22/11/08

Êtes-vous passés à côté de...

Tobie Lolness, de Timothée de Fombelle ?

51lw4KdFwvL__SS500_Tobie Lolness, un millimètre et demi, appartient au peuple du grand chêne. Le père de Tobie, savant génial et sage, a refusé de livrer le secret d'une invention pour transformer la sève de l'arbre en énergie motrice. Furieux, le Grand Conseil a condamné les Lolness à l'exil dans les basses branches, territoire sauvage. Tobie y rencontre Elisha.

Il faut savoir que lire ce roman est un appel vers un ailleurs envoûtant et enchanteur. Pas seulement destiné à la jeunesse, ce livre est une invitation à la poésie, la philosophie et le respect pour l'environnement. L'arbre dans lequel vit le jeune Tobie détient un coeur qu'il faut sauver et préserver de la vilennie du terrible Jo Mitch. L'idée qu'une communauté s'affaiblit à force de subir la peur et l'humiliation fait émerger une étrange dualité entre l'amour et la trahison. Car dans ce roman on s'aperçoit bien vite qu'il est tout aussi facile de dénoncer et de s'en mordre les doigts, de combattre et de tromper les apparences.

Il y a cette volonté d'indétermination distillée par l'auteur et qui permet ce constat de rebondissements pour casser la routine et l'attente. Jusqu'à la dernière page, le souffle est tenu en haleine. Tobie Lolness est un garçon remarquable, qui ne manque jamais de ressources, malgré la somme d'épreuves offertes. Les personnages qu'il croise ont ces contours flous qui les rendent insaisissables. C'est une prodigieuse réussite, un joli monde sans magie, sans esprit surnaturel. C'est de la poésie, vibrante et touchante, accessible pour tous les lecteurs !

Prix Tam-Tam Je bouquine 2006 (Salon de Montreuil).

--) La série s'est faite connaître en avril 2006 avec un premier volume intitulé La vie suspendue ; la suite est parue l'année suivante avec Les yeux d'Elisha. Retrouvez-les en un seul volume, et avec une nouvelle couverture !   

 

Gallimard jeunesse, Octobre 2008 - 660 pages. 22€
Illustrations de François Place.

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07/11/08

A la poursuite de l'enfantôme - Jean Baptiste Evette

La mère de Char ne croit pas aux fantômes ni aux maisons hantées, elle refuse donc de donner du crédit aux élucubrations de sa fille, Jazz, qui dit avoir une amie morte dans sa chambre. C'est un enfantôme, selon ses termes, qui se sent perdu et seul. Cela pourrait être attendrissant, or cet esprit donne des cauchemars à la fillette, ce qui réveille fréquemment toute la famille en pleine nuit. Ce mystère devient oppressant, Laura emprunte la voie médicale pour trouver une solution tandis que Char, 15 ans, tourne un film, "à la poursuite de l'enfantôme", avec la caméra de son père.

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Le roman se construit sur ce mélange : recherche des indices, retour vers le passé, anecdotes fantastiques. Le climat de l'histoire est d'ailleurs frileux, assez angoissant. On s'interroge sur cet enfantôme et progressivement on dépasse les frissons pour atteindre l'émotion. Le parcours est joliment travaillé, par l'acharnement d'un adolescent qui a besoin de trouver des repères dans sa propre vie. Ses parents viennent de se séparer, sa mère parfois ne sait pas imposer les bonnes limites et le père agit maladroitement, par faute d'être trop absent.

C'est un roman singulièrement captivant, hanté vraisemblablement par des figures hors du commun. Il y a la jolie bibliothécaire, celle qui lui vaut les premiers balbutiements émotionnels, il y a Vladimir, le poète qui vit dans un univers étrange et qui semble malsain, et il y a Serge, le projectionniste, qui prend sous son aile Char, passionné de cinéma (et principalement des films fantastiques, en noir et blanc). Par bien des aspects, on a l'impression d'être au coeur d'une ville coincée dans l'espace-temps, entre le passé et le présent. Le rendu participe au charme pittoresque du récit !
L'action se passe dans une petite ville en Normandie, qui a été reconstruite après la libération. Et ce détail aura son importance dans la trame romanesque.

