11/04/18

Émile et le joint de culasse, de Vincent Cuvellier & Ronan Badel

Emile et le joint de culasse

Branle-bas de combat, Émile nous attend pour sa 16ème épopée.

Pas de temps à perdre, car le copain de maman nous embarque en voiture pour une traversée de la France. Vroum vroum. Notre Émile est aux anges ! Et puis bim, la voiture casse. Les laissant en rade sur le bord de la route. Dépanneur, garage, et tout, et tout.

Plus Émile jubile et fait la danse des sioux, plus le copain de maman fait grise mine et rouspète que ça va coûter bonbon. Un joint de culasse, pardi ! C'est vraiment pas de bol. Et pas le temps de dire ouf, il faut déjà rentrer à la maison...

Alors, c'était chouette ? demande maman. Oh oui. Émile a, de plus, rapporté un super souvenir.

Applaudissements pour cette lecture complètement décalée - qui parle de joint de culasse dans un album jeunesse ? Pour ça, on peut compter sur Émile pour nous faire voir du pays.

La série fait toujours preuve d'originalité, de facétie et d'humour. On sourit à chaque page (dommage pour la coquille finale) et on se dit vivement le prochain, merci, hasta luego. ☺ 

Gallimard Jeunesse Giboulées, 2018

 

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15/03/18

Pêle-Mêle : Fergus est furieux - Le lion heureux - Mon père, avant, il était trop cool - Le Géant élégant

J00857

Fergus est un gentil petit dragon, qui a juste un peu de mal à canaliser sa colère. À la moindre contrariété, notre jeune ami sent que son museau fume et, pfiout ! un énorme crachat de feu jaillit de sa bouche. Oups. Il n'aime pas les brocolis, n'aime pas être le gardien de but, il n'aime pas attendre que les petits cakes de Monsieur Ours refroidissent, non, Fergus n'aime pas la frustration. Mais à la longue, c'est gênant. Le terrain de foot a grillé, le stand de pâtisserie est carbonisé, tous les jeux de ses copains sont réduits en cendres... En se confiant à sa maman, celle-ci lui confie une petite astuce pour gérer sa colère. Puis, tour à tour, ses proches lui racontent leur propre recette - compter jusqu'à dix, admirer le coucher de soleil, courir le plus vite possible. Bref, Fergus peut enfin apaiser le volcan qui bout en lui et - pourquoi pas - utiliser à bon escient toute cette énergie bouillonnante !

Un chouette album, qui traite avec humour des caprices et des crises de colère susceptibles de pénaliser la vie des jeunes enfants, et qui glisse de précieux conseils pour y remédier. Autre détail cocasse - Fergus a grillé la couverture de l'album... mais chut ! ☺ 

Fergus est furieux ! de Robert Starling

gallimard jeunesse, 2018 / trad. Marie Ollier

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J00868

C'est l'histoire d'un lion qui vit heureux dans un zoo. Tous les jours, il est comblé de croiser son petit  monde familier - le fils du gardien, l'instituteur ou la ménagère qui tricote sur le banc. Et tous le saluent en retour, d'un chaleureux “Bonjour, Lion Joyeux !”. Un jour, remarquant que la grille de sa cage n'est pas fermée, le lion décide de se rendre en ville pour honorer ses vieux camarades d'une petite visite de courtoisie. Seulement, sa venue n'inspire pas la réaction souhaitée - les badauds tombent dans les pommes ou fuient à toutes jambes. Bizarre, très bizarre. Les gens de cette ville n'ont pas fini de le surprendre ! D'ailleurs, quel spectacle préparent les pompiers, affairés et s'approchant à pas prudents dans sa direction ? Nul ne le sait. Le fils du gardien vient d'arriver - il est temps de rentrer au zoo ! ☺

Cette délicieuse histoire date en fait de 1954, et hormis son esthétisme vintage, sa lecture n'a guère pris de rides ! Le ton est plein d'humour, de rebondissements et de poésie. C'est absolument charmant. Un grand classique  à lire et relire.

