04/10/18

Les vrais amis de Melissa, de Kristen Tracy

les vrais amis de melissa

Melissa et son amie Candice ont été sélectionnées pour être les photographes de l'album du collège. Pour ces élèves de sixième, l'opportunité est trop belle pour mettre à l'honneur ceux ou celles qui n'en ont jamais l'occasion. Or, elles se confrontent très vite à la réalité : ce sont toujours les mêmes, toujours les plus populaires, qui ont les faveurs de la rédaction. Candice veut tout révolutionner et trouve en Leo un complice inespéré. Mais Melissa se sent trahie car elle ne supporte pas ce garçon et refuse de lui faire confiance. Ne comprenant plus son amie, Melissa tombe sous la coupe d'Anna, la responsable de l'album qui a décidé de n'inclure que ses amis branchés et les beaux athlètes. Elle a immédiatement senti que les deux copines ne partageaient plus les mêmes idées et se sert de son antipathie pour Leo pour mieux amadouer Melissa. Commence donc un vrai casse-tête pour l'adolecente, tiraillée entre sa loyauté envers ses principes et son amitié avec Candice, rongée par la jalousie, avec des idées confuses plein la tête, désirant soutenir des élèves au potentiel insoupçonné, sans perdre son statut de nouvelle favorite. Cruel dilemme. Cela peut paraître cruche à lire, de prime abord, mais le fond du problème demeure sincère et perspicace. Être ou ne pas populaire, soutenir ou pas ses amis, se déguiser pour plaire, rentrer dans le moule ou assumer sa différence... encore et toujours les mêmes questions. J'ai premièrement craint un roman trop superficiel, et bien évidemment très jeunesse, car Melissa est parfois immature (ok, elle a onze ans) mais j'ai peu à peu revu mon jugement en considérant l'histoire sans prétention, juste purement divertissante comme une série ou un film US (rien que le concept de l'album est très américain, mais nos ados imprégnés de culture pop en saisissent vite les aboutissements). Dernière chose, contrairement aux apparences, l'histoire n'est pas inachevée et l'auteur a bien écrit une suite (Project (Un)Popular #2)... Pour lecteurs dès 10 ans.

La Martinière J. (2018) - traduit par Frédérique Fraisse

 

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02/11/17

Keep me in mind, de Jaime Reed

Keep me in mindGravement blessée à la tête, après une chute accidentelle, Ellia se réveille sur un lit d'hôpital avec une amnésie antérograde. Elle n'a aucun souvenir des deux dernières années écoulées et s'imagine avoir toujours quatorze ans. Elle ignore donc qui Liam, pourtant présent à ses côtés au moment de son accident, et tombe des nues de savoir qu'il est son petit copain.
Or, c'est aussi en cachette de ses parents qu'elle peut le rencontrer - tôt le matin, lors de ses sessions de jogging, ou avec la complicité de sa meilleure amie Stacey. Liam est-il responsable de son état ? Que cache-t-il des événements de ce jour tragique ? Ils étaient ensemble, et puis... ?
Tout est encore embrouillé dans l'esprit de la jeune fille. Elle se sent larguée par les émotions qu'on lui demande de ressentir, et surtout dépassée par les facettes de sa personnalité qu'elle redécouvre au compte-gouttes. 
La Ellia de seize ans ne semble plus lui convenir. 
De son côté, Liam ne désespère pas de reconquérir le cœur de sa dulcinée. Il passe ses soirées à écrire le “roman de leur romance” et nourrit de folles espérances pour raviver la flamme endormie. 
Entre séduction, charme, doute et incompréhension, leur histoire tisse des liens fragiles et néanmoins tenaces. On sent de part et d'autre une volonte d'avancer et de démêler les nœuds d'une relation passionnelle qui aurait été rompue par inadvertance.
Du moins, Liam s'y accroche comme un beau diable. Il a face à lui une adolescente perturbée et en pleine renaissance, mais frustrée parce que son personnage lui échappe. Elle cherche aussi à combler les zones floues de son accident, de percer les relations conflictuelles avec ses parents, de (re)tomber amoureuse de son petit ami impatient et d'interroger tout court ses sentiments à son sujet.
C'est super attachant, tendre et intrigant à lire. On craque facilement pour Liam dans le rôle du bel intello qui a décroché le pompon en sortant avec la mythique Ellia Dawson et qui est toujours prêt à soulever des montagnes pour la retrouver. Ellia, qui apparaît indécise et distante, est avant tout attentive à ses propres besoins. Elle choisit ainsi de prendre du temps pour se soigner au lieu de se jeter dans les bras du garçon. Et là je dis bravo.
Voilà un roman qui interroge concrètement sur les liens amoureux, les rapports de force, la dépendance affective, les refuges palliatifs, la colère contenue et les histoires de famille désunie. Cependant, l'histoire nous sert également une belle sérénade sentimentale, avec des dialogues justes, des esprits brillants et des personnalités radieuses. 
Une lecture sensible et plus réfléchie qu'on imagine.

