22/10/13

“People lied. That's just what they did.”

hemlock

Très, très bon roman que voilà ! Son ambiance sombre, son ton vif, ses personnages à fleur de peau, son danger alentour et ses garous particulièrement effrayants font de cette lecture un rendez-vous incontournable. Le résultat est en effet captivant ! Tout de suite, on plonge dans une histoire noire et pleine d'amertume, marquée par la mort d'une adolescente. Son groupe d'amis est dévasté, chacun cherche un refuge, que ce soit dans l'alcool ou dans le besoin d'avoir des réponses, pour avancer et oublier le drame. Mackenzie est une jeune fille qui se juge quelconque, mais qui, finalement, est une nana entourée par deux potes irrésistibles, qui se chamaillent pour obtenir son attention et décrocher son cœur, oui, un triangle amoureux est au programme, attention les yeux, mais franchement c'est plutôt bien amené, pas trop nunuche non plus. L'héroïne fait même preuve d'auto-dérision à ce sujet :

« Nom de Dieu ! Ma vie n'allait quand même pas devenir aussi débile que toutes ces séries pour ados !
Une coulée de graviers et de poussière a dévalé la pente. Je me suis retournée. Kyle était au sommet de la colline. J'ai senti ma poitrine qui se fendait en deux. Sans un mot, il a fait demi-tour. Et voilà, c'était officiel : ma vie était digne d'une série débile. »

Autour, nous avons aussi une enquête criminelle, pour cerner le mystère qui entoure le meurtre d'Amy. L'arrivée en ville d'une milice privée sème la zizanie, Mac se heurte à leur chef et devient une cible à éliminer. Elle réalise dans le même temps que ses amis proches lui cachent aussi de nombreux secrets, parfois assez déconcertants. Et ce climat de délation, de suspicion et de peur panique autour des garous finit par enfoncer le clou : c'est globalement sombre, vif et envoûtant. L'auteur n'a pas versé dans la facilité, elle malmène ses personnages, elle dessine une histoire pas toujours joyeuse, ça change un peu et ça fait du bien. C'est le 1er tome d'une trilogie, la suite est déjà disponible en VO : Thornhill.

Hemlock, par Kathleen Peacock (La Martinière J., juin 2013 - traduit par Nathalie Azoulai)


23/09/13

“It is one thing to ask questions; what do you do with the answers?”

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Kyla, seize ans, vient de subir une opération. Elle a été « effacée ». C'est une coutume courante, décrétée par les hautes instances, pour éradiquer la délinquance galopante. Des jeunes gens en crise ou désoeuvrés sont reprogrammés pour une nouvelle vie, avec une mémoire toute neuve, les émotions bridées par le port d'un Nivo greffé au bras. Toute montée d'adrénaline peut désormais les mettre en danger. Ce sont ainsi une flopée de jeunes gens aux sourires niais, qui ne se posent pas de questions, qui évoluent dans un semblant de vie ordinaire. Leurs nouvelles familles sont accueillantes, mais prudentes, car le système en place surveille tout, contrôle les moindres faits et gestes, et la police (les Lorders) n'hésite pas à arrêter tout élément perturbateur. Bizarrement, Kyla est consciente du climat pesant et suspicieux qui règne autour d'elle. Toutefois, elle a bien compris qu'il fallait qu'elle garde pour elle ses interrogations. Son opération aurait posé un léger couac, elle n'a pas la même attitude ni les mêmes compétences que ses pairs. Elle est innocente et naïve dans sa façon d'être avec les autres, et pourtant son esprit est vif dès lors qu'elle capte une anomalie dans son paysage (la disparition de camarades dans son lycée). Kyla a aussi des flashs durant son sommeil, elle est réveillée par des cauchemars qui lui dictent de vieux souvenirs, mais elle ne sait pas encore ce qu'ils cherchent à lui révéler.

J'ai aimé, beaucoup aimé ce livre. L'histoire, aussi captivante soit-elle, ne s'écoule pas sur un rythme effréné, au contraire c'est plutôt lent, mais on prend le temps d'apprendre un tas de petites choses, de savourer l'ambiance, assez glauque et flippante, de se poser des questions et de se surprendre à attendre la suite avec impatience. Ce roman vous réservera bien des surprises ! Au départ, il m'a un peu rappelé celui de Rachel Cohn, Version BETA, sans son parfum sulfureux, mais il est beaucoup plus angoissant, sombre et oppressant. C'est franchement fascinant, j'ai été scotchée.

