18/05/12

“"Carefree, peaceful... those words reminds me of you." Matt says without hesitation, surprising me with his frankness.”

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Daisy n'est pas une adolescente comme les autres. Il lui arrive de succomber à des accidents, avaler de travers un grain de raisin, être allergique à une piqûre de guêpe, se noyer, bref Daisy est déjà morte par cinq fois dans le passé ! Tout a commencé à l'âge de quatre ans, par un accident de bus scolaire, à la suite duquel elle a suivi un protocole secret qui permet de ressusciter grâce à un sérum nommé Revive.

Tout est remis en question dès lors que Daisy et ses faux parents, Mason et Cassie, s'installent dans le Nebraska. La jeune fille découvre l'amitié avec Ashley, et aussi l'amour avec Matt. C'est tout nouveau, pour la première fois elle s'interroge sur les risques qu'elle court, sur la moralité de jouer avec la mort et le destin, de sauter d'une vie à l'autre sans le moindre frisson de doute ou de repenti... C'est comme si Daisy s'achetait enfin une conscience, sauf que ses conclusions la poussent vers le chemin de la rébellion !

Ce deuxième roman de Cat Patrick élabore une thématique originale, sur le droit à la vie et la mort, hélas j'ai trouvé le traitement tellement creux que j'ai fini par être déçue de ma lecture. Celle-ci se révèle trop simpliste, jusqu'à dans la description des émotions de Daisy, de sa rencontre avec Matt, des sentiments naissants entre eux, de son amitié avec Megan aussi, une autre cobaye avec qui elle a créé un blog rigolo. Il n'y a qu'avec Ashley que les choses vont être différentes de ce qu'elles paraissent, en plus d'autres petites révélations disséminées à travers l'intrigue, comme la découverte d'un complot et la nécessité de fuir pour sauver sa peau. Non, vraiment, à ce sujet intéressant ne s'est frotté qu'un développement peu convaincant et futile, auquel j'ai été peu sensible. Tant pis.

Revived (La Sixième Vie de Daisy A.), par Cat Patrick
La Martinière J., 2012 - traduit de l'anglais par Nathalie Azoulai 

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04/04/12

“The trouble is, sometimes words are like arrows. Once you shoot them, there's no going back.”

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Brie a quinze ans et est folle amoureuse de Jacob. Ils sortent ensemble depuis onze mois, puis tout s'arrête. Jacob lui annonce qu'il ne l'aime pas, et elle s'effondre sur la table. Véritablement. Son coeur est en miettes, scindé en deux, une anomalie cardiaque comme il en arrive rarement. C'est le choc pour ses proches, pour sa famille, dont le père est un éminent chirurgien cardiologue...

Brie s'envole donc vers un lieu nommé Eternité, elle se retrouve dans une pizzeria où se trouvent d'autres résidents immortels, dont Patrick, beau gosse, avec son blouson en cuir d'aviateur. Façon Top Gun. (Les références aux années 80 sont d'ailleurs nombreuses, surtout au début, j'ai bientôt cru que l'auteur s'était gourrée de cible, mais c'est marrant, un peu ringard aussi.)

J'ai entamé ma lecture sur une note de scepticisme, ne gobant pas toute l'histoire de Brie, notamment l'idée de mourir le coeur brisé, cela m'est apparu proprement aberrant. Puis, j'ai fini par m'attacher à elle, par ressentir de l'empathie. Brie est jeune, elle a quinze ans, elle est naïve et douce et impétueuse. Elle a grandi dans un cocon, le destin l'a arrachée de son paradis terrestre, maintenant elle a besoin de comprendre avant d'accepter son sort. C'est normal, même s'il lui faut passer par des moments difficiles et tristes, des révélations déplaisantes, mais aussi des passages plus drôles et touchants. Heureusement qu'il y a sa rencontre avec Patrick pour surmonter le choc ! (Il est du genre canaille avec beaucoup de charme, ça aide!)

