05/11/16

Détectives de père en fils Tome 2 : Le Mystère loup-garou, de Rohan Gavin

Détectives de père en fils

Séduite par ma première rencontre avec le duo Kingsley, détectives de père en fils, je me faisais une joie de retrouver leurs enquêtes dans cette deuxième aventure teintée de suspense, de surnaturel et d'émotion.
Après une collaboration couronnée de succès, Alan Kingsley a repris du service en disparaissant quinze jours sans prévenir son garçon, mais a compensé son absence en lui offrant un berger allemand, un ancien “chien de guerre” à la retraite. Wilbur a cependant du mal à s'accommoder à la vie domestique et doit débarrasser le plancher car Clive, le nouveau compagnon de sa mère, ne supporte plus le désordre dans sa maison. Wilbur et Darkus trouvent alors refuge chez Alan, qui est aux cent coups sur une mystérieuse affaire d'agressions nocturnes visant des policiers. Oncle Bill en personne a bien failli passer l'arme à gauche. Son témoignage est d'ailleurs sidérant puisqu'il révèle la présence d'une créature bestiale, de taille imposante, aux instincts sanguinaires. De plus, chaque crime se déroulant les soirs de pleine lune, les enquêteurs évoquent l'hypothèse d'un loup-garou divaguant dans les rues de Londres ! 
Dans une ambiance très holmesienne, rappelant l'incontournable Chien des Baskerville, le roman de Rohan Gavin n'en demeure pas moins une étonnante lecture qui impose aussi ses propres codes, ses personnages attachants, son histoire élaborée et son dénouement inattendu & poignant. L'auteur nous rappelle succinctement la particularité de Kingsley, qui tombe dans un coma narcoleptique à la moindre contrariété ou émotion forte, et la formidable mémoire de son fils Darkus, qui a appris par cœur tous ses dossiers compilés sous forme de Bible, de quoi faciliter la conduite des intrigues en cas de “défaillance” paternelle. Depuis la chute de la tête du réseau, la machiavélique Combinaison n'est vraisemblablement plus le danger principal, même si son ombre demeure très présente et ses objectifs toujours préoccupants. D'ailleurs, la jeune Tilly, la demi-sœur de Darkus, a juré de venger la mort de sa mère et prend parfois des risques considérables pour atteindre son but. 
La série n'en finit plus de multiplier les pistes, toutes très alléchantes, pour nous attirer dans ses filets. Et c'est une franche réussite. Qu'on soit lecteurs débutants ou plus affirmés, amateurs de suspense londonien et de détectives privés, appréciant aussi le burlesque et une pincée de stress, il y a matière à trouver son bonheur dans ce livre. Outre des décors soignés, un contexte bien en place et qui n'a plus à faire ses preuves, l'histoire nous entraîne dans son univers british avec un raffinement remarquable. Le rythme de le
cture coule facilement et nous balade avec aisance dans des aventures aux rebondissements parfois saisissants. Vraiment, bluffant.
À noter le rôle du “chien de guerre” Wilbur dont l'évocation relève du sacré, pour sa valeur historique, mais aussi son importance dans les conflits ou les enquêtes policières, on ne rappelle jamais assez le dévouement animal et son sens du sacrifice hors du commun ! Cela ne pouvait que me plaire. Gros coup de cœur pour cette série intelligente, sensible et captivante. ♥

