17/03/11

A comme Association (la suite !)

IMG_3026Troisième tome de la série, L'étoffe fragile du monde va conduire Jasper dans une aventure interdite ! En fait, consigné pour deux semaines par l'Association et donc privé de nouvelles missions, le garçon pense profiter de son temps libre pour préparer son premier concert avec son groupe au son médiéval. Ce soir-là, Jasper passe un coup de fil à Ombe et découvre qu'elle est en danger. Il vole à son secours, le coeur battant (il a effectivement le béguin pour la jolie blonde) et découvre sur place ... un troll ! Pas un inconnu, puisqu'il s'agit d'Erglug (cf. Les limites obscures de la magie).

Que de péripéties ! Jasper convient vite d'une alliance avec le troll, tous deux se rendent sur l'Île-aux-Oiseaux où se trouve le clan d'Erglug, ils vont ensuite affronter le magicien noir pour rompre le charme qui condamne la créature à pourchasser Ombe jusqu'à ce que mort s'ensuive. Pfiou, pas le temps de souffler ! Cela ne manque ni de charme, et encore moins d'humour (vraiment le point fort de la série). J'ai cependant trouvé le temps long parmi les trolls, même si certaines scènes valent le détour (Jasper sent bouillir sa testostérone au contact d'une voluptueuse trollette !). Et la fin, comme toujours, laisse libre cours aux spéculations puisque les questions s'accumulent, les phénomènes étranges s'enchaînent et Jasper découvre en lui des capacités insoupçonnées, concernant la magie.

Ce troisième tome est un maillon de la chaîne, l'intrigue se met en place en privilégiant la dynamique du récit - le garçon est le roi du calembour et des jeux de mots pourris, cela vaut quelques répliques désopilantes ! Et je sens que l'auteur commence enfin à découvrir son personnage, à ôter ses pelures pour aller davantage au coeur de ses secrets, puisque ce n'est qu'un début et que la suite promet encore de belles surprises !

3. L'étoffe fragile du monde - Erik L'Homme
Gallimard jeunesse / Rageot éditeur (2011) - 198 pages - 9,90€ 

IMG_3027Enfin un tome centré sur les sentiments et les émotions ! Connaissant la personnalité d'Ombe, il était à prévoir que ce roman serait explosif, truffé de scènes d'action et de répliques fortes, et c'est tout le contraire ! Ombe va tomber amoureuse - d'un garou. Physiquement, la jeune femme a la particularité d'être incassable. Elle reçoit des coups, en donne autant, mais jamais elle ne reste à terre. Elle possède une capacité de régénération étonnante. Qu'en est-il de son coeur ? Ombe n'est pas la caïd qu'on imagine, au fond d'elle c'est une jeune femme seule, blessée et sensible. Et l'histoire le confirme.

Qu'est-ce c'est joli ! On voit Ombe craquer pour cet individu qu'elle sauve d'une mort certaine, elle est censée tirer de lui des informations pour l'Association, et puis le reste s'emballe. Parce que cette série se destine à un lectorat adolescent, nous aurons très peu de détails, mais certaines phrases résument tout et laissent voguer l'imagination vers des eaux plus sulfureuses. Enfin, cette série devient plus humaine, plus profonde, un peu plus tendre. Les personnages sont faillibles, sous leur carapace d'Agents surdoués et c'est rassurant. Et pour la première fois, Ombe et Jasper choisissent de se voir en mettant de côté tout ce qui touche à l'Association, ils se montrent tels qu'ils sont réellement, ils se confient et se comprennent. Ce début de rapprochement entre nos deux héros est un soulagement, car cette série, aussi palpitante soit-elle, dotée d'un sérieux sens de l'humour, ne devait pas oublier l'aspect émotif.

Les dernières lignes de l'histoire nous renvoient d'ailleurs en pleine face l'amertume d'une réalité sordide - Pierre Bottero signait là son dernier ouvrage, et c'est bien dommage.

4. Le subtil parfum du soufre - Pierre Bottero
Gallimard jeunesse / Rageot éditeur (2011) - 184 pages - 9,90€

Le tome 5 - Là où les mots n'existent pas - paraîtra en juin 2011.

