30/03/15

Lou P'tit Loup est jaloux, par Antoon Krings

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C'est le printemps des naissances et des premières sorties en famille. Comme tous les ans, les habitants de la forêt se retrouvent pour présenter leurs petits. Et Lou court tout joyeux de l'un à l'autre, car il ADORE les bébés !

Enfin... ceux des autres, car le jour où ses parents lui présentent son petit frère, le ciel lui tombe sur la tête !

Lou se trouve très bien tout seul. Alors pourquoi ne pas déposer ce vilain bébé au pied d'un arbre, pour faire le bonheur d'une famille qui n'en a pas ? Mais très vite il en a gros sur le cœur et il lui tarde de retrouver son Loulou ! Avoir un petit frère, n'est-ce pas une autre façon de devenir grand ?

→ Une histoire pleine de tendresse, qui reprend le thème de la jalousie lorsque la famille s'agrandit, joliment illustrée par Antoon Krings, également l'auteur de la série  Drôles de Petites Bêtes.

Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, mars 2015

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Parution d'un nouveau titre de la collection Roi / Reine d'Alex Sanders : La Reine JalouseJalouse

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La Reine Jalouse Jalouse c'est la cousine de la Reine ChipieChipie, et c'est la reine des tigresses !

Si la robe de Sa Majesté n'est pas plus belle que celle de la Reine JolieJolie, elle pique une crise de jalousie.
Si son château n'est pas plus beau que celui de la Reine BisouBisou, c'est le drame absolu.

La Reine JalouseJalouse veut être l'amoureuse de tous les rois, mais le soir du Grand Bal, lorsque la Reine ChipieChipie embrasse le Roi FilouFilou devant ses yeux, elle pique une crise monumentale et se chamaille avec tout le monde !

La reine est malheureuse, heureusement la Reine MamieMamie est là pour lui apprendre à apprécier sa belle vie de reine, avec douceur et philosophie...

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21/03/15

Pêle-mêle Clarabel #58

 

Avni : Animal Vraiment Non Identifié, de Romain Pujol & Vincent Caut (BD Kids)

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AVNI est une créature rigolote, décrite comme étant un Animal Vraiment Non Identifié. Et justement, dans sa nouvelle école, il éveille la curiosité de ses camarades car il ne ressemble à aucun d'entre eux : il n'est ni un ours, ni un serpent, encore moins un poisson... Comme si cela ne suffisait pas, il possède des pouvoirs étonnants. Cela fait de lui la coqueluche de la classe, au grand dam de Léon le caméléon, jaloux d'être supplanté par le petit nouveau.

Comme tous les titres de la collection BD KIDS, celui-ci  promet une lecture distrayante et très amusante. Le casting est top, les dessins et les couleurs sont pimpantes, les histoires (une succession d'anecdotes en deux planches) sont tordantes. Bref, Avni rejoint cette écurie prestigieuse la tête haute, en arborant les mêmes préceptes qui font tout le succès de la collection. 

 

Les Aventures de Flip, de Morgan Navarro (Gallimard)

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Les aventures de Flip parlent du quotidien d'un jeune adolescent, constitué des sorties entre potes, des descentes en skate, des bandes rivales, des premiers émois amoureux, mais aussi de l'école, des parents, des bandes dessinées et des projets secrets (écrire sa propre histoire).

Le ton est résolument moderne et gouailleur, même le graphisme est dépouillé et confère à la lecture une sensation exaltante et surprenante, car les histoires renferment beaucoup d'humour et de sensibilité et abordent l'adolescence avec fraîcheur et authenticité.

Cette édition réunit 2 titres de la série : “Flip” (éditions Bréal Jeunesse) et “Skateboard et Vahinés” (Bayou).

 

Les Poux, tome 1 : On a marché sur la tête ! de Ramadier & Bourgeau (Gallimard)

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Il fallait oser inventer une histoire sur les parasites qui font leur nid sur la tête des bambins : les poux sont parmi nous et forment une famille sympathique, qui occupe son temps comme tout le monde, en travaillant, cuisinant, bêchant le jardin, barbotant dans la mer, en vacances, et prend les mesures nécessaires pour assurer sa survie (sic)... Gare au shampoing ravageur, rincé à grandes eaux ! 