Traduit par Anne Krief pour Gallimard Jeunesse - septembre 2015

Titre original : Knightley & Son: K-9

Couverture : Sébastien Pelon

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27/10/16

Mon ami Fred, par Eoin Colfer & Oliver Jeffers

Mon ami Fred

Combiner le pouvoir de l'imagination à celui de l'amitié, c'est tout le talent de cet album pastel et raffiné. Voici l'histoire de Fred, un ami imaginaire lassé d'aller et venir dans la vie des enfants, sans possibilité de s'attacher ou rester pour l'éternité. Fred entre dans la vie des mômes pour les divertir un bref instant, puis la réalité reprend ses droits et chasse Fred de la carte. Il redevient cette petite ombre si légère qu'un simple souffle de vent peut l'attraper et l'emporter dans le ciel. 
Un jour, enfin, Fred voit son rêve se concrétiser : un enfant, Sam, qui est tout comme lui, perdu dans ses lectures, la tête dans les nuages, passionné de musique et de plomberie... Ces deux-là étaient faits pour se rencontrer. Aussitôt les deux copains deviennent inséparables et partagent les mêmes délires : faire semblant d'être Français, étudier l'art du mime, fabriquer des masques japonais et écrire une BD. Leur signature : le Duo Super-Doué.
Hélas, de nouveau le drame s'annonce. Sam ne fait que parler d'une nouvelle copine, qui s'appelle Sammi. Il passe de plus en plus de temps avec elle, au détriment de Fred, seul, triste, résigné. Prêt à s'effacer. Et c'est là que la magie intervient. Le miracle de l'amitié ! Après tout, “ce n'est pas parce qu'un ami est imaginaire que l'amitié n'est pas réelle”. Oh yeah. 
Franchement, voilà une belle, belle lecture teintée d'humour, de fantaisie, de tendresse, de confiance et d'espoir ! C'est tout simplement féerique. Les mots d'Eoin Colfer sont d'une grande justesse à évoquer la place du fameux ami imaginaire, qu'on découvre animé d'une sensibilité propre et d'une nature fantasque. Lui aussi rêve d'un alter ego avec qui tout partager. Alors, pourquoi ne pas provoquer la rencontre entre deux amis imaginaires ? Avec un peu d'électricité, de chance et de magie, rien de plus facile, on peut tout obtenir ! ^-^
Comptez aussi sur la touche d'Oliver Jeffers pour raconter cette histoire de façon ludique et adorable : les silhouettes floues des personnages imaginaires, les petites notes de couleurs, les faciès sans pareil des amis réels, tous expriment l'exubérance et l'authenticité, au service d'une lecture éclatante et riche en subtilités. Un vrai régal pour cette coédition unique et exemplaire. ♥

Gallimard Jeunesse / Kaléidoscope - Octobre 2016

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Cœur de loup, de Katherine Rundell

IMG_7024Alléchée par cette magnifique couverture et les illustrations de Gelrev Ongbico, j'ai pris une longue inspiration avant de me plonger dans ce petit bouquin de 330 pages. En vrai, la couverture est encore plus belle, avec un titre en gris argenté et des couleurs chatoyantes autour de la petite maison en bois.
Là, vivent Féodora et sa mère Marina, qui ont pour vocation de rendre aux loups leur état sauvage. Dans cette Russie de Pierre le Grand, il était coutume de posséder cet animal pour épater la galerie. Mais à trop lui donner l'illusion d'être un membre familier, capable d'être domestiqué, le loup a perdu tous ses repères. Et lorsque ses bas instincts se réveillent, le carnage s'ensuit. Les bêtes condamnées étaient expédiées chez des maîtres-loups chargés de leur réapprendre à être des loups (à l'époque, tuer un loup porte malheur). Seulement, des détracteurs ont rapidement sonné le tocsin et commencé à pourchasser les possesseurs de loups accusés, par exemple, de massacrer le gibier du Tsar.
Par une froide soirée d'hiver, l'armée impériale débarque chez Marina pour l'arrêter sans ménagement, avant de mettre le feu à la maison. Féo parvient à s'enfuir avec leurs trois loups, Nox, Blanche et Patte-Grise. Mais le général Rakov, humilié par cette fillette trop fougueuse qui a réussi à l'éborgner, lance toutes ses troupes à sa recherche. Au cours de son escapade, l'enfant rencontre Ilya, un apprenti soldat terrorisé aussi bien par les loups que par les réprimandes à venir s'il faillit à sa mission. Aussi farouche que convaincante, Féo choisit pour lui son destin et l'embarque avec elle jusqu'à Saint-Pétersbourg pour sauver sa mère.
Esthétiquement, le roman est une vraie réussite, pour le charme qu'il dégage, pour la promesse d'une épopée lointaine et folklorique, pour le cadre de la sublime Russie et ses hivers rigoureux. L'histoire, ensuite, raconte une aventure fascinante et riche en émotions avec une héroïne audacieuse toujours escortée de ses loups. Une pasionaria exaltée par sa soif de justice, qui mobilise les foules et se lance dans des défis qui surpassent la simple action de délivrer sa mère. En effet, la littérature vient à la rescousse des opérations, on gratte ainsi les enluminures en or avant de mettre ses chaussons de danse pour entamer une ballet trompeur et faire entendre la vox populi. Instant magique, inoubliable. Cette histoire d'un grand classicisme nous subjugue, par son univers très élaboré et néanmoins fantaisiste, par ses légendes et malgré tout ses messages de tolérance. On est aussi pas loin du conte, entre rêve et réalité, fable et vérité. Toujours est-il que ce roman s'inscrit à merveille lors des veillées au coin du feu pour partager un bout d'imaginaire captivant.