D'un style simple et efficace, parfois piqué d'humour, Jean-Baptiste Evette nous propose une histoire captivante, riche en suspense et empreinte d'échos fantastiques fort appréciables !
A découvrir !
12 ans et plus

Illustrations de Sylvie Serprix
Gallimard jeunesse, coll. Scripto - Octobre 2008, 156 pages - 8,50€

L'avis de Francesca

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05/11/08

J'ai fantaisie de mett' dans not' vie un p'tit grain de fantaisie !

 

* Paroles de J'ai fantaisie / Boby Lapointe
chanson reprise par Elli Medeiros

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Ibby passe quelques jours chez ses cousins Alex et Francis. Ils viennent de sortir du grenier la boîte de magie de l'oncle Godfrey (qui a mystérieusement disparu depuis cinq ans) et ont décidé d'expérimenter les sept tours que compte la notice d'instructions. Mais Alex et Francis sont assez dissipés et désorganisés. Ils tentent des tours sans réfléchir et se retrouvent dans des situations qui vont rendre folle la sage et consciencieuse Ibby.

Du rétrécissement à la lévitation, on passe à l'invisibilité et au cycle de la vie (de l'art de vieillir ou rajeunir en un coup de baguette). Les garçons se livrent une compétition acharnée, Ibby reste au centre, impartiale. Elle veut être la voix de la raison, mais ses cousins sont trop bornés. Du coup, les tours de magie les prennent au piège et souvent la police et l'hélicoptère des pompiers doivent intervenir pour les sortir du pétrin.

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Les garçons ne calment jamais le jeu, ce qui finit par les rendre fatigants et insupportables. De l'autre côté, leur mère est d'un laxisme agaçant. Bien évidemment ce sont les éléments indispensables pour rendre cette comédie savoureuse et piquante. (Les enfants adorent !)

Destinée à un lectorat pour les 8-9 ans, cette histoire saura ainsi les séduire par sa dose de fantaisie et son lot de rebondissements. Les apprentis magiciens qui ont la tête dans les étoiles trouveront dans ce roman un moyen d'insuffler du merveilleux dans la vie quotidienne.

Illustrations de Peter Bailey

Le garçon dans la boîte à biscuits
Par Heather Dyer

Gallimard jeunesse, coll. Folio cadet - Octobre 2008 - 7,20€

traduit de l'anglais par Anne Krief

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Il était une fois un crayon, un petit crayon tout seul.
Un jour, il s'est mis à bouger et a commencé à griffonner, dessiner et créer un monde dans lequel un petit garçon s'amuserait avec un chien et un chat. Il habiterait une grande maison avec une famille autour. Il y aurait du bruit, des couleurs, de la vie.
Mais ce petit monde choisit d'entrer en anarchie.
Chacun veut un nom.
Chacun réclame ou proteste.
Il y a de la zizanie dans l'air !

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Le petit crayon choisit alors de dessiner une gomme. Pour réparer les erreurs, pense-t-il.
Or la gomme aussi commence à s'emballer et se rebeller.
Prise de frénésie, la gomme efface... TOUT.

Comment calme-t-on une gomme en colère ? A votre avis ?

Farfelu et bien pensé !
L'album montre aussi la "fabrication" d'une histoire par la magie d'un crayon, d'un pinceau et d'une gomme.
C'est très agréable à regarder, le graphisme est moderne et paraît vivant. Certaines pages sont complètement épurées et d'autres sont plus colorées (peintes à la main ou coloriées).
Et la gomme folle furieuse est une excellente invention.
On tourne les pages avec grand plaisir.

Par Allan Ahlberg
Illustrations de Bruce Ingman

Gallimard jeunesse - dès 4 ans - 12€

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26/10/08

^ Blowin' in the wind ^

 

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51yeJk4_2Bi5L__SS500_Petit-Renard vit dans un moulin et aime le son du vent, qui fait Voooonnnnn ! Cela fait tourner les ailes de son moulin et crée une douce musique qu'il ne se lasse pas d'écouter. Un jour, soudain, il se demande d'où vient le vent...  La petite araignée suspendue au bout de son fil n'en sait rien, ni le nuage accroché à la flèche du moulin. Mais le nuage réfléchit avant de répondre : Je voyage grâce à lui, mais je ne sais pas d'où il vient.

Le vent continue de souffler, sans doute fier de son grand mystère. Petit-Renard décide alors de partir à l'aventure. Mais le vent devient terrible, se transforme en tornade. Il faut s'accrocher à la branche d'un arbre pour ne pas être emporté. Petit-Renard ne renonce pas pour autant à trouver la source du vent, il continue. Il renifle, il hume et il repart dans le sens indiqué par le vent. Il marche, marche...

