07/11/16

Rêver, de Franck Thilliez

REVERPour son nouveau roman à suspense, Franck Thilliez fait montre d'une abominable rouerie en explorant les arcanes du sommeil et des rêves via son héroïne atteinte de narcolepsie. Abigaël souffre de cette maladie depuis des années et a souvent recours à des brûlures ou des scarifications pour distinguer le vrai du faux. Tout s'embrouille dans un flou constant, ce qui empoissonne naturellement sa vie.
Psychologue chevronnée, spécialisée en criminologie, elle prête souvent son concours aux enquêteurs pour débroussailler le terrain et les guider vers des issues possibles. Depuis plusieurs mois, tous s'échinent à démasquer un kidnappeur d'enfants, le mystérieux Freddy, en référence au personnage créé par Wes Craven, qui prend plaisir à infliger à ses victimes des tortures insoutenables. Mais la vie d'Abigaël bascule dans le cauchemar, alors qu'elle accompagne son père avec sa fille pour un weekend de détente, leur voiture est accidentée en rase campagne, seule Abigaël sort indemne de la carcasse et n'a aucun souvenir du choc. Six mois plus tard, toujours effondrée et shootée aux calmants, Abigaël tente de se raccrocher à son travail, avec le soutien de son ami Frédéric, enquêteur de police. Elle tente, parallèlement, de reconstituer les dernières heures qui ont précédé son accident de voiture et va pointer des détails troublants dans le planning de son père.  Et lorsque certaines pistes recoupent celles de l'immonde Freddy, le sang d'Abigaël ne fait qu'un tour. 
Certes, la lecture est assez laborieuse car il faut prêter attention, à chaque instant, aux dates et aux lieux des événements, ne pas lâcher le fil de l'intrigue, aussi ingénieuse soit-elle, et se dépêtrer du brouillard perpétuel qui enveloppe les pensées et les faits de la jeune femme. La maladie d'Abigaël entre souvent en jeu et vient un peu compliquer la donne : entre l'acquis et le supposé, les frontières s'effacent. Et c'est le point fort du roman. F. Thillez dupe facilement le lecteur en lui faisant croire tout et n'importe quoi, mais le piège est facile et pleinement consenti. J'ai apprécié suivre le mouvement, perdre mon équilibre et culbuter d'une idée à l'autre. Lorsque la brume se désépaissit et laisse filtrer un début de vérité, c'est encore plus flippant et excitant. 
Résultat, ce roman m'a beaucoup plu. Au départ je trouvais l'interprétation de Clémentine Domptail glaçante et mécanique, puis l'atmosphère générale a réussi à me convaincre que cela collait au personnage d'Abigaël. Constamment sur le fil du rasoir. Cela n'empêche pas non plus les émotions de se faufiler, on a le choix entre frissonner de dégoût et trembler de peur, se questionner sur la santé mentale de l'héroïne et éprouver aussi de la compassion. Entre séquences fortes et instants dramatiques, la balance, en tout cas, est parfaite. Ce cru 2016 s'émancipe du duo Hennebelle & Sharko et offre sans aucun doute une bonne échappatoire à la routine ! 

Texte lu par Clémentine Domptail pour Audiolib (durée : 13h 14) - Octobre 2016
© California Dreamin', The Mamas and the Papas - Universal Music Division Barclay.
© 2016, Fleuve éditions, département d'Univers Poche


31/08/16

La Méthode du crocodile & La Collectionneuse de boules à neige, de Maurizio De Giovanni

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Cette série policière à la sauce napolitaine figure parmi mes découvertes de l'été ! J'ai ainsi enchaîné avec beaucoup d'enthousiasme les deux premiers tomes, le troisième - disponible chez Fleuve Éditions - est en cours de lecture.

Giuseppe Lojacono est un homme fini. Inspecteur de police suspecté de magouilles mafieuses, l'homme a perdu son poste, son rang social et sa famille. Sa femme n'a pas supporté l'humiliation publique et a demandé le divorce, le privant aussi de son droit de garde en lui refusant tout contact avec sa fille. Lojacono a pourtant clamé son innocence, mais a été broyé par une machine infernale. Il vit depuis dans une petite ville napolitaine, coincé dans un bureau des plaintes, et passe son temps à jouer sur l'ordinateur. Un soir de garde, seul au commissariat, il reçoit un coup de fil signalant le meurtre d'un adolescent, abattu devant chez lui. Malgré l'interdiction, il se rend aussitôt sur les lieux et a le temps de noter deux, trois indices importants, dont des mouchoirs en papier trempés de larmes. Laura Piras, le substitut du procureur, est impressionnée par l'individu et réclame sa présence pour diriger l'enquête. 

