12/11/12

La mémoire des murs.

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Suite au divorce de ses parents, Emma emménage avec sa mère dans une nouvelle ville. Leur nouvelle maison possède beaucoup de charme, mais son ambiance austère lui déplaît. Ce n'est pas seulement la situation qui la rend aussi désabusée, Emma se sent mal à l'aise mais n'arrive pas l'expliquer. La nuit, elle fait de mauvais rêves et s'imagine dans la peau d'une autre avant de découvrir qu'une adolescente a été tuée quinze ans plus tôt dans cette maison, et découverte morte dans la cave !

Particulièrement glauque et flippante, l'histoire promet de titiller mes instincts de poule mouillée dès les premiers chapitres. Emma est en connexion psychique avec la victime, elle revit les derniers instants de celle-ci, elle tente de reconstituer le puzzle avec beaucoup de perplexité. La journée, elle est confrontée à d'autres soucis, notamment lorsque sa meilleure amie s'amourache de son prof de théâtre et ne cherche plus à ôter ses oeillères pour découvrir ses défauts, au risque de tomber dans un piège !

On est très vite pris dans l'engrenage de l'intrigue, à s'interroger sur ses mystères et ses secrets, à vouloir participer à l'enquête. C'est facile, cela paraît évident - ceci dit, j'ai longtemps suspecté un personnage avant de m'apercevoir que je m'étais plantée ! En somme, le roman n'est pas déplaisant et tient la route, niveau suspense c'est assez prenant (sans être renversant). Je reste, malgré tout, perplexe car l'intrigue m'est finalement apparue ordinaire et sans surprise, avec des personnages pas très attachants. Je vous conseille un autre roman d'Amélie Sarn, comme Les proies par exemple. 

Clairvoyance : La maison de l'ombre, par Amélie Sarn
J'ai Lu, 2012

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20/10/12

“Verity, you have a choice. We eat, we talk, we pass the evening with an attempt at civility. Or we f***. It’s up to you.”

amourfouLa divine Soraya, la plus célèbre courtisane du pays, décide de prendre sa retraite sans en avertir ses admirateurs. Son dernier protecteur, le duc de Kylemore, son amant durant un an, avait choisi de lui demander sa main pour provoquer son insupportable mère. Hélas pour lui, il découvre une maison vide. La belle s'est fait la malle et lui voit rouge.

Il décide de retourner le pays pour la retrouver. C'est dans un petit village au bord de mer qu'il tombe nez à nez avec Verity Ashton, parée d'une robe noire guindée et d'un chignon strict. Elle est froide, distante, ne lui doit rien et le lui rappelle. Alors il l'enlève sur le champ et l'enferme dans sa maison au fin fond de l'Ecosse.

La jeune femme entre en résistance, elle veut se racheter une vertu, lui est trop blessé pour la comprendre, il agit comme un gamin frustré d'avoir été privé de son jouet préféré, il est bête, borné et brutal. Ses intentions sont claires : il veut la briser, bafouer sa fierté, salir son âme. Il va s'y employer avec des gestes rudes, pour ne pas dire choquants et révoltants.

Car ce roman m'a sérieusement posé un cas de conscience. Pour la première fois, une liaison tumultueuse m'est apparue malsaine, ce n'est plus de la passion animale, ni un coup de folie, ça ne ressemble pas du tout à de l'amour, c'est dérangeant. Il y a trop de scènes violentes, avec des actes forcés et de la brutalité (le premier rapport, entre eux, après leurs retrouvailles, a été pour moi le plus abominable !). A cause de tout ça, je n'ai pas aimé le duc, son attitude est exagérée et inexcusable. Je n'ai pas compris non plus comment les sentiments de Verity avaient pu s'éclairer aussi soudainement. Que de frustration, que d'amertume. J'avais bien aimé le début, pourtant.

L'amour fou, par Anna Campbell
J'ai Lu, coll. Aventures & Passions, éd. 2010 - traduit par Viviane Ascain

To catch a bride >.<

uneladyRafe Ramsey n'envisage nullement de se marier, aussi profite-t-il de l'occasion de rendre service à une vieille dame qui prétend que son unique petite-fille est toujours en vie, quelque part, en Egypte, pour échapper à des fiançailles arrangées. Il n'attend pas une seconde, fouille les rues du Caire, tombe sur des jeunes mendiants, en chope un pour servir d'appât car il a compris que sous les fripes de l'un d'eux se camoufle une certaine demoiselle au charmant minois.

