05/01/20

La Guerre des papilles, par Lucie Castel

La guerre des papilles lucie castelM'attendant au départ à retrouver une lecture proche de Just Juliette, autre roman traitant de rivalités familiales et de passion interdite sur fond de gourmandise, j'ai donc ouvert avec intérêt ce nouveau roman de Lucie Castel (sans me tromper, c'est le troisième que je lis).

Suite à une déception amoureuse et un échec professionnel, Catalina Palazzo retourne dans son village corse et utilise l'héritage de son grand-père pour ouvrir une pâtisserie. Or elle installe sa boutique juste en face de la chocolaterie de Lucca Castelli. Une provocation, pense-t-il. Car les deux familles se détestent depuis la nuit des temps, les nouvelles générations ignorent pourquoi mais croient entretenir la flamme par loyauté filiale. Cette guerre d'usure doit toutefois trouver un compromis si les deux partis veulent enfin lâcher prise.

Catalina et Lucca sont loin d'être deux âmes tendres et ont des caractères bien affirmés (trop volcaniques). Or, leurs échanges explosifs sonnent agressifs et véhéments... j'ai ressenti trop de tension et d'inconfort dans leur histoire. Impossible de marcher dans leurs combines. Le déclic aussi survient brutalement, sans raison apparente, juste comme ça. C'est un peu léger et de plus en plus décousu, à vrai dire. Certes, il y a beaucoup d'émotion et une vraie intention à vouloir évoquer le mal d'enfant chez une femme qui apprend qu'elle ne pourra jamais être enceinte. On sent que c'est un sujet personnel et qui tient à cœur à son auteure... donc oui, c'est très touchant.

Je ressors néanmoins un peu déconfite de ma lecture puisque je n'ai pas eu ma dose de comédie romantique, comme promis. C'est loin d'être une histoire drôle et légère (mais j'ai souri avec Ursula et Marc-Antoine dans la scène du cambriolage loupé). En revanche, c'est super gourmand ! On salive tout du long avec les recettes proposées et décrites savoureusement. J'en avais le tournis... miam.

Harlequin - Genre : Comédie romantique - Collection &H - 6 mars 2019 - &H N°118 - 306 pages

 

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02/01/20

Les vrais amis ne s'embrassent pas sous la neige, de Juliette Bonte

Les vrais amis ne s'embrassent pas sous la neigeSéduite par la couverture, j'ai réalisé tardivement qu'il ne s'agissait pas réellement d'un roman de Noël mais qu'il bénéficiait simplement d'un relooking pour garnir les étalages durant les fêtes. La lectrice en quête de guimauve a donc succombé, poudre aux yeux par ci, par là... youpi tralala. Me voici victime et dupée malgré moi...

Autre surprise de dernière minute, je découvre sur la page de l'éditeur que ce roman est classé New Adult (non pas une comédie romantique comme j'imaginais). Totale déconfiture, car je ne suis absolument pas friande de ce genre de lecture. Ceci explique pourquoi mon enthousiasme a décliné au fil des chapitres, pourquoi je trouvais les personnages peu matures, pourquoi certaines situations frôlaient le TOO MUCH, pourquoi ce que je lisais était de moins en moins à mon goût... Bref. Maintenant je comprends, maintenant je soupire, maintenant je peux me tourner vers d'autres romans de Juliette Bonte pour y repêcher cette folie douce perçue dans « mon ex, sa copine, mon faux mec et moi » qui correspond davantage à mes délires.

En attendant, dans cette histoire, il est question d'une jeune femme, Allison, serveuse dans un café et en couple avec un architecte débordé par son boulot, Carl. Alors qu'elle s'interroge sur ses sentiments, remet en doute leur relation, Allison est prise au dépourvu quand celui-ci lui propose de vivre chez lui. Elle accepte, espérant que ce nouveau cap franchi va rebooster leur idylle. Fatalement, la désillusion également va grossir. Chamboulée, la jeune femme va se confier à Luke, le meilleur pote de son amoureux. Lui, l'éternel tombeur, incarne paradoxalement l'oreille attentive, la présence rassurante, le gentleman aguerri, le pilier de confiance. Après tout, c'est seulement un copain... bien sûr. Or, de fil en aiguille cette amitié va déraper. Tadam ! On ne s'en étonne même pas.

