13/11/17

You don't know my name, de Kristen Orlando

You dont know my nameHabituée depuis toujours à masquer la vérité et jouer un rôle de composition, Reagan préserve en fait le secret de sa famille - ses parents sont tous deux membres d'élite d'une branche spéciale de la CIA, les Black Angels. Or, cette vie sans attache et faite de faux-semblants a un goût amer pour l'adolescente, lassée de mentir et de déménager en coupant tout contact avec ses amis. Il n'est pas rare que Reagan laisse entendre qu'une telle carrière ne l'attire guère, au grand dam de ses parents qui croient en son potentiel. Le climat à la maison est donc tendu. L'adolescente se sent incomprise et n'ose pas avouer qu'elle est tombée amoureuse de son voisin car elle a conscience des risques qu'elle fait courir à sa famille. Tiraillée entre cet amour naissant et sa loyauté envers ses parents, leur mission et leur couverture, Reagan perd un peu les pédales, elle s'embrouille avec sa mère, elle trahit son petit copain, puis elle s'enferme dans sa chambre avec ses doutes et ses angoisses. Cellule de crise chez les MacMillan. Seulement, la réalité ne laissera guère de temps aux atermoiements puisqu'une alerte rouge est lancée. Les parents de Reagan sont impliqués dans une prise d'otages qui vire au désastre, leur tête est mise à prix et leur fille court également un grand danger. Et c'est tout aussi soudainement que le roman bascule dans le chaos - action, traque, violence. Et beaucoup d'émotions au compteur.

C'est donc une lecture qui se découvre en deux temps, d'abord l'histoire dresse le portrait d'une adolescente en quête d'elle-même, qui remet en question les choix de ses parents et qui s'interroge sur ses propres désirs, puis la deuxième partie de l'histoire prend une ampleur plus dramatique, avec la mise en place de la filature et l'enquête pour couper l'herbe sous le pied de l'ennemi. On passe ainsi d'une entrée en matière lente et prospective, pour chavirer sur une exécution brutale et riche en sensations fortes. C'est plutôt déconcertant, car inégal, ce qui m'a d'ailleurs assez peu convaincue. La lecture est certes distrayante et entraînante, mais j'avais personnellement d'autres attentes - comme retrouver un roman d'espionnage, façon Nom de code : Digit d'Annabel Monaghan ! ☺

Milan, 2017 - Trad. Marie Cambolieu

 

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19/09/16

Je suis Adèle Wolfe, de Ryan Graudin

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1956. Le IIIe Reich et l'Empire du Japon gouvernent le monde. Hitler ne s'est pas suicidé, ses troupes ont écrasé Staline, envahi l'Angleterre, étendu leur suprématie, tandis que les Etats-Unis ont signé un pacte de non-agression et le Japon un accord de coprospérité. Les camps de la mort ne désemplissent pas - travail forcé, épuration ethnique, expériences médicales... Bref. La marée rouge s'écoule sur le globe et la Résistance piétine.
Dans l'ombre, pourtant, un nouveau plan se met en place : infiltrer le Tour de l'Axe, la célèbre course de moto reliant Germania à Tokyo, remporter la victoire pour rencontrer le Führer lors du bal et saisir l'occasion pour l'assassiner devant les caméras ! Leur arme secrète : Yael, 
une jeune juive rescapée des camps et ancienne cobaye du Dr Geyer qui a “modifié” son patrimoine génétique. Depuis, Yael est capable de se métamorphoser pour prendre n'importe quelle apparence de sexe féminin. Dont celle de l'ancienne championne Adele Wolfe.