Et puis il tombe dans un trou obscur.

Petit-Renard fait la connaissance d'un lutin qui l'invite à visiter la fabrique du vent. Car ça y est ! le petit renard a trouvé ! Et ce qu'il découvre est enchanteur. Des tuyaux partout, des bulles, des chansons, du parfum, des saisons... c'est magnifique ! Et très ingénieux.

Mais toute bonne chose a une fin, et il faut rentrer chez soi. Epuisé, mais heureux !

Un livre poétique et enchanteur, avec des illustrations d'inspiration japonaise.

Par Chiaki Miyamoto
Gallimard jeunesse, coll. Giboulées / 13 €
Dès 3 ans.

Du même auteur :  Petit fantôme

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Nous nous aimons comme ça, Chien et Chat... *

 

 

* Paroles de Chien et chat / Le soldat rose

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41um0HhYJrL__SS500_Chien rouge est un fringant animal au pelage de la même couleur, costaud, court sur pattes, une bonne gueule sympa. En chemin, il croise un chien à l'allure du tonnerre : les oreilles dressées. Ouah, il en fait de même et court rejoindre sa bande de copains. Aussitôt, Chien vert, Chien bleu et Chien jaune s'extasient et l'imitent sur le champ.

Bon. Un peu plus loin, Chien rouge croise un chat au sourire féroce. Wouah, impressionnant... et aussitôt il s'entraîne et arbore son nouveau sourire féroce devant ses potes, qui vont s'émerveiller et le copier derechef.

Plus tard, Chien rouge admire un bouledogue bien baraqué, qu'on ne peut que remarquer, et ça lui donne une idée. Il affiche ses biscotos auprès de ses camarades, et rebelote. La bande parade tous muscles dehors.

Chien rouge commence à de moins en moins s'égayer. Il tombe sur un chien poilu et pense enfin que cela le fera sortir du lot. Mais ses copains sont des indécrottables moutons qui broutent l'herbe, soit disante plus verte ailleurs, du même pré. C'est bien connu, et pourtant c'est totalement faux.

Toute la bande n'est qu'une copie conforme : les oreilles dressées, le sourire féroce, les muscles saillants et les poils longs et roses. Quelle pitoyable mascarade. En chemin, les quatre chiens croisent une bande de chats violets. Les moqueries volent, la bataille commence. Aucun vainqueur au final.

Mais Chien rouge se rend compte de sa bêtise. A vouloir trop se démarquer, il n'a réussi qu'à faire le pitre pour ne ressembler à rien du tout, ou à du déjà vu. C'est frustrant. Finalement, rien ne vaut de rester soi-même et d'en être très fier !

Toute la bande est d'accord là-dessus, et chacun redevient lui-même : Chien rouge, Chien bleu, Chien vert et Chien jaune. C'est tout de même autre chose que des cadors !

Une fable humoristique avec des chiens, des chats, une bagarre des chefs et le retour à la maison.

Texte de Gaëtan Dorémus et Francesco Pittau
http://gaetan.doremus.free.fr
Gallimard jeunesse, coll. Giboulées / 14 €
Dès 3 ans.

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credit : @ gaetan doremus

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25/10/08

Blablas, frou-frous, éclats de rire Comme une volière en délire *

 

 

 

 

 

* Paroles de Le Congrès des Chérubins / Juliette

Approchez-vous et voyez ces bambins
Le cheveu frisé et le regard mutin
Malins et coquins chérubins

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C'est la nuit, nous sommes dans un dortoir de garçons. Tout ce petit monde roupille sous la couette. Quand, soudain, un prout retentit. Un oeil s'ouvre, puis un autre. Et d'autres encore. Un garnement est paré à l'attaque, un polochon entre les mains. Et paf ! la bataille a commencé.

Il n'en faut pas davantage pour susciter une réaction en chaîne. Certains bâillent et s'étirent. D'autres pleurnichent ou se camouflent sous les draps. Et clic ! une lampe torche entre en jeu. Un acteur est mis en lumière. Et d'autres rais de lumière pointent et zèbrent la scène.

Oooh, du calme. Une porte vient de s'ouvrir et c'est le surveillant au regard goguenard qui joue à Max-la-menace. Bref instant de répit, avant le prochain round.

