10/01/10

16 Lunes ~ Kami Garcia / Margaret Stohl

It's not always rainbows and butterflies
It's compromise that moves us along,...

Encore une histoire de lycée et d'adolescents qui vont tomber amoureux, contre l'avis de tous, tiens ça change un peu de constater qu'il s'agit d'un narrateur, Ethan, un gentil garçon qui vit avec son père, écrivain reclus dans son bureau depuis la mort de son épouse, et Amma, celle qui prend tout en charge dans la maison et ne plaisante pas avec la discipline. Nous sommes à Gatlin, "l'épicentre du milieu de nulle part", dans le Sud des Etats-Unis. Tout le monde connaît tout le monde, Ethan fait partie de l'équipe de basket, il appartient donc au groupe des gens in de l'école. La communauté n'aime pas les brebis galeuses, alors l'arrivée de la nouvelle élève - Lena Duchannes - crée l'émoi général. De plus, elle est la nièce de Macon Ravenwood, celui qu'on considère toqué du bocal et qui vit dans une grande maison hantée. La brunette aux yeux verts peut s'accrocher au volant de son corbillard noir - emprunté à son cher tonton - car Gatlin et ses âmes puritaines lui réservent un accueil de choix !

Ethan a néanmoins un choc en rencontrant la demoiselle pour la première fois, il semblerait que ce soit celle dont il rêve depuis des mois, celle qui le hante et lui parle dans la tête, celle qui lui donne à entendre une chanson qu'il est seul à percevoir, celle qui est prête à tomber et qu'il se sent dédié à sauver, bref elle est celle dont il est tombé fou amoureux.

En attendant, c'est beaucoup plus dense, plus sombre et plus énigmatique. Outre la superbe description de ce Sud traditionnel, on trouve dans cet épais roman une histoire très romantique autour d'une impossible histoire d'amour. C'est fâcheux. Car Lena a un secret, ne comptez pas sur moi pour vous donner le moindre indice, il faut souffrir une bonne centaine de pages pour en obtenir les premiers symptômes. Avec cela, on découvre aussi des secrets de famille, et même la généalogie d'une famille pas comme les autres, des faits historiques et des flashbacks à donner des petits frissons dans le dos. On trouve également une malédiction, des gentils et des méchants, héhéhé, rien de bien original dans le fond, mais on mord facilement à l'hameçon.

Et pourtant, j'ai connu des hauts et des bas avec ce livre. Des bas, parce que c'est un roman beaucoup trop long, certains passages sont inutiles, l'ensemble aurait gagné en dynamisme et même l'histoire d'amour mériterait d'être plus pêchue, parce que je ne l'ai pas trouvée particulièrement exaltante. La faute aux personnages qui manquent de charisme, à mon goût : Ethan est gentil, point. Lena est une Mary-Sue, bof. Non, franchement le couple ne me transporte pas et leur histoire me laisse de marbre.

Ce que j'ai apprécié, très clairement, c'est cette ambiance sudiste, l'atmosphère mystérieuse et envoûtante, et apprendre de fil en aiguille les arcanes d'une communauté qu'on jugeait lisse et ennuyeuse, Gatlin et les Filles de la Révolution, tout un folklore dépassé et pompeux, mais sous les couches de cette société, on trouve un autre monde, plus torturé et tout aussi codifié, et rien que pour ça j'ai trouvé que c'était vraiment pas mal.

Une suite, prochainement (parution en décembre 2010 pour les US) : 17 Lunes.

beautiful_creatures_16LUNESHachette, coll. Black Moon, 2010 - 635 pages - 18€
traduit de l'anglais (USA) par Luc Rigoureau
titre vo : beautiful creatures

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20/12/09

Sortilège ~ Alex Flinn

Hachette, coll. black moon, 2009 - 332 pages - 16€
traduit de l'anglais (USA) par Luc Rigoureau

sortilege

Kyle a tout pour lui : la beauté, la richesse, l'arrogance. Il est le fils du présentateur vedette du journal télévisé. Il fréquente une école privée pour gosses privilégiés. Il est sportif, a du succès auprès des filles et est élu prince au bal de fin d'année. Mais ce soir-là, Kyle a joué avec le feu en voulant se venger d'une fille - Kendra - qui lui a tenu tête en classe en affirmant qu'il n'était que superficiel et idiot. Dans la nuit, il découvre qu'elle est en fait une sorcière et se voit transformé en monstre. Pour briser le sortilège, il a deux ans pour aimer et être aimé, avant de recevoir le baiser libérateur.

Il s'agit bel et bien de la version modernisée du conte La Belle et la bête. Comme beaucoup, je connais essentiellement la version populaire de Disney, et franchement ça n'aide pas quand vous vous plongez dans l'histoire en tentant de chasser les images niaises et ridicules du film. Résultat, je n'ai pas follement accroché à ce roman mais je peux comprendre que d'autres apprécient. C'est un joli conte, une comédie romantique et pleine de magie, dont la morale finale vous explique que les apparences sont vaines, blablabla. L'histoire est racontée à la première personne, c'est Kyle lui-même qui déroule le fil de sa sinistre aventure. Cela commence par une incursion sur un forum du net, un détail qu'on retrouve plusieurs fois dans l'histoire, qui deviendra hélas un rendez-vous dont on aurait pu se passer ! Je n'ai pas été touchée par le personnage de Kyle, ni par sa punition et encore moins par son travail de rédemption. Comme on connaît toute l'histoire, on connaît inévitablement la fin. Alors, quel intérêt ? Bref, j'ai été déçue.

Avec cette lecture, j'ai compris une chose : je n'aime pas les contes de fées ! clic

-) par contre, je dis oui au film ! sortie US : 30 juillet 2010

Alex !!!!

