01/10/09

Le temps des Marguerite ~ Vincent Cuvellier

& Robin pour les illustrations
Giboulées de Gallimard jeunesse, 2009 - 125 pages - 20€

> Ce bouquin est né d'un fantasme très simple... depuis que je suis petit, je rêve d'un claquement de doigts  me retrouver projeté 100 ans en arrière... (...) c'est peut-être le seul de mes livres à ce jour qui soit vraiment pédagogique... ben oui, moi qui ai érigé ce mot au rang d'insulte, je me retrouve aussi à m'en servir... allez, disons que j'aime bien vulgariser les choses que j'aime, notemment l'histoire...  source : Vincent Cuvellier, et tout le baratin

Cet album est notre nouveau coup de coeur.
le_temps_des_margueriteLe temps des Marguerite est l'histoire de deux fillettes qui portent le même prénom, ont le même âge et se ressemblent physiquement. La seule différence, c'est que l'une vit en 1910 et l'autre en 2010.
Un jour, toutes deux se rendent dans leur grenier, se faufilent dans une vieille malle où elles se trouvent prisonnières malgré elles, couac, en un tour de magie elles font un bond dans le temps et voient leur place inversée.
La Marguerite moderne est expédiée au début du siècle, à sa plus grande déconfiture ! L'éducation des enfants est serrée, il faut demander le droit de prendre la parole à table sous peine de recevoir une claque, il est interdit de se balader seule dans la rue, interdit d'adresser la parole à des garçons, interdit de montrer ses jambes ou ses bras (couvrir de culottes et manches longues), c'était l'époque des bonnes manières (guindées)... et aussi l'époque de Blériot, du tramway, du crottin de cheval, du village indigène (!), du trousseau et des fiançailles. Marguerite en prend plein la figure, mais surtout elle prend conscience que le pays va basculer dans le premier grand drame international (la guerre de 14).
De son côté, notre Marguerite prout-prout est plongée dans un 21° siècle bruyant, technologique, confortable et sans manières. La tête lui tourne, elle n'est pas sûre de tout apprécier mais elle se laisse séduire par la télévision, le skate, la pizza et le cola, le téléphone portable, la musique... et l'affection de ses parents, leur présence et leur tendresse. Rien de comparable avec son monde !
Cette confrontation est vraiment très drôle, on y découvre la société et la vie des enfants à un siècle d'écart, avec des petits détails très intéressants. La partie 1910, par exemple, apporte beaucoup de précision historique tandis qu'en 2010 on suit davantage la jeune Marguerite dans sa découverte de notre vie contemporaine.
Il n'y a aucune conclusion dans cette double lecture (l'épilogue s'offre tout de même le luxe d'être cocasse). C'est juste très, très bien à parcourir en faisant rouler ses yeux de bas en haut et de haut en bas sur toutes les pages (le format du livre est assez long). Et c'est toujours un grand plaisir de retrouver la complicité de Vincent Cuvellier et Robin !

> La librairie Rêv'en Pages a également beaucoup aimé

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25/09/09

Kaspar Le chat du Grand Hôtel ~ Michael Morpurgo

Gallimard jeunesse, 2009 - 208 pages - 12,50€
traduit de l'anglais par Diane Ménard
illustré par Michael Foreman

kasparInvité en tant qu'écrivain en résidence à l'hôtel Savoy de Londres, Michael Morpurgo s'est inspiré de l'histoire d'une statuette de chat noir pour imaginer la vie d'un chat - Kaspar - symbole de chance et d'amour pour ceux qui l'approchaient. Bien évidemment, ce n'est pas n'importe quel chat, il s'agit du prince des chats, le compagnon d'une comtesse russe, également une diva très célèbre, et le jeune groom de l'hôtel Savoy, Johnny Trott, est alors fasciné par cette femme et son chat à l'air hautain et dédaigneux. Sa bonne fortune aidant, il va être très proche de la comtesse et s'attacher au chat qui va en retour l'adopter. Un drame va pourtant bouleverser cette belle idylle. Johnny, qui est également orphelin, s'était habitué  à cette promesse d'une vie qui le faisait rêver. Bref, son chemin va lui faire rencontrer une autre famille très riche, les Stanton, des américains venus en Angleterre à bord d'un immense paquebot, avec leur fille âgée de huit ans, Lizbeth (plutôt frondeuse et risque-tout, elle prend plaisir à gambader partout et à se cacher dans les moindres recoins de l'endroit où elle se trouve). C'est ainsi qu'elle va rencontrer Kaspar, puis Johnny. Et l'aventure ne s'arrête pas là, puisque les Stanton doivent rentrer à New York et s'embarquent à bord du Titanic.

