07/07/16

DUFF, Dodue utile et franchement fade, de Kody Keplinger

DUFF, Dodue utile et franchement fade

Bianca déteste traîner dans les bars ou les boîtes, contrairement à ses deux meilleures amies qui adorent danser, elle préfère les attendre en buvant un soda à la cerise et discuter avec le barman. Et puis un soir, un dragueur de service se tape l'incruste et commence à lui servir un discours alambiqué sur la DUFF. Le vilain petit canard qui détonne parmi son groupe de copines canonissimes. Bianca n'est pas vilaine, elle est juste plutôt banale et sert de faire-valoir à Casey et Jessica. Vexée, elle envoie son verre dans la figure du malotru. Puis, deux secondes après, elle lui saute au cou et l'embrasse à pleine bouche ! Wesley Rush, le tombeur de ses dames... ^-^

Après quoi, tout va aller de travers dans la vie de Bianca. Sa mère annonce son retour au bercail avec une demande de divorce, son père noie son chagrin dans l'alcool, B. flippe et se réfugie sous la couette du playboy, choix qu'elle n'assume pas, même si ce garçon parvient miraculeusement à l'apaiser, elle finit par mentir à ses copines et perd le contrôle de la situation. Elle, d'habitude si grincheuse et sarcastique, devient fuyante, peu sûre d'elle et malhonnête. Cette soudaine perte d'estime lui tombe dessus sans prévenir et rend Bianca complètement désarmée. Au lieu de fuir son tortionnaire, elle se rue chez lui à la moindre crise de panique... Et justement, Wesley n'est pas juste le type odieux qu'on voudrait nous présenter. C'est un garçon plus sensé, sensible et attentif. Les deux caractères, ensemble, font des étincelles mais se correspondent tout à fait. Leur liaison est franchement excitante et pragmatique. J'ai beaucoup aimé leurs réparties, les émotions florissantes et les sentiments naissants. C'est chou. Bianca est une héroïne avec du punch et des neurones (qui ne grillent pas au contact des pectoraux irrésistibles du beau gosse)... Et ouf, quoi.

C'est un bouquin qui se lit pour la détente, pour sourire et pour se rappeler que les clichés ont la vie dure, que les stéréotypes n'ont pas fini d'évoluer et qu'il existe toutes sortes de palliatifs pour soigner sa psychose. C'est fleur bleue, sexy et drôle. Une parfaite petite comédie à déguster pour les vacances. 

Traduit par Aude Gwendoline pour Hachette, janvier 2016

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06/07/16

Vive les Vacances ! par Enid Blyton

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Il souffle un vent de fraîcheur et de douce nostalgie sur cette lecture, que les amateurs du Club des Cinq (mais aussi du Clan des Sept, de la série des Mystères au Cirque ou de Malory School) auront plaisir à goûter ! Pour moi, Enid Blyton me rappelle les vacances, des heures à lire des histoires passionnantes et à s'imaginer partager un bout d'aventure avec Claude, François, Annie, Michel et le chien Dagobert.

C'est donc cette petite fille qui vient de se plonger avec délice dans cet ouvrage qui compile des histoires inédites de l'auteur : une vingtaine de textes courts, qui sentent bon l'air iodé, la crème solaire, les glaces et les châteaux de sable. Au programme : des intrigues simples et charmantes, certaines avec du suspense, d'autres avec de la magie, des histoires autour de la famille ou de la fratrie, avec des enfants qui se chamaillent et se réconcilient, qui combinent des projets pour occuper leurs journées oisives, qui s'improvisent détectives, explorateurs ou flibustiers. Les animaux aussi occupent une place importante au cœur de l'action, tous plus prodigieux, rusés et intrépides les uns que les autres (chiens, ânes, lapins, chats, mouettes...).

