12/12/18

Un jour inoubliable, de Stephanie Kate Strohm

Un jour inoubliable

Vivre dans l'ombre d'un frère brillant n'est pas si facile. Angelica Marie Hutcherson en sait quelque chose : pas un jour ne passe sans qu'on lui ressasse les prouesses du Grand James Hutch lors de la sacro-sainte Battle Interdisciplinaire. Ceci expliquerait sans doute pourquoi le rédacteur en chef du journal du lycée, Colin Von Kohorn, lui demande d'écrire un article à ce sujet.
Ambitieuse, Angelica croit saisir sa chance mais va vite déborder du cadre classique pour découvrir un scandale impensable dans l'enceinte de leur école. En effet, le même jour, doivent se tenir cette fameuse Battle, le bal de Homecoming, l'élection des délégués et l'événement footbalistique de l'année. Cerise sur le gâteau : elle apprend que la tête de l'indispensable mascotte a été volée. Cela commence à faire trop de coïncidences...
Angelica n'en doute plus et comprend qu'elle détient le scoop de sa jeune carrière de journaliste d'investigation, au grand dam de ses proches, complètement ahuris de la voir courir dans tous les sens. Même son rédac chef, un brin condescendant, hausse son sourcil d'étonnement avant de se joindre à son enquête pour 24 heures complètement folles et palpitantes !
Au final, la lecture se dévore en deux coups de cuillères à pot : ça fuse à chaque coin de page car les acteurs interviennent sans crier gare pour commenter la situation pour le moins farfelue. Le principe n'est pas nouveau car l'auteur nous avait déjà gratifiés d'un roman choral aussi bourdonnant et original, cf. Ma vie amoureuse en 16 garçons. Il faut dire aussi que cette chère Angelica n'est autre que la sœur de l'adorable Hutch... revoyez vos classiques !
Le roman nous offre donc de bonnes séquences inénarrables, avec des personnages fantasques et attachants. On trouve une fois encore du rythme, de l'humour, du suspense dans cette lecture pour le moins épique et entraînante. C'est complètement fun et délirant, ça fait glousser dans les chaumières. Bref. J'ai trouvé ce deuxième roman tout aussi réussi !

La Martinière J. (2018) - traduit par Aurélie Devillers

Titre VO : The Date To Save

 

 

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11/12/18

Les Sept ruptures d'Amy et Craig, de Don Zolidis

Les Sept ruptures d'Amy et CraigLoin d'être une banale histoire d'amour impossible, l'histoire de Craig et Amy raconte une série de ruptures et de retrouvailles toutes particulièrement cocasses.
Ils ont 17-18 ans, vivent dans le fin fond du Wyoming, ils s'aiment mais ne font que se quitter. Certes, la vie n'est pas simple et vient souvent jouer les trouble-fêtes dans leur relation en dents de scie. Pour autant, ne craignez pas une lecture mélodramatique ou répétitive car le ton est infiniment drôle et décalé. Craig est super étonnant dans sa façon d'exposer ses déboires et fait bien entendu preuve de dérision à balancer toute son aventure.
Au départ, il ne s'en cache pas, il est complètement fou d'amour pour Amy : c'est la fille la plus populaire de son lycée, la présidente des élèves, elle rayonne parmi la foule. Craig est fasciné, lui vit dans l'ombre, accro à Donjons & Dragons, il déteste les soirées et n'a jamais eu de petite copine. Son premier baiser avec Amy est donc pour lui totalement surréaliste. On le comprend. Il plane sur son petit nuage, frôle parfois l'obsession maladive... plus dure sera la chute.
Car la délicieuse Amy ne va pas l'épargner et lui briser le cœur par sept fois. C'est complètement insensé, et pourtant impossible de lui en vouloir : moins lisse que l'image parfaite qu'elle cultive (enfant adopté, maman malade...), Amy est à sa façon attachante et paumée. De son côté, Craig ne peut plus se contenter de sa posture d'éternelle victime (sa famille va traverser une période difficile et  ses études en seront menacées). À eux de saisir les branches tendues et d'avancer comme ils peuvent.
Cette histoire est à la fois tendre, drôle et désespérée. C'est un mélange de jouissances et d'échecs dans une vision complètement optimiste ! Je redoutais une mise en scène trop dramatique alors que le résultat est détonant et agréablement surprenant. Il y a en effet beaucoup de romantisme, un peu de désœuvrement mais un vrai souffle de vie, d'envie, de joie et de peine. Avec son dosage au plus juste, la lecture se révèle entraînante et enjouée.