Du Morpurgo, encore et toujours ! Forcément, l'histoire est belle, bien écrite, touchante, pleine d'émotion et de sensibilité, avec cette fois les illustrations de Michael Foreman pour nous plonger dans une incroyable ambiance du début du 20° siècle. Plaisir des yeux, plaisir de la lecture aussi...
J'ai cependant moins adhéré à la partie se passant à bord du Titanic, tout simplement parce que j'avais trop les images du film dans la tête, c'est idiot, je sais, par contre ma fille (encore une page blanche sur le sujet) s'est totalement laissée absorber par l'histoire, elle a été transportée par le vent de panique, le suspense et la tragédie du naufrage. Elle a tremblé, retenu son souffle, s'est souciée du sort de tous les personnages, le chat compris, elle a vraiment beaucoup apprécié.
D'où ma conclusion que ce livre doit être lu par les jeunes lecteurs, dès 9 ans par exemple, car c'est un roman en même temps qu'un livre illustré, les 200 pages ne seront jamais trop pesantes.

> lu et apprécié par Emmyne, également

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23/09/09

Contes de la banlieue lointaine ~ Shaun Tan

Gallimard jeunesse, 2009 - 96 pages - 18,00€
traduit de l'anglais par Anne Krief

contes_de_la_banlieue_lointaineCet album est tout simplement superbe. C'est une invitation muette à pénétrer un univers étrange et atypique constitué de quinze contes (ou histoires) au charme inqualifiable. Et chaque histoire est unique, le rythme est latent, d'une page à l'autre cela se suit mais cela ne se ressemble pas, c'est à chaque fois un monde à part, magique dans le sens fascinant, et carrément bluffant.
J'avais les yeux ronds comme des billes, la bouche bée et je dévorais chacune des histoires en plus des illustrations magnifiques. C'est difficile à décrire, c'est comme la quatrième dimension, ou l'idée de quitter ton monde pour entrer dans une dimension inconnue, avec humour et émotion. C'est fantastique, je m'étais promis de vous raconter telle ou telle histoire, et puis finalement je me rends compte que j'ai envie de les décrire toutes. Pas une plus faible que l'autre, non, tout est très bon. Avec, de plus, cette petite touche qui vous saisit, qui vous noue l'estomac et qui vous fait soupirer profondément... genre fichtre que c'est beau, comme c'est bien dit, avec beaucoup de pureté, de naturel et de poésie.
Il y a ce petit passage qui pourrait s'appliquer à l'ensemble de cette lecture, c'est extrait de l'histoire intitulée Orage à l'horizon :
Plus étrange encore sera la découverte que sur chaque petit morceau de papier figurent des mots délavés composant d'imprévisibles poèmes à peine visibles mais indéniablement présents. A chaque lecteur ils confieront quelque chose de différent quelque chose de gai quelque chose de triste vrai absurbe drôle profond et parfait. Personne ne pourra expliquer la troublante impression de légèreté ni le sourire énigmatique qui persisteront longtemps après que les rues auront été balayées.
A découvrir, pour lecteurs de tous âges.

encore des petits cailloux ...

(jouets cassés) Le scaphandrier a prononcé de nouveau son mot en japonais et tendu son petit cheval. Il nous masquait la vue, et nous ne voyions pas grand-chose, hormis Mme Cata, pétrifiée, la main plaquée sur la bouche. On aurait dit qu'elle allait s'évanouir de frayeur. Nous avions une chance insensée.
- Attends un peu, as-tu dit en plissant les yeux. Je crois qu'elle... pleure !
Et en effet, plantée dans l'encadrement de la porte, elle sanglotait de façon irrépressible.
Etions-nous allés trop loin ?
A vrai dire, nous commençions à avoir de la peine pour elle... C'est alors qu'ellle a levé ses bras maigres et les a passés autour du cou du personnage à la combinaison dégoulinante d'eau et couverte de coquillages. Nous n'avons pas vu la suite car nous étions trop occupés à comparer notre étonnement, mesuré à la hauteur de nos sourcils. Puis la moustiquaire s'est refermée et il n'est plus resté que le rectangle noir de la porte et le casque du scaphandre au milieu d'une flaque d'eau.

