12/10/15

Diable Rouge, de Joe R. Lansdale

Diable rouge

Rarement il m'a été permis de lire un thriller où le fun et l'action se taillent tous deux une part de lion ! Et pour cause. Hap Collins et Leonard Pine sont copains comme cochons et bossent ensemble comme «agents opérationnels» pour un détective privé (ils jouent en fait les gros bras pour Marvin Hanson et castagnent les voleurs de petite retraite en leur faisant regretter amèrement d'avoir vu le jour). Nos deux compères ont déjà pas mal roulé leur bosse et accusent de gros coups durs, qu'ils surmontent en se serrant les coudes et au gré du vent qui souffle. Leur duo détonant n'est ainsi jamais avare de répliques franchouillardes, qui claquent et qui pètent. De quoi séduire illico presto. Du moins, j'ai accroché à leur humour, complètement loufoque, et à leurs pérégrinations tout aussi azimutées.

Dans cette nouvelle affaire, ils reçoivent la visite d'une vieille dame désireuse de connaître les causes de la mort de son fils, désormais une affaire classée par la police. Nos loustics remarquent en indice sur les photos une tête de diable rouge peinte sur un arbre. Alors qu'ils commencent à fouiller le passé des victimes, de nouvelles pistes apparaissent, mêlant culte satanique, vampire, vengeance et meurtres en série. Cela chauffe de nouveau pour nos amis texans, qui vont se mouiller jusqu'au cou, sombrer dans une dépression nerveuse, se coltiner des retrouvailles mouvementées avec un saligaud de seconde zone et renouer avec une autre connaissance, du genre sexy et déjantée. Pour moi qui ne connaissais pas encore cette série, cette première rencontre aura été une franche réussite ! L'enquête criminelle ne relève pas de la torture des méninges, mais l'ambiance dur à cuire et la gouaille des deux zouaves font de cette lecture une bousculade extra et décoiffante. 

Folio policier / Thriller ♦ Août 2015

« Avant de partir, Leonard récupéra quelque chose dans sa voiture, puis il se glissa à la place du mort à côté de moi. Il posa son truc sur le siège entre nous, ôta son imperméable et le jeta sur la banquette arrière avec le mien. Puis il posa son machin sur sa tête.
- Bon sang, c'est quoi, ça ? demandai-je.
- C'est un tapabord.
- Un tapabord ?
- Tu sais bien, la casquette de chasse de Sherlock Holmes, dans les films.
- Oui, je sais, mais qu'est-ce que tu fous avec ça ?
- Je le porte.
- Et moi, je dois me coiffer d'un chapeau melon, me balader avec un parapluie et me faire appeler Watson ?
- Tu ferais ça ? »


18/06/15

Réparer les vivants, de Maylis de Kerangal

Réparer les vivants

« Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d'autres provinces, ils filaient vers d'autres corps. Que subsistera-t-il, dans cet éclatement, de l'unité de son fils ? Comment raccorder sa mémoire singulière à ce corps diffracté ? Qu'en sera-t-il de sa présence, de son reflet sur Terre, de son fantôme ? Ces questions tournoient autour d'elle comme des cerceaux bouillants puis le visage de Simon se forme devant ses yeux, intact et unique. Il est irréductible, c'est lui. Elle ressent un calme profond. »

J'étais curieuse de lire ce livre, plus pour la notoriété de l'auteur, dont j'apprécie beaucoup la couleur littéraire, mais le sujet ne m’attirait pas plus que cela. Certes, M. de Kerangal aborde un sujet essentiel (le don d'organes) mais ne fait preuve d'aucun sentimentalisme en martelant son texte d'un ton réaliste, dur et implacable, assez perturbant.

