09/10/17

Plutona, de Jeff Lemire & Emi Lenox

PLUTONAÀ Metro City, Teddy scrute chaque soir le ciel en quête de capes, il appartient à la société du “capespotting” et partage en ligne ses informations. Pour ses camarades, Ray, Mie ou Diane, le garçon n'est qu'un nerd. Mais lorsque le petit Mike s'échappe de la surveillance de sa sœur et tombe en pleine forêt sur le corps inanimé de Plutona, la superhéroïne par excellence, les enfants restent sans voix et ne savent plus comment réagir. Plutona est morte. Aussitôt, ça se bouscule, ça se chamaille, l'un veut prendre des photos et créer le buzz sur internet, l'autre veut fuir au plus vite pour tout oublier, bref ça part en vrille. Au final, ils se donnent rendez-vous le lendemain après les cours pour enterrer Plutona en toute discrétion. Or, le jour d'après, le corps a disparu et les bisbilles au sein du groupe ne sont guère apaisées.

Cette lecture laisse malheureusement une sensation aride et désenchantée au moment de tourner la dernière page. L'histoire raconte comment cinq jeunes vont se comporter face à un événement dramatique, et là tous se confrontent, les mots cognent, les poings volent. C'est un chaos sans nom, avec des mômes aux abois, qui ne peuvent guère compter sur leur entourage pour soulager leur conscience. C'est tout à la fois poignant et embarrassant. La fin, tragique, ne donne aucune place à un sursaut d'espoir ou un regain de confiance. C'est plombant. Le mélange des genres est a priori intéressant, entre le thème des superhéros ancrés à Metro City depuis quinze ans, les parenthèses façon comics, et l'ambiance très sombre, digne d'un roman noir. Il y a de la matière pour développer le récit, même si celui-ci s'attarde uniquement au caractère singulier des jeunes et scrute le passage de l'enfance à l'adolescence sans artifice. On a donc plutôt un récit initiatique éprouvant, mais cette découverte n'a pas su me toucher, même si Jeff Lemire est largement présenté comme étant une valeur montante de la bande dessinée canadienne. 

Futuropolis, 2017 (Trad. Sidonie van Dries)

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26/04/17

Un million d'éléphants, de Jean-Luc Cornette & Vanyda

790382J'étais curieuse de découvrir cette nouvelle BD de Vanyda qui raconte aussi l'histoire de sa famille au Laos, en remontant jusqu'aux années 30 avec son ancêtre Sauradeth, qui meurt suite à une blessure lors d'une chasse au tigre. Son fils Virasay va grandir dans la religion bouddhiste, faire son service militaire, trouver l'amour, fonder une famille et vivre de sa passion pour la musique traditionnelle qu'il joue dans l'orchestre royal. La vie s'écoule paisiblement, les bébés naissent et le couple baigne dans le bonheur. Mais avec les années 50, viennent aussi les instabilités politiques. Virasay accompagne le contingent envoyé en renfort pour soutenir l'armée française en difficulté à Diên Biên Phu, et rencontre un nouvel ami, Phou Chay, dont le rêve serait de devenir taxi. L'arrivée des Viet Minhs, farouchement opposés à la monarchie du Laos et aux occupants occidentaux, va néanmoins profondément bouleverser leur destinée. Suite aux persécutions et aux massacres, des milliers de personnes vont traverser le Mekong pour atteindre la Thaïlande et se résigner à leur triste sort en végétant dans des camps surpeuplés, certains pourront s'envoler jusqu'en France et construire une vie nouvelle, non sans difficulté là aussi. J'ai éprouvé beaucoup d'empathie et d'émotion à la lecture de ces parcours de vie, qui concernent aussi bien Virasay et sa famille, mais aussi d'autres proches, des camarades rencontrés au fil du temps, même des copains de ses enfants. Cela donne un tableau assez vaste, pour ne pas dire confus, d'où la frustration. Jean-Luc Cornette et Vanyda ont certes réalisé un projet ambitieux, aux intentions nobles et admirables, mais le résultat est hélas confus et déroutant. Le déroulement de l'histoire est en effet trop rapide, on ne s'attarde jamais, on ne s'attache pas aux détails, on avance toujours plus loin dans le temps, et les portraits défilent. Seulement, il y a beaucoup de personnages et de noms à retenir, les dessins ne donnent aucun signe distinctif, c'est trop imprécis et il m'est arrivé plus d'une fois de me concentrer pour replacer qui était qui, où, quand, comment. C'est dommage, malgré des messages forts et intelligents, on passe finalement à côté de cette lecture... où tout va trop vite. Par contre, j'ai beaucoup aimé le carnet de bord à la fin de l'ouvrage, qui explique la genèse du projet, le voyage de l'auteur au Laos, ses rencontres et ses découvertes, ainsi que des photos plus personnelles.