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15/03/11

A comme Association - Pierre Bottero & Erik L'Homme

IMG_3019L'Association est une agence secrète, dont le but est de maintenir en permanence l'équilibre parfait entre les Normaux (les humains) et les Anormaux (vampires, trolls, garous etc.), et pour ce faire, cette tâche revient aux Paranormaux (personnes dotées de dons particuliers).

Ombe, dix-huit ans, est stagiaire au sein de l'Association et fournit un travail remarquable. Elle est - presque - incassable. Une vraie dure à cuire, dans le fond et la forme. Ombe, avec son look de rebelle, jolie blonde, au volant de sa moto, ne craint rien ni personne. Elle excelle dans l'action, et réfléchit ensuite. Elle n'est pas particulièrement douée en magie, ce qui la pénalise parfois lorsqu'elle doit gérer des dossiers épineux. Heureusement, le jeune Jasper, quinze ans, petit génie en langues anciennes et en magie, lui vient souvent en aide.

Dans ce roman, centré essentiellement sur l'introduction des personnages et de l'univers, nous avons donc droit à des combats, de la magie, quelques affaires pas bien méchantes, et l'ouverture vers d'autres aventures encore plus palpitantes... J'ai, en fait, été très agréablement surprise par cette lecture, j'ai d'ailleurs lu le livre en quelques heures. J'ai apprécié l'humour du récit, le rythme effréné, la personnalité fougueuse d'Ombe et ses répliques qui font mouche. Pierre Bottero s'était régalé en créant ce nouveau monde, et le plaisir est perceptible, donc partagé. Je suis déjà plongée dans la suite, en espérant très fort qu'on en apprenne davantage sur les deux héros, car pour l'instant cela reste encore en surface.

Les limites obscures de la magie - Pierre Bottero
Gallimard jeunesse / Rageot éditeur (2010) - 186 pages - 9,90€

IMG_3021Autre tome d'introduction, cette fois écrit par Erik L'Homme, La Pâle Lumière des Ténèbres met en scène Jasper, quinze ans, un physique dégingandé, adolescent maladroit et emprunté, totalement fasciné par la superbe Ombe, il excelle dans la magie, parle couramment l'Elfique et démontrera ses capacités exceptionnelles en tenant tête à un vampire, une guilde de magiciens et un démon !

En seulement 150 pages, le décor est planté, l'Association confie à ses stagiaires surdoués des missions jugées gentilles, et qui en fin de compte tournent à la catastrophe. Jasper doit s'introduire chez les vampires et découvrir qui est à la tête d'un trafic de drogue, et dans quel but. De la discrétion, lui somme son supérieur, Walter - sous le regard froid et impassible de mademoiselle Rose, la secrétaire. Je gage que ces deux personnages secondaires prendront davantage d'importance, chaque scène les concernant est plutôt risible - même constat avec le Sphinx, le gardien du temple (en fait, l'arsenal où les agents viennent regonfler leur besace). Oui, ça fait très James Bond et c'est sûr que l'action ne manque pas du tout. L'agent 007 peut pâlir de jalousie !

Bref, la personnalité du héros est franchement attachante, Jasper est drôle, irrésistible, cultive l'art de l'ironie et l'auto-dérision avec beaucoup d'intelligence. Maintenant, les présentations n'ont plus cure, il est temps de passer au cap supérieur, avec cette même énergie et cette fraîcheur qui rendent la découverte de cette série absolument réjouissante !

La pâle lumière des ténèbres - Erik L'Homme
Gallimard jeunesse / Rageot éditeur (2010) - 154 pages - 9,90€

