13/04/17

Le Club des Super-Héros : Justice Académie, de Derek Fridolfs & Dustin Nguyen

Le Club des Super-HérosNouvel élève à l'académie Ducard, Bruce Wayne constate rapidement les nombreux dysfonctionnements de l'établissement - le personnel enseignant encourage la compétition, la triche et l'ambition dévorante, les étudiants sont tous plus idiots les uns que les autres, ils portent des masques de clown, font les 400 coups sans peur des représailles et multiplient les blagues humiliantes. Bruce est convaincu d'être tombé dans un traquenard. Il arrive à convaincre deux autres camarades, Clark Kent et Diana Prince, de rejoindre son club secret qui consiste à jouer les espions pour percer le mystère de Ducard. Qui est réellement son directeur ? Nul ne le connaît. À la place, le conseiller pédagogique Hugo Strange filtre chaque tentative d'entrer en contact avec celui-ci. Plus nos jeunes gens fouillent, plus la pression devient suffocante et les traîtrises apparaissent. Bruce découvre ainsi que Clark et Diana sont eux aussi des énigmes ambulantes et n'ont pas tout dévoilé de leurs origines. Vous imaginez un collège réunissant Batman, Superman et Wonderwoman, avec à la barre des savants fous visant à recruter de jeunes disciples pour la ligue des assassins ? Eh bien, ne cherchez plus. Cela se passe ici. Nos apprentis super-héros font déjà l'amère expérience de la lutte contre les forces du mal en redoutant d'accorder leur confiance pour préserver leur nature, leur identité, leur mission, etc.

Le format du livre est en soi très original, assez “fourre-tout”, l'histoire est racontée sous forme de BD, à laquelle s'ajoutent des rapports administratifs, des mails, des articles de la gazette de l'école, des extraits de carnet de notes ou du journal intime de Bruce. Les dessins en noir et blanc finissent de planter le décor et l'ambiance. C'est sombre, assez brouillon et impénétrable, en même temps le scénario se veut classique mais complice, en servant de bonnes séquences burlesques, du suspense et des clins d'œil qui plairont aux amateurs de comics (le majordome Alfred, le Joker, les chauve-souris, Smallville, la Kryptonite, Lex Luthor, la lignée royale de Diana...). Derek Fridolfs et Dustin Nguyen baignent dans le milieu en toute aisance, pour avoir déjà écrit d'autres aventures de super-héros (dont Li'l Gotham) et acquis une certaine notoriété. Ils confortent cette fois leur savoir-faire en s'adressant à un public plus jeune et visiblement ouvert à toute contamination. ^.^

Gallimard Jeunesse, 2017 - Trad. Marie Leymarie

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06/04/17

Hector et les Hypnobots, de Danny Wallace

Hector et les HypnobotsSuite aux invraisemblables événements rapportés dans Hector et les Pétrifieurs de temps, nous retrouvons nos intrépides jeunes gens dans leur routine, si ce n'est que Hector et ses amis sont désormais traités en héros, pour avoir sauvé la petite ville de Starkley. Le Premier Ministre en personne a fait le chemin depuis Londres pour saluer le courage des enfants, seulement au cours de la cérémonie, le politicien perd soudain la boule et se met à gambader en slip devant toutes les caméras en proclamant un discours inintelligible. Son assistant personnel, Mysterio, invite Hector à les rejoindre quelques jours plus tard au 10, Downing Street. La situation sera de nouveau sous contrôle. En attendant, le garçon et son amie Alice en restent éberlués. Quelle mouche a piqué le chef du gouvernement ? Alice voit là un signe du destin, depuis le temps qu'ils ont eu connaissance d'une adresse à Londres pouvant expliquer la mystérieuse disparition du père d'Hector. Mais le garçon traîne des pieds, curieux ou craintif des découvertes à venir. Il n'a pas tort, car la suite de l'histoire réserve encore d'étonnants rebondissements. Et c'est ce qui rend cette série bigrement pétillante, enthousiasmante et attachante. L'auteur combine humour, aventure et espièglerie en quelques pages et bidouille une intrigue passionnante, où se mêlent des créatures affreuses, des dimensions parallèles, des alter ego qui fonctionnent selon un mode on/off. C'est stupéfiant. Parcourir les rues de Londres dans le taxi vert pomme de Léon Bannister devient aussi une vraie partie de plaisir, entre le traditionnel circuit touristique ou la plongée dans un univers plus flou et troublant, nos repères sont vite mis sens dessus dessous. Que de richesse au programme ! Il va sans dire que la série peaufine son originalité, son ton et son mystère par de judicieux tours de passe-passe qui vont surprendre le jeune lecteur. Il y a une franche et belle énergie dans l'histoire, c'est exubérant et contagieux à la fois. Je suis définitivement friande de cette frénésie ambiante, sans sous-estimer la tension nerveuse qui s'immisce chez nos vaillants membres des Forces Spéciales... J'apprécie également le soin délicat apporté dans l'esthétisme de l'ouvrage - illustrations, couleurs, police de caractère... On note ainsi que chaque détail a son importance et procure à l'ensemble une dynamique épatante, qui rend la lecture encore plus excitante ! Vivement le prochain volume. ☺

