06/10/14

La Chambre des Morts, de Franck Thilliez

La chambre des morts

Imaginez... Vous roulez en pleine nuit avec votre meilleur ami, tous feux éteints. Devant vous, un champ d'éoliennes désert. Soudain le choc, d'une violence inouïe. Un corps gît près de votre véhicule. À ses côtés, un sac de sport. Dedans, deux millions d'euros, à portée de main. Que feriez-vous ? Vigo et Sylvain, eux, ont choisi.

Petit coup de projecteur sur ce roman impliquant la toute première enquête de Lucie Henebelle, alors simple brigadier à Dunkerque et maman célibataire de jumelles âgées de quelques mois. La jeune femme crève d'envie de s'éloigner de son bureau, d'être sur le terrain et de se frotter aux mécanismes tordus des criminels chevronnés. En cette période de Noël, où l'effectif au boulot est plutôt restreint, Lucie tient une opportunité en or : une fillette a été enlevée, la demande de rançon a viré au fiasco, d'autres victimes s'annoncent.

Et l'on perçoit déjà tout ce qui fera le succès de Lucie : une enquêtrice avec du flair, sans cesse sur la corde raide, travaillant à l'instinct, capable de prendre tous les risques et allant jusqu'au bout de ses idées fixes. C'est flippant, mais c'est sa marque de fabrique, qui fera toute la différence par la suite. L'histoire baigne dans un cadre triste et désolant (ah, le Nord... on s'y retrouve !), les personnages drainent dans leur sillage un flot de misère, ça sent la déprime à plein nez.

Mais on s'en tire bien, le rythme est entraînant, l'intrigue juste assez sordide pour dresser les cheveux sur la tête, sans tomber dans la surenchère non plus. Par contre, pour avoir lu les derniers romans de l'auteur, j'ai pu constater que son style avait évolué, parce que les clichés et les facilités du style « sucette à tabac » (cigarette) ou « engin de mort » (Beretta) sont un peu grinçants à la longue. Bref, cette lecture livre tous les prémices d'un univers ravageur, qui ne manquera pas de s'étoffer au fil des épisodes ! Rendez-vous est pris.

Pocket, décembre 2012 pour la présente édition ♦  Pocket vient de réunir en un recueil (édition spéciale, Octobre 2014) les deux premières enquêtes de Lucie Henebelle, La Chambre des Morts & La Mémoire Fantôme.

Posté par clarabel76 à 07:45:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,


05/05/14

Puzzle, par Franck Thilliez

IMG_0910

Ilan a sombré dans la dépression suite à la mort de ses parents, suivie peu de temps après par sa rupture avec sa petite copine Chloé. Lorsque celle-ci s'invite chez lui à l'improviste et le supplie de participer à un nouveau jeu, Ilan hésite avant de saisir l'occasion de décrocher le pactole pour retaper la demeure familiale. Le jeu, bien mystérieux, se présente comme une grande chasse au trésor et porte le nom de Paranoïa (tout un programme !). De fil en aiguille, il va conduire un petit nombre de candidats à s'enfermer dans un ancien établissement psychiatrique, dans les montagnes, sous une tempête de neige.

Tout, dans ce roman, est diaboliquement efficace, on se retrouve cloîtré comme les personnages dans un univers qui fait froid dans le dos, on est pris dans l'engrenage, bien malgré nous, on cherche à comprendre, à briser les arcanes du jeu, on ne cesse aussi de s'interroger sur les intentions de tous les participants, bref on vit un véritable enfer. Et rien que pour ça, l'auteur réussit son coup. L'orchestration est brillante, inspirée du modèle des “Dix Petits Nègres”, donc peu de surprise à prévoir, et pourtant on se laisse embobiner à merveille, car la lecture est saisissante !

