21/12/12

Dreams are made for children

Sélectionnées par Misja Fitzgerald Michel, voici 15 berceuses à la beauté intemporelle, interprétées par les plus belles voix de l’âge d’or du jazz : Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Sarah Vaughan, Nat King Cole, Chet Baker… Des standards incontournables, mais aussi des titres moins connus à découvrir, immortalisés par des voix chaudes et sensuelles, qui font de chaque chanson un moment d’une infinie douceur. Les traductions de Valérie Rouzeau nous révèlent des textes d’une rare poésie.

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Cet album me faisait de l'oeil depuis un petit moment... Je n'ai donc pas résisté longtemps à l'appel des sirènes, et je ne regrette pas un seul instant ! Cet album est plébiscité chez les libraires et même dans la presse, pour une fois c'est amplement mérité. Tout ce foin pour une quarantaine de minutes d'écoute, de bonheur, une dizaine de pages toutes plus merveilleusement illustrées les unes que les autres, des textes d'une délicatesse appréciable ...

Ce sont des berceuses old-school, au charme délicieusement suranné, pas seulement destinées aux enfants, ce sont avant tout des classiques du jazz à écouter, découvrir et écouter encore, croire un instant qu'on joue dans un film de Capra ou Fleming, rêver, bouquiner à côté, se détendre, apprécier ce moment-bulle, et appuyer sur la touche bis pour ne jamais se lasser. Oui, vraiment, cet album est une pépite à déguster sous toutes ses formes !

Les plus belles berceuses jazz, sélectionnées par Misja Fitzgerald Michel (Didier jeunesse, 2012)
illustrations d'Ilya Green - traduction de Valérie Rouzeau

1 / Russian Lullaby, ELLA FITZGERALD 2 / Lullaby of Birdland, SARAH VAUGHAN 3 / Once Upon a Summertime, BLOSSOM DEARIE 4 / Lullaby in Blue, DEBBIE REYNOLDS et EDDIE FISCHER 5 / Dreams Are Made for Children, ELLA FITZGERALD 6 / My Sleepy Head (Go to Sleep), NAT KING COLE 7 / Over the Rainbow, JUDY GARLAND 8 / Goodnight My Love, SARAH VAUGHAN 9 / My Funny Valentine, CHET BAKER 10 / Hit the Road to Dreamland, MEL TORMÉ 11 / Summertime, PEGGY LEE 12 / Lullaby of the Leaves, JUNE CHRISTY 13 / Looking for a Boy, CHRIS CONNOR 14 / God Bless the Child, BILLIE HOLIDAY 15 / Brahms’s Lullaby, FRANK SINATRA


09/12/12

Qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son.

D'abord, les illustrations d'Ilya Green, qui s'étalent dès la couverture et ne cessent de nous en mettre plein la vue au fil des pages, puis le cd glissé dans le lecteur et les premières notes de jazz, là je m'installe et je redécouvre avec délice les aventures de Peter Pan et Wendy, en savourant l'humour, la poésie et l'espièglerie de l'histoire. Un régal. 

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Une maman, qu'est-ce que c'est ?
- Une maman, c'est une wendy, dit le jumeau numéro deux.
- Une wendy, c'est une maman, précisa le jumeau numéro un. 
Ça sert à raccommoder les chaussettes. 
- Eh ! moi j'ai perdu une chaussette...

Clochette, clignotant de fureur, interrompit la discussion.

- Tas de crétins ! Vous ne savez donc pas qu'une wendy, c'est malin, menteur, et ça mord ?

Les Garçons perdus hésitèrent.
Finalement, ils décidèrent d'attendre Peter Pan. 

Peter Pan & Wendy est un texte de James Matthew Barrie, adapté par Jean-Pierre Kerloc'h pour les éditions Didier Jeunesse (2011).
Musique de Charles Mingus - Récitant : Eric Pintus - Illustrations : Ilya Green

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04/03/10

Mine, tu crois que trop ressembler à ses parents, ça rend malheureux ?