C'est perturbant à lire, car on s'attache à ces vilaines bestioles qui pourrissent la vie des enfants en sachant qu'elles incarnent le Mal ! Et rien que pour ce décalage, on adore. Le ton est cocasse, avec des trouvailles géniales (le nec plus ultra : une grillade de grain de beauté !), le tout dans une ambiance conviviale et pertinente. La lecture prête naturellement à sourire, on ne sait plus s'il faut s'attacher à la famille Poux ou scruter leurs techniques de résistance... En somme, cette série s'annonce malicieuse et amusante. ;-)

 

Kojiki demande à ceux qui dorment, de Yan Allegret & Carla Talopp

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Yan Allegret s'inspire ici du Kojiki, le texte le plus ancien du Japon, pour relier l'espace ordinaire d'une chambre d'enfant à l'univers merveilleux du conte... 

L'enfant est dans son lit. Son père l'a embrassé. D'ordinaire sa mère l'embrasse aussi, mais ce soir elle n'est pas là. Et puis il y a cette voix qui questionne l'enfant dans le noir de sa chambre : "Comment tout a commencé ? Pourquoi tu es toi même ?" Comment trouver le sommeil quand on ne connaît pas les réponses ?

Son père lui raconte alors une histoire qui commence dans la nuit des temps, avant même la création du monde : le premier couple, Izanagi et Izanami, la première île, la naissance de l'enfant-feu, jusqu'à la mort elle même qui emportera Izanami au royaume des ombres...

→ J'ai trouvé ce texte difficile d'accès et compliqué pour des enfants. Même les illustrations, d'une grande finesse et élégance, ne parviennent pas à les séduire dans cet univers raffiné, mais trop abstrait.

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Gallimard jeunesse, mars 2015

 

 

À rapprocher avec L'encyclopédie des débuts de la terre, d'Isabel Greenberg

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Depuis une île lointaine, nous suivons le voyage mouvementé d'un jeune garçon qui a perdu une partie de son âme et tente de la retrouver. Pour déjouer les coups du sort et se sortir des mauvaises passes ce dernier se sert de l'art absolu, celui de conter. On découvrira ainsi comment une vieille femme terrassa un géant en lui faisant manger des saucisses grillées, comment la femme du pôle sud et l'homme du pôle nord tombèrent éperdument amoureux sans jamais parvenir à se toucher, comment trois soeurs demandèrent à un chaman sans scrupule de leur partager un bébé... Souverains sanguinaires, monstres marins, guérisseurs fous, Arche de Noé, la talentueuse Isabel Greeberg convoque les plus grands mythes et nous fait revivre, intensément, les débuts de la Terre, quand les glaces recouvraient une bonne partie du globe, quand les hommes et les dieux se côtoyaient, quand la magie était partout.

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19/03/15

Tant que nous sommes vivants, d'Anne-Laure Bondoux

Tant que nous sommes vivants

Bo et Hama se rencontrent sur le chemin de l'usine et tombent instantanément amoureux. Comme une évidence. La ville aussi se sent pousser des ailes et ouvre un cabaret de spectacle pour distraire les ouvriers. Puis, c'est le drame. Il n'est guère plus le temps de rire et s'amuser, à la place il faut panser ses plaies et sécher ses larmes. La colère gronde et pousse notre couple d'amants maudits à fuir. Ils vont alors s'aventurer dans une forêt d'aulnes, où une étonnante fratrie va les conduire dans des galeries souterraines. Commence un nouveau chapitre pour une nouvelle vie d'apprentissage et de découverte. Hama et Bo forgent leurs liens avec la même passion et agrandissent leur cercle avec la naissance de leur fille. Et leur périple de continuer, à trois, toujours plus haut, toujours plus loin.

Finalement, ce roman est bien mystérieux, étrange, envoûtant. On a d'ailleurs la sensation d'être dans un conte fantastique, invitant le lecteur à dépasser sa zone de confort pour plonger dans un imaginaire original et fouillé. C'est particulièrement surprenant et entraînant. Par contre, je ne m'attendais pas à une histoire aussi triste. Même le bonheur privilégié de Bo et Hama va être mis à mal, rongé par l'amertume. Il faut dire aussi que les conflits s'enchaînent et vont meurtrir notre couple. Le temps use la passion, chiffonne les visages épanouis, éteint les regards énamourés. C'est beau et poignant, mais tout ça vous laisse d'humeur chagrine. Heureusement, Tsell reprendra le flambeau et se lancera sur les routes, à l'instar de ses parents, au rythme de son cœur qui bat pour un autre. Un livre émouvant, mais remarquable et riche en nuances.

