12/09/17

Pax et le petit soldat, de Sara Pennypacker

Pax et le petit soldat

Peter vit seul avec son père, depuis l'accident mortel de sa mère. Enfermé dans sa douleur et sa colère, le garçon a trouvé du réconfort auprès d'un jeune renard, qui grelottait de froid et de faim dans son terrier. L'enfant et l'animal ont aussitôt développé une connivence rare et sont devenus inséparables. Le père de Peter a consenti à cette amitié hors norme, précisant cependant qu'un jour viendrait où il faudrait rendre sa liberté au renard.
À l'annonce d'une guerre imminente, le père de Peter prévient qu'il doit partir chez son grand-père, et donc abandonner son renard. La séparation dans les bois est déchirante. Peter est inconsolable et décide de fuguer pour retrouver son animal.
Un long chemin semé d'embûches va attendre le garçon, qui va se blesser et être obligé de se réfugier dans une ferme en rongeant son frein. De son côté, Pax est lui aussi livré à lui-même. Seul, dans un environnement sauvage qu'il découvre avec brutalité, il fait face à d'autres renards qui le rejettent car “il sent l'humain”.
Dès lors, Peter et Pax n'auront de cesse de s'accrocher à cet espoir insensé de leurs retrouvailles. Leur ténacité force l'admiration, car tous deux vont être mis à l'épreuve et endurer leur bravoure et leur loyauté au gré de leurs périples. C'est en parallèle qu'on suit leurs parcours et leurs tentatives de survie, dans un monde secoué par la guerre, la violence et la destruction. Les ravages sont énormes, mais c'est avec intelligence et pudeur que l'auteur en fait étalage.
En effet, le roman dénonce avec tact et subtilité les dommages qu'entraînent les conflits armés et leur impact sur les plus vulnérables. C'est une histoire à la fois poignante, pleine de fureur, et en même temps d'une grande beauté dans sa description du lien unique qui rattache Peter et Pax.
Une jolie lecture, qui ravit aussi les yeux avec les illustrations raffinées de Jon Klassen.
Un roman triste, doux, sensible et bouleversant.
Une petite bulle hors du temps. 

Gallimard Jeunesse, 2017 - Illustré par JON KLASSEN - Traduit par Faustina Fiore

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17/11/16

On a trouvé un chapeau, de Jon Klassen

ON A TROUVÉ UN CHAPEAU

Deux tortues trouvent un chapeau mais réalisent que ce ne serait pas juste que l'une arbore un chapeau, et pas l'autre. Alors elles décident d'un commun accord de passer leur chemin. Autant se priver toutes deux du chapeau !

Seulement voilà, l'une d'elles soupire de regret. Elle se lamente in petto d'avoir abandonné le couvre-chef, elle y pense le soir au moment de se coucher, elle y pense fort, fort, fort, mais n'ose pas l'avouer à son amie. Lorsque celle-ci tombe de sommeil, la tortue nouée de frustration s'éclipse en douceur, et alors... ?

Il arrive, parfois, que le désir est si fort qu'il vous obsède, que la convoitise est imprimée en vous et qu'elle vous ensorcelle... Si c'est le cas, alors cette lecture ne peut que vous parler. Son histoire de partage et de sacrifice qui rend amer est forcément cocasse, mais tellement subtile aussi. Car l'humour de Jon Klassen est extraordinaire.

Il y a un tel décalage entre l'image, au graphisme simple et épuré, et le texte, qui laisse filtrer ce que l'on ne voit pas et place ainsi le lecteur dans la confidence, que le résultat sonne juste. L'humour est sarcastique, mais la morale est sauve. Au final, les deux tortues ont éprouvé leur amitié et résisté à la tentation. Un album comique et sans chichis. 

Milan - Octobre 2016 (Adaptation française de Jacqueline Odin)

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16/01/14

Extra doux de Mac Barnett et Jon Klassen

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Par un après-midi glacial, dans une petite ville glaciale, toute blanchie par la neige et noircie par la suie des cheminées, Annabelle trouva une boîte remplie de fil multicolore. Elle se mit à tricoter un pull pour elle, pour son chien, pour un copain jaloux, pour son animal aussi... et jamais elle ne manqua de laine ! Elle continua de faire plaisir et se mit à tricoter pour toute sa classe, pour son instituteur, pour les villageois, tous les villageois, sauf un... qui se contenta d'un bonnet ! Et même la ville revêtit une parure de laine.

Tant et si bien que la rumeur enfla et les curieux accoururent du monde entier pour rencontrer cette fillette qui tricotait à l'infini. Mais un archiduc aussi se pointa, fine bouche... Il lui proposa une fortune contre sa boîte magique, mais la fillette refusa. Mais l'homme ne se contenta pas d'un refus !

Charmante  histoire sur la générosité (et le plaisir de tricoter !), qui ne s’épuise pas tant qu’on cultive cette qualité avec naïveté et détermination. Les illustrations sont délicates, le moelleux de la laine ressort impeccablement dans le paysage hivernal. C'est sobre, mais poétique. Très beau ! 

Milan, janvier 2014

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