20/01/12

“You know what we call pedestrians in Morganville? Mobile bloodbanks.”

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Claire est désormais un outil entre les mains d'Amelie, elle rencontre Myrnin, un vieux vampire complètement barré, et la voilà qui découvre de gros secrets sur Morganville. 
Claire, c'est autre chose que cette stupide étudiante de seize ans qui brille à se foutre dans des situations démentielles !? Hein, je ne me trompe pas ? J'ai envie de ne pas me tromper. 
Son histoire avec Shane, toujours creuse. D'ailleurs, le gars finit à l'hosto, comme si l'auteur elle-même ne savait pas quoi faire de son pion. 
Seul Michael a le beau rôle dans l'histoire. Et Oliver aussi, mais lui c'est le mauvais garçon, mais alors vraiment mauvais, MAUVAIS.
Finalement je pousse plus loin, encore. La façon dont cela se termine t'oblige à en vouloir plus. Longue vie aux réunions familiales, moi je vous le dis !

Vampire City tome 3 - Rachel Caine 
Hachette, coll. Black Moon, 2011. Traduction de Alice Delarbre.
en VO : Midnight Alley 


19/01/12

“Saint Claire, the patron saint of the kick-me sign.”

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La maison de Michael Glass est en ébullition, après les vampires, ce sont des bikers qui débarquent pour faire la peau de ses habitants. Eve et Claire sont terrorisées, Shane n'en mène pas large, se sentant responsable du désastre, puisque c'est son père qui est à la tête des caïds. Frank Collins est de retour à Morganville pour tuer le maximum de sangsues et assouvir sa soif de vengeance. Or, tout se passe mal et c'est Shane lui-même qui va servir de bouc-émissaire. Notre petite Claire, éperdument amoureuse, veut sauver le garçon et tente tout et n'importe quoi pour y parvenir. 
Alors, ça court dans tous les sens, ça hurle, ça tue, ça menace et ça ne fait pas dans la dentelle. Cette série est riche d'un univers furieusement gothique, l'atmosphère est oppressante, toutefois on y adhère complètement. Par contre, là où le souci se pose, c'est concernant le charisme des personnages. Claire, en tête, est une stupide petite chose, qui n'en fait qu'à sa tête et qui se met dans des situations compromettantes, sans prendre en compte les émotions de ses proches. Elle agit selon son instinct, et son instinct lui dicte de sauver Shane. Le garçon, dans son genre, est un sombre idiot qui agit aussi avant de réfléchir. Heureusement, dans ce tome, il est passablement absent. Et j'ai beau essayé, mais je n'arrive pas à croire une seconde à leur histoire d'amour. Claire a seize ans, on croirait une vierge effarouchée, non, franchement, c'est ridicule. A côté, nous avons le couple Eve-Michael, beaucoup plus excitant, sauf que l'auteur le place trop souvent dans l'ombre. Elle a néanmoins pris une initiative importante en faisant évoluer le personnage de Michael, parce qu'à ce rythme-là, je trouvais que le garçon était inutile, coincé dans un rôle de figuration. 
D'autres personnalités se révèlent, comme la Fondatrice Amelie, ou Sam le rouquin, sans négliger le très pervers Oliver. La série s'appuie donc sur un univers vampirique plus sombre et roublard qu'il ne paraît, parmi lequel les humains sont comme des marionnettes, manipulées, abusées, exploitées sans vergogne. Bref, un socle solide mais des personnages un peu creux. J'espère davantage de la suite !

Vampire City tome 2 - Rachel Caine
Hachette, coll. Black Moon, 2011. Traduction de Alice Delarbre.
en VO : The Dead Girls' Dance 

03/01/12

Teaser Tuesday #36

La société avait grimé les vampires en personnages si romantiques que nombre de demoiselles impressionnables se jetaient au cou des acteurs qui les incarnaient au cinéma ou à la télévision. Non que ce soit leur faute. Les femmes étaient génétiquement programmées pour être attirées par les hommes de prestance qui transpiraient le pouvoir, des hommes dotés d'un haut degré de testostérone synonyme de beaux enfants à venir. C'était ainsi qu'étaient portraiturés les vampires de fiction, en général : riches, grands, forts et séduisants.