Gallimard Jeunesse, septembre 2016 - Trad. par Emmanuelle Ghez [The Wolf Wilder]

Couverture & Illustrations de Gelrev Ongbico

 

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08/10/16

Histoire de Babar, le petit éléphant, de Jean de Brunhoff

Histoire de Babar, le petit éléphant

Babar naît dans la forêt et grandit auprès de sa maman dans la joie et l'insouciance, jusqu'au jour où un chasseur l'abat sous les yeux de l'éléphanteau qui court droit devant lui sans s'arrêter. C'est comme ça qu'il arrive en ville et découvre des hommes et des femmes vêtus de beaux habits, qui lui font envie. Sa rencontre avec une vieille dame très riche le tire alors de sa misère. Grâce à sa générosité, Babar peut se rendre au Grand Magasin et s'acheter un costume vert, une chemise, un chapeau melon et des souliers avec des guêtres. L'éléphant va se cultiver, apprendre à vivre parmi la bonne société, suivre des cours, faire de la gymnastique et même conduire une voiture. Parfois, il songe avec un pincement au cœur à son enfance dans la forêt. Et ce n'est pas l'arrivée impromptue de son cousin Arthur et de sa cousine Céleste qui va chasser son spleen... Il est temps pour Babar de rentrer au bercail ! L'ancien roi venant de casser sa pipe, c'est Babar qui prend la couronne au cours d'une cérémonie fastueuse et dansante. 

Ô nostalgie à la lecture de cet album qui reprend la partition créée par Francis Poulenc pour un accompagnement musical parfois trop marquant, mais où François Morel impose sa verve avec subtilité. L'histoire de Babar le petit éléphant fait figure de classique dans la littérature jeunesse, et c'est bien la première fois que je découvre l'album originel et ses illustrations au charme vintage indéniable. Une madeleine de Proust par excellence ! 

Gallimard Jeunesse, Hors Série Musique - Septembre 2015

Raconté par François Morel

Musique de Francis Poulenc - Réorchestré par Jean Françaix

Superminouche, de Fanny Joly & Caroline Huë

Superminouche

Rémi, le Chartreux saxophoniste, et Sido, la Siamoise violoniste, s'aiment d'amour tendre et rêvent du jour où un bébé viendra sceller cette belle union. Quand, enfin, leur rêve se réalise avec la naissance de leur adorable Superminouche. Minuscule et unique, un petit ange de sagesse.

En grandissant, l'enfant gagne aussi en tempérament. Têtue, colérique et capricieuse, la chipie ne lâche rien. À force de se chamailler avec ses parents, Superminouche boude et prend la poudre d'escampette. Ses pérégrinations la conduisent jusqu'aux égoûts de Paris, où elle rejoint l'Opé-Rats et fait la connaissance de Gérard le machiniste.

