31/03/17

Le somnambule, de Sebastian Fitzek

Le somnambuleLeo découvre un matin son épouse Nathalie en train de plier bagage et lui annoncer sans ménagement qu'elle le quitte. L'homme est ahuri, mais effrayé en réalisant qu'elle a été récemment agressée. Refusant tout dialogue, Nathalie sort de l'appartement, sans un regard en arrière. Leo est tétanisé sur place, quand il comprend que ses crises de somnambulisme ont hélas repris. Il en a souffert durant toute son enfance, a suivi une thérapie auprès du docteur Volwarth et comprend aujourd'hui qu'il doit le recontacter pour se soigner. Leo, ensuite, s'enferme chez lui. À partir de là, il se met en tête d'explorer les moindres recoins de son habitat, de chercher les traces de ses errances nocturnes pour s'expliquer la défection de son épouse, laquelle semblait vraisemblablement protéger quelques facettes secrètes. Avec l'aide d'une caméra embarquée, il va filmer ses crises et plonger dans des abîmes d'une noirceur et d'une violence sidérantes.

Il revient alors au lecteur de bien s'accrocher pour suivre le mouvement ! Car l'histoire est particulièrement tortueuse et nous conduit dans un insupportable dédale d'informations, de révélations et de retentissements. À force d'en subir les répercussions, j'ai ressenti un vif malaise. Et plus j'avançais dans l'histoire, plus je me sentais dans un état cotonneux, usée par la tension psychologique et par le flou artistique trop poussé. Le contexte du huis clos accentue également cette impression. On ne sait plus ce qui est réel, imaginaire, subconscient ou rêvé. C'est certes volontaire, mais disons qu'avec 300 pages de lecture - soit 7 heures approximativement en livre audio - j'ai bizarrement éprouvé les limites de la saturation. Le rythme est dense, les événements s'enchevêtrant sans cesse pour troubler les perceptions, seulement ce schéma a fini par me lasser. En gros, je n'ai pas aimé errer à l'aveugle, perdue dans le brouillard, avec toutes mes convictions constamment remises à plat. Je n'en pouvais plus. Exception faite pour Thérapie, j'ai souvent été de déconvenue en déconvenue avec les romans de S. Fitzek. Ce sont des lectures calibrées au millimètre près pour embarquer le public (suspense, rebondissements, tension, etc.), mais elles aiment également flirter avec des psychoses ou des personnages sur la corde raide dans un jeu tendu, stressant et souvent dérangeant. Un procédé harassant, pour ma part.

L'Archipel, 2017 - Trad. Céline Maurice [Der Nachtwandler]

>> On retrouve François Montagut pour Audible Studios dans le registre du personnage borderline. Son interprétation hystérique prête toujours à confusion, d'un côté elle renforce la sensation d'angoisse et rend le suspense palpable, d'un autre elle renvoie l'intrigue et les personnages dans des confins vertigineux et dérangeants. Une expérience inconfortable mais saisissante.

>> Disponible en téléchargement ICI.

Le somnambule | Livre audio

©2017 L'Archipel. Traduit de l'allemand par Céline Maurice (P)2017 Audible Studios

 


30/03/17

Dôme #1, de Stephen King

Premier tome. Le Dôme : personne n'y entre, personne n'en sort.

Dome AudiolibLorsque la série tv a été diffusée pour la première fois, il y a quatre ans, un soir d'Halloween (pour l'anecdote, j'étais confinée dans ma chambre, tandis que mon adolescente de fille recevait ses amis pour faire la fête), ma curiosité a été naturellement piquée par cette adaptation du roman de Stephen King. Cela m'embêtait un peu de la regarder, car je préfère me plonger dans les livres d'abord. Finalement, j'ai suivi la saison 1, le temps a passé (ma fille a changé son cercle d'amis) et j'ai récemment sauté sur l'occasion du titre proposé en version audio, en exclusivité sur Audible - on ne change pas une équipe qui gagne. ^-^ C'était là aussi non sans crainte, car la perspective de me lancer dans un marathon de lecture qui dure pas moins de 21 heures ne m'emballait pas des masses. Gloups. En définitif, mon verdict est globalement positif. J'ai avant tout été rassurée de constater que les deux supports (roman / série tv) ne collaient pas pile poil, j'ai ainsi pu avancer à l'aveugle dans la lecture, appréciant de redécouvrir une histoire dont les principaux ressorts avaient certes inspiré Brian K. Vaughan pour le réseau CBS, mais sans proprement suivre la ligne conductrice. 