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Insatiable - Meg Cabot
Hachette jeunesse, coll. Black Moon, 2011. Traduction de Luc Rigoureau.

Un Meg Cabot déconcertant, avec de bonnes scènes de rigolade, arrosées généreusement d'une sauce pimentée au second degré, et qui vise à tourner en ridicule le phénomène du moment (les vampires !). Le programme était alléchant, c'est sûr que l'effet de surprise du début a été bénéfique, je buvais du petit lait. L'héroïne, Meena, a horreur des vampires et ne croit pas en leur existence. Forcément, autour d'elle, ça grouille de partout pour lui prouver le contraire. Au vu de l'épaisseur du livre, j'étais en droit de m'attendre à une avalanche d'événements, eh bien, pas du tout ! L'histoire se révèle plate et sans saveur, pas très originale, en somme. Les personnages aussi ont manqué de charisme. En bref, même si l'humour et le bon esprit de Meg Cabot peuvent sauver la mise, le rendez-vous est un tantinet loupé.

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11/10/11

“Please, ground, just open up and let me fall into an endless crevasse till I hit the center of the earth and combust. Please.”

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Nastasya a 459 ans et une vie de débauche derrière elle. Sur un coup de tête, elle choisit de prendre un nouveau départ et se réfugie dans une ferme bio ambiance familiale pour suivre un programme de choc (manger sainement, s'astreindre à un rythme de vie abêtissant, vivre en communauté). C'est plus qu'un retour aux sources, c'est une redécouverte des vraies valeurs, une façon de comprendre ses erreurs, de faire le tri dans ses souvenirs, de se débarrasser des poids morts, de faire la paix avec soi-même. 
La miss a vécu mille vies, mais n'a pas su percer le secret de ses origines, jusqu'à ce qu'on comprenne qu'elle a tout enfoui exprès pour étouffer la souffrance, mais sa vie à River's Edge fragilise les remparts derrière lesquels elle se planquait, et quand le passé commence à ressurgir, tel un coup de fouet vivifiant mais aussi cinglant, la fille est prise de panique. 
Nastasya est une héroïne rebelle et farouche, qui refuse de s'épancher et qui s'accroche à ses secrets, de peur de paraître trop vulnérable. C'est tout le propos du roman, d'ailleurs, qui s'intéresse sincèrement aux personnages, à l'apprentissage difficile et douloureux par lequel il faut passer pour s'accorder une seconde chance et oublier les anciennes vies, souvent marquées d'actes horribles et impardonnables. C'est donc une quête de soi-même avec ses hauts et ses bas, et principalement le parcours d'une héroïne tendance psychopathe mais drôle à sa façon, avec la révélation progressive de son histoire, de son attirance pour le dieu Viking de River's Edge et son attachement à cette famille d'allumés, aux allures de hippies, qui enseignent les mystères cachés des plantes médicinales, des cristaux, des huiles essentielles, mais aussi des sortilèges, de l'art magique, des étoiles, des runes etc. 
Une lecture singulière, entraînante et très habile pour nous attirer dans ses filets ! 

Immortels, tome 1 par Cate Tiernan
Hachette jeunesse, coll. Black Moon, 2011 - 353 pages - 17€
traduit de l'anglais (USA) par Blandine Longre 

Voyons voir. Mon existence d'avant - fringues de haute couture, fêtes géniales, amis super, drôles, excitants, voyages à gogo, toujours plus d'amusement. Ou bien ma vie présente - chemises de flanelle, grosses bottes et jeans, boulot de subalterne dans un drugstore proche de la faillite, réveils à l'aube... Aucune raison que ma vie me paraisse meilleure. C'était pourtant le cas.

Le tome 2 est déjà disponible !

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On renoue avec le parcours en dents de scie de Nastasya, toujours aux prises avec ses démons. A force de se sentir la cible des forces obscures, elle va inévitablement agir en grande trouillarde qui se respecte et prendre une décision lourde de conséquences. 
Le ton est ici plus sombre, du fait de la déprime profonde de l'héroïne, et semi-tragique aussi, car les derniers chapitres donnent des bouffées d'angoisse et d'agacement. Le récit est également ponctué de scènes rigolotes liées à l'humour sarcastique de Nastasya (son imbroglio sentimental y est pour beaucoup !). 
La série a trouvé son rythme de croisière et nous prépare sur le chemin d'un troisième tome qui assurera le rôle de dégoter toutes les issues possibles pour calmer les angoisses de notre demoiselle immortelle. Et j'aime toujours son caractère insupportable, même si la miss en question ne sait pas faire la distinction entre le bien et le mal dans sa vie !

