13/05/11

I killed her once and died for her many times and I still have nothing to show for it.

Pourquoi était-il obligé de vivre toujours la même vie alors que les autres pouvaient repartir de zéro ? Pourquoi était-il toujours là tandis qu'elle disparaissait chaque fois ? Il avait souvent l'impression d'être seul sur cette terre. Il était différent. Il l'avait toujours été. Ses tentatives de vivre comme tout le monde lui semblaient absurdes et illusoires.
" Je l'ai de nouveau perdue. "
On aurait pu croire que quelqu'un qui, comme lui, avait tant vécu, en avait tant vu, aurait eu une vision des choses à plus long terme et fait preuve de davantage de patience. Mais il avait refoulé trop de choses, en avait trop demandé aussi. Elle était là, en face de lui, et il n'avait pas réussi à se contrôler. Il s'était plu à croire qu'en le regardant simplement dans les yeux elle se serait souvenue, que l'amour aurait été plus fort que tout. Il s'était trompé.

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Lucy rencontre Daniel au lycée, elle est attirée par lui tandis qu'il la fuit. Le soir du bal de la promo, ils se retrouvent en tête à tête. Il lui confie qu'ils se connaissent déjà, qu'elle se prénomme Sophia et qu'il l'aime à en mourir. Lucy prend peur et le quitte brutalement.Elle n'aura plus de nouvelles de lui, pensera même qu'il est mort et s'en voudra, surtout que des souvenirs lui reviennent tentant de lui expliquer qu'il n'avait peut-être pas tort et que tous deux se seraient déjà vus dans d'autres vies.

Quelle étrange histoire ! Je dois vous avouer n'avoir pas beaucoup accroché aux personnages ni à leur relation amoureuse, mais je suis tout de même venue à bout du roman alors qu'au départ ce n'était pas gagné (je trouvais que c'était long, avec un ton particulièrement lyrique qui me hérissait). Puis sont venues les épopées à travers les siècles, un moyen de mieux connaître Daniel et le pourquoi de son obsession. A vrai dire, je n'ai pas du tout aimé ce garçon, il pleurniche beaucoup (même de bonheur !). Son truc à lui, c'est d'aimer Sophia et d'espérer qu'elle se souvienne de lui (pari risqué, puisqu'elle a une mémoire défaillante). Le tournant le plus important se passera durant la première guerre mondiale, alors que la jeune fille s'appelle Constance, elle est anglaise et infirmière-auxiliaire, lui est grièvement blessé et ainsi soit-il. De retour dans les années 2000, Lucy aura également le déclic puisqu'elle se décidera enfin à agir. 

En attendant, c'est long. L'époque contemporaine et le passé font quelques pas de danse, au milieu le lecteur s'impatiente de plus en plus (à quand la rencontre ? l'instant magique du premier baiser ? l'explication de ce phénomène un brin fantastique qui transporte notre jeune homme à brasser plusieurs destinées ? pourquoi cette fille, et pas une autre ?). Hélas, le suspense est quelque peu surfait, le tout sonne faux, l'intrigue est ennuyeuse et j'ai été très déçue parce que j'attendais beaucoup de ce nouveau roman d'Ann Brashares. Il s'agit donc d'un rendez-vous loupé autour d'une intrigue qui se veut trop sentimentale et qui se révèle plate et pas crédible pour deux sous. C'est duuuur !

L'Amour dure plus qu'une vie - Ann Brashares
Gallimard (2011) - 385 pages - 17€
traduit de l'anglais (USA) parAnne Krief

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30/04/11

Le samedi, c'est permis (d'avoir un coup de coeur) !

Bauchette avait vu juste en révélant Amélie Graux, une illustratrice qu'il fallait suivre de très près ! Je viens de lire Moi, j'aime pas comme je suis (texte d'Alma Brami) et je suis complètement SOUS LE CHARME !!!

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C'est l'histoire d'une petite fille qui a un peu de mal à s'accepter telle qu'elle est : ses joues sont trop rondes, elle a des poils sur les bras, son nez est en trompette, ça la gêne même si maman trouve ça ravissant, elle porte de longs cheveux noirs tressés et envie les beaux cheveux, blonds et raides, de sa copine Sonia. Tous les garçons n'ont d'yeux que pour elle, ou plutôt ils baissent les yeux dès qu'elle éclate de rire. Et puis, il y a Thomas. Il trouve que la petite fille a les plus beaux yeux de toute la Terre. De quoi rosir de plaisir, en baissant la tête et en esquissant un sourire. Qu'est-ce que c'est mignon !!! Et les illustrations d'Amélie Graux rendent l'album encore plus touchant et craquant - j'ai fondu de plaisir en voyant les bouilles des enfants. C'est irrésistible !