La Martinière J. (2018) - Traduit par Sophie Passant

Titre VO : The Seven Torments of Amy & Craig

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04/12/18

Un Noël pour le Loup - Les bonshommes de neige sont éternels - Pas de cadeau pour les bêtes - Elvis et l'homme au manteau rouge

Un Noël pour le loup

Ce n'est pas facile de se racheter une conduite quand on traîne une réputation de grand méchant loup. Notre héros repentant souhaiterait organiser un grand réveillon de Noël et convier tous les animaux de la forêt. Pour dire de pardonner ses méfaits du passé. Mais voilà, la confiance n'est pas chose acquise. Tous se méfient du prédateur et boudent son invitation. lls rôdent néanmoins aux abords de la forêt, spectateurs d'une pantomine invraisemblable... mais incroyablement touchante.

C'est finalement le cœur gros que j'ai refermé cet album, aux magnifiques illustrations, et dans lequel Thierry Dedieu y glisse une grande tendresse et beaucoup de modestie à raconter le mea culpa d'un loup hélas impuissant à faire peau neuve. C'est tout simplement parfait !

Un Noël pour le Loup, de Dedieu

seuil jeunesse, 2017

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Les bonshommes de neige sont éternels

Cette histoire fait suite À la recherche du Père Noël et prend des nouvelles du bonhomme de neige alors que l'hiver est en train de tourner la page. Or, celui-ci ne semble pas s'en préoccuper. Par inconsience ou ignorance ? Par contre, ses amis sont terriblement inquiets. Que va-t-il devenir une fois la neige fondue ? Et l'histoire de rappeler le cycle naturel de l'eau dans cette aventure, qui se déroule entre ciel et mer, et qui pousse quatre copains dévoués à prendre tous les risques pour sauver leur bonhomme de neige préféré.

Une fois encore, j'ai été totalement séduite par les couleurs et les images qui s'étalent en grand format dans cet album. Amitié et humour complètent ce rendez-vous... très attachant.

Les bonshommes de neige sont éternels, de Dedieu

seuil jeunesse, 2016

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Pas de cadeau pour les betes

Les animaux de la forêt ne reçoivent jamais de cadeaux à Noël. C'est comme ça. Or, cette année, une surprise de taille attend nos amis les bêtes. (En fait, un paquet est tombé accidentellement du traîneau. Mais chut. Fermons les yeux.) Le blaireau, l'écureuil, la lapin, le corbeau, le rouge-gorge, mais aussi le sanglier, la biche, l'ours, les canards, le renard et j'en passe... ils sont tous là, réunis autour de ce paquet mystère. Le Père Noël ne les a pas oubliés ! Grosse émotion dans la forêt. Mais comment vont-ils se partager ce seul cadeau ? La discussion est ouverte, les arguments se bousculent, les supputations pleuvent. Et blablabla.

La chute de l'histoire est bien sympathique, mais avant cela, la lecture fait place aux échanges et à la communion. Elle rappelle aussi que les fêtes existent pour rassembler les proches, les familles, les amis, les âmes seules etc. Une chouette lecture, qui met son grain de sel en toute légèreté.

Pas de cadeau pour les bêtes, de Paul Martin & Antonin Louchard

seuil jeunesse, 2018

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Elvis et l'homme au manteau rouge

Quand Ole Könnecke décide de raconter un conte de Noël, attendez-vous à une histoire désopilante et à rebrousse poil des clichés sirupeux de la saison. Ha, ha, ha. Et c'est drôlement bon !

Nous sommes donc le 24 décembre. Elvis est un garagiste aux allures de rockeur. Il a fermé son atelier pour préparer les fêtes, quand une panne d'électricité vient saper son moral. En fait, un individu vient de foncer dans le poteau : un type portant une barbe blanche et un manteau rouge. Quelle idée de se balader en traîneau ! Elvis gronde de mécontentement car ce type le force à reprendre du service, faisant des pieds et des mains pour accélérer la cadence. Forcément, tout va aller de travers et le festival des incongruités ne fait que commencer.

Quelle histoire désopilante ! On croise une équipe de bras cassés très attachants, un petit grand-père à la mémoire qui flanche et des rennes affamés qui partent en roue libre. J'ai rarement lu une histoire de Noël aussi déjantée et savoureuse. On en redemande.

Elvis et l’homme au manteau rouge, par Ole Könnecke

de la Martinière J. (2017)

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12/11/18

Quand les poules auront des dents - Zou le zoo - Nous avons rendez-vous - La toute petite Olga - La Princesse au bois se cachait

Petite farandole d'albums, parfois ensorcelants, souvent cocasses, sans cesse surprenants !

Quand les poules auront des dents

Voici Colette, une petite poule ordinaire, qui vit en ville, dans un immeuble, et qui se lève tous les jours, de bon matin, pour se rendre au boulot. Elle a tout juste le temps d'avaler un petit-déjeuner et de faire une toilette rapide avant d'attraper le bus de 6h15. Puis, longue journée à pondre, pondre, pondre... Le soir, elle est claquée et se vautre dans le canapé, pour bouquiner ou regarder la télé.

