26/09/22

La Reine sans Royaume, de Holly Black ( ◡́.◡̀)(^◡^ )

La Reine sans royaumeJ'ai adoré ce tome trois ! Émotions. Sacrifices. Révélations. Héroïsme. C'était magique et flamboyant. Je ne regrette pas du tout d'avoir enchaîné les livres. J'ai plongé dans un univers faerique si sombre et dénué de tendresse que j'ai souvent failli en pleurer de détresse. Mais j'étais fascinée. Complètement obsédée par l'histoire.

Si vous aimez les intrigues royales, les personnalités complexes et les contes à faire peur, saisissez votre chance ! Tout n'est pas parfait mais l'ensemble fait son effet. Cette fois encore, j'ai vécu mille sensations au cours de ma lecture. Depuis le début, je ne savais plus quoi penser de toutes ces âmes tourmentées. Je trouvais Jude tellement compliquée à suivre. Sa relation avec Cardan, presque nocive. Les complots, par contre, sont incroyables. La soif de pouvoir rend dingue. Les prophéties deviennent des chaînes. Et les pièges dans ce labyrinthe infernal sont nombreux.

Finalement, ce tome trois apporte des solutions. Pose les personnages. Lisse. Explique. Réconcilie. C'est un vrai confort à lire. Ouf, merci Holly Black ! Tellement de bonnes choses sont dites ou avouées. Ça n'enlève rien du ton mordant et revanchard. La tension dramatique va d'ailleurs atteindre des sommets. Pfiou, boule au ventre, gorge nouée, estomac serré et frissons dans le dos. J'étais à fond dans ma lecture !

Je suis faite pour les ombres ; pour l’art de manier les couteaux, pour les effusions de sang et les coups d’État ; pour les paroles venimeuses et les gobelets empoisonnés. Je sais comment planter un couteau dans ma paume. Je sais comment haïr et me faire haïr. Je sais aussi comment triompher, du moment que je suis prête à sacrifier tout ce qu’il y a de bon en moi.

Hey Jude !

J’ai dit que, si je ne pouvais pas être meilleure que mes ennemis, alors je serais pire. Cent fois pire.


J'ai dévoré. J'ai adoré. ♥

– Ma chère ennemie jurée, comme je suis heureux que tu sois revenue.

Rageot, 2022 pour la traduction. Traduit par Leslie Damant-Jeandel

⭐⭐⭐⭐⭐

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24/09/22

Le Roi Maléfique, de Holly Black ಥ_ಥ

Cette lecture me laisse encore et toujours une sensation grisante. Entre dégoût et incompréhension. Fascination et désolation. C'est un étrange cocktail qui me laisse un goût amer en bouche tout en créant une vilaine dépendance parce que j'ai été complètement obsédée par cette histoire !

Le Roi maléfiqueCette suite au Prince Cruel reprend en plein chaos. Cinq mois ont passé. Pour Jude, notre mortelle plus ambitieuse que jamais, le poids des actes est sans commune mesure. Elle a trahi. Manipulé. Œuvré en coulisses. Elle a obtenu ce qu'elle n'aurait pu imaginer. Mais à quel prix ! C'est une jeune femme isolée, craintive et méfiante qu'on retrouve. Avec son cerveau en surchauffe toutes les cinq minutes tellement elle a besoin d'anticiper et de projeter chaque interaction. Pfiou. C'est étourdissant. Depuis le début, j'ai du mal à m'attacher à elle. Tout comme son histoire avec Cardan. Ce qu'on nous vend comme une idylle impossible. Or, ces deux-là se détestent. Ne se font pas confiance. Et je n'arrive pas à m'enlever cette image de couple qui avoue détester les sentiments qu'ils s'inspirent.

Tu es la punition que je préfère.

La position est délicate car il n'y a rien de romantique, de doux, de tendre ou de désirable. Par quelle pirouette va-t-on nous retourner cet exercice de défiance ? Hmm. Hmm. Désabusée, je suis. Ceci dit, je suis aussi extrêmement attentive à cette mise en scène en trompe-l'œil. Tout est dans le détail. Et dans le manque de perspective. L'histoire est racontée du point de vue de Jude, après tout. La demoiselle est loin d'être la plus clairvoyante dans certains domaines. Espionne. Main armée. Sénéchale. Elle sait faire, mais décoder les émotions, percer les sentiments. No way José.

