30/10/09

Fièvre Noire ~ Karen Marie Moning

J'ai Lu semi-poche, 2009 - 410 pages - 12€
traduit de l'anglais (USA) par Cécile Desthuilliers
titre vo : Darkfever

fievre_noireAu commencement, MacKayla est une jeune américaine d'une vingtaine d'années, au physique de poupée barbie, qui mène une existence idyllique et sans nuage. Ses parents sont en croisière, sa soeur aînée est en voyage d'études à Dublin et la demoiselle paresse au bord de la piscine en écoutant son ipod.
Le chapitre suivant, c'est le drame.
La police irlandaise lui apprend l'assassinat d'Alina, probablement livrée aux griffes d'un psychopathe. L'enquête piétine, avant d'être bouclée moins d'un mois après le crime. La famille Lane est dévastée, MacKayla prend aussitôt la décision de partir pour enquêter sur le terrain et découvrir les circonstances affreuses du meurtre de sa soeur.
Alina semble en effet avoir basculé dans des affaires louches, lorsque MacKayla découvre les derniers messages laissés sur son répondeur de téléphone portable, sa soeur lui fait part d'informations obscures et sans queue ni tête. MacKayla fonce bille en tête, débarque dans une ville inconnue, totalement livrée au fog qui lui fait perdre tout sens d'orientation. Et sur place, la jeune femme est horrifiée par ce qu'elle VOIT. Des visions qu'elle seule semble avoir le pouvoir. Une vérité horrible et oppressante qu'elle refuse farouchement de croire.
En chemin, elle fait la connaissance de Jéricho Barrons, libraire et bibliophile, un beau brun ténébreux, macho et goujat, qui lui secoue les puces en lui ordonnant de rentrer au pays, pauvre petite agnelle qu'elle est, à se jeter dans la fosse aux loups affamés.
Et ce n'est pas qu'une image, car la suite promet des révélations toutes plus sordides et mortifiantes les unes que les autres !

Fever est une série qui connaît un gros succès aux USA, et je peux vous assurer que c'est mérité. Fièvre Noire (ou Darkfever), le premier tome, nous fait découvrir des personnages attachants et agaçants à la fois, avec une MacKayla Lane particulièrement superficielle et idiote dans la toute première partie de ce livre, même si on reconnaît en son for intérieur qu'on ne serait probablement pas plus brillante qu'elle dans de pareilles conditions ! Heureusement, son personnage s'étoffe au fil des pages et passe de la blonde bimbo à une créature plus racée et plus mature aussi. Tout n'est pas gagné non plus, cela participe à la légèreté de la lecture et c'est appréciable.
Car Fièvre Noire est une lecture facile, agréable et distrayante, où l'on passe du rose au noir en toute impunité, sans ciller. Karen Marie Moning nous fait en effet pénétrer un monde obscur peuplé de faës et autres créatures délicieuses (ahem, ahem) avec une facilité qui ne nous laisse guère le temps d'être décoiffés ! Personnellement cela me convient tout à fait, car je déteste me triturer les méninges pour comprendre les intentions de l'auteur.
Bref, on ne fait pas que broyer du noir non plus... il y a aussi de la sensualité et un zest d'érotisme, entre MacKayla et le sombre Barrons, par exemple, l'antagonisme est évident, cela provoque des étincelles, les échanges verbaux sont cinglants, mais dans le même temps il y a un truc comme une attirance physique pas bien définie, et là encore, c'est tant mieux car cela va permettre à l'histoire de mieux se développer (on ne peut pas tout avoir sur un plateau non plus, ce serait lassant).
Ah, et il y a aussi un autre personnage (que je ne nommerai pas) et dont la fonction est d'être dotée d'une telle puissance sexuelle qu'il tue toute humaine avec qui il a des relations, à moins qu'il ne décide de la protéger de son érotisme mortel. Hiiiii ! La rencontre m'a bien fait rire, c'est un passage hallucinant et cocasse. Vivement la suite ! 

Hélas, préalablement annoncé en octobre 2009, le tome 2 (Fièvre rouge) sortira finalement en février 2010. Grrrr. Du coup, j'ai commandé Bloodfever en anglais.  :p

> Trillian aussi s'est prise au jeu !

edit du 31/10 :

je viens de trouver sur Only simple things un cliché qui illustre parfaitement l'idée que je me fais de la librairie-refuge de Jéricho Barrons ...

fievre_noire_librairie

(cliquez sur l'image pour voir en plus grand !)

Free Darkfever Download

Darkfever, the first book in Karen Marie Moning's Fever series is now available for free download. Go to Suvudu site for more information.

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21/08/09

Brûlés par le désir ~ Johanna Lindsey

Editions J'ai Lu 1997 - 314 pages - 6,50€
Traduit de l'anglais (USA) par Nathalie Dallain
Titre vo : Love me forever

brules_par_le_desir_1L'Ecosse, le clan des MacGregor, un maraudeur prêt à tout pour sauver un château en ruines, bref j'en salivais d'avance. Et puis, plouf. Adieu l'Ecosse. Toute la clique rejoint la saison londonienne pour la chasse à l'épouse (riche, de préférence) car le chef du clan doit absolument renflouer les caisses désespérément vides (la belle-mère, devenue veuve, a pris la poudre d'escampette avec l'héritage de la famille).

