01/02/19

Dix jours avant la fin du monde, de Manon Fargetton

dix jours avant la fin du mondeDeux lignes d'explosions ravagent la Terre. Nul n'en connaît l'origine mais quand elles se rejoindront au large de notre côte atlantique, le monde sera détruit.

Cette annonce produit immédiatement une onde de choc sur la population. À Paris, Lili-Ann prend peur et accepte de rejoindre sa sœur en Bretagne. Elle croise en route Valentin, beau gosse caméléon, totalement ravagé à l'intérieur, ne laissant rien filtrer aux yeux des autres, un couple d'amoureux, Gwenaël et Sara, lui est plongé dans l'écriture de son livre, elle rêve d'une dernière fête avant la mort, et Brahim, leur chauffeur de taxi qui n'a plus rien à perdre. Le chemin de l'exode sera long, semé d'embûches, parsemé de désespoir. Les magasins sont pillés, les actes de violence éclatent, alors que le monde sombre dans le chaos, sans espoir de secours. En Bretagne, la police tente aussi d'organiser l'afflux de réfugiés et de les compartimenter sur la plage : entre les fêtards, les familles et les démunis, la cohabitation est vite incontrôlable.

Ce roman vous inspirera tout ce que vous voulez, colère, incompréhension, angoisse, perplexité... Seule certitude, il est scotchant. Sitôt les premiers chapitres lancés, ils vont défiler à une vitesse folle. On est pourtant loin d'un roman à l'américaine, où l'action prime et on repassera pour le reste. Ici, c'est justement place à l'émotion, la tension dramatique, la cohésion du groupe. L'ambiance fin du monde est palpable. Elle colle à la peau, durant 450 pages, on a l'impression de vivre aussi nos dix derniers jours. Cette mise en scène et la détresse qui se joue sous nos yeux m'ont totalement imprégnée. Impossible de perdre de vue la fameuse deadline. J'étais comme Lili-Ann, résignée sur mon sort. L'histoire montre ensuite que chacun dédie ses dernières heures à vivre selon ses instincts, en craquant tout ou en demeurant fidèle à sa philosophie. C'est ce qu'on découvre en suivant tout ce petit monde... En somme, je ne peux pas expliquer pourquoi j'ai adhéré aussi intensément à cette lecture, toujours est-il qu'après le point final, j'étais étourdie au moment de relever la tête car j'avais du mal à réaliser que je sortais d'une fiction, qu'en réalité le monde n'allait pas s'écrouler dans l'heure à venir, que j'étais de retour à une vie ordinaire. C'était déconcertant, en vrai. Rien que pour ça, je salue la prouesse et j'invite quiconque à partager une telle expérience.

Gallimard jeunesse, 2018

#ambiance : Les portes vitrées du magasin ont été brisées et des dizaines de personnes en sortent, les mains vides, ce qui ne décourage pas de nombreux autres d'y pénétrer quand même.

 

Posté par clarabel76 à 17:00:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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