Immortels, tome 2 : La Traque.
Hachette jeunesse, coll. Black Moon, 2011. Avec une excellente traduction de Blandine Longre ! 

** Un mètre quatre-vingts de désastre viking - lumineux, comme il se devait. **

27/09/11

"Porter du vintage, c'est une façon de porter l'histoire, un moyen par lequel on peut transformer le passé en présent."

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Quelle jolie couverture ! Et ça ne s'arrête pas là, puisque le livre contient des illustrations de toute beauté, soulignant l'élégance des tenues d'autrefois et apportant un charme fou à l'ensemble. C'est une lecture absolument exquise, peut-être davantage destinée à un lectorat niveau collège. 
L'héroïne a douze ans et est passionnée par la mode vintage. En effet, Louise a décrété que le passé était plus passionnant que le présent, elle aime aussi les vieux films classiques, les acteurs de l'époque, elle n'envisage pas de revêtir autre chose que des toilettes griffées, chargées d'histoires personnelles et porteuses d'un souffle de nostalgie. 
Un matin, elle reçoit une invitation à une vente privée "pour les fashionistas voyageuses". Etrange, mais excitant. Elle se rend à l'adresse indiquée, fait la rencontre de deux dames exubérantes, fouille dans leurs armoires et met la main sur une magnifique robe rose. Elle l'enfile et tombe dans les pommes. 
En se réveillant, elle découvre qu'elle est devenue une actrice célèbre de dix-sept ans, en voyage à bord d'un paquebot qui vient de quitter l'Europe pour New York. Nous sommes en 1912 ... sur le Titanic ! Mais Louise n'a pas encore fait le rapprochement. En premier lieu, elle est perturbée par ce bond dans le temps, une anomalie à laquelle elle refuse de croire, avant de se prêter au jeu, avec joie et insouciance. Car c'est avant tout l'occasion de prendre un bain de foule parmi des personnalités qui vont léguer leurs noms à des musées ou des chaines de magasins, de même qu'elle va s'extasier sur le glamour de l'époque, les belles toilettes qui seront les futures pièces de sa collection, et rencontrer la créatrice lady Duff Gordon, que Louise vénère au même rang que Coco Chanel, Karl Lagerfeld et Viviane Westwood. 
Après en avoir pris plein les yeux, Louise va douloureusement revenir à la réalité en comprenant qu'elle est à bord du Titanic ! Changement de cap, le rythme se veut plus trépidant. Louise ne pourra pas changer le cours de l'histoire, mais au moins sa propre histoire ne peut se conclure ainsi. 
C'est une fabuleuse réussite de proposer un voyage dans le temps à partir d'une robe qui avait une incroyable histoire à raconter. Et il ne s'agit pas de n'importe quelle épopée... J'ai d'ailleurs cru comprendre que l'auteur n'en resterait pas là, ce qui enchante la jeune lectrice de la maison ! La lecture est en effet adorable et légère, de plus l'esthétisme du roman est une promesse de balade gracieuse et non moins superficielle. A mettre entre les mains des minettes dès 11-12 ans.

Une robe couleur du temps, par Bianca Turetsky
Hachette jeunesse, 2011 - 275 pages - 13,90€
traduit de l'anglais (USA) par Florence Bellot 
le site (en anglais) : http://timetravelingfashionista.com/ 

IMG_5438 illustrations de Sandra Suy

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25/08/11

Les Loups de Mercy Falls, tome 3 : Fusion

“If I only have ten minutes, Sam, this is what I want to say. You're not the best of us. You're more than that. You're better than all of us. If I only have ten minutes, I would tell you to go out there and live. I'd say...please take your guitar and sing your songs to as many people as you can. Please fold a thousand more of those damn birds of yours. Please kiss that girl a million times.” 

 

DISPONIBLE DEPUIS LE 24 AOÛT EN EDITION FRANçAISE ! 

Fusion

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16/08/11

lectures de vacances #1

"There are no coincidences. And everything means something."