(nulle part ailleurs) Le béton peint en vert devant la maison, qui au premier abord devait sembler une façon originale de ne plus avoir à entretenir de pelouse, présentait aujourd'hui un aspect des plus déprimants. L'eau chaude arrivait à l'évier de la cuisine comme si elle avait dû parcourir des kilomètres pour y parvenir, avec de sérieuses réticences en prime, et parfois de couleur brunâtre. La plupart des fenêtres n'ouvraient pas assez bien pour que les mouches puissent sortir. D'autres fermaient si mal qu'elles ne pouvaient les empêcher d'entrer. Les arbres fruitiers plantés récemment avaient dépéri dans le sol sablonneux d'une arrière-cour en plein soleil et avaient été laissés sur place telles de frêles stèles sous les cordes à linge lâches, petit cimetière de toutes les désillusions. Il semblait impossible de dénicher les denrées que l'on désirait, ou d'apprendre comment demander correctement les choses les plus simples. Les enfants s'exprimaient rarement autrement que pour se plaindre.
- Nulle part ailleurs... il n'y a pas pire pays au monde, protestait incessamment leur mère, que personne n'éprouvait le besoin de contredire.
Une fois les traites payées, il ne restait pas d'argent pour les travaux.
- Les enfants, il faut que vous aidiez plus votre mère, répétait leur père.
Et cela signifiait dénicher l'arbre de Noël en plastique le moins cher et le ranger momentanément dans les combles, sous le toit. Voilà au moins une chose que l'on attendait avec impatience, et les enfants passaient le mois suivant à fabriquer leurs propres décorations, réalisant des découpages et des pliages en papier tout à fait ravissants, assis par terre, au milieu du salon, et y attachant des petits bouts de fil. Pendant ce temps-là, ils ne pensaient plus à la chaleur accablante ni à tous les problèmes qu'ils avaient à l'école.
Mais le jour où ils montèrent chercher l'arbre de Noël, ils le découvrirent collé aux poutres : il avait fait si chaud dans les combles que l'arbre avait purement et simplement fondu.

Là, vous vous dites, mais c'est triiiste ! Attendez que la page se tourne, vous ne le regretterez pas...

Shaun Tan est l'auteur de Là où vont nos pères (Dargaud, 2007) qui a été couronné par le prix du meilleur album à Angoulême en 2008.
Contes de la banlieue lointaine a reçu en 2008 l'Aurealis award du meilleur livre/roman graphique.

 

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21/09/09

La face cachée de Margo ~ John Green

Gallimard Scripto, 2009 - 390 pages - 14,00€
traduit de l'anglais (USA) par Catherine Gibert

« Margo était le seul mythe vivant habitant à côté de chez moi. Margo Roth Spiegelman, dont le nom aux six syllabes était souvent prononcé avec une sorte d'admiration muette. Margo Roth Spiegelman, dont le récit des aventures épiques traversait le lycée, tel un orage d'été : un vieil homme de Hot Coffee dans le Mississippi lui avait appris à jouer de la guitare dans sa masure. Margo Roth Spiegelman avait passé trois jours dans un cirque qui lui avait trouvé un don pour le trapèze. Margo Roth Spiegelman avait bu une tisane en coulisse avec les Mallionaires à l'issue d'un concert à Saint-Louis, quand tout le monde était au whisky. Margo Roth Spiegelman avait réussi à assister au concert en racontant aux videurs qu'elle était la copine du bassiste. Mais enfin comment se faisait-il qu'ils ne la reconnaissaient pas, franchement les mecs, je m'appelle Margo Roth Spiegelman, si vous pouviez retourner en coulisse demander au bassiste de venir voir à quoi je ressemble, il vous dirait que si je ne suis pas sa copine, il rêverait que je le devienne. Alors les videurs y étaient allés et le bassiste avait dit : Oui, c'est ma copine, laissez-la entrer. Et plus tard, il avait essayé de la brancher et elle avait repoussé le bassiste des Mallionaires ?
Ces histoires, quand elles étaient racontées à d'autres, se terminaient invariablement par des Tu le crois, ça ?
Ce qui était effectivement difficile, bien qu'elles se soient toutes révélées vraies.
»

la_face_cachee_de_margoA l'approche du bal de fin d'année, Quentin et ses camarades se cherchent des petites copines pour les accompagner au grand raout. Q. a pourtant dans le coeur et la tête une seule fille qu'il aime depuis toujours : Margo, sa voisine et son amie d'enfance. A neuf ans, ils avaient découvert un macchabée dans une mare de sang, de quoi les chambouler l'un et l'autre, même la nuit, nourrir leurs cauchemars et faire dire à la jeune fille, un truc du style, « Si ça se trouve, toutes ses cordes intérieures ont cassé. ». Le temps a passé et les deux amis se sont éloignés, sans plus jamais évoquer cette histoire. Jusqu'à ce dernier événement : Margo débarque en pleine nuit chez Q. et l'entraîne dans une virée de règlements de compte. Trompée par son petit ami, la demoiselle a établi un plan de vengeance qui concerne tout son joli monde hypocrite. Quentin demeure son seul complice, ce qui le comble de joie, malgré son tempérament petit garçon modèle et consciencieux. Le lendemain, le coeur battant la chamade, Q. s'attend à retrouver son amie Margo... qui est portée disparue. Plus de nouvelles de la belle, elle s'est volatilisée, on parle même de suicide et de drame, bref c'est un monde pour Q. qui refuse de croire à cette théorie.