Celle-ci révèlera une histoire poignante et dégoulinante de désespoir. Sans connaître son identité, on suit le tueur traquant ses victimes, patientant des heures durant et versant inévitablement des larmes de crocodile, d'où son pseudonyme. La lecture dévoile ainsi une personnalité troublante et attachante d'un criminel en quête de vengeance qu'il aura élaborée de longue haleine. L'atmosphère qui règne dans ce livre est donc pesante, mais son format court et son découpage bien ficelé rendent la lecture captivante. Impossible à lâcher.

Dans La Collectionneuse de boules à neige, l'inspecteur Lojacono obtient une promotion inespérée en intégrant la nouvelle équipe du commissariat Pizzofalcone, pourtant entaché par un scandale de corruption. Il rejoint ainsi une brochette d'outsiders, tous recrutés par le commissaire Gigi Palma, qui mise sur ces flics fêlés et meurtris pour réhabiliter le bureau menacé de fermeture. Entre rapidement en scène une affaire de meurtre, l'épouse d'un notable a été découverte assassinée dans son salon, le crâne fracassé par une boule à neige. Pour l'occasion, Lojacono retrouve la belle Laura Piras, qui en pince secrètement pour lui, mais n'oublie pas non plus ses rendez-vous quotidiens à la trattoria de Letizia, elle aussi entichée de notre policier au charme ténébreux. C'est en compagnie du jeune Marco Aragona qu'il va mener son enquête, passant au crible la vie du couple.  

L'intrigue criminelle est du genre ordinaire, mais laisse longtemps planer le doute quant à son dénouement. Il reste à la lecture une mise en place pertinente de ses nouveaux personnages, outre l'inspecteur Lojacono, le casting s'enrichit de personnalités insolites, calfeutrées dans ses secrets et ses non-dits, qui ouvrent ainsi le champ des possibles en promettant de nombreuses ramifications à la série. C'est frais, c'est moderne, ça ne piétine pas des heures et ça se renouvelle sans cesse. La dimension humaine est également très présente, ce qui assure du drame, de la sensibilité, de la vie, de l'humour, mais aussi de l'évasion et simplement de la distraction. Une série convaincante !  

Traduit de l'italien par Jean-Luc Defromont pour Fleuve Editions

Repris chez 10x18 en juin 2014 & avril 2016

La Méthode du crocodile  La collectionneuse de boules à neige  Et l’obscurité fut

Le Camp, de Christophe Nicolas

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Cyril vient prêter main forte à son amie Flora qui emménage dans la maison de sa grand-mère dans un petit village du Languedoc. Marie, sa fiancée, doit les rejoindre le lendemain... sauf qu'au moment où elle débarque sur le quai de la gare, personne ne l'attend. Le boulanger itinérant accepte de la prendre en stop et c'est ensemble qu'ils découvrent un village mort, vidé de toute sa population. Que s'est-il passé ? Le lecteur, lui, le sait. Car au cours de la nuit, Cyril, Flora et tous les habitants de La Draille ont été déportés malgré eux dans un bunker, où ils se sont réveillés héberlués et dévastés par ce kidnapping. On imagine tout ce petit monde cloîtré dans un espace exigu, dans l'ignorance totale du pourquoi, du comment, et du après. Aussi, les nerfs sont à vif, les esprits s'échauffent, même s'il devient urgent d'imposer le calme pour comprendre au mieux leur situation et espérer y survivre sans trop de dégâts.

Ce roman est tout simplement incroyable ! On plonge littéralement dans une ambiance unique, sombre, inquiétante et très pesante. Une vraie réussite. On découvre ensuite une histoire qui dépasse l'entendement, mais qui est rondement menée et nous entraîne dans une spirale infernale, où se mêlent action, angoisse, suspense, événements proches du paranormal et aussi du thriller. Excitation garantie. Seul le dénouement pêche à nous embarquer totalement, eu égard à la tension psychologique qui n'a jamais faibli, la solution proposée apparaît tarabiscotée et quelque peu poussive. Mais ceci ne ménage nullement mon enthousiasme général. Une lecture que je recommande ! 