Emmanuel Dekoninck, pour Audiolib, nous livre une interprétation tout aussi captivante et roublarde, qui rend la psychose ambiante encore plus palpable et flippante. Seul détail (négligeable), le comédien ne sait pas prononcer le mot “cobaye”... on en sourirait presque. Le concept de jeu suscite effroi, angoisse, stress et paranoïa (forcément), et a donc sur le lecteur l'effet escompté. C'est un puzzle déroutant, mais abouti et très convaincant. Une totale réussite ! 

Audiolib, avril 2014 ♦ texte intégral lu par Emmnauel Dekoninck (durée : 12h 54) ♦ Fleuve Noir, octobre 2013

Posté par clarabel76 à 08:30:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

05/03/14

ATOM[KA], de Franck Thilliez

IMG_0709

Je n'allais pas lâcher Sharko et Lucie en si bon chemin, et me suis donc plongée dans cette nouvelle histoire avec empressement. Nous sommes à quelques jours de Noël, presque deux ans après la fin de Gatacales deux flics bossent désormais ensemble au 36, quai des Orfèvres. Le corps d'un journaliste vient d'être découvert chez lui, dans son congélateur. Sa collègue, également une journaliste d'investigation, est portée disparue. Un gamin errant est retrouvé dans la forêt, mutique et portant des traces de sévices. Sans identité, il a dans sa poche les coordonnées de la journaliste aux abonnés absents.

Encore une sale affaire en perspective ! La brigade est à cran, elle avance dans ses recherches avec tact et fait face à des découvertes sidérantes et invraisemblables. Certes, le titre dévoile en partie qu'il sera question de nucléaire, avec pour spectre les ravages de Tchernobyl et ses sinistres conséquences. L'histoire fera remonter à la surface l'idée d'un vaste complot impliquant les sphères politiques, scientifiques et humanitaires, avec une petite pensée à Hibernatus, mais n'en dévoilons pas davantage ! On peut juste constater que nos flics ont décidément le chic pour débusquer des crimes horribles, qui leur font voir du pays !

L'histoire nous emmène également sur un terrain beaucoup plus personnel. Nous retrouvons une Lucie à fleur de peau, obsédée par son désir de tomber enceinte, tandis que Sharko n'ose pas lui avouer qu'il passe une batterie d'examens médicaux pour satisfaire sa demande. Ces silences et non-dits mettent le couple en péril, oui, toujours et encore, malgré toutes les épreuves traversées ensemble... Fait plus grave, l'individu qui cherche à pourrir la vie de Sharko, entraperçu dans Gatacaest de retour, bien déterminé à mener son projet machiavélique jusqu'au bout. Le commissaire est au taquet ! À tel point qu'on se demande dans quel état on va le récupérer à la fin !?

On peut dire que Thilliez tisse sa toile sur tous les fronts, d'abord en instaurant une relation de confiance et de complicité entre le lecteur et ses personnages - on les aime, Sharko et Lucie ! Puis, il se sert toujours de ses intrigues scabreuses pour faire passer des messages, sur le nucléaire en l'occurrence. En fournissant un important travail de documentation, l'auteur a à coeur de traverser les consciences et d'inviter le lecteur à réfléchir plus loin que le thriller qu'on vient d'ingurgiter et apprécier à sa juste valeur. Très bon, très stimulant ! 

Audiolib, décembre 2012 - texte intégral lu par Michel Raimbault / en version papier aux éditions Fleuve Noir (sept. 2012) ou en format poche chez Pocket (oct. 2013)

Fasciné par les romans de Franck Thilliez, dont il a déjà lu pour Audiolib Syndrome E et GATACA, Michel Raimbault donne ici une interprétation haletante de ce roman où science et suspense se mêlent avec une égale rigueur.