« Margo a toujours adoré les mystères. Et la suite des événements n'a cessé de me prouver qu'elle les aimait tellement qu'elle en est devenue un. »

Ce roman m'est apparu tellement proche de Qui es-tu Alaska ? (le premier livre de John Green) qu'il m'a semblé étrange de le dissocier et de le considérer à part. On y trouve les mêmes thèmes : le narrateur érudit, intelligent, posé et fasciné par une jeune fille, d'où Margo, personnage quasiment fantasmé, à la personnalité tourbillonnante, stellaire, envoûtante, et pourtant qui cache des failles, des blessures, etc. Sa disparition entraîne le narrateur dans une quête, plusieurs masques vont tomber, la vérité apparaître, mais de bien étrange façon, et pour une conclusion pas forcément attendue. Le style y est, impeccable, bien écrit, drôle, brillant. C'est un très bon roman, aucun doute. Pourtant, j'ai ce sentiment d'avoir relu une histoire que je connaissais déjà. J'avais aimé Alaska, alors j'ai aimé Margo... mais j'espère que l'auteur ne va pas répéter sans cesse le même schéma mais nous proposer une prochaine fiction totalement différente, si ce n'est ce ton excentrique, singulier, riche en humour et suspense que j'affectionne particulièrement.

A tenter.

> lu aussi par l'accro des livres   

 

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13/09/09

Les étranges sœurs Wilcox 1. Les Vampires de Londres ~ Fabrice Colin

Gallimard jeunesse, 2009 - 285 pages - 13,50€
illustrations : Erwann Surcouf

Gros coup de cœur pour ce premier tome d'une nouvelle série écrite par Fabrice Colin, qui vous happe du début à la fin et vous lâche avec la sensation d'une lecture exaltante ! C'était génial. 

les_etranges_soeurs_wilcoxL'histoire se passe à Londres, en 1888. Deux sœurs se réveillent d'un lourd sommeil, terrorisées d'être enfermées dans un cercueil, enterrées donc. Amber et sa cadette Luna sont perdues dans les rues de Londres, elles se rendent chez elles et trouvent une maison en ruines, brûlée depuis les fondations jusqu'à la pointe du toit, il ne reste plus rien. Leur père a disparu, tout comme leur belle-mère. Le jour se lève et les demoiselles s'évanouissent.
Secourues par un gentil docteur du nom de Watson et son acolyte Sherlock Holmes, Amber et Luna Wilcox vont très vite rejoindre les rangs d'une société secrète afin de les aider à lutter contre des forces obscures. Tout un programme.
En fait, il se passe beaucoup de choses avant d'en arriver là. Certes, les sœurs Wilcox sont placées sous le patronage de Watson, Holmes et la société des Invisibles. On croise aussi Bram Stoker, un raconteur d'histoires qui aime frayer avec les forces obscures pour échapper au chagrin qui l'assomme. Un certain Jack l'Éventreur, ou son ombre maléfique, s'avère la puissance absolue à combattre, en plus de Dracula et ses comparses. Que de monde, que de monde.
Laissez-vous surprendre, c'est le premier conseil que je puisse vous donner. La suite, c'est du plaisir sur toute la ligne, qui dure près de 300 pages, avec moult rebondissements, mais aussi des clichés rebattus et revisités, enfin surtout dépoussiérés, bref que du bon !
Fabrice Colin signe une nouvelle série (en combien de tomes ?) très, très enthousiasmante. Ce livre nous offre par exemple un prologue et un épilogue à faire frémir d'excitation... et c'est épuisant, oui, épuisant de se lancer dans une nouvelle série, d'en rester là, comme deux ronds de flan, et de n'avoir plus que ses ongles à ronger en attendant la suite.
Aaaaah, je déteste les séries ! Enfin, j'aime les détester... même si je ne suis qu'une flaque d'envie et d'impatience, une boule d'allégresse et d'euphorie. Pour le coup, j'ai adoré me promener dans le Londres de 1888 et d'y rencontrer des figures mythiques du paysage littéraire. C'était bon. J'en veux encore.
Au boulot, monsieur Colin !   