On a néanmoins le même point de départ. Un jour, la paroi invisible d'un dôme s'abat sur la petite ville de Chester's Mill, dans le Maine, pour l'isoler du reste du monde. L'armée et le gouvernement plaident non coupables, mais la situation est évidemment inquiétante. Les habitants sont livrés à eux-mêmes, mais ne doutent pas de l'efficacité des forces du pays pour les tirer de ce cauchemar. En attendant la solution-miracle, un nouvel ordre s'établit dans leur communauté, oscillant entre une foi aveugle en Big Jim Rennie, leur deuxième conseiller municipal, ou entre Dale Barbara, simple cuisinier du Sweetbriar Rose, mais accessoirement vétéran de l'armée. La cohabitation n'est cependant guère possible, Big Jim ayant tissé un réseau de petites combines mafieuses, il entend profiter de l'occasion pour grossir son influence et s'enrichir à titre personnel. Le type est donc prêt à tout pour atteindre ses objectifs et pousse la population à adopter sa logique, sous peine de sanctions radicales. C'est donc ce sur quoi s'appuie S. King pour nous embarquer dans son univers - flippant, écœurant, oppressant. L'histoire est beaucoup plus noire, plus vulgaire et plus sournoise que le scénario de la série tv. Aucune comparaison possible. La dimension fantastique est moins présente, au profit d'une psychose ambiante résolument palpable et redoutable. Ajoutez une interprétation par François Montagut qui frise souvent l'hystérie, mais qui participe à sa façon à nous mettre les nerfs en pelote, et vous obtenez une “vague idée” de la sensation ressentie à l'écoute de ce roman particulièrement vicieux et addictif ! La suite est déjà disponible. 

Série : Dôme, Livre 1 - Lu par : François Montagut (durée : 21 h 33) pour Audible Studios / Janv. 2017

>> Texte intégral disponible en exclusivité et en téléchargement sur Audible.

©2011 Albin Michel - Trad. William Olivier Desmond (P)2017 Audible FR

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12/02/17

Surtensions, d'Olivier Norek

surtensionsC'est peu de dire qu'Olivier Norek se bonifie au fil du temps. Sachant que ses deux premiers romans (Code 93 et Territoires) étaient déjà extrêmement bons, imaginez le niveau de celui-ci ! ... Renversant. Percutant. Poignant. Époustouflant. J'ai adoré.
On bascule pourtant dans une sombre histoire de kidnapping et de braquage, deux affaires différentes qui vont malencontreusement s'enchevêtrer et conduire au carnage que l'on sait. Le roman s'ouvre sur un capitaine Coste effondré, en pleine séance chez le psy. Son enquête a viré au cauchemar, le type est à bout de nerfs. Pourquoi, comment ? C'est ce que la lecture va s'appliquer à raconter, en remontant le long fil d'un imbroglio criminel dont le dénouement ne pourra que vous mettre k-o. Je suis sortie de là en miettes, les larmes aux yeux. C'est dire.
Pour le coup, le roman innove dans sa structure et sa méthode de narration. Ce sont comme des morceaux de puzzle qui s'imbriquent les uns avec les autres, mais au terme d'une évolution subtile et laborieuse. L'histoire nous propulse dans le milieu carcéral, avec toute la noirceur que l'on sait. Un gamin est enlevé à la sortie d'une discothèque, ses parents sont aux abois. Entre guerre des polices et spectre d'une nouvelle affaire Halimi, l'enquête est sur des charbons ardents. Une jolie corse réunit son gang pour libérer son frère de prison et débarque dans un pavillon de banlieue pour terroriser une famille sans histoire. À l'ombre, cinq individus voient leur vie se jouer sous les yeux après la subtilisation des scellés au tribunal de Bobigny.
Chapitre après chapitre, ces affaires faussement anodines viennent botter en touche le service de Victor Coste, qui se lance sans le savoir dans une course contre-la-montre aux allures d'une partie de dominos. La terrible loi de Murphy. C'est finalement tout un ensemble qu'on partage, la vie des policiers, celle des malfrats, autant de vies sur la corde raide, ce qui rend le roman tour à tour captivant et bouleversant. En bref, cette lecture m'a littéralement vampirisée. Je l'ai lue en très peu de temps et n'ai pas vu passer les 12 heures d'écoute. 100% addictif.