Fleuve Éditions / Coll. Outre Fleuve, Mars 2016

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02/08/16

Aimer trois fois par jour, de Fausto Brizzi

AIMER TROIS FOIS PAR JOUR

Diego Anastasi est au bout du rouleau. Quadragénaire divorcé, père de deux enfants, il sent la lassitude le gagner au boulot, dans son quotidien ou pendant les fêtes de Noël, qu'il passe seul dans son coin, à regarder Mary Poppins avec son chien.
Diego tente d'alerter ses proches qu'il va mal, mais chacun est pris dans sa propre routine et traite ses complaintes à la légère. Après une tentative de suicide loupée, il se rend donc chez un thérapeute à tête de castor et déballe son sac en soutenant mordicus qu'il souffre de dépression.
Et puis, un jour, il découvre en chemin un bar créé par un policier à la retraite, qui propose aux plus désœuvrés un brin de causette autour d'une tasse de thé. Diego s'y installe et comprend que son destin est en marche !
Il goûte alors à une thérapie d'un genre nouveau, discuter, boire du thé, cuisiner, dresser des listes, prendre conscience du bonheur à apporter aux autres, se donner des objectifs, partir en mission.
Avec l'aide de ses deux nouveaux amis, Giannandrea et Massimiliano, Diego veut rendre ses proches heureux : que ses meilleurs amis se remettent en couple, que son fils sorte de sa bulle, que son ami d'enfance exploite sa fibre artistique, que son ex-femme lui pardonne, que son amie de cœur trouve enfin l'âme sœur... 
Il va ainsi se lancer dans des plans pas possibles, qui vont souvent donner lieu à des situations cocasses, farfelues et improbables, lesquelles vont naturellement apporter une couleur savoureuse à l'histoire ! 
Car il fallait oser se lancer dans un roman sur la dépression, sans craindre de sombrer dans le désespoir. Fausto Brizzi a contourné les pièges en concoctant une lecture généreuse et débordante d'espoir. Il y a du vrai à ce sujet, du touchant, du concret, de l'émotion et des questions, mais surtout il y a de l'humour, de la dérision, du revival et de la culture pop.
J'y ai trouvé ma dose homéopathique pour me sentir guillerette ! À prescrire sans retenue, à déguster sans modération. ♥

Traduit de l'italien par Jean-Luc Defromont (Se mi vuoi bene) pour Fleuve éditions, mai 2016

 

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19/05/16

Tant qu'on rêve encore, de Chris Killen

TANT QU’ON RÊVE ENCORE

Automne 2004. Lauren plaque son copain Paul et file sur un coup de tête au Canada. De cette rupture, le garçon en a conservé une profonde amertume et a publié un roman au succès d'estime. Dix ans plus tard, Paul enseigne un atelier d'écriture à l'université, vit avec Carole et flirte en ligne avec une étudiante. Il n'a pas rebondi après avoir cueilli les lauriers en librairie et souffre vulgairement du syndrome de la page blanche. Rien ne va plus dans sa vie. Il sent une grosseur dans sa bouche et s'imagine être à l'article de la mort. Il ment à sa compagne et hésite à la quitter mais accepte de lui faire un enfant. Le goujat dans toute sa splendeur. De son côté, Lauren est rentrée au pays et tente de faire carrière sans grande motivation. Elle n'a jamais revu Paul mais songe souvent à son ami Ian dont elle avait reçu quelques nouvelles lors de son escapade canadienne, avant qu'il ne s'évapore dans la nature sans la moindre explication. En fait, Ian est également au creux de la vague, obligé de partager l'appartement de sa sœur, sans un sou en poche. Il n'a aucune ambition, après avoir longtemps espéré percer dans la musique, et vivote dans un centre d'appel où il doit arnaquer, non sans scrupule, des petits vieux. Au vu de cette délicieuse couverture - clin d'œil à une scène particulièrement cocasse - j'avais naïvement l'espoir que l'histoire s'élève au rang de comédie sarcastique (façon David Nicholls ou Danny Wallace) et se charge de secouer ses protagonistes neurasthéniques pour les emmener dans une aventure plus transcendante. Au lieu de ça, elle se contente de nous servir trois portraits de trentenaires désabusés sans susciter la moindre émotion ou éveiller une étincelle de désir. Bouh. Quelle désillusion. Si le début a réussi à me convaincre et m'encourager à poursuivre, j'ai trouvé la deuxième partie décadente, pour ne pas dire triste et déprimante, malgré une fin pleine de charme et de douceur, survenant hélas trop tardivement pour raviver la flamme. Ce roman a contrarié mes attentes et m'a raconté une histoire qui démontre que la vraie vie est plus forte que les rêves, ignorant ainsi que c'était une vision en totale inadéquation avec mes aspirations. Soupir.  

