30/11/16

Cette Obscure Clarté, par Estelle Laure

Cette Obscure ClartéL'été touche à sa fin, mais n'annonce pas pour Lucille un retour à la normalité. Sa mère est partie de la maison, en prétextant reprendre contact avec leur père, interné de force pour un état dépressif sévère, sauf que cela fait maintenant quinze jours qu'elle ne donne plus de nouvelles. Lucille doit gérer seule le quotidien et veiller sur Wren, sa sœur de neuf ans. Pour ne pas alerter les services sociaux, elle masque la vérité et raconte des mensonges à ses voisins, se met à chercher un petit boulot et convient avec son amie Eden, au courant de sa situation, de garder sa sœur pendant son service le soir. 
Mais Lucille perd les pédales en découvrant son frigo rempli par des anges gardiens anonymes et visiblement soucieux du bien-être des frangines. Qui, quoi, comment ? Eden et son frère Digby sont témoins de la scène et assistent avec impuissance à sa détresse. Après quoi, le navire prend l'eau. Les deux amies se fâchent, le garçon devient sa nouvelle bouée de secours, même si elle a conscience de rêver éveillée car il a déjà une petite amie, mais c'est plus fort qu'elle, elle se sent chamallow tout mou, les neurones court-circuités en sa présence. 
Pour sa défense, avec sa vie qui part dans tous les sens, Lucille a aussi le droit de s'éparpiller dans ses sentiments et ses émotions. Que le ciel lui vienne en aide !
Allergique aux drames populaires, j'ai légitimement craint de basculer dans une lecture trop larmoyante, mais l'histoire évite le piège du pathos en usant d'une écriture pleine de finesse et empreinte d'humour. J'ai été à la fois émue et séduite par tant de poésie pour évoquer l'amour, l'amitié, la famille et la résilience, en admirant d'autant plus la personnalité de Lucille qui refuse de s'apesantir sur son sort mais cherche à dégainer ses armes selon ses petits moyens.  
Dans le fond, l'histoire est attachante mais absolument improbable. Entre les problèmes survolés, la fin idyllique et l'avenir incertain, l'auteur ne s'embarrasse pas avec les détails. J'ai comme l'impression d'avoir lu un bouquin bourré de charme, de tendresse, de fulgurances sentimentales (pas mièvres). C'est adorable, ça ne fait pas de mal mais ça ne va pas bouleverser la face du monde non plus. Et c'est tant mieux aussi. Il est bon de lire des romans sans prétention et qui vous touchent par leur naïveté. 

Traduit par Alice Delarbre [This Raging Light] pour les éditions Hachette

Septembre 2016 - 322 pages

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23/11/16

Mille Baisers pour un garçon, de Tillie Cole

Mille Baisers pour un garçonPoppy et Rune ont cinq ans quand ils se rencontrent la première fois. Voisins, ils scellent d'une poignée de mains leur promesse de ne jamais se séparer.
À huit ans, ils échangent leur premier baiser. Adolescents, leur amour est toujours aussi pur, sincère et absolu. Pourtant, Rune apprend qu'il doit rentrer chez lui en Norvège, pour le boulot de son père. Les amoureux ont le cœur brisé mais jurent de s'écrire, de s'appeler, de se revoir un jour ou l'autre.
Seulement Poppy va couper les ponts, sans la moindre explication. Et quand Rune revient à Blossom Grove, deux ans après, la jeune fille doit affronter plus que ses vieux démons, elle doit confier son secret le plus terrible, celui qui a fait chavirer sa vie, et sans doute celle de Rune.
Alors, alors... Cette lecture a TOUT de la jolie histoire d'amour déchirante, dont peuvent être friandes les jeunes filles en fleur. La couverture du bouquin est adorable et promet un rendez-vous de délicatesse, de poésie et de merveille. Malencontreusement, c'est un roman qui fait pleurer dans les chaumières, parce que son histoire raconte la pureté du grand amour comme il est rarement permis d'en rêver. C'est tout mielleux et parfaitement idyllique, mais clairement tragique.
Je ne suis, malheureusement, pas la cible idéale pour cette avalanche de romantisme. C'est très joli, sauf que l'absolutisme me fait peur. Aimer aussi pleinement, à un âge aussi jeune, me fait écarquiller les yeux. C'est excessif, entier et cannibale. Personnellement, je suis méfiante. 
Ceci n'enlève en rien les qualités romanesques et sentimentales du livre, sa cucuterie affichée, son lyrisme, la dévotion des amoureux, leur histoire bouleversante, leur positivisme et leur volonté à vouloir sublimer chaque instant... Je suis simplement assez réservée quant à l'authenticité d'un amour aussi précoce. Et je ne suis pas friande de mélodrame à outrance. 