Gallimard Jeunesse, 2017 - Trad. Marie Leymarie [Hamish And The Neverpeople]

 

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La Boutique Vif-Argent, Tome 3 : La Carte des passages, de P.D. Baccalario

Ce roman fait suite à Une Valise d'étoiles (tome 1) et La Boussole des rêves (tome 2).

La carte des passagesLa mort de la vieille Koumail a plongé la communauté d'Applecross dans un profond désarroi. Pour la première fois, le jeune Finley est convié à participer au cérémonial des funérailles en compagnie de son père et des hommes du village. L'arrivée inopportune d'Aiby Lily, soutien de son père, provoque cependant des remous. C'est indécent, révoltant. L'équilibre des mondes est désormais fragilisé. Il convient à chacun de prendre ses responsabilités. Que de théâtralité, que de non-dits ! Pour Finley, cette soirée sur la falaise, à allumer des feux en procession, est un instant mémorable mais angoissant. Les jours suivants confirmeront son appréhension. Aiby et lui vont se lancer sur la piste de l'assassin de la vieille dame, partir en quête d'objets magiques et fouiller sans doute au-delà du possible en tombant dans le piège tendu par Semuel Askell. La tension monte vite d'un cran quand Finley réalise sa solitude au moment de sauver son amie, ses proches, la boutique Vif Argent, tous les secrets ancestraux... L'histoire nous surprend alors avec un montage judicieux des éléments et des rebondissements qui vont orchestrer la lecture et nous entraîner dans un tourbillon d'action et d'émotion. C'est clairement palpitant. Finley McPhee n'est certes pas le garçon le plus courageux de la planète, mais c'est un môme rusé et avisé. Il affronte l'adversité avec un certain aplomb et beaucoup d'intelligence ! Sa jeune camarade Aiby est toujours aussi intrépide, vive d'esprit et probablement trop impulsive, ce qui fait néanmoins tout son charme ! Cette merveilleuse série a su de loin me combler, m'enchanter, m'épater. Elle a su offrir un bel échantillon de mystère, de magie et d'aventure dans un univers très sophistiqué et dans un écrin fabuleux. Car l'emballage est en effet très beau, avec des illustrations soignées, une couverture cartonnée et des ornementations raffinées. C'est assez rare pour le souligner, même si l'auteur italien, P.D. Baccalario, veille souvent à fignoler ses présentations qui tapent dans l'œil et donnent envie d'en découvrir plus. Une opération séduction très efficace, au vu de cette série merveilleuse et très divertissante ! 

Gallimard Jeunesse, 2016 - Trad. de l'italien par Diane Ménard

05/04/17

Pêle-Mêle : Émile fait l'enterrement / Mon fils de Vincent Cuvellier

EMILE

Aujourd'hui est un grand jour pour Émile, un jour grave. Car Émile va à l'enterrement. Un vrai. C'est sa vieille copine qui lui a proposé de l'accompagner à cette cérémonie funeste, ce qui questionne naturellement la maman d'Émile, mais celle-ci n'a pas voix au chapitre. Son fils revêt son beau pull noir, prend un air triste et solennel, puis file avec sa copine la vieille dame jusqu'à l'église.

