30/03/18

Les larmes de la liberté, de Kathleen Grissom

Les larmes de la liberté audible

James Pyke est devenu un homme riche et respectable, bien intégré dans la société bourgeoise de Philadelphie. Adopté par la famille Burton, il a su se construire une réputation d'orfèvre et séduire un large public féminin. James est célibataire, mais entretient une liaison avec Caroline Preston, une femme mariée à un type imbuvable. Aussi, pour couper court aux rumeurs, James décroche une bourse du musée et part dans le Sud étudier les oiseaux, son autre passion. Mais notre homme a, en fait, d'autres motivations cachées et doit retourner au plus vite sur les terres de son passé qu'il a quittées, vingt ans plus tôt, après avoir tué un homme. Après s'être sauvé de Virginie, James a été secouru par Henry, un esclave en fuite, lequel est aujourd'hui en grande détresse car son fils Pan a été kidnappé par des trafiquants. Apprenant également que le secret de ses origines commence à transpirer, James précipite son départ.

Ce roman peut être lu dans la continuité de La colline aux esclaves, même si les deux œuvres sont assez indépendantes. On retrouve ici le personnage de James, fils d'un planteur et d'une esclave, qui a masqué ses origines pour évoluer dans un monde de faux-semblants, d'où l'on perçoit la fragilité et la détresse. D'ailleurs, tout dans cette lecture est romanesque à outrance. Au cours de son voyage dans le Sud, James va rencontrer la famille Spencer, un veuf et ses deux filles, qui vont l'accueillir sur leur propriété et lui faciliter sa prise de contact avec leurs voisins. Coup de chance pour lui, Pan n'est pas bien loin et James va tracer son chemin bon an mal an. C'est sûr que l'histoire abonde en clichés et revers providentiels, le parcours de James est jalonné de péripéties et de rebondissements palpitants, qui font tenir en haleine et aussi lever les yeux au ciel. C'est fleur bleue et assumé, OK pour moi. Par contre, les premiers rôles m'ont souvent agacée, mais j'ai beaucoup aimé le majordome Robert, la pétulante Adélaïde et l'inoubliable Sukey !

L'histoire est donc belle et attachante, peut-être moins prenante que La colline aux esclaves, probablement parce que j'ai été moins touchée par la voix d'Olivier Chauvel et son interprétation parfois trop caricaturale, mais l'écoute est, malgré tout, agréable et captivante !

©2017 Leduc.s. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Isabelle Allard

(P)2017 Audible Studios. Texte lu par Olivier Chauvel. Durée : 12h 25

 

Posté par clarabel76 à 11:45:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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21/04/17

La colline aux esclaves, de Kathleen Grissom

La colline aux esclaves

Après avoir découvert Maia (Les sept sœurs #1) de Lucinda Riley, j'avais envie de prolonger la sensation de m'immerger dans une fresque romanesque passionnante, et au vu des bonnes critiques, j'ai opté pour La colline aux esclaves, un marathon de 13 heures, formidablement porté par Nathalie Spitzer. Cela a été une évasion riche, exaltante et bouleversante. Une belle découverte offerte par Audible Studios.

Virginie, 1791. Lavinia n'est qu'une fillette fluette et vient de perdre toute sa famille lorsqu'elle est recueillie par le capitaine Pyke sur sa plantation de tabac, à Tall Oaks. C'est auprès de la communauté noire qu'elle va grandir, auprès de Mama Mae, Oncle Jacob, le séduisant Ben et l'intouchable Belle... alors que dans la grande maison, Mme Martha contient sa jalousie, sa langueur et sa folie. Son fils Marshall va lui aussi entretenir une haine farouche envers la jolie métisse, Belle, dont il suppute les origines, et méditera longuement sa vengeance pour punir son père, responsable de son éducation délaissée, des méthodes radicales de son tuteur, de son penchant pour l'alcool, etc. Le temps passe, Lavinia s'attache à sa famille d'adoption, voit la vie égrener une série de petits bonheurs et de grands malheurs, comme son départ forcé pour Williamsburg, son retour chez les blancs. Une séparation déchirante pour la jeune fille idéaliste, qui n'a connu la véritable chaleur d'un foyer qu'auprès des esclaves. Son apprentissage se poursuit cependant en matière d'études, de badinages amoureux... mais sa jeunesse, son innocence et son cœur pur viendront souvent fausser ses jugements et bouleverser sa destinée.

Quel tourbillon d'émotions à la lecture de ce roman plein de souffle et de péripéties ! C'est poignant, c'est vibrant, c'est vivant. J'ai été littéralement transportée. Comment demeurer insensible aux injustices de la ségrégation raciale, aux conditions de vie des domestiques et des esclaves, aux familles brisées par des contrats qui se revendent pour éponger des dettes, aux droits de cuissage honteux qui bafouent des jeunes femmes et renient leur progéniture ? L'auteur a réussi un véritable tour de force en traduisant avec force et authenticité l'ambiance des magnifiques propriétés sudistes, mais en s'intéressant aux coulisses et aux petites mains laborieuses. Ce sont des foyers misérables et opprimés, où subsistent pourtant une tendresse, une entraide, une détermination à tenir bon en dépit des adversités. Certes, les séquences dramatiques s'enchaînent en une valse étourdissante et étalent leur lot de violence, de larmes, de mensonges, de trahisons et de non-dits. Si j'ai brièvement craint une once de mièvrerie, j'ai vite revu mon jugement en constatant l'orchestration flamboyante de l'intrigue, racontée en alternance par Lavinia et Belle. Ce ne sont pas non plus des héroïnes fascinantes, fortes et magnanimes, car elles se révèlent parfois naïves, capricieuses et égoïstes, mais cela corrobore le tableau d'une nature humaine capable de prouesses et son contraire.

>> Texte lu par Nathalie Spitzer (durée 13h 13) pour Audible Studios (2016)

en exclusivité sur le site, uniquement disponible en téléchargement.

©2015 Charleston éditions - Trad. de l'anglais (USA) par Marie-Axelle de la Rochefoucault (P)2016 Audible FR

La colline aux esclaves | Livre audio  La colline aux esclaves pocket