26/10/08

Nous nous aimons comme ça, Chien et Chat... *

 

 

* Paroles de Chien et chat / Le soldat rose

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41um0HhYJrL__SS500_Chien rouge est un fringant animal au pelage de la même couleur, costaud, court sur pattes, une bonne gueule sympa. En chemin, il croise un chien à l'allure du tonnerre : les oreilles dressées. Ouah, il en fait de même et court rejoindre sa bande de copains. Aussitôt, Chien vert, Chien bleu et Chien jaune s'extasient et l'imitent sur le champ.

Bon. Un peu plus loin, Chien rouge croise un chat au sourire féroce. Wouah, impressionnant... et aussitôt il s'entraîne et arbore son nouveau sourire féroce devant ses potes, qui vont s'émerveiller et le copier derechef.

Plus tard, Chien rouge admire un bouledogue bien baraqué, qu'on ne peut que remarquer, et ça lui donne une idée. Il affiche ses biscotos auprès de ses camarades, et rebelote. La bande parade tous muscles dehors.

Chien rouge commence à de moins en moins s'égayer. Il tombe sur un chien poilu et pense enfin que cela le fera sortir du lot. Mais ses copains sont des indécrottables moutons qui broutent l'herbe, soit disante plus verte ailleurs, du même pré. C'est bien connu, et pourtant c'est totalement faux.

Toute la bande n'est qu'une copie conforme : les oreilles dressées, le sourire féroce, les muscles saillants et les poils longs et roses. Quelle pitoyable mascarade. En chemin, les quatre chiens croisent une bande de chats violets. Les moqueries volent, la bataille commence. Aucun vainqueur au final.

Mais Chien rouge se rend compte de sa bêtise. A vouloir trop se démarquer, il n'a réussi qu'à faire le pitre pour ne ressembler à rien du tout, ou à du déjà vu. C'est frustrant. Finalement, rien ne vaut de rester soi-même et d'en être très fier !

Toute la bande est d'accord là-dessus, et chacun redevient lui-même : Chien rouge, Chien bleu, Chien vert et Chien jaune. C'est tout de même autre chose que des cadors !

Une fable humoristique avec des chiens, des chats, une bagarre des chefs et le retour à la maison.

Texte de Gaëtan Dorémus et Francesco Pittau
http://gaetan.doremus.free.fr
Gallimard jeunesse, coll. Giboulées / 14 €
Dès 3 ans.

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credit : @ gaetan doremus

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25/10/08

Blablas, frou-frous, éclats de rire Comme une volière en délire *

 

 

 

 

 

* Paroles de Le Congrès des Chérubins / Juliette

Approchez-vous et voyez ces bambins
Le cheveu frisé et le regard mutin
Malins et coquins chérubins

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C'est la nuit, nous sommes dans un dortoir de garçons. Tout ce petit monde roupille sous la couette. Quand, soudain, un prout retentit. Un oeil s'ouvre, puis un autre. Et d'autres encore. Un garnement est paré à l'attaque, un polochon entre les mains. Et paf ! la bataille a commencé.

Il n'en faut pas davantage pour susciter une réaction en chaîne. Certains bâillent et s'étirent. D'autres pleurnichent ou se camouflent sous les draps. Et clic ! une lampe torche entre en jeu. Un acteur est mis en lumière. Et d'autres rais de lumière pointent et zèbrent la scène.

Oooh, du calme. Une porte vient de s'ouvrir et c'est le surveillant au regard goguenard qui joue à Max-la-menace. Bref instant de répit, avant le prochain round.

Et le petit jour se lève, les teintes s'éclaircissent. Du noir, on passe au bleu marine (tiens, on remarque qu'il y a des filles aussi dans ce dortoir !) La scène du crime est éclatante, mais point de victime à déplorer. Les bambins, bien échauffés, se ruent vers l'extérieur où, d'un blanc irradiant, une piste enneigée les attend !

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Aucun texte dans cet album, mais ce n'est pas grave ! A la place, on trouve une multitude de détails qui permet de mettre en ébullition la folle du logis. Il faut observer et créer sa propre histoire. C'est drôle et bourré d'énergie !