Émile écoute alors le discours pontifiant du religieux, blablabla, Madame Vacher, blablabla, née Mouton, blablabla, vivant rue Gustave Poulet. Et là, notre Émile découvre un aspect tout à fait cocasse du recueillement, car sa vieille copine va dévoiler au garçon le secret d'un bel enterrement. Se moquer d'un rien, tout en demeurant stoïque. Émile est drôlement fier d'avoir partagé une telle expérience. C'était pas trop triste, comme enterrement ? demande maman. Meuh... non ! ;-p

Dans la série Émile, je demande un épisode faussement compassé, mais tout à fait respectable, qui évoque un moment de vie douloureux (l'enterrement) qu'on évite souvent de partager avec les enfants, sauf quand on s'appelle Émile ! Ah, qu'est-ce que c'est bon. Cette figure du flegme imperturbable est pour moi synonyme de lecture affolante de dérision et d'allégresse. Un vrai régal. Les amateurs d'humour décalé apprécieront ! ♥

Émile fait l'enterrement, de Vincent Cuvellier & Ronan Badel

Gallimard Jeunesse Giboulées, 2017

 

Mon fils

Dans cet album dédié à son fils, Vincent Cuvellier dévoile un aspect plus intimiste de son talent. Et c'est drôlement bon aussi ! “Mon fils, c'est mon fils.” Tel est son credo.  “Je le connais depuis qu'il est né, et peut-être même avant, c'est dire. Je le connais tellement qu'on dirait que c'est moi qui l'ai fait.” Il raconte alors le jour de la naissance de son fils, sa première rencontre avec ce petit être qui va bouleverser sa vie, leur premier tête-à-tête dans les couloirs de la maternité, les premiers mots doux, les chansons murmurées, le premier grain de beauté, le choix du prénom, la paire de ciseaux pour couper le cordon, l'aventure de la vie qui roule, les vacances à la mer, les lectures du soir, les histoires qu'on invente exprès pour épater son enfant, les commentaires de celui-ci qui trouve, en grandissant, que papa n'écrit pas de super bouquins, les peurs nocturnes, les rêves en grand, les copains de tous les horizons, les séparations, les moments de complicité, les blagues, les combines, les disques de Bowie... Tout ça, tout ça. C'est beau, c'est court, ce sont des instantanés d'une relation faite de tendresse, d'amour et de contemplation. C'est minimaliste, et en même temps ça communique un vaste champ d'émotions qui vous touchent droit au cœur. C'est un bel album, poétique et attendrissant. 

Mon fils, de Vincent Cuvellier & Delphine Perret

Gallimard Jeunesse Giboulées, 2017

 

04/04/17

5 Mondes, tome I : Le guerrier de sable, par Alexis Siegel & Mark Siegel

Superbe saga, dont voici le premier tome introduisant de fabuleux personnages, confrontés à une épopée étourdissante mais palpitante ! J'ai immédiatement flashé sur cette jolie couverture colorée, aux allures enfantines, et riche d'une promesse d'évasion et d'aventure dont on savoure chaque minute, chaque page et chaque détail.

5 mondes

Plutôt que de vous planter le décor, lequel mérite d'être découvert en toute innocence, sachez que cette histoire vous propulse dans un imaginaire flamboyant, avec des planètes et des civilisations malades, menacées d'extinction et fragilisées par une guerre imminente. Le seul moyen pour sauver cet univers interplanétaire serait de rallumer les cinq phares emblématiques des cinq mondes ancestraux. Mais la dernière élue appelée à accomplir cette mission a hélas disparu. Il s'agit de la sœur de notre pétillante héroïne, Oona Lee, qui est encore une apprentie danseuse de sable, assez médiocre et maladroite. Elle est pourtant convaincue qu'en retrouvant Jessa, leur avenir à tous sera sauf. Les événements se précipitant, Oona Lee est elle aussi poussée vers son destin. Mon Domani, le monde mère, est pris d'assaut par des ennemis assujetis à une force noire et invisible. La jeune fille est plus que jamais résolue à retrouver sa sœur et s'entoure de nouveaux amis, An Tzu, un gamin des rues atteint d'un mal étrange, et Jax Amboy, un athlète superstar grièvement blessé lors de son match.

C'est donc ensemble qu'ils vont changer le cours des événements, en affrontant des adversaires redoutables, mais surtout en bousculant leur propre avenir, car de nouvelles révélations vont éclairer leurs choix et leurs idéaux, bouleversant un peu plus les cartes des 5 mondes. L'histoire aussi laisse épanouir de nouvelles perspectives, grâce à un scénario limpide mais habilement tissé, qui installe le lecteur dans une délicieuse posture et le kidnappe avec son consentement. C'est avec excitation, ravissement et bonheur qu'on suit cette folle épopée, entre aventure, science-fiction et quête initiatique, sans oublier une dimension écologique distillée avec intelligence et subtilité pour une meilleure prise de conscience du danger qui met toujours en péril notre mode de vie. C'est une lecture éclatante, avec une intrigue passionnante, un graphisme et des couleurs fascinants, des personnages aux secrets à peine dévoilés, des questions, des interrogations, des solutions poignantes... Deux autres tomes vont paraître, respectivement en 2018 et 2019.