 

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05/09/09

Un dîner surprise, Olivia et la cerise sur le gâteau !

 

 

en cette rentrée, il y avait quelques albums jeunesse qui me disaient bien, des rendez-vous attendus, comme le p'tit dernier de mademoiselle zazie par exemple, plus : le prochain la fée coquillette, deux nouveaux rita et machin et la mélodie des tuyaux de benjamin lacombe (tout ça, en octobre, yep !), mais voici déjà :

le dîner surprise, par astrid desbordes et pauline martin, toutes deux coupables des rêveries d'un hamster solitaire, mon lien ici pour se rappeler cet album que j'avais beaucoup aimé.

le_diner_surpriseCette fois, l'histoire est un peu moins surprenante. Cela raconte une étrange soirée durant laquelle la poule attend ses invités, l'ours, l'écureuil et la souris, pour déguster un gâteau au fromage frais, avec des baies et des grains de sucre. Premier contretemps, un invité surprise frappe à la porte qui s'ouvre sur un loup frigorifié (la neige tombe à gros flocons). Notre bonne poule l'invite à prendre un thé chaud pour se réchauffer. Elle l'installe dans la cuisine. Deux secondes après, on frappe de nouveau à la porte. C'est l'ours, avec sa petite motte de beurre, et aussitôt il affiche une mine déconfite face à son hôtesse et son gâteau au fromage et il part en courant. La poule s'étonne, de plus cela se répète avec l'écureuil et la souris. C'est triste pour elle, tous ses efforts pour une soirée exceptionnelle, avec un mets savoureux, non pas une soupe à la carotte. Elle se confie au loup, lequel a repris du poil de la bête. Hmm. Trop naïve, notre poule ? A vous de juger. C'est beaucoup moins drôle (piquant) que les rêveries d'un hamster solitaire, mais c'est tout à fait charmant. On sourit, surtout.

albin michel jeunesse, 2009 / 10€

*-*-*-*-*

oliviaplace maintenant à l'incontournable de la saison, j'ai nommé : Olivia qui revient en une version tout-carton du premier opus des aventures de cette petite cochonne (lauréat du prix baobab de l'album en 2000).

Cela faisait très longtemps que je n'avais pas relu Olivia, aussi ce fut un grand plaisir de m'y replonger. Maintenant, je vous le confie, Olivia et ma miss C., même combat. Deux fillettes douées, pleines d'énergie, épuisantes pour leur entourage, curieuses, gourmandes, bavardes et j'en passe. Deux petites scènes m'ont fait penser à ça : Le matin, quand elle se lève, elle emmène le chat, elle se brosse les dents, se coiffe et remmène le chat. (Chez nous, vous imaginez juste un chien noir.) Après un bon bain, et un bon dîner, c'est l'heure d'aller au lit. Mais, bien sûr, Olivia n'a pas du tout sommeil. "Maman, juste cinq livres ce soir", dit-elle. "Non, Olivia, un seul. - Quatre, alors ? - Deux. - Trois ! - D'accord, trois, mais c'est tout."
Je vous dispense (faute de mieux) des illustrations qui sont un atout complémentaire à cette lecture. C'est tout bonnement drôle, une bouffée d'air frais rien qu'à contempler, et le reste sert un peu de légende qui vous tire le sourire jusqu'aux oreilles.

Seuil jeunesse, 2009 / 10 € . Mel de La soupe de l'espace en parle ici.

*-*-*-*-*

attention, dernier point de contrôle : une nouvelle enquête de l'inspecteur Lapou droit devant !

cerise_gateauVous prenez un gâteau au chocolat, une cerise qui se fait la malle de sa branche, une foire d'empoigne et beaucoup, beaucoup de gourmandise autour. Remuez, ou tournez les pages, et vous obtenez un savoureux moment à parcourir toute seule, comme une bonne maman égoïste, après tout, se faire plaisir est un gage de lutte contre le vieillissement précoce. (C'est juste moi qui le préconise. Mais je suis sûre de ne pas me tromper !)
Comme d'habitude, il n'y a pas franchement d'enquête, l'inspecteur Lapou est plus débonnaire que jamais, il suit le mouvement, et son flegme ne le quitte pas une seconde. Tant mieux, cela rend la lecture piquante et décalée. Oui, j'aime beaucoup. En bonus, cette fois nous avons droit à la recette de la cerise sur le quatre-quart (très facile).

Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, 2009 / 7€

Pour les plus jeunes, il y a aussi l'âne Trotro mène l'enquête, façon Club des Cinq sur la piste du goûter disparu. Et celui-ci ne coûte que 2€ !

trotro_mene_lenquete

02/09/09

Eon et Le Douzième Dragon ~ Alison Goodman

édité par Gallimard jeunesse et les éditions de La Table Ronde
2009, pour la traduction française (par Philippe Giraudon)
520 pages -  19€

eon_douzieme_dragonCe roman-phénomène d'Alison Goodman possédait de nombreuses qualités pour séduire et enchanter la lectrice enamourée du Clan des Otori que je suis. Certes, je suis assez perspicace pour m'en détacher, c'est simplement l'époque et l'épopée qui m'interpellent principalement, d'où le rapprochement à trouver entre ces deux lectures. Foin du blabla. En fait, le livre d'Alison Goodman m'a désespérément déçue. La raison principale : sa longueur. Non, non, je ne trépigne pas parce qu'il s'agit d'un roman-fleuve qui dépassent les 300 pages chéries, je connais le bonheur de se noyer dans l'infini. Simplement, l'histoire ici m'est apparue beaucoup trop longue, trop alourdie de détails et de descriptions. Résultat, ça traîne (alors que d'autres y trouveront probablement un placement idéal et inévitable). Je ne sais pas. Lorsque j'ai entre les mains un épais ouvrage de 500 pages, j'en attends un élément incontournable : de suite, il m'embarque ou il me débarque. Et lorsque vous arrivez aux 100 premières pages avec le sentiment d'avoir déjà lu le double, c'est flippant.

L'histoire, pour faire court, est celle d'Eon qui a douze ans et se présente pour être choisi comme apprenti par l'un des douze dragons énergétiques de la chance, c'est-à-dire être initié à la Magie du dragon et prétendre au rang d'Oeil du dragon. En fait, Eon possède plusieurs handicaps : il est infirme avec une jambe boîteuse, a seize ans et se révèle être une fille ! Or, les femmes sont exclues du monde de la Magie du dragon et Eon risque la mort si son secret est dévoilé. Le maître de la jeune fille n'est pas idiot ni inconscient, il sent chez Eon(a) une faculté rare et incomparable, qui se vérifiera très certainement lors de la cérémonie au cours de laquelle le dragon Rat va choisir son apprenti. Je n'en dis pas davantage, sauf que les choses ne vont pas se passer comme il était convenu, en mieux ou en pire, c'est à découvrir. Et Eon va tout bonnement hériter d'une importance considérable à la cour impériale, d'où la jalousie, les rivalités et les trahisons vont apparaître et propulser notre héroïne dans des aventures incroyables.

Je ne blâme pas totalement cette lecture non plus, elle n'est pas ultra enthousiasmante mais elle sait être très intéressante aussi. Le contexte est dépaysant, et pour ceux qui apprécient, les descriptions sont importantes et détaillées. Et contrairement au début assez lent et ennuyeux, l'intrigue va se déployer et devenir excitante (pour aboutir à un final à bout de souffle, oui, oui, je vous le confie sans risque). Et là, grosse frustration, puisqu'il faut attendre l'année prochaine, en 2010, pour connaître la suite ! Bref, avec un minimum de recul, j'ai trouvé le roman déconcertant à force d'osciller entre le très bon et le passable - belle palette de personnages, au passage, mais Eon se montre parfaitement agaçante, à plusieurs égards. C'est ainsi, un yoyo perpétuel. Donc, pas un favori mais pas un déchet non plus. Toutefois, cette impatience d'attendre toutes les réponses dans le deuxième volume prouve bien un certain attachement...

A lire, aussi, pour tous les amateurs de Chine impériale et de dragons : Liu et le vieux dragon de Carole Wilkinson (une série en trois tomes). 

Un lien : le site du Théorème de l'escarpin vous propose un concours avec la possibilité de gagner un exemplaire d'Eon le Douzième Dragon !