Par Vincent Cuvellier
Illustrations de Vincent Mathy

Gallimard jeunesse, coll. Giboulées
12,50€
Dès 3-4 ans

Du même auteur : La première fois que je suis née

 

La plus grande bataille de polochons du monde

28/09/08

petite princesse, ne te réveille pas garde l'ivresse et tes yeux d'enfants *

La jeunesse aussi s'offre une rentrée avec des nouveautés à la pelle. Nous allons tenter de faire des petits tours (de manège?) chez les uns et les autres, de pousser notre caddy dans leurs rayons, de peser avant de faire son choix ; programme du jour :  Gallimard jeunesse. Il y a pas mal de livres qui s'inscrivent dans une série (Les Pyjamasques, L'inspecteur Lapou), plus un album tout blanc avec en couverture la bouille ravissante d'une petite rouquine (Polly).

C'est une histoire gentille, toute simple : l'anniversaire de Polly, par Florence Sterpin. On y voit une fillette qui voyage avec ses amis (un fantôme, un chat et un chien) dans une roulotte volante. Petite halte dans la campagne, chacun vaque à ses occupations mais Polly s'ennuie car elle aimerait jouer avec ses amis. Alors elle invente une excuse, aujourd'hui c'est son anniversaire et ils seront bien obligés de s'intéresser à elle. Manque de bol ! Une fête, ça se prépare et n'offre pas trop le temps de folâtrer. Tel est pris qui croyait prendre, pense-t-on.

Lecture sympathique, avec des dessins assez originaux (du feutre pour souligner les contours, je faisais ça quand j'étais petite !) (ceci n'est pas non plus un jugement péjoratif, j'étais une petite fille douée aussi !). Polly est craquante, l'amitié est à l'honneur, bref cet album pourra être lu aux plus jeunes (dès 3-4 ans).

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Mon coup de coeur, maintenant : Les enquêtes de l'inspecteur Lapou. Je ne connaissais pas tellement, et en fait j'avais bloqué sur Bénédicte Guettier, LA créatrice de l'âne Trotro (les mamans avec des enfants qui regardent les Zouzous sur France 5 doivent comprendre !!!). Et moi, franchement, ça ne m'inspirait pas du tout. Lors du dernier swap jeunesse, Audrey souhaitait découvrir un album de cette auteur et c'est ainsi que j'ai mis la main sur la série de l'inspecteur Lapou.

Gros coup de coeur, pour moi ! Ce sont des petites enquêtes sans prétention, menées par le très débonnaire inspecteur Lapou. Il est affublé d'un imper bleu, il a tendance à trop manger et à ne pas faire de sport. Il se traîne, il discute, fait marcher ses petites cellules grises. Il est souvent pataud, nigaud et maladroit. Pas du tout le Super Héros auquel on s'attend ! Et ça, c'est génial.

Cela casse les classiques attendus, les schémas tout trouvés. Il y a beaucoup d'humour, de flegme, de dérision. Pas sûr que les enfants peuvent tout saisir du second degré, mais ce n'est pas bien grave car les mamans, elles, se délectent !

Deux nouveaux titres, pour la collection : Le Poivron Fou  ET  Le Concombre Démasqué.

Le cadeau bonus : une recette facile et rapide est proposée en fin d'album (ici, le poivron mariné et le concombre à la crème).

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Pour conclure, le retour des Pyjamasques avec deux titres indissociables (selon moi).

J'avais déjà dépisté deux albums et j'avais beaucoup aimé cette première rencontre. Il s'agit de trois copains qui portent des combinaisons moulantes et vivent des aventures palpitantes durant la nuit : ils s'appellent Yoyo (le super costaud), Gluglu (qui colle) et Bibou (qui vole).

Avec ces deux nouveautés, il faut impérativement lire Les Pyjamasques et Utupë, l'esprit de la forêt en premier, car Le secret des Pyjamasques est la suite !

Utupë, un esprit de la forêt, vient de s'échapper du musée et veut retourner chez lui (la forêt aux arbres millénaires, de l'autre côté de la Terre). Sa rencontre avec les Pyjamasques tombe à point car il compte sur eux pour l'aider. Leur arrivée dans la jungle est une fête, tous se sentent comme des poissons dans l'eau. Mais il faut rentrer à la maison, et avant cela, passer l'épreuve de l'animal-totem qui est venu du bout du monde leur apporter leur costume. Ce qu'ils vont apprendre est un message d'une grande importance, qui devrait les accompagner pour leurs prochaines aventures.