Rappelons aussi que Mark Siegel s'est déjà rendu coupable d'une petite merveille, en l'occurence Sailor Twain ou la Sirène dans l'Hudson, un roman graphique rigoureux à l'atmosphère ensorcelante. Pour jeunes et moins jeunes, les 5 Mondes n'attendent qu'à être explorés ! 

Gallimard Jeunesse, Bandes dessinées hors collection - Trad. de l'anglais par Isabelle Troin. Illustrations de Xanthe BoumaMatt Rockefeller et Boya Sun / mars 2017
Dès 9 - 13 ans 
 


15/03/17

Chez qui se cache Michel le chat ? de Katie Harnett

michel le chat

Michel est un chat vagabond, qui vit rue des Lilas où il mène une vie trépidante. Petit déjeuner chez Monsieur Clément, thé avec la famille Shanti, câlins chez Madame Betty, peinture avec Mademoiselle Garcia, défilé chez Margot, jardinage, danse... Finalement, ce train-train épuise l'animal, qui décide de se réfugier au numéro onze de la rue des Lilas.

Madame Lucette est une petite dame solitaire, qui ne reçoit jamais de visites, qui passe ses journées à tricoter ou à regarder la télévision au coin du feu. Ses journées sont longues et souvent ennuyeuses. Mais depuis l'arrivée du chat, son quotidien est métamorphosé.

Lorsque les voisins découvrent que l'animal a disparu pour se tapir chez elle, tous s'accordent à penser qu'il a besoin de tranquillité et qu'il est heureux chez Madame Lucette. Ceci dit, le nouveau couple n'est pas contre recevoir tout ce petit monde pour partager amitié et matou. 

Très bel album, aux illustrations d'inspiration vintage et à la fabrication soignée. On y découvre une jolie histoire de solidarité et de bienveillance entre générations, qui colle aussi avec l'esprit “fête des voisins”. C'est coloré, chatoyant et délicieusement british. Au milieu, le chat Michel nous régale de ses expressions débonnaires au cœur d'un joyeux cafouillage de démonstrations affectives, parfois, trop poussées ! ;-)

Gallimard Jeunesse, 2017 - Trad. Emmanuel Gros

source : Let's Talk Katie Harnett

(super entretien)

 

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14/03/17

Atlantia, d'Ally Condie

Atlantia FolioSœurs jumelles, Rio et Bay vivent dans la cité sous-marine d'Atlantia, créée exprès pour préserver l'espèce humaine de l'air pollué à la surface de la terre. Chaque année, une cérémonie invite les jeunes gens à prêter allégeance ou exprimer leur désir de rejoindre le monde d'En Haut. Une envie qui n'a jamais quitté Rio, qui se sent à l'étroit à Atlantia, mais qui a promis à sa sœur de n'en rien faire pour ne pas l'abandonner. C'est pourquoi le choc est grand à l'annonce du départ de celle-ci. Ne comprenant pas pourquoi Bay a agi dans le secret, Rio entreprend de mener son enquête, tout en cherchant le moyen de partir à son tour. Mais Rio doit veiller à préserver son identité de sirène - sa vie serait en danger - et ne se résout pas à contacter sa tante Sea, seule sirène officielle, pour obtenir des réponses à ses nombreuses questions. Car, peut-on réellement lui faire confiance ? Rio la suspecte d'être responsable de la mort de sa mère, alors ministre d'Atlantia, dont on a retrouvé le corps sans vie, dans des circonstances douteuses. Les filles ont fait profil bas par prudence, mais vraisemblablement leur famille avait le culte du non-dit, car Rio va aller de surprise en surprise, à sa plus grande déconvenue.