Posté par clarabel76 à 08:15:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

03/03/14

[GATACA], de Franck Thilliez

IMG_0690

À la suite des événements douloureux survenus dans Le Syndrome E, l'auteur ne s'embarrasse pas de détails et continue de nous infliger les pires tourmentes avec ce roman. D'entrée de jeu, ça fait mal. Les personnages ne sont pas à la fête, le lecteur non plus, tout le monde est éprouvé et encaisse avec amertume l'enchaînement des nouvelles. Puis, intervient le début d'une nouvelle enquête policière (le meurtre d'une étudiante, spécialiste de l'évolution), Sharko est dans les rangs, même s'il n'est plus que l'ombre de lui-même...

Cette affaire va à la fois le rebooster et lui en faire voir de toutes les couleurs, le renvoyant même à un passé trop douloureux, car trop neuf. Pourtant, cela lui offrira l'occasion de retrouvailles inespérées, mais dans des circonstances maladroites et poignantes. Sharko va risquer gros pour cette enquête, mettant en péril sa carrière déjà bien vacillante. Tant pis, il sait qu'il doit aller jusqu'au bout, franchir la ligne jaune. Difficile de trop en dévoiler pour ne pas spoiler l'intrigue, c'est terriblement frustrant !

Quoi qu'il en soit, j'ai davantage apprécié ce roman que j'ai trouvé bouleversant - Lucie est un personnage qui ne cesse de me toucher - mais aussi diablement maîtrisé, à proposer mille pistes qui vont toutes se recouper dans la dernière ligne droite. C'est bien fichu, tendu au cordeau, on ne s'ennuie pas. Et même les longues théories scientifiques ne m'ont pas paru trop pesantes (ou il m'a fallu alterner avec le roman, car la lecture orale atteint parfois ses limites, mon attention avait tendance à s'envoler...).

Bref, c'est une lecture habile, redoutable, particulièrement stressante, très forte sur les émotions ressenties (sauf concernant le couplet des amants maudits). Cela m'a beaucoup plu, en dépit du fait que l'auteur ne fait jamais dans la dentelle et semble prendre un plaisir sadique à malmener ses personnages. Gataca clôt un dyptique fascinant sur l’origine de la violence. (Comment a-t-elle évolué depuis les premiers hommes jusqu'à nos civilisations modernes ? Par quel biais s'est-elle propagée ? Génétique ou culturel ?)

Audiolib, juin 2011 - texte intégral lu par Michel Raimbault (durée d'écoute : 18h 17) / en version papier chez Fleuve Noir ou Pocket

Comme il l’avait fait dans Le Syndrome E, Michel Raimbault maintient jusqu'à son terme l’angoisse que fait naître l’analyse de la barbarie inhérente à la condition humaine.

Posté par clarabel76 à 08:15:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

28/02/14

L'anneau de Moebius, par Franck Thilliez

IMG_0655

J'ai réalisé, un peu tardivement, que j'avais DÉJÀ lu cette histoire, sauf qu'il ne m'en était resté que de très vagues souvenirs ! Pour ma défense, il faut reconnaître que l'histoire s'appuie sur un scénario invraisemblable, à propos de théories insensées sur les voyages spatio-temporels, mais surtout concernant des rêves, qui seraient à la fois des visions et des prémonitions. Un synopsis digne d'un épisode de la Quatrième dimension. ♥

Stéphane Kismet fait donc des cauchemars où il se voit traqué par la police, accusé d'un crime sur une petite fille. Comprenant qu'il peut peut-être changer le cours de son destin, il se lance sur la piste de son futur hypothétique. En parallèle, Victor Marchal, qui débute dans la PJ, est confronté à sa première enquête ardue : un tueur en série, des scènes de crime insurmontables, des victimes à la pelle, tout ça grouillant dans un milieu abject et sordide.

Chassé-croisé infernal, canevas serré et impitoyable, le roman est épuisant à suivre, mais aussi absolument bluffant. On s'y perd un peu, c'est sûr, mais le rythme vif du récit nous rend tout bonnement accro. Je suis sortie de cette lecture complètement éreintée, et honteuse de ma fascination morbide. Quelque part, ce livre m'a fait penser à la série de films - Destination finale - dans lesquels les personnages se débattent pour contrer leur destin, auquel ils ne pourront JAMAIS y échapper. C'est flippant, flippant, flippant.