Yan MacGregor est un type très, très grand, au charme dévastateur... mais c'est aussi un épouvantable coeur d'artichaut ! On le découvre au début amoureux éperdu d'une dénommée Megan, dont la beauté lui a fait perdre la tête, il y a un an elle était en chemin avec son fiancé lorsque l'Ecossais a commis la folie de la kidnapper pour la faire sienne. La belle a été sauvée, sa vertu restée intacte, elle est désormais l'épouse du duc de Wrothston, et c'est dans le manoir de Sherring Cross que Yan va déposer ses valises (car, ne le sait-il pas encore, mais il est un cousin éloigné du mari de Megan !).

Les retrouvailles s'annoncent chaudes, chaudes, chaudes.
Que nenni. Megan est une épouse fidèle, elle est insensible aux déclarations enflammées de l'Ecossais, en fait elle a pour projet de lui faire épouser la jeune Lady Kimberly Richards, priée par son horrible père de trouver au plus vite chaussure à son pied. Or voilà, d'après la description faite de la jeune fille, ce n'est pas une beauté ravageuse, elle a un beau sourire, elle est mince, presque trop grande, ses cheveux blonds couronnent de boucles un visage qu'elle juge plutôt fade, malgré d'immenses prunelles en amande d'un vert aussi pur que l'émeraude.

La première rencontre entre Yan et Kimberly est donc un Grand Moment. Lui fait son entrée comme un bourrin, et elle a la morve au nez (oui, oui) et s'essuie avec la manche de sa robe (erk) tandis qu'elle bave d'envie devant l'apollon qui s'offre à elle. Le laird est passablement dégoûté, d'ailleurs il n'a d'yeux que pour la très belle Megan, auprès de laquelle il conte fleurette sans tarder. La relation entre les promis n'en restera bien évidemment pas là, il y aura enfin du rapprochement, avec une nuit d'amour, la première, assez particulière (la demoiselle est tellement imbibée, trop de champagne bue durant une soirée, qu'elle croit rêver qu'un type se glisse dans son lit et la déflore sans le réaliser concrètement !). Eeek.

Yan MacGregor a maintenant opéré un virage à 180° puisqu'il est fou de lady Kimberly (coeur d'artichaut, vous dis-je) mais il tente une dernière entreprise auprès de Megan, en ignorant que sa promise est témoin de la scène. Dé-goû-tée ! Kimberly rompt toutes idées d'alliance avec l'Ecossais, elle s'étourdit dans les bras d'autres prétendants, ce qui exacerbe la jalousie du laird ! J'ai d'ailleurs trouvé toute cette partie excellente. C'est d'un classique, tu me tiens, je te tiens, par la barbichette, etc. mais c'est un roman de Johanna Lindsey (la même qui a écrit la Viking insoumise, rrrrh !) et donc on a droit à beaucoup d'humour, de passion et d'aventures.

Par contre, grosse déception, dès la page 200, les carottes sont cuites ! Tsss. A mon goût, le roman va remplir les 120 pages restantes avec du n'importe quoi, de façon trop académique aussi, chaque dossier est traité un par un, chaque solution apportée avec une facilité absolument pas crédible, c'est énervant. J'ai donc fini mon petit bouquin rouge passion en poussant d'énormes soupirs (de frustration, d'ennui, de rage, de désespoir) et en pensant déjà au prochain Aventures & Passions que j'allais dévorer. Pour me consoler, cela s'entend.

Et j'en profite pour signaler qu'il existe deux autres romans jamais traduits en français de la série des Highlanders, par notre chère Johanna Lindsey (après deux livres lus, j'estime que nous sommes intimes), en premier Man of my dreams, qui raconte les folles aventures passionnantes entre Megan et Devlin, incluant le kidnapping insensé de l'Ecossais ^-^, et The pursuit, la suite, qui n'a pas remporté un gros succès auprès des lectrices, et qui raconte les amours de la prochaine génération.

Avant de conclure, voici notre petit comparatif des couvertures ! ^-^

la première édition française de 1997 (contre celle de 2009 ci-dessus) /  la couverture de l'édition américaine, trèèès trèèès fade à côté !

brules_par_le_desir_2  brules_par_le_desir_vo

no comment, dirons-nous.

version courte :

Mon commentaire va être plus modéré que celui des autres internautes, car j'ai trouvé cette lecture agréable, mais décevante également. Le personnage masculin est un épouvantable coeur d'artichaut, il papillonne de fille en fille sans ciller, et la demoiselle ne cesse de rougir du début à la fin, elle semble aussi très souvent subir ses actes et ceux de son séducteur sans réelle opposition (la première nuit d'amour dépasse l'entendement, l'abus d'alcool a tout de même ses limites !).

J'ai cependant beaucoup apprécié la partie durant laquelle Kimberly, ayant réalisé que Yan était amoureux d'une autre, rompt toutes idées d'alliance avec lui et s'étourdit dans les bras d'autres prétendants, ce qui exacerbe la jalousie du laird. C'est d'un classique, tu me tiens, je te tiens, par la barbichette, etc. mais c'est un roman de Johanna Lindsey (la même qui a écrit
La viking insoumise, rrrrh !) et donc on a effectivement droit à beaucoup d'humour, de passion et d'aventures.