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19/12/09

Graceling ~ Kristin Cashore

Livre un : Le don de Katsa
Hachette, 2009 - 425 pages - 14,90€
traduit de l'anglais (USA) par Raphaële Eschenbrenner

gracelingKatsa est une Graceling, un être rare doté de pouvoirs incroyables : elle peut tuer un homme à mains nues.  Sa réputation a déjà fait le tour du royaume et au-delà des frontières, elle est la Lady tueuse. Orpheline et nièce du roi Randa, elle est à son service pour accomplir les basses besognes avec ses compagnons d'armes, Giddon et Oll. Parallèlement, avec la complicité de son cousin, Raffin, le fils du roi, elle est à la tête du Conseil, une association secrète qui agit pour le bien et pour venir en aide à des situations de détresse. Leur dernière mission - libérer le vieux père du roi de Lienid - place sur le chemin de Katsa un individu dont les pouvoirs semblent être de compétence égale avec les siens. Cette rencontre rend la jeune femme perplexe, elle assomme le type au lieu de le tuer et prend la fuite. 

En fait, Katsa va prochainement retrouver son adversaire lorsqu'il se présente au château du roi Randa en tant que prince Greening Grandmalion de Lienid. Il est en quête d'informations sur l'étrange disparition de son grand-père, Tealiff, qui se trouve à l'abri dans les couloirs secrets des appartements de Raffin. C'est encore trop tôt pour faire confiance à ce jeune prince, et les membres du Conseil se tiennent à carreau. Katsa accepte pourtant de s'entraîner avec lui - il se prénomme Po, faisons plus court - et une connivence se crée. La jeune femme découvre des facettes cachées, prend conscience d'être une marionnette entre les mains de son oncle, ne veut plus assumer cette part de bestialité qui la rend si différente des autres et la tient à l'écart, Katsa découvre en Po un ami sûr, lui aussi possède le don du combat et pour la première fois elle se sent comprise et en confiance. Cela va leur permettre d'étudier la raison de l'étrange kidnapping de Tealiff, et de fil en aiguille d'étonnantes révélations vont fleurir !

J'ai beaucoup, beaucoup aimé ce roman. Un roman dont le souffle gagne peu à peu le lecteur. Entre fantasy et romance, l'histoire a de formidables atouts pour étourdir en nous entraînant dans ce monde merveilleux et inquiétant des Gracelings. Les personnages sont de toute beauté, Katsa en tête est une jeune femme forte et qui revendique son désir d'indépendance et d'être libre. Elle refuse le mariage, les enfants et les prétendants. Aussi, est-elle bien embêtée lorsqu'elle prend conscience de ses sentiments pour le prince Po (formidable personnage, entre nous, compréhensif, charmeur, vaillant...). Il n'y a néanmoins pas un torrent d'érotisme dans ce roman (ou si peu), nous sommes à la frontière du roman pour jeunes adultes, mais point d'hypocrisie non plus car Katsa et Po vont vivre leur amour en choisissant d'être des amants. D'où passage à l'acte. (Je le précise, si vous souhaitez le confier à des lecteurs qui pourraient s'émouvoir d'une telle audace ! ;o) La description de la scène est gentille, je peste !).

A partir du moment où la liaison est affichée, le couple n'en devient pas niaiseux pour autant, et c'est tant mieux ! La demoiselle est une tigresse, son alter ego se révèle d'une noblesse exemplaire et digne pour établir le bon équilibre. En fait, l'émotion est très souvent bridée, ou n'est-ce que mon sentiment, au profit de l'action : longues chevauchées dans la forêt, lente ascension des cols montagneux, et j'en passe. L'ennemi que doivent affronter Katsa et Po est particulièrement redoutable, à tel point que la fin de l'histoire en devient frustrante (trop précipitée et improbable) ! Ce sont des défauts infimes, sans conséquence, car j'ai diablement savouré cette lecture ! Et n'imaginez pas que ce livre soit hermétique, totalement froid, exempt d'émotions sincères, il en possède aussi. D'ailleurs tous les instants que passent Katsa et Po ensemble sont de très, très beaux moments qui donnent le sourire (et serrent mon petit coeur de midinette).

Verdict : J'AI AIME ! Amis lecteurs, je vous préviens, nous sommes cernés par une pile de romans dont les échos sont tous meilleurs les uns que les autres. Les jours qui suivent vont nous perdre ! Comment allons-nous survivre !?! ... :/

Le nouveau roman de Kristin Cashore, déjà paru aux USA, s'intitule Fire. Il n'est pas la suite de Graceling, mais il est lié, il se passe trente ans plus tôt et introduit un personnage d'une importance considérable. Le troisième livre à paraître, Bitterblue, se passera six ans plus tard. J'ai hâte !!!   

 

-) pour lire un extrait

illustration couverture française : Anne-Claire Payet
la couverture uk graceling_vo2graceling_vo (us)

-) à lire, sur le blog de l'auteur, un billet où elle expose qu'elle n'a pas franchement de béguin pour tel ou tel acteur, mais plutôt des béguins pour des personnages - nuance !  j'ai trouvé ça excellent, car finalement je me sens un peu dans le même cas (bientôt je listerai tous ces personnages qui me font perdre la tête !)  LIEN

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17/09/09

Les éveilleurs, Livre 1 : Salicande ~ Pauline Alphen

Hachette, 2009 - 520 pages - 14,90€

Les__veilleursOuhlala, encore un très bon roman que voilà ! Encore une nouvelle série aussi, ce n'est pas drôle, et puis ce premier tome frise les 500 pages, mais pardi ça vaut fichtrement le coup ! L'histoire est pleine de mystère et pleine de charme, les personnages ont énormément de charisme, l'action est assez lente pour commencer mais elle se déguste, tout se met en place tranquillement, et pas besoin de rebondissements haletants pour s'y sentir à son aise et pour apprécier suivre ce rythme en apparence débonnaire.

