17/10/07

Aujourd'hui, on parle de fantôme et de loup !

petit_fantomeCette histoire se passe la nuit, et tout commence au fond d'une grande armoire où se trouve Petit Fantôme. Comme son nom l'indique, il est petit, tout blanc, il flotte (ou plane), habillé d'un pyjama, petite bouille ronde et grand regard bleu, c'est Petit Fantôme. Il attend l'heure pour lui de s'échapper de sa cachette, quand la lumière est partie et que le sommeil a soufflé sur tous les oreillers. Il est temps alors de se faufiler dans la maisonnée, de la hanter de sa petite silhouette fantomatique.

Et Petit Fantôme explore, gambade, farfouille et retourne, pioche dans les tiroirs à chaussettes, taquine et s'éparpille. Il joue, il s'amuse comme un fou, plonge dans la soupe ou prend le frais dans le frigo, il n'a de cesse d'enchaîner les bêtises. La nuit lui appartient, le noir le camoufle. Mais attention au chat !  ... L'animal ronronne, fait mine de roupiller mais l'oeil frise. Il pourrait bien, d'un coup de Miaaaoouu, faire disparaître Petit Fantôme.

Mais à quoi bon ? Un peu lâche et fainéant, le chat a bien plus peur de se retrouver seul, tout seul la nuit... qu'avec ce fantôme rikiki. Alors il fait comme si tout ça, bah, il n'en savait rien, ça n'existait pas et il s'endort !

Bonne nuit, les petits lecteurs !

Il est mignon, ce Petit Fantôme ! Dans son album, format moyen, tout noir et illustré par fines touches couleur arc-en-ciel, le plaisir de lecture vous attrape vite au tournant. Et qu'attendre de la paire Ramona Badescu (Pomelo) et Chiaki Miyamoto (Le petit monde de Miki), sinon enchanter et complaire le lectorat ? !!! L'aventure de Petit Fantôme, la nuit, quand la maison dort, est drôle, empreinte de poésie, servie par un texte sans tralala. Ce livre est une rencontre, entre la forte personnalité cocasse de Ramona et l'esprit plus évanescent de Chiaki - elles arrivent ainsi à donner une atmosphère à ce livre qui est absolument stupéfiante !

Verdict de Miss C. :  « le livre est tout noir mais le petit fantôme est très mignon, l'histoire aussi est très drôle ! »

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Petit fantôme - par Ramona Badescu - illustrations Chiaki Miyamoto - Gallimard jeunesse, coll. Giboulées . 40 pages / 12.00 €

pas_peur_du_loupJe ne vais pas décerner la palme de la plus attrayante couverture avec cet autre livre, mais il faut passer la frontière et se laisser séduire par cette histoire de loup. Personnellement j'ai plutôt savouré !!!

Dans notre bouillon, il y a un pépé Louis, des enfants insatisfaits, des contes à revoir et un loup professeur d'histoires à faire peur. Voilà le topo : pépé Louis est renvoyé car ses contes ne plaisent plus aux petits-enfants, il faut qu'il ailler toquer chez le loup pour obtenir une recette plus croustillante. Un marché est conclu, vite fait bien fait, et nos deux compères se penchent sur leur exercice. Ce qu'invente (???) le loup est si terrifiant que les oreilles furtives vont frétiller et donner l'alerte pour s'enfuir, loin, bien loin de ce loup ... à l'imagination (???) fort débridée ! Et même pépé Louis doit admettre que le loup commence à lui ficher une petite trouille non négligeable.

Mais ça marche plutôt pas mal auprès des enfants, et même carrément bien ! Les histoires du loup sont horribles, purement et simplement horribles. Pépé Louis s'endort du sommeil du juste, mais les petits restent tétanisés par cette histoire du soir ... pas tellement reposante ! Alors, à leur tour, ils vont concocter une histoire « noire » pour bien effrayer leur pépé Louis.

Oui, j'ai tout de suite été accrochée par l'histoire, embarquée par ce que l'auteur proposait, parce qu'au premier abord cela semble anodin et facétieux. Très vite, pris dans les filets de l'intrigue, on ne décroche plus et on tourne, on tourne et on tourne encore les pages pour connaître la suite ! Il y a de l'humour, oui, au programme. Et assez singulièrement, il y a du suspense, de l'attente, une curiosité mise à rude épreuve. C'est tellement efficace que je suis arrivée à la dernière page en étant déçue d'être à la fin. J'aurais bien aimé encore un peu de rebondissements et coups de théâtre !

Histoire séduisante, étourdissante, qui fait rire (beaucoup) et frissonner (un peu). Et finalement les illustrations, plutôt originales, se fondent totalement dans l'ambiance du texte. Encore une belle lecture que voilà !

