13/08/18

Connexion immédiate, de Mary H. K. Choi

Connexion immédiatePenny a hâte d'entrer à l'université pour commencer une nouvelle vie, loin de sa mère au look de bimbo et au comportement trop volage à son goût. Sous ses airs revêches et ses vêtements noirs, la jeune fille veut tenir le monde à distance et tirer un trait sur les nombreuses remarques perfides de ses camarades du lycée. Et puis elle rencontre Sam qui bosse dans un café et qui a mis ses études entre parenthèse pour subvenir à ses besoins. Fragilisé par une rupture amoureuse, le garçon n'est plus que l'ombre de lui-même. Pourtant, entre Penny et lui, un petit déclic a lieu. Des regards complices et des affinités culturelles font que ces deux-là sont peut-être sur la même longueur d'onde... Mais ne nous emballons pas car l'histoire est loin d'être une promesse d'idylle légère et enchanteresse. Au lieu de ça, la lecture mettrait plutôt du plomb au moral avec ces deux personnalités peu attachantes et l'ambiance teintée d'amertume ! On se noie dans une succession de détails sordides, d'échanges SMS d'une platitude affligeante et dans un imbroglio sentimental d'où ne surgit aucune étincelle. En gros, j'ai été déçue car je n'ai pas accroché au jeune couple, je n'ai pas aimé leur histoire, je n'ai pas été sensible à leurs tourments, au contraire, j'ai fini par me morfondre dans mon coin en trouvant le temps long. Ce roman a, par ailleurs, été encensé par Rainbow Rowell, l'auteur de Eleanor & Park. Cela aurait pu me mettre la puce à l'oreille car j'avais déjà été douchée dans mes attentes avec son livre, pourtant gros succès en librairie. Soupir.

Gallimard jeunesse (2018) - traduit par Simon Baril

 

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10/08/18

La courte histoire de la fille d’à côté, de Jared Reck

La courte histoire de la fille d'à côtéMatthew est amoureux de sa voisine, la fabuleuse Tabby. Ils se connaissent depuis toujours, ont grandi ensemble et sont inséparables. Mais Matt n'a jamais osé avouer ses sentiments. À la place, son cœur se brise en voyant son amie monter dans la voiture de Liam Branson - un élève de terminale ultra populaire. Le garçon est jaloux et masque son amertume derrière son humour. Pourtant, l'entente avec Tabby est toujours au beau fixe. Celle-ci n'a qu'à traverser la rue pour se réfugier chez les Wainwright où sa place est acquise. Tabby a tout partagé avec Matt : s'empiffrer de bonbons devant un marathon Star Wars, se déguiser en pygargue le soir de Halloween, partager les restes de dinde farcie et de jus de viande, s'échanger des cadeaux le lendemain de Noël... Pour Matt, Tabby est sa promise. Son futur. Son évidence. Et déjà le garçon se fait des films - façon comédie romantique - il ne doute pas qu'un jour les deux meilleurs amis tomberont dans les bras l'un de l'autre en se promettant l'éternité. Clap de fin. Un matin, cependant, les rêves s'effondrent car la réalité a repris ses droits. Et le raz-de-marée émotionnel est foudroyant.

Ce roman est certes bouleversant, mais pendant longtemps il nous transporte dans l'univers drôle et farfelu de son narrateur. Matt est un adolescent de quinze ans tout à fait ordinaire, amateur de basket, de friandises et de jolies filles, il a des idées folles qui bouillonnent dans la tête et des désirs absurdes, qui nous remettent aussi les pieds sur terre. Car l'auteur a tout compris des jeunes qu'il a l'habitude de côtoyer dans son boulot (prof dans un atelier d'écriture) et parvient à s'exprimer comme eux, sans fausse note. Le ton est cynique, naïf et paumé. On vit ainsi au rythme de leurs doutes et interrogations. Matt est en adoration devant Tabby mais souffre en silence quand elle tombe amoureuse d'un autre. Et quand survient le drame, on a également le cœur en miettes. Colère, détresse, nostalgie, impuissance... En somme, j'ai beaucoup aimé le tourbillon des émotions que nous fait vivre ce roman. J'ai aimé son style, son humour, ses personnages et sa sincérité. J'ai ri et pleuré. Je ne suis pas prête d'oublier Matthew & Tabitha ! C'était une belle découverte. À conseiller. 