Futuropolis, 2017

Un récit choral, qui parle des bouleversements d'un pays à travers les blessures et les espoirs de ses habitants.

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02/01/17

La délicatesse, de Cyril Bonin - d'après le roman de David Foenkinos

Je n'avais jamais lu le roman de David Foenkinos, mais j'avais vu le film avec Audrey Tautou et François Damiens. J'y avais découvert une histoire attendrissante, malgré son entrée en matière assez agaçante car trop artificielle à mon goût. En vérité, je suis peu sensible à la prose de l'auteur, en dépit des nombreuses tentatives à vouloir lire ses romans (le dernier en date m'attend en livre audio) mais l'alchimie ne s'opère pas. 

la delicatesseJ'étais néanmoins curieuse de découvrir la bande dessinée de Cyril Bonin qui choisit d'adapter le roman à succès en y apportant sa sensibilité personnelle. Le résultat est très convaincant ! On y rencontre Nathalie, une jeune femme qui trouve le grand amour avant de le perdre brutalement. Désemparée par son veuvage, elle va se glisser dans une existence routinière sans plus éprouver la moindre étincelle d'envie. Jusqu'au jour où elle croise au bureau un collègue quelconque, au physique peu avantageux et aux manières rustres... Markus est cependant une belle personne, une âme pure. Un simple baiser volé va lui retourner la tête et chambouler sa vie... mais pas de façon confortable non plus. Car Markus souffre de cette passion subite, qu'il préfère contenir pour ne pas souffrir. 
Et ainsi va le monde, l'amour, la quête, le désespoir, l'envie, le manque... La délicatesse est une histoire d'amour et de perte, de seconde chance et de renouveau, de doute et d'espoir. C'est assez joliment exprimé, mis en scène sans chichis, juste avec pudeur, mais aussi avec humour et tendresse. Il est vrai que je trouve, parfois, que les légendes ou les dialogues retombent souvent dans leurs petits travers (trop gourmés ou affectés) mais cela reste une appréciation personnelle.
Cette nouvelle approche de l'œuvre ne manque ni de charme ni d'élégance. Le style de Cyril Bonin est empreint de fraîcheur, de poésie et de délicatesse, aussi bien dans son graphisme, ses couleurs et son scénario. L'effet d'ensemble est séduisant et permet à la lecture de s'offrir un nouveau souffle. 

VISUELS DISPONIBLES EN CLIQUANT SUR  Planches

FUTUROPOLIS Novembre 2016

« Il passait par là, elle l’avait embrassé sans réfléchir. Maintenant elle se demande si elle a bien fait. C’est l’histoire d’une femme qui va être surprise par un homme. Réellement surprise. » 

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04/07/16

Mon Père était boxeur, de Barbara Pellerin, Vincent Bailly & Kris

Mon père était boxeur

Après l'enterrement de son père, Barbara décide de lui consacrer un reportage vidéo à l'aide des photos et autres souvenirs de sa jeunesse. À cet exercice, elle propose aussi une bande dessinée qui raconte l'histoire d'un champion de boxe, et plus pudiquement, la relation entre un père et sa fille. Le résultat est très, très émouvant.