Le lion heureux, de Louise Fatio & Roger Duvoisin

gallimard jeunesse, 2018 pour la présente édition

traduction d'Anne Krief

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J00847

En voyant son papa vaquer à ses basses besognes domestiques (aspirateur, ménage, rangement), le garçon a bien du mal à l'imaginer autrement qu'en type sérieux et pas cool du tout. Ou alors, c'était avant... L'époque des tatouages, de la musique rock, des virées en moto et des équipées sauvages. Depuis sa naissance, son père n'est plus le même homme. Ou disons, l'enfant le voit à travers ses yeux d'enfant. Pour lui, être parent c'est forcément une image formatée, guindée, stéréotypée. C'est tout sauf cool. De toute façon, il ne faudrait pas qu'il sorte de ses prérogatives non plus... Qu'ils s'éclatent ensemble au parc, c'est super drôle mais ça ne doit pas déborder. Sinon, bonjour la honte ! ☺

Ah que c'est drôle et rafraîchissant à lire ! Quand vous devenez parent, c'est comme porter un nouveau costume qui vous fige à jamais dans un rôle. Être cool, c'était avant. C'est limite le choc de leur vie quand les mômes découvrent la jeunesse de leurs parents ! Partant de ce constat, Keith Negley offre une superbe perspective de lecture - fabuleuse et cocasse - où le regard de l'enfant est tour à tour perplexe et songeur, sondant chaque détail pour démasquer la vérité. J'ai beaucoup aimé le travail de superposition qui s'opère, dans la posture du père, entre avant et maintenant, un choix judicieux pour un résultat époustouflant ! Un album vraiment cool à découvrir en famille.

Mon père, avant, il était trop cool, par Keith Negley

gallimard jeunesse, hors série giboulées, 2018

trad. Cécile Hermellin

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J00858Georges le géant décide de devenir élégant et entre dans une boutique pour s'acheter une chemise, un pantalon, une ceinture, une cravate, des souliers et des chaussettes. Fier de sa prestance, il parade en ville et traverse les bois où vont se succéder ses amis éplorés. Ils ont tous des déboires à ne plus savoir quoi faire (un rhume, plus de toit, un bateau sans voile, du camping sans sac de couchage, un chemin boueux impossible à traverser...). Compatissant, Georges distribue un par un ses nouveaux habits pour les soulager. Et notre bon géant poursuit son chemin, à cloche-pied, chantonnant une ritournelle guillerette. Seulement, en bout de course, Georges n'a plus que son caleçon sur les fesses. Il se sent ridicule et il a froid.  Bref, il lui faut de nouveaux vêtements. Retour à la boutique, où il enfile sa bonne vieille tunique confortable et, youplaboum, notre géant élégant se sent le plus heureux du monde ! Pétris de gratitude, ses amis ne manqueront pas de lui offrir le cadeau suprême de l'élégance.

Fort de leur complicité, qui dure depuis 1993, le célèbre duo Julia Donaldson et Axel Scheffler propose un album débordant de générosité et d'humour, comme à leur habitude. La lecture est joyeuse et colorée. C'est simple mais efficace. Un petit régal pour les enfants.

Le Géant élégant, de Julia Donaldson & Axel Scheffler

gallimard jeunesse, 2018

traduit par Emmanuel Gros

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30/10/17

Pêle-Mêle : Banquise blues - Sonnette entre Chien et Loup

BANQUISE BLUES

Un petit manchot, sur sa banquise, se plaint du froid, des poissons, de l'eau salée, du troupeau, de solitude, des montagnes, des orques, en bref il se sent incompris. C'est alors qu'un morse lui serine un long discours philosophique pour qu'il accepte et aime sa vie telle qu'elle est.