Gallimard jeunesse (2018) - traduit par Nathalie Peronny

 

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04/07/18

Un petit pois pour six (Histoires des Jean-Quelque-Chose) de Jean-Philippe Arrou-Vignod

Un petit pois pour sixC'est toujours à la saison estivale que je retrouve ma famille des Jean-Quelque-Chose - une marmaille de six garçons turbulents et leurs parents d'une patience d'ange - dans une série de petites chroniques de la vie quotidienne.
Et ainsi, on se rend à la bibliothèque chaque jeudi après-midi, on couvre les rendez-vous secrets de Jean-A, on part à la pêche aux lançons, on écoute les conseils aguerris de papa, on s'inspire des palpitantes enquêtes du Club des Cinq, on écrit et on réécrit de belles histoires, on organise une super fête des mères, on découvre chez Papy Jean une cabane dans les arbres et on s'imagine passer toute une nuit là-haut, même pas peur, même si la nuit des Robinsons vaut bien quelques frissons...
En somme, c'est savoureux et tendre à lire. On replonge au pays de l'enfance et de l'imagination foisonnante. On se fond une place confortable parmi une joyeuse tribu attachante. On vit au rythme de leurs bagarres et de leurs jeux. C'est merveilleux.
La lecture est adorable. On sourit tout du long et on se sent comme dans un cocon douillet. Un territoire familier.
Mais bien sûr je ne vous apprends rien : il suffit de replonger dans la nouvelle compilation de cette famille aux petits oignons pour goûter le parfum du bonheur !  

Gallimard jeunesse (2018) - illustrations de Dominique Corbasson

 

Le 21 février 2018, Dominique Corbasson s'éclipsait avec sa poésie, sa douceur, sa fraîcheur et son charme discret... 
Jean-Philippe Arrou-Vignod lui a rendu hommage.

J'ai eu le bonheur de faire une dizaine de livres avec Dominique Corbasson. Durant près de vingt ans, elle a donné un visage à mes Jean-Quelque-chose. Son trait lui ressemblait : élégant, lunaire et drôle.
Elle envoyait ses délicieuses saynètes sur des bouts de papier, l'air de rien, et chaque fois, c'était juste, piquant, poétique. Elle seule savait rendre émouvante une rangée de bottes d'enfants ou un bracelet scoubidou.
Parfois, dans l'euphorie, il lui arrivait d¹ajouter quelques Jean à ma petite tribu. On en riait ensemble. « Six frangins, Dominique, tu ne crois pas que c¹est bien suffisant ? » Tant pis, je changeais la scène pour elle ou en écrivais une autre. Elle se savait étourdie, oubliait ses lunettes partout, mais son coup de crayon, lui, était net, précis, étrangement doux et tranchant et à la fois.
Il y a quelques semaines encore, elle livrait trois couvertures, si fraîches, si pétillantes de vie.  Aujourd'hui, les Jean sont un peu orphelins. On ne leur dessinera plus de cabanes dans les arbres, de soirée au cirque ou de 404 familiale surchargée de bagages jusqu'au toit. 
Dominique va salement nous manquer.

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Je ne suis pas un auteur jeunesse, de Vincent Cuvellier

je ne suis pas un auteur jeunesseVincent Cuvellier aime bien, de temps en temps, faire le point sur ses débuts, son métier, son parcours, son style, ses envies (cf. La fois où je suis devenu écrivain). Et plus largement sur la littérature jeunesse, son manque d'estime, sa faible rémunération, son circuit, ses branches, sa morale...
Il l'exprime à sa manière, simple et décomplexée, racontant ici sa vie dans les salons ou les salles de classe, avouant parfois son ras-le-bol ou ses frustrations, reconnaissant ses attentes ou ses doutes. Évoquant enfin son horizon, comme explorer davantage la période de la Seconde Guerre mondiale “parce que son souvenir s'estompe, il faut l'accepter” et néanmoins continuer d'en parler “sans pathos, sans chantage affectif, sans grandes phrases toutes faites”.
C'est donc un Vincent Cuvellier caméléon qui se livre : à la fois le joyeux drille qui raconte ses petites histoires rigolotes, avec des gros mots et des idées folles à l'intérieur, mais aussi le type touchant et attachant, aux émotions qui se barrent dans tous les sens, le cowboy solitaire qui assume ses défauts, l'écrivain qui a fait son chemin et qui pense à son papa pas peu fier de son cancre attitré.
En bref, tout ce qu'on lit est infiniment intéressant (sur la prescription, le monde éditorial, les fonds publics, la transmission etc.). On est d'accord ou pas avec lui, mais on apprécie grandement son honnêteté et son authenticité. Car pour finir, c'est aussi une lecture qui prête à sourire, où l'on se rend compte que Vincent Cuvellier n'est pas tout seul dans sa tête - hello Claude François, Lino Ventura ou tiens ! le général de Gaulle himself... Et c'est justement cette petite touche d'impertinence qui fait la différence.
En bref, on pioche copieusement des envies de lecture ou de relecture dans cet exercice de style réjouissant !

