02/03/17

La chimiste, de Stephenie Meyer

la chimisteAlors qu'elle terminait ses études de médecine, Alex - de son vrai nom Juliana Fortis - a été recrutée par une agence désireuse d'exploiter ses talents de biochimiste. En vrai, son travail consistait à “torturer” en douceur des individus pour leur tirer des informations et mettre des réseaux criminels en déroute. Ses armes : des seringues, des sérums, des perfusions. Le kit parfait d'une jeune prodige en chimie. Et puis tout a dérapé le jour où Alex a compris qu'elle en savait trop et qu'on cherchait à lui faire la peau. Après avoir mis en scène sa disparition, elle a choisi de mener une existence précaire, solitaire et clandestine, fuyant les moindres points d'ancrage, les contacts et les relations avec autrui. Lorsque son ancien patron la recontacte pour faire table rase du passé, Alex se méfie du dernier service à rendre - cibler un professeur d'histoire et de littérature, Daniel Beach, le neutraliser et le cuisiner comme à son habitude. Mais l'affaire se corse, lorsqu'un G.I. Joe déboule dans son labo improvisé et met un terme à ses opérations. Prenant conscience d'avoir été manipulée, Alex change de camp et traque ses anciens employeurs, eux-mêmes décidés à éliminer ces nouveaux témoins gênants.

S'ensuit une histoire semblant souffrir de hoquet. Je m'explique, grosso modo, c'est long, c'est lent, c'est creux, ça s'excite un chouïa, puis l'électro-cardiogramme retombe au calme plat, une vraie mer d'huile, ça traîne et rebelote. Au final, c'est une lecture hyper décevante. L'ensemble est inabouti, immature et bourré de clichés. Les personnages sont fades, les dialogues risibles et les brefs élans romantiques sont d'une niaiserie abyssale. Ce roman était supposé annoncer “le grand retour de la célèbre Stephenie Meyer” sur la scène littéraire, car rappelons qu'elle n'a rien publié depuis 8 ans, mais ce comeback fait un flop ! L'histoire ne tient pas la route, le sujet est survolé et il ne se passe absolument rien pour tenir en haleine le lecteur. L'espèce de romance ne vaut pas un clou non plus. L'auteur a vraisemblablement oublié qu'elle jouait dans la cour des grands, elle nous pond un truc bâclé et improbable (je ne suis pas particulièrement friande des scènes sexuelles dans les bouquins, mais là... franchement, sa pudibonderie légendaire était dispensable). Elle a carrément zappé que ses personnages sont des trentenaires aguerris, qu'ils ont des tueurs à leurs trousses et qu'il faut élaborer des plans plus complexes pour se sortir de la mouise. Pff... J'ai supporté avec ennui et lassitude cette invraisemblable péripétie peu surprenante, peu excitante. Et je reconnais que si ce roman n'avait pas été de la main de Stephenie Meyer, j'aurais sans aucun doute passé mon chemin. 

Techniquement, je pense que le choix de Pulchérie Gadmer n'a pas été opportun pour ce titre - non pas que cette comédienne ne possède pas les qualités requises, car j'avais beaucoup apprécié son interprétation dans L'île des oubliés - mais il se trouve que sa voix douce et posée pêche un peu dans le registre du roman d'action ou d'espionnage (j'hésite à coller une étiquette au roman en question, car il ne correspond pas aux standards du genre). Il manque du punch à sa façon de jouer le rôle de la chimiste Alex. C'est trop lisse, trop doux pour les voix masculines, ça coince et ça manque parfois de naturel. Ce n'était donc pas le mieux indiqué pour un tel contexte, contrairement à la lecture de détente qui lui convient mieux. ☺

Texte lu par Pulchérie Gadmer pour les éditions Audiolib (durée : 17h 18) - Février 2017

Traduit par Dominique Defert et Carole Delporte pour les éditions JC Lattès


11/05/16

Eh bien dansons maintenant ! de Karine Lambert

Eh bien dansons maintenant !

