09/07/12

Où il est question de l'amour des livres et de la lecture.

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Juan passe ses vacances chez son vieil oncle Tito, considéré excentrique parce qu'il vit seul dans une maison remplie de livres. C'est un vrai labyrinthe où on ne fait que s'y perdre ! Juan ne doit d'ailleurs jamais quitter sa clochette pour retrouver son chemin. Lui qui préfère la télévision à la lecture, il est servi.

Le garçon est également préoccupé par sa mère qui digère mal son divorce. Son arrivée chez l'oncle Tito va cependant lui révéler son potentiel insoupçonné de lecteur d'exception. A son contact, les livres sont attirés par lui, ils veulent être lus, compris, sentis. Car le monde des livres est un univers incroyable, où les ouvrages n'en font qu'à leur tête, vont et viennent, se cachent en attendant le bon moment ou le bon lecteur.

Il y a vraiment d'étonnantes théories dans ce livre, des réflexions qui font sourire, car forcément elles nous parlent aussi ! ;) Dans l'intervalle, Juan va tomber amoureux et réaliser encore une fois que les livres peuvent le surprendre, s'adapter à ceux qui les parcourent ou les choisissent. Très honnêtement, ce roman évoque avec délice le plaisir de la lecture en des termes enchanteurs et ô combien véridiques ! C'est une jolie découverte, à saisir si jamais ce livre croise votre chemin.

Le livre sauvage, par Juan Villoro
Bayard jeunesse, coll. Estampille, 2011 - traduit de l'espagnol (Mexique) par Isabelle Gugnon
illustration de couverture : Zara Picken

Posté par clarabel76 à 08:30:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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01/03/11

Teaser Tuesday #9

Tuesdayteaser- Ils ont remis ça. On n'a rien de mieux à faire maintenant que d'aller se coucher. En tout cas, moi, j'y vais, me dit Matthieu en traversant le couloir.
Il a raison, ils n'ont même pas allumé de feu dans la cheminée comme ils nous l'avaient promis, et comme ils le font souvent, le vendredi soir.
Je suis au bout du couloir, devant la glace accrochée contre la porte des toilettes. J'y reconnais le clown que notre père a fabriqué et qui trône sur la petite table verte, et, suspendu au mur, le tableau que notre mère aime bien, il s'appelle L'attente et m'a toujours plu. Il montre une femme accoudée à sa fenêtre donnant sur un canal à Venise.
Matthieu est parti se coucher sans se laver, je ne me laverai pas non plus. Dans la glace, j'aperçois maman qui avale ses comprimés. Oui, il y a encore eu de l'eau dans le gaz avec papa.
On n'est pas des oiseaux - Gisèle Bienne

Vous vous souvenez de ce que vous faisiez, vous, pas plus tard que lundi dernier, vers sept heures trente-deux du matin ?
Eh bien moi, oui. Sans imaginer une seconde dans quoi je m'engageais (pauvre andouille que j'étais), je venais tout simplement d'ouvrir les yeux sur le premier jour de la semaine du paon.
A la recherche du paon perdu - Angélique Villeneuve

Je vais vous raconter ce qui m'est arrivé quand j'avais treize ans. C'est une chose que je n'oublierai jamais, à croire que cette histoire m'a pris au collet. Cela peut paraître étrange, mais je sens encore ses mains sur moi, et cette impression est si précise que je suis même capable de dire qu'elles sont gantées.
Tant que cette histoire restera secrète, elle me retiendra prisonnier. Aujourd'hui, en écrivant, je commence à éprouver un léger soulagement. Les "mains" de l'histoire sont toujours sur moi, mais un "doigt" a relâché sa pression, comme pour me promettre que, lorsque j'aurai terminé, je serai libre.
Tout a commencé par une odeur de purée de pommes de terre.
Le livre sauvage - Juan Villoro

Sur l'écran, comme dans ma tête, les images sont mélangées. Depuis la surface du volcan, s'écoule un long magma incandescent. J'ouvre un oeil et défilent tous azimuts des cargos assommés de marchandises, des manchots empereurs et des astronautes.
Je tends l'oreille mais les mots n'ont pas de sens.
C'est une bouillie ininterrompue.

Je change de chaîne, et déjà ils en parlent.
Ils n'ont qu'un mot à la bouche : l'accident.
Entre deux rafales - Arnaud Tiercelin

Il m'a dit : "Tu vas aller faire un tour chez les fous, ça va t'apprendre à vivre !"
Parce que les spécialistes sont là pour ça. Ils ont la formation pour formater, en douceur et en cachets aussi. La chimie des molécules pour rétablir les connexions, le droit chemin des sentiments. Alors il m'a dit : "Va chez le psy !" En consultation pour ado en perdition. Ado paumé, à la ramasse, ado en panne, panne de sourire et panne d'amour. Ado cliché, ado fourre-tout.
Contre courants - Richard Couaillet