Gallimard jeunesse Giboulées (2017) - illustrations de Robin

 

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23/06/18

Pêle-Mêle : Bébé à bord ! - Papa est-il parfaitement parfait ? - Massime Chasseuse de mouches - Mon chez-moi n'est plus chez moi

bébé à bord

Un groupe d'enfants passent la journée sur la plage, trimballant sandwiches, limonade, cerf-volant, chiens et bébé dans son landau. La journée s'annonce belle et insouciante !

Très vite, les enfants courent et s'éparpillent joyeusement. Le vent souffle de plus en plus fort, le cerf-volant ne tarde pas à s'envoler et faire son show. Patatras, le fil se casse. Et les enfants font des pieds et des mains pour le rattraper. Pendant ce temps-là, la marée monte. La mer mange la plage. Elle avance dangereusement vers le landau. Le bébé semble avoir été oublié par les autres enfants. Et gloups, le voilà avalé par les flots ! Rhooo...

La suite de l'aventure promet son looping d'émotions. Rassurez-vous, le bébé n'est pas seul dans sa galère car il est accompagné de trois doudous dévoués, qui vont veiller sur lui nuit et jour. Lapin, panda et miss poupée vont en effet se relayer pour rassurer, protéger, nourrir et dorloter notre bébé vadrouilleur. L'histoire se termine aussi miraculeusement qu'elle a commencé - le bébé rentre à bon port et sort indemne de cette épopée, grâce à ses vaillants petits soldats. 

Que d'aventures à bord de ce landau ! Oui, il y a du courage, de la tendresse et de la poésie dans cet album qui nous plonge dans le royaume de l'enfance et qui procure beaucoup d'émotions aussi ! Un rendez-vous surprenant, à la fois classique et élégant.

Bébé à bord ! d'Allan Alhberg & Emma Chichester Clark

gallimard jeunesse, 2018

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papa est-il parfaitement parfait

Pourquoi papa nous dit tout le temps de ranger nos chambres, alors que c'est un énorme bazar dans son atelier? Pourquoi Papa nous demande de nous dépêcher tous les matins, alors que c'est lui, ensuite, qui passe une demi-heure à chercher ses clés ? Pourquoi, au bord de la mer, Papa nous tartine de crème, en disant : Attention au coups de soleil ! ... alors que lui, quand il revient de la plage, il est rouge comme une écrevisse ?

Et ainsi va la vie ! Dans cet album, Arnaud Alméras croque avec humour les tendres contradictions de Monsieur Papa d'après les observations de ses bambins. Ce sont 12 anecdotes cocasses et fabuleuses qui sonnent aussi comme une belle déclaration d'amour pour ce « parfaitement parfait » Papa ! 

Les illustrations de Robin apportent une touche de naïveté aussi attachante ! À adopter. 

Papa est-il parfaitement parfait ? par Arnaud Alméras & Robin

gallimard jeunesse giboulées, 2018

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massime chasseuse de mouches

Massime est une petite fille turbulente, dont le principal talent serait de chasser les mouches ! Dès qu'elle en aperçoit une dans son radar, elle ressent l'appel du massacre et elle bondit sur sa proie. Paf ! dans le mille. Mais le jour où sa main écrabouille le visage de son instituteur, paf, c'est la punition. Le maître n'est pas du tout, du tout content. La fillette doit copier mille fois « je n'écraserai plus de mouches, ni sur mon instituteur, ni ailleurs ».

Fin précoce d'une carrière prometteuse. Massime est dépitée. « Soudain, voilà que volette lourdement la plus grosse mouche de tous les temps ! » Bzzz bzzz la bestiole se pose sous le nez de notre élève, tiraillée entre son instinct de chasseuse et sa conscience nouvelle de ne plus recommencer ses bêtises. C'est comme ça qu'elle découvre la robe vert métallique, les yeux globuleux, la trompe à piston... Et Massime se met à griffonner dans son cahier : elle dessine les contours, les pattes, les ailes, tout ça, elle comprend alors qu'une nouvelle carrière s'offre à elle !