On suit Simon avant son accident, puis on se retrouve à l'hôpital, au service Réa, avec l'équipe médicale, et enfin la famille abasourdie et sonnée par la nouvelle. Pour le coup, on se croit littéralement dans un film, la caméra est en mouvement perpétuel, elle zoome sur un plan, puis alterne les séquences, jongle avec les flashbacks ou s'évade vers d'autres horizons. Cette mise en scène stylée participe beaucoup au “spectaculaire” du livre, dont l'intensité dramatique est prégnante du début à la fin. Qu'on ne s'y trompe pas non plus, ce n'est jamais racoleur, jamais larmoyant, même si le contexte est éprouvant et vous retourne les tripes.

Malgré quelques longueurs et digressions plutôt décevantes, j'ai finalement tourné la dernière page en restant sans voix. Prise dans un tourbillon d'émotions, entre la tristesse, la conviction d'avoir fait le bon choix et la peur de n'avoir jamais à subir ça. La lecture est saisissante, tout en puissance et en subtilité.

Folio / avril 2015

Lu par l'auteur @ Écoutez Lire (durée :  7h 20)

Réparer les vivants CD

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01/06/15

En poche ! # 46

Encore une pleine récolte de nouveautés, ça sent bon les vacances ! 

♦♦♦♦♦♦

  

NUIT DE NOCES A IKONOS   De si jolies ruines, de Jess Walter   En cas de forte chaleur

Nuit de noces à Ikonos, de Sophie Kinsella

De si jolies ruines, de Jess Walter

En cas de forte chaleur, de Maggie O'Farrell

 

Passé imparfait   Ces lieux sont morts   Des enfants trop parfaits, de Peter James

Passé imparfait, de Julian Fellowes 

Ces lieux sont morts, de Patrick Graham

Des enfants trop parfaits, de Peter James  [LU]

 

La Ballade d'Hester Day de Mercedes Helnwein   C'est elle   Des vies en mieux

La Ballade d'Hester Day, de Mercedes Helnwein

C'est elle, de Danny Wallace  [LU]

Des vies en mieux, d'Anna Gavalda

 

LE BONHEUR CÔTÉ PILE   LES ARBRES VOYAGENT LA NUIT   L’ÉVEIL DE MADEMOISELLE PRIM

Le bonheur côté pile, de Seré Prince Halverson

Les Arbres voyagent la nuit, d'Aude Le Corff   

L'éveil de Mademoiselle Primde Natalia Sanmartin Fenollera

 

Le Testament des abeilles   LUMINEUSES   La Faute

Le testament des abeilles, de Natacha Calestreme

Les Lumineuses, de Lauren Beukes

 La Faute, de Paula Daly

 

Portrait d'une femme sous influence   L'invité du soi   Une Lettre de vous

Portrait d'une femme sous influence, de Louise Doughty 

L'invité du soir, de Fiona McFarlane   

Une lettre de vous, de Jessica Brockmole

 

Les brumes de l'apparence   Défense de tuer

Les brumes de l'apparence, de Frédérique Deghelt

Défense de tuer (Une enquête de l'inspecteur-chef Armand Gamache) de Louise Penny

 

La blouse roumaine   Expo 58

La blouse roumaine, de Catherine Cusset

Expo 58, de Jonathan Coe  [LU]

 

Amis et RIEN de plus

Amis et rien de plus, de Kristan Higgins

 

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18/04/15

En poche ! # 43

Nouvelle sélection des dernières nouveautés en format poche...

♦♦♦♦♦♦

 

creme anglaise   Fiançailles, de Chloe Hooper

Crème anglaise, de Kate Clanchy

Fiançailles, de Chloe Hooper

 

Entre les jours   LES MENSONGES

Entre les jours, d'Andrew Porter

Les mensonges, de Karen Perry

 

LA VIE ÉPICÉE DE CHARLOTTE LAVIGNE

La vie épicée de Charlotte Lavigne (tome 3) de Nathalie Roy

 

Sagan 1954   Je ne renie rien

Sagan 1954, d'Anne Berest

Je ne renie rien, de Françoise Sagan

 