Effacée, par Teri Terry (La Martinière J., septembre 2013 - traduit par Maïca Sanconie)

“It's the fate of all creators: They fall in love with their creations.”

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Victime d'un grave accident, Eve est envoyée dans les locaux de Spiker Biopharm, qui appartiennent à sa famille, pour y recevoir les meilleurs soins. Dans son état, seul un miracle est possible. Bingo ! Alitée, la jeune fille s'ennuie et se plaint auprès de sa mère, qui lui confie alors un nouveau projet : créer un spécimen humain parfait, physique et génétique comprises. L'adolescente se prend au jeu et s'inspire de Solo, qui travaille comme homme à tout faire chez Spiker.

Intriguée par l'idée de base, j'ai finalement été déçue par le traitement de l'histoire. C'est assez long, surtout à se mettre en place, les personnages ne sont pas touchants, ils font preuve d'humour et d'intelligence, mais ils ne dégagent rien. Aucune alchimie amoureuse non plus, là où il était attendu d'y avoir. C'est finalement une lecture qui me laisse un sentiment de lassitude et de grande perplexité. J'aurais pu me réconcilier avec l'espionnage auquel se livre Solo en douce, ou constater que la deuxième partie est plus enlevée, plus riche en action, oui c'est bien, ça bouge enfin, mais mon esprit voguait déjà vers d'autres rivages...

Projet Adam, par Michael Grant et Katherine Applegate
La Martinière J., septembre 2013 - traduit par Eric Marson

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21/06/13

“Grâce à toi les choses se passent mieux aujourd'hui.” (L'été où j'ai appris à voler)

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Sous cette couverture pétillante, où reflète un soupçon de vacances ensoleillées, se cache une histoire qui parlera à la petite adolescente qui est encore en vous. Birdie a treize ans, sa maman vient de lancer une épicerie fine et se saigne les quatre veines pour réussir, elle est veuve depuis dix ans et vit avec sa fille une relation soudée.

Leurs rapports se compliquent avec l'accumulation du boulot, Birdie vient prêter main forte tous les jours et occupe son été en fréquentant les adultes qui travaillent avec elle. Il y a Swoozie, qui fume trop et qui a un cœur d'or, mais surtout Nick, le beau surfeur, pour qui Birdie a un petit béguin. Mais les journées coulent paisiblement et l'ennui s'installe, la solitude aussi.

C'est en croisant Emmett Crane, à l'arrière de l'épicerie, un soir, que Birdie ressent comme un besoin de changement. Tout chez le garçon intrigue l'adolescente, sans hésiter elle va accepter de le revoir et avoir ses petits secrets. Ce n'est pas en signe de protestation contre sa mère, qu'elle accuse d'être une cachotière, c'est vraiment par envie et par besoin. Dans sa tête, les idées se bousculent, Birdie grandit et veut déployer ses ailes.

La deuxième moitié du roman va se révéler étonnamment bouleversante et fait alors apparaître cette histoire autrement que comme un simple rendez-vous de légèreté. Les émotions remontent à la surface et les sujets sensibles sont alors abordés. Il est question de l'absence du père, du double rôle que doit jouer la mère, de l'entrée dans l'adolescence, des rencontres qui symbolisent la promesse d'une main tendue, de la maladie qu'on cherche à effacer, de rituels à accomplir, de sacrifices aussi à apporter...

C'est une jolie petite lecture, qui sait vous prendre par surprise et toucher votre corde sensible. Le résultat est charmant, parfaitement délicat et attentionné.

L'été où j'ai appris à voler, par Dana Reinhardt
La Martinière J. (2013) - traduit par Corinne Julve
illustration de couverture : Hubert Van Rie

24/05/13

Jessica Jupiter s'occupe de t♥ut

A été lu par notre miss C., 13 ans :

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Dans ce tome 2, nous retrouvons Gemma Stone, l'héroïne, qui écrit toujours sous le pseudonyme de Jessica Jupiter la chronique de l'horoscope pour le webzine du collège. De nouveau, elle entend jouer les entremetteuses pour éviter à sa copine Savannah, actuellement amoureuse d'un type stupide, une parfaite désillusion. Mais son plan va un peu tomber à l'eau, car tout le monde croit qu'elle a le béguin pour un certain Marcus, initialement destiné à son amie.