On découvre pourtant un portrait de famille en demi-teinte, avec ses rires et ses bonheurs, mais aussi ses cris et ses pleurs. Après avoir arrêté la boxe, le papa de Barbara est devenu représentant pour une marque de pastis. Loin de son foyer, quotidiennement plongé dans l'alcool, l'homme s'est métamorphosé en type impulsif, colérique, jaloux et violent. Cette violence, essentielle sur un ring, a fini par pulvériser le cadre familial. Hubert Pellerin, de tempérament sanguin, démarrait vite au quart de tour, pour un klaxon de trop, une voiture qui lui grille la priorité ou un simple mot de travers... Barbara a ainsi grandi dans un état d'angoisse et de vigilance permanent, sans cesse aux aguets, soucieuse des éclats incontrôlables de son père, attentive à maintenir la soupape de sécurité. La jeune femme en a hélas conservé une profonde amertume, sans renoncer à son père, devenu un vieil homme fatigué et dépressif, soucieux d'effacer les années noires, sous le regard souvent sans concession de sa fille. Barbara ne s'attribue pas non plus le beau rôle, en reconnaissant des bouderies futiles et inutiles, de celles qu'on regrette longtemps après le coup de fil matinal qui vient rompre la digue et vous submerger d'un trop-plein d'émotions. 

Il ne faudrait surtout pas envisager cette bd comme une lecture triste ou déprimante, au contraire l'histoire y est remarquable, puissante, poignante. Il y a une grande tendresse et surtout une grande part de lucidité dans le texte de Barbara, superbement soutenues par les dessins et couleurs de Vincent Bailly. C'est une très belle bande dessinée, une lecture qui vous prend aux tripes et qui vous rappelle sans cesse que la vie est courte, qu'il faut pardonner rapidement et aimer véritablement.

L’album est accompagné du DVD du film écrit et réalisé par Barbara Pellerin. Ce que le film ne dit pas, le livre le montre. Deux récits complémentaires qui révèlent le portrait unique d’une relation d’un père à sa fille.

Futuropolis, mai 2016

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02/07/16

L'Inversion de la courbe des sentiments, de Jean-Philippe Peyraud

L'inversion de la courbe des sentiments

Plongeons dans une histoire contemporaine, à Paris, en plein été...

Robinson, la quarantaine, traîne ses désillusions et son attentisme en collectionnant les rencontres sur internet et les liaisons sans lendemain, pendant ce temps, sa petite copine vide son appartement et le plaque pour vivre à la campagne avec un nouveau mec. Robinson est un paumé, qui vivote dans son existence, sans grande ambition. Il n'a même plus le goût de rester une journée dans son vidéoclub et délègue toutes les responsabilités à son associé et meilleur ami Emmanuel, sans se douter que celui-ci va prochainement lâcher l'affaire pour satisfaire aux caprices de sa dulcinée. Robinson a aussi d'autres chats à fouetter - son père est arrivé en ville avec ses valises sous le bras, sa sœur s'inquiète de n'avoir plus de nouvelles de son rejeton Gaspard, dix-sept ans, avant de découvrir qu'il serait en pleine escapade amoureuse avec la femme du voisin ! Ce dernier menace de tout péter si on ne le renseigne pas de suite sur la cachette des amants... Robinson s'épanche auprès d'Alice, qui tient le café d'en face, et pour laquelle ses sentiments semblent bien confus. Pas très loin de ce micmac, deux jeunes parisiennes courent dans les rues de la ville à la recherche du père de Charlène, en pleine rupture amoureuse, de retour d'un voyage au Pérou, décidée d'en découdre sur ses origines. Et là, Amandine lui confie aussi ses petits soucis et son besoin d'engranger des marques de tendresse avant le saut dans le vide.  