Fleuve éditions, avril 2016 - Traduit par Amélie de Maupeou (In Real Life)

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05/04/16

Quelqu'un pour qui trembler, de Gilles Legardinier

Quelqu'un pour qui trembler

Après de brillantes études de médecine, Thomas a parcouru le monde pendant vingt ans pour venir en aide aux plus démunis. C'est aussi en Inde qu'il apprend par hasard l'existence de sa fille, Emma. Cette nouvelle le bouleverse et l'incite à tout quitter pour la retrouver. Mais il ne débarque pas dans sa vie pour la chambouler, au contraire il va se montrer prévenant de loin. Pendant des jours et des semaines il va se contenter de l'observer, de connaître sa vie, de rattraper le temps perdu en achetant tous ses vieux jouets en vide-grenier (quelle scène mémorable !) ou de lui apporter ce coup de pouce providentiel pour lui faciliter l'existence (son petit copain cherche un studio cossu et bon marché, Thomas va donc poser des annonces partout en ville pour l'attirer dans ses filets). Car Thomas est rentré en France pour rétablir un lien, même invisible, avec son enfant. Depuis qu'il a connaissance de son existence, il se sent submergé par ses émotions et ses sentiments de père tout neuf. C'est touchant, parfois maladroit. Et ça titille juste ce qu'il faut la délicate question des liens filiaux, ou comment trouver sa place dans une relation qui s'est construite ailleurs, et sans lui ? Comment définir une famille ? Pourquoi notre monde, soudain, vacille en devenant un parent ? En attendant, Thomas a accepté un poste de directeur d'une maison de retraite hors du commun. Ses nouveaux patients sont une brochette de papis et mamies tous plus exubérants les uns que les autres, follement attachants et prompts à satisfaire les lubies du patron pour repousser l'assistante sociale, sauver le gardien d'une usine abandonnée ou jouer les entremetteurs pour consoler les cœurs brisés. C'est une joyeuse fourmilière, qui ne connaît pas les coups durs et qui se serre les coudes en toutes circonstances.

Quelle bouffée d'air frais ! L'histoire est franchement jubilatoire à lire. C'est simple, drôle, bienfaisant. On ne s'ennuie pas une seconde. Si seulement la vie pouvait ressembler à un roman de Gilles Legardinier, le monde serait certainement plus doux, plus tendre, plus réconfortant, l'humanité plus grande et plus belle ! C'est pourquoi je prescris à hautes doses la lecture de ses romans, qui possèdent tous un petit goût de revenez-y. J'apprécie aussi leur caractère simple et bienveillant, qui rend si savoureux et enchanteur leur découverte. Je ne m'en lasse pas. ♥

Fleuve éditions, Octobre 2015 ♦ Texte lu par Fabien Briche pour Audiolib (Février 2016) - durée : 11h 23

Quelqu'un pour qui trembler, de Gilles Legardinier, un livre audio, lu par Fabien Briche

31/07/15

Ça peut pas rater ! de Gilles Legardinier

CA PEUT PAS RATER

Humiliée par son petit copain, qui la largue après dix ans de vie commune, Marie décrète qu'elle en a assez des hommes et entend se passer d'eux... Mais voilà qu'elle reçoit la lettre d'un admirateur secret, qui la rend toute guillerette ! Qui, parmi son entourage, se languit d'elle en soupirant ? À peine le temps de dresser une liste de potentiels qu'elle s'embarque dans de folles péripéties !

D'abord, sauver la boîte où elle travaille, contre le plan de redressement préparé en douce par le patron. Puis, rendre la pareille à son ex goujat, qui exhibe sa nouvelle conquête sous son nez, et préparer avec gourmandise le sabotage de sa soirée déguisée. (Quel grand moment !) Jouer l'entremetteuse pour sa meilleure amie, et échafauder des ruses pour démasquer sa groupie de l'ombre, au risque de se ridiculiser.