Les embrouilles se poursuivent alors qu'elle enquête avec Will, du webzine, sur un soit-disant trafic de drogue. Hélas, tout part en cacahuète, avec kidnapping à la clef, et dans un vent de panique, Gemma s'écroule sur la scène où se tient un concert que donne Sam, son amoureux secret. Naturellement, il lui vient en aide en la faisant jouer du tambourin. ^-^

Finalement, point de drogue mais Will et Gemma vont tout de même décrocher un bon scoop (et quelques sueurs). Sam, lui, pense qu'il n'a plus aucune chance avant de l'inviter à un concert. La nouille pense toujours que c'est uniquement par amitié, alors que ses copines sont toutes excitées pour elle. Aussi, lors d'une soirée au cinéma, les filles croisent Sam, en train de fixer Gemma, qui devient toute chose (... le coup de la moustache de ketchup, très, TRES drôle !).

En conclusion, la lecture a été plaisante, voire plus agréable que le premier tome, que j'avais bien aimé. Cette fois, l'ensemble s'est révélé moins prévisible, grâce au suspense et à l'action qui sont plus développés. Gemma Stone est une héroïne sympathique, mais un peu nigaude, ce qui fait tout son charme aussi. J'ai parfois trouvé que l'histoire n'était pas suffisamment approfondie (concernant Savannah et Marcus, par exemple). J'aurais également aimé en savoir plus sur l'affaire des perruques, qui a été survolée. C'est un peu dommage, mais pas bien grave non plus.

A vrai dire, ce sont essentiellement les histoires d'amour qui m'intéressent car c'est un véritable micmac, surtout avec cette fin ouverte, qui nous tient en haleine. Je suis impatiente de connaître le dénouement entre Gemma et Sam !

Jessica Jupiter s'occupe de tout, par Melody James
La Martinière J. (2013) - traduit par Nathalie Azoulai
illustration de couverture : Sophie Bouxom

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06/05/13

“I'm a monster, you know. I'm one of the dangerous ones.”

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Peut-être parce que j'avais déjà lu le premier roman d'Alexandra Bracken, Brightly Woven, que j'avais fortement apprécié, et parce que les commentaires étaient tous plus élogieux les uns que les autres sur sa nouvelle série, qui se présente avec Les insoumis, j'avais probablement de grandes espérances quant à ma lecture mais le résultat ne s'est pas avéré aussi concluant.

Ruby est une gamine de dix ans lorsqu'elle est internée, à l'instar de milliers d'autres, dans un camp pour éradiquer le virus foudroyant qui frappe toute leur génération. Ceux qui survivent sont donc considérés avec prudence et crainte, aussi le gouvernement préfère les avoir à l'œil. Six années vont passer avant que Ruby saisisse sa chance pour s'enfuir. Son secret semble avoir été démasqué et ses jours sont en danger. En effet, Ruby possède le don de télépathie. Elle est capable de fouiller les pensées et de les manipuler à sa guise.

Ils sont une poignée de jeunes à ainsi se révéler une force en puissance, c'est ce qu'elle va découvrir au hasard de sa fuite. En chemin, elle croise Liam, Zu et Chubs, trois adolescents également évadés, qu'elle va accompagner pour échapper aux chasseurs de prime et aux forces spéciales qui sont à leurs trousses, mais aussi pour tenter de trouver la fameuse Terre Promise, East River, où se rejoignent tous les insoumis.

Globalement, j'ai apprécié cette découverte, que j'ai trouvée riche en rebondissements, en action et en folles péripéties. Les émotions et les palpitations sont au rendez-vous. Par contre, je suis un peu déçue par la mécanique de l'intrigue, qui consiste à entrecouper ces séquences rythmées avec de lentes et longues considérations existentielles. On passe, naturellement, un temps fou à tout bien détailler et mettre en place : le contexte politique, l'évolution de Ruby, qui est tout sauf une rebelle dans l'âme, et ses sentiments dans toute cette aventure.

Résultat, j'ai souvent eu la méchante sensation d'être dans l'expectative pendant une grande partie du roman. Malgré les bonnes idées et la promesse d'avoir une lecture passionnante, il m'a semblé que l'ensemble était inégal et un peu long. Paradoxalement, la suite ne devrait être que meilleure car désormais toutes les cartes sont sur table !

Les insoumis, par Alexandra Bracken
La Martinière J. (2013) - traduit par Daniel Lemoine

"When a lady isn't perfect, she's a lot more perfect, I believe."