Traduit par Charlotte Faraday pour Hachette / Octobre 2016

Titre VO : A Thousand Boy Kisses

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13/10/16

Bleu Blanc Sang : Tome 1, de Bertrand Puard

Bleu Blanc Sang Tome 1En voilà une excellente surprise ! Ce roman, premier tome d'une trilogie tricolore, nous propulse dans les arcanes du pouvoir politique et du marché de l'art à travers une intrigue de haute volée, savamment concoctée.
Celle-ci nous conduit d'abord aux funérailles du président de la République, Jean-Baptiste Tourre, au cours desquelles son frère Patrice lui rend un vibrant hommage avant de reprendre les rênes du pouvoir quelques mois plus tard. La situation en Europe est de nouveau tendue, après l'annonce du gouvernement italien qui a déclaré faillite, une énième crise majeure est redoutée et sème déjà la panique sur les marchés boursiers.
Mais ces derniers sont également secoués depuis une récente vente aux enchères à New York où un tableau de Justine Latour-Maupaz a atteint une somme vertigineuse et impensable pour cette artiste méconnue du XVIIIe siècle, dont l'unique prouesse consiste à avoir produit douze tableaux narrant les grands épisodes de la Révolution. Depuis, les douze œuvres sont disputées sur les marchés, au prix des plus folles tractations.
Et au milieu de cette frénésie financière, on croise Eva Brunante, fille du plus grand spécialiste de J. Latour-Maupaz qui vient de disparaître avec son épouse. Eva et sa demi-sœur Tiphaine ne savent plus où donner de la tête et sont prises en charge par un groupuscule anarchiste qui prétend vouloir les aider dans leurs recherches.
Ayé. Tout est en place. Des clans se forment, des familles se déchirent, des complots chuchotent, des vengeances ourdissent. Petit à petit, la trame tisse sa toile et incorpore des éléments intriqués les uns aux autres, mais dont on découvre uniquement l'ampleur au fil des pages. Et c'est tout bonnement stupéfiant ! Une intrigue arachnéenne au service d'une lecture captivante. Miam ! J'ai beaucoup apprécié le rythme et la dynamique du récit, ses nombreuses ramifications et sa palette de personnages aux liens étroitement liés. On y découvre, en gros, une guerre de pouvoir et d'usure, de la tromperie sous le capot, des forces obscures prêtes à tout et des vilains coups bas pas beaux du tout. Mystère et boule de gomme, comme qui dirait. ^-^
Et comme la suite vient de paraître simultanément, en avant pour parachever cette enquête mouvementée et drôlement emberlificotée ! 

Hachette Romans, octobre 2016

La trilogie Bleu Blanc Sang - Tome 2 - Blanc  La trilogie Bleu Blanc Sang - Tome 3 - Sang

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23/09/16

Agatha, de Françoise Dargent

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Adolescente de quatorze ans, solitaire et sauvage, Agatha s'oppose au projet de sa mère qui veut vendre Ashfield, leur maison où la jeune fille compte tous ses souvenirs. La mort du père a certes révélé des dettes insurmontables, que Mrs Miller tente de résorber du mieux qu'elle peut, mais la jeune fille exige de ne rien y toucher. Heureusement, sa sœur aînée Madge arrive à la rescousse et va trouver une solution pour satisfaire tout le monde !
Ainsi va la vie de la future Agatha Christie, qui coule une enfance heureuse et insouciante à Torquay, dans le comté de Devon. Ses journées se composent de lectures, de baignades, de bons petits plats préparés par Mrs Potter, de leçons à domicile et de voyages. C'est aussi une période charnière pour cette demoiselle qui trouve son corps maladroit et dégingandé, en comparaison avec sa sœur, belle et gracieuse, ou son amie Muriel Huxley. Et puis il y a aussi les garçons, patauds, rougissants et empruntés, entre le très prévenant Mark Barnes, dont l'allure de poupon joufflu l'agace, et Billy Mackintosh qui incarne son idéal masculin.
Agatha est fleur bleue, rêveuse, avec une imagination débordante. Elle se surprend à inventer des histoires, mais n'envisage pas encore d'en faire son métier. Pour l'heure, Agatha se voit chanteuse lyrique et part à Paris pour approfondir ses connaissances. Elle y passe deux années merveilleuses et gagne en confiance, voit ses perspectives d'avenir s'éclaircir (un peu douloureusement) avant de remplir de nouveau ses malles pour accompagner sa mère en Egypte. 

