18/04/17

Le piège de la Belle au bois dormant, de Mary Higgins Clark & Alafair Burke

le piege de la belleGrande première pour l'émission Suspicion ! Sa productrice Laurie Morvan reçoit “Casey la dingue” qui vient tout juste de sortir de prison, après quinze années d'incarcération pour le meurtre de son fiancé Hunter Raleigh.

Même si Casey a toujours clamé son innocence, expliquant qu'elle avait été droguée le soir du crime, les enquêteurs n'ont jamais cru sa version et ont mis l'accent sur son caractère jaloux et violent ayant entraîné la mort du petit fiancé de l'Amérique. Toute une nation s'est liguée contre Casey, et aujourd'hui encore, les journaux se déchaînent de la savoir libre et sous les feux de la rampe. Pour la première fois, l'équipe de Suspicion doit traiter une affaire selon le point de vue d'une condamnée. Une perspective déstabilisante pour Laurie, déjà paumée depuis le départ de son présentateur vedette, Alex Buckley, qui veut se consacrer à sa carrière d'avocat, et l'arrivée d'un jeune loup aux dents longues, Ryan Nichols, qu'elle accueille assez froidement. Sa rencontre avec Casey sera déterminante, et au diable les tentatives de dissuasion de ses proches qui pensent qu'elle perd son temps sur ce dossier jugé trop sulfureux !

C'est donc un nouveau défi pour Laurie, qui met en péril sa carrière, et dont la vie sentimentale est en perte de vitesse. Sa relation avec Alex est au point mort, sans compter que sa décision de quitter l'équipe n'est pas sans sonner le glas d'une idylle naissante. Laurie va longuement ruminer à ce sujet et se noyer dans ses atermoiements. L'affaire Casey Carter passe donc au second plan, dommage, j'attendais beaucoup de ce cold case glamour, où la beauté, la richesse, la convoitise et la politique ont détruit des familles et conduit au drame que l'on sait. Au final, l'intrigue manque cruellement de rigueur et se dénoue sur des révélations peu surprenantes. Je n'avais pas ressenti cette frustration depuis Le bleu de tes yeux, premier épisode de la série, où seule Mary Higgings Clark tenait la barre du navire. Par la suite, L'affaire Cendrillon et La mariée était en blanc ont su me réconcilier, grâce notamment à la touche contemporaine glissée par Alafair Burke pour moderniser la tournure criminelle. D'où la consternation dans ce roman un poil trop guindé, maniéré, sentimental et mielleux. Ok, l'écoute est plaisante, Marcha Van Boven possède une voix douce et charmante, la magie opère instinctivement, mais le contenu est plat, lassant, peu croustillant. C'est de la mécanique bien huilée, fonctionnelle, convenue... et fade. Une lecture de divertissement, hélas un peu creuse.

(P)2017 Audiolib / Texte lu par Marcha Van Boven (durée : 8h 13) - Trad. Anne Damour {The Sleeping Beauty Killer}

 


05/07/16

La Mariée était en blanc, de Mary Higgins Clark & Alafair Burke

La mariée était en blanc

La productrice Laurie Moran consacre sa nouvelle émission tv à l'affaire de la Mariée envolée. Cinq ans plus tôt, Amanda Pierce, une jeune et belle héritière, disparaît quelques heures avant la cérémonie. Tous les soupçons se portent sur le fiancé - désormais marié à la demoiselle d'honneur - mais les indices sont maigres et ont conduit l'enquête de police vers une impasse. Laurie et ses assistants se passionnent immédiatement pour cette énigme, obtenant de tous les protagonistes une participation pleine et active. Ils vont ainsi tous se réunir à Palm Beach, dans le même hôtel de luxe où était prévu le mariage, et reconstituer les dernières heures d'Amanda d'après les témoignages de ses proches. La tension est palpable, malgré une coopération collective irréprochable. Laurie et son animateur Alex ont conscience des façades trompeuses et traquent la faille dans cette photograhie d'une famille parfaite, entourée de leurs amis décontractés et heureux. 

Le binôme Alafair Burke / Mary Higgins Clark fonctionne encore une fois très bien. L'écriture est simple, efficace, au service d'une intrigue aux rouages bien huilés. On passe un agréable moment à découvrir les ressorts de cette histoire de mariage loupé, où le scénario s'élabore de façon basique, en plantant le décor et en présentant les personnages, tout en glissant des détails troublants pour semer le doute et déjouer les déductions trop rapides. Les chapitres sont courts, bien soutenus, ponctués de rebondissements et de suspense. La recette classique par excellence, avec en bonus des personnages récurrents et des sentiments amoureux qui cherchent un sens. Cela se lit / s'écoute très vite. Idéal pour les vacances ou un weekend de détente. 

Texte lu par Marcha Van Boven (durée : 7h 41) pour Audiolib, mai 2016

La mariée était en blanc | Livre audio

 Traduit de l'anglais par Anne Damour et Sabine Porte pour les éditions Albin Michel.

