21/06/13

“Grâce à toi les choses se passent mieux aujourd'hui.” (L'été où j'ai appris à voler)

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Sous cette couverture pétillante, où reflète un soupçon de vacances ensoleillées, se cache une histoire qui parlera à la petite adolescente qui est encore en vous. Birdie a treize ans, sa maman vient de lancer une épicerie fine et se saigne les quatre veines pour réussir, elle est veuve depuis dix ans et vit avec sa fille une relation soudée.

Leurs rapports se compliquent avec l'accumulation du boulot, Birdie vient prêter main forte tous les jours et occupe son été en fréquentant les adultes qui travaillent avec elle. Il y a Swoozie, qui fume trop et qui a un cœur d'or, mais surtout Nick, le beau surfeur, pour qui Birdie a un petit béguin. Mais les journées coulent paisiblement et l'ennui s'installe, la solitude aussi.

C'est en croisant Emmett Crane, à l'arrière de l'épicerie, un soir, que Birdie ressent comme un besoin de changement. Tout chez le garçon intrigue l'adolescente, sans hésiter elle va accepter de le revoir et avoir ses petits secrets. Ce n'est pas en signe de protestation contre sa mère, qu'elle accuse d'être une cachotière, c'est vraiment par envie et par besoin. Dans sa tête, les idées se bousculent, Birdie grandit et veut déployer ses ailes.

La deuxième moitié du roman va se révéler étonnamment bouleversante et fait alors apparaître cette histoire autrement que comme un simple rendez-vous de légèreté. Les émotions remontent à la surface et les sujets sensibles sont alors abordés. Il est question de l'absence du père, du double rôle que doit jouer la mère, de l'entrée dans l'adolescence, des rencontres qui symbolisent la promesse d'une main tendue, de la maladie qu'on cherche à effacer, de rituels à accomplir, de sacrifices aussi à apporter...

C'est une jolie petite lecture, qui sait vous prendre par surprise et toucher votre corde sensible. Le résultat est charmant, parfaitement délicat et attentionné.

L'été où j'ai appris à voler, par Dana Reinhardt
La Martinière J. (2013) - traduit par Corinne Julve
illustration de couverture : Hubert Van Rie


24/05/13

Jessica Jupiter s'occupe de t♥ut

A été lu par notre miss C., 13 ans :

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Dans ce tome 2, nous retrouvons Gemma Stone, l'héroïne, qui écrit toujours sous le pseudonyme de Jessica Jupiter la chronique de l'horoscope pour le webzine du collège. De nouveau, elle entend jouer les entremetteuses pour éviter à sa copine Savannah, actuellement amoureuse d'un type stupide, une parfaite désillusion. Mais son plan va un peu tomber à l'eau, car tout le monde croit qu'elle a le béguin pour un certain Marcus, initialement destiné à son amie.

Les embrouilles se poursuivent alors qu'elle enquête avec Will, du webzine, sur un soit-disant trafic de drogue. Hélas, tout part en cacahuète, avec kidnapping à la clef, et dans un vent de panique, Gemma s'écroule sur la scène où se tient un concert que donne Sam, son amoureux secret. Naturellement, il lui vient en aide en la faisant jouer du tambourin. ^-^

Finalement, point de drogue mais Will et Gemma vont tout de même décrocher un bon scoop (et quelques sueurs). Sam, lui, pense qu'il n'a plus aucune chance avant de l'inviter à un concert. La nouille pense toujours que c'est uniquement par amitié, alors que ses copines sont toutes excitées pour elle. Aussi, lors d'une soirée au cinéma, les filles croisent Sam, en train de fixer Gemma, qui devient toute chose (... le coup de la moustache de ketchup, très, TRES drôle !).

En conclusion, la lecture a été plaisante, voire plus agréable que le premier tome, que j'avais bien aimé. Cette fois, l'ensemble s'est révélé moins prévisible, grâce au suspense et à l'action qui sont plus développés. Gemma Stone est une héroïne sympathique, mais un peu nigaude, ce qui fait tout son charme aussi. J'ai parfois trouvé que l'histoire n'était pas suffisamment approfondie (concernant Savannah et Marcus, par exemple). J'aurais également aimé en savoir plus sur l'affaire des perruques, qui a été survolée. C'est un peu dommage, mais pas bien grave non plus.