Mais notre Colette frise le burn-out, quand elle devient peu productive, elle est convoquée dans le bureau du big boss et se fait remonter les bretelles. Pire, elle perd son job et doit pointer au chômage. Colette est au bout du rouleau, elle vole des conserves au supermarché, prend la poudre d'escampette et part se baigner à la mer !

Vous trouvez ça absurde ? Pourtant, cette histoire est laborieusement racontée par un papa à son petit garçon. Certes, lui aussi rouspète quand son père s'emballe avec des détails... une poule n'a pas de dents (pas besoin de les brosser), elle ne sait pas lire et encore moins nager, surtout si elle a oublié son maillot ! Il faut se concentrer, voyons.

Cet album est drôle : il est aussi bourré de dérision et de double sens, avec une histoire qui fait la part belle à l'imagination, au rituel du coucher et à la complicité familiale. Une lecture totalement décalée, façon André Bouchard. Sympa.

Quand les poules auront des dents, d'André Bouchard

seuil jeunesse, 2018

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zou le zoo

 

Ce pop-up est ingénieux, poétique et inattendu. Voyez plutôt... Le zoo est en folie : un alligator rêve de revoir sa boue chaude et soyeuse. La baleine proteste, le cacatoès trouve que c'est une idée comique, le dodo rappelle qu'il est interdit de déguerpir, tandis que l'éléphant dit banco. Ah, s'enfuir, enfin : retrouver l'harmattan, ce vent chaud comme un hammam...

On assiste à un vrai spectacle d'un zoo en pleine effervescence. Les langues se délient, les mots ne cessent de rouler. Ça grouille et ça gronde. Ça soupire à chaque coin de page, ça défend ses idées et ses rêves. L'ambiance est électrique dans ce zoo qui nous en fait voir de toutes les couleurs, et qui nous fait aussi voir du pays.

Au milieu de ce graphisme qui s'éclate, des effets pop-up qui font toujours des merveilles, la conversation se poursuit, écoutez bien, l'alphabet se récite, le texte joue avec les sons et les allitérations. C'est doux à l'oreille, ça fait plaisir aux mirettes. Cet album est rayonnant et complètement fou. Franchement top.

Zou le zoo ! de Cécile Roumiguière & Éric Sangelin

seuil jeunesse (2018)

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nous avons rendez vous

Il règne une véritable ambiance énigmatique dans cet album de Marie Dorléans !

En pleine nuit, deux enfants sont tirés de leur lit par leurs parents, car ils ont tous rendez-vous. On n'en sait pas davantage, mais tous se préparent sans un bruit et sans prononcer un mot de trop. On chuchote de se dépêcher, puis on se faufile dans les rues endormies. La petite famille presse le pas, avec son objectif en tête. La ville est silencieuse. Parfois, une lumière brille à la fenêtre d'une maison... Chut, le temps presse et le chemin est long. Il ne faudrait pas être en retard à ce rendez-vous mystérieux. Que de suspense !

On se prend totalement au jeu de cette virée nocturne, auréolée de secrets et de points d'interrogation. C'est beau, c'est excitant. Et les illustrations sont magiques ! Un album fascinant, à découvrir avec des yeux ébahis.

Nous avons rendez-vous, de Marie Dorléans

seuil jeunesse, 2018

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La princesse au bois se cachait

Une reine donne naissance à des jumeaux, Alaric et Hilde, mais le garçon tombe gravement malade. La reine se rend donc chez une sorcière qui lui promet de l'aider... en échange de quoi, elle devra lui donner sa fille. La reine, effondrée, accepte malgré tout. Le temps passant, les jumeaux vont grandir loin l'un de l'autre. Le garçon est devenu un chasseur intrépide, la fille une vraie beauté. Elle vit en totale harmonie avec la nature et peut prendre l'apparence d'un animal. Un jour, Alaric croise Hilde dans la forêt. Il est subjugué mais ignore qu'il s'agit de sa sœur. Celle-ci doit pourtant se cacher à cause d'un sortilège : impossible de quitter les bois ou son frère meurt.

Cela ne se voit sans doute pas, mais la couverture est en noir et blanc... avec du doré ! Comme les illustrations qui accompagnent le texte. Et c'est très, très beau ! La lecture aussi est surprenante, bouleversante surtout, car il est question de sacrifice et d'amour. Tout simplement, remarquable.

La Princesse au bois se cachait, de Dedieu

seuil jeunesse, 2018

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La toute petite olga

On boucle notre tour de piste par une mignonnerie. Place à une adorable héroïne, haute comme trois pommes. 