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(Albin Michel jeunesse, 2011)

Et j'en profite pour vous parler des Trois Grains de Riz par Aki parce que j'ai BEAUCOUP aimé aussi !

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Il y a quelques mois je découvrais la série d'Aki - Pan & Chat (déjà un régal d'humour), j'avais tout de suite adhéré à son style et à son humour (cela me rappelle Anouk Ricard) et j'étais drôlement contente d'apprendre la parution d'un autre livre. Les trois grains de riz sont donc trois soeurs, Eve, Del et Ninie, qui font beaucoup de bêtises en s'amusant chez elles. Elles passent leur temps à se taquiner, se faire peur et créer des nouveaux jeux dans le dos des parents (c'est simple, ils sont transparents !). Cela se présente comme une bande dessinée avec des saynètes (comme le grand album de Rita et Machin !), c'est très court à chaque fois (trop court aussi, frustration quand tu nous tiens !), mais qu'est-ce que c'est drôle ! Les fillettes sont toutes très expressives, j'étais pliée de rire à la moindre chute ou réplique tordante. (Et quand on a soi-même des soeurs, c'est sûr que ça réveille de bons vieux souvenirs et que ça fait ricaner encore plus doucement...) Enfin bref, Trois Grains de Riz est une lecture rigolote et rafraichissante, qui vous fait passer un bon moment et qui fait rugir la bête en vous car le ventre crie famine et en voudrait encore !!! (Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, 2011)

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la bonne adresse : http://www.delphinemach.com/wordpress/

Pêle-mêle Clarabel #32

C'était notre découverte d'un soir, Le bébé tombé du train par Jo Hoestlandt & illustré par Andrée Prigent.

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J'ai été ravie par cette lecture, en fait ! C'est l'histoire d'un vieil homme seul, Anatole, dont la maison se situe près d'une voie ferrée. Il est coutume qu'il retrouve toutes sortes de choses dans son jardin, comme des lettres ou une brosse à cheveux, le genre de détails auxquels il a fini par ne plus prêter attention... jusqu'au jour où il découvre avec étonnement un bébé, un vrai bébé qui rampait dans les herbes. Aussitôt Anatole décide de l'adopter et prend soin de l'enfant ; commence alors une belle relation entre le vieil homme et le petit Virgile. Le temps passe, on toque à sa porte mais Anatole rembarre les gendarmes, mais pas cette jeune femme qui se présente à lui. Je me suis laissée porter par l'histoire, n'ayant rien deviner malgré les indices, et la fin a été un beau cadeau que j'ai déballé avec ravissement. J'aime définitivement cette collection (Trimestre, chez Oskar jeunesse) où la voix d'un auteur devient complice du talent d'un illustrateur pour un plaisir de lecture garanti.  

Nous avons également lu le dernier roman d'Agnès de Lestrade, Le jour où j'ai abandonné mes parents.

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Karla-Madeleine n'a pas seulement un prénom impossible à porter, elle a aussi des parents insupportables, tellement différents l'un de l'autre qu'ils passent leur temps à se chamailler. Et quand arrive un gros souci domestique dans la maison, pendant les vacances, et qu'il leur faut donc plier bagages pour aller au camping, Karla-Madeleine ne va plus vouloir supporter les querelles entre ses parents et va choisir de vagabonder entre les allées. Elle y fera une bien étrange rencontre ! Ceci l'amènera à mettre son grain de sel dans les relations conflictuelles de ses parents, en réalisant qu'il existe bel et bien de la tendresse et un amour fou entre eux, puis elle voudra raccomoder ses parents avec leurs familles respectives à l'occasion d'un évènement inattendu. L'histoire doit son rythme enjoué et agréable à son héroïne pétillante, car c'est drôle et facile à lire, même si j'ai trouvé la première partie plus avenante (les situations finales me semblaient trop téléphonées). Très sympa et idéal pour les vacances ! (Rouergue, coll. Dacodac, 2011).

Lu aussi La mensongite galopante d'André Bouchard.