Nous sommes donc à Salicande, une cité créée en 2208 par le grand-père des jumeaux Claris et Jad. Les adolescents ont douze ans, ils ont toujours vécu dans le cocon du château et du village. Pourtant, il y a neuf lunées, leur vie a été bouleversée par la disparition énigmatique de leur mère Sierra. Leur père ne s'est d'ailleurs jamais remis de ce départ et a préféré se réfugier dans le phare, où sont entreposés des milliers de livres. L'éducation des jumeaux a été confié à Blaise, autrement dit le Mandarin, un précepteur hors pair qui manie le cynisme avec brio, c'est un homme très intelligent, avec des capacités aussi extraordinaires que communiquer avec son chat - le Gris - ou avec les chouettes. Et puis, Chandra, leur nourrice, très présente par sa tendresse, apporte aux deux enfants un équilibre quasi parfait. Claris est une jeune fille pleine d'énergie qui rêve d'aventure et de chevalerie, c'est aussi une grande lectrice, féministe et bornée. Jad, son frère, est plus renfermé, sérieux et calme, il est tombé gravement malade la nuit de la disparition de sa mère et depuis il souffre de migraines fréquentes et douloureuses. En fait, Blaise n'en dit mot mais il sent un changement imminent, dans la vie des jumeaux et pour Salicande. Trublion à sa façon, il n'hésite pas à confier des objets interdits, à parler des Temps d'Avant et à évoquer Sierra pour émoustiller nos protagonistes qui s'endormaient sur leurs lauriers.

Car le rythme du roman est indolent, n'attendez pas une explosion de faits nouveaux et insolites, mais admirez la finesse des personnages, leur beauté intérieure et profonde, leur personnalité délicieusement excentrique, la part des mystères et des questions qui fourmillent. Ici, pas besoin d' être retentissant, comme dit Blaise, "la magie n'existe pas, ce n'est qu'une autre façon de se servir de son cerveau". Le roman fait néanmoins place au fabuleux, grâce à son univers typique et prononcé, sa part d'imagination, son romanesque. Pauline Alphen signe là un premier roman débordant d'enthousiasme, où transpire aussi son amour pour la lecture (il suffit de relever les nombreux clins d'oeil aux oeuvres de la littérature jeunesse pour le comprendre !).

-> pour lire un extrait

merci Cécile d'avoir partagé ce coup de coeur !

coup de coeur aussi pour la librairie Rêv'en Pages

 

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06/02/09

Journal d'un vampire - LJ Smith

Profitant du succès de la série Twilight de S. Meyer, Hachette republie la série de LJ Smith (préalablement disponible chez J'ai Lu, en 2000) : The Vampire Diaries. Si, toutefois, vous pensiez retrouver l'excitation ressentie avec l'histoire d'Edward et de Bella, vous risquez d'être déçus. (Comme moi.)

417sMal_2BWVL__SS500_A Fell's Church, en Virginie, Elena est la reine du lycée, belle et adulée par tous. Pourtant le nouvel élève, Stefan Salvatore, lui bat froid. Ce type est mystérieux, il est d'une beauté inhumaine, il conduit une porshe, il a des origines italiennes, son blouson en cuir taillé sur mesure sent l'argent et l'aisance. Ce qu'il cache, on s'en doute, est son identité vampirique. De même, le garçon est hanté par le souvenir d'une femme aimée, qu'il a perdue, et c'est sous les traits d'Elena qu'il croit la retrouver. Voilà pourquoi il se sent à la fois attiré et dégoûté par elle. Il doit aussi se protéger contre son frère, Damon. Stefan veut vivre au grand jour, renoncer à l'obscurité. Mais une triste réalité se rappelle à lui : un corps a été retrouvé, vidé de son sang. Tout accuse le dernier arrivant à Fell's Church - Stefan Salvatore. Mais Elena veut prouver son innocence.

J'ai hélas trouvé que cette lecture était d'une niaiserie finie, bourrée de clichés, pas du tout aidée par les personnages qui sont bien fades. Toutefois, ce n'est pas qu'une simple 'vampire love-story'. L'intrigue se révèle plus sombre et torturée, avec des personnages à multiples facettes. Mais cela reste pauvre, sans consistance. Ne perdez pas votre temps.

La série est initialement en 4 livres, ce volume contient les 2 premiers tomes de la saga.

(J'en avais parlé en juin 2008 - ici - c'était mon printemps twilightien... je voyais Edward partout, mais je ne le trouvais pas exactement !)

Hachette, coll. Black Moon, 2009 - 16€

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02/01/09

Les chroniques de Khëradön 1. L'éveil du roi - Chris Debien

518JQioa9HL__SS500_A Everlaine, capitale des Terres tranquilles, le couple royal, Hazel et Adön, vit des heures sombres. La reine se meurt, épuisée par un accouchement interminable. Son époux aux abois prend une décision radicale, qui outre-passe ses convictions profondes, en acceptant de faire intervenir la magie noire. Le pire se produit, mais un fils naît. L'hériter Luther Khëradön.

Huit ans vont passer, le garçon assiste à la mort violente de son père et est élevé en retrait du pouvoir, sous la tutelle d'un magicien sage et puissant, Arax. C'est Kharän, un autre mage, qui assure la régence. Celui-ci prône une magie de l'éclat, en totale opposition avec les idées d'Arax, le fidèle de Luther. Ce dernier grandit donc en chérissant l'idée du partage, de la combinaison des magies, mais il est bien seul à penser ainsi. D'abord, parmi ses proches et ses partisans. Puis, au large du royaume, sur d'autres territoires, les mouvements de protestation grondent. La jalousie, la colère et les complots grossissent de toutes parts.

Luther, âgé d'une vingtaine d'années, est à son tour victime d'une tentative d'assassinat. L'épée de sa lignée est brisée, et le jeune homme va être frappé d'une inexplicable léthargie.