La morale de l'histoire ? Il faut apprendre à regarder ce qui nous entoure pour en découvrir toute la beauté cachée. Et voilà que Massime devient une fabuleuse dessinatrice, les mouches ont la vie sauve et le monde continue de tourner en rond. Cet album est follement saugrenu et original ! Trucider les mouches, puis les vénérer sur papier, oui vraiment, il fallait y penser... J'ai été agréablement surprise par la tournure de cette histoire, très rigolote au demeurant. 

Massime chasseuse de mouches, par Suzanne Arhex

gallimard jeunesse giboulées, 2018

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mon chez moi n'est plus chez moi

Dans cette histoire, on découvre un petit garçon de cinq ans qui adore sa chambre, son appartement, son quartier, son école, sa maîtresse et ses copains. C'est son petit monde à lui, familier et réconfortant. Seulement ses parents n'en peuvent plus de l'étroitesse de cette existence et annoncent qu'ils vont déménager. Direction une maison près de la mer, loin, très loin... Un drame pour notre garçon, qui élabore un plan anti-déménagement : il court se planquer chez son copain et se cache sous son lit. Ni vu ni connu. Las, les parents sont des briseurs de rêve. La petite famille part s'installer dans un autre chez-nous. Au début, ce nouveau départ n'est pas facile et tout paraît plus triste, plus banal pour l'enfant. Puis, petit à petit, la vie reprend ses couleurs, avec de nouveaux copains, une bonne boulangerie, d'autres habitudes et des souvenirs qui restent doux dans votre cœur...

La grande Susie Morgenstern et son complice Serge Bloch nous charment avec leur histoire pleine de tendresse, de sensibilité et d'humour. Un bel album qui accompagne les grands changements de la vie et qui met du baume à l'âme. Précieux, précieux. 

Mon chez-moi n'est plus chez moi, par Susie Morgenstern & Serge Bloch

gallimard jeunesse, 2018

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Pêle-Mêle: Quand j'étais dans ton ventre - Le Manteau des mots - Le Quotidien extraordinaire - Trois petits chats font du cinéma

quand j'étais dans ton ventre

Dans ce joli tout-carton de forme ronde, on découvre toutes les questions incroyables que se pose un enfant quand il s'imagine dans le ventre de sa maman... est-ce qu'il y avait de la lumière, comment je faisais pour respirer ou pour faire pipi, comment je me nourrissais et comment j'ai fait pour sortir... en poussant la porte, et boum ? !

Les illustrations sont adorables, les questions sont drôles, les réponses appartiennent aux parents. En avant pour un moment de partage et de légendes à écrire ! C'est adorable comme tout et original dans son format. À souligner aussi : ce livre respecte l'environnement (carton issu de forêts durablement gérées & encres végétales). Toujours bon à rappeler.

Quand j'étais dans ton ventre, de Sophie Furlaud - Samir Senoussi - Vincent Bourgeau

gallimard jeunesse - mes tout premiers livres - 2018

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le manteau des mots

C'est tout un inventaire qu'on découvre au fil de la lecture, faisant écho à tous ces mots émerveillés et merveilleux, ces mots de délicatesse et de tendresse, ces mots de fierté, ces mots répétés, minuscules ou ridicules, ces mots qui bercent ou caressent, ces mots de confiance et de patience... En somme, tous ces mots servent de fils à coudre pour faire “un manteau de mots” qui sera doux et chaud et qui surtout emmitouflera l'enfant pour l'aider à tracer sa route & découvrir le monde.

Les illustrations sont ravissantes, le texte est touchant. C'est comme une conquête de la vie, poétique et flamboyante, mais aussi une magnifique déclaration d'amour, tout en sincérité et émotion. Gros coup de cœur !

Le manteau de mots, par Arnaud Alméras & Vincent Bourgeau

gallimard jeunesse - 2018

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le quotidien extraordinaire

Dédié aux grands rêveurs, cet album nous entraîne dans une série de séquences courtes et sans paroles. On y retrouve un Monsieur Lapin aux prises avec son imagination débordante - pensez donc : il est entortillé dans le fromage fondu de sa pizza, il cultive des carottes géantes, il est capable de vider un lac comme une baignoire, il traverse un  passage piéton comme un parcours du combattant, il fait la course au supermarché, il éternue au musée et fait dégringoler tous les tableaux, il fait pleurer les oignons, il regarde par la fenêtre du train comme un voyage dans le temps...