Je ne m'attendais pas à apprécier autant ma lecture, que je trouvais au départ délicieusement old-school, avec un contenu assez niais et dépassé, mais qui semble avoir eu prise sur moi, car j'ai dévoré ce bouquin en souriant comme une bécasse de bout en bout ! Toute la magie de l'enfance est remontée. Comme une grosse bouffée de chaleur. Je me sentais bien, heureuse, avec entre les mains un chouette roman aux histoires surannées, qui convient idéalement à la détente et l'évasion. Une belle invitation pour se prélasser... et penser aux vacances, enfin ! ^-^

Traduit par Luc Rigoureau pour Hachette, juin 2016

Illustrations de Mark Beech

Un autre recueil de textes inédits paraîtra fin novembre sur la thématique de Noël !

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27/06/16

L'Invocateur - Livre 1 : Novice, de Taran Matharu

Novice Invocateur

Fletcher vit à Pelt, un petit village tranquille, où il est apprenti-forgeron chez un gros bonhomme attachant, qui le traite comme son fils. Le garçon est orphelin et ne sait rien de ses origines, mais a bénéficié d'une éducation pointilleuse, en apprenant à lire et à écrire, contrairement aux jeunes de son âge, qui vivotent ou chassent dans les bois. 
Fletcher aspire à un avenir sans relief, mais doit composer avec un gosse de riche, Didric Cavell, qui se comporte en fourbe et en tyran. Le garçon rêve d'une vengeance dans les règles de l'art, laquelle surviendra par l'intermédiaire d'un grimoire ayant appartenu à un invocateur.
Et là, notre jeune héros découvre l'univers des démons et des incantations. Seule une poignée d'élus est capable de se plonger dans de tels ouvrages et procéder aux rituels d'usage. Fletcher tente sa chance... et bingo ! Une salamandre apparaît et fait immédiatement corps avec lui, en se scotchant à sa gorge pour ne plus en déloger. 
Après, les choses se compliquent pour lui. Provoqué par Didric, le garçon se défend en semant le chaos. Il n'a plus d'autre choix que de fuir et va ainsi faire la rencontre providentielle du capitaine Arcturus qui l'envoie à l'Académie Vocans. Cette école accueille tous les jeunes invocateurs, désireux de servir l'Empire, pour ensuite prêter leurs savoirs à la guerre qui sévit dans tout Hominum. 
Une nouvelle vie s'offre à Fletcher, avec son lot d'amitiés fusionnelles (le nain Othello et la jolie elfe Sylva) et ses conflits inéluctables. Les enjeux politiques prennent également de l'ampleur, les pions prennent place sur l'échiquier, le compte à rebours est lancé...
Ce premier tome est handicapé par son rôle introductif où tout un univers et des personnages doivent être présentés. Cela casse un peu le rythme, même si la lecture n'en demeure pas moins entraînante dans son genre. Le scénario est suffisamment bien ficelé pour intriguer le lecteur et l'inviter à tourner les pages pour connaître la suite.
Cette série a réussi à créer son identité, tout en réunissant les codes du genre de l'heroïc fantasy auquel elle se rapporte. On se croirait dans du Tolkien vulgarisé, mais pas seulement. Ajoutez une très belle couverture, illustrée par Malgorzata Gruszka, et vous vous surprenez à plonger dans un ailleurs captivant !
Une lecture pleine de promesses, qui révèle aussi un jeune auteur, né en 1990, dont le texte publié sur Wattpad a rapidement remporté un gros succès. Le monde de l'édition bouge... De nouvelles tendances émergent. À suivre, donc. ^-^

Traduit par Blandine Longre (The Novice : Summoner) pour les éditions Hachette, Mars 2016

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25/06/16

James Bond - Déclic mortel, par Anthony Horowitz

Déclic Mortel

Cette couverture chez Calmann-Lévy est juste magnifique ! Complètement fidèle à l'esprit James Bond - smoking, vodka martini, beauté fatale et belle voiture. Anthony Horowitz ne se moque pas du lecteur en nous servant cette intrigue, inspirée d'après les archives de Ian Fleming, où l'on replonge avec exaltation dans une histoire d'espionnage habilement troussée et palpitante à lire.