C'est finalement un roman multiple, pour les émotions à transmettre. C'est une leçon sur les chagrins d'amour, sur le deuil avec cinq étapes à franchir, c'est une aventure frustrante et complètement folle, où la colère se dispute à la détresse et au chagrin. J'ai longtemps cru que l'histoire était écrite d'avance, avant de réaliser qu'elle n'était pas aussi prévisible et qu'elle pouvait surprendre sur plusieurs plans. Cela se termine aussi dans la sérénité, la tendresse, la promesse d'une éternité sans heurt, c'est fichtrement romantique, avec son lot de détails pénibles et agaçants, mais globalement on passe un bon moment de lecture.

Eternité, par Jess Rothenberg
La Martinière J., 2012 - traduit par Nathalie Azoulai 

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27/01/12

“I believe in lust at first sight. And attraction. But not love.”

Il s'appelle Carlos, c'est le petit frère d'Alex Fuentes, et lui aussi est un rebelle, un vrai. Après un passage au Mexique où il a mené la vida loca, Carlos est expédié auprès de son frère afin que celui-ci lui mette un peu de plomb dans le crâne. Mais Carlos a la haine, il porte un jugement dédaigneux sur les choix de son aîné, lui ne croît plus en rien, et surtout pas en l'égalité des chances. Sur son chemin, la petite Kiara Westford va lui donner du fil à retordre. Elle a été désignée pour lui servir de guide au lycée, pouah, cette nana insignifiante dont le look fait pleurer de désespoir... mais Carlos se prête au jeu, celui qui consiste à la titiller exprès pour avoir le plaisir de se frotter à une personnalité pas si fade ! La demoiselle a en effet un caractère bien trempé, et ce couple atypique va nous réserver un véritable duel de séduction haut en couleurs. Il s'agit d'une relecture dans sa traduction française, et franchement j'ai savouré. Mieux que la première fois, c'est pour dire. Toutes les répliques sont là, elles font mouche, et même les scènes les plus tordantes donnent lieu à de grands éclats de rire. C'était comme anticiper le bon, le brut, le truand. Vraiment parfait. Pas de surprise, non, mais que du bon, du très, très bon ! 

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Irrésistible attraction, par Simon Elkeles 
La Martinière J., 2011 - traduction de Sabine Boulongne. 

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Place à un registre un petit peu différent, avec l'histoire de Maggie et Caleb. Ils sont voisins et amis. Ils se connaissent depuis toujours. Un soir, Caleb prend le volant de sa voiture, il est éméché et il renverse une passante en la laissant pour morte. C'est Maggie qui est sur le carreau. Son corps est brisé, marqué à jamais. De longs mois de rééducation vont lui permettre de pouvoir de nouveau marcher, de reprendre un semblant de vie... et pourtant, rien n'est plus comme avant. Caleb a été arrêté, envoyé dans un centre de détention pour mineurs, il a purgé sa peine et doit rentrer à la maison. Le choc pour Maggie, la honte pour Caleb. Tous les deux refusent d'être en présence l'un de l'autre, mais ce ne sera pas évident. Cette fois, pas de bluette avec papillons dans le ventre. Pas de numéro de charme. Pas de roulement d'épaules ou de sourire sarcastique. Le ton est dur, âpre, avec très peu de romantisme. Maggie et Caleb ne cherchent pas à se séduire, mais à survivre. Leur histoire est tellement liée, du coup ils doivent composer l'un avec l'autre, ce qu'on imagine difficile et éprouvant. C'est une histoire plus sensible et profonde, où l'on parle de culpabilité, de douleur, de remords et de non-dits. C'est vraiment pesant, mais quelque part c'est ce qui fait aussi tout son charme. En somme, c'est un roman poignant et très touchant. 

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“Are you following me?" she asks, but doesn't meet my gaze. 
"Yeah," I say. 
"Why?" 
I give her the only honest and true answer I have. "You're where I want to be.”

Paradise, par Simone Elkeles
La Martinière J., 2012. Traduction de Sylvie Del Cotto.

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14/10/11

Blood and earth, hear my appeal : through skin and flesh, readily heal.