SOUS LA TERRE   Faillir être flingué

Sous la terre, de Courtney Collins

 Faillir être flingué, de Céline Minard

 

Black-out

Black-out, de John Lawton ♦ INÉDIT ♦

 

Irrésistible alchimie   Etiquette et espionnage

Irrésistible alchimie, de Simone Elkeles

Étiquette et espionnage (Le Pensionnat de Mlle Géraldine #1), de Gail Carriger

 

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25/03/15

La Garçonnière, d'Hélène Grémillon

La garçonnière

Le psychiatre Vittorio Puig est accusé du meurtre de sa femme (la belle Lisandra a été retrouvée morte défenestrée, au pied de son immeuble). Eva Maria, une de ses patientes, cherche à le disculper en menant sa propre enquête. Pour cela, elle doit fouiller le passé de la victime, mais aussi écouter toutes les séances de psy enregistrées sur cassette, à l'insu des patients. Or, ses découvertes vont mettre à mal ses convictions et réveiller ses vieux démons.

L'histoire réserve de nombreux tours de passe-passe où se mêlent des hommes et des femmes aux parcours traumatisants. Nous sommes à Buenos Aires, en 1987. Le pays se sent encore lourd des séquelles laissées par la dictature militaire, les familles pleurent leurs disparus, bourreaux et victimes n'ont pas tourné la page. Ce livre est un trou béant de détresse, que vivent des mères et des épouses, mais pas seulement. C'est assez tendu comme ambiance.

Et l'auteur de jongler entre cet héritage historique et le mystère de Lisandra, supputant les théories les plus folles. Héroïne tragique ou maîtresse de son sort ? L'histoire ne dit pas tout et cultive les zones d'ombre à la façon d'un polar. Suspense à foison, pistes multiples et compliquées, embrouillamini de versions pour une seule et même vérité (et encore ?). On gobe tout. J'émets, toutefois, une petite réserve sur la révélation finale, assez perturbante et plutôt mal venue... mais cela n'altère pas mon enthousiasme général.

Cette lecture bénéficie aussi d'une interprétation talentueuse grâce à un casting exceptionnel (Elsa Lepoivre, Danièle Lebrun, Jennifer Decker, Thierry Hancisse, Michel Favory et Thierry Frémont). C'est comme voir une pièce de théâtre se jouer sous notre nez, pour une exécution enlevée et parfaitement maîtrisée, qui pousse l'auditeur à zigzaguer entre soupçons et mensonges, traquant le moindre indice, en vain. Une lecture brillante et captivante !

Gallimard, coll. Écoutez Lire, janvier 2015 ♦ Lu par Elsa Lepoivre, Danièle Lebrun, Jennifer Decker, Thierry Hancisse, Michel Favory et Thierry Frémont (durée d'écoute : 7 h 30)


23/03/15

En poche ! # 39

Actualité florissante pour 2 auteurs que j'affectionne, Nathacha Appanah (En attendant demain, chez Gallimard) et Kazuo Ishiguro (Le Géant enfoui, aux éditions des Deux Terres). Pour l'occasion, Folio réédite 2 titres ... entre plaisir et découverte. ☺

 

Blue Bay Palace

Blue Bay Palace, de Nathacha Appanah 

Folio, rééd. 2015

Première parution en 2004

 

« Je me suis redressée brusquement et une goutte de sueur s'est échappée derrière mon oreille. Elle a suivi un moment la ligne de ma mâchoire, a glissé le long de mon cou pour trouver son chemin entre mes seins. Aujourd'hui encore, je la sens, cette trace première qui m'a marquée jusqu'au creux de mon ventre. Je regardais en silence ce garçon qui se tenait devant moi et tout ce que je sentais, c'était cette goutte de sel qui me caressait l'oreille, la mâchoire, le cou, la peau tendue entre les seins pour mourir dans mon nombril. J'ai eu l'impression stupide et pourtant si agréable que c'était son doigt qui descendait lentement, lentement... » 

Maya, une jeune beauté de dix-neuf ans, vit à Blue Bay où elle travaille au Palace, qui accueille les touristes fortunés. Folle amoureuse de Dave, patron du restaurant, elle découvre sa trahison en apprenant ses fiançailles dans le journal local. Dès lors, la jeune fille blessée décide de se venger en prenant pour cible “l'autre” qui a brisé son bonheur.