Ce cher monsieur Thilliez se donne à coeur joie dans la description de scènes nauséeuses, de quoi heurter la sensibilité des lecteurs, je constate surtout que c'est de plus en plus une marque de fabrique chez nos auteurs français (Maxime Chattam, Karine Giebel...). Dans l'entretien accordé à l'équipe d'Audiolib, Franck Thilliez explique que c'est probablement dû à l'influence des films comme Seven ou Le silence des agneaux. En clair, nous appartenons à une génération marquée au fer rouge, en quête d'émotions fortes, et qui pousse à bout cet attrait pour l'inexplicable. Tant pis, j'assume. ;o)

Audiolib, février 2009 - texte intégral lu par Philippe Allard (durée : 13h 30) / ** merci Bladelor pour le prêt ! ** / en format poche chez Pocket, janvier 2011 pour la présente édition

Note sur l'Audiolib : L'interprétation toute en tension de Philippe Allard accompagne l'auditeur dans cette vertigineuse plongée dans un temps devenu réversible. Suivi d'un entretien exclusif avec l'auteur.

Posté par clarabel76 à 08:00:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

23/02/14

Le syndrome [E], par Franck Thilliez

Officier de police à Lille, Lucie Henebelle est confrontée à une affaire troublante : de manière incompréhensible, l'un de ses amis a perdu la vue en visionnant un étrange court métrage. Commissaire à Nanterre, Franck Sharko est confronté à la découverte de cinq cadavres atrocement mutilés, le crâne scié. 

IMG_0678

L'histoire avait pourtant bien commencé, l'auteur avait osé faire rencontrer ses deux personnages récurrents (Lucie Henebelle et Franck Sharko) autour d'une double enquête mêlant des cadavres mutilés, une pellicule dont le film déchaîne les passions, des morts en série, des révélations dérangeantes, obscures et glaçantes... Bref, il y avait matière à s'émoustiller et plonger dans une intrigue captivante. Hélas, le résultat s'est avéré fort décevant, notamment en raison des descriptions interminables, des théories scientifiques alambiquées, des faits historiques affligeants (authentiques ?). Hmm, c'est long, mou, assommant, j'avoue m'être ennuyée.

Et puis l'idée d'une romance entre les deux flics m'a paru ridicule, autant Thilliez est un auteur doué pour le sombre, le glauque et l'angoisse, autant il se révèle déconcertant dans un contexte romantique. Absolument incongru. Le personnage de Lucie est très attachant, par contre Sharko est au bout du rouleau, complètement anéanti. Il est tout sauf attirant. ** Petite note sur l'interprétation de Michel Raimbault, juste parfaite pour incarner ce personnage, avec un ton grave et appuyé, qui accentue parfaitement sa personnalité ravagée. Une lecture orale qui donne vie à un personnage fictif, tellement on s'y croirait ! **

Cette lecture aura donc été une déception, liée à une sensation inconfortable de délire auquel on n'y comprend goutte (situations invraisemblables, histoire trop compliquée, longueurs...), non ce n'était pas très captivant à suivre. Et pourtant, la fin nous piège et on a qu'une envie : lire Gataca sur le champ. Nerfs à vif droit devant !

Audiolib, avril 2011 - texte intégral lu par Michel Raimbault (durée : 16h 05) / Fleuve Noir, 2010 ou en format poche chez Pocket

Michel Raimbault sait donner toute sa résonance à ce thriller passionnant qui double les investigations de deux enquêteurs d’une plongée au plus obscur de l’âme humaine.