C'est toujours très coloré, très vivant, palpitant, drôle (la maréchaussée est de service ! les agents Pin et Pon sont deux idiots qui vont s'improviser acrobates !), et humain, sensible avec un message sur les esprits qui naissent avec vous et ne vous quittent jamais durant votre enfance, jusqu'au passage vers l'âge adulte.
C'est une lecture qui plaira davantage aux enfants qu'à leurs parents (mais n'oublions pas que les livres sont faits pour eux, avant tout !). J'ai juste un petit reproche à faire - c'est de ne pas avoir retrouvé la petite Lilifée, comme prévu.   

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Encore de l'Âne Trotro ???  ICI ! 
Sans se moquer, cette série est un MUST pour vos bambins !

* paroles de Petite Princesse / La Grande Sophie

Gallimard jeunesse, septembre 2008
* L'anniversaire de Polly, Florence Sterpin : 13,50€
* Le poivron fou / Le Cocombre démasqué, Bénédicte Guettier : 7€
* Les Pyjamasques et Utupë / Le secret des Pyjamasques, Romuald : 6€

^ Bon anniversaire à sa marraine la fée ! ^

25/06/08

des bourlottes et des mirlimarmitons

Qui, ou que, sont les bourlottes ?  Ce sont des créatures gracieuses de la famille des elfes. Elles ont une particularité, elles se nourrissent que de bruits, aussi, quand elles ont faim, elles déploient leurs grandes oreilles, gigotent et grignotent les sons les plus divers. Pour découvrir ce petit peuple d'écouteurs étranges et farfelus, il faut tendre l'oreille.

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Vivant en tribus dans les monts Agalpuchs, les bourlottes dorment l'après-midi et se lèvent au crépuscule pour faire leurs exercices. Quand la nuit est bien noire au-dessus des bergomiers et des fagalbas, elles vont dormir en tas, tranquilles dans d'immenses hamacs. Les bourlottes se réunissent pour leurs occupations : chasse aux bruits ou brassage des linges.

Tiquetonne est la plus petite des bourlottes. Singulière de par sa venue au monde (elle est née d'une cuisse de nymphému), elle est aussi rapide, pointue, précise, impérieuse. Tiquetonne décide et ordonne. Elle fait tout comme les autres (plier les linges, capturer les bruits) et soudain elle s'arrête et décide : c'est l'heure des cahouettes. Qu'est-ce que c'est ? C'est simple, la cahouette : on trouve une pente, on s'y bascule, on y dégringole, vas-y que je te roule, cul par-dessus tête et jusqu'en bas.

Après la cahouette tous les bruits se brouillent, ça fait de la pâte à bruits délicieuse. Ne pas en abuser, sinon brûlure de trompe d'Eustache.

Gélinotte est la suivante de Tiquetonne. Plutôt ronde, enrobée dans la placidité, elle accepte tout sur l'air de "c'est comme ça". Une étale, pas de vague, mais noyée d'ennui. Une reine d'à-quoi-bon. Gélinotte a quitté son peuple, les Francs-Moisins, en emportant son escargot sur la tête. Elle a trouvé Tiquenotte, elle l'a suivie. Elle la suit, toujours. (Pour les parties de cahouettes, elle pose son escargot.)

Cet album continue de nous enchanter à raconter la fascinante machine de vie des bourlottes, tout est orchestré dans l'harmonie, en chansons et avec poésie. Beaucoup d'imagination et de facétie, la langue est de la confiture pour tartines, les sons aussi guillerets qu'un grelot...

Imaginez la chasse aux bruits. Ici, l'arme au poing est un filet accommodé au bruit à capturer. Il faut le prendre par surprise, le filet doit imiter le décor. Un filet de plumes va pour les chants d'oiseaux, un filet de brindilles avec taches de lumières, pour les bruits de sous-bois.

Les bourlottes sautillent tendant leurs filets, telles de vieilles dames qui jouent au badminton. Tiquetonne, bonne chasseresse, est la reine des bruits de rivière et de torrent. Elle s'est fabriquée des filets d'eau souple qui retiennent les bruits dans leurs parois ondoyantes.

Chaque fin d'automne, on fête les grognes. Dans leur grande sagesse, les bourlottes considèrent qu'il faut honorer régulièrement ses mécontentements, rendre hommage aux bouderies et aux crises de rage si mal considérées. Il n'y a pas de date fixe pour la fête, mais chacun le sent bien, la mauvaise humeur rôde partout.