Cette fiction inspirée de la vie d'Agatha Christie ne prétend pas à son exactitude, car l'auteur a pris la liberté d'attribuer à son héroïne des sentiments et des émotions qui lui sont propres. Après, on peut se dire que c'est l'histoire d'une adolescente de la Belle Époque et c'est tout aussi excitant ! Le contexte y fabuleusement coquet, frivole et guilleret. C'est à savourer à la petite cuillère ! La touche Agatha offre néanmoins la plus-value inestimable.
La lecture brosse une perspective de la condition féminine tout à fait pertinente, souvent les femmes voient leur horizon étriqué et ne s'émancipent qu'à travers le mariage, toutefois la jeune Agatha peut se targuer d'avoir bénéficié d'une éducation moderne et laxiste. Certes, les bonnes manières importaient aux Miller, qui veillaient à donner à leurs enfants toutes les chances de réussite et de bonheur, mais ils ne trouvaient guère d'intérêt à s'enfermer dans des pensions strictes et formatées ou à vivre à l'écart de leur progéniture. Tout était question d'harmonie et de partage à Ashfield ! Les soucis d'argent ont longtemps jalonné leur mode de vie, mais à l'époque on tirait parti des grandes maisons en les louant le temps d'être toujours par monts et par vaux. La vie d'Agatha Miller a ainsi été nourrie de cultures hétéroclites, lesquelles ont su sustenter son esprit éveillé et inventif ! On imagine très bien ces petits cailloux constituer le socle de l'écrivain en devenir. 
On prend aussi grand plaisir à suivre une adolescente en apparence ordinaire, avec ses questions et ses doutes, mais aussi avec ses fantasmes, ses espoirs et son ambition, tout en ayant conscience “du personnage” en éclosion (la future reine du crime, c'est elle !). Cela m'a sincèrement beaucoup plu ! Ce roman possède, de plus, un charme fou. Tout est délicat et soigné, avec une écriture élégante et un sens du romanesque totalement admirable. Très bon moment de lecture !

Hachette Romans - Août 2016

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19/09/16

The Graces, par Laure Eve

IMG_7015Nouvelle élève, River découvre dans son lycée la fratrie des Grace, un frère et deux sœurs d'une grande beauté, Fenrin, Thalia et Summer, qu'on prétend également être des sorciers. Leur famille vit à l'écart, riche et excentrique, elle alimente les plus folles rumeurs. Et aucun des trois ne cherche à les contredire. Ils planent au-dessus du lot, fascinants et intouchables. River est, au contraire, discrète, effacée et solitaire. Pourtant, elle tombe sous leur charme et cherche à tout prix à devenir leur amie. Summer, la cadette, la prend sous son aile et l'introduit dans leur “sanctuaire”. River vit enfin son rêve et nage dans le bonheur à côtoyer de si près Fenrin, lequel lui accorde également de l'attention, des sourires et le sentiment d'être différente. Mais tout n'est pas parfait chez les Grace. Thalia est harcelée par son ex, leurs parents exercent une pression sourde et pesante sur leur vie, impossible de s'en libérer. Quid de leur réputation de sorciers ? Un mythe ou une réalité ? 

Grande déception que ce roman ! Attirée par la jolie couverture de Spencer Charles, j'ai tout de suite plongé mon nez dans cette histoire de sorcellerie, du moins selon les apparences, car le déroulement de l'intrigue est à mille lieues des promesses vendues. L'histoire est franchement creuse, tout tourne autour de lycéens qui passent leur temps à traîner, faire la fête, boire et chipoter, cela devient vite lassant et il faut attendre le dernier 1/3 du livre pour trouver un peu d'action. Zéro suspense donc, ou juste quelques révélations finales qui peuvent faire hausser les sourcils. Autre mauvais point, l'écriture ou la traduction... Ou comment se farcir des dialogues plats, un style trop familier, accompagné de grossièretés. J'étais dubitative. Les personnages non plus ne sont pas convaincants, avec leurs faux airs des Cullen dans Twilight (on y pense, forcément), ce sont des pantins figés et maniérés, des stéréotypes sur toute la ligne. Non, non, non. Par contre, l'ambiance tire son épingle du jeu en créant une atmosphère opaque et inquiétante. Une certaine tension dramatique finit par éclater et renvoie les atermoiements adolescents dans leurs filets. Et ce n'est pas plus mal. Quant à la thématique de la sorcellerie, là je vous laisse découvrir le topo. Vous allez vous régaler. ^-^ 