Par contre, grosse déception, dès la page 200, les carottes sont cuites ! Tsss. A mon goût, le roman va remplir les 120 pages restantes avec du n'importe quoi, de façon trop académique aussi, chaque dossier est traité un par un, chaque solution apportée avec une facilité absolument pas crédible, c'est énervant. J'ai donc fini mon petit bouquin rouge passion en poussant d'énormes soupirs (de frustration, d'ennui, de rage, de désespoir) et en pensant déjà au prochain Aventures & Passions que j'allais dévorer. Pour me consoler, cela s'entend. 

 

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10/08/09

La viking insoumise ~ Johanna Lindsey

Editions J'ai Lu, 1992, rééd. couverture 2009 - 380 pages -6,90€
Traduit de l'anglais (USA) par Paul Bénita
Titre vo : Hearts aflame

la_viking_insoumiseNorvège, 873 après JC.
Kristen Haardrad est belle, blonde, très grande, elle ne manque pas de soupirants mais elle refuse toutes les propositions de mariage. Elle attend le grand amour et, comme elle a soif d'aventures, voudrait accompagner son frère Selig qui part avec trois drakkars et une trentaine de compagnons pour vendre des peaux et des fourrures dans l'Est. Son père refuse catégoriquement mais la jolie viking n'en fait qu'à sa tête : elle va se cacher dans la cale du bateau et se trouver à bord d'une mission beaucoup plus périlleuse.
En effet, Selig a menti à ses proches, puisque c'est un raid vers les côtes saxonnes qu'il a magouillé. La présence de Kristen se révèle plus que compromettante, d'ailleurs l'attaque tourne à la catastrophe. Les norvégiens tombent dans une embuscade, de nombreux morts et blessés sont à déplorer, et Kristen assiste impuissante à l'assassinat de son frère.
Avec une poignée d'hommes, dont son cousin Thorolf, la jeune femme est détenue prisonnière, déguisée sous des oripeaux masculins. Ils sont amenés au domaine de Royce de Windhurst, un type très, très beau et bâti comme un dieu, mais au caractère détestable. Car Royce hait les vikings depuis qu'une précédente invasion a coûté la vie de son père, son frère et sa fiancée. L'heure est venue de se venger.
Finalement, il va retenir le monstre sanguinaire qui veille en lui et accorder aux vikings sa clémence. En échange, ils vont devenir ses esclaves et bâtir une forteresse contre les Danois qui stagnent au Nord du pays.
Les semaines passent sans heurts, Kristen joue le jeu et reste discrète, mais le petit manège des norvégiens est vite démasqué. A elle, la vie de château ? Pas vraiment. En guise de comité d'accueil, Kristen se bat avec deux hommes et quelques femmes, dont la maîtresse de maison, parce qu'il est question qu'elle prenne un bain. ^-^
Sa taille impressionne et sa réputation de viking la précède. D'office son entrée tapageuse annonce qu'elle a besoin d'être matée. Ajoutez qu'elle accepte d'être prise pour une catin, puisque c'est à ce prix qu'aucun Saxon n'abusera d'elle ! ^-^
Oui, oui, il faut le lire pour le croire. C'est tordu, mais logique. A leur façon. (Très tirée par les cheveux !) J'adore les romancières américaines éditées chez Aventures & Passions !!!

Enfin bref, les relations entre Kristen et Royce ne seront jamais reposantes, c'est le feu de la saint-jean qui brûle perpétuellement entre eux. Et puis, la viking n'est pas prude, elle est attirée par le saxon et le lui fait savoir, en se montrant séductrice en diable, ce qui lui change de la péronnelle anglaise qui lui sert de fiancée occasionnelle - Corliss de Raedwood, une magnifique créature aux tresses d'or rouge et aux yeux noisettes. Je pensais qu'elle aurait joué un rôle plus important dans l'histoire, mais ça équivaut à un fétu de paille. Dommage. Elle était garce et redoutable à la fois, ça aurait pu promettre.
Néanmoins, la relation entre Royce et Kristen reste intense.
Même si je trouve pénible, à la longue, la présence des chaînes. Kristen est une esclave, elle doit porter des chaînes aux pieds. C'est entendu. Mais après sa première nuit d'amour, elle estime avoir gagné le droit de les enlever. Que nenni. Le type est assez goujat pour lui demander de les remettre, tous les matins, sitôt qu'elle quitte son lit.
Rhooo.
Je comprends notre Viking insoumise !
Le coup des chaînes, donc, va longtemps rester un sujet de discorde. Et ça traînaille inutilement.
Royce, t'es trop macho !!! ^.^

Quant au reste, j'ai vraiment accroché. L'héroïne est loin d'être une vierge effarouchée, elle a son franc-parler et elle sait se défendre. L'épisode où elle est kidnappée par l'ennemi de Royce est un passage à porter au pinacle, c'est franchement aberrant et démesuré, du genre wonderwoman sans peur et sans reproche qui vient à bout, seule, de tous les obstacles sur son passage... elle porte sur son dos un Royce à moitié dans les vapes, en train de se vider de son sang, elle chevauche sa monture à bride abattue, et elle assomme de ses poings quiconque se dresse sur son passage, rhooo !
C'est carrément too much mais ça me manquerait si ce genre de romance en était totalement dépossédée ! ^.^
Argh, des défauts deviennent des qualités, c'est dire mon degré d'addiction pour la collection J'ai Lu Aventures & Passions !!!