Là encore, n'en pouvant plus de l'autorité du Chef Raligula, elle prend la fuite à dos d'oiseau pour regagner sa maison, mais réalise que ses parents ont disparu. Et Superminouche a le Bouhouhou Blues... ^-^

Cette histoire pleine de poésie, de jeux de mots, de drôlerie et d'aventure se raconte sur des airs de jazz et ça swingue à tour de bras. L'ambiance est délicieuse, légère, alerte et entraînante, avec des illustrations cocasses qui s'accordent merveilleusement au tempo enfiévré de cette équipée sauvage.

On s'amuse comme des fous à accompagner la malicieuse Superminouche, en pleine crise d'adolescence, qui pense qu'ailleurs l'herbe est plus verte et fait ainsi l'apprentissage de l'inconnu à ses risques et périls ! Fanny Joly donne de la couleur et de la tendresse à cette escapade facétieuse et rythmée. On adore ! ♥

Gallimard Jeunesse - Hors Série Musique - Juin 2016 

Musique de Pierre-Gérard Verny - Illustrations de Caroline Hüe
Durée d'écoute : environ 45 mn

 


Dodo, Coco ! de Paule Du Bouchet & Xavier Frehring

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Coco est un petit singe malicieux. Après avoir passé une bonne journée avec ses copains, le soir venu, Coco se sent exténué et n'a guère d'appétit. Ou juste pour la mousse au chocolat. Mais au moment de se coucher, Coco ne trouve pas le sommeil. Il a envie de jouer avec son camion de pompier, d'écouter sa radio, de bondir sur son lit, et craaac ! Coco a cassé son lit. Catastrophe. Sa mère lui installe son matelas sur le sol, le console et lui chante une berceuse. Enfin, Coco s'endort doucement, doucement... 

Effet magique ! Cette histoire est drôlement apaisante, après avoir suivi les péripéties de notre petit singe récalcitrant, la berceuse de maman résonne comme le remède miracle & efficace pour faciliter l'endormissement des petits. Ce sont aussi de vrais instruments qui composent la réalisation, ponctuée de bruits familiers, à la fois pour éveiller l'oreille des enfants à la musique et pour les replacer dans un contexte chaleureux.

De plus, le graphisme est charmant, pour un rendez-vous réconfortant. Très plaisante découverte ! 

Gallimard Jeunesse - Éveil musical / Octobre 2015

Une histoire de Paule du Bouchet, illustrée par Xavier Frehring et racontée par Marion Stalens.
Sur une musique de Louis Dunoyer de Segonzac.

Dans ce livre-CD, les enfants pourront entendre : Un piano, Une clarinette, Une contrebasse, Un célesta.

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07/10/16

Big Nate, star de la BD, de Lincoln Peirce

Rendez-vous incontournable pour les amateurs de lectures rigolotes avec leur héros star de la BD - qui n'est pas sans rappeler un certain Dégonflé !

Big Nate, star de la BD

Big Nate adore dessiner et passe son temps à gribouiller en classe, au grand mécontentement de ses profs. Aussi, le garçon est fou de joie d'apprendre la création d'un club de dessinateurs de BD dans son école. Seulement voilà, son conseiller lui impose de recruter des filles pour le club. À sa connaissance, seule Dee-Dee serait la candidate idéale. Mais la réputation de cette fille n'est plus à faire : elle est excessive et épuisante pour son entourage. Une tragédienne en constante représentation. Hmm... Mais imaginez Big Nate et Dee-Dee se rendre ensemble au bal du collège,  avec un pagne hawaïen pour lui et une choucroute de fruits sur la tête pour elle (à voir absolument, c'est hilarant !).
Ce soir-là, d'ailleurs, le collège est évacué dans l'urgence suite à un souci technique. Les voilà tous obligés de se rendre au collège voisin, réputé pour écraser la concurrence. Pff, Nate est désespéré en découvrant le niveau de leur club de dessinateurs de BD, ses espoirs s'effrondrent, il peut faire une croix sur le concours d'écriture qu'il rêvait de remporter. 
Ajoutez que, dans son malheur, le garçon s'est fracturé le poignet droit et porte un plâtre, avec interdiction de dessiner pendant un mois. C'est définitivement la louze. 
Cet épisode est clairement l'un des meilleurs de la série, en vous réservant une lecture drôlissime, avec des dessins qui font mouche, des répliques tordantes, des expressions amusantes, des situations rocambolesques, et tout, et tout. Sûr qu'on ne s'ennuie pas un seul instant avec Nate et ses potes ! C'est toujours aussi délicieusement cocasse, sans prise de tête. Du divertissement bénéfique pour des lecteurs qui réclament des histoires simples mais efficaces.
 ☺