Texte intégral lu par François Montagut pour Audible Studios (durée : 12h 11) - Décembre 2016

>> en exclusivité & en téléchargement sur Audible FR

©2016 Michel Lafon (P)2017 Pocket (P)2016 Audible FR

 ** Petit sourire à l'écoute d'un oubli technique, une séquence de répétition qui n'a pas été coupée au montage. Une maladresse que je trouve toujours cocasse. **

 

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08/11/16

Code 93, par Olivier Norek

Code 93J'ai d'abord découvert Olivier Norek avec Territoires, qui était en fait le premier titre disponible en audio alors qu'il s'agissait du deuxième tome de la série, un détail incongru quand on décide de faire ses premiers pas dans le service départemental de la police judiciaire de Seine-Saint-Denis. Code 93 rétablit l'ordre et propose de retrouver l'équipe du capitaine Coste en procédant à une rencontre plus cohérente et sans formalité.  
Car ce roman est tout de même chaud, chaud, chaud. Lorsqu'on amène un cadavre à l'institut médico-légal et qu'au moment de procéder à son autopsie, le corps soudain se redresse et meugle comme un zombie, il y a de quoi sursauter dans son fauteuil ou retenir son souffle en redoutant la suite des festivités, car cela démarre de façon spectaculaire. 
L'enquête policière est embourbée dans une série funeste et tente de déterminer le lien entre deux, trois macchabées sévèrement amochés et victimes de mises en scène lugubres. Le capitaine Coste se prépare au pire. Il a conscience d'être un pantin articulé par une main invisible, cherchant à le conduire là où l'individu le désire, en plus de recevoir des lettres anonymes évoquant un mystérieux Code 93. 
Non contente de savoir tenir en haleine, la lecture n'en paraît que plus crédible quand on connaît le pedigree de l'auteur - lieutenant de police à la section Enquête et Recherche du SDPJ 93 depuis quinze ans. Si son imagination a débordé pour recréer des scènes de meurtres pour le moins perturbantes, la procédure est pointilleuse et ne propulse pas la brigade des enquêteurs dans un tourbillon infernal pour en faire des super flics surhumains. ^-^
Conduit avec calme, mais glaçant d'effroi, le roman nous transporte sur le terrain de la débauche et de la vengeance aveugle, depuis des cercles huppés aux quartiers déshérités, et révèle aussi la face obscure des guerres internes selon les conjectures politiques. Une réalité bien affligeante, nichée au cœur d'un système implacable. 
La dimension humaine déploie tout doucement ses ailes, mais déjà on s'attache aux personnages gravitant autour de Victor Coste et on n'attend plus que ça pour repartir comme en quatorze ! Très, très bon roman lu par François Montagut de façon élégante et pondérée pour une écoute agréable.  

Texte lu par François Montagut pour Audible FR (durée : 8h 50) / Octobre 2016

>> En exclusivité & uniquement disponible en téléchargement sur Audible.

©2014 Michel Lafon (P)2016 Audible FR

Code 93 | Livre audio

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30/05/16

Territoires, d'Olivier Norek

Territoires

À Malceny, dans le 93, on est habitués aux règlements de comptes. Mais un nouveau prédateur est arrivé en ville et, en quelques jours, les trois plus gros caïds du territoire sont exécutés. Le capitaine Coste et son équipe vont devoir agir vite, car leur nouvel ennemi s'implante comme un virus dans cette ville laissée à l'abandon, qui n'attend qu'un gramme de poudre pour exploser. Une ville où chacun a dû s'adapter pour survivre : des milices occultes surentraînées, des petits retraités dont on devrait se méfier, d'inquiétants criminels de 12 ans, des politiciens aveugles mais consentants, des braqueurs audacieux, des émeutiers que l'État contrôle à distance de drone. Et pendant ce temps, doucement, brûle la ville. 