Disponible en téléchargement sur Audible.

 

08/06/15

Ma vie de pingouin, de Katarina Mazetti

MA VIE DE PINGOUIN

Vous rêvez d’une croisière de l’extrême ? Alors, c’est parti pour l’Antarctique ! Wilma, 32 ans, vient de larguer les amarres pour le bout du monde et fuir, on s'en doute, un secret de plus en plus lourd pour elle. Pourtant, en apparence, la jeune femme est dynamique, pétillante mais maladroite. Elle a même pris sous son aile Tomas, journaliste désabusé, grincheux, bougon, paumé... et le tarabuste pour reprendre du poil de la bête. Spectatrice perspicace et espiègle, Alba, septuagénaire turbulente, scrute ses semblables et rédige dans son petit carnet de notes un nouveau projet baptisé “La ruine des espèces”. Ainsi, tout ce petit monde se croise et s'emmêle, depuis Paris jusque Ushuaia, en une joyeuse cacophonie qui ne manque ni de charme ni de d'entrain. La lecture, a priori enjouée, est en fin de compte faussement légère, car il est aussi question dans l'histoire de maladie, de dépression, de solitude et de désœuvrement... Katarina Mazetti est coutumière du fait mais déjoue avec brio les pièges du pathos. Elle nous sert une comédie éclatante de vivacité et de situations cocasses. On n'est pas plié de rire à chaque coin de page, mais on ressent une profonde tendresse pour les personnages à travers leurs aventures débordantes de sincérité.

Les cinq comédiens, sélectionnés par Audiolib, croquent avec talent cette lecture enthousiasmante et pleine de peps. On ne s'ennuie pas un seul instant et le dépaysement est assuré. La croisière se termine beaucoup trop tôt et c'est avec regret qu'on la quitte !

Audiolib ♦ mai 2015 ♦ texte lu par Patrick Donnay, Erwin Grünspan, Nathalie Hons, Cachou Kirsch et Marcha Van Boven (durée : 7h 17)  


“Quoi de mieux pour réchauffer les cœurs en perdition qu’un iceberg, pour peu qu’il se retourne, révélant le pingouin qui sommeille en chacun ?”

 

traduit du suédois par Lena Grumbach (Mitt liv som pingvin)  pour les éditions Gaïa

Ma vie de pingouinGaia

05/06/15

L'Affaire Cendrillon, de Mary Higgins Clark & Alafair Burke

L'AFFAIRE CENDRILLON

Après le succès de son émission Suspicion, qui avait permis l'arrestation d'un tueur jamais inquiété, dans Le bleu de tes yeux, Laurie Moran travaille sur une nouvelle affaire non résolue : l'Affaire Cendrillon. Vingt ans plus tôt, la ravissante Susan Dempsey a été assassinée en pleine gloire. Actrice prometteuse et informaticienne de génie, la jeune femme était destinée à une brillante carrière. Sa mère inconsolable accorde aussitôt toute sa confiance à Laurie pour diffuser l'enquête en prime-time.

L'équipe se réunit en Californie et enchaîne les entretiens avec les protagonistes de l'époque (le petit ami suspect, le célèbre réalisateur d'Hollywood, la starlette en perte de vitesse, la colocataire sibylline, le professeur d'informatique au charisme fou, l'ancien collègue devenu millionnaire...). La tension est palpable, chacun demeurant sur la réserve, avec aussi en coulisses un tueur psychopathe engagé pour faire taire des témoins indésirables pour le compte d'une secte religieuse.

L'ensemble est plutôt habile et prenant à suivre, même si le dénouement de l'intrigue n'est pas non plus hyper haletant. Mais je ne regrette absolument pas d'avoir donné une nouvelle chance à M. Higgins Clark, qui s'associe pour l'occasion avec Alafair Burke (nom inscrit en tout petit sur la couverture). Cette nouvelle série façon Cold Case, écrite à quatre mains, se veut moderne et dynamique et dépoussière les tics de l'américaine, lisses et proprets, qui me font grincer des dents..

Marcha Van Boven, la lectrice pour Audiolib, offre une interprétation exemplaire et convaincante, en faisant corps avec le récit et les personnages, donnant aussi une ampleur non négligeable à la mise en scène. Elle a su grandement contribué à mon appréciation enthousiaste du roman.