Cette lecture manque de magie, de romantisme (sauce comédie), de légèreté, de dérision. C'est sympa à lire (en première partie) mais ça devient de plus en plus torturé et prise de tête (trop de sexe aussi). J'ai fini le livre avec hâte car la lassitude pointait. Mauvaise pioche... mais pas de découragement à l'horizon : j'ai un troisième titre qui m'attend dans mon escarcelle !


Ce titre a précédemment été publié sous le titre "Because of you" en numérique dans la collection HQN

Format poche - Genre : New Adult - Collection &H - 31 octobre 2018 - &H N°HP63 - 368 pages

 

 

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25/09/19

Drague interdite, de Sally Thorne

Drague interditeCette lecture vaut entre trois et quatre étoiles, selon les passages et les humeurs, car j'ai réellement ressenti un méli-mélo d'émotions au fil des pages, en plus d'avoir galéré pour y plonger et apprécier ce que je lisais. Sensation de cafouillage et manque d'empathie pour les personnages... cette lecture m'en a fait voir de toutes les couleurs.

Darcy et son frère Jamie entretiennent une relation houleuse depuis leur enfance. Au milieu, Tom Valeska a longtemps servi de tampon. Mais l'ami d'enfance est zone interdite. Pour Darcy, véritable électron libre, cette tentation est donc une torture. Lorsqu'elle rentre en ville pour superviser les travaux du cottage de sa grand-mère défunte, elle comprend qu'elle devra cohabiter avec son béguin de toujours et résister à ses pulsions.
Or, Darcy est tout sauf raisonnable et pondérée. Ses pensées se résument à goûter l'objet de ses désirs, lui sauter au cou, le mordre et le lécher sous toutes les coutures (elle annonce clairement la couleur, dans un langage cru, assez effrayant). Ses réactions en retour sont également disproportionnées et aberrantes... comme arracher les meubles de la cuisine sous le regard impassible de son mec !
La personnalité de Darcy n'est donc pas très sympathique ni attachante. Elle nous apparaît obsessionnelle, capricieuse et butée. Ses liens avec son jumeau sont également immatures et explosifs. C'est vite saoulant. On a face à nous des gens excessifs et usants, qui se créent des problèmes superficiels et qui ne trouvent pas mieux de les résoudre que de se lancer des noms d'oiseaux à la figure. C'est d'un cafouillis... longs, longs soupirs.

Et pourtant, il y a quand même des moments sympas et qui font graouter dans les chaumières car l'instinct est animal entre Darcy et Tom. Ça se flaire, ça marque son territoire, ça se cherche et ça se découvre. On retrouve hélas cette tendance à tourner en ridicule des scènes de séduction qui sont à la limite du désespoir. Comme dans Meilleurs ennemis, ça me semble toujours inhumain de chauffer le mâle alpha lequel reste admirable de stoïcisme envers et contre tout... Et on accentue sur les mêmes travers, proches du mauvais goût ou de l'absurde, comme cette bretelle de soutien-gorge qui ne reste jamais en place sur l'épaule de Darcy.

Voilà voilà. On me penserait agacée ou dédaigneuse après coup... et puis pas du tout. J'ai tenu à lire le bouquin jusqu'au bout car j'avais envie de rester dans cette aventure, en dépit de ses défauts, et je lirai sans souci le prochain roman de Sally Thorne (maintenant qu'elle vient de se crasher après son succès, elle ne peut que rebondir !).

Harlequin (2019) - Traduction par A.H. Sophie

 

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31/07/19

C'était pas censé se passer comme ça, par Eve Borelli

C'était pas censé se passer comme çaVoilà une comédie survoltée avec des personnages déjantés ! Très sympa à lire, même si parfois le ton est surjoué et un peu lourd.