le site : http://www.acommeassociation-leslivres.com/

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09/03/11

Les Etranges Soeurs Wilcox #3 : Les Masques de Sang x Fabrice Colin

IMG_2961Chic ! Ce 3ème tome est ébouriffant, enlevé et palpitant. À peine survolé le résumé, on plonge de suite dans l'action et on n'a pas  le sentiment d'être à la ramasse car on se sent en territoire familier ! 
Par contre, j'ai cru à tort qu'il s'agissait du dernier tome de la série. IL N'EN EST RIEN. Avec une intrigue aussi riche et surprenante, l'auteur a cru bon de proposer du rab. 
Car c'est chaud devant ! Les Drakul mettent la pression et ne reculent devant rien. D'où l'avalanche de meurtres, de kidnappings, d'incendies criminels et de poursuites endiablées. Oubliez Londres et New York, cette fois les sœurs Wilcox partent à Venise. Sur place, elles vont séjourner chez le poète Robert Browning. Eh oui, encore un pipole ! ;-) 
De leur côté, Holmes et Doyle tissent une complicité espiègle. Ce ne sont d'ailleurs pas les seuls personnages secondaires à s'étoffer et prendre une importance dans la série. Tous ont désormais  un rôle attitré et font peser lourdement leur absence dans la balance en cas de coup dur. Bref.
Nos amis poursuivent leur recherche sur la guilde des Mystérieux - et espèrent trouver le dernier morceau du Venefactor. La mission est mise à mal, car l'ennemi gagne du terrain !
J'ai retrouvé dans ce troisième tome la même excitation éprouvée lors de ma toute première découverte de la série. Cela se lit à un train d'enfer, le rythme ne s'essouffle jamais et l'intrigue gagne en épaisseur et en ingéniosité.
Je suis définitivement conquise et me languis de lire la suite ! 

NDLR : Et là c'est le drame... Pourtant annoncé - en 2014 aux dernières nouvelles - le quatrième volet intitulé Le Dernier Sacrifice n'a JAMAIS VU LE JOUR. Pourquoi ? Mais pourquoi ? ... Cris de détresse d'une lectrice frustrée. Aux abois. Désœuvrée. En quête de réponse. HELP.

Les Etranges Soeurs Wilcox 3. Les Masques de Sang - Fabrice Colin
Gallimard jeunesse (2011) - 325 pages - 13,50€
illustrations : Erwann Surcouf

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03/03/11

C'EST UN LIVRE !

J'adore cet album !

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Le match opposant l'électronique au format papier est ouvert - mais les hostilités ne sont pas violentes. C'est gentil, ça taquine, ça pointe du doigt les excès, les tics, les modes. L'âne est un geek, le singe lui pardonne. Un livre, c'est un livre ! Ne transpire aucun désir de diabolisation, bien loin de là. Les réflexes de l'âne font sourire, et qui ne se retrouve pas ? Nous sommes des damnés de l'électronique, mais le format papier, palpable et indéfinissible pour le plaisir procuré, oui ça se passe de commentaire.

Le livre, vu comme un refuge. Comme un bonheur simple, à l'état pur. Une valeur sûre.
L'album de Lane Smith glisse un message discret, qui se veut drôle et percutant. Cela passe comme une lettre à la poste, c'était là son but. Point barre.

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C'est un livre ! - de Lane Smith
Gallimard jeunesse (2011) - 11,00€ 

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nouvelle saison du challenge de Sophie

09/02/11

Pan & Chat : la série !

Une ravissante et rafraîchissante découverte !!!

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C'est une jolie série aux couvertures colorées, mettant en scène Pan, un garçonnet qui aime jouer de la trompette, et son inséparable Chat, qui joue du piano. Leurs aventures sont rigolotes et loin d'être reposantes : de plus, l'ordre n'a pas d'importance. Parmi leurs folles péripéties, on découvre un chien bleu qui a perdu le chemin de la maison, une demoiselle un peu pimbêche qui risque de briser leur belle amitié, un directeur de cirque aux yeux plus gros que le ventre, et un voleur amateur de marathon (une petite bagarre et une victoire en musique). Quel programme !

Texte et illustrations minimalistes. Bel esprit. Beaucoup d'humour. Forcément J'AIME !

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Sous le nom d'artiste Aki, se cache l'auteure illustratrice Delphine Mach, également aux fourneaux d'un blog culinaire illustré - intitulé Les 3 soeurs.

Pan et Chat et le cirque / Pan et Chat et le chien bleu / Pan et Chat et Yoko / Pan et Chat et le voleur  par Aki (Gallimard, coll. Giboulées, 2011 - 6€ le livre).