James Bond vient tout juste de rentrer d'Amérique, après son coup d'éclat contre Golfinger, lorsqu'il est convoqué pour une nouvelle mission d'infiltration. S'inscrire pour la périlleuse course de voitures du Nürburgring. Déjouer les plans des Russes qui visent à éliminer le pilote vedette, le britannique Lancy Smith. Mais avant cela, il doit éclaircir le dossier Pussy Galore. La caïd de Harlem s'affiche à son bras, le suit jusque dans la campagne anglaise, prétend être menacée, pistée par de dangereux individus, surgis de son passé et venus lui régler son compte. On le sait, l'aventure, chez Bond, est une seconde peau. Le danger, la montée d'adrénaline, l'action, il connaît. Et on ne se plaint pas de suivre notre agent 007 dans cette histoire originale, reprenant donc toutes les marques de fabrique de la série.

La couverture chez Hachette indique la seconde orientation de l'enquête, d'où ces plans de fusée qui rappellent la bonne vieille guerre d'influence entre l'Est et l'Ouest. Bond croisera aussi le chemin d'un riche homme d'affaires coréen, en apparence froid et impénétrable, et d'un lutin farouche, aussi charmante que Jean Seberg... C'est un vrai plaisir coupable de savourer cette lecture. James Bond y est opérationnel sur toute la ligne, séducteur, intuitif et audacieux. Les vilains sont assoiffés de vengeance, les JB Girls glamour et pittoresques, aux patronymes fabuleux et truculents (^Jeopardy Lane^).

Casting réussi, enquête haletante, ambiance vintage... L'empreinte de Ian Fleming est bel et bien présente, sans une once de nostalgie, Anthony Horowitz a repris dignement le flambeau et n'a pas bradé son héritage. “I think he got the point.”

Traduit par Annick Le Goyat (Trigger Mortis) pour les éditions Calmann-Lévy (2015)

Parution simultanée chez Hachette Romans, sept. 2015

James Bond – Déclic mortel

 

#Mois Anglais 2016 : “You’re a women of many parts, Pussy.”

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14/06/16

Erik Vogler et les Crimes du Roi Blanc, de Beatriz Osés

Erik Vogler

Erik Vogler passe pour un adolescent excentrique et monomaniaque, avec ses petites lubies, ses manies, ses tics et ses tocs. Sa grand-mère Berta de Grasberg a beaucoup de mal à supporter ses bizarreries. Pourtant, c'est chez elle que le garçon devra passer ses vacances, au lieu d'un voyage à New York avec son père. Erik est très contrarié lorsqu'il arrive à la campagne et s'installe dans sa petite chambre poussiéreuse. Son séjour va être un calvaire. De plus, le garçon et la grand-mère ne cachent pas leurs sentiments réciproques à subir cette cohabitation sous la contrainte.

Le premier soir, par un nuit d'orage, Erik est surpris par une panne de courant au moment de prendre sa douche. Au même instant, il aperçoit un fantôme derrière la fenêtre et croit mourir de peur. Les jours suivants, d'autres indices lui font tourner la tête (une pièce d'un jeu d'échecs qui apparaît et disparaît, la sonate de Schubert qui s'enclenche sans raison, une page d'un poème de Goethe qu'il trouve dans ses affaires...). Inutile d'attendre de sa grand-mère un quelconque soutien. Au lieu de ça, Erik finit par comprendre qu'ON cherche à lui adresser un message et va s'intéresser aux récents faits divers. Chez lui, à Brême, une jeune fille de son âge, Sandra Nadel, a été retrouvée assassinée, mais son criminel court toujours. Erik va donc chercher à résoudre l'énigme.

Ce fantastique petit bouquin se lit d'une traite, tant il nous happe dans son histoire au suspense efficace. Les personnages aussi ne manquent pas de mordant et cassent la routine d'une osmose familiale idyllique. Erik Vogler est un garçon assez triste, solitaire, enfermé dans des mimétismes qui lui ôtent toute spontanéité, attaché à des petits gestes snobs (sa coiffure impeccable, ses chaussures de marque, sa tenue de rigueur, son eau plate à température ambiante qu'il commande tous les jours au café...). Sa grand-mère va vicieusement perturber ses habitudes, lui servir des soupes froides, des plats peu appétissants, lui présenter un voisin, Albert Zimmer, un prétentieux imbattable aux échecs.