J'ai beaucoup aimé la mise en place de l'histoire, l'ambiance et le décor aquatique, la mythologie des sirènes, les enjeux d'une vie en autarcie, ses limites et ses dangers. Ce sont globalement les mêmes grandes lignes propres aux romans dystopiques, mais avec toute la délicatesse dont sait faire preuve Ally Condie (cf. sa série Promise). L'auteur parvient à créer une atmosphère unique, pleine de charme et de mystère, avec une trame romanesque délicate, qui inspire une certaine évanescence. C'est écrit avec tact, intelligence et sensibilité. On embarque sans difficulté dans l'histoire de Rio pour vivre en sa compagnie une aventure fabuleuse et surprenante. Autre point appréciable, c'est un livre autonome, qui déroule son fil en 400 pages, sans point de suspension. On prend, on goûte et on est pleinement rassasié ! Un livre qui se suffit à lui-même, pour une lecture agréable et riche en évasion. 

Gallimard Jeunesse - Coll. Pôle Fiction - Trad. Vanessa Rubio-Barreau - 2016

 

Atlantia

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09/03/17

Tout pour se déplaire, de Jen Klein

Tout pour se déplaireChic, encore une lecture qui met en joie et de bonne humeur ! Le roman de Jen Klein a pour lui de nous embarquer dans son histoire sans prétention, mais où les sentiments sont vrais, sincères et spontanés, en plus d'avoir une bande-son à la fois tonitruante et dégoulinante de guimauve... N'en jetez plus, l'aventure s'annonce piquante, drôle et savoureuse !

Parce que leurs mères sont copines de fac et ont conclu ensemble un accord pour leurs enfants, sans même leur demander leur avis, June et Oliver font donc route tous les matins pour se rendre au lycée. La jeune fille appréhende cette intimité forcée car elle imagine un garçon fidèle aux archétypes du genre sportif, populaire et désinvolte. Elle le met aussitôt au pas, arguant que cette dernière année au lycée est insipide et futile, car la vraie vie ne commence qu'après. Oliver prétend le contraire et cherche à lui démontrer les aspects positifs de leur passage au lycée. Ils mettent ainsi en jeu les titres de leur playlist du matin, chacun pouvant l'enrichir s'il obtient l'argument irréfutable. Car, autre point de discorde, June et Oliver ont des goûts musicaux diamétralement opposés. Là aussi, la guerre est déclarée... avec sourires malicieux et étoiles dans les yeux.

On s'attend à une romance cousue de fil blanc, sauf que c'est bien mieux, car c'est avant tout l'histoire d'une complicité, d'une découverte et d'une ouverture. June est par exemple obstinée, revêche et prétentieuse. Elle qui se prétend au-dessus de la mêlée a pourtant tendance à cataloguer hâtivement ce qu'elle mésestime. À l'inverse, Oliver est un garçon adorable, charmant et différent de son image superficielle. C'est entendu, ils vont rapidement déposer les armes pour discuter tout naturellement de musique, de famille, d'amitié et d'amour. En vrai, ils sont tous deux engagés dans une relation officielle (lui avec la pom-pom girl fétiche de l'école, bien entendu) mais on sent déjà une June fébrile sur le sujet (durant l'été, séparée temporairement de son copain, elle a embrassé un autre type en vacances). Et on réalise ainsi qu'elle n'est qu'une carapace en toc et qu'elle a beaucoup, beaucoup de zones d'ombre à éclaircir ! Tout se goupille à merveille, sans situation saugrenue, sans tension inutile ou autres malentendus lourdingues. C'est une délicieuse friandise à déguster sans culpabiliser. C'est bon, doux, réconfortant et craquant à souhait. J'ai passé un très, très bon moment. ♥

Gallimard Jeunesse, coll. Scripto - Trad. Marie Hermet [Shuffle, Repeat] - 2017

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08/03/17

Moi et les Aquaboys, de Nat Luurtsema

Moi et les AquaboysDésespérée d'avoir loupé sa sélection pour participer au stage d'entraînement intensif permettant de rejoindre l'équipe olympique de natation, Lou Brown n'a pas d'autre choix que de retourner au lycée, sans sa meilleure amie Hannah, plus chanceuse ou meilleure qu'elle. Pour la première fois, Louisa fait face à ses camarades et découvre une jungle hostile et inhospitalière où elle n'a carrément pas sa place. Son seul refuge, à part la bibliothèque, reste la piscine dans laquelle elle avait coutume de s'entraîner... avant son cuisant échec. Humiliée, déprimée et déboussolée, Lou plonge une dernière fois dans le bassin... et fait face à trois garçons au moment de remonter à la surface. Les yeux éberlués, fixés sur elle, ils lui proposent de devenir leur coach pour leur numéro de danse aquatique en vue de le présenter à une émission TV qui déniche les jeunes talents. Désabusée, Louisa tope dans leurs mains et se lance dans ce projet complètement dingue mais follement amusant !

