17/04/12

“In the end you can't always choose what to keep. You can only choose how you let it go.”

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Contre toute attente, j'ai beaucoup aimé cette suite de Promise, notamment parce qu'il est permis de mieux découvrir la personnalité de Ky, ce garçon qui fait battre le coeur de Cassia, l'héroïne. L'histoire est d'ailleurs racontée de leurs deux points de vue, car leurs parcours sont exposés en parallèle et tendent à se rejoindre.
Exilé dans les Provinces Lointaines, Ky va s'enfuir avec un compagnon d'infortune pour regagner le village dans les montagnes où il a grandi avec son père. De son côté, Cassia s'est portée volontaire dans un camp de travail et va s'échapper avec une autre fille dans le Labyrinthe afin de retrouver Ky.
Pendant une grande partie du roman, on suit leurs chemins de croix, et c'est loin d'être inintéressant. On se rend vite compte que l'histoire travaille en sous-marin, que l'intrigue est beaucoup plus roublarde qu'en apparence et que d'étonnantes révélations vont apparaître pour nous empêcher de penser que les jeux sont faits (des nouvelles idées apparaissent avec le mythe du Pilote et le mouvement révolutionnaire baptisé le Soulèvement que Cassia veut à tout prix rejoindre).
C'est probablement parce que l'histoire se passe dans un cadre totalement différent du premier tome (un milieu poussiéreux, dangereux, parsemé d'embûches, hanté par des fantômes et des souvenirs), que je me suis passionnée pour cette suite. Il y a une réelle évolution, c'est beaucoup plus riche et intriguant, les personnages aussi s'étoffent, je trouve que ce tome 2 a permis au caractère de Cassia d'acquérir davantage de force et de détermination. Même le personnage de Xander, pourtant peu présent dans le roman, n'en est pas moins imposant et mystérieux.
Très franchement, j'ai trouvé cette suite bien meilleure et plus grisante pour l'avenir, promettant une série nettement plus palpitante qu'elle ne paraissait à ses débuts.

Insoumise, par Ally Condie smileyc219
Gallimard jeunesse, 2012 - traduit de l'anglais (USA) par Vanessa Rubio-Barreau 


16/04/12

Emile est un enfant comme les autres. Presque comme les autres.

Joli coup de coeur pour la nouvelle série de Vincent Cuvellier, illustrée par Ronan Badel - le duo de choc !

C'est décidé. Aujourd'hui, Emile est invisible. À midi, plus personne ne pourra le voir ! Pourquoi à midi ? Parce qu'à midi, maman fait des endives. Des endives ! Mais c'est horrible, les endives !

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Qu'est-ce que j'ai pu rire en lisant cette histoire ! Emile est un petit garçon avec des idées farfelues, qu'il met toujours en application. Après tout, pourquoi se priver ? Il a, par exemple, décidé de devenir invisible et de n'en faire qu'à sa guise. Le plat d'endives ? Peuh, très peu pour lui. Il est invisible, cela veut dire que personne-ne-peut-le-voir ! Mais zut, sa maman possède des rayons X à la place des yeux, rien ne lui échappe mais Emile a plus d'un tour dans son sac. Sûr qu'il croit en son potentiel d'invisibilité... non mais ! 

La fin est absolument désopilante, j'étais bidonnée et je me suis payée le luxe de relire l'histoire plusieurs fois. C'est facétieux, avec un chouette personnage, dont la bouille me donne déjà envie de l'adopter. On croirait un mauvais bougre qui sourit lorsqu'il se brûle... franchement, c'est une lecture extra ! Juste pour rire et en redemander.

Et cela tombe bien, puisque ce sont deux albums de la même série qui viennent de paraître. *bonheur*

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Emile laisse aux autres enfants l'envie d'avoir un chat, un chien ou bêtement un poisson rouge, lui veut une chauve-souris. Et ce n'est pas pour de rire. Ses parents font cependant grise mine et Emile doit négocier. Une chauve-souris, avec ses ailes toutes bizarres, ses yeux noirs, ses petites dents, ses petites griffes, ne représente-t-elle pas une bestiole sympathique ? Ou à la place, il a bien une autre suggestion en tête...