Traduit par Laure Porché pour les éditions Hachette -

Coll. Black Moon, septembre 2016

 

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14/09/16

Les Royales Baby-sitters Tome 1 : Les bébés, ça pue ! de Clémentine Beauvais

Les Royales Baby-sitters

Anna et Holly rêvent de se payer des vacances intergalactiques, mais doivent se trouver un job d'été pour remplir leur tirelire. Et quelle aubaine justement ! Le roi et la reine de Brittonie ont un besoin urgent d'embaucher une baby-sitter pour leur journée annuelle de vacances. Six bébés turbulents à nourrir, promener, changer et surveiller... car ils ont vite fait de gambader à toute allure.
Anna et Holly n'ont pas le temps de dire ouf qu'elles débarquent au palais et prennent connaissance de leurs tâches à accomplir. Les jeunes filles n'ont guère d'expérience en la matière, mais comptent bien ne pas démériter (et empocher leur salaire mirobolant).
Elles font également la rencontre du Prince Pépino, l'héritier du trône, qui est complètement obsédé par les glaces et qui refuse de lever le petit doigt pour s'occuper de ses petits frères. Et déjà les nourrissons s'époumonnent dans leurs berceaux pour réclamer leur pitance... Les filles vont bien s'amuser ! ^-^
Et pour ajouter du piment à cette joyeuse cacophonie, arrive sur mer l'armada du roi de Danelandie, Oroméoroméo, avec Monstre marin, zeppelin et oiseaux-mouches de haute précision en artillerie lourde. Tous aux abris !
Quelle farce ! quelle aventure ! L'humour s'éclate à chaque coin de page, c'est complètement barré, complètement loufoque, avec des jeux de mots aux petits oignons, des tranches de vie improbables, des situations ubuesques, et des solutions tout aussi miraculeuses, qui prêtent grandement à sourire. Oui, cette lecture donne la banane.
Il y a une inventivité dans l'histoire, qui ne laissera pas insensible le jeune lecteur. Tout est osé, exagéré, le trait forcé. Et c'est ça qui plaît. La démesure, le grand-guignolesque, le farfelu, le comique, le cocasse. L'auteur a tout compris.
Clémentine Beauvais est française mais vit en Angleterre depuis plusieurs années, où elle s'est vraisemblablement nourrie d'un humour pince-sans-rire et d'une fantaisie à la sauce dahlienne. ;-) Cela décoiffe, ça gesticule, cela se bouscule, et toute cette belle énergie est concentrée dans ce petit roman original et drôle, où les illustrations facétieuses et la folie douce ont trouvé leur terrain d'entente.  

Traduit par Amélie Sarn pour Hachette (2015) ♦ Repris au Livre de Poche / Juillet 2016

Illustrations de Becka Moor

 

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07/07/16

DUFF, Dodue utile et franchement fade, de Kody Keplinger

DUFF, Dodue utile et franchement fade

Bianca déteste traîner dans les bars ou les boîtes, contrairement à ses deux meilleures amies qui adorent danser, elle préfère les attendre en buvant un soda à la cerise et discuter avec le barman. Et puis un soir, un dragueur de service se tape l'incruste et commence à lui servir un discours alambiqué sur la DUFF. Le vilain petit canard qui détonne parmi son groupe de copines canonissimes. Bianca n'est pas vilaine, elle est juste plutôt banale et sert de faire-valoir à Casey et Jessica. Vexée, elle envoie son verre dans la figure du malotru. Puis, deux secondes après, elle lui saute au cou et l'embrasse à pleine bouche ! Wesley Rush, le tombeur de ses dames... ^-^