De toute façon, elle a d'autres chats à fouetter. Autour d'elle, ça se bouscule pour lui donner un coup de poignard dans le dos. Les courtisans. Les ex rancuniers. Sa famille ! La ronde des tromperies a repris son tour infernal. L'action n'est pas explosive mais n'empêche pas de penser que le danger est bien là. Les intrigues politiques ont d'ailleurs beau jeu et tissent un décor ombrageux. C'est ce que j'aime dans cette saga, chaque moment compte. Chaque mot a son importance. Tout est imprévisible. Les sens sont en alerte. J'ai beau m'énerver après les personnages, m'agacer et soupirer à n'en plus pouvoir. J'ai quand même des griffes à la place des mains tellement je suis accrochée aux pages que je tourne avec fébrilité (et dans l'attente de la prochaine traîtrise). C'est comme ça, on devient des horribles lecteurs avides de coups fourrés. Et ça ne manque pas ! Par contre, je sors de cette lecture avec le moral en berne.

Je voudrais ressentir quelque chose. Je voudrais trembler, avoir la nausée. Être celle qui craque et pleure. Je voudrais être n'importe qui sauf celle que je suis ; celle qui vérifie qu'il n'y a pas eu de témoin ; celle qui essuie son couteau dans la terre, ses mains sur les vêtements du cadavre; et quitte les lieux avant l'arrivée des gardes.

Purée, ça craint...

Rageot, 2021 pour la traduction. Traduit par Leslie Damant-Jeandel

⭐⭐⭐⭐.5

23/09/22

Le Prince Cruel, par Holly Black ٩(˘◡˘)۶

Difficile de flâner au sein de la communauté des lecteurs sans passer à côté de ce phénomène ! Entre Sarah J. Maas, Jennifer L. Armentrout et Holly Black, le terrain est miné. Et il faut se blinder pour résister. Moi, je n'ai pas pu lutter. Trop intriguée par les échos de la foule en liesse. J'ai fini par céder, de bonne grâce.

Le Prince cruel

J’ai été élevée par l’homme qui a assassiné mes parents, sur une terre peuplée de monstres. Je vis avec cette peur, elle a pris racine en moi, et je m’efforce de l’ignorer.

Jude n'avait que sept ans lorsqu'elle a assisté à l'assassinat de ses parents avant d'être enlevée avec ses sœurs du monde des mortels pour vivre parmi les Faes. Malgré la protection de son beau-père, elle va grandir en détestant la peur qu'elle ressent de vivre entourée par des créatures sadiques et cruelles. Elle va donc s'adapter en se perfectionnant dans le jeu de l'escrime, le poids des mots et l'art du faux-semblant. Son pire ennemi s'appelle Cardan. C'est un prince héritier de la Couronne. D'une grande beauté mais terriblement dédaigneux, il se moque du pouvoir et entraîne sa clique à persécuter les plus faibles. Jude pourrait être une proie idéale, seulement elle va leur tenir tête et les défier à leurs propres ruses.

Cette relation entre le prince et Jude n'est pourtant pas le cœur du roman. En fait, ce premier tome met en place l'univers de la faerie avec ses complots politiques, ses ambitions dévorantes et ses retentissements. Qu'on ne me vende pas un truc romantique et glamour, c'est faux. En plus, les personnages sont froids, distants, menteurs ou lâches. Tout le monde se déteste ou se manipule. Il n'y a pas un soupçon de pureté derrière cette façade. Tous sublimes d'extérieur, mais viscéralement affreux et insensibles. Chapeau bas pour ce cocktail d'émotions contradictoires qu'on vit au fil des chapitres ! 
L'ambiance est douce-amère, l'action se déploie lentement, les personnages ne sont pas attachants, et pourtant on s'accroche, on veut connaître la suite, on a besoin de savoir.

– Dis-moi, pourrais-tu m’aimer ? demande-t-il à brûle-pourpoint. – Bien sûr ! J’éclate de rire, sans savoir si c’est la réponse que j’étais censée donner. Mais la question est si bizarrement formulée que je peux difficilement dire non. J’aime l’assassin de mes parents, alors je dois être capable d’aimer n’importe qui.

Suis déjà en pleine communion avec Le Roi maléfique. Tchüss !

Rageot Editeur, Septembre 2020 pour la traduction. Traduit par Leslie Damant-Jeandel 

⭐⭐⭐⭐⭐

– Avant tout, je te déteste parce que je pense à toi. Souvent. Ça me dégoûte, et je ne peux pas m’en empêcher.

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26/04/16

Magisterium : L'épreuve de fer, par Holly Black & Cassandra Clare

MAGISTERIUM L’ÉPREUVE DE FER

Une introduction flamboyante à un univers magique, qui annonce les prémices d'une fabuleuse saga, dans la lignée de Harry Potter ! 