Les courses de moto ont le vent en poupe, après Stone Rider de David Hofmeyr, voici un roman absolument époustouflant, dont l'univers uchronique est aussi sa très grande force ! Imaginez un monde où Hitler en serait devenu le maître... Terrifiant, mais pas seulement. Car Ryan Graudin a su élaborer un contexte remarquable, bien construit et bien documenté, qui rend compte des horreurs, de l'injustice, de l'embrigadement, etc. mais qui incite aussi à la réflexion. C'est dans ce cadre qu'a lieu une compétition acharnée, réunissant vingt pilotes aguerris, sur plus de 20.000 km de poussière, de crasse et de danger. Les enjeux sont énormes, tous ont des motivations personnelles, qu'on découvre au gré des péripéties. Les concurrents incarnent tous le subtil mélange de volonté et de sensibilité, d'intelligence et de calcul, mais la frontière est mince entre la loyauté et la trahison, d'ailleurs chaque chapitre nous en réserve la démonstration. Ainsi, Yael se compose un personnage et réussit parfaitement à incarner l'icône de la propagande nazie, par contre tout se complique lorsqu'elle doit donner le change à un frère jumeau ou un supposé petit copain. Même l'entraînement le plus accompli ne peut préparer notre walkyrie à gérer ses sentiments sans compromettre sa mission, et ça met du piquant dans l'histoire ! Je ne vous dis que ça.

Sensation grisante et sentiment d'urgence à chaque coin de page, cette lecture est tout simplement renversante ! Impossible de lâcher le bouquin, rythme infernal, suspense implacable, adrénaline de la compétition, souffle nerveux... et cri du cœur avant de tourner la dernière page. Ce roman va vous dévorer. ♥♥♥


Traduit par Marie Cambolieu pour les éditions du Masque / Coll. MsK, septembre 2016

Titre original : Wolf by Wolf

 

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27/06/16

Half Bad : Quête Noire, de Sally Green

Half Bad 3

L'heure du dénouement est arrivé ! L'Alliance des sorciers libres a essuyé une sévère raclée, les pertes sont nombreuses et Nathan se sent responsable du carnage. Il a été trahi et a soif de vengeance. Il a donc fait de la lutte son combat personnel et devient incontrôlable. Il part en roue libre, prend tous les risques, tue à tour de bras, ne ressent aucun remords.

Nathan n'est plus une bête traquée, mais un véritable prédateur. Toutefois, cette propension au mal effraie Gabriel, qui sent son ami s'éloigner et tomber dans la folie obsessionnelle. Les blagues, les câlins, les promesses n'ont plus lieu d'être. Gabriel tape du poing sur la table. Pourtant, Nathan le rassure - blessé, pas perdu. Leur leitmotiv.

Ce refrain va guider l'essentiel de leurs missions et devenir leur étoile du berger. D'ailleurs, Nathan a établi un nouveau plan pour s'opposer au Conseil des sorciers blancs - il veut retrouver une vieille et puissante sorcière, Ledger, qui détient la moitié d'une amulette pouvant assurer l'invicibilité.

Mais le temps presse, les chasseurs ne lâchent rien et multiplient leurs efforts pour traquer les survivants et pulvériser leurs camps. Nathan voient ses amis tomber, faillir, hésiter. La tension monte d'un cran et annonce des retrouvailles ardentes entre les ennemis. Toute la communauté des sorciers est sens dessus dessous. Les cœurs s'emballent et présagent un final bouleversant ! 

Ce dernier tome est plus court que les précédents (il est allégé de quelques 25 pages). Par conséquent, la narration est plus mordante, plus efficace. On y trouve aussi beaucoup d'intensité et d'émotion. Des choix douloureux, des sacrifices, des renoncements, des abnégations et des liens inaliénables. La fin est cependant discutable, car elle casse l'image d'une série rock-n-roll qui refusait le mélo. On retombe là dans le basique, le déjà-vu. C'est un peu dommage.

De toute manière, la série a globalement oscillé entre le bon et le moins bon, elle a renouvelé le genre de la sorcellerie et proposé un thème original, elle a aussi abordé des sujets sensibles et poignants, autour de l'amour filial et l'homosexualité, mais a manqué de rigueur pour relater ce parcours délicat. Un roman honorable pour une série inégale, d'où une certaine frustration après la lecture des 3 tomes.

Publié chez Milan, mai 2016 - Traduit par Marie Cambolieu (Half Lost)

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24/06/16

Half Bad : Nuit Rouge, de Sally Green

Half Bad 2

Après bien des épreuves, Nathan a finalement reçu ses dons de sorcier au cours d'une cérémonie inattendue, mais au terme de laquelle le chaos règne toujours parmi sa communauté. Sorciers blancs et noirs se déchirent. Et de nouveau Nathan se sent isolé de toute part, traqué comme une bête, sans possibilité de rédemption.