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Délicieuse ambiance que voilà ! Wicca est une série aux effets envoûtants, vis-à-vis de laquelle il ne faudrait pas se leurrer non plus, c'est l'histoire d'une adolescente de seize ans, qui se trouve quelconque, et qui tombe folle amoureuse du beau gosse du lycée, Cal, le nouveau venu, qui va également initier tout un petit groupe de lycéens à la Wicca. Miam, miam. La tournure des évènements fait des merveilles, c'est mystérieux et attrayant, bref je buvais du petit lait. Cela a su largement compenser l'aspect exaspérant qu'on retrouve dans les plates considérations adolescentes de Morgan, l'héroïne. Mes aïeux, qu'est-ce que c'est simplet ! Premiers émois amoureux, jalousie entre copines, fâcheries et vacheries, crises de colère, embrouilles avec les parents... ouhlala, c'est lourd ! (Oui, c'est l'âge.) Heureusement le thème de la Wicca fait oublier tout ce côté gonflant. J'ai été fascinée par le folklore, très curieuse d'en apprendre plus sur les origines de Morgan, de connaître l'histoire des anciens clans et de chercher à percer le mystère qui rôde autour de Cal, de sa mère et des autres personnages secondaires... Prenez donc votre mal en patience, il faut se farcir une petite nana qui joue avec nos nerfs, mais oubliez sa crise d'ado et plongez-vous dans l'univers captivant de la Wicca ! Cela vaut vraiment le détour.

Wicca, livre 1 : L'éveil - Cate Tiernan
Hachette jeunesse, coll. Black Moon, 2011. 

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Cela ressemble à une petite brique noire, de plus de 400 pages. La couverture énigmatique donne le ton, ce sera fantastique et drôle et inventif, ou je ne m'y connais pas ! Dès le départ, nous faisons connaissance avec les trois personnages - Mélusine, Framboise et Tristan. Ce ne sont pas des adolescents ordinaires, ils possèdent des dons ou des capacités dont ils ignorent la portée jusqu'à ce qu'ils soient pris en charge par les dirigeants de l'université invisible. Isolés sur une île, ils appréhenderont les rouages de cette institution, vont parfaire leurs connaissances et développer ce qu'on nous présente comme étant une forme de télépathie et télékinésie en version plus élaborée. Au fil des chapitres, d'autres acteurs entrent en scène (des vampires, par exemple !) et de nouvelles données mettent à jour l'ambition teintée d'ambiguïté de l'université. Il ne faudrait pas croire que tout est parfait et altruiste dans ce monde ! Il se passe, bien évidemment, des tas de petits évènements qui, mis bout à bout, constituent une intrigue habile et haletante. Maëlle Fierpied a imaginé une société du futur vouée à la technologie (les livres sont rangés en tant que vieilleries), le fantastique y trempe un doigt de pied, j'ai même cru au début me rapprocher de la trilogie Phaenomen d'Erik L'Homme, mais finalement les similitudes sont beaucoup moins évidentes. Car ce que j'ai trouvé frais et très agréable ici, c'est l'humour un rien espiègle de l'auteur. Cela nous donne des personnages attachants, en gros des adolescents souvent susceptibles, boudeurs et bornés, mais doués et perspicaces, n'hésitant pas à braver les interdictions, et un rythme d'intrigue fluide et très digeste. J'ai juste un peu regretté la fin précipitée de cette tétrade, mais ceci dit je n'ai pas boudé mon plaisir et confirme que ce fut une lecture bien divertissante !

Chroniques de l'Université Invisible - Maëlle Fierpied
Ecole des Loisirs, coll. Medium, 2010. 

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28/06/11

Clandestine (Intruse #2)

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Nous retrouvons Fanny, la petite couturière de Vienne, et Frédéric, vicomte de Waldaw, en fuite après leurs folles péripéties survenues dans le précédent épisode, Intruse. Las, les amoureux sont séparés : Fanny a été enlevée par la reine des pirates, Padora, et vogue en Mer Noire tandis que Frédéric se trouve lui aussi aux mains de sinistres individus après avoir vaguement découvert le sort de sa douce. Sur plus de 300 pages, les amants vont vivre des situations abracadabrantesques chacun de leur côté, tout en cherchant à se retrouver ou tirer profit de leurs déconvenues (Fanny, essentiellement - la demoiselle n'a pas craché sur l'appât du gain et n'y renoncera pas facilement !). Car, autre rebondissement, nous découvrons l'héroïne cinq ans plus tard dans le lit du poète Pouchkine, affaiblie et sur ses gardes, mais livrant la confession de son récit avec un talent hors pair. 