J'ai adoré ce petit manchot bougon, qui râle tout le temps et qui fait preuve d'un bel esprit de contradiction comme les enfants. Son plaisir, tout court, c'est ronchonner constamment. Il a, certes, bien conscience de sa chance (d'avoir une vie plutôt cool) mais c'est un souffle de vie que de rouspéter. Qu'on se le dise ! Voilà un album drôle et caustique, magnifiquement illustré par Lane Smith qui nous embarque dans son univers polaire parmi les manchots. C'est magique ! ♥
Une lecture cocasse
 pour prendre les petits problèmes du quotidien avec le sourire !

 ♥ Banquise Blues, de Jory John & Lane Smith ♥

Gallimard Jeunesse, 2017

 

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sonnette entre chien et loup

Voilà une autre petite merveille ! Un album au grand format qui envoie du rêve avec ses illustrations en aquarelle aux teintes crépusculaires, soit cette parenthèse “entre chien et loup” qui invite à l'évasion.

Sonnette est une petite parisienne, qui rêve d'une ville où les arbres, les plantes et les fleurs pourraient pousser un peu partout ! Accompagnée de Chien et de Loup, elle parcourt Paris et sème des graines dès qu'elle aperçoit un peu de terre. Au-delà de son désir de verdure, la fillette nous fait également découvrir Paris comme il est rarement possible de la visiter - une ville aux jardins secrets, car sous les rues bétonnées, les immeubles et les pavés, se cachent des milliers de plantes qui n'attendent que ça pour exploser à la surface et parader aux yeux de tous.

C'est ainsi un festival de couleurs et de sensations que l'on découvre... avec en bonus 10 lieux extraordinaires à visiter en vrai (les vignes de la butte Bergeyre, l'oasis d'Aboukir ou le square Récamier), non sans s'être équipés d'une précieuse “boule de graines” que Sonnette confectionne elle-même. Et comme c'est une chic fille, elle donne toutes les astuces pour en fabriquer à son tour !

Un album poétique et instructif ! Un précieux sésame pour conquérir Paris. ♥☺

Sonnette entre Chien et Loup, de Victor Coutard & Pooya Abbasian

Gallimard jeunesse Giboulées, 2017

 

29/09/17

Pêle-Mêle : June & Jo Le caprice qui parle / Émile rêve / Les mots d'Émile

June et Jo le caprice qui parle

June, une petite fille capricieuse ? Pensez donc. Ce n'est pas parce qu'elle presse son ami Jo tout en haut du phare, pas parce qu'elle a réclamé en pleurant une poupée qui parle, pas parce qu'elle regarde son père naviguer dans sa barque pour trouver son jouet etc., qu'on pourrait en déduire qu'elle fait des caprices. Si ? En tout cas, l'idée est proche. Et June, non vraiment, n'est pas cool à faire tourner son père en bourrique. Son copain Jo est particulièrement sceptique et va conduire la fillette à plus de raisonnement quant à son attitude... déraisonnable. 

Le caprice, c'est vouloir quelque chose fort, fort, fort... puis trouver que ce n'est finalement pas si important. Ah, ah. Quelle belle démonstration de la sagesse. Ce troisième titre de la série June & Jo est une précieuse pépite ! J'ai adoré. Déjà emballée par les illustrations ravissantes d'Amélie Graux, j'ai succombé à la tendresse et au trait d'humour du texte de Séverine Vidal. C'est une franche réussite. Il y a dans cet album des pages entières de poésie, de facétie, de réflexion philosophique... J'ai pris un plaisir fou à lire et relire cette histoire.

Le duo chic et choc de June & Jo s'étoffe, gagne en finesse et touche en plein cœur. Forcément, je suis FAN. ☺

JUNE & JO : LE CAPRICE QUI PARLE, de Séverine Vidal & Amélie Graux

GALLIMARD JEUNESSE - GIBOULÉES - 2017

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Emile reveVoilà sans doute l'épisode le plus psychédélique de la série Émile ! Celui des rêves. Où le pouvoir de l'imagination est si dévorant qu'il avale goûlument notre jeune héros pour le propulser dans un voyage lointain, qui ne touche plus terre... Avouez, c'est génial !