Et le petit jour se lève, les teintes s'éclaircissent. Du noir, on passe au bleu marine (tiens, on remarque qu'il y a des filles aussi dans ce dortoir !) La scène du crime est éclatante, mais point de victime à déplorer. Les bambins, bien échauffés, se ruent vers l'extérieur où, d'un blanc irradiant, une piste enneigée les attend !

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Aucun texte dans cet album, mais ce n'est pas grave ! A la place, on trouve une multitude de détails qui permet de mettre en ébullition la folle du logis. Il faut observer et créer sa propre histoire. C'est drôle et bourré d'énergie !

Par Vincent Cuvellier
Illustrations de Vincent Mathy

Gallimard jeunesse, coll. Giboulées
12,50€
Dès 3-4 ans

Du même auteur : La première fois que je suis née

 

La plus grande bataille de polochons du monde

20/10/08

Plus jamais Mozart - Michael Morpurgo

Journaliste débutante, Lesley McInley remplace une collègue blessée au pied et s'envole pour Venise interviewer l'illustre violoniste, Paolo Levi. Une importante condition a été glissée : ne surtout pas poser la question Mozart. Mais quelle est-elle, se demande Lesley. Perplexe, elle rencontre donc le musicien et perd tous ses moyens. Elle lui bredouille ses plus plates excuses en faisant allusion à la question Mozart qu'elle ne doit pas évoquer, et cela entraîne une réaction tout à fait contradictoire chez Paolo Levi. Il se prend la tête entre le mains et murmure que tous les secrets sont des mensonges. Sur ces mots, il se met à confesser une histoire étonnante. La sienne, celle de ses parents et celle de millions de juifs exterminés.

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Vers l'âge de neuf ans, Paolo a découvert que ses parents ont été de brillants violonistes qui ont choisi de ranger leurs instruments en renonçant au plaisir d'y jouer et d'apprécier tout simplement la musique. Dans la rue, le garçon fait la connaissance de Benjamin Horowitz, un homme de soixante-deux ans, qui lui confie avoir connu ses parents il y a quelques années, dans des conditions cauchemardesques. C'est encore trop tôt pour tout avouer mais Benjamin accepte d'initier l'enfant à la musique en lui enseignant le violon, en cachette de ses parents.

Le pot aux roses sera découvert et Paolo va apprendre le passé des siens, envoyés en camp de concentration et retenus, après audition,  pour jouer dans un orchestre à la solde des officiers nazis. Non, ce n'était pas dans un but de divertissement, c'était bien pire que ça mais le piège était déjà refermé sur Gino, Laura et Benjamin. Et la question Mozart prend alors tout son sens, en une promesse faite à son père de ne jamais raviver cette plaie à vif.

Encore une histoire racontée avec élégance et pudeur par Michael Morpurgo, qui se met au service du devoir de la mémoire et de l'hommage vibrant à tous les prisonniers qui ont pu survivre en jouant de la musique dans un théâtre affreux. Qu'ont-ils pu ressentir de jouer dans des circonstances aussi horribles ? Et associer Mozart à ces heures sombres a-t-il eu une conséquence tout aussi grave et traumatisante ? C'est ce dilemme que traite l'auteur, avec toute la justesse qu'on lui connaît.

L'histoire est tendre, assez émouvante, illustrée par les aquarelles de Michael Foreman. Ici la musique réveille l'écho d'un passé terrible pour nous plonger au coeur de la nuit la plus noire. C'est très beau.

Gallimard jeunesse, octobre 2008 - 75 pages - 11,90€

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06/10/08

Rien ne distrait la folie Qui l'entoure mais rien ne peut Détourner mon cœur épris *

518SYEJHVQL__SS500_Ce roman pour la jeunesse raconte l'histoire d'une jeune japonaise, fille de paysans, qui décide de suivre l'apprentissage de Maître Matsuo Seki, lequel exerce la profession d'écrivain public. Cette vocation révèlera chez la demoiselle une âme profonde, sensible à la poésie, et fera couler des poèmes d'une très grande beauté, qui feront sa réputation jusqu'à la cour royale.

Fleur-des-Neiges reste toutefois bouleversée de ne pas être aimée par l'élu de son coeur, Tadashi, par la faute de leurs différences sociales, pense-t-elle. Son coeur est meurtri, fermé à jamais de connaître d'autres élans. Le passage de l'ibis blanc, oiseau qu'elle achète avant de libérer près d'un bassin aux lotus pour faire envoler son chagrin, est très joli.