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Ce roman est une vraie réussite, pas tout à fait perceptible dans les premiers chapitres, mais lorsque le lecteur se sent à l'aise et a tout saisi de l'ambiance gothique, il ne peut que suivre l'héroïne, Silla, une adolescente complètement paumée depuis la mort brutale de ses parents, et attendre le sombre dénouement avec angoisse. 
Direction la petite ville de Yaleylah, dans le Missouri. Les parents Kennicot ont été retrouvés dans un bain de sang, tout le monde accuse le père, prof de latin, d'avoir pété un câble, mais la jeune fille n'y croit pas une seconde et pense que la menace est venue de l'extérieur. C'est comme ça qu'elle trouve le livre des sortilèges de son père, comme ça qu'elle comprend qu'un monde nouveau s'offre à elle, un monde teinté de magie et de sang, comme ça qu'elle ouvre sa boîte de Pandore. C'est fatal, à partir du moment où Silla se rend dans le cimetière, sur la tombe de ses parents, en feuilletant l'ouvrage, elle entre dans la ronde et ne pourra plus en sortir !  
L'histoire surprend sur plusieurs plans, d'abord parce que l'auteur n'épargne pas ses personnages, souvent confrontés à des situations violentes et douloureuses, avec force détails et descriptions dégoûtantes. C'est l'un ou l'autre - captivant ou rédhibitoire. Et puis, il y a la magie du sang, dans le genre poisseux et dégoulinant, avec ses rituels, ses masques, ses sacrifices... Il ne faut pas songer ouvrir ce livre si on tourne de l'oeil à la moindre goutte de sang, ce n'est même pas la peine ! 
Et pourtant j'ai aimé ça !!! L'histoire est ce qu'elle est : ténébreuse, inquiétante, bizarre, effrayante, romantique et tragique. Le cocktail est très curieux, mais produit une effet magique ! (Je me répète, je sais.) C'est une lecture qui imprègne le lecteur, littéralement, et c'est à cheval entre la fascination et l'appréhension qu'on avale les 490 pages du roman. Un bon gros livre, oui, avec ses scènes sinistres et son décor improbable, mais qui offre aussi de jolis moments de poésie et de théâtre (l'influence de Shakespeare est grande !). 
Une lecture un brin originale, et à l'atmosphère particulièrement envoûtante.

Blood Magic : Le sang ne ment jamais, par Tessa Gratton smileyc002
La Martinière J. 2011 - 490 pages - 14,90€
traduit de l'anglais (USA) par Anne-Judith Descombey 

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23/08/11

Terrible Grace.

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Retour sur les évènements du tome précédent : Grace a pu guérir Daniel de sa malédiction, mais ce faisant, en a hérité à son tour, tandis que son frère Jude choisissait de tourner le dos à sa famille, pensant qu'il avait été trahi. Sans nouvelles du garçon, les parents sont bouleversés et tentent de sauver les apparences. Grace vit ce naufrage douloureusement, elle tente de comprendre ses nouveaux pouvoirs en s'entraînant avec Daniel, alors même qu'une vague de violence s'abat sur la ville. Daniel prend soudainement ses distances et invente des histoires à dormir debout, de son côté Grace rencontre un autre type, Talbot, auprès de qui elle trouve un allié inestimable. 

Ce deuxième tome est beaucoup plus sombre, violent, dérangeant, moins sucré et mielleux, même concernant la relation amoureuse, entre Grace et Daniel, les non-dits fleurissent et gâchent leur belle connivence. La disparition de Jude pose un réel problème, ce garçon sème le trouble depuis le début de la série, ce n'est plus nouveau, mais cette fois ses actes portent de lourdes conséquences. Tout comme l'introduction du nouveau venu, Talbot, ami ou ennemi ? A l'heure où une armée de l'ombre semble rassembler ses troupes, le moindre doute peut tout faire basculer et entraîner tout un monde dans sa chute. Grace l'apprendra à ses dépens, et la fin s'annonce lugubre, sur un air de vengeance plutôt malsain. L'amour pur de notre petit couple va encore connaître des heures bien sombres...

Conclusion : Je n'ai pas eu le même enthousiasme en lisant ce livre, comme ce que j'avais pu ressentir avec Dark Divine (1er tome), mais ça reste une lecture sympathique. Et je n'apprécie toujours pas l'hypocrisie derrière les discours "true love waits", mais n'en faisons pas un fromage !

