11/09/14

L'École des saveurs, par Erica Bauermeister

LEcole des saveurs de Erica Bauermeister

Un jour, la petite Lilian se lance un défi fou : si elle parvient à guérir sa mère de son chagrin en cuisinant, elle consacrera son existence à la gastronomie. La magie d'un chocolat chaud aux épices opère et, une vingtaine d'années plus tard, Lilian anime tous les premiers lundis du mois un atelier de cuisine dans son restaurant.

Ce roman est formidable, il se lit vite, procure une sensation grisante et apaisante, on s'y sent comme dans un cocon douillet et c'est très appréciable. L'histoire est aussi naturelle et chaleureuse que son héroïne, Lilian. Une jeune femme secrète, mais totalement dévouée à sa cuisine. Dotée d'un sixième sens, elle est capable de déceler le manque ou le besoin chez ses clients (qui deviennent rapidement des amis) et parvient à les soulager sans avoir l'air d'y toucher. Un don unique et précieux. 

On pénètre ainsi dans cette intimité, d'abord par curiosité, puis on s'installe et on prend plaisir à découvrir le petit groupe de personnages, à travers leurs secrets, parfois leur chagrin mais surtout leurs espoirs. C'est doux, réconfortant et bouleversant. Une belle palette d'émotions. Et les scènes de cuisine sont aussi ensorcelantes, elles embaument les pages du livre, on se sent enivré, possédé par la magie des épices, du chocolat, du fromage, du champagne... Autant d'expériences culinaires qui vont éveiller des ardeurs inconnues !

C'est un roman au pouvoir de séduction insoupçonné, et qui fait un bien fou. Une lecture fabuleuse, gourmande, savoureuse, légère et grave à la fois. 

Le Livre de Poche, mai 2011 ♦ traduit par Mona de Pracontal pour les éditions Presses de la Cité (The school of essential ingredients)

Si les lectures à notes gourmandes et savoureuses vous attirent, découvrez aussi :

Chocolat amer, de Laura Esquivel & Mangez-moi d'Agnès Desarthe

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10/06/14

Thérapie, par Sebastian Fitzek

Thérapie

Viktor Larenz a tout pour lui : bel homme, sûr de son charme, il mène une brillante carrière de psychiatre, reconnu et respecté par ses pairs, il affiche aussi une vie familiale exemplaire, marié et père de famille. Mais ce fantastique portrait est éclaboussé par un drame : la disparition de sa fille Josy, douze ans. Celle-ci souffrait d'un mal étrange depuis plusieurs mois. Le jour de son rendez-vous chez un allergologue, la jeune fille est portée absente. Nulle trace d'elle. Après quoi, Viktor Larenz sombre dans une sévère dépression et sera interné dans un service psychiatrique. Son cas, pourtant, est plus étrange : en tête à tête avec un confrère, il raconte le déroulement des derniers événements tragiques. Son besoin de s'isoler dans sa maison de campagne, sur une île, sa rencontre avec une certaine Anna Spiegel, une romancière qui souffre de schizophrénie et qui prétend donner vie à ses personnages de papier. Sa dernière expérience en date, une jeune Charlotte, atteinte d'une maladie incurable, qui aurait choisi de fuguer pour guérir... Viktor Larenz est troublé, mais accepte d'ouvrir sa maison à l'inconnue pour une « thérapie ». Et là, vous, le lecteur, vous ne savez plus qui croire, que penser, et vous vous enfilez les chapitres d'une traite. Le principe aussi est efficace : très courts, ils se terminent à chaque fois sur des révélations flippantes, qui vous poussent à vouloir poursuivre, connaître la vérité, atteindre le bout de l'histoire et démasquer la supercherie. Franchement, j'ai adoré le climat confiné de l'île de Parkum, la tempête qui s'abat sur les côtes, l'isolement, la peur paranoïaque, le doute... Facile de succomber à la sensation d'angoisse rampante, qui vous saisit à la gorge et menace de vous étouffer. C'est le premier titre de Sebastian Fitzek que je lis, ce ne sera pas le dernier !