Ce texte, qui est aussi un conte classique et intemporel, raconte donc la destinée de Fleur-des-Neiges (en japonais, on dit Yukika) avec un sens du raffinement fort délectable. Les illustrations de Claude Cachin ajoutent du charme et une crédibilité à ce récit délicat. Une belle lecture à conseiller aux enfants, dès 9 ans.

Fleur des Neiges, texte de Pierre-Marie Beaude, illustré par Claude Cachin
Gallimard jeunesse, Folio Cadet - Septembre 2008, 52 pages - 5,30€

 

* Paroles d' Une lettre oubliée / Juliette

28/09/08

petite princesse, ne te réveille pas garde l'ivresse et tes yeux d'enfants *

La jeunesse aussi s'offre une rentrée avec des nouveautés à la pelle. Nous allons tenter de faire des petits tours (de manège?) chez les uns et les autres, de pousser notre caddy dans leurs rayons, de peser avant de faire son choix ; programme du jour :  Gallimard jeunesse. Il y a pas mal de livres qui s'inscrivent dans une série (Les Pyjamasques, L'inspecteur Lapou), plus un album tout blanc avec en couverture la bouille ravissante d'une petite rouquine (Polly).

C'est une histoire gentille, toute simple : l'anniversaire de Polly, par Florence Sterpin. On y voit une fillette qui voyage avec ses amis (un fantôme, un chat et un chien) dans une roulotte volante. Petite halte dans la campagne, chacun vaque à ses occupations mais Polly s'ennuie car elle aimerait jouer avec ses amis. Alors elle invente une excuse, aujourd'hui c'est son anniversaire et ils seront bien obligés de s'intéresser à elle. Manque de bol ! Une fête, ça se prépare et n'offre pas trop le temps de folâtrer. Tel est pris qui croyait prendre, pense-t-on.

Lecture sympathique, avec des dessins assez originaux (du feutre pour souligner les contours, je faisais ça quand j'étais petite !) (ceci n'est pas non plus un jugement péjoratif, j'étais une petite fille douée aussi !). Polly est craquante, l'amitié est à l'honneur, bref cet album pourra être lu aux plus jeunes (dès 3-4 ans).

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Mon coup de coeur, maintenant : Les enquêtes de l'inspecteur Lapou. Je ne connaissais pas tellement, et en fait j'avais bloqué sur Bénédicte Guettier, LA créatrice de l'âne Trotro (les mamans avec des enfants qui regardent les Zouzous sur France 5 doivent comprendre !!!). Et moi, franchement, ça ne m'inspirait pas du tout. Lors du dernier swap jeunesse, Audrey souhaitait découvrir un album de cette auteur et c'est ainsi que j'ai mis la main sur la série de l'inspecteur Lapou.

Gros coup de coeur, pour moi ! Ce sont des petites enquêtes sans prétention, menées par le très débonnaire inspecteur Lapou. Il est affublé d'un imper bleu, il a tendance à trop manger et à ne pas faire de sport. Il se traîne, il discute, fait marcher ses petites cellules grises. Il est souvent pataud, nigaud et maladroit. Pas du tout le Super Héros auquel on s'attend ! Et ça, c'est génial.

Cela casse les classiques attendus, les schémas tout trouvés. Il y a beaucoup d'humour, de flegme, de dérision. Pas sûr que les enfants peuvent tout saisir du second degré, mais ce n'est pas bien grave car les mamans, elles, se délectent !

Deux nouveaux titres, pour la collection : Le Poivron Fou  ET  Le Concombre Démasqué.

Le cadeau bonus : une recette facile et rapide est proposée en fin d'album (ici, le poivron mariné et le concombre à la crème).

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Pour conclure, le retour des Pyjamasques avec deux titres indissociables (selon moi).

J'avais déjà dépisté deux albums et j'avais beaucoup aimé cette première rencontre. Il s'agit de trois copains qui portent des combinaisons moulantes et vivent des aventures palpitantes durant la nuit : ils s'appellent Yoyo (le super costaud), Gluglu (qui colle) et Bibou (qui vole).

Avec ces deux nouveautés, il faut impérativement lire Les Pyjamasques et Utupë, l'esprit de la forêt en premier, car Le secret des Pyjamasques est la suite !