L'histoire, encore une fois, surprend agréablement et nous ravit avec sa fin rigolote. Emile rejoint ainsi le club fermé des héros fétiches, bravo ! 

Emile veut une chauve-souris !  &  Emile est invisible par Vincent Cuvellier et Ronan Badel 
Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, 2012.  

Ha, ha ! je ne peux pas m'en empêcher... smileyc219

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11/04/12

The only good angel is a dead angel.

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En acceptant de lire l'avenir d'une fille de son lycée, Willow ne s'imaginait pas une seconde que son existence allait basculer dans une course-poursuite avec un assassin à ses côtés et une bande d'anges insatiables à ses trousses. En effet, en découvrant le secret de Beth Hartley, Willow s'attire les foudres des responsables de l'Eglise des Anges, un mouvement sectaire secrètement mis en place par des anges eux-mêmes, ces derniers étant venus sur Terre pour se nourrir de l'énergie humaine. En révélant ses pouvoirs, Willow s'avère une arme de destruction contre ces créatures. Nécessité faisant loi, il faut qu'elle déguerpisse de Pawntucket !
La vie de l'adolescente plonge donc dans l'horreur absolue, et pour sauver sa peau, elle accepte de suivre un type dont elle ignore tout et qu'elle ne supporte pas. Alex est un tueur à gages, il appartient à une branche spéciale de la CIA. Sa dernière mission consistait à éliminer la jeune fille, mais de troublantes révélations ont remis en cause ses convictions et sa motivation.
L'histoire s'engage sur plus de 500 pages à avaler du bitume et à tuer le temps dans des chambres de motel ou dans une cabane perdue dans les montagnes. L'alternance de rythme, entre l'action folle et les temps morts à essayer d'élaborer une stratégie de repli puis de riposte, permet d'apporter un certain équilibre au récit. C'est franchement très agréable à suivre, il faut dire aussi que l'alchimie du couple est tellement juste et quasi parfaite qu'il m'était impossible de ne pas craquer.
Cette lecture est à considérer sans prétention, juste dans le dessein de passer un bon moment avec des personnages attachants. J'ai été entraînée dans cette aventure palpitante, suivi avec intérêt la lente éclosion amoureuse des deux tourtereaux et senti mon coeur palpiter un peu plus fort au tempo des trépidations de l'intrigue. La recette est facile, mais efficace. Je suis impatiente de lire la suite !

Angel, par L.A. Weatherly smileyc002
Gallimard jeunesse, 2011 - traduit de l'anglais par Julie Lafon 

Sous le pseudonyme de Titania Woods, L.A. Weatherly est aussi l'auteur de la série L'Ecole des Fées en Folio Cadet (ma fille a lu les premiers tomes il y a quelques années, avant de se juger trop grande pour la suite). 

05/04/12

Yok-Yok et la tulipe

La tulipe rouge est la fleur préférée de Yok-Yok, elle ressemble à son chapeau. Pour faire partager sa passion à Noire la Souris et Josée la Chenille, Yok-Yok va leur raconter l'extraordinaire histoire de cette fleur venue des confins de l'Himalaya jusqu'en Turquie, puis en Hollande. C'est dans ce pays que la folie des tulipes a atteind des sommets : un oignon rare pouvait être aussi cher qu'une belle maison ! Depuis, la Hollande est toujours le pays des tulipes et en ce doux mois de mai Yok-Yok invite ses amies à le visiter.

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Bizarrement je n'adhère pas toujours à la collection Yok-Yok, mais cet album-là a su remporter toute ma sympathie parce qu'il est question de tulipe (ma fleur préférée) et parce que les illustrations et les couleurs opèrent un charme radical. Je connaissais déjà l'histoire de la tulipe via une lecture plus ancienne (Le peintre des vanités, de Deborah Moggach). Aussi j'ai trouvé très intéressant d'apporter cette connaissance aux enfants, qui ne contempleront plus un champ de tulipes, ou un simple bouquet, avec le même regard. 