Ce jour-là, pour Émile, se concentrer en classe est difficile car le garçon a déjà la tête ailleurs, en vacances. Sitôt l'école terminée, il doit prendre le train pour se rendre au lac. Et il se voit déjà, dans un express qui s'envole, avec une vache voulant l'attraper au lasso, et le pigeon rouge et vert qui ressemble à un perroquet, mais qui dit miaou...

Ça plane pour Émile, et c'est très drôle à lire ! 
Une série qu'on ne présente plus, car le succès est assuré. Ce petit gars est impayable. J'adore. ♥

ÉMILE RÊVE, de Vincent Cuvellier & Ronan Badel

Gallimard Jeunesse, Giboulées, 2017

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Emile les mots

 

Et comme Émile ne fait rien comme tout le monde, voici un abécédaire improbable, mais qui correspond totalement à l'univers de notre jeune ami. On y retrouve sa fantaisie, son sens commun, sa logique implacable et son flegme sidérant. Ce petit bonhomme est redoutable.

“À sa façon et comme il est atrabilaire, il faut pas le chercher. 
Il fait ce qu'il veut avec les mots et qu'importe si à x il y a xargolaminaboubourgol... et ne lui dites pas que ça n'existe pas, Émile le dit tout le temps, alors ça existe !”

On sourit beaucoup à la lecture de cet inventaire façon Émile, où l'on apprend qu'il adore la biche, mais qu'il refuse de manger de la viande, sauf les steacks, il passe pour un môme incroyable, sa mère est une chèvre, il adore les croûtons et les lardons - il en mangerait à toutes les sauces - il sera directeur général quand il sera grand, il adore la nature et l'herbe, il se prend parfois pour une vache - mais ne le dites à personne - il préfère la mer, car la piscine, c'est rien que pour les bébés, il aime dire saucisson ou chaussette... Ne cherchez pas. Émile est un énergumène, comme dit sa maman.

Une lecture qui vaut le détour, rien que pour ses délires distillés comme si de rien n'était. Franchement top.

LES MOTS D'ÉMILE, de Vincent Cuvellier & Ronan Badel

GALLIMARD JEUNESSE GIBOULÉES, 2017

 

05/04/17

Pêle-Mêle : Émile fait l'enterrement / Mon fils de Vincent Cuvellier

EMILE

Aujourd'hui est un grand jour pour Émile, un jour grave. Car Émile va à l'enterrement. Un vrai. C'est sa vieille copine qui lui a proposé de l'accompagner à cette cérémonie funeste, ce qui questionne naturellement la maman d'Émile, mais celle-ci n'a pas voix au chapitre. Son fils revêt son beau pull noir, prend un air triste et solennel, puis file avec sa copine la vieille dame jusqu'à l'église.

Émile écoute alors le discours pontifiant du religieux, blablabla, Madame Vacher, blablabla, née Mouton, blablabla, vivant rue Gustave Poulet. Et là, notre Émile découvre un aspect tout à fait cocasse du recueillement, car sa vieille copine va dévoiler au garçon le secret d'un bel enterrement. Se moquer d'un rien, tout en demeurant stoïque. Émile est drôlement fier d'avoir partagé une telle expérience. C'était pas trop triste, comme enterrement ? demande maman. Meuh... non ! ;-p

Dans la série Émile, je demande un épisode faussement compassé, mais tout à fait respectable, qui évoque un moment de vie douloureux (l'enterrement) qu'on évite souvent de partager avec les enfants, sauf quand on s'appelle Émile ! Ah, qu'est-ce que c'est bon. Cette figure du flegme imperturbable est pour moi synonyme de lecture affolante de dérision et d'allégresse. Un vrai régal. Les amateurs d'humour décalé apprécieront ! ♥