Car j'ai ri, qu'est-ce que j'ai ri à la lecture de ce roman à l'humour british extrêmement savoureux ! On y découvre une héroïne attachante, asociale et dégingandée, maniant le sarcasme avec un naturel désarmant mais résolue à mener jusqu'au bout sa mission pour redonner du pep's à sa vie monotone. Or, rien ne va se dérouler comme elle le souhaiterait. C'est, au contraire, une avalanche de catastrophes et de déconvenues qui vont ponctuer les séances d'entraînement et les exhibitions publiques. Et c'est justement cette perpétuelle dérision qui rend la lecture si plaisante. On s'amuse à partager les heurts et bonheurs de ce quatuor déjanté, qui déjoue aussi tous les pronostics. L'enthousiasme est de mise et il est tout simplement communicatif. Ajoutez, en plus, des rôles secondaires aussi insolites, dont des familles qui partent délivrer des âmes en peine au péril de leur vie et au cours d'escapade nocturne mouvementée ! Gloussements de dinde assurés... Je n'imaginais pas à quel point le contenu de ce livre allait être aussi réjouissant. Un pur bonheur. J'ai adoré du début à la fin, je voulais me fondre dans la vie de Louisa Brown et retenir ce vent de folie douce qui chamboule à ravir leur routine. L'inspiration de Nat Luurtsema, comédienne anglaise particulièrement douée, est franchement exemplaire. Je voudrais lire tout le temps des romans aussi pétillants, frais et délirants que celui-ci. Une suite serait fortement envisagée, chic ! ☺

Gallimard Jeunesse, trad. Emmanuelle Casse-Castric [Girl Out of Water], 2016

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17/02/17

Le garçon qui nageait avec les piranhas, de David Almond

Le garçon qui nageait avec les piranhasDéjà séduite par la couverture illustrée par Oliver Jeffers, j'étais vivement intriguée par cette histoire de garçon et de piranhas. Avisant également le nom de l'auteur, David Almond, j'étais frétillante de joie à l'idée de plonger dans un univers fabuleux et de savourer une lecture hors du commun.
Eh bien j'avais raison d'espérer. Le résultat a été renversant, enchanteur et déjanté. Le roman raconte l'histoire d'un jeune garçon, Stanley Potts, qui vit heureux chez son oncle et sa tante. Suite à la fermeture du chantier naval, Oncle Ernie perd son boulot mais entreprend de transformer leur maison en une conserverie de sardines, maquereaux et pilchards. La manufacture prend toute la place, le travail est colossal, heureusement le succès est au rendez-vous. Oncle Ernie est néanmoins obsédé par le rendement et en oublie de célébrer l'anniversaire de son neveu ! Pour se consoler, Stanley se rend à la fête foraine installée en ville et découvre le stand de la pêche miraculeuse avec ses misérables petits poissons rouges. Touché par leur détresse, le garçon négocie avec le forain pour lui acheter son stock, en échange il accepte quelques corvées pour payer la note. Mais au cours de la nuit, Oncle Ernie est frappé d'un nouveau coup de folie. Le réveil est cauchemardesque, Stanley quitte la maison pour rejoindre la caravane Dostoïevski et poursuivre la tournée en leur compagnie.
C'est le début d'une chouette aventure qui entraîne notre jeune héros à la découverte du monde et de ses possibilités. Le garçon est un grand sensible, avec un cœur d'or, si bien qu'il attendrit quiconque le croise sur son chemin. Même Nitasha, la fille du forain, grincheuse et renfrognée depuis le départ de sa mère, va retrouver le sourire. Appelé à accomplir de grands exploits, Stanley Potts rencontre la légende vivante, Pancho Pirelli, l'homme qui nage avec les piranhas. Le destin de l'enfant va de nouveau être bouleversé, sous nos yeux ébahis et rêveurs. Franchement, j'ai adoré ce petit roman. Il est à la fois étonnant, gai, joyeux, fou et adorable. L'histoire aussi est lumineuse, drôle et attachante, surtout grâce à son personnage central, Stanley Potts, un garçon remarquable pour sa simplicité, sa générosité et son courage. La lecture peut sembler naïve mais elle est surtout éblouissante et nous émerveille de page en page en nous tirant des sourires ! 

Traduit par Diane Ménard pour les éditions Gallimard Jeunesse - Octobre 2015

Illustrations d'Oliver Jeffers ♥

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