C'est ainsi que ce trio improbable nous convie à suivre leurs aventures cocasses et palpitantes dans ce petit roman qui croque aussi bien leurs portraits avec humour sans alléger l'attente anxieuse et le climat angoissant de l'histoire. D'autres livres existent en version originale. Ce serait sympa de les voir traduits pour retrouver ce jeune héros hors du commun ! 

Traduit du castillan par Anaïs Goacolou (Erik Vogler y los crímenes del rey blanco) pour Hachette, mai 2016

 

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12/04/16

Paranoïa, de Melissa Bellevigne

Paranoïa

Judy vient d'être internée à l'institut St-Vincent, près de Paris. De composition fragile, la jeune fille enceinte met en danger sa grossesse en refusant de s'alimenter. Elle s'est enfermée dans sa bulle et repousse toute tentative d'approche par le personnel qui fait appel à Lisa Hernest, une psychiatre spécialisée dans les cas complexes. Celle-ci, à force de patience, parvient à rester à son chevet et calmer ses crises d'angoisse. Le résultat ne se fait pas attendre. Judy se sent en confiance et accepte de se livrer en lui racontant son incroyable histoire. Elle va notamment évoquer sa relation, troublante et fusionnelle, avec un certain Alwyn, qu'elle connaît depuis son enfance. Cet individu a aujourd'hui disparu de la circulation, ce qui plonge la jeune malade dans un profond désarroi. C'est pourtant avec lui qu'elle était partie en Angleterre, sur les traces des racines de sa famille, lancée sur un jeu de pistes plus ou moins obscur, avant de virer carrément glauque et effrayant. Elle en est d'ailleurs revenue complètement brisée et proche de la folie. Sensible à son témoignage, Lisa va sortir des clous et s'investir auprès de Judy comme rarement dans sa carrière, quitte à mettre en péril son propre couple, déjà coincé dans une impasse. Mais elle a la conviction d'avoir réussi à créer un lien avec sa patiente et continue à l'amadouer pour lui arracher ses dernières confidences, lesquelles, plus perturbantes les unes que les autres, viendront définitivement chambouler la lectrice délicate que je suis. ^-^

Quel singulier roman ! Lancé à la faveur d'une promo retentissante, il a atteint son objectif en titillant ma curiosité et en promettant des heures de lecture excitante. Je dois avouer qu'il démarre franchement très bien, il se lit vite et nous emporte dans un univers atypique et original dans lequel on prend plaisir à trouver ses marques. Il y a exprès un flou artistique pendant une bonne partie du roman, qui flirte entre le délire paranoïaque et le fantastique, un mélange un peu barge mais croustillant. Et puis, patatras, l'intrigue part en sucette et se disperse. Le changement de cap est assez brusque et guère plaisant. Le secret de Judy est dévoilé, mais provoque un sentiment de malaise. Le chassé-croisé avec les atermoiements de Lisa sonne creux et sans attrait. Et on finit de s'acheminer vers une issue assez vague et peu concluante. L'hécatombe. Ce premier roman est donc aussi maladroit et inabouti qu'un autre, qu'on soit une star du web ou pas, mais le style généreux et débordant d'enthousiasme de l'auteur donne matière à rebondir pour d'autres aventures. Je n'en doute pas. 