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Voilà une lecture particulièrement loufoque ! Adrien a besoin d'attirer l'attention de ses copains et s'invente donc un oncle imaginaire, Honoré Aubenard, milliardaire après avoir déterré un poireau, soldat de Napoléon et portant désormais un oeil de verre en diamant. Aussi, quelle surprise pour lui lorsqu'il croise dans la rue cet homme pour de vrai et lorsque celui-ci prétend que Adrien est en toc ! L'oncle fait alors tout pour prouver qu'il a raison, convoque même Napoléon pour une partie de cartes avec les parents d'Adrien, fait des merveilles auprès des copains en les invitant à bord de son hélicoptère personnel. Bref, c'est un cas grave de mensongite galopante (une maladie contagieuse qui fait qu'on ne peut pas s'arrêter de mentir) ! C'est d'ailleurs une surenchère perpétuelle entre Adrien et cet oncle imaginaire-qui-existerait-pour-de-vrai, car tous deux, en fin de compte, apprécient d'être la vedette et n'aiment pas qu'on la leur prenne ! Chaque nouvelle page tournée promet un mensonge encore plus dingue et délirant, c'est un texte rigolo, qui montre surtout le bon côté du mensonge (et ses conséquences démentielles) parce que cela ouvre la porte à la folle du logis, et le jeune lecteur appréciera probablement. (Gallimard jeunesse, 2011)

27/04/11

Pêle-mêle Clarabel #31

Lu et beaucoup aimé, Pinocchio L'Acrobatypographe de Georges Lemoine :

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C'est un magnifique album (blanc) pour apprendre l'alphabet, nous dit-on. Mais en fait c'est beaucoup plus beau et enrichissant, et le texte qui accompagne chaque illustration fait souvent preuve de fantaisie, avec une touche de poésie (et de gymnastique !). C'est recherché, élégant, un poil classique par son approche, très épuré dans l'ensemble, bref une découverte pleine de charme !  (Gallimard jeunesse, 2011)

Aimé et souri en feuilletant Et pourtant ils s'aiment de Frédéric Kessler,

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C'est le grand livre des contraires, réunis en un seul ouvrage tendrement facétieux. Madame la girafe est droite, monsieur le serpent est sinueux. Madame la mouche est une géante, pour monsieur le microbe microscopique. Monsieur le paresseux ne fait rien de ses journées. Madame la pieuvre fait tout en même temps. Le face-à-face est à chaque fois inventif et extra - c'est drôle et cocasse, gentil et attendrissant. Et comme le souligne le titre, ils sont différents et pourtant ils s'aiment (preuve que les contraires s'attirent et que les différences nous enrichissent au lieu de nous confronter). Oui, oui, je sais... belle utopie ! C'est tout de même BEAU d'y CROIRE.  (Autrement, 2011)

J'ai éclaté de rire en lisant Podlapin de Philippe Jalbert et Cécile Hudrisier,

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C'est l'histoire d'un lapin qui est fâché, fâché, mais alors extrêmement fâché. Tous ceux qui croisent son chemin ont affaire à son couplet de propos déchaînés (en fait, dans les bulles, ce sont des illustrations de toutes sortes, un peu comme dans les bandes dessinées où on échange les propos orduriers contre des dessins bien sentis, sauf qu'ici c'est très gentil et c'est ce qui est drôle aussi !). Bref, notre lapin croise alors un petit oiseau qui lui offre son amour. Han, han... cela adoucira-t-il l'humeur belliqueuse de notre ami ? Je vous laisse découvrir la fin particulièrement excellente ! J'ai ri, après un petit hoquet de surprise. C'était vraiment très bon !!! (éditions Thierry Magnier, 2010)

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14/04/11

"Is falling in love with someone's story the same thing as falling in love with the person himself ?"

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Cassia avait tout pour être heureuse : à dix-sept ans, sa cérémonie de Couplage est un vrai succès, son Promis n'est autre que son ami d'enfance Xander, de plus ses exercices de classement font d'elle une experte en la matière, la destinant ainsi à une grande carrière. Une petite vie parfaite, donc. Et puis la demoiselle perd peu à peu ses certitudes - le visage d'un autre garçon au lieu de son Promis apparaît sur sa microcarte, le décès de son grand-père survient et deux poèmes interdits ont été glissés dans son poudrier. Mis bout à bout, ces indices vont inciter Cassia à voir la Société différemment.