Deux récentes lectures viennent se télescoper dans ma tête, avec leurs petites phrases qui cherchent à se brusquer les unes et les autres, des questions d'une part, des réponses de l'autre, c'est un peu le bazar mais ça me force à réfléchir et à discuter longuement avec ma propre demoiselle de fille. Nous parlons de notre relation, de notre lien qui est considéré par beaucoup comme fusionnel, et ce lien entre nous fait peur, moi la première. Je sens qu'il faut qu'entre elle et moi nous devons apprendre à nous détacher, à mieux nous séparer, à nous aimer autrement. Disons, je ne suis pas non plus comme la maman de Marcia, qui étouffe son enfant, qui copie-colle ses goûts, son style et son parfum pour n'être plus qu'une. J'additionne nos différences, certes ma fille est aussi façonnée à mon image, mais comme le souligne Clarika, c'est moi en mieux. Cette bafouille n'a nulle vocation nombriliste, ce sont juste quelques mots qui découlent de mes lectures, donc.

les_anglaisesPour commencer, j'ai terminé le nouveau roman de Marie Chartres, à la jolie couverture rouge, et qui porte le titre facétieux : Les anglaises. En référence aux boucles folles, à cette chevelure sauvage et indomptable qu'a la petite Suzie, presque dix ans. J'ai d'ailleurs aimé y retrouver une petite fille qui avait le même âge que la mienne, c'était comme me dire, alors ça fonctionne comme ça une bestiole de cet âge... Bref. L'histoire de Suzie commence par un terrible constat : on lui a menti. Elle a forcément été adoptée. Pourquoi, comment. On ne le sait pas tout de suite. Et ce sont en tout seize lettres qu'elle adresse à Mine, probablement sa véritable mère, qui l'aurait abandonnée. Tout au long du roman, Suzie se remet en question, se juge dans les miroirs et juge aussi ses parents, elle devient farouche, renfermée, elle fait la tête et veut même se venger sur la vendeuse à la queue de cheval. On n'imagine pas à quel point ça se bouscule dans la caboche d'une fillette de cet âge, pourquoi ses folles anglaises lui mènent la vie dure. C'est dit, la vie n'est décidément qu'une sombre affaire capillaire. Dans le roman, on découvre aussi Marcia, j'en parlais ci-dessus, et c'est la meilleure amie de Suzie. Elle vit seule avec sa maman qui la couve trop. Et lorsque Marcia tombe malade, tout se complique. Suzie elle-même va plonger, elle se sentira plus perdue que jamais, jusqu'à l'arrivée de Tante Odile et son fer à lisser. C'est une merveilleuse petite histoire qui parle d'identité et de personnalité, d'indépendance et de reconnaissance, et aussi de ce que l'on voit avec les yeux ou le coeur, ce qu'on souffre de ne pas dire et ce qu'on entend parfaitement dans les silences... Beaucoup d'intelligence et de sensibilité derrière ce parcours d'une fillette qui ne manque pas d'imagination, mais qui justement va s'en servir pour comprendre ce qu'elle n'arrive pas à expliquer, et permettre ainsi à mieux cerner la vérité qui ne se voit pas toujours dans les miroirs.

Et parce que j'adore ce passage (entre autres) ...

La première fois que je l'ai vue, ce sont ses cheveux qui m'ont sauté au visage. Mine, ça ressemblait à une attaque orange. Elle est rousse, tellement rousse : je suis persuadée que, si les gens dans l'univers entier n'arrivaient plus à connaître la signification des mots, tous au même moment, et devaient tout réapprendre, eh bien, le monsieur chargé d'inventer le dictionnaire mettrait la photo de Marcia face à ce mot de six lettres et tout le monde comprendrait, c'est sûr.
Ce serait lumineux, comme définition.

Neuf de l'Ecole des Loisirs, 2010 - 100 pages - 8,50€
illustration de couverture : Gwen le Gac

L'autre roman est le coup de coeur du moment de mademoiselle ma fille, nous l'avons lu ensemble, tandis qu'elle s'extasiait et s'emballait en tournant les pages comme une folle, j'avais un avis plus réservé. J'ai bien aimé ce livre, mais je pense que c'est davantage pour l'enthousiasme qu'il a su susciter chez ma jeune lectrice.

ma_mere_est_une_etoileMa mère est une étoile, roman de Marie Leymarie, raconte une autre relation très fusionnelle entre une mère et sa fille. Allons donc. Laurie vit seule avec sa maman qui est danseuse à l'Opéra. C'est une femme précieuse, raffinée, qui consacre l'essentiel de sa vie et de son temps à sa passion, et à sa fille. Celle-ci est éperdue d'admiration, tout ce que dit, pense ou vit sa mère est le modèle absolu. Laurie calque sa propre existence sur celle de sa mère, le cerclé est fermé, on parle même d'un père qui serait parti aux Etats-Unis en ne voulant jamais connaître sa fille. Aucune place pour un élément extérieur, c'est vif et tranchant. Or, Laurie voit d'un très mauvais oeil la nouvelle liaison de sa mère avec le père d'un copain. D'abord elle n'y croit pas, puis elle se fâche, elle fait un tas de reproches (muets) à sa mère, elle trouve le couple mal assorti, elle ne cesse de critiquer cet homme, refuse de partir en vacances avec lui ou de manger au restaurant s'il s'y trouve. L'attitude de Laurie relève du pur égoïsme, jusqu'à ce qu'on comprenne que ce n'est pas totalement sa faute non plus. Elle a été élevée dans l'ombre d'une mère qui elle-même s'est façonnée une image de faïence et qui s'est entourée de barricades lorsque cela l'arrangeait. L'histoire de Laurie nous raconte la difficulté de grandir et de voler de ses propres ailes, de s'accepter telle qu'on est, sans se référer à quelqu'un d'autre. Laurie comprend qu'elle doit cesser de protéger sa mère et oser mener enfin une vie qui soit vraiment la sienne. En réussissant ce pari, elle se sentira mieux dans sa peau et acceptera aussi l'amour des autres. La fin est ouverte, mais il a fallu que je l'explique à ma demoiselle de fille.

Ce fut intéressant de voir qu'à travers cette lecture, deux regards se sont penchés. Et une discussion a suivi...

Tempo, coll. de Syros, 2009 - 128 pages - 5,90€
illustration : Ilya Green

dès 9-10 ans !

 

15/01/09

Marre du rose ! ^__^

Et pourquoi dans la vie faudrait-il forcément faire ou ne pas faire ceci sous prétexte que c'est un truc de filles ou un truc de garçons ? Et qu'est-ce qui détermine les codes ou les règles à suivre ? Et pourquoi le rose est pour les filles, le bleu pour les garçons ? N'aurait-on pas le droit de tout bouleverser, de faire ce qu'il nous plaît ?

A bas les diktats, qui sont d'ailleurs écrits par qui ? On ne le sait plus, à force de nous les rabâcher, on oublie qui a commencé, et pourquoi, et comment... Voilà pourquoi l'héroïne de Nathalie Hense a choisi de crier :

Marre du rose !

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Marre du rose, c'est l'histoire d'une petite fille qui est un peu garçon manqué. Elle aime le noir, grimper dans les arbres, elle n'a pas peur des araignées, elle aime les dinosaures et les grues. Par contre, elle n'aime pas les tralalas de princesses, les rubans et les poupées. Et elle n'aime pas le rose.

Cela brise les idées reçues, aborde certains tabous (les garçons qui jouent aux poupées, par exemple). Et d'ailleurs, l'expression « garçon manqué » est injustement réductrice. Pourquoi « manqué » ? C'est un peu comme « raté ». La petite fille proteste, « moi, je trouve que je suis une fille réussie, même si je n'aime pas le rose. Ça m'est égal... On n'est pas obligé. ».