En fait, ce n'est pas une découverte pour moi car j'ai des excellents souvenirs de lecture qui datent de mon adolescence. J'ai donc repioché plusieurs titres dans des vieilles valises, dont La Viking insoumise, je savais que c'était un très bon moment à passer, 400 pages de passion ardente, à dévorer d'une traite, et je n'ai pas boudé mon plaisir.
Tout est excessif, flamboyant, passionné et passionnel, c'est usant quand on arrive aux dernières pages (la fin est d'ailleurs un summum du genre, pfff !) : Royce de Windhurst roule des mécaniques à s'en déboîter les épaules, et la famille Haardrad n'est pas en reste, championne toutes catégories dans la crânerie, hanlala. Quel concours de bourrins, ça devient n'importe quoi.
Et c'est la honte... ultime, parce que je n'ai pas su décrocher du livre avant d'avoir tourné la dernière page, c'est dire combien j'y prends goût ! ^.^
Donc, ceci n'est pas qu'une passade.
Damned.

* -- *  -- * -- *

 

harlequinades

A souligner : le billet de Chiffonnette qui dénonce le relooking de la collection Aventures & Passions dont les couvertures se sont parées d'une hypocrisie presque regrettable... moins de muscles apparents, moins de chevelure au vent, moins de torse bombé, moins de tuniques déchirées qui dévoilent une plantureuse poitrine... y'a plus de morale, mes braves gens ! ^-^

Pour connaître la couverture originale de La Viking insoumise, cliquez ici

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01/08/09

La rebelle flamboyante ~ Heather Graham

Editions J'ai Lu, 1997 - Couverture 2009 - 350 pages - 6,50€
Traduit de l'anglais (USA) par Daniel Garcia

la_rebelle_flamboyanteTerritoire de Floride, 1837. La flamboyante Tina Warren a été priée par son détestable beau-père, le colonel Michaël Warren, de quitter Charleston pour débarquer à Tampa alors que le pays se livre un combat sans merci pour chasser les indiens Séminoles qui occupent cette région marécageuse.   
Tina est à mille lieux des considérations politiques et militaires. Elle est accueillie à Cimarron, la propriété du couple McKenzie (Jarrett et Tara, dont les aventures torrides sont à découvrir dans La fugitive des bayous, pour votre information).

Le soir même, une fête d'anniversaire est donnée et la rencontre explosive a lieu : Tina contre James, dit Ours rapide, un sang-mêlé, de père écossais et de mère séminole, séduisant brun aux yeux bleus, exsudant la virilité, la noblesse et la force sauvage. Tout un programme.
Il s'agit aussi du demi-frère de Jarrett. Ils ont reçu la même éducation métissée, mais James a préféré se tourner vers sa lignée indienne pour vivre à leur façon, en concédant de temps à autre une apparition dans le beau monde.
Sa rencontre avec Tina se passe très mal. Elle est la fille du type qu'il déteste plus que tout au monde. A ses yeux, elle ne vaut pas mieux que lui. Tina, de son côté, est fascinée par sa beauté animale, vite douchée par l'accueil qu'il lui réserve.

D'office, le roman s'ouvre sur une scène bourrée d'action (Tina est tombée dans une embuscade mêlant l'armée et les indiens), de suspense (la demoiselle a un coutelas sous la gorge, son scalpel va bientôt devenir le trophée de son assaillant) et d'érotisme fou (la belle est enlevée dans une hutte de roseaux, avec pour comité d'accueil une bousculade rapide et énervée dans les herbes) ... et nous ne sommes qu'à la page 15 !

Ne nous emballons pas. Ceci n'est qu'un préambule. Le chapitre d'après nous replace six mois en arrière, lorsque Tina et James se rencontrent pour la première fois, se détestent cordialement, s'attirent, se repoussent, se lancent des noms d'oiseaux, se cherchent, se bousculent et non ils ne se réveillent pas.

Comme d'habitude.

Extrait :

 

 

 

 

 

 

Elle s’allongea sur le lit et ferma les yeux pour mieux retenir les larmes qu’elle sentait venir. Quand elle entendit de nouveau marcher dans le couloir, elle se releva d’un bond, sortit sur la galerie et courut jusqu’à la porte-fenêtre qu’elle savait être celle de sa chambre.
La pièce était vide. Il était parti.

Un sanglot dans la gorge, Tina revint dans sa chambre et se jeta sur le lit, se retenant de fondre en larmes.

Un léger bruit, au-dehors, la fit se retourner. Elle regarda par la porte-fenêtre et, à sa grande surprise, elle l’aperçut là, torse nu, éclairé par la lune. Il la regardait. Il paraissait si calme qu’il devait l’observer depuis un moment. Soudain, il entra dans la pièce et se dirigea droit vers elle. Tina n’eut pas le temps de s’écarter : il l’avait déjà attrapée par le bras pour l’attirer contre lui.

- Vous n’avez pas le droit…, protesta-t-elle. Vous ne pouvez pas entrer dans ma chambre comme si…

Elle ne put terminer sa phrase. Il s’était emparé de ses lèvres pour un baiser passionné. Sauvage.

- Vous êtes venue devant ma chambre, dit-il en relâchant ses lèvres. Pourquoi ?

- Pour vous dire au revoir.

- Non.

- Pour vous dire au revoir !