N'attendez pas la cavalerie au détour de cette lecture, vous risqueriez d'être déçus. Il s'agit en fait d'une histoire subtile, profonde et délicate, où sont soulevées des interrogations essentielles sur nos sentiments et notre libre-arbitre, alors qu'est dépeint un monde utopique - celui de la Société (il n'y a aucun problème de santé, on tombe amoureux et on épouse la personne promise, il n'existe aucune place pour le hasard, même l'âge de mourir a été décrété). Cassia n'est pas une héroïne intrépide, pas une rebelle, mais la petite fille sage va progressivement sortir de sa bulle d'obéissance. Son grand-père lui suggérait de se poser des questions, les bonnes questions, cela lui demandera du temps (après tout, l'illusion de la perfection était une vraie réussite). Mais elle va y parvenir, notamment par le biais sentimental (Cassia tombe amoureuse d'un autre que son Promis et c'est le drame !), elle réalise que la Société a toujours entretenu un semblant de complaisance qui dissimulait une main-mise sur leurs libertés. Et ainsi de suite, elle prend conscience de la vaste manipulation, de la perfidie des Officiels, toujours présents et attentifs aux moindres faits et gestes. Les événements se précipitent sur la fin, les masques tombent et les émotions sont très fortes.

J'ai apprécié la finesse de l'intrigue qui n'a pas cherché à bousculer son lecteur à travers une mise en scène spectaculaire, mais plutôt grâce à des faits quelconques, racontés minutieusement et portés par une héroïne ordinaire, en recherche de vérité. Je me suis totalement laissée porter par l'histoire, ressentant l'inertie et l'abrutissement avant de chercher à échapper au contrôle, comme Cassia. L'identification est habile, même si ses sentiments amoureux m'ont plutôt laissée songeuse...

Affaire à suivre !

Promise - Ally Condie
traduit de l'anglais (USA) par Vanessa Rubio-Barreau
Gallimard jeunesse (2011) - 424 pages - 18€

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13/04/11

Ré-créatures de Cruschiform

Ou comment je m'amuse à dessiner des silhouettes originales et farfelues grâce à ce méli-mélo vraiment rigolo !

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Et une vidéo !

Ré-créatures de Cruschiform (Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, 2011)

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CHALLENGE Je lis aussi des albums (édition 2011) - 19

 

02/04/11

Pêle-mêle Clarabel #27

Un peu d'évasion parce qu'il fait beau et que c'est le weekend !

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extraits - Un dragon dans la tête de Pittau & Gervais (Gallimard jeunesse, 2011)

Le deuxième poème, On peut, me fait penser au Cancre de Prévert.

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Et j'ai aimé aussi me promener dans l'herbe et découvrir ce qu'elle cache à travers le regard d'une petite fille.

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Dans l'herbe, de Yukiko Kato & Komako Sakaï (L'école des loisirs, 2011)

Et la palme de la jolie couverture revient à Lela Mari et Les animaux dans le pré.

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Dans ce livre, il n'y a pas de mots. Ce sont les images qui racontent, non pas une, mais beaucoup d'histoires. Des histoires de couleurs, d'odeurs, et des histoires d'animaux. Autant d'histoires qu'il y a d'animaux dans ce pré. Des animaux qui jouent, qui se tournent le dos, se guettent, se tendent des embuscades.

(Avec pages cartonnées, pour petits lecteurs !)

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CHALLENGE Je lis aussi des albums (édition 2011) - 15

28/03/11

Vivre avec l'étranger

IMG_3101Un petit texte intelligent et limpide sur la question de "l'étranger" par sa définition politique, anthropologique, philosophique et psychologique. Surtout, aucune crainte ! C'est clair comme de l'eau de source. La collection (Chouette penser !) se destine aux enfants et tend à vouloir expliquer des questions essentielles en des réponses simples (il existe une thématique assez large, comme par exemple Pourquoi on écrit des romans de Danièle Sallenave, que j'ai lu il y a quelques mois mais j'étais restée sur ma faim).
Sur le sujet "Vivre avec l'étranger", il m'est apparu nécessaire à lire et à faire partager. C'est une lecture que BEAUCOUP devrait consulter afin de se rappeler ô combien on s'enrichit de l'autre et de ses différences. C'est ce qui fait bouger le monde, en plus de nous faire grandir.
Le livre est donc composé en plusieurs parties, qui sont les suivantes : L'étranger ou l'autre que soi - De l'étranger aux étrangers - L'état et ses étrangers - Soi-même comme un autre - Le moi caché - Vivre, apprendre et partager avec l'étranger.
On trouve en marge des petites chouettes savantes qui expliquent les termes qui pourraient freiner la compréhension (pour les plus jeunes), en plus de citations d'auteurs (Baudelaire, Machiavel, Marcel Proust, Freud...), tout ceci dans un décor orange, illustré de façon abstraite par Alexis Beauclair.
Ce qu'il faut retenir, donc, c'est le propos de ce livre. On chuchote, on soupire, on lit haut et fort des passages qui nous parlent, on souligne et on aimerait tant que ce soit une vérité entendue, une leçon de choses pour les amnésiques. Je me suis sentie totalement concernée par ce texte, j'ai aimé son approche et ses explications simples, la question de "vivre avec l'étranger", au sens le plus large, est retournée dans tous les sens et la conclusion n'est pas non plus moraliste. Elle est déclarative, et tellement évidente. Vraiment, j'ai trouvé cette lecture enrichissante et utile pour tous !