Verdict de Miss C. :  ... elle est restée bouche cousue tout au long de la lecture !!!

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Pas peur du loup, par Anne Cortey - illustrations Vincent Bourgeau - 32 pages.  Gallimard jeunesse, coll. Giboulées.  11.50 €


27/09/07

Qui boude sa nourriture rend son derrière bien étonné (*)

Il y a des livres où des petits détails vous attirent (la couverture, le titre ou l'auteur) et cela vous pousse, sans aucune justification,  à tendre les bras vers ce produit à cause de ce pouvoir inexplicable !   « La fine fine femme » en est l'exemple.

la_fine_fine_femmeJ'ai voulu lire ce livre, parce que j'aimais son titre et sa couverture. Impossible de dire pourquoi. Je n'ai pas cherché à connaître l'histoire. Aussitôt reçu, ce livre est passé entre mes mains et a fait l'objet d'une scrupuleuse lecture. J'ai fouillé, roulé des yeux de haut en bas, et de droite à gauche, faisant une pause, soucieuse du détail, et parfois les sourcils froncés... L'histoire ne m'échappait pas, elle me semblait même surréaliste.

Mais de quoi ça parle, c'est vrai ? ... Commençons par le commencement !

Au petit matin, un veilleur de nuit rentre chez lui et trouve sur son chemin « une fine, fine femme », une tache sombre sur la route si légère qu’il la porte sans difficulté jusque chez lui. Il la couche dans son grand lit et sans oser la réveiller, dépose à son chevet de l’eau et de la nourriture. Les jours et les nuits passent et la femme jamais ne s’éveille, mais chaque matin, le veilleur de nuit retrouve les plats vides et chaque soir la femme occupe un peu plus de place dans le grand lit. Au même moment, dans la ville, les habitants s'inquiètent et grondent car plusieurs bêtes ont disparu, dévorées. Un vieil homme semble connaître l'origine de ce mal : il se souvient qu'enfant on lui parlait de la redoutable grise ogresse qui s'attaquait aux bêtes avant de s'en prendre aux enfants ! C'est sûr, la grise ogresse est de retour !

Notre veilleur de nuit ne pipe mot mais s'interroge. La légende coincide avec l'arrivée de cette « fine, fine femme » qui couche sous son toit. Pour en avoir le coeur net, il décide un soir de ne pas aller travailler et se cache près de sa protégée. Quand celle-ci se réveille et sort de son lit, elle offre au pauvre homme ébahi le spectacle effrayant de sa large corpulence, de son appétit vorace et de ses escapades nocturnes, à la recherche de toujours plus de nourriture.

La grise ogresse, c'est elle. Il faut prévenir les collègues et mettre en oeuvre une ruse pour renverser la vapeur et rendre l'ogresse une fine, fine femme.

Conte malicieux d'où s'échappe le mythe de l'ogre (ici, il s'agit donc d'une ogresse),  « La fine, fine femme » est une histoire pleine d'imagination et de poésie, un message de tolérance quand on découvre la façon dont les veilleurs de nuit vont  « affronter » l'Ennemie !

Au début, il y a un semblant de légèreté et de fragilité (la femme est si fine qu'une simple couverture de dentelle peut la couvrir) qui se dissipe progressivement. Cela passe par les repas gargantuesques, servis par les illustrations éclatantes et qui vont s'écraser jusqu'aux recoins du livre. La richesse du dessin montre clairement que la femme prend de l'ampleur, que l'abondance prend ses aises. Et que la menace s'apprête à exploser ?

Pas sûr. Parce que ce livre est subtil, étonnant ... Il touche, ou pas. Ce que j'ai trouvé séduisant, c'est la relation entre le veilleur de nuit et la fine, fine femme à travers la nourriture. J'ai beaucoup aimé la chaleur des illustrations, la rondeur et la boulimie. C'est généreux, offert au lecteur. Alors oui, j'ai été charmée ! ...

La fine, fine femme - Véronique Caylou (texte) & Zaü (illustrations).  Gallimard jeunesse  / Août 2007.

A partir de 5 ans.

(*) Proverbe breton (1996) - Lukian Kergoat

18/04/07

5. Les saisons du coeur

Prenez un petit garçon (Romarin) très, très amoureux d'une petite fille de 5 ans comme lui et qui s'appelle Fleur. Ce petit garçon va écrire de belles petites lettres à sa dulcinée, au fil des quatre saisons. Et Chut ! ... En tant que parent, lire ce très bel album me semble presque impudique car je transgresse un journal intime de deux jeunes amoureux qui sont mignons à croquer !

saisons_du_coeurFleur, c'est un langage secret, toi et moi, on le connaît. - Toc je toc-toc pense toc-toc-toc à toi. - Toc tu toc-toc es toc-toc-toc mon roi.