Seule sa rencontre avec le trublion Nesbitt et la divine Victoria van Dal va donner un semblant de sens à ses objectifs - remettre la main sur le Fairborn, retrouver Gabriel et Annalise, et déjouer les plans trop ambitieux de Soul O'Brien. 

La série n'a hélas pas corrigé son problème de rythme (sensation de longueurs et répétitions abusives dans le schéma de l'intrigue), par contre elle continue d'afficher une volonté de ne pas s'abaisser à tout sentimentalisme inutile et revendique un ton dur, âpre et sans appel. Les batailles font rage, les trahisons se multiplient, les corps tombent, les coups pleuvent, les non-dits affluent...

Un vent de protestation souffle chez les sorciers, ce qui va donner lieu à une nouvelle alliance, celle des sorciers libres. Nathan y retrouve Celia, son pire cauchemar, mais accepte de prêter secours à leur cause en tentant de convaincre Marcus de rallier leurs rangs.

La précipitation des événements dans les dernières pages du livre vient conclure cette intrigue hasardeuse, ou exécutée avec maladresse, pour enflammer notre imaginaire et ouvrir les paris. Suspense et émotion sont au taquet. Nathan face à son destin ! ^-^

Publié chez Milan, en juin 2015 - Traduit par Marie Cambolieu (Half Wild)

 

British mysteries British mysteries British mysteries

# Mois Anglais 2016 : British Mysteries

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13/06/16

Half Bad : Traque Blanche, de Sally Green

Half Bad 1

Au commencement, se trouve un garçon dans une cage, les poings ferrés par des anneaux, un collier autour du cou. Nul espoir de s'échapper. Sa geôlière veille nuit et jour sur lui. Le gamin, loin de se soumettre, lui fait vivre un enfer et n'a de cesse de saisir la moindre opportunité pour tenter sa chance et s'évader. Pourquoi un tel sort ?

Car notre monde abrite des sorciers. Des sorciers blancs, qui sont bons. Et des noirs, qui incarnent le mal. Nathan est né d'une liaison interdite, entre sa mère, grande sorcière blanche, et son père le plus puissant des sorciers noirs. Sa mère décédée, le garçon a été élevé par sa grand-mère, avant d'être arraché par les membres du conseil pour l'enfermer dans une prison et l'éloigner de Marcus. Son père représente la plus grande menace dans l'histoire de la sorcellerie. Tous rêvent de l'attraper et lui faire payer ses crimes. Nathan aussi voudrait retrouver son père, ses sentiments à son sujet sont partagés, mais l'injustice qu'il subit de la part des sorciers blancs le pousse à basculer vers sa nature noire. Pour le moment, il se contient. 

À l'approche de son dix-septième anniversaire, Nathan doit recevoir son Don et trois présents par un membre de sa famille pour consacrer son statut de sorcier. Il n'y a que Marcus pour pouvoir pratiquer cette cérémonie. Mais le conseil aussi veut l'empêcher d'obtenir ses objectifs et entend se servir du garçon pour atteindre le père. Dans cet univers machiavélique et sournois, Nathan se débat pour survivre et peine à trouver sa place, à force de subir coups durs et trahisons. Son sang mêlé fait de lui un être exceptionnel, une arme puissante pour les uns, un danger pour les autres, mais également pour lui-même. Il est une énigme à part entière. Toujours est-il que Nathan fait peur, car il est différent. Bon ? Mauvais ? Nul ne le sait.

