23/02/07

The secret life of bees ~ Sue Monk Kidd

Lily Owens a quatorze ans et vit avec son père dans une ferme fruitière à Sylvan, coin perdu de Caroline du Sud. La vie n'est pas douce pour la jeune fille, son père est rude et brutal, sa mère est morte depuis dix ans et T-Ray, son paternel, lui fait porter la responsabilité de cette mort. Un poids trop lourd pour Lily qui décide de fuir la maison le jour de son quatorzième anniversaire. Avec elle, il y a Rosaleen, sa nounou Noire, jetée en prison pour avoir craché sur des types blancs alors qu'elle allait s'inscrire sur les listes électorales.
Car l'histoire se passe en 1964, dans cette Amérique du Sud qui accepte très mal la décision du Président Johnson d'avoir signé les Civil Rights Acts. Les tensions raciales croissent, les injustices pleuvent et le parcours pour les Noirs d'être acceptés comme étant l'égal du Blanc s'annonce long, périlleux et douloureux.

Bref, Lily décide d'aller à Tiburon, petite ville de Caroline. Sa mère elle-même était partie s'y réfugier dans le passé, la jeune fille pense ainsi découvrir des indices sur celle-ci pour lever le voile sur les secrets de famille. A Tiburon, elle arrive chez les soeurs Boatwright. Elles sont apicultrices, Noires et vivent dans une maison rose.
Mais Lily n'a pas le courage de dire la vérité sur ses motivations et se trouve ainsi très vite adoptée par les Boatwright qui ne posent aucune question. L'été passe, elle rencontre un garçon, Zach, et commence à percer quelques mystères sur sa maman. Mais très vite, de nouveaux drames vont éclater, des injustices, des chagrins, des trahisons. Toute la petite communauté des soeurs Boatwright aura bien besoin du recours de la Black Mary pour venir en aide aux âmes égarées.

"The secret life of bees" est franchement un roman attachant, où l'on plonge dans un univers microscopique, une communauté de femmes noires, toutes plus attachantes les unes que les autres, dévouées et spirituelles, communiquant leur passion, des soeurs solidaires, aimantes et maternelles envers la jeune Lily. Celle-ci est tour à tour touchante, agaçante, sensible avec ses secrets, ses mensonges et ses rancoeurs.
Soudain, quand on ferme le roman, on se sent triste et abandonné. Il devient presque impossible de faire comme si Lily, Rosaleen, August, June, May, Mabelee, Queenie, Violet, Cressie, Lunelle et Sugar-Girl n'étaient que des êtres en papier ! Leur monde a été le nôtre, en plus de 300 pages, et avait le goût de miel, d'abeilles et de royauté mystique ! "I loved the idea of bees having a secret life, just like the one I was living" déclare l'adolescente. Car oui, c'est magique, ensorcellant et mielleux !

lu en février 2005

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25/11/06

Debout les morts - Fred Vargas

debout_les_mortsDans « Debout les morts », Fred Vargas nous introduit au précieux trio des Évangélistes, soit Marc, Mathias et Lucien, trois historiens érudits mais sans le sou, qui partagent le même toit, dans une grande demeure rebaptisée “la baraque pourrie”. Ils ont pour voisine une ancienne cantatrice, Sophia Siméonidis, qui un beau matin découvre un arbre planté dans son jardin. Là débute toute notre intrigue...

Ce livre dépasse très largement le cadre classique du roman policier, puisque c'est une lecture où l'auteur travaille autant la forme que le fond (voire davantage). Le résultat n'en est que plus léché, cabotin, attachant, hors norme, bref on se régale ! 

J'ai Lu Policier

 

La plume de Fred Vargas est reconnaissable entre mille : c'est un ton, une donne, un humour décalé et une perpétuelle dérision. S'ajoutent des personnages désabusés, des héros manqués et bancals, des êtres à la psychologie atypiques, bichonnés par l'auteur. Car dans "Debout des morts" Fred Vargas introduit son trio des Evangélistes : Marc, Mathias et Lucien. En fait, trois historiens paumés, presque sans le sou, qui investissent "la baraque pourrie". Ils ont pour voisine une ancienne cantatrice, Sophia Siméonidis, qui, un beau matin, découvre un arbre planté dans son jardin. Et cet arbre détient tout la clef de l'intrigue de ce roman qu'on déclare "policier" mais qui va bien au-delà. Au lieu d'entraîner son lecteur dans des scènes de crimes, des poursuites du coupable, Fred Vargas s'attarde à peaufiner son histoire et surtout ses personnages. Pour sûr, elle les aime et nous le rend bien. On s'attache à ce trio un peu déjanté, on s'amourache de l'écriture qui tournerait en bourrique tout bon linguiste. Quand le grivois croise le raisonnable, en somme. 
Pas très classique, la Vargas. Elle possède un style à elle qui rend perplexe les indécrottables adeptes des intrigues policières bon chic bon genre. Son truc à elle est cabotin et bougrement attachant. Guère orthodoxe.

juillet 2004

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L'homme à l'envers - Fred Vargas

homme_enversCamille Forestier, la fameuse Petite Chérie d'Adamsberg, a pris la route, en compagnie d'un “Veilleux vieillard” et d'un “Melchior orphelin” (= Soliman), sur les traces d'un meurtrier égorgeur de brebis. Tout a débuté par la faute d'un banal fait divers, dans les montagnes du Mercantour, et va se terminer à bord d'une bétaillère qui pue le suint ! Notre commissaire, lui, apparaîtra par intermittence.

On nous promet une chasse à l'homme, sur fond de chasse au loup, et on dérape vers une sordide histoire de loup-garou... mais dans quelle histoire nous embarque Fred Vargas ! On le sait, le scénario est souvent bancal, voire insolite, mais sa force véritable se niche dans le style de l'auteur (décalé et à l'humour désabusé) et dans la palette de ses personnages (Danglard, Sabrina Monge, Camille et ses compagnons...). Les connaître, c'est les adopter ! Je suis fan de cet univers bariolé. 

J'ai Lu Policier

Posté par clarabel76 à 18:32:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
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L'homme aux cercles bleus - Fred Vargas

homme"L'homme aux cercles bleus" est LE polar qui introduit le très célèbre commissaire Adamsberg, le personnage fétiche de son auteur Fred Vargas. C'est un héros ambivalent, à la fois fascinant, glaçant, déconcertant. Mais cet homme a une intelligence et une acuité au-delà de la norme, un esprit vif comme l'éclair. D'office, on l'adopte et on le suit. Il vient d'arriver dans le 5ème arrondissement de Paris, il fait la connaissance de son inspecteur Danglard, qui se shoote au vin blanc et disserte sur ses intrigues policières avec sa ribambelle d'enfants (abandonnés par leur mère). Et puis Camille, autrement dit La Petite Chérie, est évoquée... personnage fantomique, ombre présente, envahissante, obsédante...

L'intrigue de "L'homme aux cercles bleus" est alambiquée mais facile, c'est vrai. C'est un polar qui se lit très vite, qui ne retourne pas les méninges, c'est très agréable sur son transat ! En fait, pourquoi les romans de Fred Vargas sortent du lot ? car ils offrent une écriture vaporeuse, des dialogues qu'on croirait sortis d'une étrange assemblée d'illuminés, philosophes, érudits, amoureux, désespérés, mélancoliques, etc. Si Fred Vargas était un homme, elle serait un dandy britannique, la clope au bec, la canne à la main, le chapeau bas sur le nez. Elle communique un flegme enjôleur et débonnaire, parfois on oublierait presque le principal de l'affaire !

J'ai Lu Policier

Posté par clarabel76 à 12:27:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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