En gros, il vit un quotidien extraordinaire ! Et c'est tout le bonheur de cette lecture bourrée d'humour et d'inattendus - certaines chutes sont franchement drôles. C'est aussi un vrai régal de retrouver l'univers facétieux d'Aki, à la fois tendre et cocasse. Très, très bon !

Le Quotidien extraordinaire, d'Aki

gallimard jeunesse giboulées - 2018

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Trois petits chats

Et hop, on retrouve Delphine Mach, alias Aki, en illustratrice de cette histoire mettant en scène trois petits chats. Comme ils veulent faire du cinéma, ils décident de prendre des noms de stars : George, Lily et Kiki. Accrochez vos ceintures, les aventures vont commencer... Nos trois petits chats vont ainsi rencontrer une petite chatte bleue en train de pleurer sur la balançoire, un génie de la lampe magique, un petit chien artiste, une vendeuse de chaussures ou un dragon de Chine !

C'est délicieusement frais et pétillant. Chaque histoire nous fait découvrir un univers toujours plus délirant. La lecture donne un vrai coup de fouet ! Il existe d'ailleurs deux autres titres dans la même série : Trois petits chatsTrois petits chats font les fous.

Trois petits chats font du cinéma, de Claude Helft & Aki

gallimard jeunesse giboulées - 2018

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mon imagier des comptines anglaises

Et  pour finir, on se détend à l'écoute des comptines anglaises lues avec un accent “so british” : 16 Nursery Rhymes connues et reconnues, illustrées avec humour par Tony Ross. Si l'enfant n'y connaît rien, il peut déjà se repérer rien qu'en feuilletant les pages de cet album cartonné : les mots sont mis en avant et donnent la piste à suivre pour guider au mieux le jeune bambin. À utiliser aussi en classe, par exemple, l'approche est impeccable. Les comptines sont courtes, des notes explicatives sont également jointes (avec la traduction). C'est parfait pour se familiariser avec la langue anglaise !

Mon imagier des comptines anglaises, ill. par Tony Ross

gallimard jeunesse - éveil musical - 2018

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21/06/18

La Chanson d’Orphée, de David Almond

La chanson d'Orphée

David Almond est un enchanteur. Il peut me raconter toutes les histoires du monde, je suis bouche bée, yeux écarquillés, incrédule et fascinée. C'est dit. Dans ce roman, nous faisons connaissance avec Claire, 17 ans, son amie Ella et leur bande de potes avides de croquer la vie à pleines dents. « Nous étions libres, sans attaches, sûrs de ne jamais devenir vieux ni ennuyeux. » 
Pendant les vacances de Pâques, le groupe part camper dans le Northumberland et fait la rencontre d'un étrange garçon, très beau, en train de jouer de la lyre. Sa chanson les ensorcelle, si bien que Claire téléphone à son amie Ella, restée à la maison, pour partager cet instant de grâce. À l'autre bout de la ligne, la jeune fille a le coup de foudre. Dès leur retour, Ella est intarissable. Il lui faut Orphée. Elle brûle d'envie de le rencontrer, elle pressent une grande, une belle, une puissante histoire d'amour, un lien fort et inaltérable. Et bim, Orphée débarque en ville. Ella tombe dans ses bras. Spectatrice envieuse et jalouse, Claire raconte cette passion foudroyante.
La lecture nous emporte loin dans un univers lyrique et follement romantique, où les mots fusent et font des claquettes sur la route de brique jaune. C'est magnifique. David Almond m'ensorcelle avec son style, son imaginaire et sa précision d'orfèvre. On plonge dans une histoire fabuleuse, aux inspirations très prononcées, mais qui se déroule dans une Angleterre actuelle. Cette aventure fait aussi la part belle à la jeunesse, à la musique et à la littérature. Les passions sont disproportionnées, les émotions fortes, les chants poignants et les sacrifices bouleversants. Cela peut se lire comme un conte, moderne et poétique, ou comme un formidable hommage à l'amour.
La qualité esthétique est également au rendez-vous : quand Orphée se rend en Enfer, les pages deviennent alors toutes noires et la police de caractères se met à danser et projeter des ombres sur les murs. C'est surprenant, impeccable. Parfait pour une lecture unique en son genre. 