Aucun remède ne semble exister pour le sauver. Les fidèles protègent l'héritier du trône, pour maintenir un semblant de paix, laquelle est de plus en plus fragilisée. Dans l'ombre, la voluptueuse Maë est convoquée pour accomplir des miracles, sans se douter que le souverain est en train de tomber amoureux d'elle. Et la menace s'envole, par miracle. Mais les conséquences sur Luther sont profondes, marquantes et obligent le jeune homme à porter un masque en cuir.

Les Terres tranquilles sont totalement ravagées. Les disparitions mystérieuses du jeune roi, les attaques successives pour le supprimer, les trahisons des alliés et la montée en puissance d'une force occulte poussent Luther à prendre les armes pour sauver son statut. Une grande bataille l'attend, qui dépassera de très loin ce à quoi il avait été préparé.

**********

De la fantasy, moi j'avoue que j'en lis très peu. Ou pas assez. Ce n'est pas par faute de goût, mais par timidité. J'hésite, même si les résumés me tentent souvent. J'ai toujours peur de m'embarquer dans des mondes impossibles, à suivre des personnages qui portent des noms à coucher dehors, à devoir me concentrer pour recouper les relations entre les différents clans, bref j'ai une idée un peu usurpée de la fantasy... Mea culpa.

Ce premier tome d'une trilogie est en fait assez surprenant : tout de suite il accapare notre attention, il a une écriture vive et un rythme haletant. L'ambiance est cependant assez sombre, oppressante, faite d'apparitions glauques, de magies spectaculaires, de peuples bigarrés aux physiques repoussants. Et le combat est présent, la guerre menaçante, les affrontements sans répit, le sang dégoulinant... Le lecteur a une idée précise et peu appétissante du tableau, il faut mettre de côté sa sensibilité exacerbée, pas de place ici pour l'atermoiement.

D'après le peu que j'en sais, sur la fantasy et ses remèdes, j'ai senti que ce roman n'offrait rien d'original dans le décor et restait très traditionnel avec des héros valeureux, des femmes au charme redoutable, de la sensualité qui frise en marge, de la magie étincellante, des communautés diverses, des méchants, des gentils, du souffle épique... et j'en passe. Cela se laisse découvrir, même si la lecture ne révolutionnera pas votre culture dans ce domaine.

J'ai particulièrement aimé l'élan dramatique, le retournement des situations, les intrigues et les faux amis, la conspiration, la duperie et en même temps j'ai failli me lasser de cette atmosphère de cataclysme persistant. C'est très noir, de plus en plus poisseux. Je n'étais pas mécontente d'en sortir. Bizarre, n'est-ce pas ? J'avais besoin de me noyer pendant un temps, de me perdre dans d'autres dimensions mais il a fallu que je me sauve du marasme. Parce que, ça devenait usant.

Je présume que l'auteur nous réserve d'autres surprises, car il a su introduire des éléments - comme des nouveaux personnages - qui vont prendre leur importance pour la suite des aventures. J'avoue, je suis curieuse de connaître leur évolution...

Hachette, 2008 - 384 pages - 18€
Illustrations de Pascal Quidault

Un blog : http://kheradon.skyrock.com/

C'est grâce à Babelio et aux éditions Hachette que j'ai découvert ce livre.

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21/04/08

Nuits d'Enfer au Paradis - S. Meyer, M. Cabot, L. Myracle, K. Harrison, M. Jaffe

Nuits_d_enferCoupable, je reconnais m'être procurée ce livre car le nom de Stephenie Meyer y figurait ! Forte de mon ensorcellement pour sa série Twilight, je voulais lire autre chose d'elle, dans ce registre de la nouvelle, mais j'ai été épouvantablement déçue. Son texte, L'Enfer sur Terre, présente une démone, habillée d'une sublime robe rouge, qui est chargée de pourrir l'ambiance du bal de promo. Or, elle croise Gabi-aux-yeux-bleus et ses jambes flanchent. Pouah, pathétique ! C'est très pauvre, stylistiquement parlant. Pas du tout enthousiasmant. Je m'en suis rendue compte, aussitôt, en lisant la deuxième nouvelle, celle de Meg Cabot, La Fille de l'Exterminateur. Mieux écrit, le propos de l'histoire ne se révèle pourtant pas transcendant : un pastiche de Buffy the vampire-slayer ! Bof, le résultat est convenu et attendu au tournant. Un peu frustrant, quoi. Le bouquet de Lauren Myracle relève enfin le niveau d'un calme plat. Trois amis, Frankie, Yun Sun et Will, se rendent chez madame Zanzibar, une médium un peu barrée et capricieuse. Elle lance trois prédictions très floues qui remplissent d'insatisfaction la jeune narratrice (Frankie). Celle-ci met alors la main sur un bouquet ayant appartenu à une française qui lui a jeté un sort. Les yeux brillants, Frankie se sauve avec, malgré les recommandations formelles de madame Z. Ce bouquet porte malheur, et les trois voeux à venir vont bouleverser la nuit du bal de promo de nos trois protagonistes. Absolument délirant, au début. C'est très bête, mais très drôle. Puis ça vire lentement au glauque et finit dans le flip, mais heureusement avec une touche de second degré fort appréciable ! J'ai bien aimé, vraiment.