 

 

 

 

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07/02/11

Pêle-Mêle Clarabel #21

IMG_2289L'histoire est simple et gentille, mais elle s'est révélée super émouvante, en fait. Ninon apprend que sa mère, âgée de 38 ans, attend son 2ème enfant. La jeune ado n'est pas franchement emballée, elle se braque dès que son beau-père tente de s'immiscer dans leur quotidien, elle fait de la résistance passive pour attirer l'attention car elle se sent de plus en plus délaissée. Il n'en a que pour le bébé dans le ventre ! C'est d'un ridicule, pense Ninon, qui ne s'interroge pas sur ce qu'elle ressent. Serait-elle jalouse ou ennuyée par les changements à venir ? Elle verra ça plus tard. Pour l'instant, elle soupire fort, très fort et regrette de devoir partager sa mère. Puis, arrive la naissance prématurée. Longtemps le bébé sera entre la vie et la mort, toute la famille est bouleversée, Ninon est toujours tenue à l'écart, sa mère n'est plus qu'un zombie, Stéphane, lui, avance ses billes avec précaution mais efficacité. Je ne sais pas l'expliquer, mais j'ai été vraiment émue par le stress et la détresse qui gagnent la jeune fille concernant le sort de sa soeur, entre la découvrir totalement indifférente puis fondre pour ce gnome qu'elle trouvait inutile et affreux. A croire que son statut d'aînée la conduit à se montrer moins exclusive dans sa relation avec sa mère - et là encore, c'est un sujet qui me touche beaucoup ! Enfin bref, cela a été une lecture surprise fort agréable.

- Tu vois tous ces petits bébés ? Ils se battent pour vivre. Ils se battent jour et nuit. On ne peut pas les fragiliser avec des microbes.
J'ai pensé que mes microbes n'étaient pas pires que ceux de maman ou de Stéphane, mais je n'ai rien dit. Quand quelqu'un vous fait une faveur exceptionnelle, ce n'est pas le moment de chipoter.

La petite fille dans une boîte en verre - Marie Leymarie
Gallimard jeunesse, coll. Hors-piste (2010) - 154 pages - 8€
illustrations de Pierre Bailly

A signaler en sortie(s) poche :

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Ce que j'ai vu et pourquoi j'ai menti, roman de Judy Blundell : New York, 1947. Evie vit dans le Queens avec sa mère et Joe. Lorsque ce dernier reçoit un coup de fil insistant, il décide de partir en vacances en Floride. A Palm Beach, ville fantôme où seul un petit hôtel minable est ouvert, les Spooner vont lier connaissance avec un autre couple, les Grayson, et un ancien soldat qui a connu Joe en Europe, Peter Coleridge. Evie tombe immédiatement amoureuse de lui, elle a quinze ans, elle est naïve et a toujours vécu dans un cocon, elle voue une vraie fascination pour sa mère, Bev, qui est belle comme Lana Turner. A côté, Evie se sent comme le vilain petit canard, quelconque, transparent jusqu'à ce que Peter l'aborde, l'invite à danser, lui sourit, propose de la balader dans sa voiture et l'embrasse.

Sous ce climat lourd et pesant, la tension monte, donne du suspense au récit, lequel va très mal se terminer, mais le lecteur s'en rend compte tout seul, au fur et à mesure que l'histoire avance, l'amertume gagne du terrain, les masques tombent, certaines révélations apparaissent, les confiances se perdent, et au milieu Evie se prend la plus grande claque de sa vie. Son passage à l'âge adulte résonnera comme une lente tombée du haut d'un ravin, tant elle comprendra qu'autour d'elle il n'y a que duperie, mensonge et trahison. C'est ahurissant, et le décor de l'après-guerre apporte aussi son lot en dramaturgie et autres horreurs à dévoiler, c'est franchement flippant et hallucinant. La voix d'Evie devient encore plus poignante et magnifique, on partage longtemps cette dualité qui naît en elle, en même temps que la tragédie va fragiliser son petit monde.

C'est un roman à lire d'une traite, écrit dans un style proche des films noirs d'après-guerre, classique et envoûtant, aussi amer qu'un chocolat. Une atmosphère à laquelle j'ai été très sensible.