Il est urgent d'honorer ses chagrins.

Je vous laisse la surprise de découvrir la suite ! N'hésitez surtout pas ! Les bourlottes ont été dessinées par Diane de Bournazel sur une histoire écrite par Jacinthe Hirsch (qui aime bien tripoter les mots). Et cela se ressent à merveille, car cette lecture nous fait explorer un monde merveilleux, aux étranges coutumes. C'est bourré de charme, ça saucissonne les mots en une dégoulinade d'histoire délicate et espiègle. Les chants, par exemple, sont un hommage à la richesse de notre vocabulaire et au jonglage possible entre les sons, les mots et les idées... "grouille mouille ça caracole, ça fait rigole c'est la gargouille sur la coucourde."

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Les bourlottes, de Jacinthe Hirsch - illustrations de Diane de Bournazel.

Gallimard jeunesse, 2008 - coll. Giboulées. 12,50 €

Des spaghettis pour les jours gris, un gratin dauphinois quand il fait froid, des cocktails frais de plein été, des plats musclés pour écoliers. C'est un parcours de petits cuisiniers. Chaque recette leur donne en secret un tour de main. On joue au jeu de la cuisine. On découvre les aliments, leurs saveurs, leurs valeurs, on marie les couleurs. On évite les pièges roses du sucre, jaunes des graisses. On attrape les bons réflexes, on devient champions de l'équilibre alimentaire.

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Sympathique et flashy par ses couleurs et ses illustrations farfelues, ce livre de recettes s'adresse aux bambins qui boudent le chemin des fourneaux (et/ou chipotent le contenu de leur assiette). Il offre la solution de varier les recettes, de proposer un choix simple et goûteux, la cuisine de tous les jours, des boissons ou des gâteaux, les plats musclés ou les mitrons du dimanche, et selon les saisons !

C'est enfin un livre qui se destine très clairement aux enfants, les illustrations sont un appui dans la préparation et les recettes répondent très souvent à leurs goûts.

Mais, de plus, c'est un livre qui pourra faire aimer les légumes : par l'aspect ludique de l'élaboration de la recette, il permet de développer le goût et le plaisir de manger ce qui a été préparé. Pédagogique, il démontre les différentes familles des aliments (en les classant par couleurs), donne un guide pratique pour l'achat des produits et les ustensiles en cuisine.

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Les recettes des Mirlimarmitons, Cuisine Bonne Mine, de Paul-André Tanc - illustrations de Virginie Will.

Gallimard jeunesse, 2008 - Coll. Giboulées. 15€

^^^ Chacun son tour, madame Laure dans son jardin rempli de fleurs, today is yours ! ^^^

14/11/07

Pour les petits, pour les grands et moi et moi et moi

Je ne connaissais pas, je viens de les découvrir et déjà j'aime beaucoup ! ...

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Cette série est toute nouvelle, fraîchement parue en début d'année avec deux tomes, et voici la suite pétillante de trois héros hors du commun !  Ils sont trois, ils portent des combinaisons moulantes, ce sont les Pyjamasques. Ils s'appellent Yoyo (le super costaud), Gluglu (qui colle) et Bibou (qui vole). La nuit est le théâtre de leurs palpitantes aventures...

Les pyjamasques et Roméo Mécano :

La nuit est belle. Les Pyjamasques et leur ami Ptigarou rêvent au clair de Lune, lorsque surgit dans le lointain une inquiétante machine… Dans la cabine de pilotage, un petit garçon pas très sage s’agite au milieu des manettes et des écrans, c’est Roméo. Inventeur d'étranges machines, il a décidé de capturer la lune pour la découper en morceaux et la vendre au rayon fromage du supermarché !

Les pyjamasques et Lili Fée :

Cette nuit là, nos trois héros,Yoyo, Gluglu et Bibou font les fous et se heurtent à Lilifée, une délicate artiste en pleine création. Éblouis par tant de beauté, les irréductibles Pyjamasques tombent fous d’amour ! Pour la première fois, ils vont se disputer… ses faveurs !