Si le premier tome avait été un clin d'oeil appuyé au film, La Belle et l'Empereur, avec Romy Schneider, celui-ci est quelque part un hommage aux poèmes de Pouchkine - La Fontaine de Bakhtchisaraï, Le prisonnier du Caucase. Sans aucune prétention, bien entendu. Les aventures de Fanny et Frédéric sont toujours mouvementées et partent dans tous les sens, le cadre est également plus exotique, toutefois je me suis sentie moins embarquée. La lecture reste agréable et entraînante, mais l'ambiance m'a sincèrement moins séduite. Le couple étant séparé la majeure partie du roman (et leurs retrouvailles tardant à venir), j'ai suivi les nouvelles expériences de Fanny, toujours aussi folles et audacieuses, mais un brin trop exubérantes, avec un peu d'ennui et lassitude.

Je pense avoir apprécié Intruse pour sa fraîcheur et son magnifique cadre du palais de Vienne, l'ensemble était invraisemblable et cocasse, mais c'est ce qui faisait aussi son charme. Cette fois-ci, je ne sais pas pourquoi, je suis restée en retrait. Je n'ai, cependant, pas été indifférente à la personnalité de Padora, une femme fascinante, redoutable de rouerie, également le sosie troublant de Fanny, qui exercera sur elle un ascendant à la fois étrange et envoûtant. Padora n'a d'ailleurs pas dit son dernier mot, puisque la fin du roman suggère que nous retrouverons tout ce petit monde dans d'autres contrées et au coeur de bien étonnantes aventures ! (Du moins, je le suppose.)

Clandestine - Nicolas Jaillet
Hachette, 2011 - 345 pages - 13,90€ 
Merci N.J. !  

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01/02/11

"I love you. Remember. They cannot take it."

Imaginez un monde où l'amour est proscrit. Où aimer revient à attraper une maladie mortelle. Pour en guérir, il faut s'immuniser. Vivre dans une société où les émotions sont étouffées, éteintes, douchées dès votre 18ème anniversaire.
Aucun désordre. Aucune palpitation démesurée. Tout est sous contrôle.
Lena a longtemps vécu dans cette attente, n'en pouvant plus de vivre sa vie terne, d'éradiquer la douleur, les souvenirs, les questions. Elle n'avait que six ans lorsque sa mère s'est suicidée, elle a été recueillie chez sa tante, elle n'a depuis connu qu'une existence bridée et modelée pour son Protocole.
L'heure de délivrance approche enfin. Lena passe son dernier été, auprès de sa meilleure amie. Même si elle est très attachée à Hana, elle sait que tout s'effacera après son opération, qu'elle l'oubliera. Et c'est ce qu'elle désire le plus : recommencer une autre existence, repartir du bon pied. Elle en a terriblement besoin.
Or, cet été va également lui apporter ce qu'elle redoutait le plus : l'amor deliria nervosa ! Lena rencontre Alex, elle pensait être à l'abri, mais dès qu'elle a posé les yeux sur lui, son univers a basculé. Elle ne se rendra pas si facilement, elle va longtemps lutter et chercher à résister. Elle va vouloir se convaincre, se rassurer, mais ce sera trop tard, Lena va être contaminée.
Et c'est bouleversant à lire, à suivre, à découvrir. C'est une histoire incroyable. Lena est une héroïne imparfaite, qui sait être touchante, révoltante, passionnante. Elle est craintive, se replie pour mieux se protéger, n'ose pas ou peu. Progressivement elle prendra conscience des énormités qui l'entourent, aimer ne signifiera plus mourir, ce ne sera plus sale - au contraire. Sa prise de conscience demandera du temps, mais qu'est-ce que ça vous prend aux tripes.
J'ai cru devenir folle au moment de tourner la dernière page, j'ai cru hurler et pleurer de rage et de désespoir. Vous comprendrez. Et dire qu'il faudra patienter longtemps - 2012 - pour la suite ! C'est frustrant...
Envie d'un roman doux, tendre et merveilleux ? D'une rencontre forte, belle et revitalisante ? Lisez Delirium ! Ce livre vous fera prendre conscience que l'amour donne la vie, qu'il est souffrance et bonheur à la fois, mais que ça vaut le coup et qu'il faut refuser les barrières, les frontières, les prisons ! Qu'on ne peut pas être vraiment heureux si on n'est pas aussi malheureux parfois. 