Cette spirale de la folie amoureuse est rapportée de façon étonnante, avec des termes lumineux et enflammés, qui entrent en symbiose avec le décor paradisiaque. Et pourtant, la réalité décrit une violence passionnelle, vouée à la tragédie, et les clivages sociaux de cette île qui ne vit que du tourisme. Quel contraste ! L'effet est saisissant, mais c'est magnifique et bouleversant. 

 

 

Auprès de moi toujours

Auprès de moi toujours, de Kazuo Ishiguro

Trad. de l'anglais par Anne Rabinovitch

Folio, Nouvelle édition 2015

 

Kath, Ruth et Tommy ont été élèves à Hailsham dans les années 90, une école idyllique, nichée dans la campagne anglaise, où les enfants étaient protégés du monde extérieur et élevés dans l'idée qu'ils étaient des êtres à part. Bien des années plus tard, Kath raconte cette enfance, en apparence heureuse, qui n'a jamais cessé de les hanter, au point de corrompre leurs vies d'adultes. 

La force de ce beau roman réside dans son charme mystérieux et romantique, alors que l'on découvre son histoire avec autant d'impatience que de curiosité. Personnellement j'ai à la fois été envoûtée, intriguée et décontenancée par les révélations distillées au compte-goutte. J'ai beaucoup aimé.

C'est une lecture sensible, d'une grande délicatesse, pudique et instinctive, servie par une plume classieuse et élégante (ah, Kazuo Ishiguro !...). À aborder avec la même minutie dont fait preuve l'auteur, sans attente particulière. 

 

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14/03/15

Une femme à Berlin: Journal 20 avril-22 juin 1945

Une femme à Berlin Journal

En avril 45, la guerre tourne en défaveur des allemands. Les berlinois vivent dans la terreur de l'arrivée imminentes des « Igor ». L'auteur de ce journal est une jeune femme d'une trentaine d'années, qui squatte les logements de fortune, au gré des bombardements, avant de s'abriter dans une cave, avec d'autres désespérés. Plus que la peur, la faim aussi les tenaille et les pousse à piller tout et n'importe quoi, comme des bouteilles de vin français planquées dans les placards !

Puis arrivent en ville les premiers convois soviétiques, fouillant les décombres où se terrent les rescapés affolés, la tension devient vite insoutenable. Les femmes aux courbes appétissantes suscitent la convoitise, la narratrice, qui possède quelques notions de la langue, tente de s'interposer, avant de subir elle-même agression sur agression. Dès lors, les scènes ne vont cesser de se répéter : défilé de soldats, soirées arrosées, pitances, viols, honte incommensurable.

Cette banalisation de l'horreur fait froid dans le dos. Les berlinoises courbent l'échine, deviennent le défouloir des soviets enragés par des années de conflit. Elles paient pour les atrocités dont leur peuple est accusé. Leur corps devient aussi leur monnaie d'échange, pour manger et survivre. Cette vérité crue, déversée sans la moindre émotion, va heurter l'opinion publique lorsque le livre sera édité dans les années 50. Personne ne voulait plaindre les allemands, ni entendre la litanie de leurs souffrances.