Pyjamasques

Alors surtout ne croyez pas que ce soit cruche et bêta, d'un niveau intellectuel qui ne dépasse pas la Mat. sup. ! Parce que c'est franchement rafraîchissant ! L'ambiance nocturne, très bien dépeinte par ses couleurs, est l'invitation aussi à partager les plus folles péripéties de ce trio sympathique.

C'est simple, pas nunuche, ça ne manque pas d'idées et de rebondissements. Bref, les enfants adorent ! (Et moi aussi !)

Les pyjamasques - par Romuald (auteur illustrateur né en 1976, comme moi, quel talent !!!) - Gallimard jeunesse - coll. Giboulées.  6,00 €

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20/10/07

Histoires de l'esclavage racontées à Marianne ~ Alain Foix

Chaque 10 mai est depuis 2 ans la date de commémoration de l'abolition de l'esclavage en 1848. Une loi, la loi Taubira, a reconnu l'esclavage comme crime contre l'humanité.
Pour expliquer cette tragédie aux enfants, l'écrivain Alain Foix a écrit un conte citoyen très imagé et accessible.

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Marianne, jeune députée de Franche-Comté, va s'échapper de l'hémicycle du Parlement pour découvrir les coulisses de l'Assemblée nationale avec une chambre secrète, parfumée d'odeurs sucrées. Là elle y découvre des bustes de toutes les couleurs, puis une voix la cloue sur place. Une Marianne noire la hèle, l'invite à s'approcher et tendre l'oreille pour apprendre toutes leurs histoires de l'esclavage. Ils sont tous là, Toussaint Louverture, Victor Schoelcher, Delgrès, Dessalines, Victor Hugues, Sonthonax, l'abbé Grégoire, la Vénus Hottentote, la mulâtresse Solitude... Ils nous parlent de leur combat, de leur chant d'espoir, de leur rêve brisé. Ce sont tour à tour des cris de détresse, de colère et d'espérance. Des actes héroïques, une abnégation totale et la foi inébranlable dans le mot Liberté.

Attention, toutefois, au fantôme de l'Île de Gorée ! Il gronde avec son fouet dans la chambre des bustes, menace les martyrs avec son Code Noir sous le bras. Et Marianne, spectatrice, écoute, apprend, retient et va à son tour accomplir un grand geste au nom de la Liberté.

ll y a beaucoup d'intelligence et de simplicité dans cette lecture sur ce qu'était l'esclavage et comment il a été aboli. Bien entendu il s'adresse aux enfants, aux jeunes lecteurs mais il n'est pas interdit aux plus  « grands » de s'y intéresser. Et souligner les grandes lignes : « Le racisme est une forme d'ignorance, un aveuglement qui peut frapper les gens les plus cultivés et les plus intelligents. Il vous empêche de voir les autres comme ils sont vraiment. On les maltraite comme s'ils étaient des objets, sans se soucier du mal qu'on leur fait. »

Le livre est accompagné d'un CD qui raconte l'histoire en la ponctuant de chants traditionnels créoles et de percussions.  « Une mise en scène très dynamique ponctuée par les questions de la petite fille qui permet de faire revivre cette douloureuse époque, sans haine ni sensiblerie. »

Histoires de l'esclavage, racontées à Mariannede Alain Foix - illustrations de Benjamin Bachelier.  A partir de 8 ans.

Editions Gallimard jeunesse, coll. Giboulées. 52 pages.  14.50 €

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17/10/07

Aujourd'hui, on parle de fantôme et de loup !

petit_fantomeCette histoire se passe la nuit, et tout commence au fond d'une grande armoire où se trouve Petit Fantôme. Comme son nom l'indique, il est petit, tout blanc, il flotte (ou plane), habillé d'un pyjama, petite bouille ronde et grand regard bleu, c'est Petit Fantôme. Il attend l'heure pour lui de s'échapper de sa cachette, quand la lumière est partie et que le sommeil a soufflé sur tous les oreillers. Il est temps alors de se faufiler dans la maisonnée, de la hanter de sa petite silhouette fantomatique.

Et Petit Fantôme explore, gambade, farfouille et retourne, pioche dans les tiroirs à chaussettes, taquine et s'éparpille. Il joue, il s'amuse comme un fou, plonge dans la soupe ou prend le frais dans le frigo, il n'a de cesse d'enchaîner les bêtises. La nuit lui appartient, le noir le camoufle. Mais attention au chat !  ... L'animal ronronne, fait mine de roupiller mais l'oeil frise. Il pourrait bien, d'un coup de Miaaaoouu, faire disparaître Petit Fantôme.

