30/10/17

Pêle-Mêle : Le voyage d'Ignacio - Tant pis pour la pluie ! - Mes endroits à moi

Le voyage d'ignacio

Ignacio est impatient de rendre visite à son cousin Hans, qui vit dans le grand Nord. Mais à l'annonce de cette nouvelle, ses amis Ferdinand et Ernest fondent en larmes et le supplient de ne pas les abandonner. Ignacio est faible et accepte de repousser son voyage, or c'est au tour de son cousin d'être très déçu de son choix. Ignacio est pris entre deux chaises. Malheureux, il s'enferme dans le silence et n'ose pas confier son tourment.

Pourtant, il fait bonne figure et participe aux activités organisées dans la forêt, comme la récolte des noisettes pour préparer la pâte onctueuse qui régale toutes les papilles. Car au fond de lui, Ignacio ressent tristesse et frustration. Même le soir de son anniversaire, parmi ses plus chers amis, son cœur n'est pas à la fête et le renard s'enfonce dans la déprime.

Branle-bas de combat chez nos joyeux camarades qui comprennent tardivement qu'en accaparant exclusivement l'amitié d'Ignacio, ils le privent de vivre ses propres rêves. Ses copains n'ont pensé qu'à eux et le regrettent, si bien qu'ils veulent réparer leur maladresse ! C'est toute une histoire de partage et d'entente, finalement. Voler de ses propres ailes, se lancer dans une aventure, prendre des risques, se mettre à la place de l'autre et comprendre ses attentes.

Voilà une jolie histoire qui désamorce les malentendus en les résolvant en toute simplicité ! Amitié, tendresse, compréhension et partage en sont les règles d'or. C'est tout aussi joliment illustré et donne à lire un album généreux et d'une grande sensibilité ! 

Le voyage d'Ignacio, d'Anne Cortey & Vincent Bourgeau

Grasset jeunesse, 2016

 

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Tant pis pour la pluie

Que faire les jours de pluie, à part se morfondre chez soi en soupirant d'ennui ? ! Les enfants, pourtant, rêveraient de se faufiler dehors et jouer à chat-mouillé. Au lieu de ça, ils se contentent d'écouter la petite musique des gouttes d'eau et rêvent de tresser des couronnes de pissenlits. Ils observent par la fenêtre une bergeronnette se réfugier dans l'arbre ou un escargot tracer sa route. Plus la pluie chante à tue-tête, plus l'envie d'en découdre gagne nos bambins. Finalement, maman craque et ordonne d'enfiler les cirés. Allez ouste, on sort d'ici !

Quelle belle ode à la pluie, souvent synonyme de grisaille et de mélancolie. Cette lecture montre un aspect plus poétique et enchanteur des bonnes rincées, ici tout sonne doux, tout semble dépaysant, tout paraît déchargé de toute contrainte. C'est une invitation à courir dans les flaques et à jouer à la pêche ! Tout est soudain plus joyeux et débordant de pep's. À l'image du texte chantant, qui se lit comme une comptine. Un chouette album qui invite à penser positif ! ☺

Tant pis pour la pluie ! de Stéphanie Demasse-Pottier & Lucia Calfapietra

Grasset jeunesse, 2017

 

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Mes endroits à moi

Alice nous entraîne à la découverte de ses endroits préférés, à commencer par sa maison, “son château, son abri”, où l'on trouve même une table ronde, comme celle du roi Arthur ! Puis, un petit tour dans la serre où elle se sent pousser des ailes d'exploratrice dans cette jungle peuplée de plantes inconnues. Alice aime aussi le théâtre - un lieu si calme et surprenant, qui fait bouillonner son imagination - tout autant que le musée, où elle découvre sans cesse de nouvelles choses et apprend à peaufiner sa sensibilité artistique.

Alice voue également une admiration sans borne pour les pompiers, “des acrobates qui surgissent pour vaincre les flammes”. Elle adore le cocon douillet de la bibliothèque, plonger son nez dans les livres pour se perdre au bout du monde ou se faire des nouveaux amis. Et n'oublions pas le planétarium, où sous le toit en forme de dôme, la fillette contemple l'univers avec ses constellations, ses planètes, ses étoiles...