Le roman ouvre sur d'excitantes perspectives et propose une thématique originale dans un monde de sorciers très durs et implacables, avec au centre un jeune héros torturé, tourmenté, jamais trop parfait, plutôt impulsif et audacieux, et encore moins honoré de louables intentions. Ce môme est paumé, stigmatisé à cause de ses origines. On ne lui a jamais donné sa chance pour prouver sa valeur mais a servi de cobaye dans des luttes de pouvoir, si bien qu'il a grandi dans la méfiance et ne compte plus que sur lui-même. Par contre, pour raconter tout ça, l'auteur s'embrouille avec son sens du rythme et des effets stylistiques maladroits (comme l'emploi de la deuxième personne du singulier). Cela donne une impression de lecture tantôt poussive tantôt entraînante. C'est assez inégal. Sans quoi, cette nouvelle série séduit pour son aura inquiétante et son ton percutant qui ne laisse place à aucun sentimentalisme inutile.  

Traduit de l'anglais par Marie Cambolieu, pour les éditions Milan (sept. 2014)

 

British mysteries

# Mois Anglais 2016 : British Mysteries

Sally Green vit dans le nord-ouest de l'Angleterre. Elle a fait divers métiers (certains payés, d'autres non) et a même eu un début de carrière… pour finalement décider qu'il était temps d'écrire les histoires qu'elle avait en tête. Elle aime lire, marcher, et aimerait boire moins de café. "Half Bad" est son premier roman.

 

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22/04/15

Black Ice, de Becca Fitzpatrick

Black Ice

En route pour un trekking dans les montagnes du Wyoming, Britt et son amie Korbie sont surprises par le blizzard et se perdent au milieu de nulle part. Elles trouvent refuge dans un chalet, déjà occupé par deux jeunes hommes, Shaun et Mason. Beaux gosses, mystérieux et attirants. Potentiellement dangereux. Sauf qu'elles oublient tous les principes de précaution et commencent à flirter dans la joie et la bonne humeur. Ahem. Bien entendu, ces deux-là sont des fugitifs recherchés par la police. Peu commodes, méfiants et malins.

On ne peut guère reprocher à l'auteur d'affûter ses armes pour créer une tension psychologique tangible. C'est efficace sur le moment, et puis l'agacement prend vite le pas. Car, franchement, les personnages sont d'une stupidité abyssale. Britt, obsédée pour son ex, Calvin, odieux, menteur et arrogant, est pathétique. Sa copine Korbie est une peste finie. Shaun est un taré stéréotypé, Mason bat le chaud et le froid, en une posture ridicule. On n'y croit pas une seconde et on a juste envie de pousser des cris d'orfraie.

De plus, le suspense est assez friable, puisqu'on devine rapidement les tenants et les aboutissants de l'intrigue. C'est presque par sadisme si j'ai lu le roman jusqu'à la fin pour découvrir comment l'auteur allait sortir son lapin du chapeau. Oh purée, quelle déception. Il m'a été impossible de gober une histoire où les attirances malsaines sont considérées sexy et romantiques. Au secours. Ce livre ne tient pas la route, il est irritant et déconcertant de bêtise. Oui, c'est lassant et ça ne renouvelle pas le genre. Dommage.

éditions du Masque ♦ Coll. MsK ♦ Février 2015 ♦ Traduit par Marie Cambolieu

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12/12/13

Le Cercle des confidentes, 1. Lady Megan par Jennifer McGowan

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Londres, 1559. Meg Fellowes, 17 ans, comédienne de la troupe de la Rose d’Or, est arrêtée pour vol et se sait condamnée à la potence. Pourtant, on lui propose une alternative : accepter de faire partie d’un groupe de demoiselles d’honneur très spéciales - des espionnes au service de la reine Élisabeth d’Angleterre. Meg est chargée d'être les yeux et les oreilles de la souveraine, auprès de qui elle doit faire un rapport sur tout ce qu'elle entend et voit (la jeune fille est dotée d'une mémoire exceptionnelle, elle est notamment capable de réciter une conversation entière en espagnol alors qu'elle n'y comprend goutte).

Mais les intrigues de la cour sont nombreuses, fourbes et tordues. Meg doit jouer sur plusieurs fronts et se retrouve forcée de faire des choses qui vont à l'encontre de sa conscience (trahir ses amis, espionner la reine elle-même, avoir un faible pour un courtisan peu recommandable). De plus, elle a appris que la précédente jeune fille qui avait tenu son rôle a été assassinée au cours de ses fonctions, de quoi lui donner le tournis et quelques frayeurs supplémentaires. Meg vient de pénétrer dans une arène cernée de dangers, d'interdits et de mensonges.