- Vous mentez, Tina. Vous êtes venue pour autre chose.

- Non.

- Dites-moi pourquoi.

- Pour vous dire…

- Je veux la vérité !

- J’étais venue…

- Pour moi. Et pour ça…

Il l’embrassa encore. Tina aurait voulu se débattre, lui échapper, mais au lieu de cela elle lui rendit son baiser. Sa sauvagerie l’effrayait autant qu’elle l’attirait. A cet instant précis, elle ne pouvait rien rêver de plus beau que de se trouver dans ses bras puissants. Bonté divine, elle devait absolument se reprendre ! Ne pas oublier qu’il la haïssait !

Il la relâcha soudain et s’écarta d’elle pour la contempler. Aucune lampe ne brûlait dans la pièce. La seule clarté de la lune accentuait le contraste entre la blancheur de sa peau, celle de sa chemise de nuit et le flamboiement de ses cheveux. James s’approcha de nouveau d’elle.

- Attendez ! dit-elle.

- Attendre quoi ? J’allais partir de cette maison, vous m’avez décidé à rester. Vous ne pourrez plus m’arrêter, à présent.

Elle faillit crier quand il commença à délacer sa chemise de nuit. En quelques secondes, elle se retrouva nue dans ses bras, tremblante de désir et d’appréhension. Quand il voulut la coucher sur le lit, elle trouva enfin la force de le repousser et s’aperçut qu’il souriait.

- Je ne vous laisserai pas vous moquer de moi, ni me ridiculiser ! lui lança-t-elle. Jamais !

Il secoua la tête.

- Je ne me moquais pas de vous, mais de moi, murmura-t-il. Parce que, au lieu de quitter Cimarron, je vais rester ici toute la nuit. Dans cette chambre. Le petit papillon s’est approché trop près de la bougie…

 

 

 

 

Hihihi. J'adore ça. C'est délicieusement niais.

Même si l'histoire, à la base, est élémentaire, nous avons un mâle beau, arrogant, tiraillé par ses deux cultures (blanche et indienne) et une héroïne tout aussi charmante, au caractèrement bien trempé. Fatalement l'attirance entre les deux est immédiate, mais animée par la haine. En effet l'homme abhore la jeune femme pour ce qu'elle représente (la fille du colonel qui extermine tous les indiens Séminoles) et elle s'en veut de céder si facilement à la passion, car elle a sa fierté et son orgueil, je ne parle pas de sa vertu dont elle fait peu de cas !

Leur liaison est impossible, mais l'interdit est irrésistible et nos deux amants vivent une passion qui me rend coite. Là où la belle dit non, son corps dit oui. Le bellâtre use et abuse beaucoup de rudesse et de gestes sauvages, c'est écrit souvent, l'auteur insiste, à tel point que je me suis demandée qui de l'auteur ou du traducteur était venu à bout de son dictionnaire de synonymes.

Sans quoi, j'ai beaucoup aimé suivre le jeu du chat et de la souris entre ces deux amants (qui mériteraient des claques). C'est une lecture qui se dévore en une soirée, avec beaucoup d'aventures et de passions comme l'indique la collection. 

harlequinades

 

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17/05/09

Beignets de tomates vertes ~ Fannie Flagg

Je suis comme Evelyn Couch, l'un des personnages de ce savoureux roman, face à ce plaisir de lecture : « il lui suffisait de fermer les yeux et d'écouter la voix de Mrs Threadgoode. Si elle respirait profondément et concentrait son attention, elle parvenait à se projeter dans le petit monde de Whistle Stop. Elle entrait dans le salon de coiffure d'Opal, avait même l'impression de sentir l'eau chaude du shampooing. Puis elle rendait une petite visite à Dot Weems derrière son guichet à la poste, avant d'aller au café retrouver Stump, Ruth et Idgie. Elle commandait à déjeuner, et Wilbur Weems et Grady Kilgore venaient la saluer. Sipsey et Onzell lui adressaient de grands sourires, et elle entendait la musique dans la cuisine. Tout le monde prenait des nouvelles, le soleil brillait toujours et il y avait toujours un lendemain... »

beignets_tomates_vertes

Cela se passe comme ça, dans le roman de Fannie Flagg. On plonge dans le Sud des années 30, en pleine ségrégation raciale et dépression économique, pour atterrir aux années 80, à la maison de retraite de Rose Terrace où Ninny Threadgoode et Evelyn Couch se retrouvent pour parler du bon vieux temps, en mangeant quelques sucreries.
Whistle Stop, Alabama. Cette petite communauté reprend vie, les personnages s'animent devant nos yeux, le café de Ruth et Idgie ouvrent ses portes, on y mange des oeufs aux plat, du gruau de maïs, des petits pains au lait, du bacon, de la saucisse, du jambon à la sauce piquante, du poulet frit, des côtes de porc en sauce, des gombos, des petits navets frits, des patates douces braisées, des haricots blancs et des beignets de tomates vertes.
Je ne vous raconte pas le bonheur de suivre cette brochette d'hommes et de femmes aux vies simples et ordinaires, et pourtant si palpitantes. C'est une vraie histoire qui se dessine sous nos yeux, avec ses drames, ses éclats de rire, ses passions amoureuses. Je dis ça en toute innocence, mais c'est très difficile, à la fin, de leur dire adieu ! C'est comme tourner la page de la gazette hebdomadaire de Dot Weems, avec l'estomac noué, mais on est tellement heureux aussi d'avoir reçu autant d'amour. En plus d'être savoureux, c'est un roman sur la Vie qui vous communique une envie de la croquer à pleines dents.
Ce serait bien si un éditeur le remettait au goût du jour, car ce livre est injustement indisponible (merci fashion!) ou à chiner dans les brocantes.