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Mack et Cece travaillent tous les deux dans le même restaurant, dans un quartier populaire, et vont rapidement tomber amoureux. Ils sont jeunes, mais déjà désespérés et désoeuvrés par la faute d'un quotidien difficile. Leur amour, donc, est pour eux une échappatoire, ils s'accrochent l'un à l'autre comme à une bouée de secours, ce qui donne à leurs sentiments un ton plus beau, plus fort, plus authentique.

Cece manque de confiance en elle et trouve en Mack cette force en laquelle elle ne croyait plus. Son frère va partir à la guerre, de son plein gré, et elle est intimement convaincue qu'il ne va jamais revenir. Mack, lui, mène son propre combat pour résister à l'appel de la violence, de la haine radicale envers le genre humain, il a d'ailleurs consacré toute sa bonté à l'espèce canine et voudrait devenir éducateur si les études n'étaient pas aussi chères. La présence de Cece l'apaise et lui devient plus que nécessaire.

Et puis le drame arrive, Cece et Mack vont être face à leurs pires cauchemars... Et là je ne vous raconte pas comment mon moral a flanché, un aller simple vers les chaussettes. J'avais senti, dès le démarrage, que la lecture ne serait pas aisée et que l'histoire ne ferait pas dans la légèreté. Mais quelque part j'avais été touchée et j'étais intimement convaincue que l'auteur allait nous porter vers le haut. La suite n'aura été que déception.

C'est sombre, oppressant, terriblement amer et défaitiste. L'histoire est triste, d'une tristesse poisseuse et remplie d'amertume. Franchement, il faut tout de même avoir le cœur bien accroché, car c'est assez déprimant ! Pourtant, j'ai aimé les personnages avec toutes leurs complexités, leurs forces, leurs faiblesses, leurs errances, mais il m'a manqué un soupçon d'éclaircie pour véritablement m'attacher à cette lecture.

Ne t'en va pas, par Paul Griffin
La Martinière J. (2013) - Traduit par Nathalie Azoulai

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05/04/13

“I don’t stay anywhere. I visit. I observe. I leave. I don’t ever stay.”

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Mars 1995, à Evanston dans l'Illinois. Comme tous les matins, Anna fait son footing lorsqu'elle croise un garçon qui semble la connaître. Pas le temps de lui parler, qu'il disparaît subitement. Ce même garçon réapparaît dans son lycée, en tant que nouvel élève. Et là, autre fait bizarre, il fait mine de ne pas la reconnaître. Perplexe, Anna se confie à sa meilleure amie Emma, qui n'hésite pas à aborder le nouveau en mettant les pieds dans le plat.

Bennett Cooper est sincère et désolé. Il vient d'arriver en ville et n'a jamais mis les pieds au stade. Il n'a donc jamais eu l'opportunité de croiser la jeune fille. Anna se sent mortifiée et tente d'effacer cet épisode de ses souvenirs. Mais plus d'une fois, elle va croiser Bennett, se trouver dans des situations déroutantes, découvrir un garçon au caractère changeant, tantôt avenant, tantôt fuyant. Quel rôle joue-t-il à la fin ?

Anna n'est pas foncièrement sensible à ses charmes, elle est juste curieuse. Ce garçon l'intrigue et l'attire, elle ne sait pas l'expliquer autrement. Un soir, dans la librairie de son père, victime d'un cambriolage, la jeune fille va être confrontée à une partie de la vérité. Bennett ne peut plus reculer et doit lui confier son secret. Un secret qui risque de bouleverser le reste de sa vie, à elle maintenant de choisir quel chemin elle souhaite prendre.

Je crois que ce roman ne me laissera pas une forte impression, après mûre réflexion. L'ensemble est mignon et attachant, mais l'histoire est trop tirée par les cheveux, pas assez approfondie concernant des détails qui s'apparentent à de gros retentissements dans l'histoire (la disparition de Brooke, l'accident d'Emma, la portée symbolique de la lettre, l'explication du don, etc.). Tout est finalement survolé, comme si l'auteur souhaitait avant tout raconter une belle histoire d'amour, frappée d'interdiction.

Adorable par certains aspects, mais frustrant parce qu'il n'est pas assez abouti, ce roman doit donc être pris à la légère, mais il n'offre pas une lecture profonde du thème qui touche les voyages dans le temps, c'est bien dommage. L'approche est toutefois convenable et divertissante, surtout si on aime les histoires romantiques.