Tout simplement.

*** Un album qui remet les pendules à l'heure, qui raconte qu'être fille ou garçon ne veut pas dire forcément que c'est « comme ça ». On a le droit de faire comme il nous plaît ! D'ailleurs, cela signifie quoi, « comme ça » ? Des modes et des recettes, s'il vous plaît. ***

Très belles illustrations d'Ilya Green, que nous avions déja remarquées dans les aventures de Strongboy (le tee-shirt de pouvoir).

Marre du rose, texte de Nathalie Hense - illustrations de Ilya Green
Albin Michel jeunesse, 2009  /  10,90€

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Après cette lecture, j'ai aussitôt pensé à un autre texte écrit par Susie Morgenstern, en collaboration avec Jacqueline Duhême (par ses gravures en noir et blanc). Son titre : Comme il faut.

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Pour satisfaire le souhait de sa petite-fille de trois ans, une grand-mère s'est investie d'une mission qui se révèlera casse-tête : trouver « une poupée comme il faut. Une poupée garçon grand et costaud ». Parce que ce n'est pas si facile, les magasins de jouets rengorgent de poupons à la pelle, mais ils n'ont pas l'objet du désir, soit « un vrai garçon », qui cache son petit trésor sous la couche.

Il ne faut pas prendre les enfants pour des idiots ! Dès leur plus jeune âge, ils ont très bien compris les mystères de leur corps, ce qui les distingue du sexe opposé. Que dire de l'hypocrisie de notre société qui tente de camoufler, et de proposer des objets asexués ? L'histoire montre aussi une certaine critique de la consommation à outrance, notre société croit qu'elle peut répondre à tous les désirs, alors qu'elle ne propose qu'une représentation standardisée et édulcorée de la réalité. Une réalité « comme il faut ».

Ces deux histoires prouvent qu'il faut que ça change !

Comme il faut, texte de Susie Morgenstern / illustrations de Jacqueline Duhême
Le rouergue, coll. Varia /  13€

02/05/07

Le tee-shirt de pouvoir

Responsable de ce coup de coeur : Olga et son sac fourre-tout, caverne des merveilles...

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En revêtant son tee-shirt Strongboy, Olga sait que ce n'est pas n'importe quel tee-shirt.

Un tee-shirt Strongboy est un tee-shirt de POUVOIR !

En plus de vous donner une force herculéenne, le tee-shirt Strongboy vous rend le chef de TOUS LES AUTRES ! Il devient possible de LES DIRIGER ET LES COMMANDER !

Ah bon ?

Les autres n'en mènent pas large. Normal, c'est grâce au tee-shirt Strongboy !

Mais tout à coup le chat ramène une glace à la fraise, et ...

Catastrophe ! Tout le monde va se prendre pour un chef ! Pourquoi ?

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Il s'agit en fait du 3ème livre d'Ilya Green, après Olga arracheuse de marguerite et L'histoire de l'oeuf, et j'ai été particulièrement séduite. Même si les illustrations n'ont pas cette touche de charme délicat, et qui plaît infiniment aux enfants, le ton chez Ilya Green est celui de l'humour à travers les aventures d'une gamine tyrannique mais attachante. Cet esprit minimaliste met pourtant bien en lumière la volonté de cette Olga qui a un caractère bien trempé. Les enfants ne s'y trompent pas : ces héroïnes un brin capricieuses mais coquines ont tendance à remporter leur sympathie (cf. la Rita sans son Machin...). Le texte évolue au gré de l'humeur irascible de la fillette, s'accentuant en lettres majuscules pour bien démontrer l'autorité, l'abus de pouvoir et la volonté de dominer. La facétie de cette histoire plaira aux enfants, jusqu'à la toute dernière page, où le final arrachera quelques éclats de rire !

Didier Jeunesse - mars 2007.  Dès 4-5 ans.

Posté par clarabel76 à 15:30:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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