La Martinière J., 2017 - Trad. Frédérique Fraisse

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16/02/15

Le Pacte des Cœurs brisés, de Sarah Ockler

Le pacte des coeurs brisés

Jude est la petite dernière de la famille Hernandez et a décidé de passer son été auprès de son père malade (Alzheimer précoce). En constatant que les souvenirs de son épopée de jeune motard ravivent la petite flamme éteinte, Jude décide de contacter un mécano pour remettre la “bête” en état. Entre en scène Emilio Vargas, en débardeur, bandana, muscles bandants, front perlé de sueur, fossettes aux joues et sourire canaille. Caramba, les jambes de notre demoiselle flageolent.

Et pourtant, elle se doit de faire une croix sur ce spécimen alarmant de séduction. Entre les Vargas et les Hernandez, c'est une longue histoire de « cœurs brisés » avec serment de sang pour interdire les filles de fréquenter un mâle de cette famille maudite. Jude ne veut pas décevoir ses sœurs, ni rompre une parole sacrée. Tant pis si ce garçon lui fait battre le cœur et perdre la tête... elle doit se consacrer à son père, qui part en vrille et s'accroche du mieux qu'il peut à ses rares réminiscences.

L'histoire est incroyablement touchante et bouleversante, certifiée sans pathos. Ce qu'on nous raconte est juste une jolie chronique d'un été, le dernier de son enfance (Jude a 17 ans et part à l'université en septembre). Voir son père aussi démuni pèse lourd sur ses choix et sa façon de vivre ses quelques mois de liberté. Elle a coupé les ponts avec ses amis, tente de faire bonne figure auprès de ses aînées, cherche des solutions miraculeuses pour fuir l'inéluctable : le déclin du padre.

J'ai beaucoup aimé ce roman, écrit avec naturel, spontanéité, tendresse et espièglerie. La plume de Sarah Ockler fait des merveilles et communique une fraîcheur combinée à une vraie joie de vivre. Me suis régalée. La romance aussi met du baume au cœur, c'est mignon et attendrissant, avec un Emilio absolument craquant et irrésistible. C'est de la guimauve, sucrée et moelleuse. On en mangerait.

On trouve aussi une belle unité familiale, avec une fratrie de sœurs, autour du père malade et de la petite dernière qui rêve de s'émanciper mais tremble à l'idée de quitter le cocon douillet de l'enfance. C'est simple et attachant, de plus ce roman possède un charme fou. ♥

La Martinière J. , septembre 2014 ♦ traduit par Frédérique Fraisse (The Book of Broken Hearts)

20/03/14

Touch, par Jus Accardo

Deznee, 17 ans, vit seule avec son père, depuis la mort de sa mère. Un soir, elle tombe sur un garçon étrange, au détour d'une de ses balades nocturnes. Kale se révèle plus bizarre qu elle ne le pensait. Il évite tout contact avec Deznee, comme s'il craignait de la réduire en poussière au moindre frôlement... Lorsque le père de Deznee se retrouve nez-à-nez avec Kale et qu'il dégaine une arme, Deznee décide de fuir. 

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Le roman démarre en fanfare, avec action, suspense et sarcasme en un tour de main, avant d'enchaîner sur des révélations et autres rebondissements qui en laisseraient d'autres pantois. Un seul credo : encore et toujours plus ! Amis lecteurs, pas de temps mort au programme ! Par contre, ça tourbillonne à tous les étages, même l'héroïne semble agir sur l'instinct, sans réfléchir, quitte à faire n'importe quoi, avec n'importe qui. Résultat, on se sent vite essoufflé par tant d'excès, trop de rythme, aucun liant et très peu d'émotion ! À moins de considérer les interludes romantiques entre Deznee et Kale comme une bouffée d'air frais...

Kale a pour particularité de ne pas pouvoir toucher les autres, à moins de les réduire en cendres. C'est “son don”. Il a aussi toujours vécu dans un Centre et est totalement ignorant sur pas mal de choses (sexuelles, sensuelles, sentimentales, amoureuses, et tout le baratin !). Aussi, chacune de ses découvertes est un mélange d'éblouissement, de naïveté, d'enchantement et de possession maladive. C'est niais, mais plutôt bon enfant (comme son obsession avec la main de Dez). Adorable, oui, oui... 

En somme, j'ai trouvé cette lecture sympathique, avec sa bonne dose de stress et ses petites couches de miel trop sucré, mais hélas elle n'offre rien de nouveau non plus (me rappelle trop X-MenLa ligue des justiciers, ou aussi Insaisissable de Tahereh Mafi et la série Amnesia de J. Rush). J'aurais aimé l'apprécier à sa juste valeur, mais je suis un peu déçue par son manque d'originalité.

Albin Michel, coll. Wiz, mars 2014 - traduit par Frédérique Fraisse