Hachette / Coll. Black Moon - Avril 2016

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06/10/15

Les Maudits, d'Édith Kabuya

Les maudits

Annoncée comme étant le grand retour de Black Moon (qui fête glorieusement les 10 ans de Twilight) à la romance paranormale, cette série canadienne avait de quoi s'enorgueillir ! Elle nous invite ainsi à faire connaissance avec Robin, une adolescente de seize ans, qui fait des pieds et des mains pour se rendre à la fiesta du beau gosse du lycée mais se heurte à un refus catégorique de son frère aîné. Thierry est, à juste titre, inquiet depuis qu'une série de meurtres barbares s'abat en ville, visant plus particulièrement des jeunes filles. Robin, futile et insouciante, passe outre l'interdiction avec la complicité de ses amies. Elle ne pense qu'à s'amuser, boire et danser de façon langoureuse avec le garçon de ses rêves. La soirée tourne hélas en eau de boudin et voit notre héroïne pliée en deux dans les buissons en train de vomir tripes et boyaux. La seconde d'après, une créature jaillit de nulle part, lui saucissonne l'abdomen avant de se repaître de la plaie béante et sanguinolente. ** Vision d'horreur. **

Je vous laisse imaginer la suite des réjouissances et accorde à l'auteur une mise en condition redoutable et efficace. Certes, elle ne nous propose pas un univers follement original, dans le sens où l'intrigue se focalise sur une héroïne tombée des nues et qui s'entête à se comporter comme une idiote, mais elle a le bon goût de distiller un folklore autour des Maudits qui met en appétit. L'histoire est sombre, glauque et énigmatique. Elle fourmille de rebondissements et de révélations assez spectaculaires (pas vu venir la fin !). Bref, c'est presque tout bon si l'on parvient à oublier les excès et autres réactions puériles de Robin. Un vrai festival de l'âge bête et pas tendre... 

Hachette, coll. Black Moon / Avril 2015

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01/07/15

Garçon cherche fille, de Meg Cabot

Garçon cherche fille

Kate vient de décrocher un job d'assistante de DRH pour The New York Journal (cf. Le garçon d'en face) mais doit hélas congédier Ida Lopez, une vieille dame employée à la cantine, qui vient de commettre un esclandre en refusant de servir une part de tarte à un cadre de l'entreprise. Kate est déprimée par cette perspective. Comble de l'horreur, elle reçoit peu après une convocation chez un avocat pour licenciement abusif !

Les ennuis ne font que s'enchaîner, son ex ne la lâche plus et la harcèle jusqu'à son lieu de travail, elle galère pour trouver un nouvel appart et squatte le sofa de sa meilleure amie Jen, alors que celle-ci est galvanisée aux hormones et tente d'avoir un bébé avec son mari. Sa supérieure lui reproche de porter des jupes trop courtes et la harcèle pour l'obliger à soutenir une version commune lors de la procédure juridique.

Au milieu de tout cela, Kate vient de faire la connaissance de Mitchell Hertzog, sexy, séduisant, drôle et original... Sauf qu'il est avocat, défend Ida Lopez et est le frère du fiancé de sa chef. Un vrai sac d'embrouilles. L'histoire est ainsi une déferlante de mails, de notes de service, d'extraits de journal, d'affichettes chipées ci et là pour conduire le récit à toute vapeur. On sourit beaucoup, c'est drôle, romantique et cocasse. Pas extraordinaire, mais super distrayant à lire. 

Hachette / juin 2014 ♦ Traduit par Luc Rigoureau (Boy Meets Girl)  ♦ Préalablement édité sous le titre Embrouilles à Manhattan (Marabout, 2006)

25/06/15

Je m'appelle Lumikki : Rouge comme le sang, de Salla Simukka

Lumikki

Lumikki a 17 ans et est élève dans un lycée d'arts appliqués, où elle rase les murs et se complaît dans sa transparence. Tout bascule le jour où elle découvre dans la chambre noire les murs tapissés de billets ensanglantés. Elle referme la porte aussitôt et rebrousse chemin, pensant reprendre sa routine insipide. Mais, trop tard.
Trois jeunes gens vont s'emparer du magot et comploter dans un café où la jeune fille s'est incrustée pour les espionner. C'était plus fort qu'elle, elle a choisi de s'en mêler... pistant ainsi le fils du proviseur et sa copine, accessoirement fille de flic.
En marge de cette histoire de gros sous, on trouve aussi des trafiquants de drogue, des russes, des règlements de compte et des corrompus... tous en quête du même but, quitte à déployer les grands moyens.