Le Livre de Poche - novembre 2009 ♦ traduit par Pascal Rozat pour L'Archipel

09/06/14

Quand souffle le vent du nord, par Daniel Glattauer

Quand souffle le vent du nord

Deux inconnus entament une relation épistolaire (par mail) tout à fait anodine, mais au fil du temps celle-ci ressemble de plus en plus à du badinage amoureux. Après tout, pourquoi pas ? Leo se remet tout juste d'une rupture sentimentale difficile, par contre Emmi... c'est beaucoup plus compliqué. La jeune femme est mariée, elle l'affiche d'emblée, se dit comblée et épanouie. So what ? Qu'est-ce qui la pousse, jour après jour, à consulter sa messagerie pour y glaner un message de son correspondant anonyme ? Affamée, insatiable, impatiente, excitée, bref une véritable amoureuse ! Le jeu est également pimenté par leur refus de se rencontrer en vrai. Ils demeurent ainsi deux fantasmes, parfaitement intouchables. Contrairement à la plupart des lecteurs, j'ai très peu adhéré à l'histoire, qui me pose un réel cas de conscience. À partir de quand estime-t-on être infidèle ? peut-on se sentir libre de tout dire, sous prétexte que c'est par écrit, et parce qu'on ignore tout de l'autre, derrière son écran ? Je n'ai absolument pas capté les motivations de la jeune femme, Emmi est entière, limite capricieuse et exigeante, sa relation avec Leo est pour moi tout à fait illogique et incongrue. (Son correspondant est devenu “sa chose”, mais elle lui propose de rencontrer sa meilleure amie célibataire, très belle et sensuelle, là elle pique une crise de jalousie sitôt qu'elle comprend que ces deux-là se sont trouvés et lui échappent ... !) J'ai donc beaucoup soupiré, trouvé le temps long, pas compris l'engouement pour ce livre. Seule la fin a su trouver grâce à mes yeux, enfin un choix judicieux, qui en appelle à l'imagination du lecteur. Mais l'auteur a succombé à la facilité en publiant une suite. Hélas.

Audiolib, mai 2010 ♦ texte intégral lu par Jean-Marc Delhausse, Nathalie Hugo et Robert Guilmard ♦ traduit par Anne-Sophie Anglaret pour les éditions Grasset & Fasquelle

05/06/14

La toute première fois, par Lauren Strasnick

en poche !

La toute première fois

Depuis que Holly a perdu sa maman, elle a la sensation d'être anesthésiée, de ne plus rien ressentir. Alors, elle couche avec un type sous prétexte qu'il est beau, gentil et attentionné. Elle ment à son meilleur ami. Elle se lie d'amitié avec une fille qu'elle trahit en douce. Elle boit, trop. Elle passe à côté du bonheur parce qu'elle a la trouille. Après un semblant de démarrage triste et doux-amer, le roman révèle une vraie tendresse et une sincérité sans égale. Le ton est juste, l'histoire poignante, les personnages attachants, imparfaits, trop romantiques ou affreusement égoïstes... Au centre Holly n'en loupe pas une, elle grandit, elle apprend, elle doit se reconstruire, ce qui n'est pas facile parce que tout le monde lui rappelle qu'elle ressemble à sa mère. Et mon cœur à moi a fait boum. Car cette histoire touche la petite fibre maternelle, c'est simple, adorable et mélancolique aussi, ça parle d'amour, d'amitié et de trahison, de ces petits riens qui nous filent entre les doigts. Holly va faire preuve d'une grande maturité dans les derniers chapitres, en adoptant la méthode du lâcher prise et en l'assumant. Ainsi va le monde, et tant mieux. Je n'avais pas envie de quitter Holly sans être rassurée sur son avenir. Je devine que la fin va en déconcerter plus d'un, mais elle est juste parfaite. Porteuse d'espoir et de renouveau.  Un coup de ♥ de l'année 2012, une découverte Albin Michel jeunesse.

Le Livre de Poche jeunesse, mai 2014 ♦ traduit par Sarah Tardy

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26/05/14

Le cinquième témoin, par Michael Connelly

en poche !