Ramsey se frotte les mains, il a retrouvé Alicia Cleeve, la disparue, et veut la ramener en Angleterre. Mais celle qui se présente sous l'identité d'Aïsha refuse farouchement de le suivre, elle souhaite rester proche de ses amis, de ses racines et a un autre secret aussi (mais il fait la sourde oreille !). Alors il va l'amadouer, assurer le confort de sa famille d'adoption, la protéger et lui assurer un bel avenir ailleurs. Si, si, c'est promis. Les résistances de la demoiselle faiblissent enfin.

Vous obtenez ainsi une histoire charmante, mais pas très palpitante malgré son résumé. C'est effectivement très long pour une romance, dans le sens où les deux protagonistes opèrent un soupçon de rapprochement au bout de 200 pages. Pas moins ! C'est vous dire comme c'est mou, pas très convaincant, très lisse, trop poli et délicieusement guindé. Le style de Mme Gracie ne m'étourdit pas un seul instant, ses histoires manquent de passion, je passe définitivement mon tour pour la suite.

Les Archanges du diable #3 : Une lady à épouser, par Anne Gracie
J'ai Lu, coll. Aventures & Passions, 2012 - traduit par Sophie Pertus

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I've locked my heart I'll keep my feelings there

ladamePar une journée pluvieuse, Harry croise la silhouette frigorifiée de Nell, coincée à l'arrière d'une charrette. Il lui fait cadeau de son chapeau et de sa paire de gants, puis s'en va découvrir le domaine qu'il vient d'acquérir. Sans le savoir, il s'agit de Firmin Court qui appartenait à la mère de Nell, mais que son père a vendu après avoir dilapidé leur fortune pour assouvir sa passion des jeux. Depuis, celui-ci est mort sur le bord d'une route. Nell est orpheline, sans le sou, contrainte de travailler en tant que dame de compagnie.

Harry est sous le charme ! Il propose aussitôt de l'épouser, mais elle refuse. C'est là qu'un premier malentendu s'installe, puisqu'il s'imagine qu'elle ne veut pas se rabaisser à épouser un homme de sa condition (sa mère, simple servante, a été engrossée par son patron), elle est une aristocrate, désargentée, mais aristocrate par le titre ! En fait, Nell n'y songe pas une seconde car son souci est d'un autre ordre : elle est maman d'une petite fille illégitime, qui lui a été enlevée à la naissance, depuis elle se bat pour la retrouver mais veut préserver son secret car elle suppose que jamais un homme ne daignera s'intéresser à son sort avec de tels bagages.

La rencontre entre Harry et Nell est providentielle, d'ailleurs leur romance est purement traditionnelle et privilégie le syndrome de la demoiselle en détresse. Résultat, très peu de passion et de tension amoureuse au programme ! A contrario, c'est l'idylle entre Ethan et Tibby, cf. le premier tome de la série, qui se présente comme une bouffée d'air pur. Mais l'intrigue est ailleurs, et je continue de trouver qu'il manque la petite étincelle pour rendre cette série plus croustillante. Dans un registre romantique, elle est parfaite mais ne correspond pas à mes attentes. Du coup, je donne une chance au prochain tome, avec Rafe, sinon je passe mon tour.

Les Archanges du Diable, tome 2 : La dame de mes tourments, par Anne Gracie
J'ai Lu, coll. Aventures & Passions, 2012 - traduit par Viviane Ascain

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15/10/12

Provocative in pearls.

verityCela fait maintenant deux ans que la jeune épouse de lord Hawkeswell est portée disparue, aussi le hasard n'en est-il que plus grand lorsque celui-ci découvre que Verity se cache à Cumberworth, dans la maison de Daphné Foyes. Notre homme bout de colère, il ne veut pas entendre raison et embarque sa femme sur le champ. Celle-ci tient tête et lui propose d'annuler le mariage (il lui avait été imposé par son oncle, sous la forme d'un chantage, la demoiselle était contre). Hawkeswell dit non. Il obtient aussi d'elle de se comporter en épouse véritable et de remplir son devoir en conséquence !

Finalement j'ai lu le tome 2 dans la foulée, même si j'étais moyennement enthousiaste après ma lecture du premier tome. Et de nouveau, même constat : peu de passion amoureuse, encore un mariage de raison, un énorme contraste entre les discours et les agissements du couple (la nuit, par exemple, tout n'est que volupté, avec scènes très explicites, tandis que le jour c'est la guerre froide !). Cette romance n'aura pas su davantage me convaincre, j'en ai bien peur.

Je remarque seulement maintenant les titres VO de la série, Provocative in pearls ou Ravishing in red. Quand on connaît l'histoire, forcément on glousse. En fait, ces messieurs cèdent à leurs pulsions dès lors que leurs épouses portent un accessoire fétiche, soit un collier de perles ou une superbe robe rouge. Eh oui ! j'en lève les yeux au ciel. J'arrête les frais pour cette série, dommage, je m'étais entichée du personnage de Castleford...

Les insoumises, tome 2 : Verity, par Madeline Hunter
J'ai Lu, coll. Aventures & Passions, 2012 - traduit par Cécile Ardilly

Après un début prometteur, la romance retombe vite dans ses souliers. C'est calme, correct mais plat. On ne perçoit aucune passion amoureuse entre le couple, sauf la nuit, comme souvent dans cette série, c'est le cadre des plus folles voluptés. L'écart entre les pensées et les actes de ces deux-là est énorme ! Malheureusement on saisit mal ce qui va les pousser l'un vers l'autre, oui Hawkeswell met de côté sa frustration et fait preuve d'un dévouement sans faille pour son épouse, Verity réalise également qu'elle a bien de la chance, surtout après les horreurs de son passé (il faut en guérir, c'est tout !). Il n'en demeure pas moins qu'ils ne dégagent aucune magie, l'étincelle ne prend pas et cette série continue de me décontenancer. Seule la connivence entre les hommes de cette série (Summerhays, Hawkeswell et Castleford) prête à sourire et fait penser que le 4ème tome sera meilleur. Mais j'hésite.



Bon, ça démarre fort mais la pression retombe très vite. C'est bien dommage. Je ne sais pas quel est le problème de cette série, mais j'ai l'impression qu'à défaut d'être flagrante, la passion amoureuse est plutôt mal exprimée. Résultat, nous avons une romance correcte, mais toujours aussi plate. C'est difficile de percer les personnages, de cerner leurs sentiments, de les voir tomber amoureux. C'est trop brouillon. On les voit détachés et froids le jour, et se livrant à la volupté la nuit. Cela ne me dérange pas habituellement, mais là ça ne prend pas. Il n'y a pas de magie, pas d'éclat. Seule la connivence entre les hommes de cette série (Summerhays, Hawkeswell et Castleford) prête à sourire et fait penser que le 4ème tome sera meilleur. Mais j'hésite.


"I did indeed say you could have lovers. But I never promised that I would not kill them."

audriannaFrappé de déshonneur (suite à une affaire de poudre défectueuse), le père d'Audrianna Kelmsleigh s'est donné la mort et a condamné sa famille à vivre petitement et dans la honte. Audrianna s'est ainsi réfugiée chez sa cousine Daphné, dans une maison à la campagne, où avec deux autres pensionnaires elles cultivent des fleurs.

Meurtrie dans son amour-propre, Audrianna entend laver le nom de sa famille de toute infamie. Elle pousse son enquête jusqu'à se rendre dans une auberge, sans chaperon, et fait la rencontre de lord Sébastien Summerhays, l'un des principaux accusateurs de son père. Enorme malentendu entre eux, mais trop tard. Le scandale va les rattraper et ces deux-là vont conclure à un mariage de raison.

Ce 1er tome manque de souffle ! L'histoire est plutôt longue à démarrer, il y a peu de tension amoureuse, effacée probablement par le climat politique (et l'affaire d'espionnage). C'est seulement après les noces que l'histoire du couple devient plus croustillante, notamment avec la jalousie naissante de Sébastien. Le petit cadre idyllique de Cumberworth, réunissant les fameuses insoumises, est exagéré dans sa description enchanteresse, avec la parfaite mais trop lisse Daphné qui gère toutes ces âmes en détresse avec calme et stoïcisme. Hmm... j'espère que la suite corrigera ses erreurs !

Les insoumises, tome 1 : Audrianna, par Madeline Hunter
J'ai Lu, coll. Aventures & Passions, 2011 - traduit par Catherine Berthet

-) la petite phrase qui me fait lever les yeux au ciel  :   Est-ce mal d'éprouver du plaisir à embrasser un homme que je n'aimerai jamais ?

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“Are you suggesting a woman is some sort of … piece of fruit to you? One squeeze, and you know if she’s ripe?”

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Rien ne prédestinait Amelia d'Orsay à rencontrer le sémillant duc de Morland, autrement surnommé le duc de Minuit. (Celui-ci honore de sa présence chaque bal en se pointant aux douze coups de minuit, danse une valse avec une partenaire au hasard puis regagne son domaine en toute discrétion.) Amelia est issue d'une famille noble désargentée, elle a vingt-six ans et un physique quelconque. Elle a donc coutume de faire tapisserie !

Et puis, ce soir-là, elle danse avec le duc, elle se veut audacieuse et spirituelle, l'homme est troublé et veut s'échapper, mais elle s'accroche. Alors il la prend à bras-le-corps et quitte la salle. Dans la foulée, deux hommes viennent prévenir Spencer qu'un membre de leur club de gentlemen, le Stud Club, vient d'être assassiné dans les rues de Mayfair. Tout ce petit monde est en émoi, mais discute jetons et chevaux avant de se rendre chez Lily Chatwick que l'un d'eux doit épouser pour l'honneur !

Cela ne fait pas 50 pages, il me semble, que l'intrigue vole déjà dans tous les sens et j'adore ça ! La relation qui va naître entre Spencer et Amelia démarre sur les chapeaux de roue, jamais elle ne faiblira, elle sera passionnelle et tumultueuse, ou je ne m'y connais pas. Le duc est un homme froid, orgueilleux, un vrai Darcy en puissance, il masque ses faiblesses, ses sentiments, il est parfois sec et rabat-joie, mais quel homme ! En face, Amelia ne lâche jamais prise, elle craint de tomber amoureuse, suite à leur accord, et fait tout pour tenir son prétendant à distance (peine perdue). Rarement une romance ne m'aura autant donné l'occasion de sourire comme une bécasse, de hausser les sourcils, de pouffer, de grincer des dents, de cligner des yeux comme une allumée. Tout ça pour dire que j'ai adoré !

Le Club des Gentlemen, tome 1 : Valse de minuit, par Tessa Dare
J'ai Lu, coll. Aventures & Passions, 2012 - traduit par Cécile Ardilly

Betrayed by a kiss on a cool night of bliss

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Sans le vouloir, l'héroïne, Gabrielle Jerningham m'a fait beaucoup rire ! Décrite comme étant potelée et maladroite, elle rebute son fiancé attitré, Peter Dewland, qui a honte d'elle et refuse de l'épouser. C'est donc l'autre frère, Quentin alias Quill, qui se dévoue. Son problème, c'est qu'il a été accablé par une terrible maladie et doit désormais ménager ses efforts (physiques) pour éviter toute migraine. En gros, il est incapable d'accomplir ses devoirs conjugaux et d'offrir un héritier à sa lignée. Huhuhu.

On n'en finit plus de nous le présenter comme un type sombre et taciturne, sauf qu'il en pince pas mal pour la petite Gabrielle, dont la fraîcheur et la naïveté le comblent honteusement. Elevée aux Indes par un père excentrique, Gabby découvre les coutumes et moeurs anglaises avec une franche innocence. Pour masquer sa vulnérabilité, elle ne cesse de bavarder sans réfléchir. Bref, c'est l'association de deux individualités totalement opposées. Donc, forcément ça ne peut que coller !

Et pourtant... Au final j'ai été plus que déçue par ma lecture, parce qu'elle ne ressemble à rien, c'est excessif et ridicule à plus d'un titre. C'est dommage, car il y a des passages où la maladresse de Gabrielle prend des tours inattendus et offre de grands moments de rigolade (la scène du décolleté pigeonnant, par exemple) ! Une prochaine fois, peut-être, c'était le premier titre d'Eloïsa James que je découvrais, j'espère que le suivant ne me décevra pas autant.

Plaisirs interdits, par Eloïsa James
J'ai Lu, coll. Aventures & Passions, rééd. 2012 - traduit par Catherine Plasait

27/09/12

♠ Sombre célébration ♠

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Changement de décor pour ce 3ème tome : Lily retourne à Bartley, sa ville natale, pour le mariage de sa soeur Varena. En feuilletant le journal local, elle découvre une vieille histoire de bébé kidnappé, huit ans plus tôt, puis reçoit la visite surprise de Jack Leeds. De nouveau, tout s'écroule autour d'elle : un médecin et son assistante sont retrouvés morts dans leur cabinet, puis une petite dame inoffensive est poignardée dans son jardin. Lily capte tout de suite les premiers signes de panique, la menace devient rampante et elle se sent prise au piège, car elle a compris que cette série d'évènements morbides pouvait ébranler le fragile équilibre familial.

Concernant la relation naissante entre Lily et Jack, c'est du petit lait à boire. Rien n'est simple, mais une chose est sûre : ces deux-là se sont trouvés. Toutefois, point d'empressement, entre le passé de Lily et celui de Jack, les vieux démons sont à la fête et les cicatrices sont encore vives. J'aime beaucoup ce qu'il se passe entre eux : Jack n'est pas un type gentil, il est surtout solide, un peu jaloux et possessif aussi, en plus d'être impulsif. Il faut une personnalité aussi complexe pour s'accorder avec Lily, méfiante et terrorisée par ses sentiments, par ce semblant de retour à la normalité dans son existence qu'elle vouait à la solitude.

J'apprécie de plus en plus cette série, à la tonalité morose du fait du caractère triste de Lily. J'ai juste un souci avec les silences inexpliqués et les visages trop expressifs dont raffole l'auteur (je ne sais pas décoder les messages subliminaux, les intentions ne sont pas claires). L'intrigue criminelle est sordide et dérangeante, on ne se sent jamais très à l'aise à lire tout ça, de plus Charlaine Harris sait gratouiller là où ça fait mal. Du coup, comme pour soulager nos esprits tourmentés, on suit avec placidité l'obsession ménagère de Lily et ses séances d'abdos, en attendant la suite du programme. C'est bon aussi d'apprendre à mieux connaître les parents et la soeur de Lily, je m'attendais à un tableau bien pire, ce qui est loin d'être le cas (parfois c'est même drôle !). Le prochain tome paraîtra en février 2013, je m'en réjouis d'avance !

Sombre Célébration (Lily Bard #3) - Charlaine Harris
J'ai Lu, 2012 - traduit par Tiphaine  Scheuer

25/09/12

Teaser Tuesday #40

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Sans le savoir, ce satrape venait de sanctionner la mort du star-system, au sens où les studios l'entendaient depuis l'invention du terme en 1911. Pour la première fois, une grande vedette populaire allait se voir refuser l'accès d'un festival. Ici, en Californie, les ciné-clubs venaient de naître, les intellectuels commençaient à s'importer à cause de l'emprise des professeurs de faculté et des étrangers fraîchement débarqués d'Europe, mais les movie stars régnaient depuis déjà soixante ans, soit l'équivalent, en chronologie hollywoodienne, de plusieurs dynasties d'Egypte. Jayne Mansfield, symbole de l'ancien Hollywood, créature de Frankenstein lancée par la régie publicitaire de la Fox contre Marilyn Monroe, un simple buste, une paire de seins qui poussait l'arrogance jusqu'à n'avoir jamais tourné de film correct, un monstre engendré par la presse poubelle et le néant des vieux studios poussiéreux, allait retourner dans le chaudron d'où tout le cinéma d'antan était sorti. Star déchue à trente-quatre ans, avant même la consécration, Jayne Mansfield jouerait la victime expiatoire de la seconde chasse aux sorcières, celle des stars populaires, par les tenants d'une Amérique culturelle, inspirée du modèle européen. Refuser Jayne Mansfield, c'était se venger de l'arrogance d'une Elizabeth Taylor ou d'un Frank Sinatra sans risque de brouille avec les puissants du spectacle. Cela sous couvert de lutte contre la pornographie.

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L'ouvrage s'ouvre sur l'accident de voiture qui a coûté la vie de Jayne Mansfield, le soir du 29 juin 1967, et pendant de longues pages, nous avons droit à un descriptif de la scène, dans ses moindres détails. Franchement, c'est glauque. Par la suite, l'auteur s'attarde à raconter la déchéance de cette actrice, broyée par la machine hollywoodienne, avec notamment cet aperçu d'une Amérique qui voulait faire peau neuve et chasser les actrices populaires, trop représentatives du mauvais goût et de la vulgarité.

Je ne connaissais pas cet ouvrage, pourtant lauréat du prix Femina 2011, aussi l'ai-je ouvert avec curiosité quant à la personnalité dont il était question. On sait très peu de choses sur Jayne Mansfield, après avoir tourné dans des comédies bon public, elle a fini sa carrière dans des films discutables et était victime de son image de bimbo, blonde à forte poitrine. Je m'attendais bêtement à en apprendre davantage, hélas j'ai été bien décomposée à la lecture de ce récit sinistre et accablant. Ce n'était vraiment pas la lecture indiquée! Je n'ai pas du tout apprécié l'approche de l'auteur, son écriture sèche et froide, son regard sur les dernières années de l'actrice, sans juger, sans complaisance non plus, mais sans attachement. Je n'ai pas du tout adhéré, et j'étais pressée d'en finir (158 pages seulement, ouf).

Jayne Mansfield 1967, par Simon Liberati
J'ai Lu, 2012

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