 

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20/07/09

Un ticket pour la lune ~ Frank Cottrell Boyce

un_ticket_pour_la_luneLiam Digby a un problème : il connaît une croissance exceptionnelle, avec poussée hormonale en conséquence. Résultat, à onze ans, il en paraît le triple ! C'est loin de l'indisposer, le garçon a pris le parti d'exploiter ce subterfuge et joue avec une camarade d'école, Florida Kirby, en se faisant passer pour un père et sa fille.
Ensemble ils parcourent les allées des centres commerciaux, se rendent dans des concessions automobiles de luxe ou vont dans des manèges à sensation interdits aux plus jeunes. Liam s'amuse, mais son père voit rouge.
Toutefois ce dernier ne prend pas conscience du fait que le garçon agit exprès pour attirer son attention, comme l'idée de ce nouveau jeu réservé au père et sa progéniture. Il faut remporter le titre de meilleur papa, pour s'offrir un voyage en Chine et tester un nouveau parc à thème... très cosmique.
Ambitieux projet, Liam trépigne d'y participer mais son père dit non.
Loin de se démonter, l'adolescent fait appel à sa fidèle complice et tous deux vont vivre une série d'épreuves, toutes plus délirantes les unes que les autres, pour décrocher les honneurs !
Finalement le suspense n'est pas de savoir s'il va vivre à fond son aventure et voyager dans l'espace, on est déjà au courant. Le roman s'ouvre sur sa confidence, il est seul au monde, perdu dans l'immensité intersidérale, à bord d'une fusée.
On se demande alors comment cette épopée hallucinante va trouver sa fin, et si le père de Liam va accourir tel Zorro sur son fidèle destrier pour sauver son fils. Car, après tout, c'est un livre sur les papas et sur les relations entre père et enfant, derrière ce côté farce, comique et farfelu de l'histoire. Les anecdotes sont vraiment très drôles.
De plus, notre monde d'adultes est vu à travers le regard d'un enfant / adolescent, ce qui créera une connivence sympathique avec le lecteur - niveau collège, selon moi, car j'hésite pour les plus jeunes, le roman fait tout de même 300 pages !

Gallimard jeunesse, 2009 - 320 pages - 13,50€
Traduit de l'anglais par Catherine Gibert

L'avis de Reno qui le rapproche très justement à Roald Dahl.

extrait :

- Docteur Drax, vous me prenez pour un adulte responsable, or je ne le suis pas. Je ne suis qu'un adolescent. Un adolescent anormalement grand et barbu, mais un adolescent.
J'ai ressenti un soulagement immédiat. Comme si la gravité avait soudain relâché son emprise, me faisant en quelque sorte flotter. Voilà. C'était terminé. Plus de comédie. Plus de responsabilité. Peu m'importait la réaction qu'aurait le docteur Drax.
Elle a souri.
- Cela résume parfaitement mon opinion sur vous, a-t-elle répliqué, en me touchant la main. Vous avez la qualité requise. Intérieurement, vous vous sentez comme un enfant. A l'exemple d'Einstein, qui a prétendu toute sa vie n'avoir jamais cessé de penser en enfant. Ce qui explique qu'il ait fait ces découvertes exceptionnelles...
- Non, ai-je répliqué. Je ne me sens pas comme un enfant. Je ne suis pas un adulte.
- Parfait. Dans le mille. Ceux qui se considèrent comme des adultes accomplis n'ont pas leur utilité dans ce projet. Ce sont des gens qui pensent n'avoir plus rien à apprendre...
- Voilà. Je n'ai pas terminé l'école. J'ai même à peine commencé.
- Je ressens la même chose que vous. L'univers est tellement immense. Nous n'en avons qu'un mince aperçu. Entre quelqu'un qui croit tout savoir et quelqu'un qui reconnaît son ignorance, je choisi le second sans hésiter.
- Mais...

**********

Et un peu de musique, dont la très belle chanson interprétée par Vanessa Paradis pour la BO du film d'Olivier Dahan, Le petit poucet.

 

 

 

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06/07/09

Artemis Fowl 6 / Le paradoxe du temps ~ Eoin Colfer

artemis_fowlPour sauver sa mère qui souffre d'une maladie magique, Artemis fait appel à Holly Short, son amie fée, pour l'aider à remonter le temps. Il doit en effet retrouver le lémurien de Madagascar, un animal en voie d'extinction, qui détient l'antidote, mais affronter son double âgé de dix ans qui, alors en possession de l'animal, va marchander le singe pour financer une expédition dans l'Arctique. Bienvenue dans le paradoxe du temps ! D'apparence sans queue ni tête, ce voyage dans le temps va offrir un face à face particulièrement excitant entre l'Artemis plus jeune, soit un gamin rusé et filou, et l'Artemis de maintenant, aguerri des missions crapuleuses. Cela permet aussi de constater la grande évolution dans la série. Que de chemin parcouru... (j'y reviendrai)

Dans ce sixième volume de la série, Artemis et Holly tentent donc de réécrire l'histoire passée pour sauver Angeline Fowl - petite pensée pour Hermione et Harry Potter qui ont utilisé un Retourneur de temps dans le Prisonnier d'Azkaban. Bien évidemment l'expédition va frôler le pire et connaître bien des mésaventures, notamment à cause du jeune Artemis de dix ans et du retour inopiné d'Opale Koboï (cf. le tome 4 pour faire sa connaissance).