Utupë, un esprit de la forêt, vient de s'échapper du musée et veut retourner chez lui (la forêt aux arbres millénaires, de l'autre côté de la Terre). Sa rencontre avec les Pyjamasques tombe à point car il compte sur eux pour l'aider. Leur arrivée dans la jungle est une fête, tous se sentent comme des poissons dans l'eau. Mais il faut rentrer à la maison, et avant cela, passer l'épreuve de l'animal-totem qui est venu du bout du monde leur apporter leur costume. Ce qu'ils vont apprendre est un message d'une grande importance, qui devrait les accompagner pour leurs prochaines aventures.

C'est toujours très coloré, très vivant, palpitant, drôle (la maréchaussée est de service ! les agents Pin et Pon sont deux idiots qui vont s'improviser acrobates !), et humain, sensible avec un message sur les esprits qui naissent avec vous et ne vous quittent jamais durant votre enfance, jusqu'au passage vers l'âge adulte.
C'est une lecture qui plaira davantage aux enfants qu'à leurs parents (mais n'oublions pas que les livres sont faits pour eux, avant tout !). J'ai juste un petit reproche à faire - c'est de ne pas avoir retrouvé la petite Lilifée, comme prévu.   

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Encore de l'Âne Trotro ???  ICI ! 
Sans se moquer, cette série est un MUST pour vos bambins !

* paroles de Petite Princesse / La Grande Sophie

Gallimard jeunesse, septembre 2008
* L'anniversaire de Polly, Florence Sterpin : 13,50€
* Le poivron fou / Le Cocombre démasqué, Bénédicte Guettier : 7€
* Les Pyjamasques et Utupë / Le secret des Pyjamasques, Romuald : 6€

^ Bon anniversaire à sa marraine la fée ! ^

13/08/08

Seul sur la mer immense - Michael Morpurgo

Couleur pacifique pour un livre finalement pas si paisible que cela...

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Arthur Hobhouse, cinq ans en 1947, fait partie d'un groupe d'orphelins qui quitte l'Angleterre pour l'Australie. Il se lie d'amitié avec Marty, un garçon plus costaud et sûr de lui, qui lui servira d'appui secourable au Ranch Cooper. Sous couvert d'un programme religieux, le propriétaire emploie les enfants à des tâches difficiles et n'hésite pas à les fouetter pour punir leur insubordination. Pour s'échapper de cet enfer, Arthur conserve précieusement le souvenir de sa soeur Kitty grâce à une petite clef porte-bonheur. Il espère un jour revivre avec elle, mais le temps passe et leurs retrouvailles ne seront plus qu'un lointain espoir. Dans la deuxième partie du roman, c'est la fille d'Arthur Hobhouse, Allie, qui prend la parole et raconte son périple en mer qu'elle effectuera, seule, à bord de son voilier. Sa mission est d'atteindre l'Angleterre pour retrouver la fameuse Kitty.

Deux styles s'opposent dans ce livre : résolument plus moderne et dynamique pour la fin, contrairement au début plus tristounet. En fait, je trouve que le manuscrit d'Arthur Hobhouse rappelle quelque part la tradition orale, et je vois bien cette partie récitée à voix haute. Pour le reste, on ne peut guère espérer une note enlevée tant le propos de l'histoire frise le désespoir. Arthur raconte son parcours semé d'embûches, avec en toile de fond la guerre et ses ravages (un thème cher à Morpurgo), la séparation et la solitude. Toutefois, Arthur est un garçon remarquable, car jamais il ne baisse les bras ni ne perd espoir d'un lendemain meilleur (il a probablement été nourri au Candide de Voltaire ! ;o) ). 

Le contenu fait aussi état d'une vérité historique peu entendue : durant deux décennies, le gouvernement anglais a envoyé des enfants britanniques, on pensait qu'il était plus pratique de rassembler "les gens qui posaient des problèmes" (orphelins, enfants non désirés, délinquants) et de les transporter dans les colonies (le Canada, la Nouvelle-Zélande, l'Australie).

Sans conteste, Michael Morpurgo est un grand écrivain, il nous offre un récit émouvant et plein de lyrisme mais je n'ai pas autant aimé ce livre qu'Au pays de mes histoires, que je recommande plus fortement.

Gallimard jeunesse, 2008 pour la traduction française - 295 pages - 14,90€

traduit de l'anglais par Diane Ménard.

A été lu et aimé par Mélanie (Book in!) , Vanessa (Eliabar)

L'interview de l'auteur

 

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