Après quoi, tout va aller de travers dans la vie de Bianca. Sa mère annonce son retour au bercail avec une demande de divorce, son père noie son chagrin dans l'alcool, B. flippe et se réfugie sous la couette du playboy, choix qu'elle n'assume pas, même si ce garçon parvient miraculeusement à l'apaiser, elle finit par mentir à ses copines et perd le contrôle de la situation. Elle, d'habitude si grincheuse et sarcastique, devient fuyante, peu sûre d'elle et malhonnête. Cette soudaine perte d'estime lui tombe dessus sans prévenir et rend Bianca complètement désarmée. Au lieu de fuir son tortionnaire, elle se rue chez lui à la moindre crise de panique... Et justement, Wesley n'est pas juste le type odieux qu'on voudrait nous présenter. C'est un garçon plus sensé, sensible et attentif. Les deux caractères, ensemble, font des étincelles mais se correspondent tout à fait. Leur liaison est franchement excitante et pragmatique. J'ai beaucoup aimé leurs réparties, les émotions florissantes et les sentiments naissants. C'est chou. Bianca est une héroïne avec du punch et des neurones (qui ne grillent pas au contact des pectoraux irrésistibles du beau gosse)... Et ouf, quoi.

C'est un bouquin qui se lit pour la détente, pour sourire et pour se rappeler que les clichés ont la vie dure, que les stéréotypes n'ont pas fini d'évoluer et qu'il existe toutes sortes de palliatifs pour soigner sa psychose. C'est fleur bleue, sexy et drôle. Une parfaite petite comédie à déguster pour les vacances. 

Traduit par Aude Gwendoline pour Hachette, janvier 2016

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06/07/16

Vive les Vacances ! par Enid Blyton

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Il souffle un vent de fraîcheur et de douce nostalgie sur cette lecture, que les amateurs du Club des Cinq (mais aussi du Clan des Sept, de la série des Mystères au Cirque ou de Malory School) auront plaisir à goûter ! Pour moi, Enid Blyton me rappelle les vacances, des heures à lire des histoires passionnantes et à s'imaginer partager un bout d'aventure avec Claude, François, Annie, Michel et le chien Dagobert.

C'est donc cette petite fille qui vient de se plonger avec délice dans cet ouvrage qui compile des histoires inédites de l'auteur : une vingtaine de textes courts, qui sentent bon l'air iodé, la crème solaire, les glaces et les châteaux de sable. Au programme : des intrigues simples et charmantes, certaines avec du suspense, d'autres avec de la magie, des histoires autour de la famille ou de la fratrie, avec des enfants qui se chamaillent et se réconcilient, qui combinent des projets pour occuper leurs journées oisives, qui s'improvisent détectives, explorateurs ou flibustiers. Les animaux aussi occupent une place importante au cœur de l'action, tous plus prodigieux, rusés et intrépides les uns que les autres (chiens, ânes, lapins, chats, mouettes...).

Je ne m'attendais pas à apprécier autant ma lecture, que je trouvais au départ délicieusement old-school, avec un contenu assez niais et dépassé, mais qui semble avoir eu prise sur moi, car j'ai dévoré ce bouquin en souriant comme une bécasse de bout en bout ! Toute la magie de l'enfance est remontée. Comme une grosse bouffée de chaleur. Je me sentais bien, heureuse, avec entre les mains un chouette roman aux histoires surannées, qui convient idéalement à la détente et l'évasion. Une belle invitation pour se prélasser... et penser aux vacances, enfin ! ^-^

Traduit par Luc Rigoureau pour Hachette, juin 2016

Illustrations de Mark Beech

Un autre recueil de textes inédits paraîtra fin novembre sur la thématique de Noël !