Posté par clarabel76 à 20:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

10/11/08

L'anneau de Moebius - Franck Thilliez

**********

Comment parler du nouveau roman de Franck Thilliez ?
Je pourrais vous présenter les personnages : Vic Marchal, le flic, et Stéphane Kismer, un créateur de monstres pour le cinéma. Ils sont tous les deux mariés à des femmes charmantes, mais leur couple est en perte de vitesse. On comprendra vite pourquoi...
Ou je pourrais évoquer l'enquête criminelle qui s'ouvre avec la découverte du corps d'une ancienne actrice de porno reconvertie dans la prostitution de luxe (et pas seulement). Je vous épargne les détails, mais l'affaire est une bombe à retardement.
L'allusion au début du roman à Brad Pitt et Seven n'est pas anodine. Vic Marchal est un bleu, comme on dit, il a choisi la criminelle et a quitté son Sud natal pour rejoindre Paris. Son baptème de feu le conduit directement dans un milieu dégoûtant et pervers. On touche à l'acrotomophilie, au Freaks show, à l'éventail des classiques du cinéma de l'horreur. Un cocktail décapant !
Mais ce qui devient complètement délirant c'est lorsque les rêves effrayants de Stéphane (où il apparaît amoché, les mains en sang, en train d'écrire à la craie sur un mur ou psalmodiant des phrases insensées) empiètent sur la vie réelle. Un doute grandissant voit jour car l'homme se sent coupable du meurtre d'une petite fille qui a été ou va être accompli. C'est le flou, mais Stéphane veut à tout prix conjurer le sort et modifier le destin.
Mais éviter le futur suffit à le créer.
Ce n'est pas une phrase quelconque, mais une logique folle. Une curiosité mathématique, qui porte le nom d'Anneau de Moebius. Au tour de votre imagination de faire le reste...

41RAL445_2BIL__SS500_La lecture de ce roman prend très vite l'allure d'une course à bout de souffle. Deux hommes deviennent traqueurs, leurs chemins sont appelés à se croiser et on attend ce moment avec impatience.
Et puis le rythme s'accélère et les rêves incroyables de Stéphane continuent de s'amplifier.
La fin frise l'absolue incompréhension, si on ne prête pas attention aux indications temporelles présentes à chaque début de chapitre.
Douze jours et douze nuits à traverser. Un aller simple pour l'enfer.
C'est l'invitation au voyage de Franck Thilliez.
Et personnellement j'ai été captivée du début à la fin et n'ai rien vu venir ! 
Ce roman n'a plus rien de similaire avec les précédents romans de l'auteur, certes le suspense est toujours haletant, les meurtres bien sanglants mais il y a une touche de fantastique en plus.
En bref, c'est habile. Glauque. Bluffant. Les personnages sont justes et attachants. On ne saute pas une seule ligne !
Deux mots pour conclure : intense et troublant.
Bonne lecture ! 

Editions du Passage, octobre 2008 - 540 pages - 22,50€

11/09/07

La mémoire fantôme - Franck Thilliez

la_memoire_fantomeQuand, cet été, j'ai découvert Franck Thilliez avec son roman « La chambre des morts », j'ai senti que je pénétrais un univers âpre et oppressant, où la misère humaine s'étalait dans toute sa noirceur. Mais au-delà de l'horreur, était introduit le personnage de Lucie Hennebelle, inspecteur de police, mêlée à cette sombre marmelade de restes humains. (...)
Apprendre qu'un nouveau Franck Thilliez allait donc paraître, remettant en scène la charismatique Lucie, est une information fort appréciable ! Trois années ont passé, Lucie a reçu une promotion, elle a déménagé à Lille et s'occupe de ses jumelles, Clara et Juliette, en prenant soin de ne pas sacrifier sa vie personnelle au profit de sa carrière.