Editions J'ai Lu, 1992 - 475 pages.
Traduit de l'anglais (USA) par Philippe Rouard

A moi le film, maintenant !!!

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23/12/08

La vie est un arc-en-ciel - Cecelia Ahern

51sWn5PtvrL__SS500_Je n'avais pas été prévenue que ce roman allait me ravir tout simplement, me rendre gaga avec un sourire niais, ou alors c'est le miracle de noël. Je ne sais pas, mais le résultat est là : j'ai dévoré cette histoire où l'on parle d'amour et d'ironie du sort, où l'on suit la correspondance de deux amis d'enfance. Car tout est raconté à partir de lettres, de messages, de mails. Et cela commence tôt, sur les bancs d'école. Rosie et Alex ont 7 ans, ils se filent en douce leurs petits mots, au nez et à la barbe de leur maîtresse. Ils se sont jurés de ne jamais se séparer, mais le garçon doit suivre sa famille et quitter Dublin pour Boston. Et les années passent, les promesses défilent, les rendez-vous manqués aussi... Les aléas de la vie mettent en péril leur amitié, Rosie et Alex restent soudés. Ils n'ont pas conscience que cet attachement entre eux a dépassé le stade amical, ou oui ils s'en doutent, chacun de leur côté, mais jamais au bon moment. Tout le temps, ils se loupent, ils hésitent aussi. Leurs proches ont depuis longtemps deviné qu'ils étaient faits l'un pour l'autre, et pourtant leur histoire ne cesse de s'écrire d'après un scénario tordu. Ah, la vie ! Elle ne fait pas toujours des cadeaux. Rosie et Alex l'ont bien compris.

C'est délicieux, adorable, craquant, drôle, crispant et tout et tout. Je n'avais pas l'intention de lire ce roman, mais j'ai mis la main dessus en faisant un peu d'ordre dans mes piles monstrueuses de livres à lire. J'ai commencé à le feuilleter, juste par curiosité, et boing j'ai été accrochée aussitôt. Rosie Dunne, principalement, est une jeune femme extraordinaire, pleine d'esprit, sarcastique, orgueilleuse, butée et attachante. Son parcours est dessiné sous le signe de l'indépendance, des coups bas, de la sensibilité et d'une force exemplaire. C'est une héroïne exceptionnelle ! Le roman, ensuite, est très vite prenant car il est écrit avec vivacité, composé de messages qui s'échangent à la vitesse de l'éclair. C'est entraînant, un subtil assortiment de badinage, de cynisme, de larmes, de colère et j'en passe. J'ai juste, en tout petit reproche, trouvé que ça s'étirait un peu trop en longueur sur la fin, cependant j'ai beaucoup beaucoup aimé !

Albin Michel, 2005 / J'ai Lu, 2007
412 pages - 6,70€
traduit de l'anglais (Irlande) par Nicole Hibert

01/11/08

La communauté du Sud - 1. Quand le danger rôde - Charlaine Harris

Sookie Stackhouse est serveuse dans un bar de nuit dans la ville de Bon Temps ; il s'y passe des choses peu banales dans le Sud, berceau des vampires, car ces créatures ont désormais quartier libre et fréquentent les humains, s'acoquinent aux mordus et boivent du sang synthétique en libre circulation. Sookie est une jolie blonde célibataire et un peu malheureuse de l'être. Son handicap, comme elle dit, est de savoir lire dans l'esprit des gens. Du coup, pas facile de se lier avec un type dont on devine le fond des pensées, en bien ou en mal.

Alors elle attend son heure, ou plutôt son vampire (toujours selon ses dires!). Son voeu est exaucé avec la venue de... Bill le vampire. Pas très glamour comme prénom, pas très 19ème siècle non plus, d'ailleurs Sookie en pleure de joie. Mais le type lui doit une fière chandelle car il est tombé dans un traquenard tendu par deux trafiquants de sang de vampires (autre précision : ce sang aurait l'effet d'une drogue fort prisée dans les milieux undergrounds) et donc Sookie est intervenue à temps, aidée d'une simple chaîne, pour menacer le couple de vandales.

51HWMX9JP8L__SS500_On connaît la suite de l'histoire sans l'avoir écrite : Sookie tombe amoureuse de Bill et l'idylle va être mise à mal par l'arrivée d'autres vampires qui sont beaucoup moins sympathiques et conciliants que ce cher Bill. Guéguerre, rivalités, soirées orgiaques... A ceci, s'ajoute une autre menace qui plane sur la ville puisqu'une série de crimes donne des cheveux blancs à l'inspecteur Andy Bellefleur. Les victimes sont toutes des femmes et Sookie commence à se sentir menacée. Car parmi les suspects, on compte Bill et Jason, le frère de Sookie... 