Le cinquieme temoin

Mickey Haller accepte de défendre Lisa Trammel, accusée d'avoir tué un banquier qui menaçait de saisir sa maison. S'ouvre alors un procès retentissant et médiatisé à outrance, dans lequel on retrouve tous les travers du système (contrats signés pour des exclusivités et autres projets cinématographiques) et les ravages provoqués par la crise des subprimes. La masse populaire est en transe, vouée à se rallier à la cause de Lisa Trammel devenue un symbole d'oppression. Mickey Haller compte ainsi surfer sur cette notoriété pour prouver l'innocence de sa cliente. On vit le procès avec beaucoup d'intensité et on s'emballe pour les effets du style, les clash, les coups bas et les bastons sur les trottoirs. Haller en bave, mais reste toujours sûr de lui. Même sa vie sentimentale connaît un revers étonnant (pour qui suit cette série dans l'ordre !). La lecture a donc su pleinement me convaincre, j'ai aimé le ton et l'atmosphère qu'impose Connelly, c'est palpitant, noir et assommant, avec un fabuleux tour de passe-passe dans la dernière ligne droite. Du très bon boulot, bravo !   

Livre de Poche, avril 2014 - traduit par Robert Pépin pour les éditions Calmann-Lévy

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15/04/14

La maison d'à côté, de Lisa Gardner

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Une nuit dans sa grande maison, Sandra Jones attend le retour de son mari, retenu par son boulot, leur petite fille endormie dans la chambre d'à côté. Mais la jeune femme va disparaître, sans laisser le moindre indice. Au lieu d'alerter immédiatement la police, d'interroger l'entourage, de manifester une sincère compassion, l'homme se comporte d'une façon qui va interpeller le commandant D.D. Warren chargée de l'enquête.

La suite, toutefois, ne sera qu'un condensé de promesses voilées : action fouillée, mais lente, suspense d'ordre psychologique, tension perceptible, sans être renversante, des personnages au passé trouble et inquiétant, sauf qu'ils ne suscitent aucune empathie. Pourtant, l'auteur ne ménage pas sa peine à vouloir brouiller les pistes pour tenir en éveil l'intérêt du lecteur... malgré tout, la sauce ne prend pas. J'avais misé gros sur la découverte de Lisa Gardner, en choisissant ce titre récompensé par le Grand Prix des Lectrices Elle, mais au final j'ai trouvé l'intrigue convenue, engourdie et sans effet de surprise. Une déception, pour ma part.

Le Livre de Poche, septembre 2012 ♦ traduit par Cécile Déniard pour les éditions Albin Michel ♦ éditions Thélème, février 2011 - texte intégral lu par Élodie Huber (durée : 12h 15)

Lecture papier en parallèle avec l'écoute du cd des éditions Thélème, que je découvre pour l'occasion. Très belle voix d'Élodie Huber, interprétation agréable et distrayante, mais réalisation sonore inexistante, aucune indication du changement de chapitre, un assemblage curieux, qui me laisse très franchement perplexe.

26/02/14

Alex, de Pierre Lemaître

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Première incursion dans l'univers de Pierre Lemaître et je me sens déjà prête à récidiver (autant avouer que j'étais quasiment conquise, depuis le temps que j'entendais parler de cet auteur...), mais là j'ai aimé, beaucoup aimé. C'est un pur roman noir, à l'atmosphère étrange, envoûtante, glauque et oppressante. On y découvre l'histoire d'Alex, une jeune femme séduisante, célibataire, sans attache. Un soir, en sortant du restaurant, elle est kidnappée, sous nos yeux ébahis. Séquestrée dans une pièce microscopique, parmi les rats, elle fait face à son geôlier qui prend un plaisir sadique à la regarder mourir.

Une enquête de police est amorcée en alternance, sous la houlette du commissaire Camille Verhoeven (un pauvre type éprouvé, hanté par de vieux démons). Tout de suite, l'affaire s'annonce compliquée et tordue car on ignore tout de la victime, jusqu'à son identité, personne n'a signalé sa disparition, seuls quelques témoins ont assisté à son enlèvement. Et en effet, en tant que lecteur, on découvre une intrigue construite de façon alambiquée et machiavélique. On en voit de toutes les couleurs, passe par toute une gamme d'émotions (on s'en décrocherait presque la mâchoire) et on attend avec fébrilité le dénouement.