Gallimard jeunesse, septembre 2014 ♦ illustrations : Hélène Druvert

En savoir plus : Le début et la suite, sans trop en dire

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06/03/15

Pêle-mêle Clarabel #57

 

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J'ai craqué pour la couverture et les illustrations de Becky Palmer, qui nous convie dans une histoire fantasque autour d'une soupière magique et d'un porridge qui gargouille de plaisir et ne connaît plus ses limites. C'est démentiel, surprenant et joliment illustré. Avec une touche d'humour british aussi. 

La Soupière Magique, de Becky Palmer (Sarbacane)

♦♦♦ 

J'ai également fait la connaissance de l'intrépide Cerise. ENFIN, penseront certaines. Cerise rêve de devenir écrivain. En attendant, c'est dans son journal qu'elle raconte le monde qui l'entoure, quitte à imaginer des histoires romanesques. Comment ne pas être sous le charme ? Ambiance, couleurs, histoire... tout me plaît et invite à découvrir la suite. 

Les Carnets de Cerise, tome 1 : Le Zoo Pétrifié, de J. Chamblain & A. Neyret (éditions Soleil)

 ♦♦♦

Pour finir, j'ai replongé avec délice dans les premières histoires d'Akissi, réunies dans cette édition spéciale au format sympa (couverture souple et couleur éclatante).  Je ne me lasse pas du charme exotique, des aventures casse-cou de la fillette, de sa bande de copains et du folklore local, cela vous met en joie pour la journée ! 

Akissi : Histoires pimentées, de M. Abouet & M. Sapin (Gallimard)

 ♦♦♦


05/03/15

La Sorcière dans les airs, de Julia Donaldson & Axel Scheffler

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C'est l'histoire d'une sorcière rousse, avec une longue tresse, un chapeau noir très haut et un chat plein d'adresse, qui aime voler sur son balai magique. Mais quand la brise capricieuse vient la décoiffer, dénouer sa tresse ou lui chiper sa baguette, il faut alors retourner sur terre, mettre la main sur l'objet perdu et reprendre son envol.

À tour de rôle, un chien, une grenouille et un oiseau viennent à sa rescousse et sont embarqués illico sur son balai pour une virée dans les airs. Gare au dragon dévoreur de sorcière, au délicieux goût des pommes frites ! Il en crache de bonheur et se pourlèche les babines. D'effroi, la sorcière culbute les quatre fers en l'air, suivie par sa joyeuse troupe.

Le repas est servi ! 

L'histoire ainsi nous transporte dans un univers coloré et attendrissant, dont l'action se base sur le comique de répétition, et bénéficie d'une narration en vers, qui roule sur le langue et fait papillonner de bonheur le lecteur, petit ou grand, le plaisir est partagé. Le livre est accompagné d'un CD audio de 15 minutes, avec une histoire racontée par Raphaëlle Goupilleau, agrémentée de jeux d'écoute. 

Existe aussi un court-métrage de Max Lang.

Gallimard jeunesse, coll. L'Heure des histoires, février 2015

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25/02/15

Force noire, de Guillaume Prévost

Force noire

Alma, comme beaucoup d'adolescentes, déteste les récits de guerre, jusqu'au jour où elle croise dans son immeuble un vieil homme noir, Bakary Sakoro, qui accepte de lui ouvrir sa porte pour s'y réfugier quelques heures (la jeune fille ne supporte plus l'ambiance chez elle, une crise typique, sans importance). L'homme, en train de feuilleter ses albums, se met à lui raconter son histoire.

Né sur les rives du Niger, au Mali, l'homme avait 17 ans quand il a quitté son pays pour rejoindre l'armée française et venger l'honneur de sa famille. Il part à l'aventure, le cœur gonflé d'espoir et portant au cou un talisman, Force Noire, pour invoquer la puissance guerrière de son grand-père. Il croisera en chemin de joyeux drilles, le Siffleur, Goliath et l'Intellectuel, ses compagnons inséparables, mais aussi une belle demoiselle, Jeanne, avec qui il va vivre un amour impossible.

Son destin hors du commun est raconté en toute simplicité, entre émotion, nostalgie et spontanéité, et accorde une place essentielle aux oubliés de la Grande Guerre, soit les « Tirailleurs sénégalais », dont le courage et le sacrifice n'ont jamais démenti. Ce livre leur rend un bel hommage, poignant, au-delà d'une trame romanesque aux envolées “fleur bleue” qui prêtent parfois à sourire.