Audiolib ♦ mai 2015 ♦ texte lu par Marcha Van Boven (durée  9h 11) ♦ traduit par Anne Damour et Sabine Porte pour les éditions Albin Michel (The Cinderella Murder)

24/07/14

Le bleu de tes yeux, par Mary Higgins Clark

« Toi, dis à ta mère qu’elle est la prochaine. Puis ce sera ton tour… »
Cela fait désormais cinq ans que le jeune Timmy vit sous la menace du tueur qui a abattu froidement son père devant lui. De son côté, sa mère Laurie, grande productrice télé, lance une nouvelle émission, Suspicion, traitant des plus célèbres cold cases (dossiers non résolus). Le premier épisode revient sur l’affaire du « Gala des lauréates » : vingt ans plus tôt, la mondaine Betsy Powell et son mari organisaient une grande soirée en l’honneur du diplôme de leur fille et de ses trois amies. La nuit même, Betsy meurt étouffée… Réunis pour la première fois depuis le drame, les protagonistes s’apprêtent à reconstituer la scène du crime dans un climat de suspicion générale.

Le bleu de tes yeux

Le début de l'histoire se révèle une agréable suprise, grâce à une construction certes basique mais rudement habile pour allécher le lecteur. Quel est le mystère derrière ce fameux gala des lauréates, et qu'ont les anciennes amies à dissimuler avec autant d'ardeur et de crainte ? C'est plutôt pas mal comme point de départ. On suit ainsi pas à pas chacun des personnages, partageant leurs pensées intimes et leurs secrets les plus inavouables, lesquels sont cependant enrobés dans un voile de suspense bien épais. Principe judicieux, mais long. Au final, l'étonnement du début s'effrite au fil des chapitres lorsqu'on constate combien l'intrigue stagne et repose sur ses acquis. L'auteur brode à l'infini autour des mêmes indices et autres soupçons potentiels, elle n'introduit plus aucun nouvel élément mais accentue un sentiment de redondance (au mieux) ou proche de l'ennui. J'étais tout de même curieuse de connaître la fin... et quelle déception ! Peu de surprise, une action précipitée, aucune crédibilité par-dessus le marché, bouh. Le dénouement est une consternation sans nom. Tout ça pour ça, quoi. Moi qui n'avais plus lu de Mary Higgins Clark depuis ma tendre adolescence, je réalise avec dépit que la recette est éculée et manque de saveur. Trop lisse, pompeux, huilé à merveille. Cela manque d'écueil ! 

Par contre, j'ai beaucoup apprécié la lecture faite par Marcha Van Boven pour Audiolib. L'interprétation est subtile et nous plonge au cœur d'une intrigue qui se veut machiavélique, en brouillant les pistes à travers une multiplication de points de vue et l'ébauche de non-dits. Si la structure du livre m'a franchement peu convaincue, sa mise en scène m'aura véritablement séduite par sa simplicité et son écoute très agréable !

Audiolib, juillet 2014 ♦ Texte intégral lu par Marcha Van Boven (durée d'écoute : 8h 39) ♦ traduit par Anne Damour pour les éditions Albin Michel

13/03/14

Cet instant-là, par Douglas Kennedy

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Je poursuis ma découverte des romans de Douglas Kennedy, avec ce titre qui n'a pas su soulever un enthousiasme débordant. L'histoire de Thomas Nesbitt, écrivain à succès, soudainement confronté à son divorce après vingt ans de vie commune, est aussi l'occasion de le renvoyer à un passé pas très lointain, celui de sa folle jeunesse, dans les années 80, où il a débarqué dans la ville de Berlin, alors coupée en deux par un mur.

Thomas replonge ainsi dans les souvenirs de sa passion amoureuse pour une jeune femme exilée de l'Est, Petra. Belle, mystérieuse, fascinante. Son histoire personnelle l'avait également rendue mélancolique et à fleur de peau, mais elle avait su trouver auprès de Thomas un réconfort et la promesse de lendemains meilleurs. Elle lui avait aussi confessé son parcours, avec son lot de drames et de déchirures. Bref, tout allait pour le mieux entre eux deux. Et puis, il y a eu « cet instant-là », le fameux...

Alors je ne vous cache pas que la lecture est longue, très longue, surtout le début, mais la partie rétrospective n'apporte pas non plus de regain ni de souffle nouveau. Encore des longueurs, en plus des clichés, et l'histoire d'amour qui se révèle mélodramatique, mais surtout sirupeuse et larmoyante. Pff, quoi. Sans compter que j'ai toujours beaucoup de mal à m'attacher aux personnages de D. Kennedy, j'ignore pourquoi mais ça ne prend pas.

J'ai alterné ma lecture papier avec la version audio, presque irréprochable comme d'habitude, par contre j'ai un problème, dès qu'une voix masculine aborde les dialogues ou les personnages féminins, ça coince. Les interventions de Marcha Van Boven sont trop rares, dommage, cela aurait pu compléter l'interprétation, sincère et poignante, de Philippe Résimont et rendre l'ensemble plus crédible.

Audiolib ♦ novembre 2011 ♦ texte intégral lu par Philippe Résimont et Marcha Van Boven (durée d'écoute : 17h 41) ♦ traduit par Bernard Cohen pour les éditions Belfond ♦ en format poche chez Pocket (janvier 2013)