The Lost Saint (Dark Divine #2) - Bree Despain
Published December 2010 by Egmont USA

Traduit par Sabine Boulongre pour La Martinière J., 2011. 

LUENVOLu en VO - 32

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19/08/11

Six Jours. La fin d'un monde ou le début d'un nouveau ?

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Cass appartient à une famille d'excaves et vit dans un Londres totalement dévasté, victime d'une guerre chimique quelques années auparavant, et pliant désormais sous la coupe des Vlads. Ces russes exercent un contrôle impitoyable sur la ville et ses rescapés, car ils sont, en fait, à la recherche d'un artefact, un objet dont on ignore tout, mais qui serait caché sous les décombres de la capitale britannique. Seule certitude, il serait la clef du conflit. 
Cass a un petit frère, Wilbur, qui est passionné de bandes dessinées et qui pense haut et fort qu'on peut y trouver des indices pour retrouver le fameux artefact. Lors d'une mission, le frère et la soeur rencontrent Peyto, un garçon débarqué d'on ne sait où, au look improbable et aux manières tellement guindées que cela agacerait presque la jeune fille. Il n'est pas seul, il est accompagné d'Erin, sa soeur, qui va confier l'objectif de leur présence à Londres. Présence sur laquelle reposerait le sort de la planète ! 
Nous avons là un roman habile, mené sans esbroufe, où nous suivons une espèce de chasse au trésor dictée par un auteur de BD qui avait plus d'une corde à son arc. Cela avait tout pour me plaire, mais hélas j'ai été déçue par le résultat. 
Côté emballage, l'univers dépeint est rustre, grisâtre, Cass parle elle-même un anglais proche de l'argot, c'est une nana habituée à vivre à la dure, aussi sa rencontre avec Peyto offre un joli contraste, surtout au début. Mais, pas le temps de batifoler car la menace est bien réelle. Peyto et Erin ont seulement six jours pour accomplir un miracle, ils seront aidés de Cass et Wilbur, apprendront à découvrir un monde nouveau et étranger, à parer aux trahisons, à découvrir des secrets, etc. 
Certes, l'action ne manque pas, il y a énormément de détails dans l'histoire, on sent la volonté de l'auteur à vouloir partager ce qu'il avait à coeur de proposer, mais à tel point que le récit perd aussi un peu d'âme. Un bilan mitigé, donc, après ces 380 pages de lecture.

Six Jours - Philip Webb
traduit de l'anglais par Yves Sarda
La Martinière J. (2011) - 384 pages - 13,90€ 

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15/06/11

"For me, reading is remembering."

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Lili souffre d'un mal étrange - elle n'a aucun souvenir du passé, tout s'efface à 4h33 tous les matins, par contre elle connaît le futur (cela se manifeste par des flashs soudains et inopportuns). La situation est terriblement embarrassante. Aussi, Lili construit sa vie autour de ses notes, qu'elle rédige scrupuleusement avant de s'endormir, afin de démarrer chaque journée de bon pied. Car Lili tente de mener une vie normale, elle se rend au lycée, n'a pas beaucoup d'amis, et pour cause, soit elle se replie sur elle-même, soit elle manque de diplomatie, du fait de ses visions du futur. (Elle tentera, par exemple, d'éviter à sa meilleure amie une désillusion sentimentale, hélas cela entraînera une brouille entre elles.)

Côté coeur, Lili n'a jamais songé à se donner du temps non plus jusqu'à ce qu'elle rencontre Luke. C'est le petit nouveau de l'école, il est craquant et il en pince sérieusement pour la jeune fille (qui s'effarouche, avant de tomber dans ses bras, mais veut préserver son secret donc elle fait semblant de n'avoir aucun problème et blablabla). La relation est très mignonne, et puis le garçon a un charme fou, cela contribue grandement à afficher un sourire de bécasse, croyez-moi ! Bref, tout ceci sent bon la bluette mijotée aux petits oignons mais le problème demeure - le cas de Lili est bizarre. A quoi est lié son mal ? à quoi correspondent ses cauchemars récurrents ? pourquoi son père a disparu de la circulation ? qu'a cherché à découvrir Lili en voulant rencontrer sa grand-mère ? parviendra-t-elle, un jour, à corriger sa mémoire défaillante ? devra-t-elle vivre longtemps avec ce handicap ?