A vrai dire, ce sont essentiellement les histoires d'amour qui m'intéressent car c'est un véritable micmac, surtout avec cette fin ouverte, qui nous tient en haleine. Je suis impatiente de connaître le dénouement entre Gemma et Sam !

Jessica Jupiter s'occupe de tout, par Melody James
La Martinière J. (2013) - traduit par Nathalie Azoulai
illustration de couverture : Sophie Bouxom

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06/05/13

“I'm a monster, you know. I'm one of the dangerous ones.”

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Peut-être parce que j'avais déjà lu le premier roman d'Alexandra Bracken, Brightly Woven, que j'avais fortement apprécié, et parce que les commentaires étaient tous plus élogieux les uns que les autres sur sa nouvelle série, qui se présente avec Les insoumis, j'avais probablement de grandes espérances quant à ma lecture mais le résultat ne s'est pas avéré aussi concluant.

Ruby est une gamine de dix ans lorsqu'elle est internée, à l'instar de milliers d'autres, dans un camp pour éradiquer le virus foudroyant qui frappe toute leur génération. Ceux qui survivent sont donc considérés avec prudence et crainte, aussi le gouvernement préfère les avoir à l'œil. Six années vont passer avant que Ruby saisisse sa chance pour s'enfuir. Son secret semble avoir été démasqué et ses jours sont en danger. En effet, Ruby possède le don de télépathie. Elle est capable de fouiller les pensées et de les manipuler à sa guise.

Ils sont une poignée de jeunes à ainsi se révéler une force en puissance, c'est ce qu'elle va découvrir au hasard de sa fuite. En chemin, elle croise Liam, Zu et Chubs, trois adolescents également évadés, qu'elle va accompagner pour échapper aux chasseurs de prime et aux forces spéciales qui sont à leurs trousses, mais aussi pour tenter de trouver la fameuse Terre Promise, East River, où se rejoignent tous les insoumis.

Globalement, j'ai apprécié cette découverte, que j'ai trouvée riche en rebondissements, en action et en folles péripéties. Les émotions et les palpitations sont au rendez-vous. Par contre, je suis un peu déçue par la mécanique de l'intrigue, qui consiste à entrecouper ces séquences rythmées avec de lentes et longues considérations existentielles. On passe, naturellement, un temps fou à tout bien détailler et mettre en place : le contexte politique, l'évolution de Ruby, qui est tout sauf une rebelle dans l'âme, et ses sentiments dans toute cette aventure.

Résultat, j'ai souvent eu la méchante sensation d'être dans l'expectative pendant une grande partie du roman. Malgré les bonnes idées et la promesse d'avoir une lecture passionnante, il m'a semblé que l'ensemble était inégal et un peu long. Paradoxalement, la suite ne devrait être que meilleure car désormais toutes les cartes sont sur table !

Les insoumis, par Alexandra Bracken
La Martinière J. (2013) - traduit par Daniel Lemoine

"When a lady isn't perfect, she's a lot more perfect, I believe."

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Mack et Cece travaillent tous les deux dans le même restaurant, dans un quartier populaire, et vont rapidement tomber amoureux. Ils sont jeunes, mais déjà désespérés et désoeuvrés par la faute d'un quotidien difficile. Leur amour, donc, est pour eux une échappatoire, ils s'accrochent l'un à l'autre comme à une bouée de secours, ce qui donne à leurs sentiments un ton plus beau, plus fort, plus authentique.

Cece manque de confiance en elle et trouve en Mack cette force en laquelle elle ne croyait plus. Son frère va partir à la guerre, de son plein gré, et elle est intimement convaincue qu'il ne va jamais revenir. Mack, lui, mène son propre combat pour résister à l'appel de la violence, de la haine radicale envers le genre humain, il a d'ailleurs consacré toute sa bonté à l'espèce canine et voudrait devenir éducateur si les études n'étaient pas aussi chères. La présence de Cece l'apaise et lui devient plus que nécessaire.