UNE LECTURE POETIQUE, AVEC BEAUCOUP DE CHARME ET UN PEU DE PEDAGOGIE, EN PLUS D'UN GRAPHISME RAVISSANT.

Yok-Yok et la tulipe, par Etienne Delessert (Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, 2012) 

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30/03/12

L'âne Trotro a trop chaud

Ce jour-là, le soleil brille très fort et Trotro a tellement chaud qu'il ne sait plus que faire... Il boit un verre d'eau, se met en maillot, se rafraîchit sous un jet d'eau et enfin déguste à l'ombre d'un arbre un délicieux esquimo.

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UN ALBUM RIGOLO ET COLORÉ POUR LES GRANDS FANS DU PETIT ÂNE TROTRO ! Moi, ce que j'aime par-dessus tout, c'est le générique de la série tv (et l'inspecteur Lapou, bien sûr). 

Bénédicte Guettier dessine et signe à la pointe de son pinceau. Elle a un trait incisif, dégingandé qui n'appartient qu'à elle. Quand Bénédicte trotte dans Giboulées, ça donne un personnage qui lui trotte depuis longtemps dans la tête, Trotro, le petit âne malicieux et turbulent.   (source : gallimard-jeunesse.fr)

L'âne Trotro a trop chaud, par Bénédicte Guettier (Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, 2012)

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26/03/12

"Apparemment, ils ne pouvaient se parler qu'en prononçant une syllabe à la fois."

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Tout commence avec une chanson, I'll be there, qu'Emily Bell interprète à l'église. Elle est morte de honte et de trouille, lorsque son regard se pose sur celui d'un garçon assis sur le banc du fond. Il s'agit de Sam Border.
Sam, c'est tout un mystère, tout un poème aussi... Son frère Riddle et lui ont parcouru le pays en suivant leur père, ils n'ont pas de chez-eux, ne vont pas à l'école, doivent passer inaperçus et subir l'autorité abusive de leur père. Sam, c'est le grand frère idéal et Riddle lui porte une totale vénération. Ce n'est pas un môme comme les autres, il ne parle pas beaucoup et passe son temps à dessiner mais il est aussi très intelligent.
Et puis, Emily tombe amoureuse de Sam. Les parents d'Emily vont l'accueillir chez eux, ils vont s'attacher aux deux frères, mais Clarence Border va ressurgir de nulle part et imposer sa propre loi.

Exprimer tout ce que ce roman inspire est très difficile, parce que le début n'est pas tendre ni gai, on devine tout de suite que l'ambiance n'est pas guillerette et que l'histoire va nous emporter très loin. Et en effet, au fil des pages et des chapitres, elle se construit en douceur mais avec efficacité. Les personnages font leur apparition, timidement. Ils vont et viennent sans nous laisser douter de leur interaction. C'est que cela demande du temps pour comprendre leur vécu et saisir leurs émotions, c'est subtil et délicat, très finement joué, et c'est donc tout naturellement qu'on réalise que c'est un roman bouleversant !

C'est surtout la deuxième partie du roman qui est captivante et touchante. Sam et Riddle sont en cavale et luttent pour leur survie, il y a alors une telle intensité dans leur parcours, c'est très fort, plus d'une fois on se surprend avec la boule au ventre, l'estomac noué par l'angoisse. Dans le même temps, on découvre le calvaire d'Emily, seule avec ses doutes, convaincue d'avoir été trompée, puis se résignant au pire. Et c'est l'un des points forts de l'histoire, comme si l'histoire de Sam et Riddle avait su toucher tous ceux et celles qu'ils avaient croisés, comme s'ils possédaient ce truc indéfinissable qui fait qu'on s'attache aussitôt à eux et qu'on ne peut se résoudre à les oublier.

Voilà donc un roman qui ne laissera pas indifférent, il vous donne la sensation d'avaler une enclume, avec l'envie bizarre de faire des bonds et de crier victoire et bonheur. Malgré les premières impressions qui font penser que la lecture sera triste, il s'avère que le roman est extrêmement positif, tout simplement beau, il est même très drôle (grâce à  Bobby Ellis, un garçon du lycée qui a le béguin pour Emily et qui veut tout faire pour l'aider, d'où certaines situations parfaitement risibles, j'ai adoré !). Bref, ce livre fait un bien fou ! 