Toutes ces questions ont été, pour moi, essentielles pour terminer ma lecture. Parce qu'à force, l'histoire se pelotonne sur elle-même pour ronronner de plaisir, mais l'intrigue stagne aussi. Et il faut admettre que ça devient un peu long et ennuyeux tout ça... Le dernier tiers du roman, par contre, nous bombarde d'anecdoctes toutes plus incroyables les unes que les autres, à tel point que ça n'a plus ni queue ni tête ! Il se passe trop de choses, trop d'explications hâtives, bref le dénouement est expéditif et incongru.

Dans l'ensemble j'ai trouvé ce roman intéressant mais bancal. Peut-être m'attendais-je à une lecture plus proche du film 50 First Dates (Amour et amnésie, en français. Avec Adam Sandler et Drew Barrymore), en plus de la guimauve romantique assumée, j'aurais souhaité un ton plus comique (ce qui est loin d'être le cas, car c'est plutôt triste et solennel). Les éditions de la Martinière ont misé gros sur ce roman, puisqu'il sort en même temps qu'aux USA, chacun jugera donc selon ses attentes, en ce qui me concerne je suis un peu déçue.

Forgotten - Cat Patrick
La Martinière J. (2011) - 297 pages - 13,90€
traduit de l'anglais (USA) par Céline Laurent

Francesca est plus indulgente.

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30/05/11

iBoy

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Tom Harvey, seize ans, s'est pris un iPhone sur la tête (lancé du 30ème étage d'un immeuble) et a été mis k-o par le choc. Les médecins ont pu réparer les dégâts mais n'ont pu lui enlever quelques-uns des débris coincés dans son cerveau. Conséquence bizarre, le système intégré avec WIFI fusionne avec ses neurones. Tom, lui, découvre qu'il peut désormais surfer sur le net, s'infiltrer dans les réseaux téléphoniques et autres i-technologies en un simple battement de cils. Mais il n'en parle à personne, pas même à sa grand-mère avec qui il vit chichement dans un petit appartement au coeur d'un quartier mal famé. Et c'est alors que sa meilleure amie Lucy est victime d'une agression par la bande de petits caïds du coin, le crime est voué à rester impuni, ce qui révolte l'adolescent. Il crée ainsi iBoy, celui qui va venger l'honneur de Lucy.

L'histoire ressemble énormément à Spiderman, sans la piqûre d'araignée bien entendu. L'auteur ne s'en cache pas et y fait même référence avec humour (au moins, ça casse un peu avec l'ambiance déprimante). C'est un roman qui se lit avec rapidité, la technique est efficace et stressante aussi. On est pris par le rythme de l'intrigue, par l'atmosphère sombre et sans pitié, et par ce qui se bidouille dans la tête du garçon. Franchement c'est prenant, on déteste les méchants et on soutient le superhéros dans sa quête de vengeance. Sauf qu'il ne s'agit pas simplement d'un roman fantastique, mais un thriller psychologique. Tom, alias iBoy, se moque de faire le bien ou le mal, il est dicté par la colère et le sentiment d'injustice, ce qui est contraire aux principes des superhéros ! (Il existe une règle tacite. Ne cherchez pas.) L'adolescent carbure à l'instinct, il est déchainé et cela ne le rend pas meilleur et ne fait pas de lui un type extraordinaire - au pire, lui aussi est un monstre.

Tout ceci, simplement pour souligner que, même si c'est un formidable roman d'action, un roman redoutablement efficace, calibré pour divertir et plaire au plus grand nombre, c'est aussi un roman qui fait réfléchir, qui questionne et qui interpelle notre sens de la justice et les limites qu'on se pose. A lire, c'est vraiment un très bon roman !

iBoy - Kevin Brooks
La Martinière J. (2011) - 281 pages - 12,90€
traduit de l'anglais par Sabine Boulongne

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17/05/11

"The world is full of monsters with friendly faces."