Madison Avery et l'Ange des Ténèbres de Kim Harrison raconte la soirée catastrophe d'une lycéenne de 17 ans, qui vient d'emménager dans un bled paumé chez son père, suite à la décision punitive de sa mère. Le bal de l'école se passe très mal, et Madison a une attitude méprisante. Elle se fâche avec son cavalier et s'apprête à quitter la salle, rouge de honte, quand arrive Seth, séduisant, inquiétant, bref attirant. Elle se sert de lui pour se venger de son ancien partenaire et part à son bras pour d'autres... aventures. La suite est intéressante, mais un tantinet brouillonne. J'ai failli penser à la série Dead like me, avec ce même humour cynique, mais quelques scènes me semblaient pataudes. Somme toute, le résultat est assez concluant. And last but not least, Baisers Fatals de Michele Jaffe, qui ouvre sur une scène fort palpitante avec un garçon et une fille qui s'empoignent, lui les deux mains autour de sa gorge à elle. Puis, l'un des deux s'écroule, KO. La suite ? Cela se passe huit heures plus tôt. Ce n'est pas trop mal non plus, assez long et bien amené. Le portrait de la serial-kisseuse est truculent, les dialogues impertinents. Bref, un bon gâteau moelleux pour mettre un terme à cette lecture qui ne fut qu'un en-cas, pour moi. J'attendais plus, de manière générale. J'ai été fort déçue par le texte de Stephenie Meyer mais agréablement surprise par Lauren Myracle. Cependant, cette lecture n'est pas un aller-simple pour l'Enfer ni les nuits blanches qui L'accompagnent... A tenter (mais les accros de Twilight seront amèrement déçus ! Vivement le tome 4 !).

Nuits d'Enfer au Paradis, recueil de nouvelles écrites par 5 auteurs américaines :

Stephenie Meyer, Meg Cabot, Lauren Myracle, Jim Harrison, Michele Jaffe

Hachette jeunesse, coll. Black Moon, 2008 pour la traduction française (par Maud Desurvire). 16€

A également été amorcé par Gawou

19/04/08

*** Hésitation - Stephenie Meyer

version courte

Depuis le retour du clan Cullen à Forks, Edward est décidé de se faire pardonner et ne quitte plus d'une semelle Bella, refusant ainsi qu'elle retrouve son ami Jacob Black. Cette privation frustre la jeune fille qui se sent poussée vers lui, en souvenir des mois agréables passés ensemble. Mais une haine "ancestrale" oppose le clan d'Edward à celui des Quileute, en plus de la jalousie croissante au sujet de Bella. Tous deux sont amoureux de celle-ci, qui n'imaginait pas un seul instant se trouver dans la position délicate de choisir l'un ou l'autre !

Cet imbroglio amoureux nourrit l'essentiel du roman, provoquant maints agacements et quelques crises d'hystérie. Nos trois protagonistes sont tous coupables de leurs actes et de leurs pensées, Bella est perpétuellement agaçante avec son inconstance, Edward trop excessif et Jacob opportun. Cependant, cela ouvre à la jeune fille une nouvelle perspective d'avenir : obnubilée par son désir de "transformation", elle oublie la part de sacrifice que cela implique. Différents témoignages (de Rosalie ou de Jasper) vont la mettre face à cette cruelle réalité.

Le suspense est particulièrement intense dans ce tome 3, de part la menace des Volturi et de l'autre par l'arrivée d'une armée de jeunes vampires assoiffés. Une guerre se prépare, et Victoria rôde toujours. Les scènes de stratégie orchestrées par Jasper sont denses et excitantes ! De même, la relation entre Edward et Bella continue de nous émerveiller, avec quelques scènes croustillantes. L'intrusion de Jacob Black est un élément non-négligeable, déjà évoqué ci-dessus, car ce personnage m'est prodigieusement antipathique et étouffant !

************

 

*** énorme avalanche de spoilers, avis à ceux qui n'ont pas lu ce livre ! ***

hesitationEdward est revenu, Edward et le clan Cullen ont regagné leurs quartiers à Forks, Edward est auprès de Bella et Edward a fait une promesse ! Youpi, tout roule comme sur des roulettes. Mais alors, pourquoi cette Hésitation ? Ah oui, Jacob Black... Ne l'oublions pas (pourtant, j'ai serré les poings très fort pour l'évincer de mes yeux, peine perdue) ! Edward a commis une erreur monumentale en s'éloignant de Bella, pensant que c'était pour son bien. Il a laissé la place à ce gamin de 16 ans qui n'a pas ménagé ses efforts ni boudé son plaisir pour profiter des instants passés auprès de la jeune fille. Certes, elle était cassée mais, à force de patience, elle a su se reconstruire, et auprès de Jacob elle a trouvé une chaleur qu'elle croyait ne plus jamais retrouver. Ce n'est pas rien, et ça laisse des traces ! Ah malheur, Edward doit maintenant ronger ses remords, son agacement et cherche à se rattraper. Il ne veut plus quitter d'une semelle sa dulcinée, au point de l'empêcher de fréquenter son meilleur ami. Une haine raciale les oppose, s'ajoutant au fait que tous deux ont des sentiments très forts pour Bella.

Dans cette histoire, ils sont plusieurs à plaider coupables : Edward, trop excessif, emprisonne sa chérie et exacerbe l'envie à travers cette interdiction de revoir Jacob. Bella, éternelle inconstante, s'entête à renouer les liens très forts avec son camarade, n'ignorant pas que celui-ci est entiché d'elle, même si elle ne lui laisse aucun espoir de retour. Et Jacob Black, jeune chien fou, immature et buté, a juré de conquérir le coeur de Bella, pour au moins lui offrir la possibilité de choisir. Superbe exemple de la relation triangulaire, qui agace prodigieusement !

Au début de ce livre, Bella obtient ce qu'elle désire par-dessus tout (disons, la promesse d'une transformation après l'obtention de son bac). Jusqu'à présent, c'était une décision qui semblait capricieuse et irréfléchie. Or, ce tome 3 va montrer à Bella l'enjeu de ce billet sans retour, surtout grâce au témoignage de Rosalie, qui se révèle dans ses pages extrêmement émouvante.