En fait, il y a davantage de séquences rocambolesques que de moments pour glousser de plaisir. Les petites histoires d'amour susceptibles d'exister ne sont pas renversantes non plus. Je ne voulais sans doute pas de bluette romantique mais disons que je n'ai rien contre les bim bam boum à la Sophie Kinsella par exemple.
Après lecture, j'ai comme l'impression d'avoir partagé une aventure fofolle avec une héroïne hyperactive - en l'occurrence Léo. Échaudée par une rupture amoureuse, coincée dans un boulot sans reconnaissance, Léonore accompagne sa coloc pour un weekend en famille où elle fait la rencontre de Camille / sosie de Chris Hemsworth. Séduction explosive et électrique entre eux ! (Sans papillons de ventre... hélas).
Les chapitres sont ensuite alternés avec le cas de Renata, qui est psychologue et vit en couple avec Henri (frère de la coloc de Léo). En visite chez sa belle-famille, elle reçoit un accueil frigorifique car ses nombreuses phobies la font paraître hautaine et en total décalage avec l'esprit bohème des Stradavine. Du coup le couple aussi est proche de la dérive et tente de sauver les meubles...

Finalement, comme l'ambiance générale est dispersée, on survole aussi l'histoire des uns et des autres. On aime bien mais on ne s'attache pas car on ne fait que passer. C'est un peu frustrant car j'avais envie de me tailler une place parmi cette tribu turbulente et excentrique. C'était sans doute trop bordélique pour moi... ☺
Sans oublier les références à Disney... trop, trop, trop mais chut !
On prend vite rendez-vous avec d'autres romans de cette amatrice de moments entre amis, de fous-rires, de bons repas et d'apéros précédant les bons repas. On tope dans la main.

Harlequin, coll. &H (2019)

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28/06/19

Tu ne m'oublieras pas deux fois ! par Mhairi McFarlane

Tu ne m'oublieras pas deux fois

Totalement conquise, encore une fois ! J'adore les romans de Mhairi McFarlane et celui-ci ne fait pas exception à la règle. L'histoire prend pourtant le temps de raconter en détails les hauts et bas du quotidien de Georgina Horspool. Au cours de la même soirée, celle-ci va en effet perdre son job et son copain. Certes, ce n'était pas des grosses pertes. Mais Georgina a une fâcheuse tendance à cumuler les points noirs - presque trente ans, sans diplôme et un goût immodéré pour le sarcasme. Son cas est désespéré.
En acceptant le poste de serveuse dans un nouveau bar en ville, Georgina a aussi le choc de sa vie car elle vient de retrouver son amoureux du lycée. Lucas McCarthy, cheveux noirs, barbe de trois jours, mine renfrognée. Celui-ci ne la reconnaît pas et se montre très discourtois. Vexée, Georgina préfère raser les murs et ranger ses souvenirs. Après tout, sa vie est déjà bien compliquée entre ses déboires avec sa famille, ses souvenirs de jeunesse, ses démêlés avec son horrible boyfriend... et l'esprit de Lucas qu'elle tente de sonder en pure perte.
L'ambiance du livre est donc délicieuse - décor british, flegme absolu, dérision à toutes épreuves. C'est la cerise sur le banana split. On se joint à une bande de potes, on prend un verre ensemble et on les écoute nous raconter leurs délires. On s'épanche, on s'esclaffe, on trépigne d'impatience. Certes tout n'est pas frivole non plus - Georgina donne le change en forçant le trait et l'humour pour éviter d'être trop vulnérable - et on comprend vite que l'histoire renferme des regrets et des chagrins trop longtemps enfouis.
Je ne sais plus quand tout a basculé, mais dès la moitié du roman, j'étais bouche en cœur et yeux de merlan frit, à glousser et soupirer en lisant les aventures de notre super héroïne. J'ai évidemment craqué pour Lucas le Magnifique - façon Heathcliff en plus sexy. J'ai bullé tranquille dans mon cocon, savouré cette charmante comédie. En somme, j'ai trouvé cette lecture extra car distrayante et bienfaisante. Et j'ai adoré m'y balader !