Ce récit, bien écrit et richement documenté, saura enthousiasmer de jeunes amateurs de romans historiques et autres passionnés d'histoires mêlant adroitement le réel et le fictif. 

Gallimard jeunesse, août 2014

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Ne tombe jamais, de Patricia McCormick

« Des nouveaux prisonniers arrivent au camp tout le temps. On ne les cache plus. Maintenant, les Khmers rouges leur font traverser la place. Attachés les uns aux autres, tête basse. Ils les frappent devant nous pour qu'on voie ce qui arrive aux gens qui ont mauvais esprit. Les Khmers rouges nous observent sans arrêt. Ils observent pour voir si vous montrez de l'émotion pour les victimes. Si oui, ils vous tuent.
Un jour, un garçon de mon groupe, il voit sa sœur arriver sur la place. La sœur le voit aussi. Mais elle regarde ailleurs. Fait semblant de ne pas le connaître. Parce qu'elle comprend qu'il peut être tué simplement parce qu'il est parent avec elle.
Les Khmers rouges, ils frappent les prisonniers, un par un, avec un bâton et ils nous obligent à regarder. Maintenant, c'est le tour de la sœur du garçon. Je lui tiens la main, très fort, je serre sa main. Ils la frappent avec un bâton, la frappent sur la tête, les épaules, les jambes, et chaque fois je serre la main du garçon pour qu'il ne crie pas. Elle tient sa tête bien droite, puis, très vite, elle tombe, plus de vie en elle et très lentement, en silence, j'emmène le garçon. »

Ne tombe jamais

Ce livre renvoie à un chapitre peu glorieux de l'histoire du Cambodge (l'arrivée des Khmers rouges au pouvoir), qu'on découvre à travers le témoignage du jeune Arn, un récit raconté dans l'urgence et avec une terreur palpable. Car « essayer de saisir cette voix, c'était comme essayer de capturer une luciole » rapporte l'auteur. À maintes reprises, elle a en effet tenté de glisser les bonnes formules grammaticales et syntaxiques, avant de s'avouer vaincue car « la lumière s'éteignait ».

Et c'est donc naturellement, avec une façon de parler si personnelle et si belle, que le récit découle. Arn a onze ans quand il a été envoyé dans un camp de travail, pour cultiver le riz, et a vécu l'enfer (famine, maladie, coups et tortures) mais c'est finalement grâce à sa passion pour la musique (il adorait chanter Elvis et danser le twist) qu'il va sauver sa peau. Un jour, des soldats décident de monter un petit orchestre de fortune, avec pour ordre d'apprendre à jouer des instruments et de produire des chants patriotiques.

Le garçon comprend très vite qu'il tient là sa roue de secours et motive la troupe, à commencer par leur prof déprimé, de redoubler d'efforts pour tirer d'eux le meilleur. Au fil du temps, Arn va devenir une célébrité sur les camps, il peut manger à sa faim mais n'hésite pas à partager avec ses compagnons d'infortune, et finit par s'attirer l'attention insistante d'un certain Sombo au regard de requin.

C'est une vie rude et éprouvante, en plus d'une expérience bouleversante, qu'on partage. On y croise la barbarie la plus ignoble, la violence, la haine, la bêtise humaine, mais aussi de belles rencontres et des promesses d'amitié. Un peu d'étincelle dans un récit sans fard, transmis par un regard d'enfant chargé de révolte et pourtant lucide. Tout ce qu'il voit, comprend, ressent est glacial. Froid, distant. Comme si le garçon s'était lavé de toute émotion. Blindé, pour ne pas tomber.

Même son retour à la « vie normale » sera un lent apprentissage vers le droit au bonheur. Arn aura la chance d'être adopté par le Révérend Pond et partira vivre en Amérique, où son adaptation ne se fera pas sans heurt non plus. Il ressort toutefois de cette lecture une très belle leçon de courage et un devoir de mémoire pour ne plus accepter l'inacceptable. Un récit vibrant de puissance et de sensations fortes, que l'on absorbe les yeux écarquillés.