Une autre épée de Damoclès pend au-dessus de la tête de Bella, depuis qu'un clan puissant a lancé un ultimatum à Edward, et qui la concerne. A ceci, se mêle également (bah oui, pourquoi se contenter de si peu ?!) une série de meurtres qui frappe la ville de Seattle, pas très loin de Forks. Les Cullen s'inquiètent et craignent la naissance d'une armée de jeunes vampires assoiffés - dans quel  but ?

Ce tome 3 promet de ne pas nous ennuyer ! Il y a une vraie tension psychologique, la menace est réelle, la chape de plomb quasi étouffante, avec des affrontements sur plusieurs fronts (physiques, émotionnels, amoureux) et beaucoup d'action au tournant de quelques chapitres, là, sans s'y attendre. J'ai franchement beaucoup aimé les scènes de stratégie orchestrées par Jasper (qui lève un voile sur son mystère, ouah !). Que les âmes romantiques se rassurent : on ne passe pas son temps à se battre, à fuir, à traquer, etc. Il y a, certes, un malaise qui s'installe et qui trouve ses racines dans un affreux imbroglio sentimental.

La relation entre Bella et Edward ne cesse de nous émerveiller, nous gratifiant plusieurs scènes assez "chaudes" (si, si ! ). Il reste, cependant, cet énorme grain de sable que représente Jacob Black. Dans ce tome 3, le minet va nous servir de délicieuses séquences qui ont bien failli me faire envoyer valdinguer le bouquin à travers le carreau de la fenêtre ! J'ai été irritée à maintes reprises par ce personnage, que je trouve arrogant, sournois, lourd et puéril. Et cette histoire d'imprégnation, longuement rapportée par les légendes des Quileute, me faisait dresser les cheveux sur la tête (trop d'insistance, à mon goût).

Je n'adhère définitivement pas à Jacob Black, il incarne l'antithèse d'Edward Cullen : le chaleur contre le bloc de marbre. { Pour cela, j'ai beaucoup aimé la citation du poète Robert Frost en épigraphe, Fire and Ice. } Jacob n'est que précipitation, alors qu'Edward est sophistication. D'un autre côté, Bella Swan n'est pas non plus l'image la plus glamour, c'est juste une fille banale, guère chichiteuse et peu goûteuse des artifices de la mode (au grand dam d'Alice !). { Aaaah Alice et son grand amour pour Jasper, quel couple aussi !!! }

Alors je m'interroge beaucoup, je m'inquiète pour la suite. La perspective d'avenir de Bella m'échappe. Quand je pense à Stephenie Meyer et ses convictions religieuses, je m'interroge sur cette éventualité de faire perdre son âme à la jeune fille (le sujet sur la vertu étant déjà à prendre avec des pincettes, alors que c'est bougrement hypocrite tant la sensualité est éclatante dans ce récit !). En fin de tome 3, je sens une Bella plus amère qu'excitée par son futur engagement. Des failles sont très largement apparues dans ce livre. J'ai été assez choquée par Bella, je ne comprenais plus les motivations de la jeune fille (qu'elle pleure comme une madeleine m'a mise très mal à l'aise, par exemple).

J'ai donc été lire l'interview de l'auteur sur son site (ici) où Stephenie Meyer excuse les faiblesses de Bella selon le fait qu'elle est écrasée par le poids de son amour, avec Edward, c'est tout bonnement « a very sudden, dramatic, sweep-you-off-your-feet, change-your-world, magical, passionate, all-consuming thing» et donc qu'elle n'a pas la mesure de comprendre comment tomber amoureux autrement, plus subtilement. (Ok, mais c'est dur !)

Et notre Edward n'est pas toujours très bon, soit il en fait trop ou pas assez, notamment avec cette fichue patience d'ange (sic) qu'on lui attribue en cours de route, à un point que son aura tend à pâlir lors du face-à-face des deux mâles. (Pitié, pitié, pitié...) { Mais quel chapitre palpitant que celui intitulé Le feu et la glace !!! } Enfin c'est carrément frustrant ! 

Amis lecteurs, vous assistez à un drame semi-annoncé : j'ai terminé la lecture des trois tomes de la série Twilight et je me sens abominablement vide ! J'ai vécu une semaine à Forks, j'ai frémi et j'ai perdu ma raison. Je me sens dépossédée, un coup d'oeil à mes piles de livres à lire me dit que je ne suis pas en manque, mais pourquoi rien ne m'attire ?! Je dois crever ma bulle, je ne veux pas. J'ai rarement vécu ce bouillonnement d'émotions avec une lecture, je m'enthousiasme souvent, mais il est plus rare de vivre cet état de transe pour une série, qui n'est pas un modèle de référence. Toutefois, je m'en moque des règles et des formules. L'américaine Stephenie Meyer a su nous  «imprégner » et nous  « éblouir » (histoire de rappeler nos deux coqs !) et c'est un don qu'on ne peut qu'applaudir !

Breaking Dawn, le tome 4, est annoncé pour le 2 août 2008. On parie sur le titre vf ? Décision ? ;o)

 

 

 

Hésitation, de Stephenie Meyer

 

 

 

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Luc Rigoureau (Titre original : Eclipse)

Hachette, 2007. 620 pages. 18€

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17/04/08

** Tentation - Stephenie Meyer

tentation_1Edward et Bella filent le parfait amour, malgré les petites tensions au sein du couple, liées à leurs différences et à la demande pressante de la demoiselle à vouloir être transformée. Les incidents arrivant très vite, surtout pour la pomme de Bella, un nouveau cafouillage va survenir le jour de son dix-huitième anniversaire. C'est toutefois la petite goutte qui fait déborder le vase car, quelques jours après, l'attitude d'Edward est hostile et annonce une sentence impitoyable : la rupture. Edward part, il quitte Forks... et Bella. « Tu ne m'apportes rien de bon, Bella. » lui souffle-t-il. « Je suis... las de jouer un rôle qui n'est pas moi. Je ne suis pas humain. J'ai trop longtemps laissé l'imposture s'installer. » (...) « Je ne reviendrai pas. Vis ta vie, je ne m'en mêlerai plus. Ce sera comme si je n'avais jamais existé. » Tombée de rideau. Le lecteur est abasourdi.