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27/06/16

L'Invocateur - Livre 1 : Novice, de Taran Matharu

Novice Invocateur

Fletcher vit à Pelt, un petit village tranquille, où il est apprenti-forgeron chez un gros bonhomme attachant, qui le traite comme son fils. Le garçon est orphelin et ne sait rien de ses origines, mais a bénéficié d'une éducation pointilleuse, en apprenant à lire et à écrire, contrairement aux jeunes de son âge, qui vivotent ou chassent dans les bois. 
Fletcher aspire à un avenir sans relief, mais doit composer avec un gosse de riche, Didric Cavell, qui se comporte en fourbe et en tyran. Le garçon rêve d'une vengeance dans les règles de l'art, laquelle surviendra par l'intermédiaire d'un grimoire ayant appartenu à un invocateur.
Et là, notre jeune héros découvre l'univers des démons et des incantations. Seule une poignée d'élus est capable de se plonger dans de tels ouvrages et procéder aux rituels d'usage. Fletcher tente sa chance... et bingo ! Une salamandre apparaît et fait immédiatement corps avec lui, en se scotchant à sa gorge pour ne plus en déloger. 
Après, les choses se compliquent pour lui. Provoqué par Didric, le garçon se défend en semant le chaos. Il n'a plus d'autre choix que de fuir et va ainsi faire la rencontre providentielle du capitaine Arcturus qui l'envoie à l'Académie Vocans. Cette école accueille tous les jeunes invocateurs, désireux de servir l'Empire, pour ensuite prêter leurs savoirs à la guerre qui sévit dans tout Hominum. 
Une nouvelle vie s'offre à Fletcher, avec son lot d'amitiés fusionnelles (le nain Othello et la jolie elfe Sylva) et ses conflits inéluctables. Les enjeux politiques prennent également de l'ampleur, les pions prennent place sur l'échiquier, le compte à rebours est lancé...
Ce premier tome est handicapé par son rôle introductif où tout un univers et des personnages doivent être présentés. Cela casse un peu le rythme, même si la lecture n'en demeure pas moins entraînante dans son genre. Le scénario est suffisamment bien ficelé pour intriguer le lecteur et l'inviter à tourner les pages pour connaître la suite.
Cette série a réussi à créer son identité, tout en réunissant les codes du genre de l'heroïc fantasy auquel elle se rapporte. On se croirait dans du Tolkien vulgarisé, mais pas seulement. Ajoutez une très belle couverture, illustrée par Malgorzata Gruszka, et vous vous surprenez à plonger dans un ailleurs captivant !
Une lecture pleine de promesses, qui révèle aussi un jeune auteur, né en 1990, dont le texte publié sur Wattpad a rapidement remporté un gros succès. Le monde de l'édition bouge... De nouvelles tendances émergent. À suivre, donc. ^-^

Traduit par Blandine Longre (The Novice : Summoner) pour les éditions Hachette, Mars 2016

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25/06/16

James Bond - Déclic mortel, par Anthony Horowitz

Déclic Mortel

Cette couverture chez Calmann-Lévy est juste magnifique ! Complètement fidèle à l'esprit James Bond - smoking, vodka martini, beauté fatale et belle voiture. Anthony Horowitz ne se moque pas du lecteur en nous servant cette intrigue, inspirée d'après les archives de Ian Fleming, où l'on replonge avec exaltation dans une histoire d'espionnage habilement troussée et palpitante à lire.

James Bond vient tout juste de rentrer d'Amérique, après son coup d'éclat contre Golfinger, lorsqu'il est convoqué pour une nouvelle mission d'infiltration. S'inscrire pour la périlleuse course de voitures du Nürburgring. Déjouer les plans des Russes qui visent à éliminer le pilote vedette, le britannique Lancy Smith. Mais avant cela, il doit éclaircir le dossier Pussy Galore. La caïd de Harlem s'affiche à son bras, le suit jusque dans la campagne anglaise, prétend être menacée, pistée par de dangereux individus, surgis de son passé et venus lui régler son compte. On le sait, l'aventure, chez Bond, est une seconde peau. Le danger, la montée d'adrénaline, l'action, il connaît. Et on ne se plaint pas de suivre notre agent 007 dans cette histoire originale, reprenant donc toutes les marques de fabrique de la série.

La couverture chez Hachette indique la seconde orientation de l'enquête, d'où ces plans de fusée qui rappellent la bonne vieille guerre d'influence entre l'Est et l'Ouest. Bond croisera aussi le chemin d'un riche homme d'affaires coréen, en apparence froid et impénétrable, et d'un lutin farouche, aussi charmante que Jean Seberg... C'est un vrai plaisir coupable de savourer cette lecture. James Bond y est opérationnel sur toute la ligne, séducteur, intuitif et audacieux. Les vilains sont assoiffés de vengeance, les JB Girls glamour et pittoresques, aux patronymes fabuleux et truculents (^Jeopardy Lane^).

Casting réussi, enquête haletante, ambiance vintage... L'empreinte de Ian Fleming est bel et bien présente, sans une once de nostalgie, Anthony Horowitz a repris dignement le flambeau et n'a pas bradé son héritage. “I think he got the point.”

Traduit par Annick Le Goyat (Trigger Mortis) pour les éditions Calmann-Lévy (2015)

Parution simultanée chez Hachette Romans, sept. 2015

James Bond – Déclic mortel

 

#Mois Anglais 2016 : “You’re a women of many parts, Pussy.”

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