Gallimard jeunesse (2018) - traduit par Diane Ménard 

#moisanglais_2018

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David Almond a d'abord été postier, vendeur de balais, éditeur et enseignant. Un beau jour, il quitte son travail, vend sa maison et rejoint une communauté d'artistes pour se consacrer entièrement à l'écriture. Skellig, son premier roman pour la jeunesse, remporte un grand succès et reçoit la Carnegie Medal. Le style de David Almond consiste à allier réalité et imaginaire, créant un mélange excitant et original, composé de drames humains, d'allégories et d'épisodes surréalistes. Il est l'un des écrivains préférés de J. K. Rowling et a reçu le prix Hans Christian Andersen (surnommé le petit prix Nobel de littérature) à Bologne en 2010.

 

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19/06/18

Jake Djones, Gardien du Temps : #1 Mission Venise, de Damian Dibben

Jake DjonesL'heure est grave ! Je viens de dévorer les trois tomes de cette série en une soirée - totale immersion dans un univers fantastique et captivant. Et bim, le drame, page 447 du dernier livre, je réalise que ça ne peut pas se terminer comme ça mais que l'auteur n'a rien publié depuis (à part un roman historique pour adultes). J'avais juste envie de hurler sous les étoiles.
Bref. Jake Djones est un collégien de quatorze ans, qui vit dans le sud de Londres. Un soir, le môme se fait enlever par des hommes en noir et apprend malencontreusement que ses parents ont disparu. En fait, ces derniers ne sont pas de simples vendeurs de salles de bain mais travaillent pour les services secrets d'un genre particulier. Ce sont des Gardiens du Temps. Ils peuvent voyager à travers les époques et les continents pour empêcher que leurs ennemis perturbent le cours de l'Histoire. Seulement, Alan et Miriam Djones n'ont plus donné de nouvelles et se trouvent égarés dans l'Italie du XVIe siècle. Le garçon doit rapidement se familiariser avec cette nouvelle configuration et part s'installer à Point Zéro (l'état-major de l'organisation) qui se trouve au Mont-Saint-Michel... en 1820 !
Vous vous attendez à une chevauchée de montagnes russes sans fin ? Bingo. Ajoutez une bande de camarades déjantés - l'excentrique Nathan, accro à la mode, le mutique Charlie et son perroquet Mister Drake, la ravissante Topaze, véritable coup de cœur de notre jeune ami - ainsi qu'une brigade de choc, aux caractères bien trempés et dissemblables - sa tante Rose, exubérante et fougueuse, ou Jupitus Cole, tellement tatillon et austère... Le cocktail est explosif et se boit en une goulée. L'aventure est bouillonnante et pleine d'humour. Je n'ai pas vu le temps passer et j'ai enfilé les pages (et les livres) sans sourciller. Miam, miam. C'est quand il veut, Damian Dibben, pour retourner à son pupitre !!! ☺

Vous avez aimé les séries suivantes : Rouge Rubis de Kirsten Gier, Le livre du temps de Guillaume Prévost et/ou Passenger d'Alexandra Bracken ?  Toc toc toc, Jake Djones est également à votre porte ! 

Gallimard jeunesse (2013) - traduit par Luc Rigoureau

#moisanglais_2018

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Damian Dibben vit à Londres avec son chien Dudley. Comédien, scénariste génial, il a travaillé sur des projets aussi nombreux que divers, notamment «Le Chat Potté». C'est un fervent explorateur que tout inspire, de l'archéologie à la cosmologie. Mais rien ne le réjouit plus qu'un bon récit d'aventures rocambolesques. Mission Venise (Jake Djones Gardien du Temps) est son premier roman et le premier tome d'une série qui se poursuit avec Circus Maximus et L'Empire de la pieuvre

 

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07/06/18

Les animaux fantastiques (La bibliothèque de Poudlard 1) de J.K. Rowling & Norbert Dragonneau

Les animaux fantastiques

Imaginez-vous dans la fabuleuse bibliothèque de Poudlard, en train de promener votre main sur les nombreux rayonnages et piocher au hasard ce manuel recensant toutes les créatures magiques évoquées dans la série à succès de JK Rowling... Maintenant, posez un casque sur les oreilles et écoutez la voix familière de Théo Frilet pour plonger définitivement dans l'ambiance. Ce comédien a en effet doublé au cinéma tous les films joués par Eddie Redmayne dont Les Animaux fantastiques ! On prolonge au mieux la sensation d'immersion - après les yeux, les oreilles ! Et franchement, Théo Frilet propose une interprétation limpide et séduisante qui rend l'écoute distrayante.