En vérité, j'ai longtemps hésité avant de lire un roman d'Olivier Norek, en dépit des appréciations ultra positives des libraires et autres lecteurs. Le cocktail banlieue-93-magouille-émeute ne m'attirait pas franchement. Et puis, j'ai eu l'occasion d'entendre l'auteur (charmant) et j'ai été conquise. N'ayant pas trouvé Code 93 en rayon, j'ai reporté mon choix sur le suivant, Territoires, et je ne regrette pas du tout de lui avoir donné une chance. C'est en effet un très bon roman policier, efficace, conduit sans esbroufe, avec juste quelques scènes bien choquantes (le chat dans le micro-ondes... brrr!), avec des personnages ordinaires et attachants, des flics qui tentent de mener une vie de famille, de se lancer dans une relation amoureuse ou de résister aux appels des sirènes, tout en se dévouant à leur travail qu'ils ont choisi par conviction. Le contexte également est actuel, sans effet de manche, ni discours fallacieux. L'auteur parle en connaissance de cause, mais sans paraître pompeux ou donneur de leçon. Le monde n'est ni tout noir, ni tout blanc, mais bel et bien gris. Et si certaines révélations dans l'histoire s'avèrent authentiques, c'est à vous dégoûter de l'administration et des grosses têtes de ce pays. Une lecture que je recommande. 

Pocket Thriller, octobre 2015

Texte lu par François Montagut (durée : 8 h 56)

Territoires | Livre audio

En exclusivité sur Audible FR - uniquement disponible en téléchargement.

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16/12/13

Da Vinci code, de Dan Brown

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Le roman de Dan Brown, Da Vinci Code, fête ses dix ans de publication ! C'est pour moi l'occasion de découvrir cet ouvrage en version audio, soit 17 heures d'écoute d'une lecture faite par François Montagut, un comédien désormais familier de la maison (c'était lui, par exemple, qui avait lu le 22/11/63 de Stephen King). C'est un bon lecteur, à la voix claire et posée, qui n'hésite pas non plus à nous faire sursauter dès lors qu'il y a un soupçon d'action dans le récit, il vocifère et nous stresse rien que pour ça.

L'histoire, mondialement connue, est donc celle de Robert Langdon, un universitaire américain spécialiste de symbologie, qui se retrouve le principal suspect de la P.J. parisienne, suite au meurtre de Jacques Saunière, le conservateur en chef du musée du Louvre. Il doit son salut à la ravissante Sophie Neveu, un agent du service de cryptographie, qui va lui permettre de prendre la fuite et de partir sur la fameuse quête du Graal.

Sans quoi, c'est un roman longuet, sans style particulier, juste façonné pour séduire sur l'instant et entraîner le lecteur dans une course-poursuite infernale, avec son lot de conspirations et de mystère. Certes, les théories avancées sont complètement aberrantes, les personnages sont assez fades et la fin tout aussi surréaliste. Je ne regrette pourtant pas 
de l'avoir lu, après tant d'années de snobisme, mais j'aurais pu continuer de mener ma petite vie en toute ignorance, franchement je n'aurais rien perdu non plus !

Audiolib, novembre 2013 - durée d'écoute : 17 h - Texte intégral lu par François Montagut. Traduit par Daniel Roche pour les éditions JC Lattès. Existe en format poche (Pocket, 2005).

  • Soirée spéciale : tout comprendre du Da Vinci Code le mardi 24 décembre sur la chaîne RMC découverte dès 20 h 45.

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14/10/13

La Maison de Soie: Audiolib lu par François Montagut

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Watson est au crépuscule de sa vie, mais avant de tirer sa révérence il souhaite confesser une aventure particulièrement bouleversante, au cours de laquelle Sherlock et lui ont bataillé avec une enquête délicate, dangereuse et sulfureuse ! Toutefois, il avait promis de n'en rien dévoiler de son vivant. Son texte, donc, sera confiné dans un coffre et publié près d'un siècle plus tard. Tout débute par une rencontre ordinaire, avec un marchand d'art qui prétend être suivi par un individu et qui s'inquiète pour sa famille. Très vite, Sherlock et Watson vont retrouver le suspect, avec un couteau planté dans le cou ! C'est suite à la disparition d'un complice de Wiggins, le jeune Ross Dixon, que l'affaire prendra un tour préoccupant.