Bella s'effondre et éprouve une plaie béante à la place du coeur. Durant de longs mois, elle souffre de catatonie, n'est plus que l'ombre d'elle-même, n'a cure des menaces intempestives de son père, elle a perdu goût à tout quand, progressivement, son histoire d'amitié avec Jacob Black va lui apporter un réconfort en colmatant insidieusement les brèches. Le garçon est fou de Bella, qui l'apprécie beaucoup mais préfère le considérer comme un frère. Auprès de lui, la jeune fille va multiplier les sensations fortes, en pratiquant du sport extrême. En plus de se brûler les ailes, Bella découvre un autre pouvoir sensationnel : des hallucinations auditives, LA voix d'Edward qui la gronde, la rappelle à l'ordre, la met en garde, etc. C'est inexplicable, mais cela pousse Bella à franchir les limites pour tresser ce lien invisible, rien qu'à elle. Car évidemment, après huit mois d'absence et de rupture consommée, Bella n'a pourtant pas digéré son amour perdu.

Mais la vie à Forks n'en finit pas de réserver son lot de surprises. Plusieurs randonneurs se plaignent d'avoir aperçu un loup gigantesque rôder dans les parages, et la disparition de plusieurs des leurs exacerbe l'angoisse et les questions. Charlie et sa patrouille mènent une battue, sous la houlette des garçons de la réserve indienne. Mais rien. Dans le même temps, Jacob coupe brutalement les ponts avec Bella, laquelle se noie à nouveau dans un océan d'incompréhension. Or, cette fois-ci, elle décide de bousculer le destin pour comprendre un tel revirement de comportement.

Alors bizarrement, et personnellement, j'ai eu le sentiment d'un déjà-vu, un même schéma qui se répète, le magma brûlant et collant d'une situation inextricable, et cette fichue pensée - également évoquée par Bella elle-même - qu'elle collectionne les rencontres hors du commun ! Elle n'attire pas que les catastrophes, mais les créatures fantastiques semblent se pourlécher de son odeur savoureuse !

Bref, il faut reconnaître que ce tome 2 a l'art de reposer sur des ficelles encore plus grosses que le premier volume ! Si j'enlevais cinq minutes mes oeillères de fascination pour cette série, je pourrais évoquer une longue liste de défauts, d'aberrations et de lourdeurs ci et là. Et puis, nom d'une pipe en bois, Edward et le clan Cullen manquent cruellement ! Ils ont tous déserté la place, ouvrant la porte à un flot d'atermoiements et de déluges lacrimaux, un long et lent descriptif de la plaie béante qui troue le corps de Bella, avec une tentative bredouillante d'être fine psychologue (pour Stephenie Meyer) et de cerner le désespoir de la demoiselle, tombée en dépression. Ah, ça ne rigole pas ! On sort les paragraphes interminables et parfois incompréhensibles, on aborde les grands classiques ; or, bof, je n'ai pas été friande ni admirative du lien maladroitement évoqué avec la tragédie de Shakespeare, Romeo & Juliet. Parce que, maladroit.

Quant à ce Jacob Black, l'idéal « boy-next-door », comment faire pour lui trouver du charme, ou même du sex-appeal alors qu'il n'est qu'un modeste second choix !?! Edward a ébloui la scène, et ce gentil garçon, le meilleur copain par excellence, vient piétiner ses plates-bandes. Mais ça ne le fait pas ! (Pour moi, je trouve.) A travers ses relations avec Bella, surtout après la transformation, on assiste encore à du copier-coller, notamment dans son rôle hyper protecteur. Lorsque Edward s'introduit subrepticement dans la chambre de Bella la nuit, c'est autrement qu'une intrusion balourde d'un type qui cogne à la fenêtre, aussi félin soit-il pour rebondir sur ses deux pattes. Non, ça ne le fait pas ! (bis) Ce qu'Edward était, par sa présence ou par une simple main posée autour de la taille de Bella, c'était sexy. Et quand ça vient de Jacob, ça fait pot-de-colle !

De même, le clan Cullen exerçait un vrai pouvoir de séduction, une classe folle et dévorante. Dans Tentation, Bella va trouver refuge auprès du clan de Jacob (la tribu des Quileute), où cocon et confort sont les deux mamelles nourricières. Hélas, encore une fois, l'étincelle ne surgit pas. Pas d'instant de grâce, pas de sortilège ni d'envoûtement. Cela devient légèrement frustrant !

Ai-je donc été déçue ? Est-ce possible ? ! Non, pas du tout. J'ai dévoré ce tome 2 avec la même dévotion (ou presque) que Fascination. C'est vrai que je trouve Stephenie Meyer un peu babache, cependant il m'est impossible de ne pas lui admettre ce talent incroyable de savoir raconter une histoire ! Une nouvelle fois, les 570 pages nous transportent, elles sont riches en suspense, en rebondissements, en passion, en trahison, en déclaration. C'est drôle (un peu), émouvant (beaucoup), grinçant (au début, Bella est insupportable !) et déchirant (Edward s'en va !).

J'ai cessé de me poser la question sur mon état mental depuis que j'ai le nez dans cette lecture, car est-ce normal de pleurnicher à l'annonce d'Edward qui rompt avec Bella, comme s'il s'agissait d'une déclaration faite à mon intention !?! De même, mon coeur a fait un triple salto et double looping page 548 (LA condition qu'oppose Edward face au chantage de Bella). Mes aïeux, mes nerfs n'ont pas fini d'être mis à rude épreuve ! Mon marathon continue, je suis dans le tome 3 (mon premier réflexe en le recevant ? vérifier le nombre de pages : 620. Ouf !).