La fin m'est apparue très claire en écoutant l'entretien de l'auteur (d'au moins 30 minutes) sur l'Audiolib. Sans quoi, j'étais un peu perplexe. Certes, j'ai avalé cette lecture en une goulée, pas eu le temps de dire ouf. Seulement la dernière partie est à part, elle reflète toute la tension psychologique de l'intrigue, via une mise en place un peu plus longue, plus lente et vicieuse, mais au final on reste coi. Ou dubitatif.

Je relirai sans hésiter cet auteur, même si son inspecteur n'a pas brillé à mes yeux, et en dépit du malaise ressenti. Il y a chez Lemaître la conviction intime d'être un jouet entre les mains d'une imagination foireuse, qui vous fiche une bonne dose de stress à bon escient. J'en redemande !

Audiolib, mars 2011 - texte intégral lu par Philippe Résimont (durée d'écoute : 10h 40)
éditions Albin Michel, 2011 / existe en format poche.

Tour à tour tranchante et multipliant l’angoisse distillée par l’intrigue, la lecture de Philippe Résimont sait exacerber l’attente de son auditeur, jusqu’à l’imprévisible dénouement.

14/01/14

Le Chuchoteur, par Donato Carrisi

Cinq petites filles ont disparu.
Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière.
Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.
Depuis qu’ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe ont l’impression d’être manipulés. Chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d’un sixième bras, appartenant à une victime inconnue, les convainc d’appeler en renfort Mila Vasquez, spécialisée des affaires d’enlèvement. Dans le huis clos d’un appartement converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, et l’œuvre d’un insaisissable tueur en série…

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Au départ, j'étais intriguée par le phénomène de ce livre, porté par un bouche à oreille enthousiaste, récompensé par le prix SNCF du polar européen. Il ne m'en fallait pas davantage ! C'est par le livre-audio que j'ai choisi de tenter l'aventure, une expérience qui a généralement su se révéler concluante. En avant pour plus de 16 heures d'écoute (mine de rien) ! J'ai tout gobé, sursauté, allumé toutes les lumières de la maison dès que j'étais seule, j'ai flippé tout le temps et élaboré des tonnes de théorie. Mais je suis aussi restée sur mes gardes, méfiante vis-à-vis de la technique de l'auteur (eh oui). Celui-ci sait grandement nous manipuler via des artifices basiques (tension psychologique, angoisse et suspense, crimes répétés, sursauts dans l'intrigue, révélations fracassantes...). Le style est simple, mais oppressant. Par contre, les personnages sont fades, flous, englués dans des histoires sordides, comme si cela ne suffisait pas de suivre des criminels tordus et leurs forfaits accablants, on en rajoute une couche chez les enquêteurs !

L'auteur n'a certes pas produit une œuvre remarquable et exceptionnelle, mais sa technique est redoutable. Elle s'appuie sur une recette ancestrale, classique mais efficace. Au final, on n'a pas seulement UN tueur en puissance, mais la démonstration d'un cerveau retors, qui aime réveiller la petite étincelle en sommeil chez les psychopathes pas encore avérés. C'est sciant. L'interprétation, pour Audiolib, a eu toutefois ses limites - la lecture se fait lentement et produit des effets déprimants, elle nous prend aussi en otage et ne nous permet aucun recul face à cet univers glauque et suffoquant. Pour une fois, j'émets quelques réserves sur le choix du comédien.

Audiolib, novembre 2010. Texte intégral lu par Pierre Forest (durée d'écoute : 16 h 10). 
Traduit de l'italien par Anaïs Bokobza, pour les éditions Calmann-Lévy.

02/12/13

L'Affaire Saint-Fiacre, par Simenon

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Rarement un roman de Simenon ne m'aura autant fait penser à un Agatha Christie ! L'histoire commence quand une lettre anonyme arrive à la P.J. : « Je vous annonce qu'un crime sera commis à l'église de Saint-Fiacre pendant la première messe du Jour des Morts. » Maigret se rend aussitôt sur les lieux, lesquels sont aussi ceux de son enfance. Ce retour au bercail va clairement le chambouler, au fil de ses promenades et de ses errances au cœur d'un village qui ne le reconnaît plus, et que lui-même ne reconnaît pas non plus !