Superbe introduction d'une nouvelle série historique alliant charme et mystère (dans la même veine que The Agency de Y.S Lee ou La maison du magicien de Mary Hooper) ! La lecture rassemble une intrigue efficace, avec du suspense et de l'espionnage, des trahisons et des complots politiques à foison. L'héroïne est une fonceuse, qui ne doute de rien et qui fait aussi preuve de droiture et de noblesse du coeur. Par contre, l'action est assez lente, l'histoire est ultra détaillée, compacte et parfois confuse, elle est également ralentie par des éléments insignifiants (les discussions, les leçons, les passages secrets à débusquer...). C'est un ensemble, certes, mais c'est générateur d'une pointe d'ennui à mi-parcours du livre.

Sans quoi, l'intrigue amoureuse, aussi minime soit-elle, est mignonne et croustillante, il me tarde d'en connaître les développements dans les prochains tomes à paraître ! Car cette série est attachante, riche d'un contexte historique qui refuse de faire tapisserie. Quelques défauts seront à corriger, sinon c'est très bien pour un début ! Cela donne envie d'en lire un peu plus...

éditions Milan, coll. Macadam, septembre 2013 - traduit par Marie Cambolieu

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06/12/13

Game de Barry Lyga

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Jazz Dent est le fils du criminel le plus dangereux du pays, mais il a choisi de s'émanciper en traquant les tueurs en série pour les livrer à la police. Sa première collaboration avec le shérif de Lobo's Nod a permis d'asseoir sa réputation déjà bien sulfureuse ! Cette fois, c'est la police de New York qui toque à sa porte pour solliciter son aide. Un certain Hat-Dog est en train de semer la panique au sein de la cellule de recherche, peut-être Jazz parviendra-t-il à décrypter les scènes de crime, toutes plus glauques les unes que les autres, pour pister l'individu.

Très franchement, j'ai été scotchée par cette lecture - un thriller, un vrai - qui ne fait pas dans la dentelle, qui nous balade dans les méandres du crime en série, avec petite incursion dans l'esprit du pervers, hmm, c'est absolument noir de chez noir, mais les sensations fortes sont garanties. Jazz trime toujours pour se débarrasser de son héritage, il se sent oppressé et craint de porter en lui les mêmes gènes criminels, alors il se blinde derrière une barricade de cynisme, il élève un mur entre sa petite copine et lui, qu'il adore mais qu'il refuse de toucher pour ne pas basculer dans l'horrible tentation du Mal.

Cette mécanique peut paraître cinglée, néanmoins elle ne nous apparaît plus si farfelue dès lors qu'on plonge dans les tréfonds de son âme. Jazz est un survivant, son père est un malade, le pire c'est que celui-ci a pu s'évader et se promène dans la nature, pouvant surgir à tout moment pour lui pourrir la vie. Car Jazz est convaincu que son père attend dans l'ombre, espérant voir vaciller son rejeton, pour qu'il embrasse à son tour une carrière de criminel !

Oh oui, c'est tordu et lugubre, mais c'est bluffant. L'enquête policière est palpitante, avec descriptions peu ragoûtantes, détails sordides et abjects, demandez le programme, vous serez vernis ! On retrouve aussi les proches de Jazz avec grand plaisir, Connie sa dulcinée et Howie son meilleur pote, tous deux associés malgré eux dans une intrigue menée en parallèle. En somme, le rythme est bon, stressant, avec une véritable implication dans l'enquête, qu'on suit pas à pas.

J'ai nettement préféré ce deuxième livre, que j'ai trouvé meilleur, plus sombre, plus haletant. Le dénouement est glacial, avec grosse sensation de frustration au moment de refermer le livre (car il faut attendre le prochain épisode, et là je ne vous raconte pas l'angoisse !) ... *** Game est la suite de I Hunt Killers. ***

éditions du Masque, coll. MsK, novembre 2013, traduit par Marie Cambolieu

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