La toute petite Olga est la dernière d'une famille comprenant cinq filles qui veillent toutes jalousement sur elle. Aussi, quand elle exprime le désir de voyager ou de visiter la grande ville, ses sœurs sont effrayées car leur petite Olga a tout pour être heureuse dans leur datcha à l'orée de la forêt. Pourtant, un matin, la fillette se faufile en cachette et sans un bruit.

Elle va alors découvrir un monde très éloigné de son cocon : il fait froid, il y a du monde partout, c'est l'inconnu. Mais Olga s'accroche et s'arme de courage en pensant à ses grandes sœurs. Elle est fascinée par les couleurs, les gourmandises, les escarpins dorés aux talons de douze centimètres... Elle gambade fièrement dans les rues, elle n'a plus peur de rien.

Avec un peu de courage et beaucoup d’humour, la petite Olga va se débrouiller comme une grande et apprendre à se faire confiance sans personne pour la guider. Au final, la fillette va rentrer sagement à la maison. Ses proches seront soulagés et heureux. Le lecteur, lui, est totalement séduit. Cette lecture est en effet un enchantement (un univers de merveilles et de couleurs) : un conte russe fabuleux qui donne le sourire aux lèvres.

La Toute Petite Olga, d'Olivia Godat & Raphaëlle Barbanègre

de la Martinière jeunesse, 2018

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09/10/18

Rien ne va plus sous les étoiles, de Jenny McLachlan

Rien ne va plus sous les étoilesMeg a quinze ans et une réelle passion pour les étoiles. Depuis toujours, elle rêve de devenir astronaute. Sélectionnée pour participer à un concours organisé par la NASA, l'adolescente doit néanmoins surpasser sa trouille et prononcer un discours devant ses camarades. Meg sait qu'on la traite de geek ou qu'on se moque d'elle derrière son dos. Autant renoncer d'office à la compétition. En plus, son principal rival n'est autre que son partenaire de sciences, Ed King, un garçon branché et populaire. Pour ne rien arranger, sa mère a mis les voiles pour une mission humanitaire à l'autre bout de la planète, livrant ses filles, Meg et Elsa, un bout de chou de 18 mois, à la garde du grand-père un peu trop fantasque. Débordée par ses nouvelles responsabilités (crèche, couches, repas, dodo) et veillant à ne rien dire à personne, l'adolescente n'est plus aussi appliquée et rigoureuse en classe. Elle est d'ailleurs convoquée pour rejoindre un atelier réservé à de très bons élèves, comme elle, qui rencontrent des difficultés pour se sociabiliser. Contre toute attente, un petit groupe se forme, entre Meg, Annie, Rose et Jackson. Ils se savent les dindons d'une farce, rouspètent et réclament des biscuits, puis peu à peu tombent le masque et vont se serrer les coudes pour porter leur capitaine Clark jusqu'aux étoiles. En réalité, cette lecture est franchement adorable ! C'est un roman doudou qui s'ignore et qu'on picore avec ce sentiment d'avoir dégoté un beignet au miel tant c'est savoureux. On a une héroïne forte et intelligente, qui adore les sciences et l'astronomie, mais qui préfère s'enfermer dans sa bulle pour se protéger. Il était temps qu'un big bang bouscule son existence bien rangée ! Finalement, l'histoire va privilégier les situations tendres et cocasses pour chasser les incohérences, les griefs, les exagérations (pourquoi sa mère se montre aussi irresponsable et égoïste ? pourquoi son grand-père s'envole sur son vélo ? pourquoi des poules, pourquoi un Jacuzzi, pourquoi la tectonique des plaques ?). On oublie tout et on passe un moment formidable avec Megara Clark : cette jeune fille est un vrai modèle qui pourrait inspirer bien des lecteurs ! On admire et on aime sa fougue, sa sensibilité, son obsession, sa spontanéité... Cela rend son évolution encore plus fabuleuse, le roman en devient terriblement attachant. Et la couverture est magnifique.

La Martinière J. (2018) - traduit par Camille Bocquillon

 

