14/03/20

The Kingdom, de Jess Rothenberg

THE KINGDOMThe Kingdom est un immense parc d'attraction visant à offrir rêve et évasion au public. Les visiteurs sont également accueillis par des Fantaisistes - en apparence ce sont des jeunes filles belles et serviables mais en vérité ce sont des espèces hybrides, mi-humaines mi-robots, en cours d'expérimentation.
Car rien n'est véritablement tout beau tout rose dans ce royaume de la perfection ! L'une des Fantaisistes est aujourd'hui accusée d'un crime (avoir assassiné un Surveillant). Le procès va débuter, les interrogatoires s'enchaînent et Ana livre calmement une (partie de la) vérité.
Car Ana et ses sœurs n'étaient finalement pas si malléables et pouvaient se révéler farouches et sensibles à leur environnement. Par contre, dès que cette anomalie se produisait, elles disparaissaient mystérieusement de la circulation. D'où Owen.
Membre du personnel, le jeune homme n'est jamais loin et intrigue par son comportement parfois sauvage parfois compatissant. Ana ne sait pas quoi penser de lui. Au fil du temps, pourtant, elle devient de moins en moins insensible à ses approches et n'hésite plus à se confier.

Voilà, voilà. J'y ai cru, et puis bof... Lecture survolée sans la moindre excitation. On retombe vite dans un scénario sans surprise et bancal. Malgré les tentatives de brouiller les pistes, l'issue coule de source (oh oui... tellement évidente !). Je n'ai pas bien compris non plus les allusions louches qui surgissent dans l'audience d'Ana (le sort des Fantaisistes... les brimades subies, leurs attitudes consensuelles ou faussement arrangeantes). De toute façon la structure narrative n'est pas très cohérente (longueurs, banalités, violences incongrues), en plus de quelques percées poétiques ou philosophiques... ça zigzague pas mal et ceci me laisse perplexe. 

En bref, véritable patchwork de références, ce roman n'inspire qu'une impression de fourre-tout pas très convaincant. Suis déçue.

Casterman, 2020 - traduit par Corinne Daniellot

 

Posté par clarabel76 à 17:30:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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04/04/12

“The trouble is, sometimes words are like arrows. Once you shoot them, there's no going back.”

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Brie a quinze ans et est folle amoureuse de Jacob. Ils sortent ensemble depuis onze mois, puis tout s'arrête. Jacob lui annonce qu'il ne l'aime pas, et elle s'effondre sur la table. Véritablement. Son coeur est en miettes, scindé en deux, une anomalie cardiaque comme il en arrive rarement. C'est le choc pour ses proches, pour sa famille, dont le père est un éminent chirurgien cardiologue...

Brie s'envole donc vers un lieu nommé Eternité, elle se retrouve dans une pizzeria où se trouvent d'autres résidents immortels, dont Patrick, beau gosse, avec son blouson en cuir d'aviateur. Façon Top Gun. (Les références aux années 80 sont d'ailleurs nombreuses, surtout au début, j'ai bientôt cru que l'auteur s'était gourrée de cible, mais c'est marrant, un peu ringard aussi.)

J'ai entamé ma lecture sur une note de scepticisme, ne gobant pas toute l'histoire de Brie, notamment l'idée de mourir le coeur brisé, cela m'est apparu proprement aberrant. Puis, j'ai fini par m'attacher à elle, par ressentir de l'empathie. Brie est jeune, elle a quinze ans, elle est naïve et douce et impétueuse. Elle a grandi dans un cocon, le destin l'a arrachée de son paradis terrestre, maintenant elle a besoin de comprendre avant d'accepter son sort. C'est normal, même s'il lui faut passer par des moments difficiles et tristes, des révélations déplaisantes, mais aussi des passages plus drôles et touchants. Heureusement qu'il y a sa rencontre avec Patrick pour surmonter le choc ! (Il est du genre canaille avec beaucoup de charme, ça aide!)

C'est finalement un roman multiple, pour les émotions à transmettre. C'est une leçon sur les chagrins d'amour, sur le deuil avec cinq étapes à franchir, c'est une aventure frustrante et complètement folle, où la colère se dispute à la détresse et au chagrin. J'ai longtemps cru que l'histoire était écrite d'avance, avant de réaliser qu'elle n'était pas aussi prévisible et qu'elle pouvait surprendre sur plusieurs plans. Cela se termine aussi dans la sérénité, la tendresse, la promesse d'une éternité sans heurt, c'est fichtrement romantique, avec son lot de détails pénibles et agaçants, mais globalement on passe un bon moment de lecture.

Eternité, par Jess Rothenberg
La Martinière J., 2012 - traduit par Nathalie Azoulai 

Posté par clarabel76 à 08:45:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
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