Coll. Pôle Fiction chez Gallimard jeunesse - 6,60€

A venir : Les confidences de Calypso - Romance royale.

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24/01/11

(...) il se passerait quelque chose d'inattendu, quelque chose que personne n'aurait pu prévoir

IMG_2271Ce roman possède une force tranquille mais redoutable. J'ai longtemps regardé de loin mon livre, je n'osais pas m'y aventurer, quand enfin je l'ai ouvert, c'était pour ne plus le reposer avant la dernière page tournée ! Un truc complètement dingue. J'ai été totalement happée par l'histoire, j'avais le souffle court, le coeur battant, j'étais fébrile et impatiente, transportée par cette intrigue ô combien fantastique, étrange et envoûtante.
Le mieux, en fait, serait de ne pas déflorer le mystère de ce roman. C'est du Mourlevat, que voulez-vous que je vous dise, c'est forcément bon et fort et implacable.
Sachez juste qu'on y trouve Anne, prête à tout pour retrouver sa soeur Gabrielle. Celle-ci a disparu depuis un an. Anne va rencontrer M. Virgil, un écrivain qui prétend ne plus avoir d'imagination, un monsieur âgé et veuf, pas mécontent de mettre un peu de sel dans sa vie ronronnante.
S'il fallait donner une couleur à ce livre, ce serait ce blanc crèmeux et fantomatique comme la couverture. On suit Anne dans sa quête, on la suit dans le brouillard, on n'hésite pas un seul instant et on ne la lâche plus. On restera incrédule, choqué et émerveillé. Impatient, fâché et exigeant.
La fin, notamment, m'a quelque peu frustrée. Je m'attendais à plus de retentissement, j'espérais davantage du Saut de l'Ange ou du portefeuille et de la photographie (ceux qui savent comprendront), je suis restée sur ma faim. Ceci dit, je ne regrette rien.
Je n'oublie pas avoir avalé près de 400 pages d'une aventure hallucinante, au coeur d'un univers aseptisé, qui fait terriblement peur, qui rappelle d'autres références (littéraires, mythologiques ou historiques).
Je suis sortie de ma lecture en poussant un grand, gros soupir. Comme si j'avais besoin d'expirer. Besoin de respirer un bon bol d'air. L'histoire m'en avait tellement privé, mais pas seulement.
Découvrez ce que cela cache !

Et voilà que la porte de “l'ailleurs” s'entrouve. Cette fille, Anne Collodi, ce village qui n'existe pas, cette voix dans la nuit... « Est-ce que je serais en train de perdre la tête ? »

Terrienne, un roman de Jean-Claude Mourlevat smileyc219
Gallimard jeunesse (2011) - 387 pages - 16€

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15/01/11

Minuscule, farouche et rousse.

IMG_2085Quelle bonne surprise ! Tout ce qui paraissait dernièrement sous la plume de Jacqueline Wilson avait tendance à me décevoir, mais cette fois, grâce à Millie Plume, j'ai éprouvé beaucoup de plaisir et pas seulement ! Car J. Wilson a su donner à son roman victorien un ton moderne, avec des effets secondaires plutôt inattendus.
Tout d'abord, l'histoire ne commence pas de façon très guillerette. Nous sommes en 1876, à Londres. Millie est un bébé abandonné, aussitôt placé en famille d'accueil où elle y passera cinq années joyeuses et insouciantes. Puis, la séparation. Les larmes. La déchirure. L'incompréhension. Retour à l'Hôpital des Enfants-Trouvés où l'attend une éducation stricte. Millie ne rigolera pas tous les jours, mais avec sa nature et sa force de caractère elle parvient à surmonter les sales coups montés par ses petites copines de chambrée, par supporter la rigueur du froid dans le lit, le manque de nourriture, les leçons de couture, la discipline des anciennes. Millie souvent se sent seule, même quand elle retrouve par hasard ses soeurs ou frères d'adoption, ou quand elle s'attache à Polly, une nouvelle venue, ou Ida, qui travaille en cuisine et lui file en douce des raisins secs ou du sucre pour adoucir son porridge.
En vrai, Millie n'arrive pas à se satisfaire de son existence. Elle rêve de liberté, ne veut pas finir soubrette, aspire à autre chose, à retrouver sa véritable mère (ne serait-ce point cette écuyère rencontrée un jour au village ?) et à revoir Jem, son grand frère chéri.
Ce qui est très délicat dans le roman, c'est le soupçon de mélange entre l'humour et la tendresse, la générosité et la détresse, la peine, le chagrin, la triste réalité d'un avenir bouché. L'histoire trouvera d'ailleurs une fin un peu trop édulcorée, mais c'est un bonheur pour Millie. Petite rouquine au tempérament volcanique, débordant d'énergie, elle n'a jamais baissé les bras face à l'adversité et s'est toujours promis de bouleverser ce que la vie avait de plus plat à lui offrir.
Voilà une lecture qui a su conquérir mon coeur de lectrice renfrognée contre les histoires sirupeuses de J. Wilson, en se révélant attachante, essentiellement grâce à Millie, mais aussi pétillante et pleine de sensibilité. J'ai passé un bien joli moment, ma foi.