Cette lecture m'a très agréablement surprise, tour à tour intense, bouleversante, ironique et cocasse, elle réserve un panel d'émotions assez large et plutôt convaincant. JP Peyraud a le dessin nerveux et intraitable, il expose les corps, les regards et les sentiments sans complexe, il se joue des gens et renouvelle pour eux une valse en trois temps. Un temps pour aimer, un temps pour quitter, un temps pour recommencer. Et ainsi de suite. Cette proposition des dérives sentimentales, définie par l'auteur comme une bedenovela, reprend les grandes lignes des feuilletons romanesques, sans jamais tomber dans le sirupeux. L'histoire entre-croise habilement les destinées des uns et des autres, chatouille les personnages avec malice, embrouille les cœurs, distille un zeste de folie et d'humour, injecte aussi du suspense, de la tension, de l'émotion... Ce sont autant de variations possibles, qui brossent une idée de la vie de couple ou de famille en une intimité souvent douce-amère, et dont on ressort pourtant pleinement enchantés. La mise en scène est ciselée et nous entraîne en toute légèreté dans un tourbillon passionnel, dont il faut néanmoins se méfier des couleurs acidulées ! Piquant, savoureux, original. Très bon ! 

Futuropolis, juin 2016

 

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12/03/16

Berlin 2.0, par Alberto Madrigal & Mathilde Ramadier

Berlin

Berlin a le vent en poupe et invite depuis des années des milliers de jeunes à tenter leur chance dans la capitale allemande, tous attirés par un niveau de vie abordable et sa frénésie ambiante. Berlin, vue de l'extérieur, est riche de promesses et de libertés nouvelles. Chacun a envie d'en être, d'y participer, de profiter de l'essor économique, de respirer son esprit sexy et rebelle. Margot, une jeune parisienne de 23 ans, vient donc de s'installer à Berlin, chez un ami libraire, souvent en déplacement, et ne doute pas une seconde de décrocher son premier job dans la culture. Elle se fond rapidement dans la masse, suit des cours d'allemand, multiplie les rencontres, sort dans des clubs et obtient aussi des entretiens d'embauche. Margot est une nana hyper motivée, elle accepte les stages sous-estimés, les longues heures à bosser pour tenir des délais scandaleux, les salaires de misère... Et donc, Margot mâche péniblement sa frustration et sa colère. Cette bande-dessinée se base d'après l'expérience de son auteur, Mathilde Ramadier, et nous livre une vision réaliste et quelque peu amère de la situation berlinoise. C'est sans tricherie, sans état d'âme, davantage une mise au point pour casser les clichés et torpiller le Mythe sacré du modèle allemand, lequel est loin d'être idyllique. Mais il ne faudrait pas non plus tout peindre en noir, car l'expérience berlinoise n'en demeure pas moins excitante, auréolée de glamour et de curiosité. Cette lecture cherche seulement à nuancer les rêves et les attentes, elle cajole les saintes illusions et veille aux désenchantements, pour au final tirer un bilan mi-figue mi-raisin de l'aventure outre-rhin, sans prétendre renoncer à vivre cette incroyable opportunité. Une perpétuelle contradiction qui rend cette lecture singulière et attachante. Comme Berlin. 😚

Futuropolis / Février 2016

   

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03/09/09

lectrice de bd #2

Bien des Choses ~ François Morel, avec Pascal Rabaté
Futuropolis, 2009 - 180 pages - 19€

Oui, vous vous rappelez ces cartes postales
Quand on était p'tit, il fallait toujours se forcer à les écrire et y'avait...
Voilà, fallait toujours écrire à notre tante, notre grande-tante, notre grand-oncle et puis, bah
Ca nous barbait, alors
Nos parents, ils écrivaient la carte et puis on signait en bas
Puis maintenant, le temps a passé