Émile fait l'enterrement, de Vincent Cuvellier & Ronan Badel

Gallimard Jeunesse Giboulées, 2017

 

Mon fils

Dans cet album dédié à son fils, Vincent Cuvellier dévoile un aspect plus intimiste de son talent. Et c'est drôlement bon aussi ! “Mon fils, c'est mon fils.” Tel est son credo.  “Je le connais depuis qu'il est né, et peut-être même avant, c'est dire. Je le connais tellement qu'on dirait que c'est moi qui l'ai fait.” Il raconte alors le jour de la naissance de son fils, sa première rencontre avec ce petit être qui va bouleverser sa vie, leur premier tête-à-tête dans les couloirs de la maternité, les premiers mots doux, les chansons murmurées, le premier grain de beauté, le choix du prénom, la paire de ciseaux pour couper le cordon, l'aventure de la vie qui roule, les vacances à la mer, les lectures du soir, les histoires qu'on invente exprès pour épater son enfant, les commentaires de celui-ci qui trouve, en grandissant, que papa n'écrit pas de super bouquins, les peurs nocturnes, les rêves en grand, les copains de tous les horizons, les séparations, les moments de complicité, les blagues, les combines, les disques de Bowie... Tout ça, tout ça. C'est beau, c'est court, ce sont des instantanés d'une relation faite de tendresse, d'amour et de contemplation. C'est minimaliste, et en même temps ça communique un vaste champ d'émotions qui vous touchent droit au cœur. C'est un bel album, poétique et attendrissant. 

Mon fils, de Vincent Cuvellier & Delphine Perret

Gallimard Jeunesse Giboulées, 2017

 


03/02/17

Un rond, deux points : Le petit manuel qui t'apprend à dessiner, de Christophe Bataillon

un rond deux points

C'est une semaine spéciale, à l'école, puisqu'elle est entièrement consacrée aux matières artistiques. Pour la journée du dessin, le professeur est formel : tout le monde sait dessiner. Pour preuve, un simple rond et deux points donnent l'illusion d'un visage. Puis le professeur s'applique à démontrer qu'en changeant les points par des arcs-en-ciel, par exemple, on exprime la joie. Et de démontrer que tous les sentiments ont une expression type, une virgule sur le front, des larmes qui coulent, des Zzzz sur le front, et expriment soit la colère, la tristesse, la fatigue etc. Simple, mais ingénieux.

Celui qui se passionne pour les smileys trouvera d'ailleurs cette leçon hautement instructive ! ☺

La journée se décline donc en huit ateliers, au cours desquels le professeur élargit son étude. Il évoque ainsi les héros, reconnaissables à travers des symboles stéréotypés, il en va de même pour représenter un être fort ou un personnage féminin, comment on imagine  un type intelligent ou bêta. Nos dessins se basent sur des idées reçues, finalement. Mais n'oublions pas qu'un héros n'a pas de modèle par excellence, seul son créateur détient la formule magique et peut faire d'un champignon, d'une fleur ou d'une carotte le héros de nouvelles aventures !

Voilà un ouvrage pertinent, drôle et perspicace, qui propose aux enfants de comprendre le langage dessiné, tout en glissant les bonnes astuces et certaines règles basiques (la perspective, la ligne d'horizon, le loin et le près). C'est à la fois ludique et truffé de conseils précieux pour qui souhaite se lancer dans l'écriture d'une histoire ou d'une bande dessinée. Les enfants ne manqueront pas de relever le défi du mini-livre ! 