Les malheurs de Millie Plume - Jacqueline Wilson
Gallimard jeunesse (2011) - 350 pages - 13,50€
traduit de l'anglais par Cécile Dutheil de la Rochère
illustrations de Nick Sharratt

illustration de couverture : Anne Simon

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14/01/11

Un mec qui s'exprime comme dans un roman de Jane Austen devrait recevoir une médaille, pas se faire traiter de débile !

IMG_2080A quinze ans, Jess Jordan n'est pas tendre avec elle-même : elle est charmante mais cinglée, a un gros cul et les oreilles en chou-fleur, elle voudrait que Ben Jones (un soupçon de Leonardo di Caprio, une pincée de prince William, une touche de Brad Pitt) craque pour elle, se demande encore pourquoi elle est incapable de détester sa meilleure amie Flora, trop belle, trop canon, trop intelligente, et serine Fred, son autre meilleur ami, de couper ses cheveux qui lui tombent dans le cou.

La vie de Jess Jordan est une vie d'ado comme toutes les autres. On y parle de béguins naissants, de conflits d'intérêt, de chamailleries et de réconciliations, de mensonges éhontés, de devoirs d'école, d'autorité parentale inexistante, mais de parents non moins présents, originaux et délirants dans leur genre, d'une grand-mère qui s'invite sans crier gare, d'une chambre spoliée, d'une soirée qui tourne à la catastrophe, de fausse poitrine qui sent bon le minestrone, d'un accident de parcours, d'une caméra cachée dans les toilettes (les goujats), d'un groupe de rock qui chante comme des canards, des révélations sentimentales, d'un garçon qui parle comme dans un livre de Jane Austen, d'un Apollon éteint et encombrant, d'un déclic et de grandes décisions à prendre (après d'âpres tractations).

- Es-tu en train de dire que... tu as envie de sortir avec moi ?
- Ouais, pourquoi pas ? Rassure-toi, ce n'est pas une demande en mariage. Ce n'est pas mon genre, fit-il très vite.
- T'inquiète pas, moi non plus. Je préférerais me perdre dans le désert de Gobi et être livrée aux suricates plutôt que me marier avec toi.
- Tout à fait d'accord. Je préférerais être plongé dans un bain de friture et me faire dévorer que d'être marié à toi ne serait-ce qu'une seconde.
- Dans ce cas, tout est très clair.

Jess Jordan est une héroïne qui manque parfois de perspicacité, mais qui n'est jamais en manque d'humour (ce n'est pas un hasard si elle rêve d'être comique plus tard !). C'est irrésistible et rafraîchissant, le genre de lecture homéopathique qu'on aime lire de temps en temps, et l'effet désiré ne loupe pas : deux bonnes louchées plus tard, on se bidonne comme des dindes. N'hésitez pas à poursuivre l'aventure avec 16 ans ou presque, torture absolue (à paraître en Scripto en février 2011) et 15 ans Welcome to England

15 ans, charmante mais cinglée - Sue Limb
Gallimard jeunesse, coll. Scripto (2010) - 272 pages - 9,50€
traduit de l'anglais par Laetitia Devaux
illustration couverture : Soledad Bravi

07/01/11

Pêle-Mêle Clarabel #17

De nouvelles petites gouttes de lecture...