Et puis le drame arrive, Cece et Mack vont être face à leurs pires cauchemars... Et là je ne vous raconte pas comment mon moral a flanché, un aller simple vers les chaussettes. J'avais senti, dès le démarrage, que la lecture ne serait pas aisée et que l'histoire ne ferait pas dans la légèreté. Mais quelque part j'avais été touchée et j'étais intimement convaincue que l'auteur allait nous porter vers le haut. La suite n'aura été que déception.

C'est sombre, oppressant, terriblement amer et défaitiste. L'histoire est triste, d'une tristesse poisseuse et remplie d'amertume. Franchement, il faut tout de même avoir le cœur bien accroché, car c'est assez déprimant ! Pourtant, j'ai aimé les personnages avec toutes leurs complexités, leurs forces, leurs faiblesses, leurs errances, mais il m'a manqué un soupçon d'éclaircie pour véritablement m'attacher à cette lecture.

Ne t'en va pas, par Paul Griffin
La Martinière J. (2013) - Traduit par Nathalie Azoulai

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05/04/13

“I don’t stay anywhere. I visit. I observe. I leave. I don’t ever stay.”

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Mars 1995, à Evanston dans l'Illinois. Comme tous les matins, Anna fait son footing lorsqu'elle croise un garçon qui semble la connaître. Pas le temps de lui parler, qu'il disparaît subitement. Ce même garçon réapparaît dans son lycée, en tant que nouvel élève. Et là, autre fait bizarre, il fait mine de ne pas la reconnaître. Perplexe, Anna se confie à sa meilleure amie Emma, qui n'hésite pas à aborder le nouveau en mettant les pieds dans le plat.

Bennett Cooper est sincère et désolé. Il vient d'arriver en ville et n'a jamais mis les pieds au stade. Il n'a donc jamais eu l'opportunité de croiser la jeune fille. Anna se sent mortifiée et tente d'effacer cet épisode de ses souvenirs. Mais plus d'une fois, elle va croiser Bennett, se trouver dans des situations déroutantes, découvrir un garçon au caractère changeant, tantôt avenant, tantôt fuyant. Quel rôle joue-t-il à la fin ?

Anna n'est pas foncièrement sensible à ses charmes, elle est juste curieuse. Ce garçon l'intrigue et l'attire, elle ne sait pas l'expliquer autrement. Un soir, dans la librairie de son père, victime d'un cambriolage, la jeune fille va être confrontée à une partie de la vérité. Bennett ne peut plus reculer et doit lui confier son secret. Un secret qui risque de bouleverser le reste de sa vie, à elle maintenant de choisir quel chemin elle souhaite prendre.

Je crois que ce roman ne me laissera pas une forte impression, après mûre réflexion. L'ensemble est mignon et attachant, mais l'histoire est trop tirée par les cheveux, pas assez approfondie concernant des détails qui s'apparentent à de gros retentissements dans l'histoire (la disparition de Brooke, l'accident d'Emma, la portée symbolique de la lettre, l'explication du don, etc.). Tout est finalement survolé, comme si l'auteur souhaitait avant tout raconter une belle histoire d'amour, frappée d'interdiction.

Adorable par certains aspects, mais frustrant parce qu'il n'est pas assez abouti, ce roman doit donc être pris à la légère, mais il n'offre pas une lecture profonde du thème qui touche les voyages dans le temps, c'est bien dommage. L'approche est toutefois convenable et divertissante, surtout si on aime les histoires romantiques.

Le temps contre nous, par Tamara Ireland Stone
La Martinière J. (2013) - traduit par Corinne Julve

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19/02/13

La rubrique c♥eur de Jessica Jupiter

Ce livre a été lu par notre Miss C., bientôt 13 ans (eh oui, ça grandit !).

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L'histoire : Gemma est une adolescente de 14 ans, qui rêve de devenir un écrivain célèbre. Elle cherche à rejoindre l'équipe rédactionnelle du webzine de son collège et propose même son idée d'article (concernant le hangar à vélos, précieux lieu de rendez-vous de tous les collégiens, qui serait menacé de destruction). Gemma se sent investie d'une mission et cherche une reconnaissance populaire. Hélas, elle se voit confier la rubrique de l'horoscope.  