Le temps contre nous, par Tamara Ireland Stone
La Martinière J. (2013) - traduit par Corinne Julve

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19/02/13

La rubrique c♥eur de Jessica Jupiter

Ce livre a été lu par notre Miss C., bientôt 13 ans (eh oui, ça grandit !).

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L'histoire : Gemma est une adolescente de 14 ans, qui rêve de devenir un écrivain célèbre. Elle cherche à rejoindre l'équipe rédactionnelle du webzine de son collège et propose même son idée d'article (concernant le hangar à vélos, précieux lieu de rendez-vous de tous les collégiens, qui serait menacé de destruction). Gemma se sent investie d'une mission et cherche une reconnaissance populaire. Hélas, elle se voit confier la rubrique de l'horoscope.  

Elle décide alors d'écrire sous pseudonyme pour plus de crédibilité, devient Jessica Jupiter et bidouille des prédictions hasardeuses ou qui sont censées bousculer son entourage. Bizarrement son horoscope surprend tout le monde car tout finit par se réaliser. (Les anecdotes tournent finalement autour des histoires sentimentales de Gemma et ses amies, Tess et Savannah.)

Petite lecture idéale pour les collégiennes, elle permet notamment une identification facile aux héroïnes et à leurs histoires d'amitié, d'amour, de vie scolaire ou familiale... Dans l'ensemble les situations sont comiques et proches de la réalité. Par contre l'intrigue est très prévisible, sans réel rebondissement ni grosse surprise, ce qui est un peu dommage. Mais cela n'enlève en rien le plaisir de lecture ni le charme de l'histoire !

La rubrique coeur de Jessica Jupiter, par Melody James 
La Martinière J. 2013 - Traduit de l’anglais par Nathalie Azoulai

  • Melody James est aussi le nom de plume de Siobhan Curham, l'auteur de Cher Dylan

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12/02/13

“Never show them what you’re really feeling because that’s how they hurt you.”

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Voilà un roman à l'ambiance singulière, non dénuée de charme, surtout au début, et qui m'a donné l'illusion d'une belle promesse de lecture, avant de me décevoir un petit peu. L'histoire se passe à une époque semblable à celle du Moyen-Âge, Felicita est une jeune fille de bonne famille, qui vit à Pelimbourg, une cité pour aristocrates qui pratiquent la magie. Elle mène une existence confortable, dictée par l'autorité abusive de son frère. Ses illusions se brisent lorsqu'elle apprend le suicide de sa meilleure amie, qui refusait d'épouser un type qu'elle n'aimait pas. A son tour, face à un mariage arrangé, Felicita préfère prendre la fuite en simulant sa mort par noyade.

Elle trouvera refuge dans la ville des Hobs, où il n'y a ni magie ni richesse. Pour elle, commence une nouvelle vie de misère et de dur labeur. Elle est recueillie dans un squat, dans la rue des Bulots, avec d'autres garçons et filles qui ont fui un passé douloureux, sans jamais rien dévoiler. Felicita a elle-même menti sur ses origines, car les Hobs nourrissent une haine farouche envers son frère et les gens de son espèce.

La révolte va finalement se mettre en branle, menée par le chef de la rue des Bulots, le dénommé Dash. C'est un jeune homme extrêmement influent, qui a d'ailleurs séduit Felicita, jusqu'à ce qu'elle comprenne dans quel piège elle est tombée. Je préviens tout de suite, dès la deuxième moitié du livre, l'atmosphère se veut languide mais poisseuse, les jeunes boivent et se droguent, ils couchent ensemble, leurs idées ne deviennent plus très claires, et pour le lecteur aussi ça devient un peu confus.

Enfin bref, tout ça pour dire que le roman n'est pas trop mal dans l'ensemble, le début est merveilleusement prometteur, avec une atmosphère poétique et fascinante, mais la suite n'a pas su combler mes espérances. Je sors de ma lecture quelque peu déçue, par un dénouement hâtif qui succède une longue période d'inaction, et des personnages qui sont restés inaccessibles (Jannick, le vampire hybride, par exemple) et déconcertants dans leur évolution. Ce roman avait un charme hors du commun, mais il m'a finalement moyennement convaincue. C'est dommage.

Rouge est l'océan, par Cat Hellisen
La Martinière J., 2013 - traduit par Maïca Sanconie

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