Le temps va apaiser les esprits et c'est seulement dans les années 2000 qu'on accordera enfin à ce journal une valeur humaine à juste titre. (Les chiffres estiment entre 100,000 et 2 millions de femmes violées durant la période d'occupation par l'Armée Rouge.) Le témoignage est certes bouleversant, dur et oppressant. L'auteur ne fait pas dans la dentelle, se montre tantôt sarcastique, dépitée, malheureuse ou désespérée. Son récit rend compte d'un autre versant de l'horreur de la guerre et n'est pas prêt de s'effacer de votre mémoire après l'avoir lu.

Première parution en 2006 ♦ Trad. de l'allemand par Françoise Wuilmart (Ein Frau In Berlin) ♦ Présentation de Hans Magnus Enzensberger

En 2003, deux ans après la mort de l'auteur, son identité a été dévoilée - il s'agissait de Marta Hillers, elle était journaliste.

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13/06/14

Dans les rapides, de Maylis de Kerangal

« T'es rock, t'es pas rock. La vie rock. Ce n'est pas gravé sur les disques, ce n'est pas imprimé dans les livres. Une épithète consubstantielle, un attribut physique comme être blonde, nerveux, hypocondriaque, debout. Rock rock rock. Le mot est gros comme un poing et rond comme un caillou. Prononcé cent fois par jour, il ne s'use pas. Dehors le ciel bouillonne, léger, changeant quand les nuages pèsent lourd, des milliers de tonnes bombent l'horizon derrière les hautes tours, suspendus. Être rock. Être ce qu'on veut. Plutôt quelque chose de très concret. Demandez le programme ! »

Dans les rapides de Maylis de Kerangal

Le Havre, 1978. Lise, Marie et Nina ont 15 ans et s'ennuient. Un dimanche de pluie, elles font du stop et dans la R16 pistache « déboule une voix de fille, une voix de fille qui sonne comme une voix de fille justement, une voix qui chante vite, et fort, et vite et fort et vit »la voix de Debbie Harry, la chanteuse de Blondie. Debbie qui s'impose aux garçons de son groupe, Debbie qui va devenir leur modèle. Les filles courent acheter le disque, le passent en boucle. Et rêvent en grand (New York, la liberté, le rock, la vie, etc.). Avec son style syncopé, son écriture débraillée et sa gouaille de rockeuse, Maylis de Kerangal injecte à son histoire une nostalgie euphorisante. Elle y clame la passion d'une époque, l'esprit d'une jeunesse désenchantée mais exubérante, la volonté de croire en ses rêves et de suivre son étoile. En clair, cette lecture vous galvanise ! La musique est partout, pas seulement Blondie et son image rock et glamour, on découvre également Kate Bush (« la petite voix, le filet d'or, le bijou du pendentif sur la gorge du rossignol ») à travers son album The Kick Inside qui va bouleverser l'unité du groupe. C'est à lire avec le casque sur les oreilles, pour une rencontre lumineuse et électrisante ! 

♪♫ en poche ! ♫♪ Folio, juin 2014 ♦ 1ère publication aux éditions Naïve, janvier 2007

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08/03/14

Le Clan des Otori : Les Neiges de l'exil & La Clarté de la lune, par Lian Hearn

*** spoilers, spoilers, spoilers ***

Eh oui, j'ai enfin lu la suite ! ;o) Alors je fais un topo rapide.

Dans le 2ème tome, Takeo et Kaede sont séparés : lui a rejoint la Tribu pour renouer avec ses racines, sans grand enthousiasme non plus, il se sent davantage l'héritier spirituel de Shigeru du clan des Otori mais a conclu un pacte et doit désormais s'acquitter de sa part du contrat, la famille Kikuta va lui mener la vie impossible en représailles. De son côté, Kaede part retrouver sa famille dont elle avait été séparée depuis des années, des retrouvailles qui ne s'annoncent pas follement grisantes non plus, car de nouvelles alliances sont déjà mijotées dans l'ombre. Pour notre beauté éplorée d'avoir été séparée de son amant, les épreuves n'ont pas fini de jalonner son chemin. 