Bien_des_chosesTout au long du siècle dernier, le vingtième, l'une des traditions estivales consistait à s'adresser des mots écrits à la main sur des petits bouts de carton.
Mais tout fout le camp, et même la carte postale est devenue une denrée rare, pratiquement en voie de disparition ! La faute aux emails et à Internet ? Y tenait-on franchement à ces cartes illustrées très kitsch, avec au dos des phrases lancées dans le vide, le plus souvent insignifiante, trompeuse ou éculée, bons baisers de trifouillis-les-oies, il fait beau, le ciel est bleu, le soleil brille, c'est l'heure de la trempette, etc.
Il fallait de l'optimisme à tout prix !  On évitait de faire état des moustiques, des méduses, du monde sur la plage, des bouchons sur la route, des locations décevantes, bref on s'en tamponnait le coquillard. C'est vrai, après tout, qu'est-ce qu'on s'en fout ?
Taratata.
Une carte postale, c'est juste un peu de rêve qui passe.

Au départ, il y a un spectacle, écrit et joué par François Morel, avec Olivier Saladin. A l'occasion de la sortie en dvd, les éditions Futuropolis proposent le texte original illustré par Pascal Rabaté.
Parfaite collaboration et osmose de rêve, croyez-moi.
Dans ce livre / album, on découvre donc les cartes postales échangées par les Rouchon et les Brochon au gré de leurs nombreux périples autour du globe. Ce sont de vrais maniaques de la carte, tout y est à la fois inutile, creux, sans intérêt, futile et drôle. Très souvent, ils n'ont strictement rien à raconter de leur voyage, un mot succinct sur leur destination, quelques réflexions bien pensées, c'est bête mais en même temps c'est risible. Nos vacanciers aussi se plaignent régulièrement, comme la fois dans une trattoria à Florence ils commandent une pizza avec de la crème fraîche, de l'andouille de Vire et du camembert frit, le tout flambé au Calvados, mais découvrent avec dépit que les italiens ne connaissent pas du tout. (Est-ce à nous, Français, de leur donner des cours de gastronomie italienne !...)
J'ai beaucoup, beaucoup apprécié cette lecture. On se moque, mais c'est gentil. Les personnages sont pathétiques mais touchants (surtout à la fin, jusqu'au bout du bout de l'invraisemblable !). Pascal Rabaté a même veillé à une écriture graphique légère et enlevée pour souligner la poésie du texte de F. Morel, totalement dénué de cynisme.
Une excellente découverte de retour de vacances !

Le spectacle est repris au théâtre de La Pépinière. 7 rue Louis Legrand - Paris 2e - à 19h du mardi au samedi.
A Partir du 10 septembre 2009.
Avec François Morel, Olivier Saladin et la voix de Jean Rochefort. ^-^

*-*-*-*-*-*

Le petit rien tout neuf avec un ventre jaune ~ Rabaté
Futuropolis, 2009 - 102 pages - 18€

le_petit_rienEncore une lecture plus qu'enthousiasmante, qui fait de moi une nouvelle adepte de Pascal Rabaté ! Mieux vaut tard que jamais.
Les éditions Futuropolis publient donc cet album, au titre à rallonge, énigmatique, un brin poétique : Le petit rien tout neuf avec un ventre jaune est en fait le nom de la boutique de farces et attrapes que possède Patrick, le personnage que nous allons suivre.
Le type est un grand déprimé de la vie, sa femme vient de le quitter, il n'a plus goût à rien, il affiche une mine de dix pieds, ce n'est pas l'idéal quand vous vendez des articles censés être drôles. Tout sent le pathétique dans ce début d'histoire, ça promet.
Quelques pages plus loin, Patrick va rencontrer une charmante acrobate qui va lui redonner le sourire.
C'est une histoire étonnante et simple, celle d'un type qui cherche l'amour, avec des instants lumineux et doux, d'autres beaucoup plus sombres et poignants, et par moments c'est carrément hilarant (le frère Christian qui brille d'idiotie en passant à la télé pour intervilles !!!).
Je ne trouve pas d'autres mots pour vous dire que c'est tout simplement très bien.
J'ai naturellement beaucoup aimé.