Elle décide alors d'écrire sous pseudonyme pour plus de crédibilité, devient Jessica Jupiter et bidouille des prédictions hasardeuses ou qui sont censées bousculer son entourage. Bizarrement son horoscope surprend tout le monde car tout finit par se réaliser. (Les anecdotes tournent finalement autour des histoires sentimentales de Gemma et ses amies, Tess et Savannah.)

Petite lecture idéale pour les collégiennes, elle permet notamment une identification facile aux héroïnes et à leurs histoires d'amitié, d'amour, de vie scolaire ou familiale... Dans l'ensemble les situations sont comiques et proches de la réalité. Par contre l'intrigue est très prévisible, sans réel rebondissement ni grosse surprise, ce qui est un peu dommage. Mais cela n'enlève en rien le plaisir de lecture ni le charme de l'histoire !

La rubrique coeur de Jessica Jupiter, par Melody James 
La Martinière J. 2013 - Traduit de l’anglais par Nathalie Azoulai

  • Melody James est aussi le nom de plume de Siobhan Curham, l'auteur de Cher Dylan

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12/02/13

“Never show them what you’re really feeling because that’s how they hurt you.”

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Voilà un roman à l'ambiance singulière, non dénuée de charme, surtout au début, et qui m'a donné l'illusion d'une belle promesse de lecture, avant de me décevoir un petit peu. L'histoire se passe à une époque semblable à celle du Moyen-Âge, Felicita est une jeune fille de bonne famille, qui vit à Pelimbourg, une cité pour aristocrates qui pratiquent la magie. Elle mène une existence confortable, dictée par l'autorité abusive de son frère. Ses illusions se brisent lorsqu'elle apprend le suicide de sa meilleure amie, qui refusait d'épouser un type qu'elle n'aimait pas. A son tour, face à un mariage arrangé, Felicita préfère prendre la fuite en simulant sa mort par noyade.

Elle trouvera refuge dans la ville des Hobs, où il n'y a ni magie ni richesse. Pour elle, commence une nouvelle vie de misère et de dur labeur. Elle est recueillie dans un squat, dans la rue des Bulots, avec d'autres garçons et filles qui ont fui un passé douloureux, sans jamais rien dévoiler. Felicita a elle-même menti sur ses origines, car les Hobs nourrissent une haine farouche envers son frère et les gens de son espèce.

La révolte va finalement se mettre en branle, menée par le chef de la rue des Bulots, le dénommé Dash. C'est un jeune homme extrêmement influent, qui a d'ailleurs séduit Felicita, jusqu'à ce qu'elle comprenne dans quel piège elle est tombée. Je préviens tout de suite, dès la deuxième moitié du livre, l'atmosphère se veut languide mais poisseuse, les jeunes boivent et se droguent, ils couchent ensemble, leurs idées ne deviennent plus très claires, et pour le lecteur aussi ça devient un peu confus.

Enfin bref, tout ça pour dire que le roman n'est pas trop mal dans l'ensemble, le début est merveilleusement prometteur, avec une atmosphère poétique et fascinante, mais la suite n'a pas su combler mes espérances. Je sors de ma lecture quelque peu déçue, par un dénouement hâtif qui succède une longue période d'inaction, et des personnages qui sont restés inaccessibles (Jannick, le vampire hybride, par exemple) et déconcertants dans leur évolution. Ce roman avait un charme hors du commun, mais il m'a finalement moyennement convaincue. C'est dommage.

Rouge est l'océan, par Cat Hellisen
La Martinière J., 2013 - traduit par Maïca Sanconie

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05/02/13

“I gave you my heart, but it wasn't enough.”

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Huit mois ont passé depuis le départ inexpliqué de Caleb, mais suite à de nouveaux soucis judiciaires le garçon est dans l'obligation de s'inscrire à un programme d'intervention dans les écoles avec d'autres victimes de la route. Et paf, il est dans le même groupe que Maggie. Ces deux-là ne sont pas à l'aise de se retrouver, leur début de relation amoureuse, vite écourtée par les aléas de la vie, leur revient en pleine figure. Ils doivent faire comme si tout était oublié, sauf qu'ils sont encore bien empruntés, par les mensonges et les non-dits, mais aussi par leur attirance commune.