A commencer par la comtesse Saint-Fiacre, dont il avait gardé un souvenir ému et troublant d'une femme élégante et pleine d'assurance, lui était le fils de l'ancien régisseur du château. Aujourd'hui, c'est une petite dame toute vieille, fragile du cœur, qui a dilapidé sa fortune et qui s'est découvert, lors de son veuvage, une folle passion pour des hommes jeunes et intéressés. Peut-être cette passion lui aura été fatale, car elle est victime d'une crise cardiaque au cours de la messe, sous les yeux du commissaire, clairement dépassé par les événements.

La suite va confirmer qu'il restera longuement spectateur de cette comédie macabre, notamment lors du souper final, mis en scène de façon théâtrale, au cours duquel les principaux suspects sont rassemblés autour d'une table, attendant la sentence proférée par le maître d'œuvre qui n'est pas Maigret ! C'est non seulement un roman où flotte un parfum de nostalgie, assaisonné d'une pointe de mélancolie, mais c'est aussi un certain regard sur le temps qui passe, les rapports à la filiation, la hiérarchie sociale, l’argent et le sexe. Cela se laisse lire sans frémir, mais avec beaucoup de respect.

François Marthouret, encore une fois, est un excellent narrateur pour restituer ce ton solennel, cette ambiance pesante et désenchantée propre au roman de Simenon. L'effet est poignant et subjuguant. Durée d'écoute : 3 h 48 simplement.

Audiolib, novembre 2013, texte lu par François Marthouret. Existe aussi en format poche.

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14/10/13

La Maison de Soie: Audiolib lu par François Montagut

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Watson est au crépuscule de sa vie, mais avant de tirer sa révérence il souhaite confesser une aventure particulièrement bouleversante, au cours de laquelle Sherlock et lui ont bataillé avec une enquête délicate, dangereuse et sulfureuse ! Toutefois, il avait promis de n'en rien dévoiler de son vivant. Son texte, donc, sera confiné dans un coffre et publié près d'un siècle plus tard. Tout débute par une rencontre ordinaire, avec un marchand d'art qui prétend être suivi par un individu et qui s'inquiète pour sa famille. Très vite, Sherlock et Watson vont retrouver le suspect, avec un couteau planté dans le cou ! C'est suite à la disparition d'un complice de Wiggins, le jeune Ross Dixon, que l'affaire prendra un tour préoccupant.

Pour la toute première fois, Sherlock voit ses inébranlables certitudes en prendre un coup dans l'aile ! Il est passé complètement à côté d'un indice important, lequel aura des conséquences tragiques. Cela va d'ailleurs lui faire prendre conscience de son manque de considération pour les gamins des rues, qu'il exploite à tort ou à raison, à l'image de toute la société qui se contrefiche du sort de ses gosses sans le sou, qui perdent leur innocence sur les trottoirs et mettent en péril leur vie à chaque seconde. Eh oui, c'est une grande première chez Sherlock Holmes ! Se soucier des autres, par pur altruisme. o_O

C'est à ces petits détails qu'on reconnaît le pastiche. Sans quoi, Anthony Horowitz a su répondre aux exigences du cahier des charges en offrant une intrigue redoutablement efficace et absolument divertissante. Les descriptions sont pointilleuses, avec un sens de la théâtralité qui pousse aux soupirs ... d'admiration ou d'exaspération. Soit c'est surjoué, soit c'est assez fidèle à l'esprit de la série, ou disons que c'est suffisamment approximatif pour faire illusion. Ne chipotons pas, après tout Sherlock a souvent été copié, mais jamais égalé ! Techniquement, François Montagut n'a pas déçu un seul instant et offre une lecture maîtrisée et captivante.

La Maison de Soie, par Anthony Horowitz (Audiolib, mars 2012 - texte intégral lu par François Montagut - durée d'écoute : 10 h 12 - traduit par Michel Laporte pour Hachette - Calmann Lévy, 2011 - existe en format poche)