Surprise ! le troisième tome voit notre couple réuni ... et marié ! Ils ont bravé tous les interdits et excité la colère des uns et des autres. Sire Araï est sur le pied de guerre, il veut la tête de Takeo et déclare haut et fort le mariage nul et non avenu. Le garçon affiche ses ambitions et cherche à étendre son pouvoir, mais pour apporter la paix sur les Trois Pays. Il est guidé par une prophétie, « quatre victoires et une défaite », se sent galvanisé, même s'il garde au fond de lui l'annonce de sa mort « de la main de son fils ».

Et puis, rebelote, notre couple est séparé, déchiré, confronté à des événements douloureux. Kaede fait montre d'incohérence en se jetant dans la gueule du loup, Takeo est acculé, meurtri, résigné. Un piège diabolique se referme sur nos amants maudits, à ce stade, n'en doutez plus, on tourne les pages du livre à toute vitesse. Même les personnages secondaires nous interpellent, avec leurs propres drames, comme Shizuka, l'ancienne dame de compagnie de Kaede, ou Yuki, belle et rebelle, folle amoureuse de Takeo.

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Cette saga se boucle avec panache, la lecture n'aura eu de cesse d'être palpitante, avec de l'action, de l'amour, des drames, de la trahison, des destinées bouleversantes et bouleversées, des personnages multiples (heureusement, il existe un memento à la fin des livres pour se repérer, parfois les noms japonais nous embrouillent...).

Cette série est indiscutablement à la hauteur de toutes les louanges qui l'entourent. Elle permet de voyager, rêver, trembler, soupirer, c'est magique ! Je vais finalement lire les deux autres livres qui se sont greffés à la trilogie. Comme une envie de ne pas quitter cet univers trop tôt...

Folio, juillet 2004 (pour le tome 2) et octobre 2005 (pour le tome 3) - traduit par Philippe Giraudon pour les éditions Gallimard jeunesse

24/01/14

Le Clan des Otori, tome 1 : Le Silence du rossignol, par Lian Hearn

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J'avais entamé la série en 2008, mais j'avais négligé de la terminer. À force de remettre à plus tard, j'ai fatalement tout oublié des nœuds de l'intrigue, en plus des noms et des clans à retenir, des lieux, des enjeux, des drames, des trahisons. Bref, je n'avais plus d'autre choix que de m'y replonger et d'avaler cul-sec !

L'histoire : Tomasu vit dans les montagnes avec sa famille et échappe in extremis au massacre orchestré par les troupes de sire Iida, chef du clan des Tohan. C'est un voyageur solitaire, un certain Shigeru du clan des Otori, qui lui sauve la mise et l'embarque avec lui. Le garçon doit désormais s'appeler Takeo et devient le fils spirituel de Shigeru.

Ce dernier est contraint de sceller une alliance avec les Tohan - argh - en acceptant d'épouser la très belle Kaede, une héritière des pays de l'Ouest, retenue en otage par le seigneur ennemi. La jeune fille, porteuse d'une malédiction, est instrumentalisée pour fragiliser Shigeru et son clan, lequel semble déjà affaibli par des guerres internes qui font rage.

De toute manière, toute l'intrigue n'est qu'un vaste complot visant à éliminer les uns et les autres, à semer le chaos, à brouiller les cartes. Même le jeune Takeo devient un pion au centre de ce grand échiquier, lui dont les origines apparaissent sous un jour nouveau, faisant craindre les plus endurcis et distiller de la duplicité chez les plus fidèles.

Ce début de saga est absolument romanesque, bouleversant et palpitant ! J'ai été totalement emballée par cette épopée, au cœur d'un Japon médiéval flamboyant, avec ses traditions et ses légendes, mais surtout ses notions d'honneur souvent bafouées par la folie des hommes.

Folio, septembre 2003 - traduit par Philippe Giraudon pour les éditions Gallimard jeunesse

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