Aller à la rencontre de l'étranger, et ne pas simplement coexister, relève toujours d'une sorte de pari, mais ce pari peut être récompensé : les langues se réinventent par emprunts ; la vision de l'humanité s'enrichit et s'élargit ; les choix de vie que l'on fait pour soi-même sont plus réfléchis ; la créativité y trouve de nouvelles ressources.

Texte de Marie Gaille - Illustrations d'Alexis Beauclair
Gallimard jeunesse Giboulées / Chouette Penser ! (2011) - 70 pages - 10 euros

17/03/11

A comme Association (la suite !)

IMG_3026Troisième tome de la série, L'étoffe fragile du monde va conduire Jasper dans une aventure interdite ! En fait, consigné pour deux semaines par l'Association et donc privé de nouvelles missions, le garçon pense profiter de son temps libre pour préparer son premier concert avec son groupe au son médiéval. Ce soir-là, Jasper passe un coup de fil à Ombe et découvre qu'elle est en danger. Il vole à son secours, le coeur battant (il a effectivement le béguin pour la jolie blonde) et découvre sur place ... un troll ! Pas un inconnu, puisqu'il s'agit d'Erglug (cf. Les limites obscures de la magie).

Que de péripéties ! Jasper convient vite d'une alliance avec le troll, tous deux se rendent sur l'Île-aux-Oiseaux où se trouve le clan d'Erglug, ils vont ensuite affronter le magicien noir pour rompre le charme qui condamne la créature à pourchasser Ombe jusqu'à ce que mort s'ensuive. Pfiou, pas le temps de souffler ! Cela ne manque ni de charme, et encore moins d'humour (vraiment le point fort de la série). J'ai cependant trouvé le temps long parmi les trolls, même si certaines scènes valent le détour (Jasper sent bouillir sa testostérone au contact d'une voluptueuse trollette !). Et la fin, comme toujours, laisse libre cours aux spéculations puisque les questions s'accumulent, les phénomènes étranges s'enchaînent et Jasper découvre en lui des capacités insoupçonnées, concernant la magie.

Ce troisième tome est un maillon de la chaîne, l'intrigue se met en place en privilégiant la dynamique du récit - le garçon est le roi du calembour et des jeux de mots pourris, cela vaut quelques répliques désopilantes ! Et je sens que l'auteur commence enfin à découvrir son personnage, à ôter ses pelures pour aller davantage au coeur de ses secrets, puisque ce n'est qu'un début et que la suite promet encore de belles surprises !

3. L'étoffe fragile du monde - Erik L'Homme
Gallimard jeunesse / Rageot éditeur (2011) - 198 pages - 9,90€ 

IMG_3027Enfin un tome centré sur les sentiments et les émotions ! Connaissant la personnalité d'Ombe, il était à prévoir que ce roman serait explosif, truffé de scènes d'action et de répliques fortes, et c'est tout le contraire ! Ombe va tomber amoureuse - d'un garou. Physiquement, la jeune femme a la particularité d'être incassable. Elle reçoit des coups, en donne autant, mais jamais elle ne reste à terre. Elle possède une capacité de régénération étonnante. Qu'en est-il de son coeur ? Ombe n'est pas la caïd qu'on imagine, au fond d'elle c'est une jeune femme seule, blessée et sensible. Et l'histoire le confirme.

Qu'est-ce c'est joli ! On voit Ombe craquer pour cet individu qu'elle sauve d'une mort certaine, elle est censée tirer de lui des informations pour l'Association, et puis le reste s'emballe. Parce que cette série se destine à un lectorat adolescent, nous aurons très peu de détails, mais certaines phrases résument tout et laissent voguer l'imagination vers des eaux plus sulfureuses. Enfin, cette série devient plus humaine, plus profonde, un peu plus tendre. Les personnages sont faillibles, sous leur carapace d'Agents surdoués et c'est rassurant. Et pour la première fois, Ombe et Jasper choisissent de se voir en mettant de côté tout ce qui touche à l'Association, ils se montrent tels qu'ils sont réellement, ils se confient et se comprennent. Ce début de rapprochement entre nos deux héros est un soulagement, car cette série, aussi palpitante soit-elle, dotée d'un sérieux sens de l'humour, ne devait pas oublier l'aspect émotif.