J'ai joué le jeu en acceptant de me changer les idées et de découvrir l'univers de Charlaine Harris. Des vampires, encore des vampires, et une histoire d'amour entre une humaine et l'être inaccessible. Je ne m'attarde plus sur la dose d'inventivités prodiguées dans cette série, l'essentiel étant de ne surtout pas se prendre au sérieux mais de proposer un genre qui peut tenir la route. Bon, personnellement je n'ai pas été déçue par cette lecture mais je n'ai pas été transportée non plus. Le logo J'ai Lu Amour & Mystère y est probablement pour quelque chose... On y trouve beaucoup de miel et de sirop parfum eau-de-rose dans toutes ces pages ! Cela peut avoir du bon aussi, mais bof. Je n'ai pas trop goûté la sauce, et surtout - ô drame - je n'ai pas su apprécier les personnages (Bill le vampire, en tête, n'a aucun charisme ! c'est désespérant !). Je suis désolée d'avance de froisser les lectrices qui pensent le contraire...

En fait, je vais partir du principe qu'il s'agit du premier tome et qu'il faut du temps pour que la série prenne son allure de croisière. Ce livre correspond à une mise en place maladroite, ça tatônne encore beaucoup, à l'instar de Sookie qui est sympathique mais un peu idiote aussi. Je crois que dans le même genre Anita Blake est davantage considérée comme une référence, je vais donc m'en faire une petite idée tôt ou tard...  Pour l'heure, je vais rester sur une note sympathique concernant La Communauté du Sud, même si cela n'a pas été le coup de coeur annoncé (dommage Elwing !). Toutefois j'aimerais bien voir la série tv (adaptée par le créateur de Six Feet Under).  plus d'infos ici

J'ai Lu, coll. Amour & Mystère - 315 pages - 6,50 €
traduit de l'américain par Cécile Legrand-Ferronnière

NB : A ce jour, j'ai commencé à regarder les 8 premiers épisodes (série en cours de diffusion) et c'est vraiment trash ! J'hésite à me prononcer, tant je suis à la fois dégoûtée mais happée par cette ambiance. Je déplore juste le besoin de scènes un peu trop crues, surtout dans les épisodes du début, ensuite ça se calme. Par contre, les personnages de Sookie et Bill me tapent sur les nerfs !
A voir : Le générique est démentiel (un aperçu du pilote ici, ensuite c'est devenu celui-ci !)

17/07/08

Le temps n'est rien - Audrey Niffenegger

"Claire, très peu de personnes rencontrent l'âme soeur à l'âge de six ans. Du coup, il faut bien passer le temps d'une façon ou d'une autre." Mais une année dans la vie d'Henry ne ressemble pas du tout à celle du commun des mortels ; la première fois qu'il rencontre Claire, elle a six ans et lui trente-six. Dans leur présent, il en a vingt-huit et elle vingt ans. Il est bibliothécaire, elle étudiante avant de devenir artiste. Cette incroyable histoire d'amour trouve son explication dans le fait que Henry est un voyageur dans le temps. Ce n'est pas un conte à dormir debout, le phénomène s'explique... mais en attendant Claire passe toute sa vie à attendre Henry. Vous vous imaginez pareille dévotion ? Et pourtant, c'est possible.

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Lorsqu'on découvre cette histoire, sur papier, on se surprend à vibrer et partager les mêmes émotions que nos deux protagonistes. Ce n'est pas gagné, pour autant, entre les passages longuets, le scénario abracadabrantesque, le sent-bon à la guimauve, le tout sur 500 pages, il faut un scénario en béton pour nous accrocher. Et j'ai tout gobé ! Cette version moderne (et de très loin revisitée) du mythe d'Ulysse et Pénélope est aussi un hymne à l'amour intemporel. Cela fait deux ans que je souhaitais lire ce livre, que j'avais commencé en anglais, et maintenant que c'est chose faite, je peine à en parler convenablement.

D'abord, il ne se passe pas beaucoup de choses dans ce livre, à part suivre le fil invisible que tissent Claire et Henry à travers les sauts dans le temps. C'est aussi le propos du roman : comment vivre l'instant présent, lorsque votre amoureux connaît déjà le passé et le futur ? Et comment supporter cette frustration qu'implique l'absence de votre moitié, les soirs de Noël en famille, le jour de votre mariage ou au moment d'accoucher ? Tout est possible, rien n'est rattrapable... le temps file, mais le temps n'est rien.

Voilà comment on ressort de cette lecture : on peine à y croire, puis on mord à pleines dents, et on s'étonne de tout lire d'une traite (500 pages, ce n'est pas rien!). Ce livre vous enveloppe dans une bulle, hors du temps. L'aventure de Claire et Henry promet toute une gamme d'émotions : on rit, on râle, on frémit, on s'émeut et on pleurniche. Oui vraiment, c'est une très belle histoire. (Et encore un très bon conseil pour vos lectures de vacances !)

Lily n'a pas tout compris ; l'autre Lilly a été déçue ; Jules et Karine ont eu la gorge nouée...

Editions Michel Lafon, 2005 pour la traduction française - J'ai Lu, 2006.  520 pages.

traduit de l'américain par Nathalie Besse et Jean-Pascal Bernard.