Artemis Fowl est une série que je lis depuis plus de cinq ans maintenant, ce sont de bons romans d'aventures, dans la lignée de James Bond (cité en clin d'oeil, à ce propos). On y trouve beaucoup de technologie et de gadgets, mais aussi du fantastique (des fées lutines, un nain cleptomane ou même un centaure) qui se fond dans le décor à merveille. Ce sixième volume, à l'instar des précédents, est riche en action, en humour, en rebondissements, propose un voyage dans le temps et même une relation entre Artemis et Holly qui pourrait dépasser le simple cadre amical. Huuu. La série a bien grandi et chaque épisode reste un rendez-vous incontournable. Hélas je me sens un peu nostalgique des premiers tomes. Je ne suis pas allergique aux changements - Artemis est un personnage qui évolue vers le bien, alors qu'il était connu pour incarner la canaille - mais j'ai surtout peur de voir l'auteur s'élancer dans une série à rallonge et épuiser le filon jusqu'à définitivement dégoûter le lecteur. Parce que, mine de rien, ce tome 6 n'est pas le meilleur de la série non plus... malgré cela, il est très agréable à lire.

Gallimard jeunesse, Coll. Hors série Littérature, 2009 - 430 pages - 18€

traduit de l'anglais par Jean Esch

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Oyez, Oyez, amis lecteurs, c'est l'heure du jeu qui permettra à 5 d'entre vous de gagner un roman Artemis Fowl !

Il vous suffit de répondre à 3 questions :

  1. Comment a eu lieu la première rencontre entre Artemis Fowl et Holly Short ?

  2. De quelle nationalité est l'auteur Eoin Colfer ?

  3. Quel est le titre du cinquième tome ?

(merci de donner vos réponses par email : clarabel76@yahoo.fr )

Un tirage au sort départagera les 5 gagnants. Bonne chance à tous !

edit du 9 juillet :  le tirage au sort a été effectué et les gagnants ont été avisés par email. Merci à tous les participants.
Les réponses aux questions étaient : 1) kidnapping  2) irlandaise  3) Colonie perdue.

A une prochaine fois ! 

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01/07/09

Mesdemoiselles de la Vengeance ~ Florence Thinard

mesdemoiselles_de_la_vengeanceRien ne prédestinait ces quatre femmes à se rencontrer et à unir leurs ambitions, si ce n'est cette commune soif de vengeance envers le même individu. Olympe d'Avremont est une baronne kidnappée qui ruse de mille roueries pour échapper aux convoitises du Commodore. Sylvine La Violette, la cuisinière, a choisi d'entrer au service du pirate pour lui faire payer les vies volées de son époux et de ses enfants. Agathe La Boissière, fière et redoutable fine lame, a juré de venger l'honneur de son père, quitte à perdre un peu plus de sa réputation en se comportant comme un garçon manqué. Nagîna, princesse du désert, porte un voile pour cacher son visage défiguré et compte bien remettre la main sur le diamant que lui a volé son ennemi. Le Commodore, donc, est l'homme à abattre. C'est un pirate rustre et violent, qui vit actuellement caché dans des grottes au pied des falaises de la Gironde, avec sa bande de malfrats stupides. Et c'est un revigorant roman d'aventures que nous propose Florence Thinard, un roman où se mêle le souffle de la piraterie dans un décor soigné, finement travaillé à force de recherches scrupuleuses pour mieux dépeindre l'époque et les lieux qui dépayseront le lecteur. Ambition hautement réussie ! C'est un roman historique luxuriant de détails, l'auteur nous renvoie à une adresse internet pour découvrir l'Hermione par exemple. A noter également que les personnages endossent ici des personnalités atypiques, qui se distinguent bien les unes des autres. En tête, le quatuor des femmes. Et même l'horrible Commodore montre un visage de pirate bien plus réaliste qu'un Jack Sparrow séduisant et sympathique.
Ce roman captivera les lecteurs dès 14 ans qui apprécient les récits historiques truffés d'action, avec une pincée de mer et d'amitié pour pimenter le tout.
Les illustrations sont signées François Place.

Gallimard jeunesse, 2009 - 270 pages - 15€

Colleen (14 ans) communique son enthousiasme sur le blog de La Soupe de l'espace.

Le site de l'auteur : http://www.florencethinard.fr/Mesdemoiselles_de_la_Vengeance.html

Posté par clarabel76 à 10:30:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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