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Delirium - Lauren Oliver smileyc219
Hachette, coll. Black Moon (2011) - 450 pages - 18€
traduit de l'anglais (USA) par Alice Delarbre

Francesca est également TOTALEMENT emballée !

22/10/10

Fièvre - Les loups de Mercy Falls #2

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Dès les premières pages, ce qui nous frappe, c'est l'impression de retourner sur un territoire déjà conquis. Mercy Falls, petite bourgade paisible, environnée par les bois, peuplés par des loups. C'est toute une ambiance qui nous retombe dessus, le froid, l'inertie, le romantisme, l'attente. Ce n'est plus une nouveauté, puisqu'il s'agit du deuxième livre, nous savons où nous mettons les pieds et nous nous y sentons parfaitement à l'aise, sans plus d'attente que de connaître la suite. Où en sont Sam et Grace ? Nous réservent-ils la même sérénade - une histoire d'amour terriblement romantique, sans accroc, acquise de longue date, comme une certitude que 1 + 1 = 2 ?

Oui, Sam et Grace s'aiment toujours d'amour tendre et romantique. C'est beau, c'est touchant, c'est poétique et lyrique. Mais le sort en a décidé autrement. Cela commence par des migraines, Grace se plaint de ne pas être en forme, puis elle est frappée de fortes fièvres, de douleurs, de rêves hallucinatoires (la jeune fille est toujours obsédée par les loups et par sa non-transformation). Ses parents découvrent Sam dans son lit, ils se fâchent et décident de se comporter comme des adultes, en punissant leur fille et en interdisant Sam de revenir chez eux. C'est la partie la plus rasoire de l'histoire, mais il faut passer par là. Cela rend la fin encore plus poignante...

Au milieu du roman, l'histoire piétine un peu et ce n'est pas la présence de Cole, un chanteur de rock très sexy, mais qui veut garder l'anonymat, et qui a choisi de changer de vie en acceptant de devenir un loup, ni la présence d'Isabel, la soeur de Jack (cf. Frisson), très belle, intelligente et arrogante, qui réhaussent l'intérêt du roman. Leurs personnages reboostent la romance trop mélancolique de Sam et Grace, donnent du piment à la lecture, mais ne sauvent pas le tâtonnement perçu à mi-parcours. Et encore une fois, c'est à la fin que tout bascule, que les idées volent dans tous les sens, que ça s'éparpille en laissant le lecteur à bout de souffle. Ou à peu près.

Je crois que cette série me laissera le souvenir d'une écriture romantique, propre à l'histoire, une écriture parfaitement reconnaissable, avec un rythme, un son, une musique, même si celle-ci n'est pas perceptible en VF (la traduction n'est pas mauvaise, mais maladroite, distribuant trop souvent des "mon amie" pour "my girlfriend", ou pour éviter de répéter le prénom de Grace dans un même paragraphe, des "mon grand loup" pour "bucko", etc. C'est dommage. Cela altère la magie, le ton n'y est plus, ou cela sonne différent.)

Maggie Stiefvater, par sa sensibilité et son sens de l'évocation, de ressentir les choses, sait admirablement nous troubler. Je ne suis pas une grande fan de cette série, et pourtant je m'y retrouve à chaque fois engluée, non seulement curieuse de connaître les soubresauts de la trame romanesque, mais surtout fascinée par ce style littéraire, si propre, si cher et si rare dans les romans catalogués pour *jeunes adultes*. L'action n'est pas privilégiée, place davantage à l'émotion et aux sentiments, c'est du domaine du cérébral (et beaucoup moins hormonal) ! Et c'est bien aussi !!!

Fièvre, de Maggie Stiefvater
Traduit de l'anglais (USA) par Camille Croqueloup - titre VO : Linger
Hachette, coll. Black Moon (2010) - 400 pages - 18€

 

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