-> preview sur bdgest

Mel, de la Soupe de l'Espace, a également beaucoup aimé.

à noter : un concours, sur Rtl, pour gagner des albums de Pascal Rabaté en répondant à quelques questions, le lien ici.

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19/07/09

lectrice de bd #1

je ne connaissais pas du tout la maison futuropolis, parce que je ne suis pas une si grande amatrice de bd que ça, même si j'aime en lire et en découvrir, l'occasion s'est donc présentée de faire plus ample connaissance, j'ai reçu le petit paquet promis avec une certaine curiosité doublée d'une attente non avouée, car je traverse une période noire en matière de lecture, il me faut un petit remontant pour reprendre goût aux mots et aux histoires, ce n'est pas bien méchant, tout lecteur traverse une phase de non-envie, et puis c'est l'été et ce sont les vacances, j'avoue que ma tête est ailleurs, alors quand je me suis mise à lire ces deux bds, je suis passée du cycle d'excitation au cycle de déconvenue... mea culpa aux auteurs et à l'éditeur, mais voici deux bds qui ont fini par me déprimer, malgré leur qualité esthétique indéniable.

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nouvelles_du_monde_invisibleEt si l'on racontait sa vie d'après le souvenir de ses odeurs ? Imaginez vous rappeler le parfum d'une petite copine de treize ans ou une escapade vers Jersey, c'est possible, mais soupçonnez d'avoir un odorat plus développé que la moyenne, qui vous happe au moindre souffle du vent, vous empeste par trop de pollution, ou parce que vos sacs poubelle s'amoncellent dans votre cagibi, cela s'annonce problématique, car l'odeur est partout, elle s'infiltre, elle persiste, comme celle du gaz qui vous donne un haut-le-coeur, ou qui vous transporte vers un ailleurs imaginaire, vous rappelle les embruns, l'échappée belle...
Les odeurs sont précieuses, elles évoquent plein de souvenirs agréables, même si parfois elles peuvent briser une harmonie palpable, qu'importe, à travers cette bd le lecteur voyage et hume l'air du temps, dans une texture crépusculaire, j'ai bien aimé le début, puis j'ai fini par me lasser.

Nouvelles du monde invisible, par Jean C. Denis

Futuropolis, 2008 - 165 pages - 19€

 

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la_ligne_de_fuiteMagnifique ambiance qui nous transporte du Paris fin des années 1880, aux Ardennes tristes à pleurer avant de s'évader vers le continent africain, sauvage et fier, planqué derrière ses secrets.
A Paris, Baju est rédacteur de la revue Le Décadent et pousse son jeune poète Adrien de composer quelques oeuvres en les signant Rimbaud, porté disparu depuis quelques années. Le scandale éclate aussitôt, Verlaine dénonce l'escroquerie et Adrien comprend trop tard qu'il vient de brûler toutes ses chances de réussite.
Il décide alors de partir à la recherche de Rimbaud, de rencontrer sa famille et de trouver quelques poèmes oubliés ou inédits, pour redorer son blason avant d'offrir au Décadent la gloire tant convoitée.
Hélas son périple va le conduire vers une remise en question permante, Adrien se glisse dans les pas de Rimbaud, s'embarque pour l'Afrique et s'enfonce dans une quête qui frise l'absolutisme, le désespoir et la révélation.
L'histoire a fini par me déprimer, même si je porte un véritable intérêt pour la figure de Rimbaud, il n'empêche que j'ai ressenti beaucoup de tristesse et de mélancolie dans cette oeuvre, je pense d'ailleurs que c'était le but recherché. Par contre les illustrations sont vraiment magnifiques.

La ligne de fuite, Christophe Dabitch & Benjamin Flao

Futuropolis, 2007 - 120 pages - 19€

Pour une lecture plus poussée, l'avis de Raymond

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un peu de musique pour se consoler !

 

 

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