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04/10/18

Les vrais amis de Melissa, de Kristen Tracy

les vrais amis de melissa

Melissa et son amie Candice ont été sélectionnées pour être les photographes de l'album du collège. Pour ces élèves de sixième, l'opportunité est trop belle pour mettre à l'honneur ceux ou celles qui n'en ont jamais l'occasion. Or, elles se confrontent très vite à la réalité : ce sont toujours les mêmes, toujours les plus populaires, qui ont les faveurs de la rédaction. Candice veut donc tout révolutionner et trouve en Leo un complice inespéré. Mais Melissa se sent trahie car elle ne supporte pas ce garçon et refuse de lui faire confiance. Ne comprenant plus son amie, Melissa tombe sous la coupe d'Anna, la responsable de l'album qui a décidé de n'inclure que ses amis branchés et les beaux athlètes. Elle a immédiatement senti que les deux copines ne partageaient plus les mêmes idées et se sert de son antipathie pour Leo pour mieux amadouer Melissa. Commence donc un vrai casse-tête pour l'adolescente, tiraillée entre sa loyauté envers ses principes et son amitié avec Candice, rongée par la jalousie, avec des idées confuses plein la tête, désirant soutenir des élèves au potentiel insoupçonné, sans perdre son statut de nouvelle favorite. Cruel dilemme. Cela peut paraître cruche à lire, de prime abord, mais le fond du problème demeure sincère et perspicace. Être ou ne pas populaire, soutenir ou pas ses amis, se déguiser pour plaire, rentrer dans le moule ou assumer sa différence... encore et toujours les mêmes questions. J'ai premièrement craint un roman trop superficiel, et bien évidemment très jeunesse, car Melissa est parfois immature (ok, elle a onze ans) mais j'ai peu à peu revu mon jugement en considérant l'histoire sans prétention, juste purement divertissante comme une série ou un film US (rien que le concept de l'album est très américain, mais nos ados imprégnés de culture pop en saisissent vite les aboutissements). Dernière chose, contrairement aux apparences, l'histoire n'est pas inachevée et l'auteur a bien écrit une suite (Project (Un)Popular #2)... Pour lecteurs dès 10 ans.

La Martinière J. (2018) - traduit par Frédérique Fraisse

 

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02/10/18

Pêle-mêle : Merci, Miyuki ! - Jungle - La rentrée de Pinpin - Lison et la propreté - La Princesse au don perdu

Merci Miyuki

La jeune Miyuki trépigne d'impatience, car elle veut jouer, bondir, croquer la vie à pleines dents, tandis que son grand-père danse lentement, inspire, expire, prend soin de son corps, contemple la nature, se plonge dans la méditation. Pour la fillette, c'est terriblement abstrait. Elle aussi veut partager cette communion avec le monde qui l'entoure, avec du thé froid, des tasses ébréchées, du babillage incessant. Grand-père ne change rien à ses habitudes, il marche lentement, incite l'enfant à se poser et à prendre le temps d'admirer la course des nuages par exemple... Peu à peu, Miyuki se perd dans la réflexion et absorbe à son tour les secrets de l'univers. “Ça sent bon, ça sent doux d'être là - ça sent le bonheur d'être ici et maintenant, avec toi.”

La communion entre les illustrations et le texte est parfaite : d'une poésie raffinée et pointilleuse. Chaque détail compte, chaque note est ajustée, chaque nuance est choisie avec un soin jaloux. En somme, cet album est admirable ! On se gave de son charme, de sa lumière, de sa sagesse. On sourit aussi face à cette tendre complicité qui se noue entre l'enfant et son grand-père. C'est une lecture intergénérationnelle, qui enchantera petits et grands. C'est de toute beauté, vraiment.

Merci Miyuki ! de Roxane Marie Galliez & Seng Soun Ratanavanh

de la martinière jeunesse, 2018

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Jungle

Quelle magnifique exploration de la jungle que celle proposée par l'américaine Helen Borten (inspirée par un voyage au Guatemala) ! Oui, c'est magnifique ! Les couleurs, les gravures, les sons, les mots... la sensibilité du lecteur est interpelée de toutes parts. Comment résister ?

Dans la brume matinale apparaît un vaste océan de feuillages. Ce qui se cache en dessous : la vie fourmillante et surprenante de la faune et la flore. Animaux, plantes et cycle de la vie se livrent à un ballet pudique et élégant. On en prend plein les yeux, ça roule de gauche à droite, de haut en droit, le spectacle est impressionnant. Le “mystérieux monde vert” s'épanouit sous nos yeux ébahis. Et c'est silence obligatoire jusqu'à la page finale.

« La jungle semble déserte. Mais des milliers de petits farceurs se cachent sous l'exubérant feuillage. Un bout d'écorce tombe... et devient lézard. Une feuille tremble... et c'est une sauterelle. Une fleur se déploie... et voici un papillon. Une petite boule hirsute de mousse se défait... et voilà un paresseux. Une vigne se déroule... et danse lentement un serpent. Un petit éclair de lumière... et cligne l'œil du jaguar. »

Jungle, de Helen Borten

de la Martinière jeunesse, 2018 - traduction de Shaïne Cassim

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la rentrée de pinpin

Premier jour d'école pour Pinpin ! Et première fois qu'il quitte sa maman. Pinpin a le cœur lourd et le moral à zéro. Ses nouveaux camarades viennent aussitôt à sa rescousse pour chasser ses idées noires : le tigreau évoque les chatouilles au ventre, l'ânon la douceur des joues qu'on caresse, le girafeau raffole des papouilles aux oreilles, ou le petit hippopotame se rappelle la complicité rigolote qui rend l'heure des retrouvailles moins longue à attendre...