J'ai été franchement déçue par cette lecture, au style pauvret et à l'intrigue qui ne casse pas trois pattes à un canard non plus. Sans compter que l'héroïne, qu'on nous vend comme étant « la fille de » Lisbeth Salander et Hercule Poirot (appréciation totalement surestimée, selon moi), est une nana mystérieuse mais franchement glaciale, trop lisse et sans charisme. J'ai finalement trouvé l'ensemble très quelconque. 

Hachette, novembre 2014 ♦ Traduit du finnois par Sébastien Cagnoli (Punainen kuin veri)

♦♦♦

« Pour on ne sait quelle raison, au collège, l'intelligence n'était pas sexy. Si l'on voulait être sexy, il fallait fuir l'intelligence comme la peste. Intelligent était synonyme d'ennuyeux, barbant, énervant et, sinon franchement moche, du moins physiquement quelconque. Lumikki avait cru que la situation changerait après le collège. En partie elle avait changé, en partie non. Manifestement, en présence d'un homme, certaines femmes adultes, par ailleurs tout fait respectables, continuaient de s'abêtir. C'était pénible à voir. »

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24/06/15

Le Loup de L.A., de Maggie Stiefvater

Loup de LA

Tout le monde croit connaître l’histoire de Cole St. Clair. Le succès. La drogue. La déchéance. Puis sa disparition. Mais rares sont ceux qui connaissent son secret le plus sombre – sa capacité à se métamorphoser en loup. Isabel fait partie du cercle restreint de ceux qui savent. Il fut un temps où ils auraient même pu s’aimer. Un temps révolu. Jusqu’au jour où Cole est de retour. De retour sur la scène. De retour où le danger rôde. De retour dans la vie d’Isabel.

Comme beaucoup de lecteurs, j'avais quitté la série de Maggie Stiefvater en 2012, après avoir lu Fusion qui bouclait la saga de Sam & Grace à Mercy Falls. C'était sans me douter que, trois ans plus tard, une pointe de nostalgie surgirait sous les traits de Cole St. Clair avec ce roman racontant son histoire après les événements survenus dans le Minnesota. Notre chanteur sexy tente de renouer avec le succès et l'amour en débarquant en Californie. Là se trouve l'inoubliable Isabel Culpeper qu'il souhaite reconquérir. Celle-ci a pourtant tourné la page, mais pas verrouillé son cœur. Revoir Cole ravive autant de souvenirs que d'émotions !

Je ne cache pas avoir pédalé dans la semoule en me plongeant dans cette suite qui a tout lieu d'être tardive et impromptue. C'est toujours aussi joliment poignant, raconté avec lyrisme, mêlé à un soupçon de coquinerie, car notre couple vedette est réputé pour ses interactions volcaniques et passionnelles. Mais avouons aussi que tout ça arrive un tant soit peu après la bataille. J'aimais l'idée du flou autour de leur relation inaboutie, lui donner des mots et une forme ne me semblait pas indispensable.

Alors si on aime follement la saga, qu'on découvre à peine ou qu'on ne peut vivre sans avoir lu le moindre écrit de l'auteur, oui ce livre mérite d'être lu, dans la foulée. Et savourer pleinement cette histoire de seconde chance dans laquelle patouillent des personnages qui le valent bien (et méritent leur happy end). Maggie Stiefvater tenait aussi à se faire plaisir en évoquant l'artiste maudit et torturé, à travers Cole, et laisser exploser sa passion pour la musique qu'on retrouve dans chacun de ses livres, particulièrement dans son écriture.

Hachette jeunesse, coll. Black Moon / novembre 2014 ♦ Traduit par Camille Croqueloup (Sinner)

  ♪♫ I remembered that once upon a time, I wrote books with kissing scenes. I remembered that once upon a time, Cole St. Clair had been a rock star. ♫ ♪ M.S.

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