Alors, Caleb joue le chaud et le froid, il cherche à maintenir Maggie à distance, à ne plus lui donner le moindre espoir et il se montre parfois cassant avec elle. D'un autre côté, il est jaloux dès qu'elle s'approche d'un autre, il la cherche, il a besoin d'elle, il la désire tout en sachant que c'est impossible. Maggie n'est pas dupe, mais elle est devenue plus forte et plus sûre d'elle. Elle cherche même à le pousser dans ses retranchements pour qu'il avoue toute la vérité sur leur sordide affaire. Bref, ce n'est pas de tout repos.

L'histoire n'est donc pas simple et n'a pas fini de brusquer le petit couple. Caleb a encore beaucoup de démons à chasser, par contre Maggie est devenue une chouette petite nana, qui a énormément à apporter. Toute perspective d'idylle semble d'ailleurs compromise, même si les sentiments sont là, très forts et sincères. Non vraiment, ils ont encore du chemin à faire et ça peut paraître bien long au bout d'un moment. Sinon, j'ai franchement apprécié  l'ensemble du groupe de RESTART, avec ce barjot de Lenny en tête, et j'ai adoré l'épilogue, entre tendresse, espoir et délivrance, mon cœur a fait boum ! C'était une belle petite série, en deux tomes, qui touchera le lecteur pour la portée de l'histoire et pour la richesse des personnages.

Retour à Paradise, par Simone Elkeles
La Martinière J., 2013 -  traduit par Sabine Boulongre

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22/01/13

La Petite fille aux singes (l'enfance incroyable de Jane Goodall), de Patrick McDonnell

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Jane est une petite fille qui aime jouer dans son jardin en s'inventant des histoires en compagnie de son chimpanzé en peluche. Jane est passionnée par les animaux et la nature, elle s'imagine vivre des aventures incroyables dans la jungle, à l'image de Tarzan, et très vite elle décide d'en faire plus tard son métier.

Cette enfance joyeuse, rayonnante et incroyable nous est racontée sans tralala par Patrick McDonnell, à travers des illustrations qui sont de petites perles de beauté, j'ai été sous le charme, complètement enchantée.

Au cœur de l'ouvrage, se trouve une double page de dessins et de jeux que Jane a créés, quand, petite fille, elle était à la tête de la Société des Alligators. L'ensemble des pages de ce livre donne aussi à voir des gravures ornementales datant du XIXe siècle et du début du XXe siècle, qui révèlent la passion que Jane a nourrie toute sa vie pour l'observation scientifique et attentive de la nature.

Cet album, non content de raconter l'enfance d'une femme à la destinée hors du commun, révèle ainsi qu'une passion peut transcender votre vie et la porter au-delà de vos rêves les plus fous. C'est beau !

La petite fille aux singes (l'enfance incroyable de Jane Goodall), par Patrick McDonnell
traduit par Nathalie Azoulai - De La Martinière Jeunesse, 2013

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Pour prolonger ce portrait, un autre conseil de lecture : "Ma vie avec les chimpanzés" chez L'Ecole des Loisirs. Avec en extrait cette fameuse scène avec la poule qui est égalemennt rapportée dans l'album.