Marguerite a soixante-dix-huit ans et vient de perdre son époux, Henri, un notaire guindé, qui ne laissait jamais libre cours à la fantaisie, exception faite pour la musique de Chopin. Son veuvage lui offre liberté et nouvelle perspective d'avenir, chose qui lui fait un peu peur au début, mais qu'elle va surmonter avec la complicité de Marcel. Ce dernier a soixante-treize ans et vient de perdre son grand amour, la voluptueuse Nora, qui aimait croquer la vie et nager au large. Il tente non sans mal de surpasser son chagrin, mais n'a plus le goût à rien. C'est donc pour faire plaisir à sa fille qu'il accepte de se rendre en thalasso à Bagnères-de-Bigorre dans les Pyrénées où il croise la toute discrète Marguerite. Après avoir échangé quelques mots sur la terrasse, celle-ci lâche son premier rire depuis des années ! La glace est rompue. Marcel et Marguerite sont en train de vivre une nouvelle aventure... laquelle, forcément, fera grincer des dents leur progéniture. Le fils de Marguerite pense notamment que sa mère est devenue folle ! Elle a perdu la tête pour un inconnu. Elle fugue avec lui jusqu'à Collioure ! Elle change de look et imite son idole, Line Renaud. Elle fredonne des chansons et danse dans sa cuisine. Comment expliquer l'inexplicable ? Toujours est-il que Marcel lui donne des ailes et qu'auprès de lui elle vit un amour tel qu'elle en a toujours rêvé !  Ce court roman raconte avec beaucoup de naturel une histoire qui parle d'amour, de désir et de sensualité survenant au crépuscule de la vie. Un sujet peu abordé dans la littérature, qui paraît improbable et qui finalement parvient à vous toucher comme si de rien n'était. Je ne suis peut-être pas tombée  complètement  sous le charme de ma lecture, mais j'ai follement aimé entrer dans la ronde et écouter la sérénade qui se joue entre Marcel et Marguerite. Il y a de jolis bouts de phrases, des citations, des sentiments, des frôlements qui font qu'on ne peut rester indifférent. La symbiose du couple est féerique, leur jeu de séduction un pur enchantement. L'auteur ne badine pas avec les sentiments, son propos est assez succinct et frivole, les contrariétés sont finalement balayées autour d'une bonne tablée, d'un énorme bouquet de roses et d'un délicieux cheese-cake, ce qui rend cette lecture chavirante. Elle offre à sa façon un doux instant de complicité, un beau moment de partage, de tendresse, d'espérance et de convivialité. 

“Savourer la vie jusqu'au bout, tant que nous avons encore de la force et des jambes assez solides pour oser un détour.” 

🍃🍃🍃🍃🍃🍃

« Tu es de celles qui sont persuadées qu'on n'aime qu'une fois ? - Je suis de celles qui pensent qu'il fera beau demain même si on annonce une météo exécrable. »

JC Lattès, mai 2016

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20/11/15

D'après une histoire vraie, de Delphine de Vigan

D'après une histoire vraie

Cette histoire, qui n'en finit plus de brouiller les pistes et de chambouler les lecteurs, se complaît à décrire une situation et des personnages qui semblent inspirés du vécu de l'auteur, laquelle se défend du contraire. Ceci est une pure fiction. Il convient à chacun d'en déterminer les limites... Partant de ce principe, c'est prodigieusement démoniaque. ☺

Delphine a connu un succès fulgurant avec son dernier roman, mais est dans l'incapacité d'aligner le moindre mot depuis. Elle éprouve un rejet viscéral devant toute forme d'écriture. C'est dans cet état d'extrême fragilité qu'elle fait la rencontre de L. dans une soirée chez des amis. L. est une personne fascinante, attentive, prévenante et très intelligente. Elle flatte la jeune femme, la cajole, la rassure, la questionne... Elle réussit insidieusement à imposer sa présence auprès de Delphine, à se rendre indispensable. L. s'installe dans sa vie avec une aisance sidérante, ce contre quoi Delphine ne résiste pas, ne réalise pas non plus, car elle lui accorde une confiance aveugle, refusant de voir les signes d'une emprise obséquieuse et malfaisante. 