De beaux instants sont ainsi partagés, avec toute la douceur et la tendresse de He Zhihong dont les illustrations inspirent une immense sérénité. Que de poésie à lire cet album !

La rentrée de Pinpin, de He Zhihong

seuil jeunesse, 2018

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Lison et la propreté

Cette chère Lison nous avait manqué ! On la retrouve dans des petites séquences rigolotes, qui pourront également être lues et relues en classe, en garderie ou autres lieux de collectivité, et ainsi mieux rappeler quelques règles de base : on éternue, on se lave les mains, on se brosse les dents, on se lave tous les jours, même si ça ne se voit pas, on change aussi de petite culotte, le shampooing ne pique pas les yeux, la poussière et la boue, ça va deux secondes, les microbes ça se propage donc on élimine avec du savon...

Rien de gnangnan dans cette lecture, au contraire, le ton est drôle et l'héroïne espiègne et adorable ! La série poursuit son petit bonhomme de chemin et c'est une réussite.

Lison et la propreté, d'André Bouchard

seuil jeunesse, 2018

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La Princesse au don perdu

Pour boucler cette tournée des petites merveilles, place au conte ! Où il est question d'un royaume et de cinq princesses, toutes dotées d'un pouvoir exceptionnel, à l'exception de la dernière. Iris, la plus jeune, a seize ans et n'a révélé aucune sensibilité, aucun don particulier qui pourrait participer à l'harmonie du monde. Quel drame, quelle catastrophe. Ses parents s'en inquiètent et convoquent les aïeuls. Tous poussent la princesse à trouver son don - ou le royaume va boîter et sombrer dans le chaos. Persévérante, mais malheureuse, Iris finit par se résoudre : et si elle était la princesse de rien ? Après tout, “le bonheur n'est finalement pas grand-chose : une douce mélodie, une brise dans les cheveux, la première feuille d'un arbre ou un joli coquillage. Un bonheur se cache dans les infimes et minuscules détails. Dans les grands et les tout petits riens.”

Cet album réserve une lecture passionnante et entraînante, avec des princesses, de l'aventure, du drame, du suspense... dans la pure tradition des contes qui font palpiter le cœur. Et les illustrations sont superbes !

La princesse au don perdu, de Paule Ferrier & Xavière Devos

de la martinière jeunesse, 2018

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11/06/18

Pêle-Mêle : Pingouin manchot - Sous mon arbre - C'est de saison ! - Une journée à la ferme - Les bêtises de Nina

Pingouin manchot

Dans la famille Pingouin, je demande le fiston ! Voulant attraper un pot de confiture aux algues, bim, notre ami fait une mauvaise chute et se relève avec une aile cassée. Direction les urgences où le médecin lui pose un plâtre en lui recommandant mille prudences. Notre pingouin va trouver le temps long s'il n'a plus le droit aux glissades ou à la piscine. Eh non ! car sitôt arrivé à l'école, c'est la bousculade ! l'effervescence ! Tous se disputent ses faveurs, prennent des photos à ses côtés, dédicacent son plâtre etc. Être pingouin manchot, c'est l'assurance du succès fou ! 

De plus, notre jeune ami va découvrir un autre aspect, plus gratifiant, d'avoir son aile paralysée : il est complètement dispensé des tâches ménagères. Il peut traînasser toute la journée sur le canapé. Plus besoin de faire ses devoirs non plus. En somme, c'est la belle vie. Quand il doit retourner chez le médecin pour enlever son plâtre, notre pingouin a le cœur lourd... un peu de trouille et un peu de nostalgie car la mode est volage et éphémère ! D'ailleurs, à l'école, c'est déjà un autre copain la nouvelle coqueluche des accros aux selfies. 

Une troisième aventure - après Papa est connecté et Au secours Maman fait un régime - toujours aussi hilarante et adepte du second degré ! Top top top. 

Pingouin manchot, de Philippe de Kemmeter

de la martinière jeunesse, 2018

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sous mon arbre

Dans un style coloré et graphique, ce livre nous parle de l'amitié entre une petite fille et SON ARBRE.

Et que de poésie à chaque page... Jo Witek & Christine Roussey nous enchantent et nous émerveillent. “Les jambes en avant, la tête en arrière, ma robe s'envole et l'air gonfle mes manches, gonfle mon cœur qui se balance tous les dimanches de branche en branche.”