Il ne s'agit pourtant que d'un banal recensement des créatures tirées de l'imaginaire foisonnant de JK Rowling - en me lançant dans cette écoute, j'ai confondu avec le texte du film (éditions Gallimard jeunesse, 2017) donc j'étais un peu frustrée de n'être qu'une simple spectatrice, sans histoire à me mettre sous la dent. L'inventaire des 80 espèces par le magizoologiste Norbert Dragonneau participe néanmoins au folklore. C'est farfelu, créatif et surprenant. Saluons aussi les bruitages de cette édition audio de grande qualité. De fait, on s'imprègne de la magie de Harry Potter d'une façon ou d'une autre. De toute façon, cette lecture se destine aux plus mordus des moldus ! Cela s'écoute en moins de 2 heures. C'est une parenthèse magique - un peu scolaire - mais savoureuse. On imagine très bien Hermione, Ron ou Harry en train de bouquiner cet ouvrage pour réviser leurs BUSE (ou pour appréhender au mieux les terribles épreuves de la Coupe de Feu).

En fait, chaque créature citée renvoie à un passage de la série, à une scène ou une anecdote qui ravivent la flamme de la nostalgie. C'est vraiment pour l'aspect thématique que j'ai accroché à la lecture, qui reste objectivement accessoire. N'hésitez à découvrir la vidéo de présentation sur le site Audible pour tester un avant-goût du bonheur. ☺

©2017 J.K. Rowling (P)2017 J.K. Rowling. Éditeur : Pottermore from J.K. Rowling

15 % des bénéfices de ce livre audio seront versés à Comic Relief et à la Lumos Foundation pour leur travail : venir en aide à des enfants et adolescents du monde entier et leur permettre de se bâtir une vie meilleure. 20% des sommes seront versées à Comic Relief et 80 % à la Lumos Foundation.

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29/05/18

Hector et les plantes espionivores, de Danny Wallace

Hector et les plantes espionivoresRien ne va plus à Starkley - pourtant connue pour être la quatrième ville la plus ennuyeuse au monde ! La commission royale de l'Orgueil des Territoires vient de rendre son rapport et a décidé de rayer des cartes cette ville jugée trop imprévisible. Starkley est en effet devenu le théâtre d'étranges phénomènes inexplicables, dont tout dernièrement le hoquet gravitationnel. En un battement de cils, la population et les objets se mettent à léviter avant de retrouver contenance dans un bazar indescriptible. S'ensuit une pluie de graines noires impossibles à déloger... Et c'en est assez pour faire tourner en bourrique Débilda Stylé, l'agent du COT. Hector et ses camarades ont rapidement compris qu'ils devaient reprendre du service, car d'horribles plantes espionivores sont en train de faire leur nid à Starkley. Le monde est devenu fou - sauf pour les membres du FSP. Cette avalanche d'acronymes vous rend sans doute chèvre ? Sauf si vous êtes un lecteur assidu de cette série de Danny Wallace, introduite avec Les pétrifieurs de temps. C'est une découverte absolument géniale, dans le sens où le ton est humoristique sans négliger l'action et les rebondissements qui font parfois dresser les poils sur les bras. Même les illustrations de Jamie Littler viennent mettre leur grain de sel pour créer une atmosphère décalée. On prend ainsi vite conscience que le ton est peut-être à la rigolade mais que les événements secouant la ville de Starkley sont assez graves et effrayants. On trouve, tout naturellement, des créatures monstrueuses et du danger à chaque coin de rue (et de pages). Ne vous méprenez pas, ils n'ont pas été convoqués pour faire de la simple figuration. La tension est donc perceptible, les jeunes héros sont mouillés jusqu'au cou face à des ennemis impitoyables... heureusement c'est raconté sous forme de boutades, donc le mélange rend la lecture légère et distrayante. En gros, on vit de fortes émotions mais c'est franchement délirant ! À tenter, dès 9-10 ans.

Gallimard jeunesse, 2018 - traduit par Marie Leymarie

illustrations par Jamie Littler

 

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