Mais à quoi bon ? Un peu lâche et fainéant, le chat a bien plus peur de se retrouver seul, tout seul la nuit... qu'avec ce fantôme rikiki. Alors il fait comme si tout ça, bah, il n'en savait rien, ça n'existait pas et il s'endort !

Bonne nuit, les petits lecteurs !

Il est mignon, ce Petit Fantôme ! Dans son album, format moyen, tout noir et illustré par fines touches couleur arc-en-ciel, le plaisir de lecture vous attrape vite au tournant. Et qu'attendre de la paire Ramona Badescu (Pomelo) et Chiaki Miyamoto (Le petit monde de Miki), sinon enchanter et complaire le lectorat ? !!! L'aventure de Petit Fantôme, la nuit, quand la maison dort, est drôle, empreinte de poésie, servie par un texte sans tralala. Ce livre est une rencontre, entre la forte personnalité cocasse de Ramona et l'esprit plus évanescent de Chiaki - elles arrivent ainsi à donner une atmosphère à ce livre qui est absolument stupéfiante !

Verdict de Miss C. :  « le livre est tout noir mais le petit fantôme est très mignon, l'histoire aussi est très drôle ! »

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Petit fantôme - par Ramona Badescu - illustrations Chiaki Miyamoto - Gallimard jeunesse, coll. Giboulées . 40 pages / 12.00 €

pas_peur_du_loupJe ne vais pas décerner la palme de la plus attrayante couverture avec cet autre livre, mais il faut passer la frontière et se laisser séduire par cette histoire de loup. Personnellement j'ai plutôt savouré !!!

Dans notre bouillon, il y a un pépé Louis, des enfants insatisfaits, des contes à revoir et un loup professeur d'histoires à faire peur. Voilà le topo : pépé Louis est renvoyé car ses contes ne plaisent plus aux petits-enfants, il faut qu'il ailler toquer chez le loup pour obtenir une recette plus croustillante. Un marché est conclu, vite fait bien fait, et nos deux compères se penchent sur leur exercice. Ce qu'invente (???) le loup est si terrifiant que les oreilles furtives vont frétiller et donner l'alerte pour s'enfuir, loin, bien loin de ce loup ... à l'imagination (???) fort débridée ! Et même pépé Louis doit admettre que le loup commence à lui ficher une petite trouille non négligeable.

Mais ça marche plutôt pas mal auprès des enfants, et même carrément bien ! Les histoires du loup sont horribles, purement et simplement horribles. Pépé Louis s'endort du sommeil du juste, mais les petits restent tétanisés par cette histoire du soir ... pas tellement reposante ! Alors, à leur tour, ils vont concocter une histoire « noire » pour bien effrayer leur pépé Louis.

Oui, j'ai tout de suite été accrochée par l'histoire, embarquée par ce que l'auteur proposait, parce qu'au premier abord cela semble anodin et facétieux. Très vite, pris dans les filets de l'intrigue, on ne décroche plus et on tourne, on tourne et on tourne encore les pages pour connaître la suite ! Il y a de l'humour, oui, au programme. Et assez singulièrement, il y a du suspense, de l'attente, une curiosité mise à rude épreuve. C'est tellement efficace que je suis arrivée à la dernière page en étant déçue d'être à la fin. J'aurais bien aimé encore un peu de rebondissements et coups de théâtre !

Histoire séduisante, étourdissante, qui fait rire (beaucoup) et frissonner (un peu). Et finalement les illustrations, plutôt originales, se fondent totalement dans l'ambiance du texte. Encore une belle lecture que voilà !

Verdict de Miss C. :  ... elle est restée bouche cousue tout au long de la lecture !!!

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Pas peur du loup, par Anne Cortey - illustrations Vincent Bourgeau - 32 pages.  Gallimard jeunesse, coll. Giboulées.  11.50 €

27/09/07

Qui boude sa nourriture rend son derrière bien étonné (*)

Il y a des livres où des petits détails vous attirent (la couverture, le titre ou l'auteur) et cela vous pousse, sans aucune justification,  à tendre les bras vers ce produit à cause de ce pouvoir inexplicable !   « La fine fine femme » en est l'exemple.

la_fine_fine_femmeJ'ai voulu lire ce livre, parce que j'aimais son titre et sa couverture. Impossible de dire pourquoi. Je n'ai pas cherché à connaître l'histoire. Aussitôt reçu, ce livre est passé entre mes mains et a fait l'objet d'une scrupuleuse lecture. J'ai fouillé, roulé des yeux de haut en bas, et de droite à gauche, faisant une pause, soucieuse du détail, et parfois les sourcils froncés... L'histoire ne m'échappait pas, elle me semblait même surréaliste.