On lit et on écoute le chant d'amour d'une petite fille qui raconte les longues heures passées au pied de l'arbre, les jeux dans les branches, l'odeur et les saisons, la force et la puissance, les secrets chuchotés, le temps qui passe, la complicité, les rêves et les siestes... C'est tout un monde ordinaire et étonnant qui se découvre. Les illustrations sont délicieusement pop et colorées - couleurs, mystères et richesses. Sensation magique d'un voyage au pays des merveilles !

On retrouve aussi la petite touche d'humour et de tendresse. La fillette s'imagine sorcière des forêts, avec sa tambouille de vers, de feuilles mortes et de marrons moisis, mais varie les plaisirs et les costumes au gré des lubies, aventurière de la guerre un jour ou dame dans sa cabane, pirate en haut d'un mât, cochon pendu ou singe complètement zozo.

C'est à la fois un bel hymne à la nature et aux rêves d'enfant. En plus, graphiquement l'album est une merveille (une découpe d'arbre en couverture qui évolue à chaque page avec un effet de poupées russes à la clef). Très belle lecture dédiée à la famille et au partage. On adore. ♥

Sous mon arbre, de Jo Witek & Catherine Roussey

de la martinière jeunesse, 2018

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c'est de saison

Voilà un autre bonheur de lecture : en plus d'être élégant, cet album documentaire vous apprend à connaître vos fruits et légumes à consommer à la bonne époque.

Ou comment habituer les enfants à manger responsable, être attentifs à l'origine géographique des produits, mieux respecter la planète et ainsi respecter le cycle naturel des fruits et légumes. 

Fanny Ducassé appporte sa grâce et sa sensibilité à travers ses illustrations de toute beauté. Un très bel almanach à lire pour s'instruire et chouchouter sa gourmandise. 

C'est de saison ! de Fanny Ducassé

de la martinière jeunesse, 2018

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Une journée à la ferme

Tout aussi didactique et réjouissant, l'album de Clémence Pollet invite les enfants à découvrir la ferme, ses animaux et ses multiples activités agricoles en un clin d'œil.

C'est délicieusement naïf et ludique : il faut retrouver la maman du poussin ou un agneau perdu. Mais d'autres pistes s'offrent à cette lecture, qui se lit comme un imagier puis comme un jeu à devinettes (d'où vient le lait, le miel, que faire des pommes ou des céréales). En gros, plus on avance dans l'histoire et plus elle devient riche et passionnante ! Cela ouvre aussi la porte d'un univers parfois méconnu qu'on parcourt avec bonheur et excitation.

Une journée à la ferme, de Clémence Pollet

de la martinière jeunesse, 2018

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les betises de nina

Comme tous les enfants, Nina aime faire des bêtises mais se défend d'être la coupable. Elle prétend, au contraire, que c'est la faute de ses copains (l'éléphant fait des prouts sous le lit, la girafe avale tous les gâteaux, les trois petits cochons dessinent sur les murs ou le crocodile a cassé le vase bleu). Ses parents rouspètent, sont fatigués. Nina n'a plus le choix... elle ne peut plus se planquer derrière ses amis imaginaires. Retour à la réalité.

La lecture est simple, mais follement ingénieuse - et très drôle - pour aborder l'imagination et le réel quand des enfants s'emmêlent parfois les ficelles. Une petite touche de malice, des illustrations fantasques et bim, la lecture nous embarque dans son univers fabuleux !

Les bêtises de Nina, de Caroline Fait & Mathilde George

de la martinière jeunesse, 2018

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24/04/18

Pêle-Mêle : J'ai perdu ma langue - À qui ressembles-tu ? - Fruits et légumes - Petit manuel pour voyager tranquille

j'ai perdu ma lange

C'est l'histoire d'un enfant qui a perdu sa langue en mangeant une glace. Ohlala... Le policier mène l'enquête. Ensemble ils vont fouiller la pâtisserie, interroger les passants, fouiller les herbes folles et les plates-bandes, héler les petits canards, scruter les fonds marins, se demander si ce ne serait pas un coup de la sorcière ou des extraterrestres... Après tout ! 

Quelle joyeuse lecture ! Album tout-carton, texte rigolo et illustrations neutres : fond blanc, écriture cursive et couleur bleue. Au milieu de tout ça, crâne fièrement une langue rouge qui se fait la malle d'une page à l'autre, en bondissant de la tête du policeman au parapluie d'une passante, de la baignoire du crocodile à la méduse qui file comme l'éclair. 

C'est ingénieux et étonnant ! On en prend plein les mirettes au fil de la lecture. TOP !

J'ai perdu ma langue, de Michaël Escoffier & Sébastien Mourrain

seuil jeunesse, 2018

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A qui ressembles tu

Comment distinguer un hibou d'une chouette, un chameau d'un dromadaire ?
Quelles différences y a-t-il entre un lièvre et un lapin, un rat et une souris ?
Quid de la vipère et la couleuvre, du crocodile et de l'alligator ?