Cela se lit donc comme un thriller psychologique et cela pointe du doigt notre insatiable curiosité (envers la vie des autres), notre manie de fouiller et de vouloir démêler le vrai du faux. Delphine de Vigan s'amuse de cette tendance voyeuriste et joue avec nos nerfs. La méthode est déstabilisante, mais produit l'effet attendu. Il est question de manipulation, d'inspiration, de digression, “ni vu, ni connu, je t'embrouille”.  La descente n'en est que plus vertigineuse, chipant au passage de nombreuses références littéraires (Misery de S. King ou Sukkwan island de D. Vann). La lecture audio est suivie d'un entretien avec l'auteur au cours duquel on découvre une Marianne Epin en mode groupie, sincèrement bluffée par la construction de l'intrigue et son dernier mot, face à une Delphine de Vigan fidèle à son image insaisissable. Une jolie rencontre, assez touchante.

Audiolib / novembre 2015 ♦ Texte lu par Marianne Epin (durée : 8h 56)

12/09/15

L'Ombre de Gray mountain, de John Grisham

L'OMBRE DE GRAY MOUNTAIN

L'été dernier, j'avais pris grand plaisir à me plonger dans le roman de John Grisham, L'Allée du sycomore en l'occurrence, et imaginais renouveler cette sensation avec son nouveau titre. Or, L'Ombre de Gray Mountain s'est avéré décevant, long et lassant.

L'histoire se passe à New York, en 2008. La crise financière s'invite à la fête et brise en plein envol la brillante carrière d'avocate de Samantha Kofer. Placée en congé sans solde, elle accepte de suivre un stage dans un centre d'aide juridique dans les Appalaches. Sitôt débarquée à Brady, une petite ville de Virginie, Samantha y découvre une existence assez terne et souffreteuse. La communauté dépend totalement des grandes compagnies minières, lesquelles polluent la région par leurs extractions intempestives. Tout le monde se tait. Tout le monde ploie l'échine. Seul Jeff Gray a choisi de s'élever contre les méchants pour protéger sa ville, ses habitants et leurs traditions.

Je pensais que l'histoire m'emporterait vite dans les coulisses des affaires judiciaires, à élaborer des stratégies et monter des dossiers qui tiennent la route. Au lieu de ça, l'histoire m'a d'abord fait la visite des lieux et enchaîné un panel de « cas » peu croustillants (des femmes bafouées, des foyers sans le sou, des maris violents). La misère sociale selon J. Grisham, décryptée en plusieurs chapitres fastidieux. J'ai senti poindre l'ennui. Survient alors la collaboration entre Samantha et Jeff - la promesse d'une immersion plus grisante et cernée de dangers. À ce stade, j'étais dans les starting-blocks. Avant de faire chou blanc.

Ce livre m'aura franchement déçue. Nous sommes loin du genre thriller ou intrigue judiciaire, en fait l'auteur semble vouloir sensibiliser son lecteur à la cause écologique et rappeler qu'être avocat consiste avant tout à aider « les vraies gens ayant de vrais problèmes ». C'est la décision qui devrait s'imposer à Samantha, à la fin du roman. Et encore ? Honnêtement, j'ai trouvé ce roman surfait.