Les dernières lignes de l'histoire nous renvoient d'ailleurs en pleine face l'amertume d'une réalité sordide - Pierre Bottero signait là son dernier ouvrage, et c'est bien dommage.

4. Le subtil parfum du soufre - Pierre Bottero
Gallimard jeunesse / Rageot éditeur (2011) - 184 pages - 9,90€

Le tome 5 - Là où les mots n'existent pas - paraîtra en juin 2011.

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15/03/11

A comme Association - Pierre Bottero & Erik L'Homme

IMG_3019L'Association est une agence secrète, dont le but est de maintenir en permanence l'équilibre parfait entre les Normaux (les humains) et les Anormaux (vampires, trolls, garous etc.), et pour ce faire, cette tâche revient aux Paranormaux (personnes dotées de dons particuliers).

Ombe, dix-huit ans, est stagiaire au sein de l'Association et fournit un travail remarquable. Elle est - presque - incassable. Une vraie dure à cuire, dans le fond et la forme. Ombe, avec son look de rebelle, jolie blonde, au volant de sa moto, ne craint rien ni personne. Elle excelle dans l'action, et réfléchit ensuite. Elle n'est pas particulièrement douée en magie, ce qui la pénalise parfois lorsqu'elle doit gérer des dossiers épineux. Heureusement, le jeune Jasper, quinze ans, petit génie en langues anciennes et en magie, lui vient souvent en aide.

Dans ce roman, centré essentiellement sur l'introduction des personnages et de l'univers, nous avons donc droit à des combats, de la magie, quelques affaires pas bien méchantes, et l'ouverture vers d'autres aventures encore plus palpitantes... J'ai, en fait, été très agréablement surprise par cette lecture, j'ai d'ailleurs lu le livre en quelques heures. J'ai apprécié l'humour du récit, le rythme effréné, la personnalité fougueuse d'Ombe et ses répliques qui font mouche. Pierre Bottero s'était régalé en créant ce nouveau monde, et le plaisir est perceptible, donc partagé. Je suis déjà plongée dans la suite, en espérant très fort qu'on en apprenne davantage sur les deux héros, car pour l'instant cela reste encore en surface.

Les limites obscures de la magie - Pierre Bottero
Gallimard jeunesse / Rageot éditeur (2010) - 186 pages - 9,90€

IMG_3021Autre tome d'introduction, cette fois écrit par Erik L'Homme, La Pâle Lumière des Ténèbres met en scène Jasper, quinze ans, un physique dégingandé, adolescent maladroit et emprunté, totalement fasciné par la superbe Ombe, il excelle dans la magie, parle couramment l'Elfique et démontrera ses capacités exceptionnelles en tenant tête à un vampire, une guilde de magiciens et un démon !

En seulement 150 pages, le décor est planté, l'Association confie à ses stagiaires surdoués des missions jugées gentilles, et qui en fin de compte tournent à la catastrophe. Jasper doit s'introduire chez les vampires et découvrir qui est à la tête d'un trafic de drogue, et dans quel but. De la discrétion, lui somme son supérieur, Walter - sous le regard froid et impassible de mademoiselle Rose, la secrétaire. Je gage que ces deux personnages secondaires prendront davantage d'importance, chaque scène les concernant est plutôt risible - même constat avec le Sphinx, le gardien du temple (en fait, l'arsenal où les agents viennent regonfler leur besace). Oui, ça fait très James Bond et c'est sûr que l'action ne manque pas du tout. L'agent 007 peut pâlir de jalousie !

Bref, la personnalité du héros est franchement attachante, Jasper est drôle, irrésistible, cultive l'art de l'ironie et l'auto-dérision avec beaucoup d'intelligence. Maintenant, les présentations n'ont plus cure, il est temps de passer au cap supérieur, avec cette même énergie et cette fraîcheur qui rendent la découverte de cette série absolument réjouissante !

La pâle lumière des ténèbres - Erik L'Homme
Gallimard jeunesse / Rageot éditeur (2010) - 154 pages - 9,90€

le site : http://www.acommeassociation-leslivres.com/

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