Traduit par Jean-François Ménard pour Gallimard Jeunesse

Repris en Collection Folio Junior - N°1770  /  Septembre 2016

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30/09/16

Le Théâtre du Poulailler : Le Collège à la rescousse, de Helen Peters

IMG_7027Le premier tome ayant déjà rencontré un gros succès (Folio Junior - N°1656), la suite ne pouvait que conforter cette sensation d'une lecture réjouissante et faisant la part belle à l'entraide et l'harmonie familiale dans un contexte pourtant difficile (une famille marquée par le deuil qui se bat pour préserver son cadre de vie à la ferme).
Hannah Roberts rêve de décrocher le premier rôle dans Roméo & Juliette, la pièce que va jouer son école, mais voit son audition saborder par l'arrivée tonitruante du cochon de son père. Eh oui. Un détail inimaginable et parfaitement incongru, qui ne fait rire que les élèves et plonge le directeur dans une colère noire. Hannah se voit donc attribuer un simple rôle de figurante et assiste au sacre de Miranda la chipie. Autre lot de consolation, la jeune fille obtient la lourde responsabilité de mettre en scène leur pièce pour une représentation exceptionnelle au sein du concours de l'école. Hannah et sa meilleure amie Lottie ne savent plus où donner de la tête et dépoussièrent leur mythique Théâtre du poulailler pour les répétitions.
Pendant que les enfants fourmillent d'activités, entre l'école et les jeux d'espionnage des plus jeunes, la vie à la ferme connaît aussi un sursaut de fréquentation féminine. Les petits Roberts s'interrogent sur leur père : s'est-il inscrit à une agence matrimoniale pour retrouver l'amour ? Point du tout. Mais l'affaire n'en est pas moins grave : une compagnie des eaux est en train d'élaborer un nouveau projet de lac-réservoir, qui consisterait à inonder la vallée entourant la ferme de Clayhill. Tous poussent des cris d'horreur à l'unisson. Et partent aussitôt en campagne.
Une fois de plus, le théâtre va devenir une arme redoutable pour alerter le public, révéler les mensonges et secouer les consciences écologiques de leur communauté. Pour sauver la ferme familiale et l'écosystème qui en dépend, Hannah va déployer des trésors d'ingéniosité, quitte à faire des choix susceptibles de mettre en péril ses propres aspirations artistiques et autres ambitions personnelles. Qu'importe. Notre jeune héroïne a déjà démontré l'étendue de sa détermination et son attachement profond à ses racines (sa famille, ses amis, etc.) et ne reculera devant rien pour défendre ses convictions. 
C'est une lecture profondément émouvante mais qui dégage un maelström de fougue, de jeunesse et d'optimisme à tout crin qu'on en ressort plus ragaillardi que jamais. Les personnages aussi sont extrêmement convaincants dans leur démonstration de générosité et de motivation. Il y a un grand souffle de fraîcheur et de dynamisme qui fait voler les pages du livre, où l'ambiance simple et enfantine finit par nous embarquer totalement. Ce microcosme fascinant nous absorbe dans sa bulle et on s'y sent merveilleusement bien !

