15/02/21

La Nanny, de Gilly Macmillan

La Nanny LizzieAprès la mort de son mari, Jocelyn n'a plus d'autre choix que de rentrer chez elle en Angleterre. Sans maison et sans argent, elle trouve refuge au manoir familial occupé par sa mère également veuve. Or, les deux femmes ont longtemps entretenu une relation compliquée et Jocelyn n'est toujours pas prête à baisser les armes même si sa fille Ruby tisse une véritable complicité avec sa grand-mère.

L'animosité remonte à l'enfance alors que leur famille s'enfermait dans les non-dits et les faux-semblants : noblesse d'un autre temps, train de vie dispendieux, soirées privées et j'en passe. La petite Jocelyn était confiée aux bons soins d'une nourrice qui a malheureusement disparu du jour au lendemain. Ses parents ont néanmoins tourné la page et minimisé le chagrin de l'enfant.

Sauf que trente ans plus tard, Hannah est de retour. Super Nanny se présente à Lake Hall et cherche de nouveau à s'immiscer dans leur vie. Jocelyn lui ouvre la porte tout en se méfiant de sa mère malade et affaiblie. Autre coïncidence, la police repêche un crâne humain dans le lac sur la propriété et ouvre une enquête pour connaître les circonstances de cette macabre découverte.

Quatrième roman que je lis de l'auteur (La fille idéaleNe pars pas sans moi ou Je sais que tu sais) et tous ont ce point commun de distiller une ambiance glaçante avec des personnages aux contours incertains. On marche à pas prudents, on sait qu'on ne peut pas prêter confiance en aveugle mais on se laisse guider vers les eaux troubles en attendant le déluge ! Cette lecture est efficace / également en format audio / car elle use d'un jeu de dupes sur fond de secrets de famille qui tourne vite à l'obsession. En bref, le suspense du roman est plus que correct car ça se tient de bout en bout. Pas mal.

©2019 / 2020 Titre original : "The Nanny" / Éditions Les Escales, un département d'Édi8. Traduit par Isabelle Maillet (P)2020 Lizzie, un département d'Univers Poche.

 


16/12/13

Tout l'amour de nos pères, de Christian Signol

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Pour garder la mémoire de leurs aïeux, quatre descendants d'une même famille, les Marsac, vont prendre la plume et raconter une destinée à la fois classique et extraordinaire. Tout commence à la fin du XVIIIe siècle, Pierre Marsac, le fondateur de cette dynastie, est orphelin, sans nom, sans terre, et pourtant... C'est à force d'acharnement, de passion et d'envie qu'il va bâtir un domaine (le Grand Castel), élever une famille et se lancer dans une carrière de médecin. Il a connu son lot d'infortunes, versé sa contribution sur l'autel du sacrifice en faisant son devoir patriotique, il a été soldat, blessé et meurtri dans sa chair. Rien que de suivre son parcours, on comprend que la vie n'est jamais simple mais elle vaut toujours la peine d'être vécue.

La suite est reprise par Albine, dont la fabuleuse histoire d'amour sera brisée trop tôt, tragiquement. Elle se retroussera les manches pour s'occuper de ses enfants et faire bouillir la marmite, se fâchera avec son frère, devenu ambitieux, violent et aigri, il convoitera le domaine viticole et n'épargnera jamais sa sœur pour la pousser dans ses retranchements. Et ainsi de suite, à travers les histoires d'Aurélien, puis de Ludivine, ce sont des fragments de vie bouleversante, des pages de la grande histoire aussi qui se réécrivent sous nos yeux. Ce sont des époques difficiles, agitées par l'instabilité politique, ravagées par des guerres, au cours desquelles la famille Marsac va payer de lourds tributs.

La lecture audio est faite par quatre comédiens, Patrick Descamps, Nathalie Hons, Jean-Paul Landresse et Gudule Zuyten, ce qui permet une plongée immédiate dans chaque histoire, respectant ainsi l'alternance des narrateurs. L'histoire, elle, est fabuleuse, autour d'une famille attachante, avec laquelle on partage les joies et les malheurs. On se prend vite au jeu, on se surprend à suivre avec intérêt chaque destinée (seule la dernière partie est, pour moi, la plus décevante dans le sens où elle est lente à se lancer et ressasse trop de faits déjà connus). En bref, l'histoire de la famille Marsac ressemble à un immense album photo qu'on consulte avec une pointe de nostalgie, mais sans jamais se lasser. Car ce sont souvent à travers des vies simples et ordinaires qu'on trouve parfois une véritable force romanesque ! Cela m'a beaucoup plu.

Audiolib, novembre 2013 - durée d'écoute : 10 h 30 - Texte intégral lu par Patrick Descamps, Nathalie Hons, Jean-Paul Landresse et Gudule Zuyten.