Encore un bel album sur l'enfance qui dévoile ses secrets à travers son univers familier et qui laisse apparaître un champ des possibles vaste et incroyable. L'histoire fait la part belle à la poésie et à l'imagination, tout en explorant un graphisme frais et lumineux pour une jolie balade distrayante. En fin de parcours, c'est au tour du lecteur de se pencher sur ce qui l'entoure et constitue “ses endroits à lui”. 

Mes endroits à  moi, de Gaia Stella

Grasset jeunesse, 2017

 


04/10/17

Les aventures inter-sidérantes de l'ourson Biloute, épisode 2: Les mutants de la Mine Noire, de Julien Delmaire & Reno Delmaire

Les aventures intersidérantes de l'ourson Biloute épisode 2 Mutants de la mine noireCe soir-là, l'Ourson Biloute ne parvient pas à trouver le sommeil dans le lit de Kévin - la faute au croissant de lune au sourire narquois. “C'est pas croyable tout ce qui s'trafique au-dessus de nos têtes quand on roupille !” En effet, l'Ourson Biloute n'est pas qu'un simple doudou, du genre jolie peluche décorative, l'Ourson Biloute est un combattant de l'ombre, un héros sans foi ni loi, qui a désormais conscience du danger qui plane sur la planète (cf. l'épisode 1 La baraque à frites de l'espace). Il le sait, il le sent, la menace est proche... En attendant, c'est dimanche, toute la famille se rend au musée de la mine. L'Ourson Biloute juge d'un mauvais œil leur guide - grand, maigre, teint blafard, portant chapeau haut-de-forme et redingote - mais tous le suivent jusqu'à l'ascenseur pour visiter les fosses souterraines. Et là, boum, le noir complet. Notre Ourson Biloute est de nouveau propulsé dans une aventure parsemée de mille périls ! Il retrouve ses vieux ennemis, comprend que la survie de l'humanité est entre ses mains et reçoit l'aide opportune de la mystérieuse Lady Sparadrap. Wooow, ça chauffe dans les dédales de la mine, avec des ratons-laveurs belges, des robots cyborgs, une râpe à fromage et des sucettes à la sauce Z... L'heure est grave, il devient urgent de rejoindre le quartier général de la Résistance sur l'étoile Molaire !

Un deuxième épisode toujours riche en rebondissements, avec un Ourson détonant, un trait d'humour dévastateur et un graphisme très psychédélique qui rendent la lecture aussi roborative qu'un sandwich américain avec frites à foison. On prend grand plaisir à lire cette série qui ne se prend pas au sérieux, mais qui ne nous prend pas pour des babaches non plus, et qui s'éclate à glisser du patois entre ses lignes. Forcément, mes racines ch'ti refont surface et envoient une décharge de bonne humeur. Cela fait du bien. En gros, c'est farfelu, rock-n-roll et déjanté. De la bidonnade assurée.

Grasset Jeunesse, 2017

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01/10/17

Pêle-Mêle : Le souffle de l'été - Maëlle et Margot - Une journée parfaite - La reine des truites

Le souffle de l'été

Premier jour d'été pour Kimi et Shiro ! Les deux amis larguent les amarres vers la plage, la mer, les baignades, les vagues, la rigolade. C'est l'extase. Toi aussi tu as peur du noir ? Suis nos camarades dans une chasse aux étoiles filantes et oublie tous tes soucis. Une partie de plongée sous-marine plus tard, le regard perdu vers l'horizon, des rêves de voguer toujours plus loin, à bord d'un bateau pour découvrir le vaste monde... Et les jours de grand vent, aucun doute, c'est rendez-vous au bord de la falaise pour un festival de cerf-volants !

Voilà une lecture a priori simple et enfantine, mais ô combien délicate et lumineuse. Elle évoque la tendre complicité d'une amitié indéfectible et tous les petits bonheurs des vacances, avec l'été en toile de fond. C'est tout en poésie, sans chichis et débordant de douceur. Absolument charmant. ☺

Le souffle de l'été, d'Anne Cortey & Anaïs Massini

Grasset jeunesse, 2017

 

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Maëlle et Margot

Deux fillettes se rencontrent dans une gare et deviennent aussitôt inséparables. En attendant leur train, elles jouent ensemble à cache-cache, font des concours de bulles de chewing-gum, avalent des sucreries, partagent des secrets, courent et dansent dans tous les coins. Même à bord du train, elles débordent toujours d'énergie et multiplient les 400 coups, parfois exaspèrent les voyageurs et gloussent de bonheur. Puis, c'est le drame. Margot et Maëlle se disputent. Et boudent. Grosse fâcherie entre les deux nouvelles copines. Le voyage aussitôt devient morne et interminable. Et s'il suffisait de reprendre les mots dits par inadvertance, puis lancer tous ceux qu'il faudrait dire à la place ? Car “les mots font comme un pont où elles peuvent se rejoindre”. L'histoire est adorable, mais la très grande force de l'album réside dans son univers pastel et remarquable de tendresse. J'étais en totale admiration. 

Maëlle et Margot, de Danny Parker & Freya Blackwood

Grasset jeunesse, 2016

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Une journée parfaite

J'avais déjà été sous le charme de l'univers de Freya Blackwood dans cet album, qui retransmet à merveille l'enfance et les petits plaisirs qui font d'une journée ordinaire... une journée parfaite. Pour cela, il suffit d'un rayon de soleil, d'une balade, de vaches dans un champ, d'un cerf-volant, d'une couverture pour s'emmitoufler et d'un bon bouquin avant de s'endormir. Beaucoup de lyrisme et de sensibilité entre chaque page. Une certaine sobriété, mais une évidence aussi. Un vrai coup de cœur. ♥

Une journée parfaite, de Danny Parker & Freya Blackwood

Grasset jeunesse, 2015

 

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Et pour boucler ce joli tour de piste...

 

La reine des truites

Par cette chaude journée d'été, Suzanne et Ismaël ont décidé de se baigner dans la rivière mais avancent avec prudence. Ce qu'ils redoutent ? La Reine des Truites, voyons ! Une grande brune, flanquée de sa sentinelle, fait la loi sur son royaume en interdisant aux intrus toute baignade. Pas cool du tout. Le frère et la sœur protestent, se moquent un peu puis entrent en résistance. Après tout, ils peuvent aussi jouer aux hommes préhistoriques et dénicher des capricornes sous les pins, et blablabla. La Reine, intriguée, leur somme de cesser leurs cachotteries en les conduisant sur place. De fil en aiguille, Suzanne et Ismaël vont prendre l'avantage et comprendre ce qui motive la Reine des Truites à bannir son territoire. J'ai beaucoup, beaucoup aimé cette histoire, qui raconte comment une rivalité va laisser place à une chouette connivence, comment des enfants vont trouver un terrain d'entente et en quoi la nature recèle vraiment des petits trésors. Que de chouettes messages aux bonnes ondes positives. De plus, je suis complètement fan du graphisme, des couleurs, de l'ambiance en général. C'est frais, acidulé et pimpant. Un délicieux bonbon. ♥ 

La Reine des Truites, de Sandrine Bonini & Alice Bohl

Grasset jeunesse, 2016

28/03/17

Les Aventures inter-sidérantes de l'Ourson Biloute, ép. 1: La baraque à frites de l'espace, de Julien Delmaire & Reno Delmaire

ourson biloute

La native des “Hauts de France” que je suis exulte à la lecture de cette nouvelle série déjantée, qui se propose de mettre en scène l'Ourson Biloute, une peluche vraiment pas ordinaire, avec un fichu caractère et du courage à revendre, qui adore aussi les histoires de science-fiction. Mais ça, son jeune ami (humain) Kevin l'ignore totalement. Chaque soir, après le rituel du coucher, l'Ourson Biloute se faufile hors du lit pour suivre à la tv son feuilleton préféré : Les Envahisseurs de la Galaxie Fantôme. Au cours d'épisodes palpitants, Lemmy le motard et sa frangine Janis livrent une résistance farouche à l'ignoble Blast Ador et son infâme assistant, le docteur Veggaline, qui veulent conquérir la planète. En attendant de vivre à son tour son quota d'aventures rocambolesques, notre Ourson Biloute se console en rêve et s'imagine une vie autrement plus excitante que de devoir prendre un bain chaque semaine dans le tambour à linge. Aussi, lors de la sortie familiale à la ducasse, l'Ourson Biloute met au point son plan d'évasion. Dans sa ligne de mire : la baraque à frites, qui clignote, vibre et se déplace toute seule pour laisser apparaître, à la place du marchand, une créature couverte d'écailles violettes, avec une sale tronche d'iguane mal luné et des griffes à la place des mains. Nom d'une wassingue ! Qu'est-ce que c'est drôle. Et ce n'est pas seulement l'idée d'avoir un ourson grincheux qui prend son destin en main et qui va vivre une épopée inspirée de son feuilleton fétiche, c'est aussi l'ambiance générale, la culture chti mise à l'honneur, les allusions aux comics, au cinéma ou à la musique rock. L'ensemble est fabuleusement décalé et farfelu. C'est très agréable, en plus d'être original et amusant. Pour une fois, on implante une fiction dans les “Hauts de France” avec une vision beaucoup plus positive et attachante. Pour ça, je dis OUI ! Le délire est pleinement assumé et comblera autant petits et grands lecteurs. ;-)

Grasset Jeunesse, 2017 - Parution de l'épisode 2 (Les mutants de la mine noire) : fin avril 2017

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05/12/16

Le Destin (presque) timbré d'Étienne Durillon, par Oren Ginzburg & Estelle Billon-Spagnol

Le destin presque timbré

Étienne Durillon mène une vie de célibataire réglée comme du papier à musique : il se lève tous les matins à la même heure, avale un œuf dur avant de prendre son bus pour se rendre au boulot. Le soir, il regarde son feuilleton préféré en mangeant un œuf au plat puis va se coucher à 20h30 tapantes. 
Parfois, Étienne est saisi d'angoisse, il a les jambes flageolantes et souffre d'une terrible migraine. Trop de routine, trop de monotonie ? En fait, notre héros est un grand timide, solitaire et renfermé, il n'ose pas avouer son béguin pour sa jolie collègue Vanessa par exemple. Et lorsqu'il contemple son existence, il soupire de frustration.
Aussi, le jour où il reçoit une publicité pour transformer sa vie, avec la promesse d'une aventure pleine de surprises, de joie et d'amour, Étienne n'hésite pas à renvoyer son coupon de participation, agrémenté d'un chèque de 3999 euros. Et les effets sont immédiats : dès le lundi matin, notre ami croise les fameux Agents Transformateurs sur son chemin.
Ces derniers agissent naturellement en mode incognito, mais Étienne n'est pas dupe et les reconnaît à travers leurs multiples déguisements, depuis le clochard au pied de son immeuble aux vieilles dames à moto, en passant par le bijoutier spolié et le dangereux escroc. Étienne est ainsi entraîné dans une journée de folie à enchaîner les rencontres et les péripéties sur un rythme trépidant.
Le résultat est très, TRÈS drôle ! La lecture est une franche partie de rigolade, riche en rebondissements et en trouvailles facétieuses. Le personnage d'Étienne Durillon est un gentil naïf qui se découvre un destin de héros audacieux et qui plonge dans la vraie vie avec une fringale inédite. Lui-même se surprend à adorer ça ! 
Il faut dire aussi que l'histoire est portée par un souffle de fraîcheur et de dynamisme qui communique autant de plaisir que d'exaltation. La folie ambiante est contagieuse, entre les illustrations, les couleurs, le ton et l'humour, l'histoire est complètement dingue et c'est tout à son honneur. J'ai souri du début à la fin, en savourant jalousement ce petit roman qui file une pêche d'enfer. 
Goûtez-le sans plus tarder. ☺

Grasset Jeunesse - septembre 2016

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03/12/16

Berty, le plus cool des monstres, de Didier Lévy & Delphine Renon

Berty

Berty est un bon gros monstre sympathique, toujours dévoué pour venir en aide à ses petits camarades, qui lui donnent souvent du fil à retordre. Entre Bingo qui n'en peut plus de recevoir son costume de super-héros, Marius qui broie du noir, Tom le fantôme qui a perdu son drap et Marcel qui tourne de l'œil pour un petit bobo de rien du tout... la vie de Berty n'est pas de tout repos. 

Mais notre bon gros monstre ne manque jamais de ressources pour dépatouiller des situations inextricables : il recycle un colis pour en faire un super cerf-volant, il suggère de grignoter des petits gâteaux pour chasser des pensées amères, il propose aussi une reconversion en tant que Homme invisible, et n'hésite pas à enfiler la blouse de docteur pour couvrir les plâtres des malades avec des petits dessins pour rendre la vie plus commode !

En tout, ce sont quatre histoires charmantes, drôles et facétieuses qui croquent un portrait de monstre hors du commun. À vouloir soulager les petits soucis du quotidien et donner le sourire aux gens, Berty est aussi le docteur du bonheur. Sa prévenance est contagieuse, sa vision décomplexée des tracas est une belle leçon d'humilité et d'optimisme. Je ne peux que recommander cette lecture pour chasser toute morosité ambiante ! Son graphisme aéré, coloré et insolite est également une bouffée de fraîcheur. 

Une lecture qui donne résolument la pêche et le sourire ! Cela fait du bien. ☺

Grasset Jeunesse - septembre 2016

source : Delphine Renon

 

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14/11/16

Hugo de la Nuit, de Bertrand Santini

Hugo de la Nuit« Hugo entendit ses pas s’éloigner dans le noir. 
La porte se referma sans bruit.
Maintenant, la nuit pouvait commencer… »

Ouh-la-la-la-la. Alors que j'étais déjà follement séduite par la couverture, illustrée par Julie Rouvière & Bertrand Santini, j'appréhendais bêtement de plonger mon nez dans ce livre. C'est chose courante quand j'aime des auteurs, je repousse le moment de découvrir leurs nouveaux romans pour des raisons sottes et inexplicables. Passons. Un soir de la semaine, repliée dans mon antre à l'abri du froid et de la pluie, je me décide enfin à rencontrer Hugo de la Nuit. Mon grog de 215 pages.
Hugo, un garçon de douze ans, grandit heureux dans un immense domaine que ses parents préservent jalousement. Ces derniers sont en effet soucieux depuis la découverte de pétrole sur leurs terres, suscitant les plus viles convoitises qu'ils cherchent à repousser au nom d'une espèce de plante rare à protéger. Mais leurs ennuis ne font que commencer... Une nuit, la veille de son anniversaire, Hugo surprend un individu dans la maison. Il fuit aussitôt dans le jardin, court à perdre haleine, dérape, glisse, s'égratigne avant de basculer dans la mare. Fin de l'histoire. Le corps du jeune garçon flotte à la surface de l'eau. Et c'est une bande de fantômes loufoques qui vient le recueillir.
Hein ? quoi ? comment ? Le héros de l'histoire meurt ? Des fantômes à la rescousse ? Mais c'est quoi cette fable ? Rhaaa... Cessez vos jérémiades, et laissez-vous porter par l'incroyable et l'inattendu. Car, oui, cette histoire relève du conte fantastique par son évocation de la mort et des terreurs nocturnes, mais aussi pour son imaginaire fabuleux et sa conduite époustouflante. C'est simple, on se laisse entraîner dans le sillage d'une aventure à la fois drôle, poignante, dramatique et palpitante. Et il s'en passe de belles sous les couvertures ! Bertrand Santini exécute avec brio un formidable tour de passe-passe et n'hésite pas à recourir à l'humour noir pour mener à bien sa mission. Le pari est osé, l'effet est parfois saisissant, mais franchement que de réjouissances ! 
Cette lecture va donc vous surprendre, vous étourdir, vous émouvoir et vous troubler. Avec son style cocasse, ses séquences burlesques, son sens de l'ironie désopilant, son goût du spectacle et son esprit feu follet, elle s'échappe des codes et des genres pour mieux vous régaler. Je n'en dévoile pas davantage, mais ne passez pas votre chemin, foncez, c'est un petit bouquin qui a tout pour plaire aux petits (12 ans) et aux grands. ☺

