10/04/12

“Once you want something, everything changes.”

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Dans une société durement frappée par les Horreurs, une guerre abominable qui a fait de nombreuses victimes, une poignée de survivants a eu l'idée de créer la Cité, une ville-rempart à l'intérieur de laquelle confort et sécurité sont les maîtres mots. Pour cela, un scientifique a décrété qu'il aurait trouvé l'origine du Mal dans le cerveau et qu'il suffirait d'un Nouveau Baptème pour éradiquer la source du problème. Ainsi, le monde serait plus sûr, à l'abri des sentiments qui seraient les causes des tourments des humains. Et pour bien répartir le rôle de chacun au coeur de la Cité, les individus sont classés sous des étiquettes, A comme Admirable, la crème de la crème, puis les autres... les pires étant les E. En fait, ils sont condamnés et souvent exilés loin des murs de la Cité. 

Evie a dix-sept ans, c'est une fille placide, elle est fiancée à Lucas, un ami d'enfance, et semble prendre la vie comme elle vient. En vrai, elle est tiraillée entre vouloir bien faire et approfondir le fond de ses pensées. Ses nuits sont hantées par des cauchemars, ses propres parents lui disent d'oublier et vont jusqu'à demander l'intervention du Frère (le grand manitou de la Cité) pour chasser son trouble et la convaincre du bon sens de son existence. Mais Evie a d'autres secrets, comme être amoureuse de Raffy, le frère cadet de Lucas. C'est un garçon à problèmes, un trouble-fête, qui prétend qu'il existe une faille dans le Système et le clame sur tous les toits, sans réellement saisir que cela met sa vie en danger. D'ailleurs, l'administration ne tarde pas à réagir en le classant sur sa liste noire. Seule solution pour lui : la fuite. Evie suivra-t-elle son amour ou rentrera-t-elle dans le rang ?

Longtemps ce roman m'a fait penser à celui d'Ally Condie, Matched (ou Promise en VF). Mais c'est un peu le sentiment qui arrive lorsqu'on lit de plus en plus de dystopies. Les livres souffrent des comparaisons et il devient un peu difficile de surprendre le lecteur. 
D'office, je l'avoue, je n'ai pas été emportée par ma lecture. Dans sa volonté de montrer une société où les sentiments sont les maux de l'humanité, Gemma Malley a adopté un ton froid et guindé à son récit, mais le résultat laisse le vague sentiment d'avoir un souffle romanesque quasi éteint.
Même les sursauts d'action dans la deuxième partie n'ont pas réussi à me convaincre du contraire... Car j'ai malheureusement rencontré un autre souci au cours de ma lecture : je ne me suis pas attachée aux personnages.  Evie, Raffy et Lucas manquent de profondeur, ils sont comme des pantins qui répondent aux commandes de l'intrigue, mais ils ne montrent aucun intérêt.
Tout dans ce roman paraît si fade, c'est gênant. (C'est d'ailleurs une constante chez l'auteur, déjà La déclaration avait révélé cette faille... Les personnages étaient prisonniers de l'atmosphère et de l'intrigue. Ils ont souvent laissé de marbre le lecteur, alors qu'ils vivaient des évènements forts. Le contraste est perturbant.) 
L'histoire elle-même manque d'originalité, sauf si vous n'avez jamais lu de dystopie de votre vie, alors vous avez toutes vos chances pour en apprécier les ficelles. J'attendais beaucoup de cette lecture, néanmoins j'ai continuellement eu l'impression d'avoir déjà lu la même histoire dans d'autres livres. C'est dommage. 

Sentiment 26, par Gemma Malley
Michel Lafon, 2012 - à paraître le 12 avril.
Traduction de Marianne Roumy. Titre VO : The Killables. 

Je remercie Camille pour l'envoi en avant-première.

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
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06/01/08

La déclaration - Gemma Malley

la_declarationDans le cadre d'une Angleterre de l'an 2140, l'histoire d'Anna raconte un avenir sombre où l'économie peu florissante a misé sur un programme de Longévité pour permettre à la société une vie éternelle et figée (ceci permettant aussi à la Nature de ne plus puiser dans ses ressources affaiblies). Mais trop de population menace la survie de l'espèce humaine, alors la Déclaration est promulguée et interdit quiconque de procréer (on accorde toutefois un héritier par foyer). S'Affranchir de cette loi est une condamnation à l'emprisonnement, le fruit de cette rebellion aussitôt envoyé dans une pension de Surplus. (Entendez par Surplus, "indésirable" et "impropre" à respirer le même air que tout Légal ! Le seul but dans leur vie est d'être le domestique de la caste supérieure.)

Grange Hall est un bâtiment austère et gris, où il fait vraiment misère de vivre. Il fait partie de ces lieux lugubres où on recueille les enfants des hors-la-loi, et Anna, jeune fille de 15 ans, en est du nombre. Elle ne sait quasiment rien de son passé, mise à part que des Rabatteurs sont venue l'enlever de sa cachette pour vivre son existence de Surplus à Grange Hall. Elle n'avait pas trois ans, alors. Appliquée et consciencieuse, Anna a acquis la certitude que ses parents étaient des égoïstes, que sa place n'est qu'un concours de soumission et de brimades répétées. La directrice, Mrs Pincent, a réussi là un lessivage du cerveau absolument prodigieux.

Puis, débarque un jour Peter, un adolescent récalcitrant, trop âgé pour atterrir à Grange Hall, trop vif et intelligent pour être tombé entre les griffes des troupes des Rabatteurs. Alors, pourquoi est-il dans ce pensionnat ? Il s'approche d'Anna et lui murmure qu'elle est l'enfant désiré de parents aimants, qu'elle porte un nom de famille et qu'elle n'a pas sa place chez les Surplus. Autant de propos qui ne peuvent qu'ébranler une jeune fille résolue de sa pitoyable condition...

Savamment, le roman déroule le fil de son histoire et parvient sans conteste à nous toucher et nous émouvoir. Ceci est une fiction futuriste, et pourtant le récit est truffé d'éléments auxquels on ne peut résister et s'empêcher d'y croire ! C'est bluffant. Cela fait froid dans le dos. Imaginez un monde où l'on peut vivre sans fin, mais au prix de sacrifier la jeunesse. Renier l'importance du renouvellement souligne la profondeur de l'égoïsme et de la bêtise du programme de la Déclaration. Et c'est avec un soupçon de profondeur que s'écrit l'histoire d'Anna, personnage très attachant, qui s'entête avant de comprendre ce que signifient l'endoctrinement et l'amour ! Et puis il y a aussi beaucoup d'émotion, du suspense (un peu de précipitation vers la fin, mais les violons peuvent entreprendre leur mélopée avec passion !). C'est captivant du début à la fin, sensible, inquiétant et intelligent. Une lecture brillante !

Naïve, collection naïveland - 366 pages. Traduit de l'anglais par Nathalie Peronny.  16 €

A été lu par Mélanie aussi !

Posté par clarabel76 à 08:00:00 - - Commentaires [52] - Permalien [#]
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