Un soir de tempête, alors que Lucie est tranquille chez elle, un groupe d'étudiants lui demande de venir secourir une femme qui errait dans les rues du vieux-Lille. Elle s'appelle Manon Moinet et vient de se sauver d'une cabane où son kidnappeur la retenait prisonnière. Sur son corps, on retrouve des scarifications, dont « Pr de retour ».
Cette signature indique qu'un tueur en série, surnommé le Professeur, fait à nouveau parler de lui. Après avoir tué et violé post-mortem la soeur de Manon, l'homme semble désormais sur les traces de la jeune femme. Pourquoi ? Aujourd'hui Manon Moinet souffre d'une perte de mémoire d'un genre «spécial», suite à l'agression d'un cambrioleur dans son appartement, elle est capable de mémoriser les faits durant quatre minutes, ensuite tout s'efface.
Beaucoup trop de coincidences, d'incidences, de bizarreries !... La police cherche à regrouper les informations, mais assez péniblement, car Manon est farouche et difficile à cerner à cause de son traumatisme.

À Lucie Hennebelle de traquer un tueur fou et sadique. L'aide de Manon Moinet est primordiale, malgré son handicap des pertes de mémoire. Son savoir en mathématiques appliquées va en effet leur permettre de résoudre des énigmes tendues par le criminel, et les conduire d'un point à l'autre du pays.
Cette idée des énigmes est une manière intelligente d'épaissir l'intrigue du roman. Le sordide est beaucoup moins présent que dans La chambre des morts par exemple. La Mémoire fantôme annonce la couleur - une construction tortueuse, habile et captivante.
Et puis les personnages sont toujours cernés de zones d'ombre, en bien ou en mal. D'ailleurs, ce livre dévoile un mystère sur Lucie Hennebelle qui explique sa soif de traquer les monstres, en quelque sorte.
Pleine réussite pour ce roman, enrichi de longs détails sur la mémoire et son fonctionnement. J'ai également beaucoup apprécié les petits clins d'œil de l'auteur pour donner une forme d'humour caché dans son roman. ;-)

Le Passage - 428 pages - Août 2007

** Rentrée Littéraire 2007 **

Posté par clarabel76 à 19:00:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,

31/07/07

La chambre des morts - Franck Thilliez

Chambre_des_mortsUne nuit de décembre, dans la région dunkerquoise, deux potes un peu pétés d'alcool décident de tagger des locaux avant de rouler à toute berzingue, phares éteints, dans la zone industrielle.
En chemin, la voiture heurte un corps. Amoché et zigouillé net, l'inconnu avait près de lui un sac rempli de billets. Pas moins de deux millions d'euros en coupures de cent !
L'aubaine pour ces deux fauchés, licenciés de leur job d'informaticiens et qui pointent au chômage depuis des mois.
Alors Vigo et Sylvain prennent la décision de garder les sous, de planquer le corps et de rentrer chez eux sans rien dire de cette horrible mésaventure.
Cependant, cet acte inconsidéré sera aussi la déclaration de mort pour une petite fille aveugle, retenue en otage par un monstre ignoble. Et bientôt, une autre fillette va être enlevée.
S'agit-il d'une signature macabre par le même tortionnaire ? Et nos deux lascars du début, pétris de remords seront-ils ?
Voici en quelques lignes la recette du polar français qui n'a pas à rougir car dans le genre thriller implacable le Monsieur se pose là ! Franck Thilliez est un grand malade du bocal ! Où puise-t-il cette inspiration ? Ambiance morbide, misère humaine et sociale, paysages rigoureux ... "La chambre des morts" a l'avantage d'être efficace dans son genre mais incroyablement inquiétant dans un autre sens.
Beaucoup de noirceur, des âmes putrides, une atmosphère glauque, une enquête nébuleuse, et pourtant le lecteur est entraîné du début à la fin. Le personnage de l'inspectrice Lucie Henebelle reste toutefois sympathique et touchant, c'en est presque un soulagement dans ce tas d'immondices !
On sort de cette lecture soulagé d'être à la fin. Vivant.

Le passage, 2005 - Pocket, 2006 - 340 pages.  Cet ouvrage a reçu le prix des lecteurs Quais du polar.

Posté par clarabel76 à 17:30:00 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags : ,