03/01/12

“Somebody put a plant in front of it!”

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Rencontre explosive entre Kaderin, la Valkyrie sans coeur, et Sebastian Wroth, le vampire taciturne qui veut en finir avec la vie ... sauf que la mise en présence de ces deux-là dans la même pièce réveille la flamme de vie pour lui et celle des émotions pour elle. Mais ce serait trop facile, et malgré quelques séquences de frotti-frotta surprenantes, le couple ne tombe pas dans la guimauve (la demoiselle est une vraie peste !) et passe son temps à s'échapper, tout ça sur fond de Quête à la Indiana Jones. 
Cela m'a peut-être pris plus d'un an avant de renouer avec cette série, mais ça valait le coup ! L'histoire du couple est incandescente, pas moins (même pas 30 pages lues, et déjà une scène de galipettes, excusez du peu !). Sebastian est attendrissant, pas mielleux du tout, malgré mes craintes (il est décrit comme inexpérimenté et peu sûr de lui), car il reste déterminé à conquérir sa belle. Celle-ci lui en fait baver, mais le vampire ne perd nullement de sa superbe, et question virilité, il assure toujours ! Alors il ne cesse de la poursuivre de ses assiduités et finit par procéder à tous types de chantages pour la faire craquer (et oui, ça marche !). Mais pas avant le dernier tiers du roman. En attendant, oui ça se frotte et ça se touche comme des bêtes excitées, mais ça ne dépasse jamais la limite autorisée. (Bah, personnellement j'ai trouvé que ça faisait un peu adolescent, mais bon...)  
Rassurez-vous, cette lecture demeure torride et fidèle à sa réputation. C'est vraiment une série riche et excitante, avec des personnages très attachants (comme Regina, par exemple, une Valkyrie à l'humour déjanté, encore huit tomes avant de découvrir son histoire plus intensément - il me tarde !). Mais aussi Conrad, encore un être torturé... ça promet ! Voilà qui augure de beaux moments de distraction.

La Valkyrie Sans Coeur (Les ombres de la nuit #2) par Kresley Cole
J'ai Lu 2010, coll. Crépuscule. Traduit de l'américain par Michelle Charrier 


25/11/11

“I really, really wanted to lose awareness of the here and now. The best way for me to do that was bury myself in a book.”

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J'ignorais à quoi m'attendre en ouvrant le tome 1 des Mystères de Harper Connelly mais j'ai très vite été emballée par ce que je lisais. Harper a été frappée par la foudre à l'âge de 15 ans, depuis elle possède la "faculté" de sentir les morts, de trouver les corps des disparus et de voir leurs derniers instants. Elle arrive avec son frère Tolliver dans la petite ville de Sarne, dans l'Arkansas pour retrouver le corps d'une adolescente et ainsi prouver que son petit copain ne s'est pas suicidé après l'avoir assassinée. L'affaire sent le roussi, d'autant plus que Harper et Tolliver ne sont pas accueillis les bras ouverts. Malgré tout, la jeune femme fait son truc et pense repartir aussitôt. C'est là que tout se complique, car son arrivée n'a pas fait que remuer tout un tas de fumier couvrant de gros secrets de famille, elle a aussi exacerbé des passions toutes plus folles les unes que les autres, le climat devient très, très lourd dans cette petite ville américaine, et pas seulement parce que le temps tourne à l'orage.
Honnêtement, ce fut une très bonne surprise que de se plonger dans cette atmosphère, Harper et Tolliver participent malgré eux à une enquête policière et nous font, en plus, entrevoir leur passé familial, très douloureux, et leur vie d'errance à se balader dans tout le pays pour mettre à profit le don de Harper. Nous comprenons aussi ses souffrances, son sentiment de solitude et de désoeuvrement dès qu'elle perd confiance en elle, ou dès que son frère disparaît de son champ de vision, leur relation est fusionnelle et même un peu hors norme. Tous deux portent aussi les stigmates de la disparition de Cameron, la jeune soeur de Harper, survenue quelques années plus tôt, et dont on n'a jamais retrouvé le corps, ce qui a pour effet d'obséder Harper. Une bonne série à suivre, selon moi (et courte, puisque seuls 4 tomes ont été publiés).

Murmures d'outre-tombe (Les mystères de Harper Connelly #1) - Charlaine Harris
J'ai Lu, 2011. Traduit de l'américain par Sophie Dalle. 

23/09/11

“My name is Gin, and I kill people.”

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Voilà une lecture qui ne m'a pas complètement séduite, sans me décevoir non plus. Quel casse-tête ! J'avais plus d'une fois envie de me dire, laisse tomber, mais j'étais trop curieuse de connaître la suite et, de fil en aiguille, je suis arrivée à la dernière page, la maudite, qui me lâche une info vile et mesquine, du genre à me donner (presque) envie de signer pour la suite. 
Argh ! Que de perversité dans ce monde de brutes. 
Jennifer Estep n'a rien inventé de nouveau, ce qui ne signifie pas que ça ne plaise pas aussi. L'héroïne est une dure, une vraie, elle est tueuse à gages, avec la conscience d'accomplir un nettoyage juste (elle ne zigouille que les pourris, les violeurs d'enfants, etc.). Elle a connu la rue, en est sortie à l'âge de 13 ans et doit son salut à Fletcher, son mentor, patron du Pork Pit, un second père. Et si la dame est aussi froide et intransigeante, c'est parce qu'elle aurait trop souffert de son passé et de sa faiblesse. 
Elle masque bien cette vulnérabilité derrière sa façade de bombe atomique et de redoutable machine à tuer. Elle fait du boulot vite fait, bien fait. C'est la meilleure sur le marché, aussi lorsque sa dernière mission vire à la catastrophe, ça chauffe à tous les étages car Gin, surnommée l'Araignée, ne tolère pas d'avoir été doublée. Assistée du fils de Fletcher, l'irrésistible Finnegan Lane, elle va donc jurer vengeance en levant son poing au ciel. 
En cours de route, elle s'associe également avec l'enquêteur de police, Donovan Caine, le type le plus intègre de la ville (Ashland serait un peu la soeur jumelle de Gotham City). Ces deux-là ont bien du mal à collaborer, ils sont ennemis par principe mais, bon, ils sont tous deux séduisants et le savent, ils se plaisent et s'attirent, ils jouent un jeu trouble et dangereux, pas de quoi arranger leurs petites affaires... 
A lire comme ça, c'est très excitant sauf que l'alchimie ne fonctionne pas du tout ! Déjà, Gin et Donovan ont l'un et l'autre des personnalités peu glamour, de ce fait leurs scènes de séduction sont risibles et ne produisent aucun effet. L'apparition d'un autre candidat, dans le tome 2, pourrait corriger l'erreur de casting de ce premier volume - ouf. 
C'est un peu juste pour se prononcer sur cette série, parce que l'histoire laisse entrevoir une intrigue sombre et retorse qui colle bien avec l'ambiance générale, mais je ne sais pas, il me manque le fameux petit truc en plus...

Le Baiser de l'Araignée (L'Exécutrice#1) - Jennifer Estep
J'ai Lu, coll. Crépuscule, 2011. Traduit par Agnès Girard. 

04/09/11

The Duke and I (Bridgerton #1) - Julia Quinn

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Simon Basset fête son retour à Londres en s'affichant aux petites sauteries organisées par la bonne société où toutes les mères mettent en pâture leur progéniture et se pressent autour des prétendants (dans l'espoir d'un bon mariage, cela va sans dire). Et c'est dans des circonstances plutôt mouvementées qu'il rencontre Daphné Bridgerton (en train de coller son poing en pleine face d'un admirateur trop insistant). Les deux se plaisent mais réalisent avec horreur qu'ils se connaissent (en fait, Simon est le meilleur ami d'Anthony, le frère aîné de Daphné) et donc toute idée de marivaudage leur est strictement interdite. Cela dit, face à la pression sociale, le couple met au point un plan tiré par les cheveux, selon lequel ils ne se quittent plus d'une semelle, font semblant d'être entichés l'un de l'autre avant de s'offrir une rupture nette et officielle qui ouvrira ainsi la porte à d'autres admirateurs pour Daphné et la liberté pour le jeune duc (celui-ci refuse absolument de se marier). Daphné et Simon entretiennent l'illusion à merveille, tant et si bien qu'ils finissent par tomber dans le piège tendu par Cupidon. Quelle terrible erreur ! 

Rien à ajouter sur cette première partie qui donne le sourire jusqu'aux oreilles ! Le couple est sensationnel. Contrairement à la plupart des héroïnes de romance, Daphné Bridgerton n'est pas une cruche qui minaude en jouant l'oie blanche (sauf exception, lors de son entretien avec sa mère où il est question de l'intimité conjugale... huhu). Simon est un homme séduisant et très attirant, mais son arrogance masque une blessure profonde. L'auteur a probablement voulu draper le héros d'un voile de mystère, en vérité cela s'est avéré chiant et redondant, heureusement que ça devient plus marrant dans la toute dernière partie, la plus croustillante. 

Parce qu'il faut bien admettre aussi que la tension sexuelle n'est pas flagrante pendant les 3/4 du roman, à la place cela ressemble plus à du badinage amoureux, entretenu avec esprit et facétie (même si l'attirance entre Simon et Daphné est bel et bien réelle). Et c'est donc en bout de course que ça s'éclate enfin et à fond ! Les relations du couple sont explosives, avec une soirée d'ivresse... ma foi... la lectrice jugera par elle-même. Ce premier tome de la saga est donc bon, il remplit avec brio toutes les exigences du cahier des charges, même si Simon marmonne trop dans sa barbe, au lieu d'envoyer au diable le passé. Ce tome sert également à présenter la fameuse tribu des Bridgerton, non mais quelle troupe tumultueuse ! J'ai souvent trouvé leurs manières pénibles et envahissantes, j'espère que ça va se tasser par la suite. En attendant, tout ceci se déguste en gloussant sans retenue, avec mention spéciale aux petites notes de la très mystérieuse lady Whistledown (j'ai une petite idée sur son identité, il faut que je vérifie ça...).

The Duke and I (Bridgerton #1) - Julia Quinn
Published January 2000 by Avon 
disponible en VF sous le titre Daphné et le duc (J'ai Lu, coll. Aventures & Passion) 

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25/07/11

Trois p'tits tours et puis s'en vont.

Ils sont passés entre mes mains, ils ont plu, un peu ou pas du tout, et ils ne m'ont inspiré aucune bafouille. Ce sera donc un tir groupé avec simple présentation de la 4ème de couv. 

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Quand il reprend conscience au milieu de ce champ de citrouilles, il ne peut plus bouger aucun de ses muscles. Pire, il a tout oublié : son nom, son passé, comment il est arrivé là. Seules certitudes : on a essayé de le tuer, Lazare est mort, Il a tué Lazare. Si seulement il pouvait se rappeler qui est Lazare... Ainsi commence pour Halloween un fascinant voyage, au cours duquel il rencontrera des smileys tueurs, un professeur sadique, les maigres bêtes de la nuit, l'âme soeur et, éventuellement, lui-même. Un voyage qui le mènera bien plus loin qu'il ne l'aurait cru possible, par-delà les frontières de la réalité...

Idlewild - Nick Sagan (J'ai Lu, coll. Nouveaux Millénaires, 2011)
Traduit par Patrick Imbert.

Compliqué, bizarre, présenté comme un croisement entre Matrix et Minority Report. Mais ce n'est pas un genre qui me séduit, finalement.

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Olympe est en vacances en Italie avec ses parents. Mal dans sa peau, elle est en conflit permanent avec Marie, sa soeur aînée. Alors que la famille visite un village, un terrible tremblement de terre se produit. Olympe est précipitée dans le gouffre qui s'ouvre sous ses pieds. Là, elle rencontre une étrange petite fille qui la conduit vers une salle secrète où repose un sarcophage en métal : c'est une vierge de fer, un antique instrument de torture. Presque malgré elle, l'adolescente déverrouille la serrure... Le lendemain, un corps est retrouvé à moitié dévoré dans les décombres du village en ruine. Seule rescapée du sinistre, Olympe est interrogée par la police. Quelle créature effrayante a-t-elle libérée ? Quelle force invisible la relie à ce monstre dénommé Carthago ? Embarquée à son insu dans une aventure au dénouement incertain, Olympe va explorer un monde secret et angoissant, peuplé d'êtres hostiles. De Florence à Rome, traqués par la police et un mystérieux savant qui rêve de les anéantir, Olympe et Carthago unissent leur destin à la recherche d'un secret millénaire.

Créatures - Florian Ferrier (Plon jeunesse, 2011)

Ambiance peu chaleureuse, malgré le cadre italien estival. Suis restée complètement en retrait. Là non plus les personnages n'ont pas su m'attacher. Sans compter cette couverture particulièrement repoussante.

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Dans une société traumatisée par la Seconde Guerre civile, la charte de la vie vient d'être signée. Elle stipule que l'on peut " fragmenter " un adolescent âgé de treize à dix-huit ans. La fragmentation consiste à " résilier " un enfant rétroactivement sans mettre fin à sa vie. Connor, Risa et Lev se retrouvent tous les trois sur la liste fatale. Leur seule échappatoire : fuir, se cacher, survivre alors qu'ils sont traqués par les Frags, la police des fragmentés. Thriller d'anticipation original et rythmé, ce roman initiatique de Neal Shusterman propose une réflexion intelligente sur l'indépendance et la quête de soi.

Les Fragmentés - Neal Shusterman (Le Masque, coll. Msk, 2008)
Traduit par Emilie Passerieux. 

J'ai trouvé ça long, les personnages ne m'ont pas touchée. J'ai été grandement déçue, car j'en espérais beaucoup.

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Gemma et Jess sont voisins et amis depuis toujours. Elle est plus jeune, se sent maladroite et empruntée, collectionne les gaffes et récolte une étiquette de cruche au lycée. Jess, par contre, est populaire, brillant, charismatique, toujours présent aux côtés de Gemma, même lors de situations embarrassantes... L'approche entre eux est douce, timide, tendre et très affectueuse. C'est charmant. A côté de ça, Jess va vivre un drame familial avec le divorce de ses parents, l'alcoolisme de son père et ses crises de violence. Malgré tout, cela ne plombe pas trop l'ambiance. 

Second Kiss - Natalie Palmer (Tate publishing, 2010)

Une histoire mignonne, mais tellement juvénile. Aussitôt lue, aussitôt oubliée. 


"Oh my God! I'm crushing an angel. Let me up!"

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Elena est une chasseuse de vampires, dans le sens où elle traque les plus récalcitrants sur ordre de mission de la Guilde, généralement sous contrat avec les Anges, lesquels sont également les créateurs des buveurs de sang. A aucun moment elle ne tue. Elle est la meilleure de son service, ce qui lui offre une opportunité en béton : décrocher le pactole si elle parvient à mettre la main sur un Archange devenu fou et qui sème le chaos. 
Pour cela, elle doit aussi composer avec Raphaël, son nouvel employeur au charme dévastateur, qui décrète qu'elle est sienne et qu'elle finira dans son lit. Youplaboum. Je vous passe les détails sur le langage fleuri du monsieur, les remarques pleines de délicatesse, tout en finesse, et l'opération de séduction subtile et sobre à laquelle il s'adonne... 
Argh, non franchement, n'en jetez plus, la coupe est pleine ! J'ai trouvé ça insupportablement grossier. L'attitude abusive du mâle m'a fait sortir de mes gonds, je sais que la pratique est courante dans cette littérature, mais cette fois je n'ai vraiment pas adhéré. C'est d'un vulgaire, sans tact et sans attrait à mon goût. Quelle déception.

Le Sang des Anges (Chasseuse de Vampires #1)) - Nalini Singh
J'ai Lu, 2011. Traduit par Luce Michel. 

"I've never heard a man's cock described as a fang before...." 
"Fang, cock.... It's all sexual to a vampire." 
"But not to an angel. My cock serves a highly specific purpose." 

Subtil, je vous dis... :/

21/01/11

In the mood for a good, steamy, old-fashioned bodice-ripping romance ?

IMG_2237Caleb Black, un nom qu'il suffit de prononcer pour frissonner de la tête aux pieds. La première fois qu'il se présente à Willow Moran, il lui fait l'effet d'un ange vengeur. Et pourtant elle a besoin de lui, besoin qu'il l'aide à retrouver son frère quelque part dans le Grand Ouest. Inversement, lui aussi va tirer profit de la situation, il recherche activement un dénommé Reno, celui-là même que Willow présente comme son époux (puisqu'il lui faut mentir à son sujet selon ses conseils reçus dans une lettre). Caleb ne dit rien mais il doute, il suffit de la regarder rougir dès qu'il lui pose des questions pressantes pour croire sérieusement à un mariage, selon lui, les deux sont simplement amants. Tant mieux, cela servira davantage ses plans. Caleb s'est juré de séduire cette beauté du Sud, aux manières raffinées, de retrouver Reno et de le buter.

La chevauchée à travers les Rocheuses s'annonce longue, très longue, tendue et périlleuse. A leurs trousses, on compte des hors-la-loi, des Comanches, des bandits qui veulent soit la tête de Caleb, récemment mise à prix, soit les pur-sang que Willow trimballe partout avec elle, et qu'elle considère comme ses gosses. La tension est palpable aussi (tension sexuelle, j'entends bien !) car l'homme et la femme vont se découvrir, s'apprécier et s'attirer. Alors oui, il y a pas mal de sensualité au fil des chapitres, et une leçon de pêche à la truite qui vaut le détour...

La suite est classique, comme souvent dans ce registre de romance historique. Caleb Black est un mâle, un vrai, qui protège les plus faibles et qui n'a qu'une parole lorsqu'il s'engage. Ses sentiments envers la petite Willow sont touchants, ce qui n'était qu'une simple affaire de vengeance personnelle va devenir un casse-tête chinois où les coeurs de nos deux protagonistes louperont presque un battement quand ils découvriront le pot aux roses (mais au moins ça relance l'action et la passion !).
Il s'agit en fait d'une réédition d'un titre paru déjà il y a quinze ans. Je crois même l'avoir lu à l'époque, c'était sympa de le retrouver...

Et je sais que vous attendez LA réplique culte, la voici donc :

 

Les longs cils de Willow s'abaissèrent doucement, ombrant ses joues, tandis que le soleil jouait avec leurs pointes dorées. Caleb la contemplait, fasciné.
- J'ai les yeux fermés, fit remarquer Willow au bout de quelques instants.
- J'ai vu. Où avez-vous déniché des cils de cette longueur, ma belle ?
- Je les ai volés à un veau.   
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Aventure dans les Rocheuses - Elizabeth Lowell
Traduit de l'américain par Catherine Plasait - J'ai Lu, coll. Aventures & Passions (2010)

07/01/11

Série : The MacLeods of Skye

Et c'est reparti pour un tour ! Alex MacLeod (le frère de Rory) est de retour d'une mission longue et fastidieuse, lorsqu'il surprend l'attaque d'un convoi par des brigands sanguinaires. Là, il vole au secours d'une demoiselle en détresse - Meg Mckinnon, une petite chose trempée jusqu'aux os, qui tient en joue son agresseur et reste bouche bée devant son sauveur (il quittera la scène aussitôt, sans avoir prononcé le moindre mot). Quelques mois après, Alex et Meg se retrouvent à la cour du roi. Lui fait mine de ne pas la connaître, elle est persuadée du contraire. Il est toujours en mission secrète, cette péronnelle menace ses plans, à eux de se tenir à distance (car, accessoirement, Meg est à la recherche d'un époux, un homme loyal, fort et de confiance, et non un mercenaire qui vend ses services au plus fort, comme le prétend Alex - mauvais candidat, donc).

Bien entendu, plus ils essaient de s'éviter et plus ils se collent ! C'est LE schéma classique, et je mords à l'hameçon avec grand plaisir. Je n'oublie pas les à-côtés rebattus (le romantisme, les clichés, blablabla). L'auteur insiste également trop sur l'impossibilité de leur union, à tel point que le suspense est éventé (ils sont faits l'un pour l'autre, ils vont se marier et vaincre l'insurmontable, bah voyons !). Ce n'est pas une grande saga flamboyante, il manque de la passion sauvage et folle (oui, je sais) mais j'ai tout de même trouvé ce deuxième livre meilleur que son prédécesseur (lequel était potable, sans plus). Les premières rencontres entre Alex et Meg arrachent quelques sourires, ce n'est pas le nirvana non plus (le côté fleur bleue parfois me pèse) mais ça se lit avec plaisir ! Enfin j'ai bien aimé sur le moment.

Et le fameux passage qui marque LA rencontre entre nos héros (c'est vous dire...) :

Soudain, en une fraction de seconde, sa prière fut exaucée sous la forme d'un impressionnant destrier noir qui surgit d'entre les arbres.
Un chevalier. Non, un guerrier. Il ne portait pas d'armure, mais la cotte de mailles d'un chef. Sa carrure seule faisait de lui un être d'exception. Il était l'homme le plus puissant que Meg ait jamais vu. Grand et musclé, il semblait taillé dans la pierre, tant il était imposant.
La jeune femme fut parcourue d'un frisson de terreur. Un agresseur allait-il en remplacer un autre ? Leurs regards se croisèrent. Elle demeura bouche bée face à ses yeux d'un bleu limpide, dans un visage viril en partie dissimulé par une barbe de plusieurs jours. Elle décela une autorité incontestable chez cet homme, mais aussi quelque chose de rassurant.

 

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Je rappelle mon avis sur le premier livre (La Loi du Highlander) :

Lui, Rory MacLeod, fier Highlander, accepte pour promise Isabel MacDonald, fille du clan ennemi. Le pacte est signé pour un an et un jour, après cela c'est chacun chez soi. Turlututu, la belle demoiselle ne l'entend pas de cette oreille. Sur les conseils de son oncle, vil et sournois, elle doit tout mettre en oeuvre pour faire perdre la tête du Highlander, afin de lui dérober ses secrets. C'est facile quand on possède la beauté et l'intelligence d'Isabel... Et pourtant, Rory résiste ! Il ne veut pas, non, il résiste. Oh bien entendu, il brûle secrètement de passion pour la donzelle, il rêve de lui faire connaître les plaisirs de l'amour, mais le Highlander est un gentleman. Il ne veut pas abuser de la situation, bien qu'il partage le lit d'Isabel, où rien, jamais, ne se passe, pas un frémissement, à peine un effleurement, et encore par accident ! Notre Highlander se refuse d'enfreindre son code de l'honneur, il est noble, il restera chaste, on croit rêver !

Oui mais voilà, c'est une jolie histoire d'amour, teintée de romantisme et auréolée d'un voile d'érotisme, et si vous en attendiez plus, c'est bien dommage ! L'histoire aurait pu être un poil plus drôle et coquine, d'abord si l'auteur avait cessé de répéter quinze mille fois le terrible dilemme qui oppresse l'un et l'autre des protagonistes, ensuite s'il y avait eu un peu moins de longueurs et de maladresses, l'ensemble n'est rien d'autre que convenu et attendu.

Restent le fantastique paysage écossais, l'île de Skye dans toute sa splendeur, le sentiment d'appartenir à un clan car la famille de Rory MacLeod est attachante, et vivre à Dunvegan vous procure une délicieuse sensation de bulle réconfortante, sans oublier quelques bonnes scènes classiques (et efficaces), comme lorsque Isabel s'affiche dans une robe indécente au moment du souper, excitant la jalousie de Rory, qui l'entraîne aussitôt par le bras jusqu'à leur chambre pour l'obliger de se changer. Ou lors de l'agression dans les sous-bois par un vilain voisin, Rory intervient in extremis pour sauver la vertu de sa demoiselle en détresse et commence - enfin ! - à manifester son affection. Globalement, c'était gentil, mais j'espérais plus de sensations fortes ! ...

Traduit de l'américain par Elisabeth Luc - J'ai Lu, coll. Aventures & Passions (2010)

Le troisième tome sortira le 16 mars ! 

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30/10/10

En poche ! #33

 

 

 

* twistTwist, de Delphine Bertholon

Une fillette de onze ans est enlevée sur le chemin de l'école. Pendant cinq ans, la petite Madison Etchart ne donnera aucun signe de vie. Elle s'est évaporée. Une Volvo noire a croisé son chemin, et zou. Plus rien. Les enquêteurs ignorent tout des circonstances, une cellule de crise est créée mais les maigres pistes aboutissent à des désillusions. A la longue, les parents de Madi se renferment mais ne veulent pas perdre espoir. Pour sauver sa peau, la mère écrit de longues lettres à l'absente, qu'elle ponctue d'un "N'oublie jamais que je t'aime", et se promet de les brûler le jour où sa fille rentrera.

Cette histoire, inspirée d'un fait divers, sait admirablement échapper au témoignage délirant et larmoyant - toute disparition d'un enfant est vécue comme un vrai cauchemar par les familles concernées. Or on ne lâche aucune larme, c'est incroyable ! J'avais personnellement peur de tomber dans une emphase déplacée, un climat malsain et éprouvant. J'ai eu l'agréable surprise de lire une histoire passionnante, écrite avec justesse et élégance. Le récit de la petite Madison, notamment, se révèle étonnant, charmant, plein d'humour et d'ironie. On côtoie ses heures de captivité, pas toujours drôles non plus, mais on échappe à toute névrose, toute affliction. C'est une lecture que je conseille pour sa vitalité et son message d'espoir. Cela parle aussi d'attente et d'amour, à un sens très large !

> en librairie le 18 août

* hors_jeuHors-jeu, de Bertrand Guillot

Jean-Victor Assalti est un Dominant, un jeune loup aux dents longues. Brillamment diplômé, il a connu une ascencion fulgurante dans sa boîte de com jusqu'au jour où tout s'écroule. Chômage, attente, désespoir, honte et sentiment d'humiliation. Il décide alors de s'inscrire à un casting pour un jeu télévisé. Lui qui pensait se moquer des autres se trouve bien à son propre piège...

« Hors Jeu » est le premier roman qui va vous convier dans les coulisses des jeux télé (rappelez-vous « La Cible » qui a remplacé la cultissime « Pyramide » sur France 2 !), et ce faisant, suivre l'entreprise d'un Rastignac des temps modernes, chassé de son sérail, et farouchement déterminé à reconquérir sa place au soleil. L'aventure de ce fier spadassin frise l'insupportable, l'insolence, c'est méchant et volontairement grinçant, mais on adore ça ! Drôle et agaçant,  bonjour l'esbroufe !

> en librairie le 25 août

* val_de_graceVal de Grâce, de Colombe Schneck

Situé dans un quartier parisien, le Val de Grâce était un appartement cossu, le lieu magique de toute une enfance, une bulle d'un autre temps, où l'on se sentait coupé du reste du monde. C'était aussi un monde enchanteur, anarchique, où les enfants évoluaient dans un brouhaha constant, sous la coupe bienveillante de Madame Jacqueline, qui lavait, repassait, reprisait et rangeait, cuisinait de la mousse et de la crème au chocolat. 

Au Val de Grâce, tout n'était qu'illusion et poudre aux yeux. Il fallait rendre la vie des enfants féérique, idyllique, douce et sans heurts. Chaque désir était comblé (danser avec Fred Astaire, apercevoir le monstre du Loch Ness, rencontrer le prince à Buckingham Palace, avoir un crédit illimité à la boulangerie).   

Ce furent vingt-trois années de rêve, et pourtant la narratrice a failli tout oublier. Sa mère vient de mourir, la voici face à son héritage. L'heure de solder tous les comptes.   

Le récit est tour à tour pudique, émouvant, drôle et attachant. L'auteur, pleinement consciente d'avoir vécu un rêve, adopte une lucidité franche et honnête, révélant aussi ce que ses parents ont toujours cherché à dissimuler, à expliquer leur exubérance comme une revanche sur la vie. C'est un roman touché par la grâce, qui reste simple et qui ne fait pas montre d'un trop-plein d'amour mièvre et écoeurant. Sa sensibilité le rend, au contraire, sincère et véritablement attachant.

> en librairie le 25 août

* appartement_temoinL'appartement témoin, de Tatiana de Rosnay

Il s'agit du tout premier roman de Tatiana de Rosnay ! Un quinquagénaire désenchanté, après un divorce douloureux, emménage dans un bel appartement moderne au coeur du VII° arrondissement. Des ondes énigmatiques l'assaillent, ainsi que la vision d'une belle et mélancolique pianiste qui semble hanter l'appartement. Le voilà parti de New York à Venise sur les traces de la mystérieuse inconnue ...

Déjà dans ce premier roman, Tatiana de Rosnay abordait des thèmes qui allaient devenir récurrents : la mémoire des murs. La quête de cet homme pour découvrir qui était cette pianiste ressemble à une course à perdre haleine, c'est vif et passionnant. Et même si le personnage manque de charisme, son histoire parvient à nous arracher de notre torpeur car les dernières pages sont plus que surprenantes !

> en librairie le 1er septembre

 

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29/10/10

Une si douce fureur, de Christian Authier

une_si_douce_fureurIl y a six ans, Valentine et le narrateur se sont aimés avant de se séparer. Ils se retrouvent par hasard. C'est plus qu'un signe, pour le narrateur cela signifie que Valentine est bel et bien la femme de sa vie. On parle alors de rencontre amoureuse et de plénitude sentimentale revêtues de leurs plus beaux atours, sauf que tout n'est jamais rose dans le meilleur des mondes... le narrateur l'apprend à ses dépens. Troisième roman de Christian Authier, "Une si douce fureur" a  été en fait ma première rencontre avec l'auteur. J'avais été tellement emballée que j'avais aussitôt voulu lire ses précédents romans (Enterrement de vie de garçon ; Les liens défaits). Jamais niaiseux, ce roman parle d'une relation amoureuse actuelle, ordinaire, avec ses hauts et ses bas. De très belles références accompagnent les pérégrinations du narrateur, et aboutissent sur une conclusion toute poétique : "J'ai perdu ma vie à t'oublier et à me souvenir de toi, à te fuir et à te poursuivre" (Octavio Paz). Un vrai hymne à l'amour, si vous en doutiez...

J'ai Lu, septembre 2010 - 4,20€

EXTRAIT :

" Ceux qui vivent dans les livres, par et pour les livres forment une race curieuse. Pourquoi se retrancher de la réalité et des vivants pour engloutir des centaines de milliers de pages écrites le plus souvent par des morts ou des inconnus que nous ne rencontrerons jamais ? A quoi bon refuser la "vraie vie", au profit d'histoires imaginées ou réinventées ? Pourquoi, parmi ces lecteurs frénétiques, certains jugent-ils bon parfois d'ajouter quelques pages aux bibliothèques déjà existantes ?
Tout simplement parce que nos existences et nos sentiments ne sont finalement justifiés que lorsqu'ils reçoivent l'onction de la fiction ou de la création littéraire. Les livres qui nous accompagnent sont des preuves précieuses. Ils nous confortent dans nos erreurs, nos doutes, nos croyances, nos colères, toute cette somme de mollesses et de crispations qui fait de nous des inadaptés. Ce sont les papiers d'identité de clandestins qui trouvent dans la compagnie des ombres que nous permettent les écrivains une franc-maçonnerie informelle. La littérature ne possède aucune valeur thérapeutique. Un temps, elle peut nous anesthésier, elle ne nous guérira pas de nos plaies et blessures. Ce n'est pas son rôle. Nous traînons avec des livres dans les poches et des phrases dans la tête. Pas dupes de cette fragile mais précieuse carapace, nous nous ébrouons dans une dimension parallèle, entre les vivants et les morts, entre notre réalité recomposée et celle, sèche et étroite, des autres humains.
C'est cet "état d'esprit" qui fait de nous des êtres à part, des réfractaires, des marginaux. "

 

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