Grasset Jeunesse - avril 2016

 

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04/06/16

Un été crème glacée, de Peter Sís

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C'est le début de l'été. Un petit garçon vient de recevoir une lettre de son grand-père qui lui demande des nouvelles. Comment se passent ses vacances ? Celui-ci ne tarde pas à lui répondre... 

Notre bonhomme est très occupé. Chaque jour, il fait des exercices de maths, pose des problèmes, lit beaucoup, fait des dessins, revoit ses classiques, révise son histoire et sa géographie, fait des voyages ou approfondit sa connaissance des inventeurs en dévorant l'encyclopédie reçue en cadeau. 

C'est décidément un été bien studieux ! ^-^

Seulement, notre jeune héros ne cache pas sa passion pour la crème glacée. Il en mangerait du matin au soir, à toutes les sauces, il est incollable sur le sujet, connaît tout par cœur, en fait des rêves, des dessins, des folies. Ne cherchez pas, il adore ça ! Et on lui pardonne.

Car son univers est tout simplement onctueux, sucré et gourmand qu'on ne résiste pas !

L'auteur a donc la bonne idée d'inclure une forme de documentaire à cette délicieuse fiction qui nous plonge au pays de la crème glacée, pour un résultat ingénieux, drôle, instructif et inattendu. Il y a de la glace, partout, dans la vie de ce garçon. C'est fascinant. Cela colle aux doigts. On en mangerait ! 

Un album au charme vintage & une lecture succulente, aux couleurs acidulées, qui fait penser à l'été, au soleil, à la chaleur, aux glaces, aux vacances, dont on a tous besoin urgemment !!! 

Grasset Jeunesse, mai 2016

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07/03/16

Aujourd'hui, Amos par Anne Cortey & Janik Coat

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Attention, pépite ! Les retrouvailles avec Amos sonnent aussi merveilleuses pour les yeux que douces et enchanteresses aux oreilles. Place donc à quelques minutes de douceur, de poésie et de tendresse... ♥

Un voile de brume s'est abattu sur la maison d'Amos, qui écrit dans son carnet : « Le brouillard a réveillé l'ennui. Il faudrait un balai pour le chasser. » Une jolie prose teintée de mélancolie, qui annonce la tendance à venir. 

Car le soleil se lève enfin et incite Amos à sortir faire une petite promenade, au cours de laquelle il cueille des champignons. Il va ensuite convier son ami Hulo, lui aussi parti remplir un panier de cèpes, à savourer une bonne omelette, au coin du feu. 

Ah, qu'est-ce que c'est bon ! Racontée simplement et sans chichis, l'histoire crée tout de suite un sentiment de bien-être, de chaleur, de sympathie et de bonheur, tout ça concentré dans un album de petit format (17 x 16 cm) aux illustrations épurées et merveilleuses.

C'est une lecture magique, qui invite à voir le monde autrement, à dégoter ces petits riens qui peuvent tout bouleverser, à sentir aussi cette vie qui palpite et qui s'éveille autour de nous. Amos, lui, “tricote ses pensées dans son carnet”. Notre ami est un grand poète, qui rêve de vivre en pays de poésie (c'est si joliment dit !). Il aime aussi l'odeur de la terre mouillée. Et se perdre dans ses pensées. 

Aussi, suis-je naturellement tombée sous le charme de cet album, complètement séduite par son ambiance, par ses mots et par ses couleurs, en total amour pour cette incroyable harmonie. Ce livre évoque avec beaucoup de finesse et en toute sobriété les petits détails qui ont leur importance, et les mots, toujours les mots, qui tintent admirablement et peuvent parer de lumière un imaginaire en apparence terre-à-terre. 