Tentation, de Stephenie Meyer

 

 

 

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Luc Rigoureau (Titre original : New Moon)

Hachette, 2006. 570 pages. 18€

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15/04/08

* Fascination - Stephenie Meyer

fascination_1Bella Swan, dix-sept ans, quitte Phoenix pour vivre chez son père à Forks, petite ville de l'état de Washington réputée pour son climat pluvieux. Bella a toujours détesté Forks mais la nouvelle passion amoureuse de sa mère a conduit l'adolescente à partager le quotidien paisible et passablement ennuyeux de son père Charlie, chef de police. Particulièrement détestable et irritable, la jeune fille rechigne d'avance, et puis s'étonne. Son père est un compagnon agréable et discret, il vient de lui faire cadeau d'une antique Chevrolet à plateau pour son entrée au lycée, lequel lui réserve aussi la surprise d'être minuscule mais accueillant. Elle y est traitée en petite reine, attire les garçons, bref sa nouvelle vie ne s'annonce pas si mal. Et puis survient cette incroyable rencontre, presque irréelle, avec un groupe de trois garçons et deux filles, tous plus beaux les uns que les autres. C'est le clan Cullen, des frères et des soeurs adoptés par le docteur et sa femme. Ils se tiennent tous les cinq à part des autres (du commun des mortels ?), mais attirent l'attention de Bella. Toutefois, sa présence n'a pas l'air du goût de l'un d'eux, le dénommé Edward, son voisin de table en cours de biologie car ce dernier réagit violemment lorsque Bella s'installe à côté de lui, seule place disponible. Cette réaction atypique de violence contenue interloque la demoiselle, puis la déconcerte avant de la mettre hors d'elle. Il lui sera, cependant, impossible de s'expliquer avec l'objet de ses tourmentes car Edward s'absente plusieurs jours. A son retour, il affiche un sourire de circonstance et se montre plus aimable avec Bella, qui n'en finit pas de n'y plus rien comprendre !

Bella est fascinée par ce garçon, beau à damner un saint, superbement inconscient du pouvoir qu'il exerce sur la jeune fille, elle-même s'étant tout le temps considérée banale et extraordinairement pataude. Il lui semble inenvisageable qu'un Apollon comme lui s'intéresse à elle, et puis ce bellâtre a le don de l'agacer, de la déconcerter et de l'attirer tout autant. Car l'attirance entre eux est existante, palpable, mais Edward cultive aussi une étrange retenue et des sautes d'humeur inquiétantes. Pourquoi ? Quand le mystère est levé, la réaction de la belle ne sera pas sans surprise... non plus !

Que dire sur un roman qui a déjà fait couler tant d'encre ? Je ne savais décemment pas quel pouvoir il décelait, quelle attraction implacable il dissimulait. Ou bien je trouvais que c'était suspect, dans le genre trop de succès peut induire en erreur, créer trop d'attente et une frustration au tournant. J'avais zappé les articles à son sujet, de peur d'en apprendre trop. Bref, j'étais à la frontière de l'envie, de la crainte et du doute. J'ai expliqué comment je suis tombée dedans, par hasard, et l'effet dévastateur que cela a eu sur moi. Maintenant je découvre que toutes les lectrices ont, comme moi, ressenti cette montée d'adrénaline qui est irrésistible, cet effet de drogue, de manque, d'exaltation déraisonnable et clairement débile (bah oui, j'ai tout de même 32 ans ! je dois grandir un peu !). Je ne suis tout de même plus une ado niaise qui s'amourache du héros d'un roman parce qu'il est beau, hyper séduisant, a un voix de ténor et un sourire en coin qui fait fondre toutes les femelles du coin ! ! ! (Bah si.)

Alors oui, c'est un livre qui est facile, qui réunit toutes les grosses ficelles et tous les ingrédients existants pour concocter une recette efficace, toute simple, mangeable et le tout saupoudré de ces piments essentiels pour mettre en bouche avec une toute aussi déconcertante avidité ! Oui, oui, oui. Mais où est le problème ? Car, non contente de déjà nous faire grincer des dents par tant d'habileté, Stephenie Meyer a le culot de mettre en scène des personnages charismatiques, qui touchent à la grâce divine, je pense à Edward Cullen qui vous donne des bouffées de chaleur mais Bella Swan aussi, dans son genre à des années lumière, agaçante mais tellement commune, tellement humaine, est attachante ! Ce roman, en plus d'être une histoire d'amour avec ses soubresauts, ses drames, ses élans et ses frustrations, est un livre qui évoque la fascination au sens le plus large. Tout est là. Et Bella en rajoute une couche, à maintes reprises, tant elle est éblouie par Edward. (Je me demande quel terme anglais a d'ailleurs été employé pour ça.) C'est peut-être nigaud, mais j'ai justement beaucoup aimé cette insistance. N'est-ce pas tout simplement merveilleux et fantastique d'être éblouie, et/ou d'exercer ce pouvoir d'éblouissement qui fait tomber dans les pommes !?! Je n'exagère pas. Et puis il y a des passages, absolument mémorables, qui font vibrer la corde romantique de toute midinette qui se défend, damned, de l'être ! « Edward est resté seul pendant presque un siècle. Maintenant il t'a. Tu n'es pas consciente des changements que tu as provoqués en lui, nous si. Penses-tu que l'un de nous tiendrait à croiser ses yeux pendant les cent prochaines années s'il devait te perdre ? » Ne cherchez pas à comprendre, Fascination est un roman qui se vit ! Je suis actuellement plongée dans le tome 2, les vannes sont grandes ouvertes, mais j'adore ça !

Fascination, de Stephenie Meyer

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Luc Rigoureau (Titre original : Twilight)

Hachette, 2005. 525 pages. 18€

Vous êtes nombreux à l'avoir lu, donnez-moi vos liens sans hésiter !

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