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22/06/08

Vampires : La naissance - L.J. Smith

De retour de ses vacances en France, Elena est soudain prise d'une immense lassitude à regagner sa routine de Fell's Church, petite ville de Virginie. Jolie brin de fille, c'est aussi la reine de l'école. Elle connaît son pouvoir de fascination sur les garçons, alors comment n'est-elle pas agacée devant le nouveau venu qui reste imperméable à ses charmes ! Stefan Salvatore, au volant de sa porsche, sexy en diable avec son blouson en cuir taillé sur mesure, tout droit venu d'Italie et lunettes noires sur le nez, crée sensation ! Les filles rêvent de faire sa conquête, Elena en tête. Mais le garçon est fuyant, très mystérieux, il ne se lie avec personne. Ce qu'il ressent pour la belle Elena est un mélange de répulsion et d'attraction, car il sait que pour le bien de la jeune fille il faut qu'il se tienne à l'écart.

Cela vous rappelle forcément quelque chose ? Le schéma de Twilight, la série à succès de Stephenie Meyer. Ai-je trouvé là un autre phénomène de lecture ? Naaaan. Cruelle déception. J'ai même eu le sentiment d'avoir été totalement arnaquée. C'est du Harlequin déguisé, bourré de niaiseries et de clichés tellement ridicules que ça en devient risible à la fin. Pfff, pitoyable. (Visez la couverture... un indice !)

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Dans ce livre, on découvre chez le personnage masculin une âme torturée et une soif constante et exigeante. Là aussi, il tente de se fondre parmi les humains et cherche à vivre un semblant de vie ordinaire. Stefan a cependant un lourd différent avec son frère, Damon, notamment parce qu'il tente de se détacher de sa nature vampirique. Le spectre d'une fille aimée, Katherine, vient aussi hanter notre damné, laquelle semble s'être réincarnée sous les traits d'Elena.

En même temps, à Fell's Church, un cadavre a été retrouvé, vidé de son sang. Les soupçons se portent sur Stefan, l'étranger qui s'isole et cultive ses secrets. Tellement facile... Pourtant, Elena sait qu'il est innocent et veut le prouver sans révéler ce qu'elle a découvert. L'affaire va se compliquer avec la disparition du garçon, qui signe sa culpabilité aux yeux de tous, mais pour la jeune fille cela signifie que Damon est en ville pour réclamer vengeance. Aucun doute possible, il est venu pour mettre la main sur Elena.

Inutile de préciser que Stefan Salvatore n'arrive pas à la cheville d'Edward Cullen, c'est une évidence. Un fait troublant, toutefois, me frappe car c'est un livre édité en 1991 et l'histoire a été inspirée à son auteur d'après un rêve... la coincidence est mince avec Stephenie Meyer. De plus, il y a plusieurs points concordants (le garçon à la beauté inhumaine, sa nature à combattre la damnation et l'envie de se ranger dans la foule...). Je sais bien que toute comparaison s'arrête là, la série Twilight est mille fois mieux, plus palpitante, portée par des personnages au charisme renversant. Pour avoir trop espéré retrouver ce même sel dans la série de L.J Smith, je me sens amèrement frustrée et déçue ! 

C'est une série en quatre tomes (plus d'infos).

Editions J'ai Lu, 2000 pour la traduction française - 190 pages.

traduit de l'anglais par Agnès Girard - titre vo : The Vampire Diaries, The Awakening.

L'avis de Virginie (Chrestomanci) qui est plus emballée

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09/07/07

Un auteur : Julianna Baggott

Comme elle respire

Un matin d'été 85, le père de Lissy, quinze ans, s'enfuit du domicile conjugal avec une employée de banque rousse. Cette escapade érotique ne durera qu'un mois, juste de quoi rendre la mère de Lissy cramoisie de honte. Du coup tout va être employé pour faire comme si. Comme si cet été ("de débauche de vérité") 1985 n'avait jamais existé. La narratrice (Lissy et quelques années en plus) va opérer un étrange rapprochement entre son parcours et celui de sa mère lors de cet épisode gravé dans sa mémoire. Car toutes deux ont un parcours quasi semblable. Lissy à trente ans est enceinte mais sa vie sentimentale est compliquée. Elle se souvient de ses quinze ans et de sa perte de virginité. Elle se rappelle aussi qu'avec sa mère elles étaient parties sur la route pour retrouver le père biologique de Lissy (et donc de découvrir que le papa en escapade extraconjugale n'est pas son vrai père) et ainsi retrouver un premier amour perdu. Toutes deux se forgent (ou reforgent) une identité amoureuse.

Un peu complexe à expliquer mais bien captivant à lire. Julianna Baggott dresse un portrait décapant de deux femmes à travers deux époques mais a le tour de force d'en souligner tout le parallélisme. Portrait aussi des années 70 que l'auteur n'hésite pas à écorcher et à remettre en question. Attention, second degré, dérision et ton décalé du début à la fin. De premier abord déconcertant mais passionnant en durée.

Miss America ne pleure jamais

Ce deuxième roman de Julianna Baggott relève du même principe narratif que son premier livre ("Comme elle respire") : portraits croisés d'une mère et de son enfant. Sauf que dans "Miss Amérique" la mère se confronte à son fils. Cela nous donne un passionnant roman, au plaisir égal à celui fourni pour le premier. Vraiment rien de surprenant. Le style est identique : ton décalé, second degré, dérision et humour blasé. Julianna Baggott a séduit avec "Comme elle respire", elle confirme son potentiel avec "Miss Amérique". A lire si vous appréciez la plume de Miss Baggott !

juillet 2004

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