HarperCollins pour la traduction française (2019) par Typhaine Ducellier

Titre VO : Don't You Forget About Me

 

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21/05/19

Mais sinon, tout va bien ! de Max Deloy

Mais sinon tout va bienCe roman est un cupcake d'amour ! ♥
On y fait la connaissance de Georges, un papa de 33 ans qui vit seul avec son garçon Henrik, douze ans, surdoué et asocial. Comédien sans le sou, il collectionne les petits contrats (poser en slip kangourou pour une pub) et loue les locaux de son immeuble hérité de ses parents à des cours de théâtre, des groupes de rock ou des tatouages sauvages. Cela assure temporairement un semblant d'équilibre, même si celui-ci demeure fragile. Et la vie est loin d'être un long fleuve tranquille. 
À la maison, son fils s'est entiché de sa nouvelle préceptrice - Margot, une punkette aux cheveux d'un bleu électrique, aussi calée en astrophysique qu'en plats végétariens. C'est la révolution du chou-fleur et du quinoa ! Mais Henrik est conquis.
Ça enlève à Georges une épine du pied - ceci dit, il ne sait pas trop sur quel pied danser avec cette nana hors norme ! Trop tard pour s'appesantir. Son attention est déjà volée. Son école d'art dramatique est en pleine effervescence. Son amie Mireille veut monter Phèdre en moins de six mois. La troupe - comptant quatre élèves - n'est pas prête. C'est là qu'entre en scène la belle Clémence - parfaite, enchanteresse, irréelle. Un miracle.
Mais Tortue Géniale fait la tête et rabroue Georges de s'étourdir à nouveau. Les ennuis se bousculent au portillon quand un promoteur immobilier cherche à acquérir son bien. Face à son refus, le requin va déployer l'artillerie lourde - service des impôts et campagne de diffamation dans le voisinage. Georges est dans la zone rouge. Un genou à terre. Et le navire prend l'eau.

Pauvre Georges ! Jamais un moment de répit... Notre homme écope avec l'énergie du forcené et c'est jubilatoire. En tant que lecteur, on passe un vrai bon moment dans cette vie chahutée où l'ambiance est joyeuse et bienveillante. On se fond dans le décor avec un bonheur sans égal et on noue avec ce microcosme un attachement inébranlable. C'est tendre, un peu émouvant mais surtout désopilant. On sent un formidable élan d'amitié autour de Georges et on dresse un rempart pour son fils et lui contre les coups du destin. C'est plein d'optimisme, gonflé d'espoir et d'un lâcher-prise contagieux. En plus, c'est raconté sans chichis et avec humour - j'ai beaucoup aimé le style de l'auteur. Ça a été une rencontre fabuleuse et inattendue. Vivement qu'on y retourne !

©2019, HarperCollins France. Collection &H

 

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10/01/19

Qu'est-ce qui fait pleurer les crocodiles ? de Lucie Castel

Qu'est-ce qui fait pleurer les crocodilesSuite à un récent traumatisme, Sofia a été expédiée en vacances forcées dans un manoir écossais. Mais à peine débarquée, les ennuis commencent. Pour la jeune femme, qui se sent peu disposée à se montrer aimable ou conciliante, c'est la goutte de trop. 
Or, son séjour à Redstone va la déconcerter à plus d'un titre, d'abord par sa rencontre explosive avec le très taciturne Lachlane, puis avec la découverte d'un trafic d'œuvres d'art entre les murs de l'hôtel.
Contre toute attente, Sofia va faire équipe avec son rustre préféré et mener une enquête rocambolesque. Le résultat aussi va s'avérer étonnant et plutôt réjouissant.
Pour avoir lu ce roman en deux petits trajets de voiture, j'ai été agréablement surprise de me prendre au jeu en tournant les pages aussi facilement, sans voir le temps passer.
L'histoire est simple mais entraînante, avec une intrigue criminelle rondement menée et diablement efficace. Certes, le cadre environnant, avec sa campagne écossaise et son manoir d'un autre temps, reste son atout majeur. 
Bon point aussi pour les personnages secondaires, caricaturaux et néanmoins attachants, à défaut des premiers rôles dont le caractère trop fougueux donne des échanges impétueux et inspire une certaine lassitude. Leur relation est d'ailleurs pénible à suivre, avec ses non-dits et ses mystères. Par contre, leur tandem fonctionne à merveille pour débusquer les embrouilles et les traîtres.
Côté détente et évasion, cette lecture remplit donc largement son contrat. On passe un vrai bon moment, sans prise de tête et dans une atmosphère particulièrement ensorcelante. Plutôt pas mal. 