Traduit par Vanessa Rubio-Barreau pour les éditions Gallimard Jeunesse - août 2016

Titre original : The Farm Beneath The Water (The Secret Hen House Theatre #2)

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26/09/16

Le Ciel nous appartient, de Katherine Rundell

Bénéficiant d'une reprise en format poche, ce roman est une petite pépite littéraire à découvrir sans hésiter !

Le ciel nous appartient

Sophie a survécu au naufrage d'un paquebot, après avoir été découverte dans un étui à violoncelle flottant au beau milieu de la Manche. Charles Maxim, un doux rêveur, a pris l'enfant sous son aile, lui promettant une existence harmonieuse et libre de toute contrainte. Ce ne sera pas du goût des services sociaux, qui vont établir que la demoiselle, à l'âge de 12 ans, ne peut plus partager le même toit qu'un célibataire du sexe opposé.

Charles et Sophie plient bagage pour la France où ils espèrent retrouver la trace de la mère de la jeune fille. Depuis toujours, elle est convaincue que celle-ci existe et l'attend quelque part. Charles n'a jamais prétendu le contraire, sans totalement l'encourager dans ses fantasmes. Après tout, « you should never ignore a possible » ! La suite de l'aventure est tout aussi stupéfiante, fantasque et exubérante.

Car cette lecture fait du pied à votre âme d'enfant, elle lui redonne du souffle et un formidable élan qui vous fait gravir des sommets (ceux des toits de Paris !). L'ambiance est magique, pleine de tendresse, de poésie, de fougue et d'espoir. Sophie et Charles sont deux personnages enchanteurs, elle amoureuse des livres et maladroite, lui “parlant anglais aux personnes, français aux chats et latin aux oiseaux”. Quel beau duo !

Leur cavale, menée sous le signe de l'espoir, ponctuée de jolies rencontres (Matteo et sa bande de danseurs du ciel), offre un plaisir rare d'évasion et de fraîcheur. À déguster avec un sourire béat aux lèvres. 

Traduit par Emmanuelle Ghez - Illus. de couverture : Antigone Konstantinidou

Folio Junior N°1767  - Septembre 2016

22/09/16

Le Cirque des voleurs: Le Clou du spectacle, de William Sutcliffe & David Tazzyman

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Les illustrations criardes de David Tazzyman donnent le ton : cette série écrite par William Sutcliffe fait preuve de hardiesse et de burlesque. On y découvre la vie d'un cirque pas comme les autres, autrement dit le cirque de l'impossible, clame son chef d'orchestre, le redoutable Shank Armitage, mais sous couvert de numéros spectaculaires, la troupe également trompe son monde en devenant le cirque des voleurs ! Avec souplesse, sans jamais oublier de sourire, nos artistes dépouillent la foule empressée, tellement subjuguée par tant de voltige qu'elle ne prête pas attention aux mains baladeuses, qui détroussent les poches, les sacs, les maisons. C'est sans oublier la jeune Hannah, qui habite en ville et qui s'ennuie. Excitée par l'arrivée d'un peu d'animation, la fillette tombe tête la première sur le chameau de Billy Armitage, lequel a beau porter le même nom que le grand patron, tous deux n'ont aucun lien de parenté. En fait, les parents du garçon ont été évincés de la troupe (sa mère a connu une fin tragique, son père a été ruiné). Depuis, Billy espère son retour. C'est là qu'on prend conscience de la profondeur de l'intrigue et des noirs secrets derrière les petits indices semés en chemin. On ne le perçoit pas sur le coup, car tout est exagérément loufoque et déjanté, on s'y perdrait presque ! Mais l'histoire ne demande qu'à se développer, et ma foi j'avoue être assez surprise par la suite des aventures ! Une lecture dans l'esprit de Roald Dahl ou de David Walliams, avec des jeux de mots rigolos, des jeunes héros pleins de ressource, des situations ubuesques et de l'humour proche de l'absurbe. 

Traduit par Jean-François Ménard pour les éditions Gallimard Jeunesse - Juin 2016

Titre original : Circus of Thieves and the Raffle of Doom

 

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