Cavale, par Holly Goldberg Sloan smileyc002
Gallimard jeunesse, 2012 - traduction de Nathalie Peronny 

20/03/12

"(...) la vie nous fait l'effet d'une vaste farce..."

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Ismaël n'aime pas son prénom, en référence à Moby Dick que ses parents adoraient, sauf que ce choix relève surtout d'une plaisanterie parce que la grossesse avait dépassé son terme et sa mère se lamentait de ressembler à une baleine ! Depuis, le garçon traîne cette anecdote comme un boulet. Au collège de St. Daniel, il est devenu le souffre-douleur de Barry Bagsley, jusqu'à l'arrivée de James Scobie, un garçon chétif, au look ringard, et affublé de tics nerveux. Aussitôt, Ismaël pense qu'il voit là sa chance de survie, Barry va lui sauter à la gorge, Ismaël pourra terminer son année tranquille...
Mais le plus surprenant arrive, car James va saisir à pleines mains les remarques désobligeantes de la brute pour les lui retourner en pleine face. James est un as de la voltige verbale, il n'a peur de rien, il l'explique et le démontre. Et c'est ainsi qu'il va entraîner tout un petit groupe de geeks dans un concours d'éloquence, sous la bonne escorte de miss Tarango, leur prof d'anglais.
Voilà une lecture fort agréable et très drôle, qui démontre avec intelligence quelles sont les armes possibles pour exister, briller et résister à l'école, autrement que par l'utilisation de la force physique et le harcèlement. Les personnages sont extrêmement attachants, tous singuliers et brillants, vraiment irrésistibles, et surtout ils sont le parfait exemple que la popularité s'attache à des détails qu'on se doit de développer et non de renier.
J'ai trouvé ce roman fin, alerte, enchanteur et extraordinaire.

Appelez-moi Ismaël, par Michael Gerard Bauer smileyc219
Casterman,  2011 - traduction par Antoine Pinchot

  • à découvrir le livre diorama illustré par Joëlle Jolivet, aux éditions Gallimard jeunesse

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19/03/12

En route vers l'aventure

Un 7ème tome inespéré ! 

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Rémi et Mathilde se lancent à la recherche de leur camarade Pierre-Paul Louis de Culbert, alias P.P. Cul-Vert, dont le box à l'internat a été saccagé, laissant quelques indices qui seront fort habilement exploités par nos deux amis. Les voici partis en Bretagne, dans un coin paumé, sur une île où se trouve un château (hanté par des ancêtres et un trésor caché).
Ce sont de nouvelles aventures palpitantes qui s'offrent au lecteur, et moi qui connaissais la série sans jamais avoir ouvert un seul tome, je me tortille sur ma chaise, de confusion et de plaisir ! Car j'ai tout bonnement savouré cette lecture. C'est drôle, écrit aux petits oignons, avec des personnages dont j'ai tout de suite apprécié l'humour et la singularité, à commencer par P.P. Cul-Vert. Avouez qu'il pète-sec, excentrique, imbu de sa personne, sournois et lâche, mais c'est proposé avec une réelle tendresse, et beaucoup de finesse, qu'il est impossible de lui en tenir rigueur.
C'est une lecture avenante, balayée par le crachin breton, cernée par des mystères et des fantômes un peu rancuniers. Je me suis aussitôt prise d'affection et d'intérêt pour cette histoire, j'ai également beaucoup aimé les illustrations de Serge Bloch, je comprends mieux pourquoi la série Enquête au collège remporte autant de succès auprès des lecteurs. C'est un succès amplement mérité ! 

Enquête au collège, tome 7 : Sa Majesté P.P. Ier, par Jean-Philippe Arrou-Vignod
illustrations de Serge Bloch - Gallimard jeunesse, 2012 

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13/03/12

Une histoire en vert

Cet album est tout simplement magnifique !  