IMG_1922Un joli roman d'été, Amis de coeur de Kate Banks. Lou et Ollie sont les meilleurs amis du monde, ils ont grandi ensemble jusqu'à l'âge de 8 ans. La famille d'Ollie déménage, Lou a le sentiment de perdre une partie d'elle. En dépit de la séparation, ils ne cesseront jamais de se voir et passent toutes leurs vacances côte à côte. Vient l'été de leurs treize ans, l'été qui n'aurait pas dû exister. Leurs familles avaient prévu de visiter le nord de l'Europe, mais suite à un contretemps professionnel, tout ce petit monde a annulé leurs projets pour se retrouver dans la maison des grands-parents. Nous sommes en Italie, il fait beau, on mange des glaces, on se dore la pilule au soleil, on fait de la voile et de la poterie, c'est reposant, envoûtant, le charme opère... Cet été-là, il y a aussi Martin, le petit-fils des voisins. Sa présence met un peu de piment dans les sentiments des uns et des autres, donne à réfléchir sur le temps qui passe et le corps qui change, sur l'enfance qu'on quitte tout doucement et sur ce monde inconnu qui attend en tapant du pied. Il faut s'arracher du nid douillet, et hélas la vie va drôlement chambouler cette tendre quiétude. Car la fin est vraiment très triiiste. Je ne m'y étais pas du tout attendue, ou j'avais imaginé autre chose. Quelle déchirure. J'ai tourné la dernière page avec un gros poids sur le coeur. Mais je ne regrette pas le voyage non plus.
Cette lecture m'avait été suggérée par Bauchette, merci.
Gallimard, coll. Scripto (2006). Traduit de l'anglais par Anne Krief.

IMG_1924Honte sur moi ! J'avais prévu de lire le roman de David Walliams depuis au moins un an. Pfff, qu'est-ce que ça passe. Et puis c'était une lecture que je voulais partager avec ma fille. C'est intéressant de lire à deux, cela donne une autre dimension à l'histoire et ça rappelle aussi que les attentes ne sont jamais les mêmes... Bref, voici donc l'histoire d'un jeune anglais de douze ans qui, comme l'indique le titre du roman (Le jour où je me suis déguisé en fille), va vivre une expérience complètement loufoque. Depuis le départ de sa mère, Dennis vit avec son frère et son père dans une maison où le câlin est proscrit et où le foot, rien que le foot, et encore le foot est la seule religion pratiquée. Dennis est un champion, ça tombe bien. Par contre, sa mère lui manque cruellement. Pour pallier cette absence, Dennis aime feuilleter le magazine Vogue. Il aime les belles robes, cela lui rappelle sa mère sur la seule photographie qu'il possède d'elle. Bien entendu, son père lui interdit formellement de continuer à acheter de la presse féminine. Son frère se moque de lui. Qu'importe, il vient de rencontrer Lisa, la plus jolie fille de l'école. Elle aussi est passionnée de mode. Ensemble, à force de passer du temps et de papoter sur ce qui leur tient à coeur, ils vont donc se lancer dans un projet fou. Cocasse. Délirant. Epatant. Cette affirmation de soi et de vouloir être soi envers et contre tout est une belle leçon de tolérance et du droit à la différence. Et puis, c'est drôle ! C'est un roman qui se lit facilement, le ton est délicieusement facétieux (on croirait du Roald Dahl), le texte très aéré et le tout merveilleusement illustré par Quentin Blake. THE Quentin Blake. La classe, quoi. En bref, un petit roman à l'humour anglais, très sympathique.
Lu et conseillé par Gaëlle, merci tout court.
Gallimard jeunesse (2009). Traduit de l'anglais par Catherine Gibert.

Plus j'écoute le dernier album de Nouvelle Vague et plus la séduction opère... Au départ ce n'était pas gagné. C'est bon de se tromper !

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