Mais de quoi ça parle, c'est vrai ? ... Commençons par le commencement !

Au petit matin, un veilleur de nuit rentre chez lui et trouve sur son chemin « une fine, fine femme », une tache sombre sur la route si légère qu’il la porte sans difficulté jusque chez lui. Il la couche dans son grand lit et sans oser la réveiller, dépose à son chevet de l’eau et de la nourriture. Les jours et les nuits passent et la femme jamais ne s’éveille, mais chaque matin, le veilleur de nuit retrouve les plats vides et chaque soir la femme occupe un peu plus de place dans le grand lit. Au même moment, dans la ville, les habitants s'inquiètent et grondent car plusieurs bêtes ont disparu, dévorées. Un vieil homme semble connaître l'origine de ce mal : il se souvient qu'enfant on lui parlait de la redoutable grise ogresse qui s'attaquait aux bêtes avant de s'en prendre aux enfants ! C'est sûr, la grise ogresse est de retour !

Notre veilleur de nuit ne pipe mot mais s'interroge. La légende coincide avec l'arrivée de cette « fine, fine femme » qui couche sous son toit. Pour en avoir le coeur net, il décide un soir de ne pas aller travailler et se cache près de sa protégée. Quand celle-ci se réveille et sort de son lit, elle offre au pauvre homme ébahi le spectacle effrayant de sa large corpulence, de son appétit vorace et de ses escapades nocturnes, à la recherche de toujours plus de nourriture.

La grise ogresse, c'est elle. Il faut prévenir les collègues et mettre en oeuvre une ruse pour renverser la vapeur et rendre l'ogresse une fine, fine femme.

Conte malicieux d'où s'échappe le mythe de l'ogre (ici, il s'agit donc d'une ogresse),  « La fine, fine femme » est une histoire pleine d'imagination et de poésie, un message de tolérance quand on découvre la façon dont les veilleurs de nuit vont  « affronter » l'Ennemie !

Au début, il y a un semblant de légèreté et de fragilité (la femme est si fine qu'une simple couverture de dentelle peut la couvrir) qui se dissipe progressivement. Cela passe par les repas gargantuesques, servis par les illustrations éclatantes et qui vont s'écraser jusqu'aux recoins du livre. La richesse du dessin montre clairement que la femme prend de l'ampleur, que l'abondance prend ses aises. Et que la menace s'apprête à exploser ?

Pas sûr. Parce que ce livre est subtil, étonnant ... Il touche, ou pas. Ce que j'ai trouvé séduisant, c'est la relation entre le veilleur de nuit et la fine, fine femme à travers la nourriture. J'ai beaucoup aimé la chaleur des illustrations, la rondeur et la boulimie. C'est généreux, offert au lecteur. Alors oui, j'ai été charmée ! ...

La fine, fine femme - Véronique Caylou (texte) & Zaü (illustrations).  Gallimard jeunesse  / Août 2007.

A partir de 5 ans.

(*) Proverbe breton (1996) - Lukian Kergoat

18/04/07

5. Les saisons du coeur

Prenez un petit garçon (Romarin) très, très amoureux d'une petite fille de 5 ans comme lui et qui s'appelle Fleur. Ce petit garçon va écrire de belles petites lettres à sa dulcinée, au fil des quatre saisons. Et Chut ! ... En tant que parent, lire ce très bel album me semble presque impudique car je transgresse un journal intime de deux jeunes amoureux qui sont mignons à croquer !

saisons_du_coeurFleur, c'est un langage secret, toi et moi, on le connaît. - Toc je toc-toc pense toc-toc-toc à toi. - Toc tu toc-toc es toc-toc-toc mon roi.

Fleur, voici des pensées douces comme la mousse, qui pousse au pied des fleurs.

Fleur, si on était des tournesols, on danserait toute la journée, les yeux dans les yeux comme des amoureux !