Gallimard jeunesse, coll. Scripto, octobre 2014 ♦ traduit par Jean-François Ménard (Never fall down)

18/02/15

Celui qui sera mon homard, de Tom Ellen & Lucy Ivison

« Elle est sexy, elle vit dans une maison immense et elle porte le nom d'une bière. C'est la femme idéale. »

Celui qui sera mon homard

Sam et Hannah se rencontrent à une fête (passent dix minutes ensemble dans les toilettes) puis se quittent sans s'être échangés leurs noms ou leurs coordonnées. Hannah le jure à ses amies, « c'est son homard », celui pour qui elle serait prête à sacrifier sa virginité. C'est lui, le bon, le seul, l'unique. De son côté, Sam aussi en pince sérieusement pour la jolie inconnue mais vient de décrocher un rencard avec une autre demoiselle ... la meilleure amie d'Hannah ! C'est l'été, le temps des vacances, de l'insouciance et de la tortueuse question du “déniaisement”. Sam et Hannah ont 17-18 ans, des tonnes d'arrière-pensées et la trouille de se tromper. Alors ils vont se perdre, se retrouver, se méprendre ou balbutier des vérités arrangées. Croyez-le ou non, c'est une lecture hyper attendrissante et aux effets inattendus ! Car le roman est très drôle, confondant de maladresse, adorable et authentique, truffé d'allusions à Harry Potter, Twilight et tout le reste, qui nous font rire énormément. L'histoire vous embarque dans les aventures délirantes d'une bande de potes (soirées, plage, rencontres, beuveries, bisous, camping, festival dans un champ, séance d'épilation, trampoline, le grand soir, etc.). Il est question d'amour, d'amitié, d'avenir, d'études, du temps qui passe (trop vite), du changement d'attitude, des attentes et de la frustration. Mais c'est surtout raconté de façon cocasse, sans détour ni vulgarité. Et j'ai adoré. C'est comme un livre de Sarra Manning : audacieux, tendre et sincère. Sans complexe. Sans tabou. Et très, très drôle. Je le conseille fortement. ♥♥♥

Gallimard, coll. Scripto, février 2015 ♦ traduit par Julie Lopez (Lobsters)

Existe dans le même registre : L'amour, mode d'emploi de William Nicholson, qui est nettement moins drôle mais moins daté que Pour toujours de Judy Blume.

 « We need more books like this. »

« Plus grands sont les obstacles, plus vous êtes faits pour être ensemble. Regarde Ron et Hermione. Des obstacles partout. Mais Hermione a-t-elle baissé les bras quand Ron est sorti avec Lavender Brown ? Ron a-t-il baissé les bras quand Hermione s'est tapé ce joueur de Quidditch bulgare ? Ont-il laissé la pression de devoir retrouver les derniers Horcruxes les séparer ? Non. Grâce à tous les drames qu'ils ont traversés, ça a été encore plus poignant quand ils se sont finalement mis ensemble. » ☺

06/02/15

Max, de Sarah Cohen-Scali

« Ma mère, c'est l'Allemagne, et mon père, le Führer ! »

Max

Le 20 avril 1936, naît le premier bébé issu du programme Lebensborn initié par Himmler. Konrad von Kebnersol. Un modèle de perfection, selon les critères aryens en vigueur. Et il est clair que cet enfant a une très haute opinion de lui et porte un regard assez glaçant sur le monde qui l'entoure. Konrad, alias “Max” selon sa génitrice, grandit dans le culte du Führer et la certitude de son appartenance à la classe supérieure. Jamais il ne met en doute ce qu'il voit ou entend, son discours est formaté, récité avec force et conviction.

L'amour maternel, les gestes de tendresse, l'amitié, la confiance ou l'insouciance de l'enfance sont pour lui des notions abstraites et contraires à ses principes. Il a grandi dans une institution stricte, il est devenu la mascotte du programme et a toujours servi au mieux les intérêts du IIIe Reich (piéger des enfants polonais, se joindre aux rafles, démasquer les traîtres et dénoncer les mères qui refusaient le sacrifice...).

Cette lecture est saisissante, mais fait aussi effet de douche froide tant la démonstration de l'embrigadement est rendue à la perfection, via la voix d'un enfant, même bébé, tellement fier d'être un rouage du système, dont il admire les codes et leurs bien-fondés. C'est parfois dur à encaisser, raconté sans état d'âme, mais le procédé est remarquable. On reste scotché aux pages du livre, tiraillé entre la fascination et l'horreur. C'est très bien écrit, exécuté avec intelligence et à-propos, également richement documenté.

On en prend peut-être plein la tête, mais c'est une lecture indispensable, à lire sans limite d'âge.

Gallimard jeunesse, coll. Scripto, mai 2012 

Prix des Dévoreurs de livres 2014, pour les collégiens de 3ème ♦ Prix Sorcières Romans Ado 2013

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