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Je sais, c'est un peu facile à avancer, mais avouez que Lane Smith a su une nouvelle fois époustoufler son lecteur. Rappelez-vous, c'est lui l'auteur du génial C'est un livre ! Cette fois, il nous invite à découvrir l'univers d'un grand-père passionné d'art topiaire, l'histoire est racontée par l'arrière-petit-fils, qui se balade dans le jardin où la vie de l'ancêtre est racontée : grand-père a grandi dans une ferme, il a attrapé la varicelle et tué le temps en bouquinant dans son lit, il a échangé son premier baiser au collège, il rêvait d'étudier l'horticulture mais il est parti à la guerre, il a rencontré sa future femme à Paris, il s'est marié, il a eu des enfants et des petits-enfants, aujourd'hui il a un peu perdu la mémoire... et c'est son jardin qui conserve les stigmates de sa vie, riche et passionnante. 

Les illustrations sont superbes, c'est une histoire en vert comme le souligne le titre (le feuillage laisse une impression stupéfiante, tellement proche de la réalité, le rendu est parfait !). C'est aussi et surtout une histoire d'amour, de transmission, de mémoire et c'est tout bonnement admirable. Magique et émouvant. J'ai beaucoup aimé ! 

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L'histoire en vert de mon Grand-père, par Lane Smith
Gallimard jeunesse, 2012 - traduction de Catherine Gibert 

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27/02/12

"Vivre, c'est avoir des problèmes et essayer de les résoudre."

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C'est déjà l'avant-dernier tome de la série ! On entend presque l'écho du tic-tac, et tant de questions encore sans réponse... tout ça nous taraude, et c'est donc avec un plaisir non simulé qu'on se plonge dans ce 7ème volume. On se rappelle dans quelle mauvaise posture se trouvait Jasper, traqué par l'Association, accusé à tort, lui-même aux trousses d'un petit bonhomme, en fait un shamane aux pouvoirs redoutables... Et voici qu'on découvre une surprenante mademoiselle Rose, transformée en Lara Croft, c'est dire comme les choses vont mal au 13, rue du Horla !
Ombe, Jasper et Nina ignorent encore à quel point les nouvelles sont mauvaises, et toute la première partie de l'histoire baigne dans l'atmosphère d'un roman d'espionnage. Tout le monde se traque, chacun cherche son chat, en somme, et paf ! tout ce petit monde va finir par se croiser et s'affronter. Les ennemis ressurgissent de partout, la confiance n'est plus, parce que ... voyons, rappelez-vous, Walter, ce cher Walter... et aussi le Sphynx... C'est horrible, quoi.
Jasper avance, petit pas par petit pas. Il perd de plus en plus le contrôle de ses convictions, et puis il est frappé par des hallucinations, des flashes rouges, comme la saveur du soufre. C'est vif, perturbant. Mais viennent aussi ces incroyables révélations sur Ombe et lui-même ! Peut-être le début d'une piste ?
L'explication tant attendue ne viendra qu'avec la parution, en octobre 2012, du dernier tome : Le regard brûlant des étoiles. L'impatience fait rage, parce que toute la deuxième partie de cette lecture s'est révélée captivante et promet un final à couper le souffle. Il sera, évidemment, difficile de se séparer de nos personnages au charisme avéré, Jasper et son humour pourri, Ombe et sa fougue légendaire, Nina et sa fragilité apparente... La responsabilité est lourde pour l'auteur, Erik L'Homme ne pourra pas nous décevoir, nos attentes nous placent dans un état d'angoisse, ou presque, mais surtout de doute et de curiosité, bref je vous dis ça, je ne vous dis rien.

7. Car nos coeurs sont hantés - Erik L'Homme (A comme Association)
Gallimard jeunesse / Rageot éditeur (2012) 

A quoi servent les notes d'une musique, à quoi servent les mots d'une chanson, sinon à remplir la mer que d'autres ont vidée ? A repeindre des horizons qui ont été effacés ? A forger les maillons de la chaîne qui nous rattache au soleil ? 
A ériger un lieu habitable sur les territoires du néant...