Pour la toute première fois, Sherlock voit ses inébranlables certitudes en prendre un coup dans l'aile ! Il est passé complètement à côté d'un indice important, lequel aura des conséquences tragiques. Cela va d'ailleurs lui faire prendre conscience de son manque de considération pour les gamins des rues, qu'il exploite à tort ou à raison, à l'image de toute la société qui se contrefiche du sort de ses gosses sans le sou, qui perdent leur innocence sur les trottoirs et mettent en péril leur vie à chaque seconde. Eh oui, c'est une grande première chez Sherlock Holmes ! Se soucier des autres, par pur altruisme. o_O

C'est à ces petits détails qu'on reconnaît le pastiche. Sans quoi, Anthony Horowitz a su répondre aux exigences du cahier des charges en offrant une intrigue redoutablement efficace et absolument divertissante. Les descriptions sont pointilleuses, avec un sens de la théâtralité qui pousse aux soupirs ... d'admiration ou d'exaspération. Soit c'est surjoué, soit c'est assez fidèle à l'esprit de la série, ou disons que c'est suffisamment approximatif pour faire illusion. Ne chipotons pas, après tout Sherlock a souvent été copié, mais jamais égalé ! Techniquement, François Montagut n'a pas déçu un seul instant et offre une lecture maîtrisée et captivante.

La Maison de Soie, par Anthony Horowitz (Audiolib, mars 2012 - texte intégral lu par François Montagut - durée d'écoute : 10 h 12 - traduit par Michel Laporte pour Hachette - Calmann Lévy, 2011 - existe en format poche)

07/06/13

22/11/63, lu par François Montagut (Audiolib)

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Pour l'anecdote, j'ai entamé ma lecture le 23 mai et viens seulement de la terminer le 5 juin. En version papier, le livre s'enorgueillit de 930 pages. (Enorme !) Imaginez qu'en livre audio, cela représente pas moins de 36 heures d'écoute !!! Carrément dantesque. Aussi, j'ai eu la sensation d'avoir traîné ce livre à l'infini. Pourtant le roman m'a plu, même s'il est vaguement coupable de longueurs et autres digressions.

L'histoire nous présente Jake Epping, professeur d'anglais, divorcé, qui découvre une fissure temporelle grâce à son copain Al, un cuistot au bout du rouleau. Cette plongée dans le temps le conduit en 1958, mais serait surtout une occasion pour réparer certaines destinées malheureuses, comme le massacre d'une famille entière, un accident de chasse ou même l'assassinat du président Kennedy en novembre 63.

D'abord incrédule, Jake tente une première expérience et en revient complètement emballé. Il prend toutefois le temps de planifier sa mission, puis se lance bille en tête. Jake devient George Amberson, un aspirant écrivain, qui va s'installer dans la petite ville de Jodie, dans le Texas, et y mener une existence tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Mais l'homme se sent heureux, bien dans ses baskets, et pas seulement parce qu'il vient de rencontrer l'amour de sa vie !

Parallèlement, Jake file le train à un certain Lee Harvey Oswald, et l'on découvre alors une Amérique violente, aigrie, raciste et rétrograde. La belle peinture d'une société insouciante vole en éclats, ce n'est pas comme si on nous apprenait quelque chose non plus, les manuels d'histoire ont fait le reste. Alors, peut-on corriger le passé sans craindre l'effet papillon ? A vous de le découvrir, quoi qu'il en soit la lecture est surprenante, voire haletante et flippante dans la dernière partie, où notre cœur bat à vive allure.

Toutefois, pour en arriver, la lecture aura été un tantinet laborieuse. Même si l'histoire est passionnante, partant d'une idée lumineuse et audacieuse, elle aura nécessité une copieuse documentation, dont on retrouve l'acharnement et la pertinence dans le récit, au risque d'alourdir le rythme aussi. J'aurais pu, également, m'attacher davantage à l'histoire d'amour, si seulement Jake avait trouvé un surnom autre que "ma pépette", le comble du ridicule selon moi. Mais je ne dis pas le contraire, mon petit cœur tout mou a fondu au moment opportun et a vibré aux dernières notes de l'histoire ! 

J'adresse, pour finir, toutes mes félicitations au comédien François Montagut, pour cette lecture marathon, qui a su tenir en éveil mon intérêt parfois flanchant. Sérieusement, il m'a fait vivre des scènes d'action de façon débordante et effroyable, j'avais l'impression d'y être, et juste comme ça, les voix travesties, oui, ça prête toujours à sourire... mais c'est le jeu. C'était aussi mon premier Stephen King, une expérience grisante, excitante, enrichissante, pour un roman ambitieux, certes victime de nombreuses digressions, mais qui s'en tire sur une belle pirouette, avec une note particulièrement touchante, donc j'en sors ravie !

22/11/63, par Stephen King
Audiolib / Albin Michel, 2013 - traduit par Nadine Gassie
texte intégral lu par François Montagut (durée : 36h02)