Ce ravissant album nous entraîne dans sa ronde et propose de répondre au casse-tête de façon ludique et colorée. On découvre ainsi un tout-carton à découpes, où les illustrations sont savoureuses et pimpantes, et où les animaux défilent en une petite procession distinguée.

On y retrouve aussi des indices, de la poésie et des clins d'œil. L'exotisme est au rendez-vous, mais pas seulement, le tout est un régal pour les yeux ! Accessible pour les plus jeunes.

À qui ressembles-tu ? d'Olivia Cosneau

seuil jeunesse, 2018

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fruits et légumes imagier photo seroux

La photographe Nathalie Seroux publie un très bel imagier des fruits et légumes pour les jeunes lecteurs qui pourront ainsi se familiariser avec les stars du potager en toute simplicité ! L'approche est personnelle et sensible - chaque photo, page après page, attire l'œil et éveille les sens (image, son, forme et couleur). On ne triche pas, le clic est efficace.

Et le résultat est impressionnant, autant pour le choix de la lumière et de la mise en scène, mais aussi pour l'harmonie qui règne au sein de cette brigade ensoleillée et lumineuse. Les plus jeunes retiendront au mieux les différentes variétés des fruits et légumes ou se régaleront de découvrir cette fabuleuse orchestration de goût et d'odeur (oui, on imagine bien) dans un petit format malléable et original.

Voilà un beau portrait de famille à contempler sous toutes les coutures ! Et un premier pas pour les enfants vers l'art de la photographie, très important aussi ! 

Fruits et légumes : mon premier imagier photo, de Nathalie Seroux

de la martinière jeunesse, 2018

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petit manuel pour voyager tranquille

Pour finir, on se retrouve autour d'une bonne séance de fou rire avec ce dernier né du duo Paule Battault & Anouk Ricard ! On rappelle vite fait le succès des trois premiers : Petit manuel pour aller sur le pot, Petit manuel pour aller au lit & Petit manuel pour passer à table ; et on accueille avec effusion ce nouveau Petit manuel toujours aussi décalé et plein d'humour ! 

Cette fois, le tandem nous explique comment affronter de nouvelles situations de crise - à savoir comment supporter nos sales mômes, qui deviennent de vrais monstres, dès lors qu'ils posent leurs fesses en voiture, en avion, en train ou dans le métro. Chaque occasion est bonne pour user votre maigre patience et tester vos limites avant de fondre en public avec une bonne crise de nerfs ! Ha ha. 

On ne remerciera jamais assez Paule & Anouk pour les bons tuyaux qui jalonnent cette lecture ! Ils permettent d'aborder avec bonne humeur et sérénité les voyages à venir. À glisser dans son cabas en toute confiance. Paix sur la terre et dans vos cœurs.

Petit manuel pour voyager tranquille, Paule Battault & Anouk Ricard

seuil jeunesse, 2018

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09/04/18

Boys Band Killeuses, de Goldy Moldavsky

Boys band killeusesErin, Pomme, Isabel et la narratrice (alias Sloane Peterson, ou Bright Lights, Big City, selon ses humeurs) se connaissent à travers leur passion commune pour le groupe des Ruperts. En apprenant que les garçons sont descendus dans un hôtel en ville, nos fans hystériques décident de réserver une chambre au même endroit et arpentent ainsi les couloirs pour les rencontrer. Bingo, Pomme croise le moins sexy du lot près de la machine à glaçons et passe à l'action en bondissant sur lui. Le type est mis k-o, traîné par la jambe jusqu'à la chambrée des nanas qui piaillent d'excitation. Hop, elles le saucissonnent sur une chaise, le bâillonnent, lui posent un bandeau sur les yeux. Et puis quoi, après ? Exit le self-control. Les filles sont ingérables et ont perdu tout sens commun, elles n'écoutent que leurs pulsions et vont au bout de leurs fantasmes.

Ce qui était, au départ, un simple délire de nanas déjantées va finalement dégénérer et laisser place à un truc glauque et malsain ! Mais tenez-vous bien, c'est sacrément drôle. Oh là là, ces filles sont de vraies tarées. Elles sont carrément flippantes, voire un peu pathétiques. Toutefois, leur obsession maladive va également révéler une introspection mortifiante (folie vengeresse, ambition dévorante, trouble paranoïaque et j'en passe). Le ton est acide, cruel et amer. L'humour est noir et implacable. Et pourtant, c'est jubilatoire. On bascule dans la dérision avec facilité et ahurissement, l'enchaînement des événements est inattendu et parfois grotesque. En clair, j'ai trouvé ça bon et redoutable. Pour un premier roman, c'est diablement prometteur. ☺

La Martinière J. (2018) - Traduction d'Yves Sarda

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Posté par clarabel76 à 18:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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