Callum Hunt est un enfant à part. Alors qu'il n'était qu'un nouveau-né, sa mère a gravé dans la glace, juste avant de mourir, une inscription paralysante : « Tuez cet enfant ». Douze ans plus tard, celui-ci doit rejoindre le Magisterium, une école réservée aux jeunes gens dans son cas, impliquant qu'ils possèdent des dons hors du commun mais ne savent pas s'en servir.  

Ce premier tome s'inscrit avant tout dans une intrigue linéaire et replace chaque élément dans son contexte, ce qui peut éventuellement ralentir la cadence et obliger le lecteur à prendre son mal en patience. Mais ceci a du bon, car on prend plaisir à découvrir le monde imaginé par les deux auteurs à succès - Holly Black et Cassandra Clare, également deux ferventes admiratrices de JK Rowling. L'inspiration est d'ailleurs bien présente ! 

On ne verse pourtant pas dans le vulgaire copier-coller et on pressent un monde à éclore avec ses propres créations. Car dès que l'action se met en branle, l'histoire se déroule avec une fluidité sidérante, captivante et enchanteresse. De nouvelles révélations apparaissent, laissant planer le doute quant aux perspectives futures... Autant dire que la suite s'annonce grandiose ! 

Cette série jeunesse réserve clairement de belles surprises et fait déjà preuve d'imagination enthousiasmante pour ce qui promet d'être un rendez-vous grisant. Seul point négatif : c'est une série en 5 tomes (jusque 2018 pour la VO). :/

PKJ. avril 2015 - Traduit par Julie Lafon (The Iron Trial)

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10/12/15

Minuit ! 12 histoires d'amour à Noël

La neige, les fêtes, les longues soirées d'hiver... C'est le moment de tomber amoureux ! Humour, émotion, coups de foudre, étincelles... l'amour sur tous les tons par les 12 meilleurs auteurs de la littérature ado.

Minuit 12 histoires d'amour à Noël

Stephanie Perkins a fait appel à un casting de rêve (Holly Black, Ally Carter, Gayle Forman, Jenny Han, David Levithan, Rainbow Rowell, Matt de la Peña, Kelly Link, Myra McEntire, Kiersten White & Laini Taylor) et invite ses lecteurs à se plonger dans une ambiance festive et hivernale en papillonnant sur douze variations de l'amour. Un programme alléchant, qui n'est cependant pas toujours à la hauteur des espérances.

Les histoires sont, pour la plupart, charmantes et légères, mais aussi bien peu consistantes. Je décerne donc un prix de mérite pour le texte plein d'humour de David Levithan, “Ton père Noël pour une nuit”, où l'on fait connaissance avec un narrateur juif qui accepte de jouer le visiteur nocturne, pour ne pas décevoir son petit copain et pour enchanter sa plus jeune sœur qui croit encore à la magie des fêtes. C'est un texte exquis et très drôle, avec des réflexions cocasses décrivant des situations qui m'ont souvent fait ricaner. J'attribue un deuxième bon point à Holly Black pour son “Krampuslauf” - une histoire d'amour, de jalousie, de classe sociale, de vengeance et de malice, au cours d'un réveillon rock'n roll, qui nous rappelle aussi de « ne jamais oublier qu'il y a de la magie dans le monde ». Et enfin, prix de consolation pour “Le réveil du rêveur” de Laini Taylor, de la fantasy YA bien écrite, qui fait montre d'une imagination foisonnante et dont l'originalité la distingue du reste de l'ouvrage.

Si ce n'est pour son thème général (les fêtes, les rêves, la magie, l'espoir, les désirs fous qui se réalisent), un thème particulièrement propice en cette période de fin d'année, la découverte de cette anthologie d'histoires courtes est discutable, tant elle peine à nous bercer de douces illusions et à nous transporter littéralement, mais la réunion de tout ce joli monde en incitera plus d'un à tenter l'aventure pour lire ou relire la plume de son auteur fétiche. 

Gallimard jeunesse / Novembre 2015 ♦ Traduit par Géraldine d' Amico (My True Love Gave to Me: Twelve Holiday Stories)

17/10/14

Eleanor, de Holly Black

Eleanor

Zach, Poppy et Alice ont toujours joué ensemble avec des poupées en s'inventant des histoires. Mais le jour où le père de Zach fait le grand ménage dans sa chambre, jetant ses jouets à la poubelle, le garçon est tellement anéanti qu'il n'ose pas se confier à ses amies et leur annonce abruptement qu'il arrête tout. Il ne veut plus jouer avec elles, c'est terminé. Les filles s'y refusent et tentent de l'intéresser une dernière fois avec une histoire de fantôme, celui de la vieille poupée de porcelaine, qui incarnait la « Reine Sublime » dans leurs jeux. Elle aurait été créée à partir des cendres d'une fillette, une certaine Eleanor Kerchner, et réclame aujourd'hui d'être enterrée auprès de sa famille. Si Poppy et ses amis refusent, la poupée viendra les hanter pour le restant de leurs jours.