Et ça continue. Que des bouts de poèmes sur chaque page, avec de jolies illustrations fort colorées, parsemée de coeurs, d'avions en papier qui s'envolent, de baisers qui papillonnent, de fleurs qui éclosent, de couronne de fruits, etc. Non ce n'est pas permis aux parents de le lire, c'est à donner à un petit garçon, à une petite reine et puis Chut !... (A nous deux, Fleur, on a presque douze ans ! ) ... J'ai trouvé ça gracieux et craquant ! Pour l'aspect pédagogique, soulignons que les quatre saisons sont déclinées, conjuguées au mode "je t'aime" ... Tu es mon printemps par tous les temps, mon été toute l'année, mon automne qui chantonne, mon hiver en pull-over ...

Les saisons du coeur, par Pénélope  * Gallimard jeunesse, coll. Giboulées *  (avril 2007)

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03/04/07

Au théâtre, les enfants !

En recevant ce livre, j'ai été folle de joie de découvrir un très bel album qui parle de théâtre et qui soit accessible pour jeunes lecteurs, dès 7-8 ans. En plus de son histoire sympathique, ce livre offre la possibilité de parcourir les coulisses d'une pièce et de donner toutes les clés pour monter soi-même sa mise en scène.

arlequinPour ces multiples raisons, je conseille fortement ce livre aux enseignants et aux parents qui se creusent la tête pour occuper leurs enfants, ou encore pour remplir une après-midi goûter d'anniversaire !

C'est donc l'histoire inspirée de la comédie de Goldoni, dramaturge italien du 18ème siècle, qui met en scène Arlequin, personnage central de la Commedia dell'Arte. A la plume, c'est en fait Sylvia Lulin (auteur et illustratrice ayant une grande expérience du monde du théâtre) qui a décidé d'adapter en langage clair ce Classique. Grâce à ses dessins colorés, elle raconte avec simplicité l'enjeu de cette comédie.

L'histoire débute avec l'annonce du mariage entre Clarice et Silvio mais l'arrivée impromptue d'un dénommé Federigo Rasponi met tout à plat. Clarice lui était promise, les nouvelles fiançailles déclamées sont annulées. Or, personne ne devine que Federigo est un déguisement qui dissimule Béatrice, la soeur du prétendant, venue exprès à Venise de Turin pour retrouver la trace de Florindo, l'homme qu'elle aime et qui a tué son frère pendant un duel. Elle est accompagnée de son serviteur, le fameux Arlequin. Quel coquin ! Tiraillé par la faim, celui-ci décide d'entrer au service d'un gentilhomme arrivé dans la ville, et qui n'est autre que Florindo ! ... Nous voilà au coeur d'une situation de quiproquos, d'entourloupes et de chassé-croisés forts à-propos.

Cette adaptation est fidèle. Elle devient un outil enthousiasmant pour les enfants et les parents. La pièce est racontée avec humour, elle rapporte avec précision les méandres de la comédie. Le personnage d'Arlequin est dévoilé dans toute sa splendeur : menteur, polisson, impertinent et rusé comme un singe. Il parvient à embobiner deux Maîtres, ce tour de force. Avec beaucoup de peine et quelques boulettes, il est vrai. Il est fin, cet Arlequin !

 

 

 

 

 

En fin de livre, vous découvrirez un hors-texte de douze pages "un carnet de mise en scène" qui explique dans les plus stricts détails les combines pour monter soi-même sa pièce de théâtre et en faire un succès ! (Petite introduction sur Goldoni, la peinture italienne du 18ème, puis préparation au jeu, lecture de la pièce à voix haute, le choix des rôles, les répétitions, et autres trucs et astuces ! ).

Arlequin serviteur de deux maîtres, par Carlo Goldoni - traduit, adapté et illustré par Sylvia Lulin. (Gallimard jeunesse, Hors Série / Giboulées)

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Hourra ! Sortons le boudine ! J'ai réussi ! Ils sont tous contents, ils ont été servis et ils ne veulent plus rien... J'ai servi à table deux maîtres et aucun ne s'est rendu compte qu'il y en avait un autre. Mais puisqu'il y en avait deux, maintenant, je vais manger pour quatre. Réjouis-toi, mon petit ventre !  (Arlequin)

Posté par clarabel76 à 20:15:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
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