Jackpot gagnant avec cette lecture enjouée et délirante, qui parvient à alterner les séquences cocasses, sensibles et vraies sans jamais dramatiser, et en assumant pleinement son goût pour la dérision ! J'adore. C'est très, très drôle, avec un portrait de femme, blessée et malheureuse, mais à l'énergie débordante. On ne peut que s'attacher à Marie, à travers laquelle on se reconnaît insidieusement dans son désir de repli de la scène amoureuse, sa profonde amertume et sa confiance bafouée.

Le roman fait aussi montre d'une certaine lucidité concernant la vie de couple, pas toujours parfaite, et de l'antagonisme entre les hommes et les femmes, même si cela reste la plus vieille valse du monde ! On peste, on râle mais on y revient sans cesse. Bref, j'ai été transportée à l'écoute de Clémentine Domptail, qui a su offrir une lecture agréable et pétillante. Ce sont 10 h 30 passées en un clin d'œil, pour un rendez-vous toujours très apprécié avec cet auteur. G. Legardinier conforte l'idée que toute prescription littéraire devrait être obligatoire contre le blues !

Audiolib / Juillet 2015 ♦ Texte lu par Clémentine Domptail (durée : 10h 30) ♦ Fleuve Noir, 2014

12/06/15

L'Histoire épatante de M. Fikry & Autres trésors, de Gabrielle Zevin

L'histoire épatante de M  heart-by-heart

A.J. Fikry, libraire sur l'île d'Alice, veuf inconsolable depuis deux ans, n'a pas un caractère facile et refuse tout compromis, aussi bien avec ses clients qu'avec ses lectures. Lorsqu'il rencontre pour la première fois Amelia Loman, représentante pour une maison d'édition, il se montre tout aussi odieux et intraitable, avant de noyer son désarroi dans l'alcool le soir venu. À son réveil, sa vie va basculer, suite au vol d'un livre de grande valeur, et la découverte d'un bébé abandonné dans sa boutique, notre bonhomme acariâtre va alors se métamorphoser en une crème onctueuse et délicate !

Amoureux des livres et des belles histoires, cette lecture est pour vous ! Vous ne manquerez pas de vous attacher à l'histoire d'un homme au cœur brisé qui pensait se terrer dans sa librairie pour oublier son chagrin et se protéger de l'extérieur, mais une petite Maya va jaillir de nulle part et devenir le soleil de sa vie. Après tout, « la vie est plus belle lorsqu'elle s'écrit à plusieurs ». 

On se fond alors dans le paysage parmi cette communauté insulaire, légèrement exubérante, qui fait bloc autour de notre A.J. Fikry : son pote flic, qui ne lisait que des bouquins de J. Deaver avant de se lancer dans un club de lecture, sa belle-sœur qui adore le théâtre et supporte un mari volage, auteur d'un roman à succès, mais qui peine à se renouveler. L'ensemble est joyeux, drôle, enlevé, bariolé et attachant, avec des anecdotes croquignolettes et désopilantes, comme la venue sur l'île de l'écrivain fétiche d'Amelia... qui va virer au fiasco.

C'est tout simple, idéaliste mais adorable à lire. Cela vous parle aussi de livres et de l'amour des livres, pourquoi nous aimons lire et pourquoi nous aimons tout court. C'est sans prétention, si ce n'est de vous offrir quelques heures de lecture distrayante et bienfaisante. Un grand MIAM de bonheur !

Fleuve Noir / avril 2015 ♦ traduit par Aurore Guitry (The Storied Life of A.J. Fikry)

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20/05/15

Et je danse, aussi de Jean-Claude Mourlevat & Anne-Laure Bondoux

« J'aime bien votre image des poussins perdus, et nous en avons une pleine basse-cour, j'ai l'impression ! Par habitude professionnelle, vous semblez vous le reprocher. Vous avez tort. Laissez l'ordre et la cohérence chronologique. La vraie vie est foutraque, ce n'est pas à vous que je vais l'apprendre. Continuez de me raconter ce qui vous passe par la tête, j'adore ça ! »

Et je danse, aussi

Quelle lecture lumineuse ! De suite, elle vous transporte dans un tourbillon de lettres, ponctuées de charme et d'humour, toutes plus savoureuses les unes que les autres, si bien qu'on ne s'arrête plus, une fois ouvert ce livre, on ne le referme plus avant la dernière page.

J'ai adoré cette rencontre entre un romancier à succès en manque d'inspiration et une jeune femme “grande, brune et grosse” qui souhaite partager avec lui ses secrets, sa folie, sa tendresse. C'est magique ! On se laisse emporter par le flot des mots qui coulent depuis la Drôme jusqu'à la Sarthe, et vice versa, mais le résultat est là : on sourit énormément et on suit le fil de cette amitié exceptionnelle, en l'enviant secrètement.

Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat ont accompli un petit miracle avec ce roman simple, généreux, attachant et merveilleux. Ce sont 280 pages de rires et de larmes. 280 pages d'une histoire où s'emmêlent la famille, les amis, les rencontres amoureuses, la trahison et les cœurs brisés, la perte des illusions et le chagrin incommensurable. L'euphorie du début fera peu à peu place à une note plus grave, sans plomber l'ambiance générale, laquelle finira par retrouver ses flonflons et ses confettis avec la même insouciance. C'est juste fabuleux et entraînant !

♪♫ Ce livre va vous donner envie de chanter, d'écrire des mails à vos amis, de boire du schnaps et des tisanes, de faire le ménage dans votre vie, de croire aux fantômes, de courir après des poussins perdus, de pédaler en bord de mer ou de creuser une piscine. Ce livre va vous donner envie d'aimer. Et de danser, aussi ! ♫♪

Fleuve Noir ♦ mars 2015

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14/02/15

Et soudain tout change, de Gilles Legardinier

Et soudain tout change Audiolib

« J'aime être au milieu de mes amis. J'aime l'idée d'avoir rendez-vous avec eux, d'avoir des choses à faire ensemble. Je les considère comme ma deuxième famille. Je ne sais pas s'ils éprouvent le même sentiment parce que  personne ne parle de ces choses-là, mais moi je sais que je les aime, et que c'est d'abord pour les retrouver que je suis heureuse de partir en cours chaque matin. »

Audiolib, janvier 2015 ♦ texte intégral lu par Séverine Cayron (durée : 10 heures)

J'ai relu ce roman par le biais du livre audio et j'ai de nouveau succombé à son charme, sa tendresse et sa douceur. Cette histoire parle d'une bande de copains de 17 ans, en dernière année au lycée, à quelques mois de l'épreuve du Bac. On les suit à travers une année riche en émotion, dont l'innocence fragile va pourtant être mise à mal. C'est une histoire triste (j'avais oublié la petite phrase anodine qui a ouvert les vannes) mais avant tout galvanisante et drôle. Elle vous insuffle aussi une bonne dose de nostalgie, ou comment se rappeler ses années de lycée avec ses rêves, ses espoirs et ses angoisses.

G. Legardinier a réussi encore une fois une immersion totale et troublante dans cette fontaine de jouvence (on ne va certainement pas s'en plaindre !). L'espace de quelques instants - 10 heures de lecture pour Audiolib - on devient la jolie Camille qui « observe ce qui se déroule avec une acuité rare » et on partage sa vie, ses délires, sa bande de potes, son amitié fusionnelle avec Léa, on aime Axel, on craque pour Léo et Tibor, on se déguise pour Manon, on écoute les cours de M. Rossi et ses élucubrations sur Akshan Palany (un économiste indien qui n'a pas livré tous ses secrets)...

Bref, une lecture qui nous cajole et nous fait du bien.

On retrouve Séverine Cayron pour une lecture tout aussi agréable et apaisante, qui nous fait passer du rire aux larmes avec une facilité déconcertante (et on oublie cette cruche d'Ana Steele qu'elle a incarné par la voix, en lui reconnaissant un réel talent quand on songe aux singeries à débiter sous la dictée...). Je préfère de loin l'univers candide et Bisounours de G. Legardinier ! 

♦ en format papier chez Fleuve Noir & Pocket ♦

 

Pour la Saint-Valentin, Audiolib vous parle d’amour …

Jukebox Amour

Que vous soyez en couple ou non, c’est la période idéale pour parler d’amour et réfléchir à nos relations passées, présentes et futures.

Le nouveau Jukebox de l’amour est une façon originale et vintage de découvrir des extraits de livres audio sur le thème de la Saint Valentin. L’amour, on le sait, peut prendre de nombreuses formes : passionnel, possessif, soumis, « vache », impossible, à sens unique …

Découvrez ainsi Bridget Jones nous parler d’un homme à la plastique parfaite, une déclaration d’amour surprenante dans « Billie », la description d’un amour passionnel dans « Cœur de Cristal » ou encore Edouard Baer nous parler baisers.

>> http://www.audiolib.fr/saint-valentin/jukebox.html

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