Audiolib / Juillet 2015 ♦ Texte lu par Ingrid Donnadieu (durée : 12h 30) ♦ Traduit par Dominique Defert pour les éditions JC Lattès

02/09/15

La Première blessure, de Ali Knight

La première blessure

Nicky a vu sa meilleure amie Grace être assassinée sous ses yeux. Cinq ans plus tard, ce drame continue de la hanter, même si elle a su trouver un certain réconfort dans les bras du veuf éploré. Mais le couple bat de l'aile à force de se croiser, entre Londres et Los Angeles, et communique de moins en moins. C'est alors que Nicky tombe sur Adam, un jeune homme rencontré dans l'avion. Fils de bonne famille, il est charmant et d'agréable compagnie. Il lui propose aussi de faire connaissance avec sa tante Connie, qui a travaillé dans une célèbre boîte de nuit dans les années 70 et flirté avec des tas de célébrités. Cela pourrait donner de la matière à un article pour son journal.

Nicky accepte et va sans se douter débarquer dans une grande saga familiale, aussi riche que mystérieuse, et visiblement cernée de dangers inavoués. En le suivant pour un weekend à la campagne, la jeune femme bascule toujours plus loin vers une zone de non-droit. Adam change de visage. Le séjour vire en pleine débâcle. À ce stade, on a là un roman qui a énormément de potentiel, où se joue une partie de séduction sulfureuse, au suspense pernicieux, et où les protagonistes endossent tous un rôle trouble, qui brouille volontairement les cartes. Un programme franchement alléchant et plutôt engageant, qui sera hélas nuancé dans la deuxième moitié du récit, plus décevante et longuette.

D'étranges accidents se produisent et font surgir de nouvelles révélations. Grace n'était pas la première épouse de Greg à décéder tragiquement. Un tueur à gages est de nouveau sur les rails. Adam a-t-il toute sa tête ? Pourquoi Nicky renonce à porter plainte contre lui et suspecte son mari d'attenter à ses jours ? À nous de débroussailler le vrai du faux parmi l'accumulation de données nébuleuses... Mais cette lecture m'aura finalement fait l'effet d'un appétissant moelleux au chocolat, à déguster sitôt sa sortie du four, lorsqu'on réalise avoir inversé le sucre avec le sel. Quelle amertume ! Le dénouement choisit la facilité, convenue et trop lisse.

JC Lattès / Mars 2015 ♦ Traduit par Nicolas Thiberville (The First Cut)


09/06/15

Je suis là, de Clélie Avit

Je suis là

Ce roman, lu en quelques heures, se déguste avec gourmandise et sans une once de culpabilité ! Quand bien même l'histoire est affolante d'invraisemblances et d'inepties sirupeuses, elle est franchement adorable à lire et fait du bien au moral. Pourquoi s'en priver ?

Thibault entre par mégarde dans la chambre d'Elsa, plongée dans le coma depuis des mois. Sa famille est au bout du rouleau et subit la pression du médecin qui souhaite débrancher les machines. Loin de tout ça, Thibault rumine aussi ses idées noires et trouve un certain confort au chevet de l'inconnue sans se douter qu'elle est hyper sensible à sa présence et le considère comme son “arc-en-ciel” en savourant chacune de ses visites qui se répètent.

L'auteur a su enrober de charme et de douceur cette jolie bluette qui met en avant les sentiments, les élans chevaleresques et la confiance absolue. C'est très, très touchant. Particulièrement romantique, et pas du tout crédible. (Tout ce que je fuis, habituellement.) Mais pour une fois j'avais envie d'envoyer balader mes sarcasmes pour succomber pleinement au pouvoir enchanteur de cette lecture fleur bleue.

Et j'ai adoré les personnages, leurs échanges muets, leurs émotions à fleur de peau et cette certitude d'avoir trouvé en l'autre la pièce manquante. J'avais envie de croire en leur histoire et j'ai tout gobé. Avec le cœur battant à cent à l'heure au moment de fermer le bouquin. C'est dégoulinant de guimauve et ça colle aux doigts, mais qu'est-ce que c'est bon !