Harlequin (2018)


À noter : le premier roman de l'auteur vient de paraître au prix mini de 4.99€

Pas si simple

 

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28/03/17

Pas si simple, de Lucie Castel

pas si simpleCoincée à l'aéroport de Heathrow avec sa sœur Mélanie, Scarlett Archer se ronge les sangs d'annoncer la terrible nouvelle à leur mère impatiente de les retrouver pour fêter Noël. Furieuse, excédée, impatiente et angoissée, Scarlett se rue dans les premiers WC à sa portée, ignorant qu'il s'agit des toilettes pour hommes. Entre deux, trois réflexions cassantes sur les anglais et leur esprit guindé, Scarlett fait alors face à un individu mécontent, qui mouche son arrogance avec un flegme... britannique. Humiliée, Scarlett se réfugie auprès de sa sœur en quête de solutions désespérées. Pas un vol à l'horizon, pas de transport digne de confiance, pas un ferry disponible avant deux jours. L'enfer s'ouvre sous leurs pieds. Comble de tout, Mélanie et Scarlett retrouvent l'ignoble bellâtre dans l'aérogare et se résignent à pactiser du bout des lèvres. Constatant qu'aucune issue n'est envisageable dans l'immédiat, ce William Hill propose de les accueillir chez lui pour célébrer un réveillon à la fortune du pot. C'est là que tout bascule... Scarlett et Mélanie débarquent en plein psychodrame familial et se retrouvent au cœur d'un imbroglio de non-dits, de rancœurs et de rancunes particulièrement tenaces. Ajoutez une attirance physique entre notre héroïne au tempérament méfiant et belliqueux et son alter ego au charme dévastateur, et vous plongez dans une comédie à la fois comique et grinçante sur fond de repas de famille gratiné !

La lecture est engageante, elle possède du style et un joli coup de plume, tout en servant une histoire surprenante et néanmoins plaisante, avec pour décor féerique les rues enneigées de Londres. L'essentiel demeure cependant axé sur les personnages et leurs relations conflictuelles ayant impacté leurs rapports amoureux ou leur confiance en soi. La famille Hill est par exemple un pot-pourri de faux-semblants et de frustrations, mais les Archer détiennent aussi des failles et des fragilités qui ne facilitent pas non plus leurs élans affectifs. Scarlett n'a pas réglé son histoire de deuil, préférant se planquer sous une cloche pour empêcher la réalité de prendre le pas sur ses réserves, puis de submerger ses remparts. C'est dire combien le roman est avant tout affaire d'émotion et de remise à plat, et pas seulement une histoire trop légère autour d'une rencontre impromptue. Les dialogues souvent font mouche, c'est même l'un des points forts du livre, qui se découvre pour la forme, en plus de révéler une nouvelle plume prometteuse.  

Harlequin, coll. &H - 2017

« Mélie, arrête un peu avec le ton dramatique. Je sais qu'on est à Londres, mais ce n'est pas la peine de nous inventer un drame shakespearien. Je n'ai pas l'intention de donner suite. Je flirte, c'est tout. »

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27/03/17

Meilleurs ennemis, de Sally Thorne

« Tout ce que nous faisons, Joshua et moi, obéit toujours à la loi du Talion. Œil pour œil, dent pour dent. Nous ne connaissons que ça. »

Meilleurs ennemis

Collègues dans la maison d'édition qui vient de fusionner, Lucinda Hutton et Joshua Templeton travaillent leurs antagonismes en se livrant une véritable guerre froide à force de regards impénétrables, de répliques piquantes et d'allusions sournoises. Mais la tension monte d'un cran depuis qu'ils se savent en compétition pour le même poste. Lucy et Joshua affûtent leurs armes, quand soudain celui-ci manifeste étrangement un certain penchant pour sa collègue. Baiser fougueux volé dans l'ascenseur, crise de jalousie, attitude possessive et/ou protectrice... Les signaux envoyés sont totalement perturbés, ET perturbants. Lucy perd ses repères, découvre la face soigneusement cachée de Josh, sent ses sens fondre comme beurre au soleil, devient complètement obsédée... sans perdre de vue qu'il s'agit peut-être d'une technique habile pour prendre le dessus et lui voler sa promotion. Jeux de dupe, attirance fatale et numéros de charme viennent donc troubler une relation largement placée sous le signe du “je t'aime moi non plus” !