Fleur, voici des pensées douces comme la mousse, qui pousse au pied des fleurs.

Fleur, si on était des tournesols, on danserait toute la journée, les yeux dans les yeux comme des amoureux !

Et ça continue. Que des bouts de poèmes sur chaque page, avec de jolies illustrations fort colorées, parsemée de coeurs, d'avions en papier qui s'envolent, de baisers qui papillonnent, de fleurs qui éclosent, de couronne de fruits, etc. Non ce n'est pas permis aux parents de le lire, c'est à donner à un petit garçon, à une petite reine et puis Chut !... (A nous deux, Fleur, on a presque douze ans ! ) ... J'ai trouvé ça gracieux et craquant ! Pour l'aspect pédagogique, soulignons que les quatre saisons sont déclinées, conjuguées au mode "je t'aime" ... Tu es mon printemps par tous les temps, mon été toute l'année, mon automne qui chantonne, mon hiver en pull-over ...

Les saisons du coeur, par Pénélope  * Gallimard jeunesse, coll. Giboulées *  (avril 2007)

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03/04/07

Au théâtre, les enfants !

En recevant ce livre, j'ai été folle de joie de découvrir un très bel album qui parle de théâtre et qui soit accessible pour jeunes lecteurs, dès 7-8 ans. En plus de son histoire sympathique, ce livre offre la possibilité de parcourir les coulisses d'une pièce et de donner toutes les clés pour monter soi-même sa mise en scène.

arlequinPour ces multiples raisons, je conseille fortement ce livre aux enseignants et aux parents qui se creusent la tête pour occuper leurs enfants, ou encore pour remplir une après-midi goûter d'anniversaire !

C'est donc l'histoire inspirée de la comédie de Goldoni, dramaturge italien du 18ème siècle, qui met en scène Arlequin, personnage central de la Commedia dell'Arte. A la plume, c'est en fait Sylvia Lulin (auteur et illustratrice ayant une grande expérience du monde du théâtre) qui a décidé d'adapter en langage clair ce Classique. Grâce à ses dessins colorés, elle raconte avec simplicité l'enjeu de cette comédie.

L'histoire débute avec l'annonce du mariage entre Clarice et Silvio mais l'arrivée impromptue d'un dénommé Federigo Rasponi met tout à plat. Clarice lui était promise, les nouvelles fiançailles déclamées sont annulées. Or, personne ne devine que Federigo est un déguisement qui dissimule Béatrice, la soeur du prétendant, venue exprès à Venise de Turin pour retrouver la trace de Florindo, l'homme qu'elle aime et qui a tué son frère pendant un duel. Elle est accompagnée de son serviteur, le fameux Arlequin. Quel coquin ! Tiraillé par la faim, celui-ci décide d'entrer au service d'un gentilhomme arrivé dans la ville, et qui n'est autre que Florindo ! ... Nous voilà au coeur d'une situation de quiproquos, d'entourloupes et de chassé-croisés forts à-propos.

Cette adaptation est fidèle. Elle devient un outil enthousiasmant pour les enfants et les parents. La pièce est racontée avec humour, elle rapporte avec précision les méandres de la comédie. Le personnage d'Arlequin est dévoilé dans toute sa splendeur : menteur, polisson, impertinent et rusé comme un singe. Il parvient à embobiner deux Maîtres, ce tour de force. Avec beaucoup de peine et quelques boulettes, il est vrai. Il est fin, cet Arlequin !

 

 

 

 

 

En fin de livre, vous découvrirez un hors-texte de douze pages "un carnet de mise en scène" qui explique dans les plus stricts détails les combines pour monter soi-même sa pièce de théâtre et en faire un succès ! (Petite introduction sur Goldoni, la peinture italienne du 18ème, puis préparation au jeu, lecture de la pièce à voix haute, le choix des rôles, les répétitions, et autres trucs et astuces ! ).

Arlequin serviteur de deux maîtres, par Carlo Goldoni - traduit, adapté et illustré par Sylvia Lulin. (Gallimard jeunesse, Hors Série / Giboulées)

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Hourra ! Sortons le boudine ! J'ai réussi ! Ils sont tous contents, ils ont été servis et ils ne veulent plus rien... J'ai servi à table deux maîtres et aucun ne s'est rendu compte qu'il y en avait un autre. Mais puisqu'il y en avait deux, maintenant, je vais manger pour quatre. Réjouis-toi, mon petit ventre !  (Arlequin)

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