JC Lattès / mai 2015 ♦ Prix Nouveau Talent 2015 de la Fondation Bouygues Telecom

« T'es en train de tomber amoureux d'une fille dont tu ne connais presque rien. Si c'était le seul souci, encore, ça irait, mais... T'es aussi en train de tomber amoureux d'une fille qui risque fort de ne jamais se réveiller. »

 

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01/12/14

Un feu dans la nuit, par Erin Kelly

Un feu dans la nuit

Quelle histoire ! Les MacBride passent le weekend à la campagne, pour célébrer la mémoire de la mère, décédée trop tôt d'un cancer foudroyant. Le plus jeune frère, Félix, débarque avec sa nouvelle petite copine, Kerry, belle et provocante, ce qui agace l'aînée, Sophie, déjà au fond du trou depuis son accouchement. Un soir, tout le monde profite d'une sortie pour décompresser. Le bébé est confié à la blonde incendiaire. Mais à leur retour, panique à bord : l'enfant et la jeune femme ont disparu.

Ce qu'on découvre ensuite est complètement hallucinant ! On a un retournement de situation qu'on n'aurait jamais soupçonné et qui a non seulement le mérite de nous surprendre mais aussi de regagner notre intérêt flageolant. Le début est en effet assez classique, on s'attend à des retrouvailles larmoyantes d'une famille encore éplorée par la perte de leur mère. Mais l'ambiance à la campagne est tendre et chaleureuse, donc pourquoi pas ? Quand tout dérape, on n'a rien vu venir et on reste comme un rond de flan.

Franchement, l'onde de choc a été la bienvenue. L'histoire prend une tournure plus machiavélique, et c'est très bon, captivant, avec une part de psychose bien flippante. Certes, l'expérience reste perturbante et inspire une multitude de sentiments, mais cette plongée au cœur d'une histoire familiale, cernée par la vengeance et la haine, est saisissante par sa mise en scène et sa rouerie. J'ai été bluffée. Rien que pour ça, je recommande ce livre ! 

JC Lattès, octobre 2014 ♦ traduit par Eva Roques (The Burning Air)

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05/09/14

L'Allée du sycomore, de John Grisham

Allée du sycomore

Accablé par la maladie, Seth Hubbard décide de mettre fin à ses jours mais rédige un testament de dernière minute qui va mettre le feu aux poudres. En effet, il choisit de déshériter ses enfants au profit de sa femme de ménage, Lettie Lang. Soudainement, une femme noire se trouve à la tête d'une fortune colossale. Dans le comté de Clanton, la nouvelle met les esprits en ébullition. La communauté avait déjà été fortement chamboulée, dix ans plus tôt, avec le procès Hailey (cf. Non coupable, rééd. Le Droit de tuer), et c'est de nouveau l'avocat Jack Brigance (incarné par Matthew McConaughey au cinéma) qui est chargé de défendre les intérêts du défunt.

J'ai pris un réel plaisir à plonger dans cette lecture, après une première rencontre avec l'auteur pas très concluante (cf. Le Manipulateur). J'aurais eu vraiment tort de me priver de ce rendez-vous distrayant et palpitant ! Grisham nous fait vivre les coulisses d'un grand procès à l'américaine, avec force détails dans le déroulement et la mise en scène d'une telle procédure. L'histoire repose moins sur le clivage racial, même s'il soulève un problème et révèle d'autres histoires cachées. Cette fois, c'est surtout l'appât du gain qui est au cœur de l'intrigue, mettant en lumière le rapport ambivalent qu'entretient la société avec l'argent, et sur ce point on ne peut blâmer personne.

La construction de l'histoire est basique, mais produit l'effet attendu. On vit la lecture à fond. Sans temps mort. On est attentif à chaque détail, chaque soubresaut, et on s'interroge tout du long sur les motivations du défunt, pourquoi se pendre à un sycomore, pourquoi un testament olographe, etc. On est complètement vendu à la mécanique Grisham !! C'est diablement américain, mais fichtrement bien mené. Rarement les 19 heures (et 41 minutes) d'écoute m'auront paru aussi divertissantes et aisées ! Certes, le scénario est facile et arrondi sur les angles (surtout vers la fin). Qu'importe. Cela reste un très bon roman, au suspense redoutable, et passionnant dans sa ligne de conduite. 