Il est important, aussi de souligner que cet album a été “fait avec amour en pays de poésie” (une note glissée en toute discrétion, mais tellement vraie). Il met à l'honneur la contemplation, la poésie, l'envie de partager, l'amitié, les mots écrits dans un carnet, l’instant présent, et un tas de choses encore. Je ne peux que le recommander chaudement !

Grasset Jeunesse / Février 2016

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15/02/16

Jonas Le Requin mécanique, de Bertrand Santini & ill. de Paul Mager

Jonas le requin mécanique

Ancienne vedette d'une série de films à succès (Les Dents de la mort), Jonas, le requin blanc, coule une retraite paisible à MonsterLand, un parc d'animations réunissant les monstres du cinéma. Il tente ainsi de distraire un public désabusé en singeant ses anciennes prouesses, mais notre mangeur d'hommes accuse les années et une mécanique rouillée. Résultat, le spectacle est constamment annulé, à force de pannes répétées. Le directeur est à bout de patience et décide d'envoyer Jonas à la casse.

Seulement, cette discussion n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd et le vieux Krokzilla veut avertir son pote de prendre la poudre d'escampette. Pourquoi ne pas saisir la chance de vivre son rêve en goûtant à la vie sauvage et aux courants de l'océan ? Mais Jonas en frissonne d'effroi. Il refuse de quitter son nid douillet, persuadé de la bonté des humains, auxquels il a dédié sa vie en tentant de les divertir du mieux possible. Ha, ha. Quel utopiste. 

C'est donc contraint et forcé que le cauchemar des stations balnéaires de Californie s'aventure vers le grand large, croisant en chemin un manchot rigolo, pris au piège d'un filet de pêche. Lui, Jonas, est enchanté de se faire un nouveau copain, sans toutefois oser lui avouer qu'il est fait de boulons et d'huile, de peur d'être ridicule. Loopy tombe dans le panneau et pactise avec le diable pour assurer ses arrières. 

Leur équipée folle et incongrue donne lieu à une lecture absolument désopilante ! 😉 On rit, on frémit, on sourit, on soupire, on râle, on beugle et on pousse des cris... de joie et de bonheur. Franchement, ce sont 110 pages de plaisir, pigmentées d'illustrations semblant tout droit tirées d'un film d'animation -quelle coïncidence - et forte d'une histoire délirante, racontée avec verve et humour, pour un festival de sensations.  

Après le succès du Yark, Bertrand Santini propose un autre héros littéraire à la fois touchant et délicieusement naïf (datant de 2014, depuis l'auteur a aussi raconté les aventures du chien Gurty). Jonas est une créature précédée de sa réputation monstrueuse, alors qu'il est finalement tout sucre tout miel au fond de lui, confronté à un apprentissage de la vraie vie, tantôt brutal, tantôt cocasse.

On croise aussi une belle brochette d'énergumènes dans cette épopée, dont le coriace capitaine Grisby ou le très avide Gavin Payet, plus tous les habitants de Wampanig Island qui lancent une pêche au trésor contre le squale. Les humains sont des idiots. Et Jonas, un doux rêveur. Lui avait pour désir profond de rencontrer sa maman et d'être vivant “pour renifler le froid, le chaud, la faim, sentir la flamme brûler, le vent caresser et renifler les odeurs, même les mauvaises” ! 

Quelle tristesse. On pense aussi à Pinocchio en lisant la fin émouvante, quelque peu précipitée, tout en refermant ce petit bouquin et en soupirant fort, fort, fort... de bonheur. Voilà une lecture exquise, merveilleusement drôle et légèrement attendrissante, conduite avec panache et tendresse. On passe un fabuleux moment en compagnie de Jonas, à terrifier les foules et à braver les tempêtes ! Je recommande.

Grasset Jeunesse / Octobre 2014

J'avoue que j'ai beaucoup aimé la représentation du pirate et de son singe...

SOURCE : Paul Mager

 

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