 Gallimard Jeunesse, coll. Giboulées, 2017

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11/11/16

Émile fait l'aventure, de Vincent Cuvellier & illustré par Ronan Badel

Émile fait l'aventure

Wooow, déjà le treizième titre de la série ! Et on ne s'en lasse pas. C'est toujours aussi drôle, fin et désopilant. ♥

Cette fois, Émile décide de partir en aventure et prépare un gros sac à dos pour s'en aller très, très loin et traverser des épreuves. C'est une aventure pour de vrai, de celle où on ne sait pas où on va, sinon c'est plus de l'aventure ! S'engage alors une discussion surréaliste entre le bambin et sa maman. Un dialogue qui tient toute la lecture, et qui est extrêmement drôle. 

Car la mère est finaude. Au lieu d'interdire ou de rouspéter, elle choisit la ruse. Elle glisse alors de simples allusions, il pleut des cordes, elle va passer à table et manger de la purée et des saucisses, et aussi de la mousse au chocolat, après elle va regarder des dessins animés, et comme elle doit aller faire des courses, elle peut le déposer en passant au parc des jeux... Elle dit ça, elle ne dit rien. 

L'humour est communicatif. Et les dessins, aussi, font tellement rire. Cette série a tout compris : de la dérision, encore de la dérision, toujours de la dérision. Et une lectrice conquise, moi ! Également une maman de vrai aventurier. Qui fait des aventures. Oh yeah. 

Gallimard Jeunesse, coll. Giboulées - Septembre 2016

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June et Jo : Le Rire des oursins, de Séverine Vidal & illustré par Amélie Graux

Le rire des oursins

Ce nouveau rendez-vous de June & Jo conforte l'excellente appréciation déjà perçue : c'est charmant, drôle, adorable et attachant. On y retrouve notre fillette et son gros monstre jaune qui ne partagent pas toujours le même sens de l'humour, mais au lieu de se fâcher, tous deux vont tenter de comprendre que ce n'est pas seulement “un humour pas drôle de gros monstre ou de petite fille”, mais plutôt affaire de goût, d'émotion, de sensation, de vécu, etc. 

Les oursins, par exemple, est-ce que ça fait des blagues ? Et les sardines, ça rit de quoi ? Et les rochers, ils rigolent en vrai ? Ainsi, June et Jo discutent des choses qui font rire les uns et pas forcément les autres (les gros mots de papa, les imitations de maman...), ils s'entendent aussi sur l'humour méchant et moqueur qui n'est pas cool du tout, comme plaisanter sur le physique. Non, clairement, ce n'est pas rigolo. 

Là où nos deux amis s'entendent comme larrons en foire, c'est devant les parents de June qui sont aveugles et ne voient jamais Jo, ils pensent souvent que leur fille s'amuse à faire des bêtises et rouspètent en se demandant qui est Jo. Loin de s'offusquer, l'enfant et son monstre jaune sont ravis de partager cette complicité unique, qui n'appartient qu'à eux. 

Une lecture délicieuse et pétillante. ♥

Gallimard Jeunesse, coll. Giboulées - Septembre 2016

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© Amélie Graux

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23/06/16

Pablo et la maison du caméléon, de Martin Zeller & Vincent Caut

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Suite des aventures de Pablo et le Grand Vilain Gribouillis !

On retrouve notre jeune ami se rendre en ville pour faire des emplettes, lorsqu'il croise un caméléon au teint grisâtre. Le pauvre a perdu sa maison ! Pas de problème, déclare le garçonnet, quelques traits ronds, un trait droit et une touche de couleurs, on obtient ainsi un bus pour se rendre au zoo !

Hélas, l'aventure va tourner en déconfiture quand le vieux gardien surgit de nulle part pour mettre tout le monde sous les verroux. Mais on connaît l'astuce, quelques traits droits et un simple rond font apparaître une porte. Pile poil pour se sauver !

Cet album, au graphisme original, livre deux, trois trucs pratiques pour apprendre à dessiner, en plus de raconter une histoire rigolote et très colorée, dont on raffole les dessins interactifs. La lecture interpelle les plus jeunes en les cadrant dans leur technique d'apprentissage des couleurs et des tracés rectilignes... Fort sympathique ! 