Comment ne pas sourire béatement à la lecture de cette jolie comédie éclaboussée d'humour, de séduction et de tendresse ! J'ai totalement succombé. Le couple de Lucy et Josh est affolant de quiproquo, d'interdit et d'enchantement. Le combo parfait. Chaque interaction est explosive, mais laisse place à une subtile attirance qui rend l'alchimie éclatante. Les codes de la romance sont déclinés dans la plus pure tradition, tout en étant moderne, pétillante et enlevée. Il faut, par contre, fermer les yeux sur l'attitude déjantée et incohérente de Lucy, un minuscule bout de femme qui adore porter du rouge à lèvres couleur lance-flammes, qui souffre de solitude, qui est nostalgique de son enfance parmi les champs de fraises et qui refoule son ambition par peur de se lancer tout de go. Dès lors qu'elle est en présence de Josh, c'est plus fort qu'elle, elle pète les plombs et lui fait du rentre-dedans, tout en admettant in petto être franchement pathétique. Face à elle, Joshua est en mode “control freak”, stoïque et insondable, il réussit à attiser son désir en cultivant le mystère (“mais pourquoi s'impose-t-il la frustration de séances de préliminaires dignes d'adolescents avec sa collègue un peu bizarre ?”). Ce jeu du chat et de la souris peut friser l'absurde, mais génère de fabuleuses scènes qui m'ont fait honteusement glousser. J'avoue, ce roman a été un rendez-vous déculpabilisant, frais, drôle, décalé. Il réunit clairement tout ce que j'aime, de l'humour, de l'humour et encore de l'humour. C'est sans conteste une comédie pur jus, à déguster pour le plaisir de rire et s'évader. Et ça fait toujours du bien.

Harlequin, coll. & H - Trad. Charlotte Demanie [The Hating Game] - 2016 

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24/03/17

Pas celle que tu crois, de Mhairi McFarlane

Pas celle que tu croisInvitée au mariage de ses collègues, Jack et Charlotte, Edie est surprise en train d'embrasser le marié par sa propre épouse. Le scandale ! N'osant pas se disculper, la jeune femme se carapate en douce jusqu'à sa chambre, avant de prendre un taxi aux aurores pour se réfugier chez son père, à Birmingham. Edie a décroché un nouveau contrat avec son agence et doit rencontrer une vedette locale pour rédiger ses mémoires. Loin du chaos, loin de la haine, notre héroïne pense avoir trouvé un bref sursis, mais c'est sans compter sur l'acrimonie vindicative de sa sœur Meg, ainsi que sur l'accueil peu amène de l'acteur Eliott Owen. Celui-ci n'a clairement pas envie de jouer le jeu des confidences et donne du fil à retordre à la jeune femme, exaspérée par cette accumulation de petites bassesses qui font déborder la coupe. Trop, c'est trop. Il est temps de remettre de l'ordre dans sa vie !

Cette lecture a été une douce et agréable surprise, un rendez-vous de gaieté, de tendresse et de lucidité. On y trouve évidemment tous les ingrédients pour réussir une bonne comédie romantique (personnages attachants et intrigue savoureuse), mais on partage aussi une belle aventure humaine, parsemée de chemins entortillés, avec des déceptions et désillusions en pagaille, ainsi que des petites perles salvatrices qui rappellent qu'aucun malheur n'est totalement invincible. Autre bon point, l'histoire ne se focalise pas sur la romance et propose une approche autrement plus subtile et raffinée. Alléluia. Edie a 35 ans et fonctionne moins à l'instinct et plus dans l'affect. Cela tient du miracle de rencontrer une héroïne qui ne grille pas ses neurones dès qu'entre en orbite un spécimen mâle affolant de sexytude. Pour ça, et pour la délicatesse, l'authenticité, l'humour et l'émotion, je dis OUI à ce roman, simple, distrayant, hyper touchant. La parfaite petite bulle de lecture, pétillante et légère. ♥

Harlequin, coll. & H - Trad. Nolwenn Guilloud [Who's That Girl?] - 2016 

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