L'escapade qui suivra sera finalement une belle occasion de ressouder les liens fragilisés du groupe suite à la défection du garçon. Ensemble, galvanisés par ces retrouvailles, ils donnent libre cours à leur imagination, se figurent être dans un roman de fantasy et ont le sentiment que tout est comme avant.  Mais il n'y aura absolument rien de terrifiant dans cette histoire ! Ou faut-il considérer l'adolescence comme étant un événement affreux et affolant ? Car c'est ce à quoi nos trois personnages sont confrontés : ils ont douze ans, ils grandissent et quittent l'enfance, avec ses jeux et son insouciance. Pour certains, l'imagination reste un refuge et ils s'y agrippent comme à une bouée de sauvetage.

L'histoire du fantôme n'est qu'un prétexte gentillet, une intention cachée pour consolider le groupe, et non pour tapisser un décor fantastique et effrayant. Le nom de Holly Black m'a induite en erreur... Mais ce roman est destiné à un jeune public, peut-être plus impressionnable, ou du moins se sentira-t-il plus en phase avec les atermoiements des personnages confrontés aux affres de l'adolescence (du moins, ses prémices). On sort de là sans la moindre fébrilité. Mais la couverture est très jolie.

Bayard jeunesse, octobre 2014 ♦ traduit par Jean-Baptiste Dupin (Doll Bones)

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24/06/11

"The easiest lies to tell are the ones you want to be true."

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L'histoire débute de façon assez originale et sur les chapeaux de roue, puisque le héros se retrouve sur le toit de son école en simple caleçon. C'est la nuit, probablement le fruit d'une crise de somnambulisme... Dès le lendemain, son grand frère arrive pour le conduire chez lui afin d'assurer sa sécurité. Ceci ne réjouit guère Cassel, à dix-sept ans, cadet de la famille Sharpe, il est le seul à ne posséder aucun pouvoir (c'est là qu'entre toute la dimension fantastique) : son grand-père tue par simple contact, sa mère manipule les émotions (et purge une peine de prison pour escroquerie), son frère Barron trafique la mémoire et l'aîné, Philip, peut briser les os d'une simple pensée. (Sans entrer dans les détails, il est ici question de faucheurs et de magie. Vous comprendrez...) 

Mais si Cassel est aujourd'hui autant chouchouté par les siens, c'est parce qu'il serait l'auteur du crime qui a coûté la vie de sa meilleure amie, Lila, il y a quelques années. Le père de celle-ci étant un redoutable chef de la pègre, les Sharpe craignent une vengeance. Problème, il n'a aucun souvenir de son acte de violence et cela ne cesse de le hanter. Il fait également des rêves récurrents d'une chatte blanche qui lui murmure dans son sommeil de réveiller sa mémoire endormie, mais tout ceci n'est pas très clair et sa famille ne lui prête qu'une oreille distraite. 

Il faut dire aussi que les Sharpe sont des gens atypiques, qui usent de l'union familiale sous de faux prétextes. En gros, ce sont des arnaqueurs et Cassel lui-même est un fichu manipulateur, relevé d'une pointe de menteur patenté. Quel beau portrait ! Cet anti-héros a franchement tout pour plaire ... ou déplaire. C'est le risque. Personnellement ce garçon ne m'a pas été trop antipathique, et comme rien n'est facile dans sa vie, comme tout n'est que coups bas et vastes fumisteries, j'étais forcément cliente !

Par contre, l'autre inconvénient du récit tient du fait que le tempo est lent, très lent. C'est le parti pris de l'auteur - Holly Black n'avantage pas le mouvement, mais les rouages des esprits torturés. L'ambiance est assez particulière, sombre et poisseuse, cela a son charme. Toutefois, il m'a manqué ce truc en plus pour rendre à mes yeux cette série incontournable et bluffante. L'intrigue est parfois trop alambiquée, les chemins trop sinueux, on s'y perd facilement, d'autant plus que le rythme ne nous laisse pas cheveux au vent. Enfin bref, il reste que l'auteur propose là quelque chose de différent, sur un ton plus décalé et avec un style bien à elle, c'est déjà ça.

Chat Blanc (Les Faucheurs #1) - Holly Black
Fleuve Noir, coll. Territoires, 2011 - 364 pages - 16,90€
traduit de l'anglais (USA) par Jean-Pierre Pugi 

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