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Cette nouvelle série est parfaitement indiquée pour les juniors - ils y trouveront un héros fort sympathique, Vlad, un jeune vampire né de l'amour entre un vampire et une humaine, ses parents ayant disparu, il grandit auprès d'une Tante Nelly, infirmière de son état, qui n'hésite pas à se procurer des pochettes de sang pour alimenter l'adolescent. Car Vlad refuse de se nourrir de sang humain, le seul écart a eu lieu quand il avait huit ans avec son meilleur ami Henry. Depuis tous deux sont inséparables et le secret est bien gardé !

Vlad est collégien, connaît quelques problèmes avec des camarades qui le chahutent et en pince sérieusement pour une jolie fille alors qu'elle semble lui préférer Henry. Vlad est bougon, jaloux, maladroit et brouillon, vive l'adolescence ! De plus, le prof de littérature est porté absent et son remplaçant, M. Otis, un excentrique débarqué de nulle part, commence à leur enseigner des matières farfelues portant sur les créatures mythologiques, à commencer par les vampires ! Vlad doit rédiger un exposé sur ce sujet, et c'est la panique.

En contrepartie, l'histoire montre un type inquiétant qui sème la terreur dans la ville et recherche activement le père de Vlad. Ceci conduira le garçon à enquêter également sur la mystérieuse disparition de ses parents et à mieux cerner son héritage. Je ne vous le cache pas, j'ai lu ce roman avec ma fille et nous l'avons trouvé sympathique, divertissant, avec pas mal d'action à mi-parcours, plutôt drôle aussi. La série est surtout à conseiller à un lectorat jeune (niveau collège), parce qu'il n'est pas seulement question d'un vampire chez les humains, mais avant tout c'est l'histoire d'un adolescent en quête de repères, dont la vie n'est nullement centrée autour d'une relation amoureuse, et pour le coup c'est très bien vu et ça change un peu (un tout petit peu).

Les Chroniques de Vlad Tod, tome 1 : Un secret bien gardé - Heather Brewer
La Martinière jeunesse (2011) - 225 pages - 11,90€
traduit de l'anglais (USA) par Cyril Laumonier

Le tome 2 paraîtra en octobre 2011 et s'intitulera L'héritage du passé.

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25/01/11

Teaser Tuesday #4

Plaisir régressif ...

- Tu m'embrasses maintenant ou plus tard ?
- Tout de suite.
Il en reste ébahi, je le vois à ses mains crispées.
A la maison, papa et maman régissent ma vie. Au lycée, les choses sont différentes. Il faut que je garde le contrôle et la maîtrise de mes actes pour ne pas être qu'un mannequin sans cervelle.
- Vraiment ?
- Oui.
Je place sa main dans la mienne. J'avoue qu'à ce moment, j'apprécie grandement l'intimité du rayon Biographies. Sa respiration ralentit tandis que je me mets à genoux et me penche vers lui. J'évite de penser à ses doigts longs et rugueux que je touche pour la première fois. Je suis nerveuse. Pourtant, je n'ai pas de raison de l'être. C'est moi qui contrôle la situation.
Je sens qu'il se retient. Il me laisse prendre les devants. Je pose sa main sur ma joue ; il gémit. J'ai envie de sourire car sa réaction montre à quel point j'ai du pouvoir sur lui.
Nos regards se croisent, Alex demeure immobile.
De nouveau, le temps s'arrête.
Puis soudain je tourne la tête et lui embrasse la paume de la main.
- Voilà, je t'ai embrassé !
Je lui rends sa main, le jeu est terminé.
Monsieur Latino et son grand ego se sont fait plumer par la blonde écervelée.

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J'ai reçu les épreuves non corrigées du roman qui va paraître en VF le 10 février aux éditions La Martinière jeunesse ! Je ne relis que certains passages, qu'est-ce que ça me fait rigoler ! C'est encore EXACTEMENT ça !  (Bon je ne regrette pas de l'avoir lu en VO non plus. La trad. tient la route, ils ont conservé tous les dialogues en espagnol pour faire style...) 

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