Extrait

L'air était presque étouffant. J'étais accroupie, et la paille me chatouillait les jambes. Il faisait assez sombre aussi. Mais je pouvais quand même voir la poule sur son nid. Elle était à un mètre cinquante de moi, environ, et ne se doutait absolument pas de ma présence. Le moindre mouvement de ma part, et tout aurait été gâché. Je me tenais donc parfaitement immobile. La poule aussi. Bientôt, elle se souleva tout doucement. Elle me tournait le dos, et, en me penchant en avant, je vis un objet rond et blanc qui émergeait peu à peu des plumes entre ses deux pattes. L'objet grossit. Soudain, la poule remua son derrière et - plop ! - il atterrit sur la paille : je venais d'assister en direct à la ponte d'un oeuf. Avec des gloussements de victoire, la poule secoua ses plumes, déplaça l'oeuf à l'aide de son bec, puis sortit du poulailler en se pavanant. Malgré mes jambes engourdies, je me précipitai tout excitée hors du poulailler et courus jusqu'à la maison. Maman était sur le point d'appeler la police. Elle m'avait cherchée pendant des heures et n'imaginait pas que j'avais pu passer tout ce temps accroupie dans le poulailler. Ce fut là ma première observation sérieuse du comportement des animaux. J'avais cinq ans... et beaucoup de chance car ma mère était très compréhensive ! Au lieu de se mettre en colère parce que je l'avais effrayée, elle voulut que je lui raconte en détail la merveilleuse chose dont j'avais été témoin. Malgré mon très jeune âge à cette époque, j'ai beaucoup de souvenirs se rapportant à cette expérience. Je me rappelle ma perplexité au sujet des oeufs : sur une poule, où donc se trouvait-il une ouverture assez grande pour laisser sortir un oeuf ? Je ne sais plus si j'ai posé la question autour de moi. Si oui, personne ne m'a donné de réponse. J'ai donc décidé d'éclaircir ce mystère moi-même. Je me rappelle m'être dit un jour, en voyant une poule entrer dans le poulailler : «Ah, maintenant je vais la suivre, et je vais voir ce qui se passe.» Et je me rappelle aussi la fuite de la poule avec des caquètements d'horreur, lorsqu'elle m'a vue entrer à mon tour. De toute évidence, cette méthode n'était pas la bonne. Il me fallait entrer dans le poulailler la première et attendre qu'une poule se décide à venir pondre son oeuf. C'est la raison pour laquelle je dus rester si longtemps à l'intérieur du poulailler. Il faut être patient si l'on veut apprendre à connaître les animaux.
Traduit de l'anglais par Florence Seyvos  /  Première édition France: 1989                                        

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12/12/12

“There had been a secret planted under my bedroom window all my life.”

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L'histoire se passe quelques années après Blood magic et concerne la fille de la maléfique Joséphine Darly, mais rassurons-nous, Mab Prowd est une jeune fille délicate, sensible, qui oeuvre pour le bien. Depuis la mort d'Arthur, son mentor, elle est devenue le nouveau Diacre et doit réaliser un sort pour chasser une malédiction, mais l'expérience dérape et va frapper Will, un garçon qui se promenait au même moment dans la forêt, avec ses deux chiens.

C'est seulement quelques jours après qu'il réalise qu'il ne se sent pas bien et doit revoir Mab dans sa ferme. La jeune fille promet de lui venir en aide, comme elle a juré de sauver un petit garçon qu'elle héberge et qui a subi l'ascendance mauvaise de son père. Nous renouons ainsi avec la magie du sang, les incantations et les sacrifices, mais ce n'est pas bien méchant, beaucoup moins que dans le précédent livre, qui était plus saisissant. C'est même le reproche que je ferai à BLOOD LOVERS : c'est une lecture moins forte, moins percutante, peut-être parce qu'elle n'a plus le privilège de la nouveauté non plus. L'histoire est ici assez simple et évidente sur toute la ligne, pas de grandes surprises à prévoir, peut-être dans la dernière partie, et encore...

J'ai toutefois apprécié suivre l'histoire d'une certaine Evelyn Sonnenschein à travers sa confession, ou sa déclaration d'amour, qui remonte à quelques années. Le reste du roman est raconté alternativement par Will et Mab, avec un bémol pour les passages concernant le garçon dont les soucis familiaux ne m'ont pas particulièrement emballée. Je préfère largement me plonger dans l'univers plus sombre, plus grisant, plus poisseux de la magie, c'est d'ailleurs le point fort de Tessa Gratton qui dresse un décor fantastique et fascinant. Il serait néanmoins temps de se renouveler, car la recette a eu un goût de réchauffé avec ce roman.

Blood lovers, par Tessa Gratton
La Martinière J. (2012)  -  traduit par Anne-Judith Descombey

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