Audiolib, juillet 2014 ♦ texte intégral lu par Stéphane Ronchewski (durée : 19h 41) ♦ traduit par Dominique Defert (Sycomore Row)

Excellente interprétation de Stéphane Ronchewski ! Voix très agréable, sans fausse note... une bonne pioche. 

08/07/14

Les Augustins, de Mélisa Godet

Les Augustins

Malika est une jeune journaliste pour un magazine web et cherche à imposer sa marque en acceptant de partager la vie d'un squat pour une idée de reportage audio et photographique. Elle est fraîchement accueillie par un artiste de la bande des Augustins, Gabor, vexé d'avoir été dupé par la belle lors de leur première rencontre (elle lui avait raconté une histoire à dormir debout !). Une tension bénéfique pour pimenter gentiment la lecture autour d'une relation pleine de peps et de charme. Sans quoi, sur place, Malika ne rencontre aucun souci d'adaptation ni d'acceptation. Elle fait connaissance avec les militants de l'association Droit d'agir, Thomas, Marc, Lino... Se lie d'amitié avec la vieille Jacquotte, dont le franc-parler fait glousser dans les chaumières. Se passionne pour les histoires des marginaux, des sans-papiers, des opprimés, des désenchantés, des taiseux, etc. Cette totale immersion offre un aperçu des exclus de la société et du solide sens d'entraide qui découle de leurs petites misères. C'est vraiment pas mal du tout, au-delà de l'aspect sociétal et politique, j'ai retenu de ma lecture l'image d'une belle générosité autour d'une communauté bigarrée, attachante et joyeuse. Avec des personnalités entières, rayonnantes et très touchantes. C'est un premier roman, récompensé par le prix Nouveau Talent 2014, qui se révèle une fraîche et agréable découverte. On suit aussi l'histoire d'une jeune femme en quête de ses origines, animée d'une ambition farouche mais pas écrasante. Malika est sensible et passionnée, elle a tout à gagner de son expérience ! Certes, l'intrigue est gentille, pas surprenante, mais quel plaisir (simple) de lecture !

JC Lattès ♦ mai 2014

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08/04/14

Les dieux sont vaches, par Gwendoline Hamon

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Terrible et bouleversant ouvrage que voilà ! Je l'ai accueilli en toute innocence, séduite par la couverture, sans connaître l'auteur, ni le propos. Je l'ai ouvert, confiante. Et là, les mots imprimés noir sur blanc sont apparus, m'ont sauté aux yeux, j'ai immédiatement su que ce livre allait me mettre le cœur en miettes.

La maman de Zélie, même pas soixante ans, est gravement malade, un cancer à l'utérus qui la ronge de l'intérieur, le médecin annonce laconiquement plus que dix jours à vivre... Branle-bas de combat, la famille se réunit, cache la vérité, supporte les crises, les caprices, se serre les coudes, pleure, est atterrée.

Un an plus tôt, Caroline avait fêté au champagne sa guérison. Cette femme fantasque, exubérante, insatiable, irresponsable et spontanée est certes une maman invivable, qui sans le savoir a fait subir à ses filles une relation vorace et conflictuelle, mais malgré tout, elles pardonnent, elles oublient, elles ne sont pas prêtes à devenir orphelines.

C'est un livre poignant, très personnel, et qui renvoie fatalement à sa propre histoire, donc forcément pour moi cela a été une lecture coup-de-poing, douloureuse et accablante. Pourtant, le portrait de Caroline est tellement touchant dans sa volonté d'authenticité, de sincérité. C'est une femme complètement folle, instable mais animée par la générosité et la franchise. Une femme entière, sans jamais de demi-mesure.

J'ai tout absorbé, en souriant, en pleurant, en m'identifiant, parfois, souvent. C'était une rencontre imprévue, qui m'a fichue à terre, mais une belle rencontre, nécessaire et vivifiante.

JC Lattès, mars 2014

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