'un seul coup on se retrouve avec une saga palpitante, qui raconte le destin hors du commun d'une famille marquée par les coups du sort, et qui, de plus, se télescopent aux grandes pages de l'Histoire.
D'Odessa à Hollywood, en passant par Vienne et New York, cette famille exceptionnelle va connaître une destinée tout aussi époustouflante, nous n'en sommes qu'au début (ce premier tome couvre la période de 1895 à 1929) mais l'histoire ne manque déjà pas de rebondissements (séparations, exils, liaisons amoureuses, pauvreté et richesse). Les personnages ne sont pas encore trop nombreux, ce sont les premiers, donc les plus attachants, ils ont le privilège des rencontres étonnantes, avec un certain Adolf Hitler, alors étudiant recalé de l'Académie des Beaux-Arts, le peintre Egon Schiele, ou le producteur de cinéma, Louis B. Mayer.
Sans le vouloir, les Mendelson ont le chic d'être au coeur des événements les plus brûlants et ne semblent pas se contenter d'une existence sage et rangée.
Tant mieux !
La suite promet de palpitantes révélations !

A découvrir en novembre 2009 : les insoumis (1930 - 1965) et au printemps 2010 : les fidèles (1965 - 2000).   

Les premières pages des Exilés, tome 1 de La Saga Mendelson à paraître le 16 avril, sont en ligne ici.

Seuil jeunesse, 2009 - 269 pages - 16,50€

illustration couverture : François Roca
concept graphique : Frédérique Deviller

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12/10/07

Camelot - Fabrice Colin

Tout d'abord, je tiens à adresser un très GRAND merci à Lily pour la découverte de ce livre (découvrez son billet ici !!!) et pour avoir eu la gentillesse de me l'envoyer !

camelotUn roman tour à tour mystérieux et prenant, qui s'inspire de la légende du roi Arthur, de Camelot et des chevaliers de la Table Ronde... j'ai dit banco.
Mais il est aussi question du Grand Meaulnes, des disparus de Saint Agil ou même du Cercle des poètes disparus comme autres sources d'inspiration.
L'histoire concerne quatre amis qui vont partir à la quête du Graal pour aider un certain Arthur de Beaufort, qui réunit à lui seul les qualités de charme, de séduction et de mystère.
De réunions secrètes en courses folles dans la forêt, dans un manoir où sont cachés des trésors historiques, entre trahison et loyauté, les quatre camarades vont découvrir le vrai sens du « Graal ».
Une quête absolue ? Pas tout à fait ! Il y a une précipitation de faits importants, graves, inquiétants et qui entraînent le lecteur dans cette succession de chapitres courts (idéal pour bâtir un rythme effréné !) et à la suite desquels on se trouve tout aussi échevelé !
J'ai beaucoup aimé l'atmosphère austère de ce pensionnat, les personnages aux visages doubles, les cachotteries, l'angoisse qui fait battre le coeur plus fort. L'empreinte des légendes arthuriennes est également forte et apporte du crédit à l'histoire, créant cette sensation d'être entre songe et réalité.
Un roman haletant et une lecture tout à fait réjouissante. Sauf la fin, un peu décevante... pour ma part.

Mot de l'éditeur

Institut Saint James de B… Nathan a 17 ans. Il doit passer l’été à préparer son diplôme de fin d’étude, dans cet établissement prestigieux réservé à quelques privilégiés. Avec Éric, David et Mathis, ils forment un groupe d’amis fidèles, solidaires. Un soir, arrive un nouvel élève : Arthur. Sortant d’une longue limousine blanche, accueilli comme un prince par le directeur de l’établissement, il exerce immédiatement une fascination troublante sur les autres. L’un après l’autre, les trois amis de Nathan succombent à l’étrange pouvoir de séduction d’Arthur, ils disparaissent des nuits entières, sans que Nathan ne puisse rien savoir de leurs escapades nocturnes. Ils changent, lui échappent. Nathan décide de parler à Arthur, qui lui propose, s’il le souhaite, de devenir à son tour un chevalier de la Table ronde…

extrait : 

« Camelot !
Le nom résonne encore tel un sésame. Camelot, la forteresse, les murailles blanches vertigineuses, Camelot la cité éternelle et le fracas des armes, les cavalcades lourdes, la plainte d'un cor doré au-dessus de l'océan vert !
Camelot était cela, et plus encore. Camelot était notre royaume. Camelot était cette cave secrète, sous la remise au coeur des bois (...). Camelot était cette cave, mais Camelot pouvait être n'importe quelle cave, n'importe quelle mansarde, une clairière même, une simple pièce oubliée, car ce qui faisait Camelot n'était pas un lieu : c'était l'esprit, c'était la foi, les chevaliers, c'était nous cinq, ad vitam aeternam. »

Seuil (jeunesse) - 200 pages - 9.50 € -  A partir de 13 ans.

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