Gallimard Jeunesse, coll. Giboulées / Mai 2016

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21/06/16

Ils ont grandi pendant la guerre (1939-1945), de Vincent Cuvellier

Ils ont grandi pendant la guerre

«Ce n'est pas un livre sur la Seconde Guerre mondiale, mais sur des enfants qui ont grandi pendant la guerre. J'ai rencontré des vieilles dames et des vieux messieurs... des râleurs, des sympas, des tristes, des gais, des combatifs, des politisés, des victimes, des rigolards. Y en a pas deux qui se ressemblent, mais tous ont un point commun: le stress et la peur. J'ai voulu montrer dans ces entretiens que ce sont des enfants d'hier qui parlent aux enfants d'aujourd'hui. Ainsi Jean, Yvan, Marie et les autres se souviennent et racontent...» Vincent Cuvellier

Remarquable ouvrage qui se penche sur l'histoire de nos parents ou grands-parents et leur enfance durant les années noires entre 39 et 45 ! 

On y découvre une poignée de témoignages tous plus passionnants et intéressants les uns que les autres : de la jeune Livia, fille de réfugiés italiens installés dans une ferme de l'Isère, qui redouteront d'être pointés du doigt à cause de leurs origines, mais qui n'hésiteront pas à donner un coup de pouce pour d'autres exilés ou pour soutenir la résistance française ; du jeune François, fils de bonne famille, qui suit la tendance, sans faire de vagues, rapport à une éducation rigide et religieuse ; du jeune Charles, dont le père est juif polonais, et qui échappera de justesse avec sa mère à la Rafle du Vél' d'Hiv ; du jeune Lionel Rocheman, qui deviendra le grand amateur de folk américaine, qui a porté une étoile jaune, qui a quitté Paris pour devenir agent de liaison chez les maquisards, qui a tracé sa route et qui est revenu à Paris désabusé, meurtri à jamais, comme souvent les rescapés comme lui... Et il y a la Tante Marie, en Normandie, courageuse et intrépide, bravant le feu pour récupérer l'essence d'un avion, pédalant crânement jusqu'à Caen pour prendre des nouvelles de sa grand-mère, partageant la liesse populaire à l'arrivée des soldats américains...

Au fil des portraits croisés, on parcourt aussi plusieurs aspects de la guerre (vivre sous l'occupation, le rôle de Pétain, le régime de Vichy, survivre avec le marché noir, organiser la résistance, suivre De Gaulle ou pas, la persécution des juifs, le débarquement des alliés, les bombardements, la bataille des Ardennes, le retour des prisonniers, la libération des camps...). Entre chaque témoignage, deux pages de documentaire sont glissées en intercalaire pour allier efficacement la part romancée et l'apport éducatif. C'est super enrichissant.

La lecture vaut de toute façon qu'on s'y attarde. Elle alterne les émotions, nous captive par la délicatesse des personnalités rencontrées, par les histoires confiées parfois avec une pointe de nostalgie, ou une immense tristesse. Certaines sont plus bravaches que d'autres. Et l'on découvre alors une guerre aux multiples visages. Une guerre qui a laissé des traces, qui a creusé des sillons sur les visages, qui hantent les mémoires et qu'il est nécessaire de cultiver par la force du souvenir. L'initiative de Vincent Cuvellier est excellente, à donner la parole aux témoins de l'époque, à cette génération qui s'épuise et qui va prochainement se taire à jamais, d'où l'importance de délier les langues, encore et toujours. 

« La vie normale va pouvoir reprendre. Mais quand on a connu la guerre, rien n'est vraiment normal. »

Une lecture indispensable ! 

Gallimard Jeunesse, coll. Giboulées / Novembre 2015

Textes documentaires : Odile Gandon

Illustrations : Baron Brumaire

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